Visiter Processalimentaire.com
Contacter le magazine
S'abonner en ligne | S'inscrire à l'e-news


Le DDT classé comme probablement cancérogène par le Centre international de Recherche sur le Cancer

30
juin
Aucun commentaire
Classé dans Contamination, Contamination croisée, Curiosité, Environnement, Santé, Sécurité des aliments.

Selon ce communiqué du 23 juin 2015, « Le DDT classé comme probablement cancérogène par le Centre international de Recherche sur le Cancer ».

Le Centre international de Recherche sur le Cancer, bien connu depuis le classement du glyphosate, vient encore d’enfoncer une porte ouverte …

ddt-is-good-for-meLe Centre international de Recherche sur le Cancer (CIRC) a évalué la cancérogénicité de deux insecticides (le lindane et le DDT) ainsi que de l’herbicide acide 2,4D. L’insecticide lindane a été classé comme cancérogène pour l’homme, le DDT comme probablement cancérogène et l’herbicide 2,4-D comme peut-être cancérogène pour l’homme. Bien que la plupart des utilisations du DDT aient été interdites dans les années 1970, le produit peut se retrouver dans l’environnement et dans les tissus animaux et humains dans le monde entier.

On lira sur ce sujet un article du journal Libération.fr du 29 mai 2004, « Le DDT, insecticide utile à petite dose. Prohibée dans les années 70, son utilisation contre la malaria redevient «acceptable». »

On lira surtout l’article de Jean-Paul Krivine dans SPS n° 308, avril 2014, « DDT et lutte contre le paludisme : la réécriture de l’histoire ».

Extraits.

Le paludisme est encore responsable, selon l’OMS, d’environ 600 000 décès chaque année. Plus de trois milliards de personnes continuent à être exposées au risque, principalement en Afrique et en Asie du Sud-est. La lutte contre ce fléau avait donné des résultats probants au lendemain de la première guerre mondiale, principalement grâce à l’application de DDT dans les habitations. Les succès ont été impressionnants1 : en une dizaine d’années, le nombre de cas au Sri Lanka est passé de 2,8 millions et 7 300 décès à 17 cas et aucun décès. Des résultats similaires sont obtenus en Inde, en Amérique du Sud, et certains pays ont entièrement éradiqué la maladie [1].

Utilisé à titre préventif en agriculture de façon extensive et sans contrôle, cet insecticide allait être victime de son succès et de son coût de production très faible. En 1972, le DDT est interdit aux États-Unis par l’Agence de l’environnement. Si sa persistance dans l’environnement est confirmée, son degré de toxicité est, quant à lui, bien plus controversé. De nombreuses associations environnementalistes vont alors mener campagne pour son interdiction généralisée dans le monde. Et elles vont de facto obtenir gain de cause avec, pour effet collatéral, une reprise de l’épidémie de paludisme touchant des millions de personnes dans des pays qui pouvaient espérer une éradication. En 2006, l’Organisation Mondiale de la Santé va de nouveau recommander l’usage du DDT [2], constatant que « de nombreux tests et travaux de recherche ont montré que la pulvérisation de DDT à l’intérieur des habitations dans le cadre de programmes bien gérés n’est dangereuse ni pour l’homme ni pour la faune et la flore ». Depuis, l’Afrique du Sud estime être en passe d’éradiquer le paludisme d’ici 2018 grâce à la réintroduction du DDT3.

NB : L’image est issue d’un blog de l’université de Poitiers.

Le ministère de l’agriculture, les resultats des contrôles et la tranparence

30
juin
Aucun commentaire
Classé dans Curiosité, Environnement, Hygiène, Règlementation, Santé, Sécurité des aliments, TIAC.

Un communiqué sur la sécurité des aliments du ministère de l’agriculture « annonce le renforcement des contrôles pendant la période estivale et le lancement d’une expérimentation sur la transparence des contrôles »

L’Opération Alimentation Vacances (OAV) se déroulera cette année du 15 juin au 15 septembre 2015. Comme chaque année, cette opération permet de renforcer les contrôles en matière de sécurité sanitaire des aliments dans les secteurs qui n’exercent leur activité qu’en période estivale et ceux qui connaissent une activité accrue durant l’été.

larry_the_cable_guy_health_inspector(2)En 2014, l’Opération Alimentation Vacances avait donné lieu à 18 118 inspections par les agents chargés de la sécurité sanitaire, de la consommation et de la répression des fraudes au sein des directions départementales en charge de la protection des populations (DDPP ou DDCSPP).

Ces inspections avaient conduit notamment à 137 fermetures d’établissements dans le secteur de la remise directe au consommateur, dont 110 en restauration commerciale, et à 697 procèsverbaux d’infractions.

D’après le bilan de l’OAV 2014, « Il est à noter les taux d’anomalies majeures de 11 % en restauration commerciale et de 11 % en distribution-métiers de bouche relevées lors de cette opération. » Hum, hum …

Par ailleurs, l’InVS dans les données sur les toxi-infections alimentaires collectives en France en 2013 rapportait,

« Le nombre et la part des TIAC déclarées en restauration commerciale continue à augmenter depuis 2002. Cette augmentation est observée dans un contexte de diminution de contrôle des établissements en raison des baisses d’effectifs dédiés aux contrôles. Bien que les causes ne soient pas totalement déterminées, l’augmentation du nombre de TIAC liées à la restauration commerciale constitue un signal qui mérite attention. »

Selon le ministre de l’agriculture, qui est aussi le communiquant du gouvernement, « Débute également cet été une phase expérimentale de mise en transparence des résultats des contrôles officiels dans le domaine de la sécurité sanitaire des aliments pour la restauration commerciale. Elle est mise en place à Paris et à Avignon entre le 1er juillet 2015 et le 31 décembre 2015. »

Quel objectif de ce début de commencement de transparence des résultats des contrôles ?

Selon le communiqué, il s’agit « d’informer le consommateur du niveau d’hygiène des restaurants, mais aussi de permettre aux professionnels qui maîtrisent efficacement les risques sanitaires inhérents à leur activité de s’en prévaloir auprès des consommateurs. Les résultats des contrôles seront publiés sur le site Internet du Ministère en charge de l’agriculture dès le 1er juillet 2015. »

Autrement dit, peut-on raisonnablement croire que « Les résultats des inspections des restaurants sont-ils classés secret défense ? »

C’est une expérimentation à suivre mais il est craindre que nous n’aurons que de bons résultats, comme au bac …

Le dossier de presse du ministère publie un dossier de presse « Transparence des contrôles en hygiène alimentaire : expérimentation dans les restaurants à Paris et à Avignon » où le mot transparence est cité neuf fois, c’est dire la volonté affichée …

« Les mentions relatives à chaque niveau d’hygiène du restaurant » sont présentées ci-dessous, pour les explications, voir le dossier de presse précité.

niveau_hygiène

Questions sur l’hygiène des aliments vues par la Commission européenne et les Etats membres de l’UE

29
juin
Aucun commentaire
Classé dans Campylobacter, Contamination, Contamination croisée, Curiosité, E. coli, HACCP, Hygiène, Règlementation, Salmonella, Santé, Sécurité des aliments, TIAC, Union Européenne, Viande, Virus, Volaille.

Résumé du meeting du groupe de travail du conseil consultatif de la chaîne alimentaire, de la santé animale et de la santé des végétaux sur les questions d’hygiène des aliments du 28 mai 2015.

NB : Traduction et mise en page de ce document par mes soins. Chaque thème est accompagné d’un document plus ou moins dense que je vous invite à consulter, veille scientifique oblige …

1. Initiatives de l’UE pour faciliter la mise en œuvre du système HACCP dans le secteur des denrées alimentaires et des aliments pour animaux

Le résultat du projet de l’Office Alimentaire et Vétérinaire sur la mise en œuvre du système HACCP dans le secteur des denrées alimentaires et des aliments pour animaux a été présenté ainsi qu’une feuille de route pour des initiatives futures. Tout en soulignant l’importance de faciliter la mise en œuvre par les opérateurs alimentaires, au niveau des fédérations et au niveau national, l’accent a été mis sur des initiatives au niveau européen, dont une éventuelle révision du document existant d’orientation de l’UE sur la mise en œuvre de HACCP. Les intervenants représentant les petites et moyenne entreprises ont souligné la nécessité de conserver et de favoriser des dispositions de flexibilité.

Voir le document ici. Il est évoqué notamment une plate-forme HACCP avec un site Internet.

2. Document d’orientation de l’UE sur les bonnes pratiques d’hygiène pour les fruits et légumes

Les intervenants ont été informés des travaux en cours menées par la Commission comme le suivi des cinq avis de l’EFSA émis en 2014 liés aux risques posés par les pathogènes dans les aliments d’origine non animale (1, 2, 3, 4 et 5). Le projet du document d’orientation sur les bonnes pratiques d’hygiène qui a été préparé et a été discuté une première fois dans un groupe de travail restreint en avril 2015. Il couvrira la production agricole de denrées alimentaires d’origine non animale au stade de la production primaire, ciblant les pathogènes évalués par l’EFSA et étendu aux principaux pathogènes.

Il abordera des conseils d’hygiène pour les opérateurs alimentaires. Le débat en cours se poursuivra afin de parvenir à un échange général et une validation par tous les États membres et avec les parties prenantes. Enfin, une fois validé, il sera publié sur le site Internet de la DG SANTE.

Voir le document ici. Un guide serait en préparation.

3. État des lieux et questionnaire sur les conditions de température au cours du transport et du stockage de la viande

Un état des lieux a été fourni à l’EFSA ainsi que d’autres nouvelles preuves scientifiques. Un nouvel avis de l’EFSA devrait être publié d’ici la fin d’octobre 2015. Dans l’intervalle, la Commission consultera les États membres ultérieurement et les parties prenantes sur la mise en pratique et la maîtrise d’éventuelles nouvelles dispositions.

Voir le document ici. Un amendement serait en préparation au Point 3 du Chapitre VII de la section I de l’Annexe III du Règlement (CE) n°853/2004.

4.  Liste des pays tiers et des certificats d’importation pour la gélatine, le collagène, les matières premières (traitées) et certains produits hautement raffinés

Voir le document ici.

5. Résultat du questionnaire sur le marquage multiple de l’identification

Voir le document ici.

6. État d’avancement sur les questions des mollusques bivalves vivants

Voir le document ici.

7. Projet du document d’orientation sur l’application de l’article 14 du règlement (CE) n°178/2002 concernant les aliments contaminés par des STEC

Le résultat du questionnaire aux États membres et le projet actuel de document d’orientation (révision 4) ont été présentés. Les intervenants ont été invités à fournir des commentaires par écrit. Des arbres de décision sont proposés.

Voir le document ici. Des lignes directrices au niveau de la distribution seraient en préparation.

8. (BEUC) : État d’avancement sur Campylobacter et l’inspection de la viande de volailles

La Commission a indiqué que la maîtrise de Campylobacter est une haute priorité pour le Cabinet. Le mois prochain, les États membres et les parties prenantes seront consultés sur une approche intégrée sur la maîtrise de Campylobacter dans l’optique de la révision de l’inspection des viandes de volaille ainsi qu’une possible autorisation de décontamination.

Voir le document ici. Plusieurs États membres ont semble-t-il mis en place une maîtrise de Campylobacter. Lesquels, on ne le saura pas.

9. (Eurogroup for Animals) : Implicatio des vétérinaires officiels et du personnel de l’abattoir dans inspection à l’abattoir dans la révision du règlement relatif aux contrôles officiels

La Commission a déclaré que le rôle des vétérinaires officiels n’a pas changé et que le vétérinaire officie restera responsable de l’inspection ante et post mortem. Dans le même temps, la participation du personnel de l’abattoir est déjà prévu par le règlement (CE) n°854/2004.

Voir le document ici qui comprend la liste des fédérations et associations professionnelles et de consommateurs.

Le lavage des mains est simple, mais l’affichage et l’information, pas toujours …

29
juin
Aucun commentaire
Classé dans Contamination, Contamination croisée, Curiosité, Hygiène, Lavage des mains, Santé, Sécurité des aliments.

Résumé.

Le lavage des mains est important dans la prévention du transfert de contamination microbienne. Le Food Code de la FDA exige que soit visible à proximité des lavabos une information ou un affichage pour le lavage des mains des employés.

Cette recherche a collecté et revu les informations existantes sur le lavage des mains et les a soumis à une analyse quantitative.

soap_w2Une recherche sur Internet a produit une base de données sur les informations concernant le lavage des mains. Le temps de savonnage, le temps de rinçage, le temps global de lavage, la température de l’eau, l’utilisation de l’eau, la méthode de séchage, la technique et le nombre total d’étapes ont été enregistrés.

Quatre-vingt-une informations sur le seul lavage des mains ont été identifiées. Chaque information avait entre une et treize étapes. Trente-sept informations ont indiqué un temps spécifique pour le savonnage, avec un temps moyen d’environ 18 secondes. Aucune information n’a suggéré plus de 20 secondes et moins de 10 secondes de savonnage. Vingt-quatre affichages recommandaient l’utilisation de l’eau chaude. Deux affichages recommandaient de l’eau à la température de 37,8°C et un affichage a recommandé de l’eau chaude. Soixante-deux informations ont formulé une recommandation sur le séchage des mains et cinquante-trois ont suggéré d’utiliser un essuie-mains en papier.

Notre analyse révèle que les instructions sur l’information concernant le lavage des mains peuvent varier assez largement. Le manque de lignes directrices cohérentes sur le lavage des mains peut contribuer en partie à un manque de cohérence et de conformité au lavage des mains. Notre étude constitue une base pour de futures recherches sur l’information relative au lavage des mains.

Dane A. Jensen, Donald W. Schaffner. Quantitative Analysis of Recommendations Made in Handwashing Signs. Food Protection Trends, vol. 35, no. 4, pp. 270-279, July 2015. Une légère variante de ce résumé est proposée par l’IAFP ici.

NB : Article original qui a le mérite de pointer du doigt un sujet peu abordé dans l’océan des articles sur le lavage des mains. Bibliographie très complète. Le rôle d’un affichage est utile mais il reste encore à faire pour rendre celui-ci compréhensible en entreprise alimentaire.

Boire beaucoup de bière augmente l’exposition aux mycotoxines, selon une étude espagnole

27
juin
Aucun commentaire
Classé dans Contamination, Curiosité, Environnement, Règlementation, Santé, Sécurité des aliments, Union Européenne.

contes_d_un_buveur_de_biere_2477-550x650Je ne sais pas si cela fait partie des « recommandations de l’Anses pour bien supporter les fortes chaleurs », encore que boire une petite bière soit parfois très agréable, mais selon une étude espagnole, « Boire beaucoup de bière augmente l’exposition aux mycotoxines »

Des chercheurs de l’université de Valence ont analysé les mycotoxines produites par certains champignons microscopiques dans la bière et les fruits secs, comme les figues et les raisins secs, confirmant que ces produits répondent à la réglementation sur les denrées alimentaire. Seuls les gros buveurs de bière, qui boivent plus d’un litre par jour, la contribution à ce produit à la dose journalière est pas négligeable, approchant ou dépassant même le niveau de sécurité sanitaire.

Les mycotoxines sont des métabolites toxiques produits par des champignons qui contaminent les fruits, les céréales et les produits dérivés. Des scientifiques de l’université de Valence ont analysé les mycotoxines du genre Fusarium dans 154 marques de bière présentes sur le marché européen.

Les résultats, publiés dans la revue Food Chemistry, confirment que l’exposition du consommateur moyen à ces toxines est faible et qu’elle ne comporte aucun risque toxicologique associé. Même les deux plus abondantes mycotoxines, le déoxynivalénol ou DON, qui est présent dans près de 60% des échantillons, et le la toxine HT-2 présente dans 9% des cas, sont présents à « des niveaux qui ne peuvent pas être considérés comme élevé », comme le rapportent à SINC, Houda Berrada et Yelko Rodríguez du département de médecine préventive de l’université de Valence et co-auteurs de l’étude.

Beber-mucha-cerveza-aumenta-la-exposicion-a-las-micotoxinas_image_380Les concentrations moyennes de DON et de HT-2 détectées dans les bières ont été proches de 30 µg/L. Il n’y a aucune limite maximale légale de mycotoxines dans ces boissons, mais en général, cette valeur est faible par comparaison avec la limite maximale de DON établie par la législation de l’UE pour les aliments à base de céréales et fixés à 200 µg de DON par kg.

Ainsi, l’étude souligne que, chez les personnes qui boivent beaucoup de bière, la contribution de ces substances nocives à la dose journalière « n’est pas négligeable, approchant ou dépassant même les niveaux de sécurité sanitaire ». La dose journalière admissible (DJA) maximale établie provisoirement par le Comité scientifique sur les aliments, une organisation qui conseille la Commission européenne, est considérée comme une référence.

« Considérant que la consommation d’une quantité d’un litre par jour des marques de bière qui ont montré les niveaux de contamination les plus élevés, l’apport de déoxynivalénol seraient équivalents à 60% de la DJA maximale, et le niveau de sécurité pour la toxine HT-2 serait dépassé », fait remarquer Berrada.

La chercheuse insiste pour dire que ces types de consommateur sont exceptionnels, et même si quelqu’un boit un litre de bière par jour, « avant d’avoir des problèmes liés à la toxicité des mycotoxines, il ou elle aurait d’autres problèmes, comme des problèmes de foie. »

L’étude révèle que la consommation de bière varie beaucoup entre les pays européens. Pour la population espagnole, la FAO constate qu’elle est 75,3 kg/an, comparativement à la moyenne européenne qui est de 70,1 kg/an (équivalent à environ 0,19 L/jour). Selon les chiffres de cette institution, l’Irlande est le pays où l’on boit le plus de bière (142,8 kg/an), suivie par la République Tchèque (136,6 kg/an) et l’Autriche (107 kg/an).

NB : Photo de SINC.