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Articles de la catégorie 'Audit'

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Etats-Unis : Curieux partenariat entre une université et un cabinet d’audit tierce partie

10
avr
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Classé dans Audit, Contamination, Contamination croisée, Curiosité, Environnement, Hygiène, Salmonella, Santé, Sécurité des aliments, TIAC.

La Kansas State University a annoncé un partenariat de 60 millions de dollars avec AIB International (AIB est l'American Institute of Baking, qui se situe également à Manhattan dans le Kansas) pour créer un Centre mondial pour les aliments à base de céréales ou un Global Center for Grain-based Foods.

Qu'est-ce que les génies du marketing vont donc bien pouvoir faire avec ce nom ?, se demande Doug Powell du barfblog.

 avec ces noms ?

« Nous recherchons un partage d’expertise afin d’aider l'industrie alimentaire à base de céréales, tant sur le plan de l'apprentissage que de la technique, mais aussi du point de vue de la sécurité des aliments », a déclaré Andre Biane, président d’AIB International.

pcaaib_certificatestoryLe Global Center for Grain-Based Foods est destiné à être un centre de connaissances à visée mondiale qui :

  • Exploite les forces d’AIB International et du Department of Grain Science and Industry de l'université afin de créer une approche plus forte et unie pour soutenir la sécurité des aliments et l'innovation industrielle dans la science des céréales.
  • Crée un centre d'utilisation commun où des installations et des équipements partagés soutiendront des possibilités de collaboration, d'enseignement, de formation, de recherche et où des partenariats solides avec l'industrie stimuleront l'innovation.
  • Établit en outre entre AIB et l'université des ressources internationales pour le leadership et l'innovation avec les composantes essentielles du système alimentaire mondial.
  • Développe pour l'industrie alimentaire à base de céréales la prochaine génération de professionnels en recherche et développement, sécurité aliments et en assurance qualité.

Un remake des centres techniques qui ont fait long feu ici et là en quelque sorte …, mais il ne faut pas oublier qu’« Avoir dans la même phrase AIB et sécurité des aliments devrait choquer tout un chacun », dit Doug Powell.

AIB est ce cabinet d’audit tierce partie qui a approuvé le site industriel où de la pâte d'arachide contaminée par des salmonelles a tué neuf personnes et rendu malades 600 personnes, qui a donné au producteur d’œufs DeCoster une note « supérieure » et « la reconnaissance de la réussite » en juin 2010, au moment où des milliers d'Américains ont commencé à avoir des problèmes avec Salmonella dans les œufs DeCoster.

Comme cela a été documenté, bien qu’AIB ait examiné l’usine de la  Peanut Corporation of America (PCA) comme étant de niveau ‘Supérieur’, Nestlé a deux fois inspecté le site de PCA et a choisi de ne pas prendre PCA comme fournisseur, car il ne répondait pas aux standards de Nestlé en matière de sécurité des aliments, selon les rapports d'audit de Nestlé en 2002 et 2006.

Sur le sujet  des audits, voir cette référence : D.A. Powell, S. Erdozain, C. Dodd, R. Costa, K. Morley, B.J. Chapman. Audits and inspections are never enough: A critique to enhance food safety. Food Control Volume 30, Issue 2, April 2013, Pages 686-691.

La restauration et la maîtrise de l’hygiène avant et après formation

6
avr
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Classé dans Audit, Contamination, Contamination croisée, Curiosité, Environnement, HACCP, Hygiène, Nettoyage-Désinfection, Réglementation, Santé, Sécurité des aliments.

restaurant_food_crap_garbage_10-2Résumé.

Une bonne application du système HACCP dans en restauration implique la surveillance des points critiques décisifs. Le but de cette étude était d'évaluer la température des aliments et la maîtrise de l'hygiène des surfaces dans deux services de restauration en Navarre (Espagne) à deux périodes différentes : la première après la mise en œuvre du système HACCP et la deuxième période, après un supervision initiale via un audit et une session de formation spécifique concernant les températures des produits et des conditions d'hygiène des surfaces et des équipements, parce que la majorité des non-conformités détectées étaient liées à ces paramètres. Les températures enregistrées de 650 produits alimentaires cuits pendant la première période ont montré que seulement 65,1% des plats chauds avait une température supérieure à 65°C, conformément à la législation espagnole, et 12,9% d'entre eux ont montré une température à risque de maintien (< 55°C). Cependant, le pourcentage de plats non conformes a été réduit de moitié après la session de formation (p < 0,001). Des différences importantes observées dans les températures enregistrées étaient liées au type de repas (avec ou sans sauce) et le type de procédure de cuisson, un critère sûr plus faible pour la conservation de plats chauds a été suggéré, si la température est maintenue en permanence à plus de 55°C jusqu'au moment de servir. En ce qui concerne le nettoyage et la désinfection, 18,3% des 600 surfaces analysées ne répondent pas aux critères établis de nettoyage (≤ 100 ufc/25 cm2) pendant la première période, tandis que lors de la deuxième période, ce pourcentage a été ramené à 13,6% dans les deux entreprises de restauration (p = 0,021). Les surfaces les plus sales étaient des équipements tels que les planches à découper et les machines de tranchage de la viande (> 26%) par rapport aux ustensiles servant pour la distribution (12,0%). Comme l'impact de surfaces sales sur la qualité hygiénique du produit fini dépend de l’étape où cela a été fait lors de l'élaboration d’un plat lorsqu'un équipement ou un ustensile est utilisé, il a été suggéré que des limites plus restrictives soient établies concernant les ustensiles et les équipements en contact direct avec le produit fini (≤1 ufc/cm2). Les résultats de l'étude démontrent qu’une session de formation spécifique sur ces points a amélioré la maîtrise de la température des plats préparés et l'efficacité du nettoyage et de la désinfection, qui sont essentiels pour garantir la qualité hygiénique des aliments préparés.

Faits saillants.
  • Les principaux écarts sont liés à la maîtrise des températures et de l'hygiène des surfaces.
  • Des sessions de formation ont amélioré la maîtrise de ces deux paramètres en restauration.
  • Différentes limites acceptables sont proposées selon le type de surface.
  • Certaines techniques de cuisson comme la friture ne conviennent pas pour la rétention de la chaleur.

Roncesvalles Garayoa, María Díez-Leturia, Maira Bes-Rastrollo, Isabel García-Jalón, Ana Isabel Vitas. Catering services and HACCP: Temperature assessment and surface hygiene control before and after audits and a specific training session. Food Control Volume 43, September 2014, Pages 193-198.

NB : Un peu idyllique la conclusion selon laquelle tout « redevient » conforme après une session de formation, mais pourquoi pas ? Sur le sujet des contrôles et des autocontrôles en restauration, on pourra lire dans le journal Les Echos, un article du 4 avril 2013, « La grande cuisine des contrôles alimentaires ».

On parle des allergies alimentaires mais on oublie de parler du rappel de bâtonnets glacés pour cause de présence d’allergène !

30
mar
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Classé dans Allergène, Audit, Contamination, Curiosité, Rappel, Réglementation, Santé, Sécurité des aliments.

1999_1_MIl était une fois des bâtonnets glacés dont on nous dit qu’« En cas d'allergie aux fruits à coques ou aux œufs, rapporter son produit pour un remboursement ou un échange ».

Il s’agit d’un communiqué de rappel du produit PICARD 4 Bâtonnets Glacés Best Chocolat.

Produit rappelé par : PICARD
Secteur : Produits alimentaires – Boissons
Marque : PICARD
Produit : 4 Bâtonnets Glacés Best Chocolat
Modèle : 70% de cacao
Référence : Code article: 45320
N° lot / N° série : Lot: L4043
Motif du rappel : Le lot incriminé de bâtonnets glacés Best chocolat peut contenir des bâtonnets glacés Best vanille macadamia

Rien d’extraordinaire, sauf qu’en ce moment sur les actualités du site Internet de Picard, les consommateurs sont informés sur les allergies alimentaires …, extraits.

La fréquence des allergies alimentaires a doublé en 5 ans. Entre 4 et 8,5% des enfants de moins de 3 ans et un français sur trente seraient sensibles à certains allergènes. Ces chiffres montrent clairement les répercussions de nos modes de vies sur notre organisme ; la transformation toujours plus poussée et la consommation plus fréquente d’aliments exotiques favorisent le développement de nouveaux allergènes. Face à ce constat, Picard s’engage.

(…)

Conscient de ces risques, Picard  impose à ses partenaires d’exclure certains produits dans la composition de leurs recettes sur la base d’une liste propre à la marque. Cette liste comprend les allergènes répertoriés par une directive européenne mais pas uniquement.
Des contrôles sur le terrain sont régulièrement effectués au cours d’audits de référencement et de suivi.
Sur les emballages les allergènes dont la maîtrise sur le site de production n’est pas certaine,  sont systématiquement indiqués : « produit élaboré dans un atelier qui utilise… ».
Enfin, Picard répond de façon personnalisée par courrier à chaque consommateur allergique ou intolérant qui a besoin d’un complément d’information.

Malheureusement, Picard n’évoque pas le rappel précité dans ses pages Internet, tout cela ressemble fort à du marketing de la sécurité des aliments …

A propos du contrôle des animaux et des produits d’origine animale de l’extérieur de l’UE en France et en Belgique

21
mar
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Classé dans Audit, Curiosité, Réglementation, Santé, Sécurité des aliments, Union Européenne.

Un communiqué de l’AFSCA du 21 mars 2013 rapporte que « Le Poste d'Inspection Frontalier de l’AFSCA gagne le Brucargo Award ».

Depuis 2007, Brussels Airport décerne des Awards aux compagnies aériennes et aux partenaires de l’aéroport qui se sont particulièrement distingués sur le plan de la ponctualité, des prestations, de l’environnement, de la sécurité et du développement du réseau et des routes.
La septième édition des Brussels Airport Aviation Awards s’est déroulée le 20 mars. Depuis 2012, le « Brucargo Award » est décerné aux partenaires de Brucargo. Cet award n’est attribué que pour la deuxième fois. Il a été décerné au poste d’inspection frontalier de l’Agence alimentaire pour sa collaboration efficace avec Brussels Airport visant à accélérer le flux des marchandises.
Tous les animaux, aliments pour animaux, denrées alimentaires et autres produits d’origine animale en provenance de pays tiers sont contrôlés dans les postes d’inspection frontaliers de l’AFSCA qui se trouvent dans les ports et aéroports belges.
Ce prix prouve à nouveau que des contrôles approfondis ne constituent absolument pas un frein à la fourniture d’un service de qualité aux entreprises.

Cette nouvelle n’est utile que si on la met en perspective avec ce qui se passe en France. Pour cela, il nous faut lire le rapport d’audit de l’office alimentaire et vétérinaire, publié le 19 mars 2014, qui a eu lieu en France du 23 au 27 septembre 2013 afin d’évaluer le système TRACES*.

Ce qui me paraît intéressant par rapport au contexte belge, c’est la « Réponse au projet de rapport suite à la mission de l'Office Alimentaire et Vétérinaire sur l'utilisation du système TRACES* en France » des autorités françaises à la Commission européenne dans la quelle on peut lire :

Le rapport d'audit note que les fonctionnaires des postes frontaliers ou administration centrale ne procèdent pas à des analyses/vérifications en routine ou proactives des données contenues dans la base de données TRACES. Comme cela a été dit au cours de l'audit, il apparait difficilement réalisable de mettre en œuvre  de tels contrôles compte tenu des quantités très importantes de documents vétérinaires communs d'entrée (DVCE), de documents communs d’entrée (DCE) et de documents de stratégie pour la croissance et l'emploi (DSCE) émis chaque jour par les postes frontaliers.

Les autorités sanitaires françaises déclarent maintenir la position présentée lors des précédentes missions. Elles estiment que l'obligation d'un contrôle physique à chaque livraison de navire est excessive et ont proposé une instruction nationale (DGAL/SDASEI/SIVEP/L2010-534) qui préconise une procédure alternative.

A noter que la distinction entre les différentes entités des autorités françaises est assez cocasse et ce qui suit en dit long sur relations plus que tendues entre la DGAL et la DGCCRF … mais chuttt.

la DGCCRF, autorité (centrale) compétente pour les contrôles à l'importation des denrées d'origine non animale dans le cadre des règlements n°669/2009 modifié, n°1152/2009 modifié et des autres mesures de sauvegarde prises en application de l'article 53 du règlement n°178/2002, n'a pas de lien hiérarchique avec la DGAL.

L'autorité centrale compétente pour le contrôle à l'importation des denrées d'origine non animale, à savoir la Direction Générale de la Concurrence, Consommation et Répression des Fraudes (DGCCRF), qui n'utilisait pas le module DCE de TRACES au moment de l'audit, n'y a pas participé.

La France utilisait ce module au moment de l'audit » devrait être précisée, seule la DGAL utilisant le module DCE de TRACES, dans le cadre des contrôles à l'importation des aliments pour animaux d'origine non animale.

* Le système TRACES (TRAde Control and Expert System) est un outil de gestion des mouvements d’animaux et de produits d’origine animale tant en provenance de l’extérieur de l’Union européenne que sur son territoire. Ce système consolide et simplifie les systèmes existants. Il s’agit d’une innovation majeure pour améliorer la gestion des épizooties et pour alléger les formalités administratives qui pèsent sur les opérateurs économiques et les autorités compétentes.

Choses lues à propos des contrôles alimentaires en France

22
fév
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Classé dans Audit, Contamination, Curiosité, HACCP, Hygiène, Réglementation, Santé, Sécurité des aliments, Union Européenne.

larry.the_.cable_.guy_.health.inspectorDans l’édition du flash du 21 février 2014, la FNICGV, fédération des industriels et des commerçants de gros de la viande, revient sur le sujet des contrôles, « Les contrôles officiels interpellent ».

La FNICGV soutient les efforts entrepris par la DGAL pour objectiver en France le classement des abattoirs et harmoniser le contrôle des établissements agréés en général. Sans harmonisation, pas de règles du jeu claires pour les investisseurs. Et sans investissements, on compromet la sécurité sanitaire future. Les progrès restant à accomplir sont encore grands mais les actions entreprises pour une harmonisation effective des contrôles vétérinaires en France doivent s’apprécier dans la durée. (…)

On lira avec un certain sourire l’humour pratiqué ci-après, « En réponse (au rapport de la cour des comptes), le ministre de l’Agriculture ne manque pas de souligner que « les insuffisances relevées ne sont à aucun moment mises en perspective » avec l’efficacité du travail croisé des contrôleurs des différents ministères ou des autres pays. Il souligne également que « les recommandations émises [lui] paraissent bien en deçà de celles auxquelles on pourrait s'attendre au vu de la sévérité des constats opérés ».

Le sujet des rappels d’aliments est un sujet où l’on cherche vainement le travail croisé des contrôleurs des différents ministères, mais puisqu’il dit que ce travail est efficace, il doit avoir raison … et en plus la cour des comptes aurait dû lui fournir plus de recommandations, carrément une feuille de route, c’est impayable !

Le sujet des contrôles officiels est doublement sensible dans le secteur des viandes de boucherie. Il l’est d’abord et bien évidemment pour des raisons sanitaires mais aussi pour des raisons économiques. C’est pour ces raisons que la proposition de règlement sur les contrôles officiels des denrées alimentaires élaborée par la Commission européenne a suscité une pluie d’amendements et un vaste débat hier matin de la part de la commission de l’environnement et de la sécurité alimentaire du Parlement européen.

On aura noté la grande prudence des propos, sujet très sensible, et le renvoi la balle à Bruxelles.

Autre point de vue, celui du Télégramme du 20 février 2014, qui relatent à propos des « Contrôles alimentaires : les mauvaises habitudes françaises »

C’était donc tout sauf une surprise ce rapport de la cour des comptes …

« Les auteurs du rapport critiquent aussi « l'absence de sanctions en cas d'anomalies graves ». Particulièrement dans le secteur de la production animale, « où 50% des contrôles jugés non-conforme échappent à une sanction ». Entre 2010 et 2011, ces derniers concernaient « 17% des viandes fraîches de boucherie, 13% des viandes fraîches de volaille, 25% des produits à base de viande. Et 21% pour le lait cru ou traité thermiquement et les produits à base de lait ».

responsable« Pour la Cour des Comptes, ce déficit de contrôle s'expliquerait par de nombreuses destructions d'emploi. « Plus de 300 équivalents temps plein ont été supprimés dans l'inspection des élevages, des abattoirs et autres établissements ». Autre problème soulevé par les auteurs, la mise en place en 1998 des autocontrôles. Ce dispositif permet à un producteur d'effectuer et de valider ses tests lui-même. « Cela revient à mettre le professionnel en position de juges et parties », dénoncent la Cour des Comptes et l'association nationale de défense des consommateurs et usagers (CLCV). « Seuls les contrôles officiels réalisés par un professionnel extérieur doivent être considérés comme garants de la fiabilité de la chaîne alimentaire. »

Sauf que toute la nouvelle approche de l’hygiène des aliments en Europe est basée sur les autocontrôles et l’on ne s’en compte que maintenant ? Voir ce DVD sur la sécurité des aliments en Europe pour s’en convaincre … et dont un extrait est proposé en photo à droite.