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À propos du bisphénol A

7
nov

Classé dans Contamination, Réglementation, Santé, Sécurité des aliments.

Petite synthèse des informations recueillies ces derniers jours. Pour aller plus loin, merci de faire une recherche sur ce blog pour retrouver quelques articles qui penchent plus en faveur d’une approche scientifique des contaminants chimiques qu’une approche émotionnelle.

Selon certains lanceurs d’alertes et autres associations, il faut être inquiet de la présence de bisphénol A dans des emballages alimentaires. Soit ! La revue ConsumersReports.org rapporte, « Concern over canned foods.Our tests find wide range of Bisphenol A in soups, juice, and more » ou Inquiétude à propos des conserves alimentaires. Nos tests ont trouvé des taux de bisphénol A dans des soupes, jus et plus. Tous les détails de cette étude peuvent être trouvés sur le site de Consumers Reports. On pourra aussi lire l’article « Significant bisphenol A levels in canned food - Study » ou Une étude montre des taux significatifs de bisphénol A dans les conserves alimentaires.

Pourtant Santé Canada en juillet 2009 dans une « Enquête sur la présence de bisphénol A dans les préparations en poudre vendues en conserve à l’intention des nourrissons », avait conclu : Sur la base de la valeur probante globale des observations telles que décrite dans le document intitulé Évaluation des risques pour la santé liés au bisphénol A dans les produits d’emballage alimentaire (Évaluation des risques pour la santé liés au bisphénol A dans les produits d’emballage alimentaire, août 2008) les résultats de cette enquête confirment de nouveau la conclusion de l’évaluation antérieure de Santé Canada indiquant que l’on ne s’attend pas à ce que l’exposition actuelle au BPA par la voie alimentaire provoquée par les matériaux d’emballage alimentaire représente un risque pour la santé des consommateurs. Même conclusions dans l’Enquête sur la présence de bisphénol A dans les eaux embouteillées, juillet 2009.

On pourra lire des informations sur cette étude dans l’article suivant, « Industry backs bisphenol A safety in can linings » ou L’industrie des conserves alimentaires soutient le bisphénol A.

Selon la North American Metal Packaging Alliance (NAMPA), le rapport de Consumers Reports précité est rempli d’erreurs factuelles (Consumer Reports BPA study filled with factual errors). Sept allégations de Consumers Reports sont reprises et sont soit jugées trompeuses ou fausses. L’American Chemistry Council commente l’étude de Consumer Reports sur ce lien et estime que les résultats ne sont pas le reflet des études antérieures montrant un faible taux d’exposition et situé dans les limites des normes de sécurité.

Cela étant Marion Nestle note de façon humoristique sur son blog Food Politics, Oh no! Bisphenol A again, à propos de l’étude de Consumer Reports, « I love the industry response to this report: « The use of bisphenol A (BPA) in can linings is both safe and vital for food protection ». J’aime la réponse de l’industrie à l’étude de Consumer Reports, « L’emploi du bisphénol A (BPA) est la fois sûr et vital pour la protection des aliments ».

Une récente étude financée par l’EPA (Environmental Protection Agency des États-Unis), que vient de publier la semaine dernière Toxicological Sciences (In Utero and Lactational Exposure to Bisphenol A, in contrast to Ethinyl Estradiol, Does not Alter Sexually Dimorphic Behavior, Puberty, Fertility and Anatomy of Female LE Rats. ToxSci Advance Access published online on October 28, 2009) a trouvé que l’exposition au BPA - y compris à très faibles doses - n’a pas d’effets sur un certain nombre d’activités mesurées liées à la reproduction et au comportement (voir aussi « New independent study by EPA refutes BPA risk »).

« Banning BPA Devalues Science », Interdire le BPA dévaluerait la Science, telle est l’opinion publiée dans Facts & Fears du site de l’American Council on Science and Health et c’est, je dois le dire, pas loin d’être mon opinion.

« Le bisphénol A de nouveau sur la sellette » selon Le Figaro du 30 octobre 2009 après la réouverture du dossier par l’AFSSA. « Nous rouvrons le dossier comme on le fait chaque fois que l’on dispose d’éléments nouveaux », explique Marc Mortureux, directeur général de l’Afssa. Comme les autres agences européennes, cette dernière dispose ainsi d’une étude qui porte sur la neurotoxicité du produit, effectuée par les industriels selon un protocole précis, dans le cadre du programme européen Reach (il doit permettre d’évaluer d’ici à 2018 les effets sur la santé et l’environnement de 30 000 substances chimiques aujourd’hui sur le marché). « Ce sera également l’occasion de regarder les autres études parues ces derniers mois », ajoute Marc Mortureux. Le nouveau rapport de l’Afssa attendu pour début 2010 permettra de valider ou non ces choix.

Selon JSOnline, « Scientists chastise government for drawing out BPA study. Chemical’s harmful effects already known, 33 tell FDA », Des scientifiques demandent au gouvernement de sortir les études sur le BPA. Les effets de ce produit chimique dangereux sont déjà connus, disent 33 scientifiques dans une lettre à la FDA. Le gouvernement est en train de gaspiller des millions de dollars à examiner les effets d’un produit chimique usuel et domestique qui a déjà fait l’objet de plus de 900 études, disent les 33 experts scientifiques sur le bisphénol A.

Pas facile de s’y retrouver sachant que de nombreuse études ne sont pas exploitables. Voir à ce sujet la page du National Institute of Sciences des États-Unis, des travaux de recherches vont être financés pour estimer i’impact du bisphénol A sur la santé humaine, qui souligne la difficulté d’utiliser certaines études faute de résultats statistiques fiables.

La conclusion peut venir d’un éditorial d’un nouveau site de nouvelles en sécurité des aliments, Food Safety Watch (qui se veut un service d’informations scientifique et techniques indépendant pour les professionnels de l’industrie alimentaire, tout un programme !), à propos du bisphénol A. « Never mind the evidence » ou Peu importe les preuves. Richard Lawley termine ainsi son éditorial, « Il y a un lobby international de plus en plus déterminé à interdire le BPA dans les emballages alimentaires et il a déjà obtenu un certain succès, notamment au Canada et dans certains États des États-Unis. Maintenant, je ne suis pas qualifié pour dire si le BPA est sûr, mais je suis heureux de suivre les conseil avisés fondés sur des preuves de ceux qui le sont. Mais certains de ceux qui font ces campagnes sur la sécurité des aliments semblent fonctionner à partir d’idées reçues ou d’idées toutes faites plutôt que de parler Science. Ils ne sont tout simplement pas convaincus par le nombre de preuves de haute qualité à moins qu’elles ne viennent étayer leur position ou leur raisonnement. Ceci est dommageable car les consommateurs peuvent être induits en erreur par une argumentation qui n’a aucune base scientifique réelle - il suffit de regarder le débat sur les OGM pour avoir des exemples. Il s’agit ici d’une question plus vaste, parce que la science et les scientifiques semblent avoir perdu la confiance du public ou des consommateurs. La meilleure façon de renverser la tendance est de communiquer efficacement et ouvertement - ce que de nombreux groupes de pressions font très bien. Les munitions pour balayer les idées reçues ou toutes faites sont là, mais elles doivent être utilisées correctement ».

À suivre …

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