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Articles de la catégorie 'Contamination'

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Listeria monocytogenes utilise l’efferocytose pour favoriser sa propagation de cellule en cellule

16
avr
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Classé dans Contamination, Curiosité, Listeria, Santé.

listeriaRésumé.

L’efferocytose*, processus par lequel des cellules mourantes ou mortes sont éliminées par phagocytose, a un rôle important dans le développement, l'homéostasie tissulaire et l'immunité innée. L’efferocytose est conditionnée en partie par des récepteurs qui se lient à la phosphatidylsérine (PS) exofaciale (c'est-à-dire située à l’extérieur de la cellule -aa) sur des cellules ou des débris cellulaires après la perte de l'asymétrie de la membrane  plasmatique. Ici, nous montrons qu’un pathogène bactérien, Listeria monocytogenes, peut exploiter l’efferocytose pour favoriser sa propagation de cellule en cellule au cours de l'infection. Ces bactéries peuvent échapper au phagosome dans les cellules hôtes à l'aide de la listériolysine O (LLO), toxine formant des pores, et deux enzymes les phospholipases C. L'expression de la protéine de surface cellulaire ActA permet à L. monocytogenes d'activer des facteurs de régulation de l'actine de l'hôte et soumet la motilité dépendant de l'actine dans le cytosol, pour aboutir finalement à la formation de protusions riches en actine à la surface de la cellule. Ici, nous montrons que la formation de protrusions contenant la bactérie est associée à une lésion de la membrane plasmique en raison de l'activité de formation de pores par la LLO. La LLO favorise également la libération de protrusions contenant des bactéries de la cellule hôte, générant des vésicules dérivées de la membrane avec la PS exofaciale. Le récepteur TIM-4 qui se lie à la PS (codé par le gène Timd4) contribue à l'efficacité de la propagation de cellule en cellule de L. monocytogenes dans les macrophages in vitro et la croissance de ces bactéries est diminuée chez les souris Timd4−/−. Ainsi, L. monocytogenes favorise sa diffusion dans un hôte en exploitant l’efferocytose. Nos résultats indiquent que la thérapeutique ciblée sur la PS peut être utile dans la lutte contre les infections par Listeria monocytogenes et d'autres bactéries qui utilisent des stratégies similaires de propagation de cellule à cellule au cours de l'infection.

Mark A. Czuczman, Ramzi Fattouh, Jorik M. van Rijn, Veronica Canadien, Suzanne Osborne, Aleixo M. Muise, Vijay K. Kuchroo, Darren E. Higgins, John H. Brumell. Listeria monocytogenes exploits efferocytosis to promote cell-to-cell spread. Nature (2014) 13 April 2014.

*La phagocytose des cellules apoptotiques appelée efferocytose est un mécanisme complexe participant à l'homéostasie des êtres pluricellulaires. Son dysfonctionnement est associé à des maladies inflammatoires aiguës et chroniques ainsi qu'autoimmunes.

Tiens, on décide rendre public un rappel de saumon ! Pourquoi n’est–ce pas le cas pour tous les produits contaminés par des pathogènes ?

16
avr
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Classé dans Contamination, Contamination croisée, Curiosité, Hygiène, Listeria, Rappel, Réglementation, Santé, Sécurité des aliments.

saumon_fumeLa France avait notifié au réseau d’alerte rapide pour les denrées alimentaires et les aliments pour animaux ou RASFF une alerte concernant la présence de Listeria monocytogenes (< 1000 ufc/g) dans du saumon fumé de France, référence 2014.0510, avec une distribution en France et en Belgique.

Et donc pour ce produit, on (le ministère de l’agriculture) se fend d’un communiqué de rappel du 16 avril 201 mais diffusé le 17 avril 2014. Le détail des lots est dans le communiqué précité.

La société KING SEA FOOD rappelle plusieurs lots de saumon fumé, suite à la mise en évidence de Listeria monocytogenes.
Les produits concernés sont les suivants :
Tranches de saumon fumé (origine Atlantique ou Norvège) ou pavé de saumon mi-fumé (origine Atlantique)
Marques : BONNETERRE, FJORD KING, LOSTE, NATURE OCEANE ou SAFA.
Numéro de lot : 1513, 1523, 1593
Date limite de consommation : variable selon les produits, allant jusqu’au 30/04/14 (détail dans le document joint)
Marque sanitaire : FR 94 022 002 CE
Certains emballages ne mentionnent que la date limite de consommation et pas le numéro de lot.
Ces produits ont été commercialisés entre le 19 mars et le 14 avril dans toute la France, notamment dans des magasins de détail spécialisés dans les produits bio.
L’ensemble des produits concernés ont été retirés de la commercialisation le 14 avril.
Certains de ces produits ont cependant été commercialisés avant la mesure du retrait.
Des affichettes ont été mises en place dans les différents points de vente concernés pour informer les consommateurs. Il est demandé aux personnes qui détiendraient des produits appartenant aux lots décrits ci-dessus, de ne pas les consommer et de les détruire, ou de se les faire rembourser.

Que constate-t-on ?

Le prélèvement a été réalisé le 7 avril 2014 et la notification de l’alerte au RASFF a été faite le 15 avril 2014. Normalement, la réponse aurait due être obtenue 72 heures … après le prélèvement !

« Certains emballages ne mentionnent que la date limite de consommation et pas le numéro de lot. » Très étonnant, mais que compte faire le ministère de l’agiculture ?

« Des affichettes ont été mises en place dans les différents points de vente concernés », mais le ministère de l’agriculture sait-il que ces affichettes sont difficiles à identifier dans les magasins concernés voire impossible à trouver ?

Les magasins de distribution bio ou non ne sont pas connus et à l'heure actuelle, aucun à ma connaissance n'a publié de communiqué de rappel.

Par ailleurs, depuis le début de l’année, il y a plusieurs produits rappelés en France pour cause de présence de Listeria monocytogenes, des sprats, des harengs doux, des tommes au marc, du Morbier au lait cru, des fromages de brebis, du Munster géromé AOP et du Maroilles. Le ministère de l’agriculture n’a communiqué que sur trois rappels …

Pour aller au-delà du cas de Listeria monocytogenes, on pourra lire aussi De la relation entre les notifications au RASFF et les rappels en France au premier trimestre 2014.

Prédire la présence de Escherichia coli producteurs de vérotoxines dans les viandes fermentées

16
avr
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Classé dans Contamination, Contamination croisée, Curiosité, E. coli, Environnement, Hygiène, Microbiologie, Réglementation, Santé, Sécurité des aliments, TIAC, Viande.

e coli-thumb-200x153-943Voici un résumé d’un article digne d’intérêt sélectionné à partir dans le numéro de mai de la revue Applied and Environmental Microbiology par les éditeurs de la revue : « Prédire la présence de Escherichia coli producteurs de vérotoxines dans les viandes fermentées ».

Les Escherichia coli producteurs de vérotoxines (VTEC) sont des bactéries pathogènes d'origine alimentaire causant des maladies graves chez l'homme, comprenant le syndrome hémolytique et urémique, qui a un taux de mortalité élevé et qui entraîne des complications à vie. Plusieurs foyers de VTEC d’origine alimentaire ont été causés par la consommation de viandes fermentées. Quinto et ses collègues ont développé un modèle mathématique afin de quantifier l'impact sur la survie des VTEC deq conditions de fabrication et de stockage, ainsi que des modifications ou des événements imprévus, au cours de la production de viandes fermentées. Les prédictions ont été validées dans des viandes fermentées contaminées par des VTEC fabriqués dans une usine pilote. Le modèle est mis en œuvre dans un outil informatique, E. coli SafeFerment (ECSF), disponible gratuitement sur http://www.ifr.ac.uk/safety/EcoliSafeFerment.

Une nouvelle étude montre comment E. coli O157:H7 se lie aux légumes frais

16
avr
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Classé dans Contamination, Contamination croisée, Curiosité, E. coli, Environnement, Santé, Sécurité des aliments, TIAC.

« Une nouvelle étude montre comment E. coli O157:H7 se lie aux légumes frais », source Society for General Microbiology du 16 avril 2014.

Les foyers d’intoxication alimentaire liés à des souches pathogènes de Escherichia coli sont normalement associés à des produits à base de viande contaminée. Cependant, entre 20-30% d'entre eux sont causés par des personnes consommant des légumes contaminés, comme on l'a vu dans l'épidémie 2011 en Europe qui a causé 53 décès. Les recherches présentées à la réunion annuelle de la Society for General Microbiology à Liverpool montre que E. coli O157:H7 interagit directement avec les cellules végétales, ce qui lui permet de s'ancrer à la surface de la plante, où il peut se multiplier.

man-eating-lettuce-400x400Des chercheurs du James Hutton Institute en Ecosse ont établi que E. coli O157:H7 utilise des flagelles ou fouets vibratiles pour se lier à la surface – généralement utilisés pour la motilité bactérienne – afin de pénétrer les parois cellulaires des végétaux. L'équipe a démontré que des flagelles purifiés ont été capables d'interagir directement avec des lipides présents dans les membranes des cellules végétales. Les E. coli qui n'ont pas de flagelles sont incapables de se lier aux cellules végétales.

Une fois liés, les E. coli sont capables de croître et de coloniser la surface des végétaux. A ce stade, ils peuvent être éliminés par lavage, bien que les chercheurs aient montré qu'un petit nombre de bactéries sont capables d'envahir l'intérieur des végétaux, où ils deviennent protégés du lavage. Le groupe a montré que E. coli O157:H7 est capable de coloniser les racines des épinards et des laitues.

Le Dr Nicola Holden, qui a dirigé la recherche, a déclaré : « Ce travail montre la finesse des détails sur la façon dont les bactéries se fixent aux végétaux. Nous pensons que ce mécanisme est commun à de nombreuses bactéries d'origine alimentaire et montre qu'elles peuvent exploiter des facteurs communs trouvés à la fois chez les végétaux et les animaux pour les aider à croître. Notre objectif à long terme est de mieux comprendre ces interactions afin de pouvoir réduire le risque de maladie d'origine alimentaire ».

Les chercheurs croient que E. coli O157:H7 utilise la même méthode pour coloniser la surface des végétaux comme il le fait quand il colonise l'intestin des animaux. Ces travaux montrent que ces bactéries ne sont pas simplement transportées à travers la chaîne alimentaire de manière inerte, mais sont activement en interaction avec les végétaux et les animaux.

Bien que des cas de foyers d’intoxication alimentaire associées à E. coli soient rares au Royaume-Uni à la suite des mesures de maîtrise strictes à tous les stades de la chaîne alimentaire, de la fourche à l'assiette, ils se produisent encore, comme on l'a vu en 2013, quand du cresson (voir ces deux liens, 1 et 2, sur le blog -aa) contaminé est entré dans la chaîne alimentaire, ce qui a entraîné l’hospitalisation de sept personnes. En comprenant les mécanismes sur la façon dont les bactéries interagissent avec les végétaux, les chercheurs espèrent trouver des moyens ciblés pour arrêter la liaison, réduisant le risque de contamination des aliments.

Quantification du transfert de Listeria monocytogenes entre un jambon cuit et les surfaces d’une trancheuse

16
avr
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Classé dans Contamination, Contamination croisée, Curiosité, Hygiène, Listeria, Machines, Nettoyage-Désinfection, Santé, Sécurité des aliments.

trancheurVoici une étude très intéressante sur le transfert de contamination d’un jambon vers une trancheuse et inversement, à vous de voir …

Résumé.

Le transfert de Listeria monocytogenes a été étudié à partir de surfaces inoculées de jambon cuit aux surfaces d’une trancheuse commerciale, du jambon inoculé par spot vers la lame de la trancheuse et vice-versa à partir d'une trancheuse contaminée vers un jambon propre. La proportion de transfert de la source vers les différentes destinations a été étudiée ainsi que les cinétiques de transfert au cours de tranchages successifs, en utilisant une équation aux différences. Pour le jambon inoculé, le ratio de transfert de la trancheuse était plus élevé sur la table (0,06), suivie de la poignée (0,01) et du plateau, du garde-main et de l’avant et de l’arrière de la lame (< 0,001). Le ratio de transfert du  pathogène du jambon inoculé par spot de l'arrière et l'avant de la lame de la trancheuse était de 0,006 et 0,01 (respectivement), ce qui était significativement (P < 0,05) plus élevé que le transfert du jambon inoculé en surface (< 0,001).

Le ratio de transfert de la trancheuse vers un jambon propre a été calculé individuellement pour chacune des 39-40 tranches de jambon. Le ratio moyen de transfert de la première tranche à l'avant-dernière tranche a été d'environ 0,04 pour les deux niveaux d'inoculum (8 ou 6 log ufc/jambon). Pour la dernière tranche, un ratio de transfert très élevé de 0,42 à 0,74 (respectivement, pour un niveau d'inoculum élevé et modéré) a été observé en raison du contact d'un côté de la tranche à la poignée qui a une grande surface de contact (84 cm2) avec le jambon pendant tout le processus de tranchage. Un modèle de transfert a été développé, où le nombre de L. monocytogenes (ufc) sur chaque tranche de jambon et les micro-organismes restent sur la surface de tranchage a été calculé en supposant un taux de transfert constant. Sur la base du modèle de calcul, une réduction linéaire de la concentration du log pathogène sur la surface de la machine et donc également sur les tranches de jambon n'a été observée en fonction du nombre de tranches.

Faits saillants

  • La présence de colonies de pathogènes sur les surfaces des produits alimentaires accroît le transfert du pathogène à la lame.
  • Un grand nombre de L. monocytogenes sur la tranche transféré de la trancheuse contaminée pourraient présenter un risque élevé pour les consommateurs.
  • Une réduction log-linéaire du pathogène transféré à chaque tranche de jambon est une fonction du nombre de tranche.

N. Chaitiemwong, W.C. Hazeleger, R.R. Beumer, M.H. Zwietering. Quantification of transfer of Listeria monocytogenes between cooked ham and slicing machine surfaces. Food Control Available online 8 April 2014