Des données sur les Tiac déclarées en France en 2008
Il s’agit de données comme son titre l’indique et non pas d’un bilan des toxi-infections alimentaires collectives déclarées en France en 2008, Source InVS. Voici donc ces données relatives aux toxi-infections alimentaires collectives déclarées en France en 2008 : « En 2008, le nombre de Tiac déclarées en France (1085 foyers) a été stable par rapport à 2007 (1095). Toutefois, à cause de problèmes informatiques rencontrés par la direction générale de l’alimentation les données d’un certain nombre de foyers n’ont pas encore pu être inclues dans la base de données. Il s’agit donc d’un bilan intermédiaire, qui sera mis à jour dès que possible ». Ce qui signifie que ce ne sont que des données partielles, toute conclusion serait donc hâtive, ça sent un peu l’été et les vacances …
Voici le détail des foyers de TIAC déclarés aux Ddass ou DSV, France, 2008
- Salmonella 162 foyers ; 1111 cas
- Staphylococcus aureus 211 foyers ; 2043 cas
- Bacillus cereus 83 foyers ; 1182 cas
- Clostridium perfringens 53 foyers ; 1043 cas
- Virus 51 foyers ; 1063 cas
- Histamine 50 foyers ; 228 cas
Curieusement, S. aureus est le premier germe en termes de nombre de cas de Tiac en France, devant Bacillus cereus et Salmonella (tous sérotypes confondus).
La saisonnalité classiquement observée chaque année se vérifie en 2008, avec une augmentation estivale (juin – septembre) des foyers liés à Salmonella. Voir à ce sujet Summer time is Salmonella time. Un pic inhabituel qui est survenu en février 2008 est lié à une épidémie communautaire liée à la consommation de rosette contaminée, ce produit ayant été la cause de 45 % (11/24) des Tiac à Salmonella en février. On note également une augmentation hivernale des foyers liés à des virus entériques, fréquemment liés à la consommation de coquillages. Est-ce que toutes les gastro-entérites aiguës hivernales sont comptabilisées ? Apparemment non …
L’ensemble, oeufs et produits à base d’Å“ufs, viandes, produits de charcuterie, volailles, poissons et crustacés représentent 291 foyers sur 1085. Les autres aliments (aliments d’origine non animale ou mixte, plats cuisinés.) 221 foyers et le lait et les produits laitiers, 36 foyers.
Facteurs ayant contribué à l’incident (foyers où au moins 1 facteur a été identifié)
Contrairement à ce qui est relaté dans le document de l’InVS, ce n’est pas la rupture de la chaîne de froid, quel que soit le lieu de contamination (restauration collective ou familiale) qui est le facteur contribuant à la Tiac le plus fréquemment mis en évidence par l’investigation. Il s’agit de la contamination par l’environnement due aux équipements avec 79% des foyers devant la rupture de la chaîne du froid. Ces contaminations liées aux équipements sont de plus en plus la cause de contamination croisée comme cela a été vu dans Listeria monocytognes et les équipements, 1, 2 et 3. Ce n’est hélas pas l’entrée en vigueur de la nouvelle directive « Machines » (directive 2006/42/CE) en décembre 2009 qui fera pour autant changer les choses.

On attend bien sûr les données finalisées de 2008 et on attend aussi quelques commentaires mais on attend aussi une étude comparable à celle réalisée par l’Afssa et et l’InvS, mis en ligne en 2004, Morbidité et mortalité dues aux maladies infectieuses d’origine alimentaire en France. Ce document avait pour « objectif de préciser la nature et l’importance des pathologies infectieuses liées à l’alimentation en France et d’orienter les priorités en termes de mesures de prévention et de contrôle de ces maladies. Une étude de la morbidité et de la mortalité liées aux agents infectieux, transmis par l’alimentation, en France métropolitaine, a été réalisée pour les années 1990  ». Il demeure le document de référence.


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