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Articles de la catégorie 'Campylobacter'

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La surveillance du comportement du troupeau de poulets pourrait aider à combattre la principale cause d’intoxication alimentaire, Campylobacter

6
jan
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Classé dans Campylobacter, Contamination, Contamination croisée, Curiosité, Environnement, Hygiène, Microbiologie, Santé, Sécurité des aliments, TIAC, Volaille.
chickenfarm

Image de Wikipédia

« La surveillance du comportement du troupeau de poulets pourrait aider à combattre la principale cause d’intoxication alimentaire », source phys.org.

Des recherches menées par des scientifiques de l’Université d’Oxford ont trouvé qu’en utilisant un système de caméra pour analyser le ‘flux optique‘ des poulets à risque dans les troupeaux, il est possible de les détecter lorsque les poulets sont seulement âgés de sept à 10 jours, beaucoup plus tôt que ce qui est généralement possible avec les méthodes de prélèvements conventionnelle dans l’élevage.

Malgré les efforts déployés pour améliorer la biosécurité, Campylobacter – qui peut atteindre l’homme via du poulet cru ou insuffisamment cuit – a été jusqu’à présent toujours difficile à éliminer de la chaîne alimentaire. Ce nouveau système d’alerte précoce a le pouvoir de transformer la façon dont Campylobacter est maîtrisé, au bénéfice des producteurs, des consommateurs et des oiseaux eux-mêmes.

L’étude est publiée dans le journal Proceedings of the Royal Society B.

Le Dr Frances Colles de Département de zoologie, auteur principal de l’étude de l’Université d’Oxford, a déclaré : « L’homme consomme près de 60 milliards de poulets par an – plus que tout autre animal. Dans le même temps, il existe une épidémie mondiale de maladies gastro-entérique humaines provoquée par Campylobacter. On estime que les quatre cinquièmes de cette maladie proviennent de la viande contaminée de poulet. »

L’équipe d’Oxford a testé l’hypothèse que les troupeaux colonisés par Campylobacter pourraient être distingués par leur comportement, à la suite de remarques selon lesquelles l’infection pourrait avoir un impact sur le bien-être des poulets.

Le professeur Marian Dawkins, professeur du comportement animal à Oxford et auteur correspondant de l’article, a déclaré : « Nous avons utilisé un nouveau moyen non invasif de surveillance du comportement des poulets au long de leur vie qui consiste à analyser les profils des flux optiques par des caméras à l’intérieur des poulaillers. »

Top 10 pour 2015 de la sécurité des aliments en France

28
déc
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Classé dans Campylobacter, Contamination, Contamination croisée, Curiosité, Environnement, Hygiène, Listeria, Microbiologie, Rappel, Réglementation, Salmonella, Santé, Sécurité des aliments, TIAC, Union Européenne.

Meilleurs Vœux et Très Bonne Année 2016

Voici donc les différents éléments qui constitue le Top 10 pour 2015 de la sécurité des aliments en France. Parmi ces éléments certains certains ne sont pas imputables seulement à la France, mais notre pays a aussi sa part de responsabilité. Certains éléments reviennent très régulièrement car nos autorités sanitaires sont assez imperméables à l’évolution et à la transparence.

Selon mon médecin généraliste, avec la nouvelle Loi santé, cela ne va pas s’arranger, mais la sécurité des aliments n’est pas en reste, et c’est à vous de voir ce qu’il en est, Chers Lecteurs du blog …

1. La résistance des bactéries aux antibiotiques

Antibiotic-pill-300x200Cette année 2015, comme les autres années, a eu son cortège d’articles dénonçant l’augmentation de la résistance chez certaines bactéries aux antibiotiques, mais aussi l’augmentation de l’utilisation des antibiotiques dans l’élevage comme aux Etats-Unis (+ 20% en 2015). Ce n’est le propos ici de les rappeler tous mais le blog a mis en exergue quelques uns de ces articles. Ainsi, Est-il déjà trop tard pour enrayer la propagation de la résistance aux antibiotiques ? Un point de vue, La résistance aux antibiotiques dans la chaîne alimentaire, il est plus que temps d’agir et l’an dernier, Résistance aux antibiotiques, assez de paroles, des actes.

Dans ce contexte de beaucoup de paroles et de peu d’actes, la communication de l’Anses nous informe le 22 décembre 2015 à propos de la « Résistance aux antibiotiques : de nouveaux éléments concernant la colistine », et comme le disait le titre de l’article paru sur le blog, Résistance aux antibiotiques : de nouveaux éléments concernant la colistine. C’est sûr, on va se réunir bientôt ! Oui, mais quand ?

J’ai comme l’impression sur ce sujet, on est mal barré …

2. Les infections d’origine alimentaires augmentent un peu, beaucoup, … 

Le Soir de Belgique du 16 novembre 2015 titrait « Les infections alimentaires en forte hausse en Europe ». Le communiqué du 17 décembre 2015 de l’EFSA et de l’ECDC indique que, « Les infections à Campylobacter et Listeria toujours en hausse dans l’UE » qui oublie l’augmentation des infections à Salmonella qui était en baisse depuis sept ans !

imagesCela ne change pas grand-chose pour notre pays car les infections à Salmonella ont été en hausse constante depuis 2011, 2014 apportant une certaine stabilité comme l’indiquent les chiffres des cas humais rapportés de salmonellose (le taux de déclaration pour 100 000 habitants est entre parenthèses) : 2014 : 8 860 cas (28,0) ; 2013 : 8 927 cas (28,4) ; 2012 : 8 705 cas (27,8) ; 2011 : 8 685 cas (27,8) ; 2010 : 7 184 cas (23,1).

Le lecteur trouvera quelques détails sur la situation de la France dans Les infections alimentaires en Europe, ça monte ! Le problème est donc le suivant : les infections d’origine alimentaire en Europe augmentent, meilleure surveillance ou aliments plus contaminés ?

On notera aussi que les toxi-infections alimentaires collectives (TIAC) augmentent aussi en France en 2014 , d’après l’InVS, avec 1 384 foyers de TIAC impliquant 12 124 malades (les données du rapport de l’EFSA ne sont donc pas les bonnes !) contre 1 346 foyers de TIAC affectant 10 602 personnes en 2013.

Et dan ce contexte, que dire de la communication de l’Anses indiquait « Au niveau mondial, la France se situe à un très bon niveau en matière de sécurité sanitaire des aliments » ou encore « Dans le domaine de la sécurité sanitaire des aliments, la France fait souvent figure de pionnière en Europe et dans le monde en appliquant des politiques de maitrise des risques qui produisent des résultats probants : les salmonelloses, qui demeurent une cause majeure de toxi-infections alimentaires ont diminué de moitié en 10 ans dans notre pays. » Ou enfin, « Les mesures mises en œuvre par les autorités de santé et les professionnels ont permis une diminution importante des principales pathologies causées par l’alimentation. » Ah bon, est-ce vraiment le cas pour Campylobacter ?

Les infections d’origine alimentaire sont donc reparties à la hausse en période de crise, tien comme c’est étonnant, alors que fait-on ? Probablement rien …

3. Mise en scène de la transparence des contrôles dans la restauration commerciale

larry_the_cable_guy_health_inspector2Que dire de l’« Expérimentation de la mise en transparence des résultats des contrôles officiels en restauration commerciale à Paris et à Avignon » à partir du 1er juillet 2015 initiée par le ministère de l’agriculture ?

Le ton était donné, dès février 2015, où un bon article paru dans le Journal de l’environnement nous avait prévenu, il était question des « Restaurants: une transparence de violette », c’est dire …

Il faut rappeler que l’objectif initial de cette expérimentation « est de rétablir la confiance des consommateurs dans le secteur alimentaire » et que « L’objectif de cette expérimentation est de tester la faisabilité d’un tel dispositif. » On lira pour s’en convaincre, Contrôles sanitaires des restaurants : Transparence, vous avez dit transparence ?

On lira aussi de belles paroles ici, « L’information sur les résultats des contrôles officiels s’inscrit dans une évolution vers une plus grande transparence de l’action administrative en général, et des organismes de contrôle en particulier. Elle constitue une attente légitime des citoyens et des consommateurs qui concourt au rétablissement de la confiance dans le secteur alimentaire.

Ce ne sont pas des paroles mais des actes concrets sur les résultats des contrôles en restauration commerciale, transparence oblige !

Mais hélas, quand on n’a pas d’idée, on commande une étude qui va faire que « La mise en transparence des résultats des contrôles officiels en restauration commerciale risque de devenir une usine à gaz ».

C’est pourtant simple d’être ferme et transparent, et de plus, il peut exister une relation  entre le niveau d’hygiène de la restauration commerciale et le nombre de toxi-infections alimentaire collectives (TIAC). L’InVS signale qu’en 2013 la part des TIAC en restauration commerciale a représenté 39 % de l’ensemble des TIAC.

4. Miel et botulisme

botulismeC’est une étrange histoire administrative, mais qui surtout concerne la sécurité des aliments, et pourtant elle perdure depuis plus de 10 ans.

Eh oui, en novembre 2015, la DGCCRF publie une fiche pratique sur l’étiquetage du miel, mais il n’est toujours pas question d’une quelconque obligation de la mention, « Pas de miel pour les enfants de moins d’un an ».

Comment en est-on arrivé là ?

Pourtant depuis un avis de l’Anses du 13 juillet 2010 dans lequel on pouvait lire, « La DGCCRF propose d’intégrer une mention spécifique d’étiquetage au second alinéa de l’article 5 qui devient : « l’étiquetage du miel destiné au consommateur final comporte la mention : Ne pas donner à un enfant de moins de 12 mois »

Et depuis plus rien … , alors l’Anses avait rappelé sa position en mars 2015, Pas de miel pour les enfants de moins d’un an : Risques de botulisme infantile liés à la consommation de miel chez les nourrissons.

Et toujours rien de nouveau, mais que faut-il donc faire ?

5. Mais où sont passées les informations sur les rappels des produits alimentaires ?

Alerte ! La diffusion des communiqués des rappels sur les aliments a pratiquement disparu des sites Internet de nos autorités sanitaires, mais comment donc les trouver dans ces conditions?

recall-sign-150x99Par exemple, en recherchant un peu partout dans un supermarché, une affichette d’information, mais c’est vrai, que le plus souvent ce s’apparente à une course à l’échalote !

Les informations sur les rappels de produits alimentaires n’existent donc hélas pratiquement plus, et c’est du jamais vu dans les pays industrialisés …

C’est face à cette la réalité que j’essaie de sensibiliser les lecteurs du blog très régulièrement, mais jugez plutôt ce qui est arrivé en 2015 et notamment seulement depuis 2015, car pour cette année, des sommets ont été atteints

Ainsi le site Rappel produits a fourni des informations sur 129 rappels au cours de l’année 2015, à la date du 28 décembre 2015. Nos autorités ont respectivement informé les consommateurs, dont on nous dit qu’il faut rétablir la confiance dans le secteur alimentaire :

Voilà, c’est simple et je crois que cela se passe de commentaires, car se poser la question du pourquoi une telle situation, c’est se plonger dans des abîmes de perplexité, autrement dit pour reprendre ce qui disait un personnage des Tontons flingueurs, c’est se « préparer des nuits blanches, des migraines, des nervousses brékdones (nervous breakdowns) comme on dit de nos jours. »

6. Notifications des alertes au RASFF en 2015 vues de France

rasff-logo1Le RASFF est un système d’alerte sensé être rapide qui signale (parfois avec retard) les problèmes relatifs aux denrées alimentaires et aux aliments pour animaux dans l’Union européenne.

Voici ci-dessous les chiffres qui sont issus de la base de données du RASFF concernant uniquement les notifications d’alerte par les Etats membres. Entre parenthèses, figurent les chiffres et les pourcentages des notifications d’alerte pour la présence de micro-organismes dangereux. Comme on pourra le voir 2015 un bon cru !

  • 2015 : 736 (288, 40%)
  • 2014 : 725 (247, 34%)
  • 2013 : 584 (205, 35%)
  • 2012 : 523 (161, 31%)
  • 2011 : 617 (150, 24,3%)

Concernant notre pays, voici les notifications d’alerte par les Etats membres pour des produits d’origine France, suivies des notifications d’alerte pour la présence de micro-organismes dangereux.

  • 2015 : 78, 55
  • 2014 : 69, 48
  • 2013 : 57, 36
  • 2012 : 48, 23
  • 2011 : 72, 28

L’année 2015 est donc un bon cru pour la France où les notifications d’alertes pour nos produits ont atteint un pic, avec 10% de toutes les notifications d’alertes dans l’UE. On notera part important jouée par la présence de micro-organismes dangereux. Et, l’on pourra se poser la question, les aliments sont-ils plus contaminés ou la surveillance est-elle mieux faite ?

Il est certain que nos autorités ne manqueront pas de tirer profit de ces résultats pour améliorer sensiblement leurs actions de surveillance mais aussi de contrôles et de sanctions …

7. Les autorités sanitaires ne diffusent toujours pas d’informations claires sur la cuisson des steaks hachés

hamburgersrare-featuredIl n’y a donc toujours pas d’information claire sur la cuisson des steaks hachés en France, chacun y va de sa petite recette …

Ainsi, lors d’un rappel de steaks hachés en juillet 2015, on apprend que « D’une façon générale, il convient de rappeler que la cuisson à cœur (c’est à dire la disparition de la couleur rosée) des viandes hachées et produits à base de steaks hachés permet de prévenir les conséquences d’une telle contamination. »

Dans un autre document à usage des consommateurs, il est question de coloration grise …

Malheureusement la couleur est un indicateur trompeur de la cuisson des steaks hachés ! Voir ces liens, 1234 et 5.

De plus, on a appris par une étude scientifique récente que le brunissement prématuré a lieu avec des hamburgers conditionnés sous une atmosphère à teneur élevée en oxygène, ce qui revient à dire que lors d’une cuisson de ce type de steaks hachés, un brunissement prématuré entraîne un risque élevé …

Que fait-on ? On essaie d’unifier le discours et éviter l’emploi de la couleur come indicateur de cuisson, et pourquoi aller vers le recours du thermomètre !

8. OGM et les arrangements entre amis

ogm-mais2015 comme 2014 a vu de nombreux arrangements entre amis pour refuser la culture des OGM dans les Etats membres de l’UE, malgré l’avis favorable de l’EFSA. Que dire donc de plus ?

Voici donc ce qu’on peut lire en 2015 dans une enquête de la DGCCRF sur la contamination des semences par des OGM. « En France, le maïs OGM MON 810, seule variété dont la culture est autorisée sur le territoire de l’UE, est lui aussi interdit à la mise en culture. Les lots de semences de maïs dans lesquels sa présence est détectée sont déclarés « à surveiller » et doivent être acheminés en dehors du territoire national. »

La chasse aux OGM est donc ouverte … et on lira Triste jour pour la science en France : Une argumentation idéologique et politique de circonstance est développée pour tenter d’interdire le maïs génétiquement modifié MON 810 ainsi qu’un article de seppi, « Interdiction des maïs OGM en France : un mensonge d’État ».

Je recommande également la lecture de l’article, Quand la Gauche a perdu la Raison, de Marcel Kuntz paru sur son blog OGM : environnement, santé et politique le 18 septembre 2015. J’ajoute que l’article OGM, et pourquoi pas? de Christophe Bouchet est pas mal du tout et plein d’humour …

Enfin, il faut saluer la constance de Marcel Kuntz dont la lettre d’information du 21 décembre 2015 est une mine d’information pour ceux qui veulent comprendre, ça existe !

9. Evaluation des risques et bisphénol A, glyphosate, etc.

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Photo représentant la ministre de l’écologie remettant en place des produits Round up dans les rayons, après avoir pris connaissance de l’avis de l’EFSA sur le glyphosate.

Si cela ne tenait qu’aux ONG de tous polis ces produits auraient disparu depuis très longtemps et il faut aussi le dire nos ministères de l’agriculture et de l’écologie ne sont pas loin de penser pareil, mais il y a ce que dit la science et en particulier l’EFSA.

Pour le bisphénol A, on n’est pas loin de la saga, que le blog tente de vous narrer, car en France, aujourd’hui, on ne sait plus très bien où on en est … et les acteurs impliqués sont de plus en plus nombreux. Le dernier en date est le Conseil d’Etat, c’est dire que c’est devenu une affaire plus juridique que scientifique. L’EFSA avait conclu le 25 mars 2015 à faible risque pour la santé et depuis tout s’est déclenché … car désormais le débat ou le combat se jouent entre ONG et industriels sur la proposition de limite de migration du BPA.

Pour le glyphosate, on a pu voir des réactions épidermiques après que le Centre international de Recherche sur le Cancer (CIRC) de l’OMS ait produit son petit effet. Ainsi est-il de la demande de retrait des herbicides contenant du glyphosate, en raison du principe de précaution par la ministre de l’écologie. D’autres réactions sont à lire ici.

Le rapport de l’EFSA de novembre 2015 conclut qu’il est improbable que le glyphosate présente un danger cancérogène pour l’homme et propose une nouvelle mesure de sécurité qui permettra de renforcer le contrôle des résidus de glyphosate dans l’alimentation. Cela a laissé sans voix les ministres de l’agriculture et de l’écologie

10. Guéguerre inégale entre la DGCCRF et la DGAL

France Presidential ElectionsLes opérations « alimentation vacances » et « fêtes de fin d’année » font l’objet d’une opération de propagande entre les différentes administrations alors qu’une communication unique, constante, transparente et complète suffirait …

Ces opérations sont une guéguerre de chiffres entre contrôles, inspections, procès-verbaux, avertissements, non-conformités, anomalies, fermeture, saisies, etc., mais aussi de communication entre la DGCCRF et le ministre de la consommation, d’une part et la DGAL et le ministère de l’agriculture, d’autre part.

Chaque administration propose son bilan et l’on n’y comprend plus rien du tout !

Rien ne bouge, mêmes si les résultats soulignent qu’il y a lieu de faire quelque chose, chaque année, on fait ce constat, puis c’est reparti de plus belle l’année suivante … avec l’appui de médias peu critiques voire pas critiques du tout.

Le SNIV, syndicat national des inspecteurs de la santé publique vétérinaire, constate que les choses évoluent dans ce sens et de citer le ministre de l’économie déclarant « défendre avec force une organisation territoriale qui  rétablisse la chaîne de commandement [de la DGCCRF] ».  Le SNIV indique « regretter que cette proposition ne tienne pas compte des enjeux d’une approche intégrée de la chaîne alimentaire ».

Ainsi a-t-on pu lire un communiqué du 22 décembre 2015 de la ministre de la consommation annonçant des résultats intermédiaires de l’opération fêtes de fin d’année. Parmi les résultats significatifs, un taux d’anomalies de 26% dans les contrôles alimentaires. Le lendemain, coup de com du ministère de l’agriculture, grand communiquant s’il en est, rappelant ce que le ministère réalise au cours de l’opération fêtes de fin d’année, mais sans donner de chiffres (manque d’effectif, sans doute) et nous indiquer quelques chiffres sur l’opération de l’an dernier, qui n’avait pas encore fait l’objet d’un bilan …

Tout cela est bien triste, surtout quand il s’agit de rétablir la confiance des consommateurs  …

NB : On pourra revoir les Top 10 de la sécurité des aliments en France de 2014, 2013, 2012 et 2011.

Une fondue chinoise pour Noël, ça vous dit ? Mais attention à Campylobacter inside !

19
déc
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Classé dans Campylobacter, Contamination, Contamination croisée, Curiosité, Environnement, Hygiène, Nutrition, Réglementation, Santé, Sécurité des aliments, TIAC, Union Européenne.

fondueSi vous prépariez pour Noël une fondue chinoise ?, Pas de souci avec l’Office fédéral de la sécurité alimentaire et des affaires vétérinaires (OSAV) de Suisse qui propose ce document, « Se protéger des Campylobacter et savourer la fondue chinoise sans risque ».

À l’échelle mondiale, l’infection à Campylobacter est l’une des causes les plus fréquentes des affections diarrhéiques. En Suisse, les contrôles effectués par les laboratoires cantonaux confirment chaque année de 7000 à 8000 cas avec une augmentation durant les fêtes de fin d’année. La préparation inadéquate de la fondue chinoise en est souvent à l’origine. D’entente avec l’Association des chimistes cantonaux de Suisse (ACCS), l’OSAV tient à rappeler quelques principes d’hygiène pour que ce mets puisse se déguster en toute tranquillité.

Les infections à Campylobacter sont dues le plus souvent à une manipulation inadéquate de la viande crue, de volaille surtout, dont la contamination par la bactérie Campylobacter est fréquente. Une étude publiée en 2014 a montré que la consommation de fondues à la viande (par ex. la fondue chinoise) augmente le risque d’infection – notamment lorsque la viande de volaille fraîche n’est pas préparée avec soin.

Bien séparer la viande crue et savourer en sécurité

Des mesures simples permettent de prévenir le risque d’infection. Voici les règles d’hygiène recommandées par l’OSAV et l’ACCS pour la préparation des fondues à la viande :

Veiller à une bonne hygiène en préparant la viande de poulet crue. Éviter tout contact entre la viande crue et d’autres aliments soit crus soit prêts à être consommés comme les accompagnements ou la salade.

Bien séparer la viande crue des autres aliments, tel est le maître mot. Il faut toujours utiliser des planches à découper différentes et des ustensiles de cuisine différents pour les aliments cuits et les aliments crus. Donc, pour la fondue chinoise, il faut toujours prévoir deux assiettes sur la table : l’une pour la viande crue, l’autre pour la viande cuite, les accompagnements et les sauces. En respectant ces règles, vous pourrez savourer ce plat sans risque.

Les campylobactérioses provoquent des diarrhées : La bactérie Campylobacter colonise l’intestin des volailles et d’autres animaux de rente, sans pour autant, en règle générale, les rendre malades. Mais la campylobactériose est transmissible de l’animal à l’être humain ; il s’agit donc d’une zoonose qui, en tant que telle, doit être annoncée. Les personnes touchées sont atteintes de diarrhées sévères, souvent accompagnées de crampes abdominales et de fièvre.

NB : Depuis le dernier rapport de l’EFSA et de l’ECDC, on sait que les infections à Campylobacter sont à la hausse.

Le nombre de cas confirmés dans l’UE en 2014 était de 236 851, soit une augmentation de 22 067 cas (10%), par rapport à 2013. La majorité des États membres de l’UE ont signalé une augmentation du nombre de cas de campylobactériose en 2014, ce qui pourrait en partie s’expliquer par l’amélioration du système de surveillance et/ou l’amélioration du diagnostic de la campylobactériose dans plusieurs États membres au cours des dernières années. Dans les aliments, Campylobacter a principalement été identifié dans la viande de poulet.

Mise à jour du 31 décembre 2015Making sure that fondue meat doesn’t cause illness, est un document du BfR 40/2015, 28.12.2015. Le BfR a mis à jour un fascicule pour les consommateurs afin de les protéger contre les infections d’origine alimentaire par Campylobacter. Apparemment, je ne le savais pas, la fondue, est un plat à risque, qu’on se le dise …

L’Anses est-elle une nouvelle agence de com ?

18
déc
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Classé dans Campylobacter, Contamination, Contamination croisée, E. coli, Environnement, Hygiène, Listeria, Réglementation, Santé, Sécurité des aliments, TIAC.

journalistebc0On apprend avec une certaine ironie que l’Anses a remporté un appel d’offres pour assurer la campagne de pub de la DGAL, direction qui dépend du ministère de l’agriculture.

J’exagère, à peine mais jugez plutôt …

Le challenge pour l’agence de pub, pardon l’Anses, permettra de « Gagner en efficacité pour l’information du consommateur et la prévention des risques microbiologiques dans les aliments ».

Chaque année, environ un tiers des foyers de toxi-infections d’origine alimentaire déclarés en France survient dans le cadre familial. Une partie de ces cas est due à des pratiques au domicile (conservation inadéquate, cuisson insuffisante ou transferts de contaminants). Des améliorations au sein de certaines filières, ainsi que des informations spécifiques destinées aux consommateurs, pourraient contribuer à réduire le risque lié à certaines maladies transmissibles par les aliments. La Direction générale de l’alimentation (DGAL) a saisi l’Agence dans l’objectif d’opérer un choix étayé dans les éventuelles stratégies de communication à mettre en œuvre, au regard de certains risques sanitaires alimentaires mais aussi des contraintes potentielles pour les filières considérées. L’Agence publie ce jour les conclusions de son travail. L’amélioration des mesures de maîtrise des risques au sein de certaines filières de production devrait être examinée en priorité. L’Agence propose par ailleurs des recommandations relatives à l’efficacité de stratégies de communication susceptibles de modifier les comportements des consommateurs, et ainsi de réduire les risques microbiologiques liés à l’alimentation.

imagesL’avis et le rapport publiés ce jour se concentrent sur la manière d’accroître l’efficacité de stratégies de communication pour la prévention des risques microbiologiques liés à l’alimentation. Ainsi, le travail porte notamment sur : 

L’identification des facteurs incitant le consommateur à modifier son comportement

  • L’efficacité de différentes stratégies de communication (campagne de communication, étiquetage, programmes éducatifs, intervention par les professionnels de santé etc.)
  • Le choix de la cible de la communication (population générale ou population ciblée)
  • L’évaluation de l’impact sanitaire d’une campagne de communication sur les mesures applicables par les consommateurs, en comparaison des mesures mises en œuvre au sein des filières agroalimentaires.

(…)
Les stratégies de communication étudiées concernent les mesures d’hygiène générale et quatre couples danger/aliment :

  • Escherichia coli producteurs de shigatoxines (STEC) / viande hachée de bœuf,
  • Listeria monocytogenes / aliment consommé en l’état permettant la croissance de Listeria monocytogenes,
  • Campylobacter / viande de volailles,
  • Clostridium botulinum / Miel (risque de botulisme infantile).

communicationSans surprise, il est noté que :

« Le travail de l’Agence met en évidence un faible effet de la communication auprès des consommateurs sur la réduction des risques, comparativement à des mesures supplémentaires susceptibles d’être mises en œuvre par les opérateurs agro-industriels, moyennant un coût de production supplémentaire potentiel. Une stratégie de réduction des risques devrait donc explorer en priorité la faisabilité d’une amélioration des mesures de maîtrise au sein des filières de production. »

Sans oublier de la transparence des contrôles et inspections et l’information sur les rappels, svp. A noter que la DGCCRF n’est pas concernée par cette action de com, étonnant, non ?

On lira :

Le blog toujours soucieux d’aider l’Anses dans sa mission propose la vidéo ci-dessous à voir sans modération :

Mise à jour du 12 janvier 2015. On lira un article de la revue PROCESS Alimentaire du 11 janvier, Risques microbiologiques : une communication plus efficace en 4 étapes, à propos de communication du ministère de l’agriculture via l’Anses …

 

Les infections alimentaires en Europe, ça monte !

17
déc
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Classé dans Campylobacter, Contamination, Contamination croisée, Curiosité, E. coli, Environnement, Hygiène, Listeria, Microbiologie, Réglementation, Santé, Sécurité des aliments, TIAC, Union Européenne.

imagesLe titre du communiqué de l’EFSA et de l’ECDC n’est pas tout à fait exact. Certes selon ce communiqué du 17 décembre 2015, « Les infections à Campylobacter et Listeria toujours en hausse dans l’UE, déclarent l’EFSA et l’ECDC ».

Les cas humains de listériose et de campylobactériose ont à nouveau augmenté en 2014, poursuivant une tendance à la hausse amorcée en 2008. Les cas de salmonellose ont légèrement augmenté pour la première fois depuis 2008. Telles sont les principales conclusions du dernier rapport annuel de l’EFSA et de l’ECDC sur les zoonoses et les foyers épidémiques d’origine alimentaire dans l’Union européenne.

Salmonella

Eh oui, on apprend qu’« En 2014, les cas de salmonellose ont légèrement augmenté pour la première fois au cours de la période 2008-2014, en partie en raison de changements dans le nombre d’États membres qui signalent les cas. »

C’est ballot si maintenant des États membres se mettent à signaler des cas, si on ne rapporte pas de cas, ce serait donc mieux que lorsque l’on rapporte des cas, étrange communication, comprenne qui pourra …

Bref, restons sur les cas de salmonellose pour ajouter que selon le communiqué,

« Cependant, on observe une tendance à la baisse statistiquement significative de la salmonellose sur une période de 7 ans, entre 2008-2014. Ceci est dû principalement aux programmes efficaces de lutte contre Salmonella chez les volailles mis en œuvre par les États membres de l’UE et la Commission européenne. Le nombre de foyers épidémiques signalés de Salmonella au sein de l’UE a diminué de 44% depuis 2008. »

0Et la France dans tout ça, voici les chiffres des cas humais rapportés de salmonellose (les taux de déclaration pour 100 000 habitants sont entre parenthèses), sachant qu’il est indiqué que ces taux de déclaration sont calculés avec une couverture de la population estimée de 48%. Ouf, on constate une stabilisation du nombre de cas en 2014 par rapport à augmentation constante depuis 2010 !

2014 : 8 860 cas (28,0) ; 2013 : 8 927 cas (28,4) ; 2012 : 8 705 cas (27,8) ; 2011 : 8 685 cas (27,8) ; 2010 : 7 184 cas (23,1).

Listeria

Les infections de listériose signalés chez l’homme ont augmenté de 16% par rapport à 2013 : 2 161 cas ont été confirmés en 2014. Bien que ce nombre soit relativement faible, l’augmentation des cas de listériose signalés est préoccupant étant donné que la surveillance de ces infections se concentre sur les formes graves de la maladie, avec des taux de mortalité plus élevés que pour d’autres maladies d’origine alimentaire, en particulier chez les personnes âgées et les patients avec un système immunitaire faible. Cependant, on a observé que Listeria monocytogenes, la bactérie qui provoque la listériose chez l’homme et l’animal, n’a que rarement dépassé les limites légales de sécurité dans les aliments prêts-à-manger, la source alimentaire la plus fréquente des infections à Listeria chez l’homme.

Pour la France, voici les chiffres des cas humais rapportés de listériose (les taux de déclaration pour 100 000 habitants sont entre parenthèses) :

2014 : 374 cas (0,57) ; 2013 : 369 cas (0,56) ; 2012 : 348 cas (0,53) ; 2011 : 282 cas (0,43) ; 2010 : 312 cas (0,48).

Campylobacter

La campylobactériose reste la maladie d’origine alimentaire la plus fréquemment signalée dans l’UE, comme c’est le cas depuis 2005. Le nombre de cas confirmés dans l’UE en 2014 était de 236 851, soit une augmentation de 22 067 cas (10%), par rapport à 2013. La majorité des États membres de l’UE ont signalé une augmentation du nombre de cas de campylobactériose en 2014, ce qui pourrait en partie s’expliquer par l’amélioration du système de surveillance et/ou l’amélioration du diagnostic de la campylobactériose dans plusieurs États membres au cours des dernières années. Dans les aliments, Campylobacter a principalement été identifié dans la viande de poulet.

Pour la France, les chiffres sont peu exploitables et les taux de déclaration avec une couverture de la population estimée de 20%.

VTEC ou Escherichai coli producteur de shigatoxines

En 2014, la France signale peu de cas (221) comparativement à l’Allemagne (1704). Une explication, la France notifie seulement les cas de VTEC avec un syndrome hémolytique et urémique.

Toxi-infections alimentaires collectives

La France a déclaré en 2014, 1364 foyers de toxi-infections alimentaires collectives (TIAC) affectant 12062 personnes dont 646 hospitalisées contre 1346 foyers de TIAC et 10 416 personnes affectées dont 643 ont été hospitalisées en 2013, selon l’InVS. Ça grimpe lentement mais sûrement …

Voici une infographie qui résumé bien la situation en Europe et dont le titre est tout un programme : How safe is your food? ou Vos aliments sont-ils sûrs ?

Info_ecdc_food_safe

Commentaire. Les infections d’origine alimentaire en Europe augmentent, meilleure surveillance ou aliments plus contaminés ?