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Articles de la catégorie 'Campylobacter'

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Quelques nouvelles de la sécurité des aliments

15
avr
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Classé dans Campylobacter, Contamination, Contamination croisée, Curiosité, Hygiène, Microbiologie, Rappel, Règlementation, Salmonella, Santé, Sécurité des aliments, TIAC, Volaille.

Pas d’article en tant que tel mais une liste de sujets qui méritent une attention, à vous de voir …

  • Nanoparticules, nanomatériaux, nanoaliments

Est-on mieux informé sur les nanoparticules d’argent après la parution de l’avis de l’Anses du 5 mars 2015 ? Pas sûr … Dans ce domaine, on lira cette information en provenance du Parlement européen :

Moratoire sur les nano-aliments. Les nouvelles technologies appliquées aux procédés de production alimentaire sont susceptibles d’avoir des répercussions sur la sécurité des aliments, affirment les députés. Par conséquent, les aliments dont le processus de production exige une évaluation des risques – incluant les nanomatériaux – ne devraient pas être autorisés avant d’être approuvés par l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA), selon les parlementaires. Par ailleurs, il faudrait accorder une attention particulière aux emballages alimentaires qui contiennent des nanomatériaux, afin d’empêcher qu’ils ne contaminent les aliments. Conformément au principe de précaution, tous les nouveaux aliments devraient également être soumis à une surveillance suite à leur mise sur le marché, ajoutent les députés.

De plus, les députés ont modifié la définition existante de nanomatériaux pour la rendre conforme aux recommandations de l’EFSA (seuil de nanoparticules de 10% pour qu’un ingrédient alimentaire soit qualifié de « nano » contre un seuil de 50% proposé par la Commission européenne). Source Parlement européen du 25 novembre 2014.

Un aperçu des présentations du 1st Joint Symposium sur les Nanotechnologies des 5 et 6 mars 2015 est disponible, source BfR. On lira aussi Nanoargents : de la production à l’utilisation, quels sont les risques ? de l’INRS, document de mars 2015, 5 pages.

A l’attention de nos autorités qui n’informent pas complètement les consommateurs sur les retraits/rappels d’aliments, on y lit, « Pour les autorités compétentes, l’objectif principal d’un rappel des aliments est de protéger la santé publique, en veillant à ce que:

- un aliment dangereux soit rapidement retiré de toutes les étapes possibles de la chaîne d’approvisionnement;

- les consommateurs concernés et les clients soient informés; et que

- l’aliment faisant l’objet d’un rappel ait été récupéré, détruit ou retransformé. »

  • Le « taux de croissance » comme paramètre mesurable pour relier la cinétique et les modèles probabilistes de la croissance bactérienne

Lorsque des bactéries sont inoculées dans un environnement stressant, il est possible que certaines cellules subissent une croissance exponentielle alors que la majorité reste dormante. Le nombre de cellules se multipliant est difficile à mesurer, car une telle décision impliquerait de nombreuses observations de cellules isolées. George et al. proposent une méthode indirecte, basée sur des mesures automatisées de la turbidité, ce qui fournit une estimation de la fraction de cellules en croissance. Une conséquence est une quantification du « taux de croissance » de la population, qui est sensée être fondamentale pour le développement de nouveaux et plus puissants modèles prédictifs, que ceux qui sont souvent au cœur de l’évaluation de la résistance au stress et de la sécurité des aliments.

  • Nouveau protocole de gestion et de communication « Salmonella »

Mise à jour du 09/03/2015, source ministère de l’agricultureLa lutte contre les salmonelloses humaines d’origine alimentaire, responsables d’un nombre très important de malades, d’hospitalisations et de décès, constitue une préoccupation majeure des administrations en charge de la protection de la santé publique. Les directions générales de la santé, de l’alimentation et de la concurrence, consommation et répression des fraudes ont souhaité harmoniser la gestion du risque salmonellique, y compris la communication vers les consommateurs, de la même façon que cela avait été fait pour la communication autour du risque « Listeria » en juin 2000. Ce nouveau protocole précise les mesures de retrait et de rappel des produits issus d’élevages de ponte reconnus infectés par Salmonella Enteritidis (S. E.) ou Typhimurium (S. T.) ou des denrées alimentaires pour lesquelles une analyse microbiologique a montré la présence de Salmonella spp, ainsi que les principes généraux de communication, en fonction de l’existence ou non de cas humains.

Mais on ne nous dira pas pourquoi il y a ce besoin d’harmonisation. Hélas, les cas de salmonellose augmentent en France selon les données diffusées par l’EFSA en 2014, contrairement à ce que rapporte l’Anses, «  Dans le domaine de la sécurité sanitaire des aliments, la France fait souvent figure de pionnière en Europe et dans le monde en appliquant des politiques de maitrise des risques qui produisent des résultats probants : les salmonelloses, qui demeurent une cause majeure de toxi-infections alimentaires ont diminué de moitié en 10 ans dans notre pays. »

  •  Salmonella et l’Anses

Dans la galaxie des sites de l’Anses, voici le réseau Salmonella avec des données totalement obsolètes. Ainsi, on nous dit « Les salmonelloses sont une des principales zoonoses bactériennes responsables de toxi-infections alimentaires. Sur la période 1995-1999, le nombre de cas de salmonelloses en France a été estimé par l’Institut de veille sanitaire, entre 30 600 et 41 140 dont 92 à 535 cas mortels. »

Pourtant dans le résumé des activités de l’année 2011 du centre national de référence des Salmonella, on apprend qu’il y a eu « 11069 enregistrements de Salmonella d’origine humaine (8849 souches et 2220 fiches d’information), en provenance de France métropolitaine et des DOM-TOM, ont été répertoriés par le CNR Salmonella (9405 en 2010, + 17,6%). » Source Weill François-Xavier et Le Hello Simon. Rapport d’activité annuel 2011. Centre National de référence des Salmonella. Institut Pasteur.

  • Lutte contre Campylobacter dans les poulets au Royaume-Uni

Les distributeurs vendent les poulets entiers ‘rôtis dans un sachet’.

De plus en plus de distributeurs vendent du poulet entier « rôti dans un sachet », un changement qui signifie que les consommateurs ne doivent pas toucher la volaille crue et pour éviter le risque de la propagation de Campylobacter.

Moy Park a mis en place deux lignes de poulets entiers dans un emballage fermé, « extra savoureux » et « ail et fines herbes ».

Cet emballage est conçu de manière à permettre une ventilation dans le four, sans fuite de jus avant de le manipuler.

NB : N’hésitez pas à lire la suite …

  • Restauration commerciale et transparence des contrôles, c’est le monde des bisounours

Un décret indique les modalités un semblant de transparence dans les résultats des contrôles dans la restauration commerciale, décret n°2015-189 du 18 février 2015 relatif à l’expérimentation de la mise en transparence des résultats des contrôles officiels en sécurité sanitaire des aliments dans le secteur de la restauration commerciale à Paris et Avignon.

On y indique :

Les mentions relatives au niveau d’hygiène sont établies comme suit :

1° « Bon niveau d’hygiène » pour les établissements ne présentant pas de non-conformité ou présentant uniquement des non-conformités mineures ;

2° « Niveau d’hygiène acceptable » pour les établissements ne relevant pas de la catégorie définie au 1° et ne présentant pas de non-conformité impliquant la mise en œuvre d’une mise en demeure par l’administration ;

3° « Niveau d’hygiène à améliorer ; mesures correctives requises » pour les établissements mis en demeure de procéder à des mesures correctives.

Sont rendus publics :

1° Le nom de l’établissement ;

2° L’adresse de l’établissement ;

3° La date du dernier contrôle ;

4° La mention relative au niveau d’hygiène établie conformément à l’article 4.

Ces données sont mises à jour quotidiennement et présentées sur une carte interactive permettant la géolocalisation de l’établissement.

A la lecture de ce décret, on sait par avance que tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil, …

Notons que concernant « Niveau d’hygiène à améliorer ; mesures correctives requises », il n’est pas fait état du fait que l’établissement ait eu une ou plusieurs non-conformités, bienvenue dans le monde des bisounours …, il ne faut fâcher personne …

Notons que le rapport d’inspection même sous forme synthétique ne sera pas disponible

Notons qu’on ne sait pas à quelle sauce (check-list) les entreprises vont être contrôlées

Notons que seul le secteur de la restauration commerciale est concerné et non pas la restauration collective comme les cantines scolaires, cela serait sans doute explosif …

Voir les différences avec le système adopté et pleinement opérationnel au Royaume-Uni et celui qui va être adopté au premier semestre en en Belgique.

Top 10 pour 2014 de la sécurité des aliments en France

23
déc
8 commentaires
Classé dans Campylobacter, Contamination, Curiosité, Environnement, Hygiène, Règlementation, Santé, Sécurité des aliments.

Bon Noël et Très Bonne Année 2015

Quelques propos liminaires, si vous le voulez bien, j’en profite encore un peu, c’est le dernier article …

Ce n’est pas un hasard si la politique de la  sécurité des aliments, qui arrive largement en tête dans ce top 10, a du plomb dans l’aile en France. Comme tout un chacun peut l’observer, c’est une suite logique d’un ensemble de décisions de nos gouvernants passés et présents qui font tanguer très dangereusement notre pays, une économie en berne, un chômage massif, une éducation en déroute, la santé aux abois, etc. voire même une certain forme d’inculture, comme en témoigne, les récents propos d’un ministre « Un ministre de la Culture, en 2014, n’est pas payé pour lire des livres chez soi ». C’est un constat et non pas un jugement. Chers lecteurs du blog, merci et au revoir …

???????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????1. Situation de la politique sanitaire des aliments en France

Spécialité française, les rapports sur nos maux fleurissent sans que rien ne change et souvent ils se suivent et ressemblent. Ainsi, à propos d’un rapport de la cour des comptes paru en juin 2014, le président de l’UFC- Que Choisir écrivait, « Ce rapport pointe l’autisme des pouvoirs publics qui, malgré les scandales alimentaires récents et les semonces de Bruxelles, maintiennent les services de contrôle en sous-effectifs. Il met aussi en lumière l’absence de sanctions pour les professionnels. Enfin, il dénonce l’habitude bien française de l’opacité, qui fait que l’identité des contrevenants n’est jamais dévoilée, privant ainsi les contrôles de tout effet dissuasif. Finalement, au-delà des gesticulations au moment des crises, c’est à un véritable changement de politique que le gouvernement doit se livrer. »

Un autre rapport en remet une couche, « Diagnostic et propositions à l’attention de Mesdames et Messieurs les ministres de l’Economie et des Finances, de l’Economie sociale et solidaire et de la Consommation, des Affaires Sociales et de la Santé, de l’Agriculture, l’agroalimentaire et de la forêt » souligne notamment que les contrôles sont le maillon faible de la politique sanitaire des aliments en France.

Richard Lawey, un scientifique blogueur britannique, rapporte, « Un récent rapport en France écrit par deux anciens hauts responsables de la sécurité des aliments met en évidence des réductions d’effectifs constants qui ont conduit à une réduction de 20% aux inspections de la sécurité des aliments entre 2009 et 2013. Le rapport, « La Politique de sécurité des aliments », dresse un tableau sombre de la situation actuelle de la sécurité des aliments en France. Bien que le nombre de personnel chargé des contrôles ou des inspections doive être augmenté de 60 postes en 2015, c’est bien en deçà du nombre de postes à temps plein perdus depuis 2007. »

Le portail de la modernisation de l’action publique en France donne des pistes étonnantes :

  • « Maintenir la vigilance en matière de sécurité sanitaire des aliments », alors que des pathogènes comme Campylobacter sont laissés sans surveillance
  • « Agir en faveur d’un système européen plus intégré », sans doute mais la France n’est pas le bon élève en sécurité des aliments !
  • « Au plan national, un besoin d’orientation explicite, de synergies, d’échange et  de mutualisation », des vœux pieux tant la synergie entre les différents acteurs ne fonctionnent pas. Un exemple simple en 2012, l’Anses et l’InVS avait été signé un accord cadre de coopération, deux après un rapport remet une couche sur le sujet …
  • « Eviter l’affaiblissement des contrôles », on va faire ce que l’on peut mais on ne promet pas de rétablir les contrôles au nouveau où ils étaient …
  • « Renforcer la transparence et la communication vis-à-vis du public », véritable tarte à la crème, promesse éculée, tant cette transparence et cette communication ne sont pas dans l’ADN de nos autorités …

Avec la baisse des budgets, qu’est-ce qui reste de l’Etat, l’une des principales fonctions d’un gouvernement est de protéger ses citoyens contre les dangers. Si une chaîne alimentaire sûre ne relève pas de cette mission, alors qui va le faire ?

2. Coup de chapeau à la Food Standards Agency pour la divulgation des résultats sur Campylobacter

Bravo pour sa démarche transparente face aux politiques et aux lobbying de la grande distribution et des industriels alimentaires avec la publication des résultats des analyses de recherche et de dénombrement Campylobacter sur les poulets vendus en distribution. Cette campagne « name and shame » a révélé des résultats pour tous les distributeurs. Cela a aussi permis de montrer les limites de la certification privée mise en œuvre par les distributeurs. Voir les principaux articles parus sur le blog ici.

Bien sûr tout ceci est impensable en France, trop de transparence risquerait de nuire à nos autorités (elles n’en ont pas l’habitude), aux entreprises alimentaires et aux distributeurs, on connait la chanson …

3. Les OGM et les petits arrangements entre amis

Comment appelle-t-on en Europe quelque chose qui est autorisé mais qu’on interdit ? OGM, bien sûr !

L’EFSA nous a expliqué que l’interdiction des OGM en Europe est une décision politique et non pas scientifique !

Il y a eu un accord politique dans l’Union européenne sur la possibilité pour les Etats Membres de limiter ou interdire la culture d’OGM, presque pour simple convenance … Si le mot responsabilité avait un sens, alors le groupe scientifique sur les organismes génétiquement modifiés (GMO) de l’EFSA aurait dû démissionner collectivement …

4. Le poste de conseiller scientifique principal de la Commission européenne n’existe plus

Eh oui, mauvaise passe pour la science indépendante face aux groupes de pression de tous poils, et « Quand le conseiller scientifique principal montre qu’il y a des preuves scientifiques de l’innocuité des OGM, les imbéciles montrent du doigt le conseiller scientifique principal ! »

Bien triste nouvelle en vérité … pour la science, sauf pour les marchands de peurs …

5. Campylobacter

Plus personne n’ignore ce que c’est au Royaume-Uni, après les résultats publiés par l’agence de sécurité sanitaire des aliments avec 280 000 personnes malades ou plus chaque année !

Mais que dire de la France, où l’on a entre 800 000 à 2 millions d’infections à Campylobacter par an en France, selon l’InVS, Surveillance des infections à Campylobacter en France : bilan de la surveillance du réseau de laboratoires de ville et hospitaliers, 2004-2005.

Le rapport précité en n°1 du Top 10 indique que la prévalence de certaines pathologies, comme celles causées par Campylobacter (plus de 824 000 personnes infectées par an dans les estimations récentes de l’InVS) a longtemps été sous-estimée et demeure mal recensée. »

Ainsi lit-on, « Après correction pour prendre en compte l’absence de consultation auprès d’un médecin et de réalisation de coproculture, il estime l’incidence à 824 000 cas annuels en population générale, soit un rapport de 1 à 150 (incidence comparable à d’autres pays en Europe). »

Mais qui connaît ce pathogène en France ? Que font les entreprises alimentaires et les distributeurs pour le maîtriser ? Réponse un jour peut-être … ou alors  demain, c’est sûr …

6. Le ministère de la santé est aux abonnés absents en matière de sécurité des aliments

Après l’Anses à qui on a rajouté sans budget supplémentaire, l’environnement et le travail à la sécurité sanitaire des aliments, voici que l’on va assister à un empilage de structures dans le domaine de la santé, l’InVS, l’Inpes et l’Eprus, pour créer un institut (véritable ?) pour la prévention, la veille et l’intervention en santé publique. Le rapport précité n’est pas tendre avec le ministère de la santé et ses satellites.

7. La résistance aux antibiotiques

La résistance aux antibiotiques a ceci de particulier, d’une part l’Anses nous dit que concernant les « Antibiotiques à usage vétérinaire : une diminution des usages et des résistances aux antibiotiques se confirme, mais des efforts sont à poursuivre » et, de l’autre, l’Agence nationale de sécurité du médicament rapporte que « Ces dernières données placent toujours la France parmi les pays européens où la consommation des antibiotiques reste très élevée. En effet, même si la consommation d’antibiotiques a diminué à partir des années 2000, une tendance à la hausse, observée depuis 2010, s’est confirmée en 2013. »

Comprenne qui pourra … mais c’est sûr, là aussi, demain, il y aura une synergie …

8. Les informations sur les rappels n’existent pas

Nombre d’articles sur ce blog ont illustré cet état de fait tout à fait inacceptable, plus cela est dénoncé de toutes parts, plus le silence perdure …

Tous les autorités sont concernées, le ministère de l’agriculture, la DGCCRF, le ministère de la santé et ses satellites, les agences régionales de santé totalement hors du coup, voir entre autres articles à ce sujet Les rappels des produits alimentaires en France entre désinformation et cacophonie par l’exemple !

A noter que le distributeur Auchan publie sur un site Internet des principaux rappels de produits alimentaire le concernant, et c’est bien le seul …

9. Notifications des alertes au RASFF de l’UE en 2014 pour des produits de France

Les alertes notifiées au RASFF concernant des denrées alimentaires de France ont fait un bond en 2014 (semaine 51), avec 70 alertes (53 en 2013) concernant des produits alimentaires de France, dont 45 (36 en 2013) pour la présence de micro-organismes pathogènes dont Salmonella (17 alertes), Listeria monocytogenes (16 alertes) et E. coli entérohémorragique (8 alertes).

10. La cuisson des steaks hachés et autres hamburgers n’est toujours pas claire en France pour les autorités …

D’où la question posée, maintes fois posée, La cuisson à cœur des steaks hachés est-elle idéologique ou sanitaire ?

Sujets qui auraient pu ou dû figurer dans ce Top 10 :

  • La ferme des mille vaches ou l’économie de marché en marche. Voir cette vidéo, « La vache et le prisonnier », qui dit ce qu’il en est, et c’est bien triste de ce monde qui part …
  • Le bisphénol A et sa saga qui n’en finit plus, interdit pas interdit, quand, comment, bref, on ne sait plus trop, tout en sachant que ce qui sera interdit en France, ne le sera pas ailleurs …
  • Faim dans le monde et obésité. Le système alimentaire mondial est fracturé. Des millions de personnes n’ont pas assez à manger tandis que des millions d’autres mangent trop de nourritures malsaines. Beaucoup de familles n’ont pas les moyens d’acheter assez de produits nutritifs comme les fruits frais, les légumes, les haricots secs, la viande et le lait. Les boissons et les aliments à haute teneur en sucre, en sel et en graisse sont peu chers et faciles à trouver. La dénutrition et le surpoids sont aujourd’hui des problèmes qui coexistent au sein d’une même communauté de personnes. FAO/OMS Deuxième Conférence internationale sur la nutrition.
  • Les derniers gagnants des palmarès 2013, 2012 et 2011.

A méditer : « Et si les règles d’hygiène que des gens ordinaires appliquent sont simples, cela ne doit-il pas être beaucoup plus sûr quand il s’agit de professionnels de l’alimentaire qui préparent et transforment des aliments ? », phrase de Tom Ross, microbiologiste, Australie.

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Etats-Unis : Walmart annonce le renforcement des mesures de sécurité sanitaire pour les fournisseurs de volailles

22
déc
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Classé dans Campylobacter, Contamination, Contamination croisée, Curiosité, Environnement, Hygiène, Salmonella, Sécurité, Sécurité des aliments, TIAC, Volaille.

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C’est curieux comment sont les choses. Les Britanniques par l’intermédiaire de la Food Standards Agency, secouent le cocotier en rendant public la présence de Campylobacter dans les poulets, et voici que voilà, Walmart, le plus grand distributeur au monde, annonce très rapidement de nouvelles mesures de sécurité sanitaire pour les fournisseurs de volailles. Etonnant, non !

Evidemment tout le monde applaudit, que faire d’autre, mais que c’est beau à ce niveau le marketing de la sécurité des aliments … quand il ajoute sans cesse des mesures aux mesures déjà prises et ainsi de suite, sans pour autant garantir que cela va pour autant réduire la présence de pathogènes comme Salmonella ou Campylobacter

Les fournisseurs qui doivent déjà avoir une certification via un référentiel privé, vont avoir de nouvelles exigences, mais pas un mot sur la recherche et quels programmes seront mis en œuvre …

Walmart a annoncé des mesures pour mettre en œuvre le renforcement des mesures de sécurité sanitaire pour les fournisseurs de volaille destinées à protéger davantage les consommateurs contre les maladies d’origine alimentaire comme Salmonella. Les nouvelles lignes directrices s’ajoutent au programme de sécurité des aliments de Walmart qui exige des fournisseurs de volaille d’obtenir une certification basée sur la prévention avec le recours aux normes internationalement reconnues de la Global Food Safety Initiative (GFSI).

campy.grocer.dec_.14« Chez Walmart et Sam’s Club, nous nous engageons à fournir à nos clients des aliments salubres et de qualité », a déclaré le vice-président pour la sécurité des aliments, Frank Yiannas. « Dans le cadre de notre processus d’amélioration continue, nous avons déterminé qu’il était important d’exiger de nouvelles couches de protection pour nos clients. »

Le nouveau programme exige des fournisseurs américains de volaille pour Walmart et Sam’s Club de mettre en œuvre des contrôles holistiques l’élevage à la fourchette conçus pour réduire de façon significative les taux de contamination potentielle, y compris sur les morceaux de poulet. Il exige également des fournisseurs de subir des analyses spécialisées pour valider que les mesures qu’ils ont mises en œuvre sont efficaces. Tous les fournisseurs de volaille devront être en conformité avec les nouvelles exigences d’ici juin 2016.

Le protocole amélioré a été examiné avec de nombreux intervenants, comprenant des groupes de consommateurs, des services réglementaires, des universitaires, des fournisseurs de volaille et des associations de l’industrie.

Le Centers for Disease Control and Prevention (CDC) a établi un partenariat avec Walmart sur cette initiative afin de promouvoir la sécurité des aliments et de réduire les maladies d’origine alimentaire chez les consommateurs.

Le Dr Chris Braden, directeur de la division maladies d’origine alimentaire, hydrique et environnementales au CDC a dit, « Le CDC, avec Walmart, reconnaît que la réduction de Salmonella et d’autre contamination par des pathogènes dans les produits de volaille est une étape cruciale vers la diminution du fardeau des maladies d’origine alimentaire. Walmart et le CDC travaillent ensemble pour protéger la santé publique et l’avancée en sécurité des aliments est un excellent exemple d’un partenariat public-privé qui profite à tous. »

Le Dr. Gary R. Acuff, directeur du Texas A&M Center for Food Safety, a applaudi le travail de l’entreprise, « la mise en œuvre par Walmart de renforcement de mesures de sécurité pour les produits de volaille assure un leadership pour l’industrie alimentaire et continue une approche progressive pour fournir les aliments les plus sûrs possible. C’est un changement qui va grandement profiter aux consommateurs. »

On lira aussi un article enthousiaste de James Marsden sur cette ‘initiative’ de Walmart intitulé, Walmart leading again on food safety.

M’ouais … , je pense que tout cela va arriver plus rapidement que prévu en France, certainement début 2015 …

Le ministre de la santé du Royaume-Uni admet un appel des dirigeants de Tesco au sujet de la publication des résultats des analyses de Campylobacter sur les poulets

12
déc
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« Le ministre de la santé du Royaume-Uni admet un appel des dirigeants de Tesco au sujet de la publication des résultats des analyses de Campylobacter sur les poulets », source Doug Powell du barfblog du 12 décembre 2014.

jeremy.hunt_-300x187L’affaire de la publication des résultats des analyses sur la présence de Campylobacter dans les poulets vendus en supermarché est-elle en train de prendre une tournure politique au Royaume-Uni ? A vous de voir …

Le secrétaire à la santé, Jeremy Hunt (à droite), a admis qu’un directeur de chez Tesco qui est aussi l’ancien directeur de la Food Standards Agency a contacté le gouvernement cet été afin d’argumenter contre les plans de la FSA de publier les taux de contamination du pathogène dans les poulets vendus dans les différentes chaînes de supermarchés.

Le Guardian rapporte que la première série de résultats citant des distributeurs qui avaient des poulets contaminés était censée être publiée en juin, mais sous la pression des autres ministères, la FSA a fait marche arrière. Les résultats ont été publiés de façon anonyme en août. Quand les résultats individuels des supermarchés ont été publiés en novembre, ils ont révélé qu’en moyenne, 70% des poulets réfrigérés vendus en distribution étaient contaminés par le microbe potentiellement mortel Campylobacter. La contamination par Campylobacter a été retrouvée être présente chez 64% des poulets vendus chez Tesco.

Hunt a maintenant reconnu que Tim Smith, qui a quitté directement de son poste à la FSA pour un poste de directeur technique chez Tesco, a demandé une réunion téléphonique en juin avec l’un des plus hauts fonctionnaires du ministère de la santé pour discuter des résultats de la FSA.

Le ministère de la santé (Department of Health ou DoH) a refusé de répondre aux demandes d’informations du Gardian sur l’incident du mois dernier, mais en réponse à une lettre officielle du ‘shadow’ cabinet des Travaillistes, Hunt a désormais admis que Smith a questionné (son ministère -aa) sur le fait de citer des distributeurs individuellement et la valeur de la publication des résultats.

campylobacter_jejuniDonc, Hunt reconnaît que les vues de Smith sont passées du DoH à la FSA et le bureau du ministre. Il nie, cependant, toute influence indue sur la décision FSA. « Ces communications n’ont en aucune façon influencé la décision de retarder la publication des noms des distributeurs », écrit-il. Le retard dans la publication des noms a été soulevé parce que la taille de l’échantillon a été jugée insuffisamment robuste et pouvait donner une fausse image de la situation dans le pays », a-t-il dit.

La secrétaire à l’environnement du shadow cabinet, Maria Eagle, a accusé le gouvernement de complaisance sur la question. Elle a dit, « Les consommateurs seront consternés d’apprendre que le ministre a échoué à plusieurs reprises pour prendre des mesures afin de lutter contre les taux alarmants de Campylobacter dans les poulets vendus dans les supermarchés. Après un lobbying manifestement inapproprié du gouvernement, la Food Standards Agency avait décidé de ne pas citer et de dénoncer (name and shame) les distributeurs au sujet des taux de contamination par Campylobacter. Voir ce lien.

« Au lieu d’être le champion des consommateurs, le gouvernement agit comme le porte-parole des empoisonneurs alimentaires. »

Smith est passé du rôle de régulateur vers celui des supermarchés, cela a été fait en octobre 2012, et approuvé par le Premier ministre après avis de l’Advisory Committee On Business Appointments (ACOBA) à condition que Smith ne fasse pas de lobbying sur les fonctionnaires ou les ministres au nom de Tesco pendant deux ans.

Tesco pense qu’avoir un contact avec le ministère sur Campylobacter ne constituait pas du lobbying. Un porte-parole de Tesco a déclaré, « Tim Smith a respecté la restriction convenue avec Acoba au sujet du lobbying sur le gouvernement au nom de Tesco. »

Campylobacter, le pathogène d’actualité dans le rapport sur la politique de sécurité sanitaire des aliments en France

11
déc
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Classé dans Campylobacter, Contamination, Contamination croisée, Curiosité, Environnement, Hygiène, Microbiologie, Règlementation, Santé, Sécurité des aliments, TIAC, Volaille.

campylobacter_jejuniCampylobacter semble avoir été le pathogène le plus mis en avant dans le rapport sur « La politique de sécurité sanitaire des aliments. Diagnostic et propositions ». Voir aussi ce lien.

Ainsi il est noté pour Campylobacter :

  • « la prévalence de certaines pathologies, comme celles causées par Campylobacter (plus de 824 000 personnes infectées par an dans les estimations récentes de l’InVS) ou l’hépatite E, a longtemps été sous-estimée et demeure mal recensée. »
  • Développer la recherche sur la prévalence de Campylobacter, de l’hépatite E et sur les conséquences sanitaires des contaminations chimiques.
  • campy_freeEtudier une adaptation de la nomenclature des actes de biologie médicale (Campylobacter).
  • Sensibiliser le corps médical à l’utilité de la recherche de certains pathogènes tels que Campylobacter ou le virus de l’hépatite E.
  • L’augmentation est toutefois la plus sensible pour Campylobacter : en 2004, 2132, selon le CNR, et 1535 hospitalisations recensées dans le Programme Médicalisé des Systèmes d’Information (PMSI) ; en 2012, respectivement 5079 et 3445. Si les hospitalisations peuvent être considérées comme relativement bien connues, l’impact en population générale est sans doute sensiblement plus élevé. En corrigeant les déclarations au CNR pour cause de manque d’exhaustivité (estimé à 21 %), l’InVS estime le nombre de cas annuels confirmés à 22 500 par an. Après correction pour prendre en compte l’absence de consultation auprès d’un médecin et de réalisation de coproculture, il estime l’incidence à 824 000 cas annuels en population générale, soit un rapport de 1 à 150 (incidence comparable à d’autres pays en Europe).

On est heureux d’avoir ces chiffres sur l’épidémiologie qui faisaient cruellement défaut dans « Appréciation des risques alimentaires liés aux campylobacters. Application au couple poulet / Campylobacter jejuni » de l’Anses, février 2014, qui proposait aussi de nombreuses pistes de recherche, à quand un programme « Campylobater existe, nous l’avons rencontré ! ».

Cela étant, le rapport ne préconise pas de rendre la campylobactériose une maladie à déclaration obligatoire, mais tout ce qui est rapporté semble indiquer que l’on souhaite préparer les esprits … mais concrètement pour le consommateur quels sont les conseils à lui donner ?

D’autres aspects méritent attention,

Le nombre de toxi-infections alimentaires collectives (TIAC) recensées en restauration commerciale est passé d’un niveau de 60 à 80 dans les années 1991 à 1997 à de l’ordre de 130 à 185 entre 1998 et 2005, puis 300 en 2007-2008 avant de continuer à progresser à 414 en 2011 et 492 en 2012.

La restauration commerciale est clairement dans le viseur des autorités car selon le rapport, « la loi d’avenir va élargir les obligations d’information des professionnels. Les expériences de plusieurs autres pays plaident pour le recours à un affichage par les entreprises du secteur alimentaire, en particulier par les restaurateurs, des résultats des contrôles des services de l’Etat sur leur respect des critères et conditions sanitaires. Un tel affichage devrait être expérimenté. »

Parmi les recommandations, il y a une très pertinente « Construire une véritable veille sanitaire » ou un « véritable système de veille sanitaire ». Il est vrai que l’Institut national de véritable veille sanitaire aura plus de gueule de l’Institut national de Veille Sanitaire (InVS) …