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Un tribunal américain dit que la FDA n’a pas à interdire les antibiotiques dans l’alimentation animale

31
juil
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Classé dans Curiosité, Environnement, Réglementation, Santé, Sécurité des aliments, Viande, Volaille.

Antibiotic-pill-300x200Selon Associated Press, une cour d’appel fédérale des États-Unis a statué que la Food and Drug Administration (FDA) n’a pas à envisager d’interdire la pratique des antibiotiques dans l’alimentation animale pour la santé des animaux producteurs de denrées alimentaires. La décision intervient dans un contexte de préoccupations de longue date au sujet de personnes de plus en plus résistantes aux antibiotiques qui sont largement utilisés chez les animaux producteurs de denrées alimentaires, un problème noté par le Centers for Disease Control and Prevention (CDC) dans un rapport de l’an dernier qui a recommandé de minimiser l’utilisation inappropriée.

Cherchant à mettre fin à ces pratiques, quatre groupes de défense des consommateurs en 2011 ont déposé une action en justice pour forcer la FDA à interdire l’utilisation systématique des antibiotiques chez les animaux sains, à moins que les fabricants d’antibiotiques ne puissent prouver que leurs médicaments ne sont pas nuisibles à l’homme. Pendant ce temps, les responsables de la FDA ont développé un règlement qui a appelé les fabricants d’antibiotiques à se conformer volontairement aux directives pour réduire l’utilisation de leurs antibiotiques chez les animaux sains. Mais l’effort a été accueilli par des réactions mitigées, car il n’y avait pas d’exigences strictes pour l’industrie pharmaceutique de coopérer.

Dans sa décision à l’unanimité, la cour d’appel a écrit que le Congrès « n’a pas demandé à la FDA de tenir des audiences chaque fois que les responsables de la FDA ont des préoccupations scientifiques sur la sécurité relative à l’usage de médicaments chez l’animal [et] que la FDA a le pouvoir discrétionnaire d’engager ou de mettre fin à la procédure pour retirer l’approbation de médicaments chez les animaux … »

La décision inquiète les groupes de défense, parce qu’ils croient que les lignes directrices volontaires, qui ont été émises en décembre 2013, ne seront pas en mesure d’accomplir les mêmes objectifs que l’interdiction. « Cette décision permet de continuer des pratiques dangereuses qui menacent la santé humaine », a déclaré Avinash Kar, avocat du programme de santé du National Resources Defense Council. « L’ajout d’antibiotiques dans l’alimentation des animaux d’élevage, jour après jour, n’est pas ce que le médecin a ordonné et cela ne devrait pas être permis. »

Faut-il demander une évaluation risques à propos de la présence de rats sur les pelouses du Louvre ?

30
juil
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Classé dans Contamination, Contamination croisée, Curiosité, Environnement, Hygiène, Santé, Sécurité des aliments.

« Des rats sur la pelouse du Louvre : pour être contaminé, il faut vraiment avoir la poisse » dit un article du Nouvel Observateur du 30 juillet 2014.

Et d’argumenter cette pseudo évaluation du risque : Selon cette vétérinaire spécialiste des nouveaux animaux de compagnie cité par l’hebdomadaire, « Elle estime que le risque de contamination par le rongeur est quasi nul. »

4d5c626455fb027a4153ac482e520447cc141f1f5ff8a05871cfd4036905c11bLe rat est un animal courageux : s’il se sent agressé, il va se défendre. Mais, il n’attaque pas sans raison.
Rien à craindre donc au niveau des morsures. Se faire mordre par un rat équivaut à se faire mordre par un chat ou un chien. Il y a juste un risque d’infection.
La contamination, la transmission de pathogènes, elle, va plutôt se faire par les urines, leur inhalation ou leur manipulation.

(…)

De manière globale, pour être sévèrement contaminé, il faut être sacrément poisseux. Ça suppose en effet un concours de circonstances invraisemblable.
Il faut que l’animal avec lequel vous êtes entrés en contact soit infecté d’abord, que ce contact ait été direct et prolongé ensuite, et que vous ayez en plus ingéré des aliments infectés pour que la charge microbienne transmise soit assez élevée pour vous contaminer.
Les puces sont aussi connues pour transmettre les maladies, c’est fréquent. Mais, les rats étant des animaux sociaux, la puce passera plutôt d’un rongeur à un autre, plutôt que de faire escale sur le corps humain. Il faudrait donc beaucoup de coïncidences pour que ça puisse atteindre l’homme.

Grâce à cette pseudo évaluation des risques, est-on pour autant rassuré ou faut-il saisir l’Anses ?

Sur son blog, Pierre Falgayrac, qui a publié « Le grand guide de lutte raisonnée contre les nuisibles ou bioagresseurs urbains », indique à propos du buzz occasionné par des dizaines de rats grouillant sur les pelouses du Louvre, « Si les journalistes étaient honnêtes , ils pourraient signaler que c’est aussi le cas dans les jardins de Monaco ouverts au public (avec bien moins de rats ostensiblement visibles), dans la plupart des zoos ornithologiques (oiseaux), dans nombres d’espaces verts sur berges et beaucoup de parcs urbains d’agrément, partout en Europe. »

Le problème posé est assez simple : avec l’afflux de touristes se restaurant sur place, les ressources trophiques de ce genre de sites augmentent.
Les ressources trophiques sont, pour les rongeurs, l’ensemble des possibilités de nourriture et de nidification offerts par le milieu qu’ils occupent ; en l’espèce des pelouses et massifs d’arbustes, qui présentent abris et opportunités de creuser des terriers, et abondance de nourriture avec les restes des repas des touristes.

(…)

Le service de nettoiement est le premier concerné pour vider les poubelles et ramasser chaque jour les reliefs de nourriture abandonnés au sol par les irresponsables et inciviques.
Les jardiniers sont en seconde ligne pour « raccourcir les jupes » des haies et surveiller les moindres petits tas de terre trahissant le creusement d’un terrier. En effet, un entretien suivi et rigoureux des espaces verts dissuade les rongeurs de s’installer (réduction des ressources trophiques).
Enfin, le service d’hygiène doit procéder à une dératisation préventive avant la saison touristique, en utilisant les méthodes que nous préconisons dans notre dernier livre.

Tout ceci, bien entendu, nous renvoie à un sujet bien triste sur la saleté générale de Paris …

Avis de l’EFSA sur le maintien de la chaîne du froid pendant le stockage et le transport de viande : Le cas du hachage des viandes

30
juil
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Classé dans Contamination, Curiosité, E. coli, Listeria, Réglementation, Salmonella, Santé, Sécurité des aliments, Union Européenne, Viande, Volaille.

Un communiqué de l’EFSA du 30 juillet traite du « Maintien de la chaîne du froid pendant le stockage et le transport de viande ».

Le temps écoulé entre l’abattage et le hachage de la viande peut être prolongé sans causer de croissance additionnelle de bactéries pathogènes pourvu que les températures de stockage permises soient diminuées.
C’est la principale conclusion d’un avis scientifique de l’EFSA dans lequel ont été évaluées des combinaisons de durées de stockage et de températures de stockage pour différents types de viandes et dans lequel la croissance bactérienne observée dans ces scénarios est comparée par rapport aux normes actuelles.
Le maintien de la chaîne du froid est l’un des principes et des exigences de base de la législation de l’UE en matière d’hygiène alimentaire.

chainecompressmallL’avis intégral, Scientific Opinion on the public health risks related to the maintenance of the cold chain during storage and transport of meat. Part 2 (minced meat from all species).

Un précédent avis de l’EFSA du 27 mars 2014 avait été publié, Scientific Opinion on the public health risks related to the maintenance of the cold chain during storage and transport of meat. Part 1 (meat of domestic ungulates)

Résumé.

La viande fraîche destinée à la production de viande hachée peut être contaminée par une série de pathogènes, notamment Salmonella spp. et Escherichia coli vérocytotoxigénique (VTEC). Ceux-ci peuvent se développer si les températures ne sont pas maintenues en dessous de 5°C tout au long de la chaîne du refroidissement des carcasses au hachage. En outre Listeria monocytogenes et Yersinia enterocolitica va croître aux températures de refroidissement, même si cela se fait lentement, mais une croissance importante peut se produire lors d’un stockage prolongé. La législation actuelle (règlement (CE) 853/2004) exige que les carcasses de viande rouge soient immédiatement refroidies après l’inspection post-mortem à une température interne ne dépassant pas 7°C et que cette température soit maintenue jusqu’à ce que le hachage ait lieu pas plus de 6 ou 15 jours (viande conditionnée sous vide) après abattage. Les chiffres correspondants pour les volailles sont de 4°C et 3 jours. Il a été étudié l’impact du temps de stockage entre l’abattage et le hachage sur la croissance de pathogènes bactériens en utilisant une modélisation prédictive. Les combinaisons temps-température de stockage qui permettent la croissance de Salmonella, VTEC, L. monocytogenes et Yersinia enterocolitica équivalentes à celles obtenues dans les conditions définies par le règlement (CE) 853/2004 ont été identifiées. Comme la modélisation suppose un pH et une aw favorables pour la croissance bactérienne, une absence de compétition microbienne et pas phase de latence, les temps équivalents présentés sont basés sur le pire des scénarios. Cette analyse suggère, par exemple, que la viande rouge, la viande bovine et la viande de volaille conditionnées sous vide peuvent être conservées à 2°C respectivement, pendant 14, 39 et 5 jours, sans plus de croissance des pathogènes que ce qui serait obtenu en vertu des conditions législatives actuelles. Il a donc été conclu que d’autres combinaisons temps-température pour le stockage de la viande fraîche entre l’abattage et le hachage sont possible sans augmenter la croissance des pathogènes, et les durées maximales du stockage de la viande fraîche destinée à la préparation de viandes hachées sont prévues pour des températures de stockage différentes. L’impact de l’altération sur les durées de stockage maximales n’a pas été pris en considération.

NB : Traduction du résumé par mes soins.

L’alimentation affecte différemment les microbes de l’intestin de l’homme et de la femme

30
juil
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Classé dans Curiosité, Nutrition, Santé.

« L’alimentation affecte différemment les microbes de l’intestin de l’homme et de la femme », source université du Texas à Austin.

Les microbes vivants dans l’intestin de l’homme et de la femme réagissent différemment à l’alimentation, même lorsque les régimes sont identiques, selon une étude réalisée par des scientifiques de l’université du Texas à Austin et de six autres institutions publiée cette semaine dans la revue Nature Communications. Ces résultats suggèrent que les thérapies visant à améliorer la santé humaine et traiter les maladies par l’alimentation pourraient devoir être adaptées selon le sexe.

gut_microbes-Square700Les chercheurs ont étudié les microbes intestinaux chez deux espèces de poissons et chez la souris,  ils ont également effectué une analyse en profondeur des données que d’autres chercheurs ont recueilli chez l’homme. Ils ont constaté que l’alimentation chez les poissons et l’homme ont affecté différemment le microbiote de l’homme et de la femme. Dans certains cas, les différentes espèces de microbes seraient dominantes, tandis que dans d’autres, la diversité des bactéries serait plus élevée dans un sexe que dans l’autre.

Ces résultats suggèrent que les thérapies visant à améliorer la santé humaine par l’alimentation devraient prendre en compte si le patient est un homme ou une femme.

C’est seulement au cours des dernières années que la science a commencé à apprécier complètement l’importance du microbiome humain, qui se compose de toutes les bactéries qui vivent dans et sur le corps de personnes. Il y a des centaines voire des milliers d’espèces de microbes dans le seul système digestif de l’homme, chacune variant en abondance.

La génétique et l’alimentation peuvent affecter la variété et le nombre de ces microbes dans l’intestin humain, ce qui peut à son tour avoir une profonde influence sur la santé humaine. L’obésité, le diabète et la maladie intestinale inflammatoire sont tous liés à une faible diversité de bactéries dans l’intestin humain.

Un concept pour le traitement de ces maladies est de manipuler les microbes dans l’intestin d’une personne par l’alimentation. Cette idée gagne du terrain en raison du fait qu’un changement alimentaire serait un traitement relativement pas cher et simple.

On a beaucoup à apprendre sur les espèces ou sur les combinaisons des espèces microbiennes pour savoir ce qui meilleur pour la santé humaine. Pour ce faire, la recherche doit nous éclairer sur la façon dont ces microbes réagissent à diverses combinaisons comprenant l’alimentation, la génétique et l’environnement. Malheureusement, à ce jour la plupart de ces études n’examinent qu’un facteur à la fois et ne prennent pas en compte la façon dont ces variables interagissent.

« Notre étude ne dit pas à quel régime influe sur le microbiome, mais il divise les hôtes en hommes et femmes et se demande, y a-t-il le même effet de l’alimentation chez l’homme que chez la femme ? » a dit Daniel Bolnick, professeur au College of Natural Sciences de l’université du Texas à Austin et principal auteur de l’étude.

Si les résultats de Bolnick identifient qu’il existe une différence significative dans le microbiote intestinal chez les hommes et chez les femmes, les données alimentaires utilisées dans l’analyse sont organisées en complexes groupés de facteurs disparates et ne se traduisent pas facilement en conseils diététiques spécifiques, comme consommer plus de légumes ou moins de viande.

« Pour guider le comportement des personnes, nous avons besoin de savoir ce que les microbes sont souhaitables pour les personnes », a déclaré Bolnick. « L’alimentation et le sexe interagissent pour influer sur les microbes, mais nous ne savons pas encore quel est l’objectif souhaitable pour les microbes. Maintenant, nous pourrons avancer les yeux ouverts lorsque nous travaillerons sur les thérapies de problèmes intestinaux liés aux microbes, car beaucoup de ces problèmes impliquent des changements alimentaires. Nous pouvons aller vers des études qui cherchent quelque chose que nous ne savions pas auparavant. Tout au long de la recherche, nous avons traité l’alimentation comme si elle fonctionnait de la même manière pour les hommes et pour les femmes. Maintenant, nous allons approcher les études de thérapies d’une manière différente. »

Pourquoi les hommes et les femmes réagiraient différemment aux changements de régime alimentaire n’est pas clair, mais il y a deux possibilités. Les hormones associées à chaque sexe pourraient influencer les microbes de l’intestin, favorisant une souche sur une autre. En outre, le sexe diffère souvent dans le fonctionnement de leur système immunitaire, ce qui pourrait affecter les microbes qui vivent et meurent dans le microbiome.

Une exception notable des résultats de Bolnick a eu lieu chez la souris. Bien qu’il y avait une petite différence entre les souris mâles et les souris femelles, pour la plupart, le microbiote de chaque sexe a réagi à l’alimentation de la même manière. Parce que la plupart des études alimentaires sont menées sur des souris, ce résultat pourrait avoir un effet énorme sur ces recherches, et il soulève des questions sur la façon dont les études sur les microbes intestinaux chez la souris de laboratoire peuvent être généralisées à d’autres espèces, en particulier l’homme.

« Cela signifie que la plupart des recherches qui se fait chez la souris de laboratoire, nous devons les prendre avec des pincettes », a déclaré Bolnick.

Cette recherche a été financée par le Howard Hughes Medical Institute, la David and Lucile Packard Foundation et le Swedish Research Council.

NB : Illustration de Marianna Grenadier et Jenna Luecke.

Le mystère de la construction de la paroi bactérienne révélé ?

30
juil
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Classé dans Curiosité, Environnement, Microbiologie.

e_coli« Le mystère de la construction de la paroi bactérienne révélé », source hms.harvard.edu. Extraits.

Une nouvelle compréhension de la façon dont les bactéries construisent leur paroi cellulaire protectrice résout un casse-tête qui dure depuis longtemps.

Grâce à une série d’astuces chimiques et génétiques pour interroger une étourdissante série d’éléments impliqués dans le processus de construction de la paroi de la cellule, des chercheurs pensent qu’ils ont découvert l’identité cachée d’une enzyme clé impliquée dans le transfert du précieux chargement de l’intérieur vers l’extérieur d’un cellule bactérienne.

Cela sonne comme le mystère d’un roman policier, mais ce sont les résultats d’une recherche publiés dans Science par une équipe dirigée par des microbiologistes de la Harvard Medical School et de l’université d’État de l’Ohio.

La membrane bactérienne est comme un ballon trop gonflé qui éclaterait sans la paroi cellulaire, une cage moléculaire qui entoure la membrane et qui donne l’intégrité à la membrane en regard de la pression osmotique élevée exercée sur les organismes unicellulaires vivants. Les blocs de construction de la paroi cellulaire sont faits à l’intérieur de la cellule et doivent être sécrétés par la membrane à l’extérieur pour construire ce mur où cela est nécessaire. Les clés des passages secrets qui exportent ces blocs de construction à travers la membrane sont restées mystérieuses, malgré des efforts répétés pour les découvrir.