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Articles de la catégorie 'Curiosité'

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Sécurité des aliments et vœux pour 2018 !

13
Déc
2 commentaires
Classé dans Curiosité, Environnement, Rappel, Réglementation, Santé, Sécurité des aliments.

Mes sincères remerciements à tous ceux qui m’ont adressé un message après l’arrêt du blog, soit directement par mail ou par l’intermédiaire des commentaires du blog, qu’ils sachent que cela m‘a beaucoup touché …

Je me permets de profiter de la période des vœux pour vous faire part, une dernière fois, de quelques constats sur la sécurité des aliments en France et dans l’UE … jugez plutôt …

Comme les lecteurs assidus du blog le savent, grâce au grand mérite du précédent ministre de l’agriculture, il y a eu sur cinq ans une baisse de 36% des inspections en sécurité des aliments (voir le détail des chiffres, ici et ici) :

  • 2012 : 86 239
  • 2013 : 82 729
  • 2014 : 78 000
  • 2015 : 76 000
  • 2016 : 55 000

La Cour des comptes avait déjà reproché en 2014 au même ministre de remplir imparfaitement sa mission de contrôle de la sécurité et de l’hygiène des aliments. Constat renouvelé dans un récent rapport sénatorial qui souligne, en outre, que « la programmation et le taux d’exécution des inspections n’assurent pas dans tous les cas une couverture suffisante des risques par les contrôles ».

Le ministre de l’agriculture actuel, pour sa part, a cru bon de devoir signaler lors du comité technique ministériel du 9 novembre 2017 source SNISPV) :

… le renforcement des contrôles sanitaires correspondait à une demande sociétale et à l’augmentation des risques sanitaires, et que cette mission en croissance ne devait pas être externalisée. Il a annoncé le renforcement des moyens humains pour la prévention et la gestion de la sécurité sanitaire.

Inversion de la courbe de la baisse des inspections en sécurité des aliments ? Un remake d’un autre inversion, celle de la hausse de la courbe du chômage ? Cela étant, aucune garantie de succès compte tenu du budget prévu

D’autant que selon ce document de L’Alliance du Trèfle concernant l’Organisation des services, Rencontre avec le ministre de l’agriculuture le 27 juillet 2017, il y aurait comme qui dirait de l’eau dans le gaz entre les services du ministère de l’agriculture et ceux de la DGCCRF :

Le malaise reste persistant et la mise en œuvre du dispositif Alim’confiance (dispositif voulu par le précédent ministère de l’agriculture -aa) de façon différente par la DGAL et la DGCCRF au sein des mêmes directions départementales de protection des populations a parfois ravivé sur le terrain des tensions entre agents.

Sur le dispositif Alim’confiance supposé être transparent pour les consommateurs, un récent rapport de la Cour des comptes (Les services déconcentrés de l’État. Clarifier leurs missions, adapter leur organisation, leur faire confiance. Rapport public thématique) indique :

Les contrôles sur les établissements de métiers de bouche et de restauration par les DDCS/PP ont été particulièrement affectés : le délai moyen entre deux inspections s’élève, en 2016, à 7,8 ans pour les premiers et à 14 ans pour les seconds, avec des disparités très significatives selon les départements. Cette situation est d’autant plus préoccupante que la loi d’avenir pour l’agriculture du 13 octobre 2014 prévoit que, désormais, les résultats de ces contrôles sont rendus publics.

Il semble donc difficile de constituer un attelage dynamique … alors que les effectifs, et par conséquent les contrôles, sont à la baisse, s’il y a en plus une énième nouvelle concurrence des polices sanitaires … mais où va donc notre sécurité des aliments ?

Last but not the least, le « Lancement de l’« Opération « fin d’année » 2017 » du 6 novembre 2017 au 12 janvier 2018 par la seule DGCCRF qui fait, semble-t-il, cavalier seul cette année …

Le ministère de l’agriculture n’a pas à ce jour toujours réagi à ce « lancement » et n’a toujours pas encore diffusé de note de service sur ce sujet, comme chaque année (ces quatre dernières années, la note de service était diffusée fin novembre), absence très étonnante donc, voire inquiétante, car il y a dans cette note de service des instructions conjointes (aux deux administrations, DGAL et DGCCRF -aa)  pour les contrôles de sécurité sanitaire des aliments au stade de la remise directe.

Faut-il donc en conclure que le ministère de l’agriculture ne va donc pas cette année participer à cette opération ? Le ministre pour sa part s’est contenté d’une simple visite à Rungis avant les fêtes de fin d’année … sécurité des aliments oblige …*

Dans ce contexte, la certification privée en matière de management de la sécurité des aliments, chère à la grande distribution mondialisée, est une nouvelle fois sur la sellette …

Des éléments nouveaux sont fournis avec le récent incident en Grande-Bretagne intervenu chez le plus gros transformateur de volailles du pays, suite à des révélations de mauvaises pratiques d’hygiène, grâce à des images saisies en caméra cachée et diffusées par The Guardian et ITN. Je pense que de nombreuses entreprises alimentaires pourraient être ainsi piégées ici et là …

Un récent rapport d’un comité parlementaire britannique sur cet incident, a ‘descendu’ la certification privée BRC (BRC Global Standards), l’entreprise britannique de volailles ayant comme tant d’autres entreprises de multiples certifications privés, dont celle du BRC, et, sans aucun lien de cause à effet, on apprenait que le BRC suspendait pour une période déterminée le Bureau Veritas Certification (voir 1 et 2) du Royaume-Uni … sans oublier qu’une version 8 du BRC est se profile à l’horizon … étrange …

« Un réveil pour les organismes certificateurs » selon le rapport du comité précité car les faits reprochés à l’usine britannique 2 Sisters sont ‘symptomatiques’ des pressions sur l’industrie alimentaire … bref tout ceci pour vous dire que s’il ne faut pas, comme l’a dit le ministre actuel de l’agriculture, que la mission de contrôles sanitaires soit externalisée, encore faut-il s’en donner les moyens chez nous, rapidement et concrètement !

Les chiffres récents des maladies infectieuses d’origine alimentaire en France diffusées dans différents articles montrent qu’il y a une certaine urgence concernant la maîtrise des maladies d’origine alimentaire, Salmonella (185 000 cas), Campylobacter, 350 000 cas, etc. On lira aussi d’autres chiffres sur les maladies infectieuses d’origine alimentaire comme la salmonellose, la listériose et la campylobactériose (pour laquelle il n’y a pas réellement de système de surveillance en France, selon un récent rapport de l’EFSA) en provenance de liens du ministère de l’agriculture.

[L’image ci-contre est extraite de l’article, Food safety compromises can carry costly consequence (Les compromis en matière de sécurité des aliments peuvent avoir des conséquences coûteuses) paru dans Food Safety News.]

Par ailleurs, selon l’EFSA, La tendance à la baisse des cas de salmonellose dans l’UE a atteint un palier selon le rapport annuel sur les zoonoses publié le 12 décembre 2017, à cause notamment des œufs contaminés de Pologne qui ont entraîné du 1er février au 28 novembre 2017, 196 cas confirmés dans l’UE et aussi 340 cas historiques confirmés et 374 cas historiques probables qui ont été rapportés avant février 2017 par 16 pays de l’UE, selon la dernière évaluation de l’ECDC, mais sans oublier aussi une augmentation constante des cas à Listeria et à Campylobacter

Quand aux toxi-infections alimentaires collectives (TIAC)**, le nombre foyers en France est en augmentation en 2016 selon les données précitées diffusées par l’EFSA.

Cela étant, on apprend ainsi au détour d’un bilan de l’opération alimentation vacances 2017 selon ministère de l’agriculture :

33 TIAC à histamine liées à la consommation de thon sur la période d’avril à juillet 2017, soit pour partie pendant cette opération, ont touché 200 malades environ, dont 24 de ces TIAC sont imputables à du thon exclusivement en provenance d’Espagne. Cette situation justifie de fait la continuation en 2018 du plan de surveillance de 2017 ciblant spécifiquement le thon, notamment au stade de la distribution.

Où était le ministère de la santé ? Bien entendu, aucun mot dans la presse, mais une question demeure, à quoi peut bien servir ce plan de surveillance s’il ne peut pas prévenir les cas d’intoxication alimentaire ?

« 200 malades environ » et pourtant, il y a eu cinq notifications au RASFF pour ce type de produit par la France et 20 notifications par les autres Etats membres, sans qu’aucune mesure efficace ne soit prise … le RASFF de l’UE sert-il encore à quelque chose, et ne parlons pas de l’absence de communication entre les Etats membres … le dossier fipronil l’avait également démontré, il a fallu attendre 15 jours avant d’avoir une réponse de notre pays …

L’absence quasi totale d’information sur les rappels de produits alimentaires est une spécificité bien française, sans que cela n’émeuve personne, aucun site officiel, aucune association de consommateur, aucun site privé,  n’est à même de fournir une information complète sur les avis de rappels …

Prenons l’exemple du traitement spécial apporté au rappel justifié de lait infantile le 2 décembre 2017 contaminé par Salmonella Agona, suivi d’une extension du rappel de lait infantile du 10 décembre 2017 : le ministère de la santé avec le concours de la DGCCRF (faut-il rappeler que le dernier communiqué du ministère de la santé faisant état d’un rappel d’aliments date de 2014, c’est dire …) s’est soudainement ‘réveillé‘ pour diffuser une information aux consommateurs (et même l’Anses a été mise à contribution, c’est dire …), mais cette com ne s’est pas faite en liaison avec le ministère de l’agriculture pourtant responsable du contrôle des denrées d’origine animale (voir aussi le point de la situation épidémiologique au 20 décembre) . Ce rappel illustre sans doute aussi une dérive de la sécurité des aliments dans une usine laitière, qui n’aurait pas eu lieu il y a encore quelques années …

Autre exemple récent, qui n’est pas sans rappeler le dossier fipronil, mais oh combien significatif, un banal rappel de nougat du Brésil notifié au RASFF par les Pays-Bas le 30 novembre 2017 mais rapporté par la DGCCRF le 14 décembre 2017 dans un avis de rappel ! Même le Luxembourg a fait mieux que nous en lançant un avis de rappel le 5 décembre 2017 … désespérant …

A noter également qu’aucun traitement médiatique n’a eu lieu pour ce qui a été rapporté dans le rapport annuel 2016 des contrôles officiels de la France :

« une épidémie de salmonelloses à Salmonella Dublin impliquant 92 cas humains identifiés dont 10 décès. Les enquêtes ont permis d’associer l’épidémie à la consommation de fromages au lait cru fabriqués en Franche-Comté par différentes sociétés. »

Là encore où était le ministère de la santé ?

Le plus triste au final me semble-t-il pour l’évaluation scientifique en France reste certainement la mise en cause devant les tribunaux d’autorisations de produits phytopharmaceutiques, au nom du principe de précaution, hier le sulfoxaflor en France, demain très certainement le glyphosate dans l’UE …, sans omettre le rapprochement entre Environnementalisme et pratiques fascistes ou Quel avenir pour une société qui confond science et opinion ?

Voilà donc ces quelques constats que je souhaitais vous présenter : la situation en 2017 de la sécurité des aliments en France, manque persistant de transparence de nos autorités, de la distribution et des opérateurs alimentaires, ne me parait pas de bon augure pour l’avenir, mais ça fait tellement longtemps que ça dure, alors pourquoi pas des vœux de prompt rétablissement ?

Meilleurs vœux de santé et de bonheur pour 2018 !

Amicalement

Albert Amgar

Mise à jour du 20 décembre 2017. Communication très tardive du ministère de l’agriculture du 19 décembre 2017 à propos de Retrait et rappel de laits infantiles 1er âge.

* Publication du 22 décembre d’une information tardive générale du ministère de l’agriculture sur Opération fêtes de fin d’année : les services sanitaires renforcent leurs contrôles des denrées alimentaires.

** Voir les Données relatives aux toxi-infections alimentaires collectives déclarées en France en 2016 publiées par l’InVS le 21 décembre 2017.

Mise à jour du 30 décembre 2017. On peut lire dans ce texte du ministère de l’agriculture du 22 décembre 2017,

La France possède l’un des meilleurs systèmes de sécurité sanitaire des aliments. Avec 500 000 exploitations agricoles et 400 000 restaurants et entreprises agroalimentaires, les contrôles mobilisent plus de 4000 inspecteurs et 14 000 vétérinaires habilités par l’Etat. Le tout pour un coût annuel de 350 millions d’euros.

Mais aussi des inspections à la baisse, des maladies infectieuses d’origine alimentaire à la hausse, des rappels tardifs, etc.

Mise à jour du 11 janvier 2018. A lire sans modération, Estimation de la morbidité et de la mortalité liées aux infections d’origine alimentaire en France métropolitaine, 2008-2013. Les chiffres sont là !

Mise à jour du 20 janvier 2018. A propos de la « guerre des polices » sanitaires, on lira ce communiqué du SNISPV du 15 janvier 2018 (extrait) :

Suite aux attaques injustifiées subies par nos collègues des « services vétérinaires » de la DDCSPP de la Mayenne, le SNISPV a publié un communiqué de presse intitulé « Pas de guerre des polices dans l’affaire LACTALIS« .

Clap de fin pour le blog

6
Nov
17 commentaires
Classé dans Curiosité, Environnement, Hygiène, Santé, Sécurité des aliments.

Bonjour,

Initiée en juillet 2009, l’histoire du blog en hygiène et sécurité des aliments se termine …

J’espère que vous avez trouvé autant d’intérêt à le lire que moi-même à vous proposer des articles.

Amicalement

Albert Amgar

Résistance au stress, détection et désinfection de Cronobacter spp. dans les produits laitiers : Une revue

1
Nov
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Classé dans Contamination, Curiosité, Environnement, Hygiène, Microbiologie, Nettoyage-Désinfection, Santé, Sécurité des aliments.

Faits saillants.

  • Le phénomène et le mécanisme de résistance au stress chez Cronobacter spp. ont été examinés.
  • Un traitement sublétal a parfois augmenté la tolérance de Cronobacter à des environnements défavorables.
  • Des techniques de détection avancées seraient bénéfiques pour la surveillance de Cronobacter dans les aliments.
  • De nouvelles techniques de stérilisation seraient bénéfiques pour la maîtrise de Cronobacter dans les aliments.

Résumé.

Cronobacter est un groupe de pathogènes opportunistes responsables d’entérocolite nécrosante, de méningite et de septicémie, en particulier chez le nourrisson et le nouveau-né, avec une létalité élevée allant de 40% à 80%. Certains d’entre eux sont capables de survivre dans des préparations pour nourrissons et possèdent encore des capacités de pathogénicité et de virulence, de formation de biofilm et une haute résistance à une pression osmotique élevée, un pH faible, la chaleur, l’oxydation et la dessiccation. Le genre Cronobacter est constitué d’un groupe diversifié de bactéries à Gram négatif et comprend sept espèces : C. sakazakii, C. turicensis, C. malonaticus, C. universails, C. muytjensii, C. condiment et C. dublinensis, avec les trois sous-espèces dublinensis, lausannensis et lactatidi. Un traitement sublétal chez des souches de Cronobacter, comprenant un choc thermique, un choc acide, un choc à l’éthanol et une dessiccation amélioreraient sa tolérance à des environnements défavorables. Nous discutons ici des méthodes de résistance au stress, des méthodes de détection rapide et de la désinfection de Cronobacter spp. dans la littérature récente.

Mots clés. Cronobacter ; résistance au stress ; détection rapide ; désinfection.

Référence. Shuangfang Hu, YigangYu, Xinglong Xiao. Stress resistance, detection and disinfection of Cronobacter spp. in dairy products: A review. Food Control Volume 85, March 2018, Pages 400-415. https://doi.org/10.1016/j.foodcont.2017.10.014

NB : La photo représente Cronobacter sakazakii.

Impact des pratiques de production de bovins « élevés sans antibiotique » sur l’occurence de la résistance aux antibiotiques

1
Nov
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Classé dans Curiosité, Environnement, Hygiène, Microbiologie, Santé, Sécurité des aliments, Viande.

« Impact de l’utilisation d’antimicrobiens durant la production de bovins de boucherie », source AEM.

Les antimicrobiens utilisés pendant la production de bovins de boucherie aux États-Unis peuvent contribuer de manière significative à la résistance aux antimicrobiens. Vikram et al. ont utilisé la culture, la PCR quantitative et le séquençage métagénomique pour évaluer les niveaux de résistance aux antimicrobiens dans les fèces de bovins élevés sans antibiotiques et de les comparer avec ceux des bovins élevés de façon conventionnelle (utilisation d’antimicrobiens permise). Les niveaux de résistance aux antimicrobiens étaient généralement similaires, à l’exception de la résistance à deux classes d’antimicrobiens généralement incluses dans les aliments pour animaux, les macrolides et les tétracyclines. Cela suggère que les baisses de résistance résultant de réductions supplémentaires dans l’utilisation des antimicrobiens pendant la production de bovins de boucherie aux États-Unis pourraient se limiter à la résistance aux macrolides et aux tétracyclines.

Dans l’importance de l’étude, les auteurs notent :

Aux États-Unis, la majorité des antimicrobiens (AM) sont destinés à la production d’aliments pour animaux, ce qui laisse craindre que les modes d’utilisation habituels des AM pendant la production de bovins « conventionnels » (CONV) aux États-Unis contribuent largement à l’occurrence de la résistance aux antimicrobiens (RAM). Dans la présente étude, les niveaux de RAM étaient généralement similaires entre les CONV et les bovins « élevés sans antibiotiques » (ESA). Seul un nombre limité d’augmentations modestes de la résistance aux antimicrobiens a été observé chez les bovins CONV, principalement en ce qui concerne le groupe macrolide-lincosamide-streptogramine B (MLS) et la résistance aux tétracyclines. Les macrolides (tylosine) et les tétracyclines (chlortétracycline) sont administrés dans l’aliment pendant des durées relativement longues pour réduire les abcès du foie. Pour garantir une utilisation judicieuse des AM, il convient d’examiner les effets sur la santé animale, l’économie et la résistance aux antimicrobiens de l’administration de ces AM pendant une durée plus courte. Cependant, étant donné les modestes réductions de RAM observées, de nouvelles réductions de l’utilisation des AM dans la production de bovins de boucherie aux États-Unis pourraient ne pas entraîner de réductions significatives de la RAM concernant la résistance au MLS et aux tétracyclines.

Royaume-Uni : Les faits reprochés à l’usine de 2 Sisters sont ‘symptomatiques’ des pressions sur l’industrie alimentaire

1
Nov
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Classé dans Contamination, Contamination croisée, Curiosité, Environnement, Hygiène, Microbiologie, Réglementation, Santé, Sécurité des aliments, Volaille.

Le blog vous avait déjà proposé trois articles sur le cas de cet abattoir de volailles appartenant à 2 Sisters en Grande-Bretagne :

Dans l’article qui suit il va être question de la pression des entreprises alimentaires face à la distribution, du rôle des services réglementaires et des organismes qui font de la certification privée, tout le monde en prend pour son grade et chacun promet de s’améliorer jusqu’à la prochaine fois …

« 2 Sisters, les faits sont ‘symptomatiques’ des pressions de l’industrie, selon le syndicat Unite », source article de Joseph James Whitworth paru dans Food Quality News.

Selon Unite, les infractions présumées à la sécurité des aliments dans un site de 2 Sisters sont ‘symptomatiques’ des pressions exercées sur l’ensemble de l’industrie.

Le syndicat a appelé à ‘un changement rapide et complet à tous les niveaux de l’entreprise’ pour augmenter les salaires et les conditions, les pratiques de travail et les procédures. Il fait partie de 2 Sisters Food Group.

Les conducteurs de ligne ont une pression croissante sur les coûts à la baisse, stimulée par la concurrence des supermarchés, ce qui a une incidence sur les chaînes d’approvisionnement de production alimentaire.

Des commentaires ont été formulés par écrit dans le cadre de l’enquête du Comité Environment, Food and Rural Aairs (EFRA).

L’enquête se penche sur le rôle et la performance de la Food Standards Agency, du Sandwell Metropolitan Council et des organismes d’accréditation.

Le Comité sur l’EFRA a pris des mesures suite à des rapports faisant état d’une faute professionnelle dans une usine de transformation de volailles de 2 Sisters à West Bromwich dans le cadre d’une enquête ITV News/Guardian.

Il étudie les ramifications potentielles des allégations concernant le secteur de la volaille et la chaîne alimentaire au sens large.

2 Sisters a temporairement suspendu les opérations sur le site après que les allégations aient été faites.

Neil Parish, président du comité, a déclaré : « Nous espérons que l’examen des rapports récents de mauvaises pratiques à l’usine 2 Sisters aidera à rectifier la situation et à mettre en place des garanties qui signifient que des incidents similaires ne se reproduisent pas de nouveau. »

« Ce cas souligne l’importance pour les organismes chargés de la réglementation et de l’accréditation de travailler ensemble de manière efficace et de rétablir la cohérence à la fois dans l’hygiène publique et l’agriculture du pays. »

Unite a déclaré qu’il y a une concurrence intense entre les entreprises et que le rythme de travail s’intensifie.

« La transformation de viande, comprenant l’industrie de la volaille, est un travail difficile dans des conditions de travail difficiles. Recruter et retenir des travailleurs est un processus continu en raison des hauts niveaux de turnover, les travailleurs sont confrontés à un faible niveau de rémunération, à de mauvaises conditions de travail (par exemple, température, humidité) et à des niveaux élevés de demande physique. »

« Une pression intense sur des commandes et des volumes des distributeurs en même temps qu’une réduction continue des coûts », estime Unite, « a créé les conditions préalables dans lesquelles des pratiques dangereuses d’hygiène alimentaire identifiées par le Guardian et ITV se sont développées. »

« La course vers le bas doit être inversée et une culture du milieu de travail créée qui a des normes les plus élevées en droits du travail et en hygiène des aliments. »

Unite a dit qu’il partageait l’inquiétude concernant les dispositions réglementaires des agences réglementaires avec des coupes budgétaires affectant la capacité et l’efficacité des organismes chargés d’appliquer la loi.

« Les non-conformités alléguées de l’hygiène alimentaire dans l’usine de West Bromwich ont eu lieu en dépit de la présence d’un large éventail de règlements, fonctions, système d’accréditation, principes et lignes directrices, audit des supermarchés, et agences chargées de les respecter. »

« Concernant spécifiquement la Food Standards Agency (FSA) et son efficacité au sujet du site de West Bromwich, l’expérience d’Unite est que 2 Sisters est habituellement informée des visites d’audit imminentes par la FSA avant qu’elles n’aient lieu, ce qui donne à l’entreprise l’occasion de se préparer à l’audit. »

Le syndicat a ajouté que la politique du gouvernement basée sur une réglementation ‘light’ et ‘basée sur le risque’ doit être inversée et que des visites inopinées par les agences chargées d’appliquer la loi dont la FSA, doivent être augmentées.

L’enquête a entendu Richard Griths, directeur général du British Poultry Council, Jim Moseley, directeur général de Red Tractor et Sue Lockhart, responsable de l’assurance chez Red Tractor, Mark Proctor, directeur général et David Brackston, directeur technique de BRC Global Standards.

Jan Britton, directeur général du Sandwell Metropolitan Council, Bob Charnley, chargé des normes commerciales au Council, Jason Feeney, directeur général de la Food Standards Agency et Jose Gomez-Luengo, responsable des audits vétérinaire à la FSA ont témoigné.

Ranjit Singh Boparan, directeur général et Chris Gilbert-Wood, directeur technique, ont pris la parole au nom de 2 Sisters Food Group.

Le British Poultry Council (BPC) a déclaré qu’il appartient aux opérateurs du secteur alimentaire d’appliquer les normes, de respecter les responsabilités légales et de produire des aliments sûrs.

« Dans les cas isolés où les choses tournent mal, les gens prennent de mauvaises décisions et les normes alimentaires ne sont pas respectées, il est crucial que l’entreprise concernée réagisse rapidement, corrige la situation et mette en place des mesures pour prévenir que cela ne se reproduise pas de nouveau », a dit Richard Griths.

NB : Les photos sont proposées à titre d’illustration et sont sans rapport avec 2 Sisters Food Group.