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Articles de la catégorie 'Curiosité'

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Ronde des rappels, semaine 21 de 2015

22
mai
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Classé dans Contamination, Contamination croisée, Curiosité, Hygiène, Microbiologie, Rappel, Règlementation, Salmonella, Santé, Sécurité des aliments, Union Européenne.

RASFF-LogoCommencées avec la « Ronde des rappels : semaine 49 » de 2009, les notifications des produits cités ne prétendent pas à l’exhaustivité dans la mesure il n’est pas possible d’avoir accès à toutes les sources permettant d’identifier le retrait/rappel d’un produit. Les informations recueillies ci-après concernent les denrées alimentaires ou les aliments pour animaux de France ou distribués en France. Elles sont issues du portail RASFF (Rapid Alert System for Food and Feed ou Réseau d’alerte rapide pour les denrées alimentaires et les aliments pour animaux). Pour des raisons inconnues, la plupart des informations diffusées ne sont pas relayées par les autorités françaises auprès des consommateurs …

  • Référence RASFF 2015.0619, taux élevé de morphine (96,93 mg/kg) dans des graines de pavot de France via la Pologne. Alerte notifiée par la République Tchèque. Information aux pays concernés dont l’Ukraine et la République Tchèque.
  • Référence RASFF 2015.0616, risque de casse des bouteilles de panaché de France. Alerte notifiée par les Pays-Bas. Rappel auprès des consommateurs par les autorités du NVWA. A noter que Lidl Pays-Bas qui est le distributeur concerné par ce rappel informe ses clients sur ce lien. Autre aspect à signaler, une information des consommateurs sur les rappels existe chez Lidl Pays-Bas mais hélas pas chez Lidl France
  • Référence RASFF 2015.0611, Listeria monocytogenes (< 10 ufc/g) dans du fromage pasteurisé d’Italie. Alerte notifiée par la France. Pas de distribution dans le pays à l’origine de la notification. A noter que la date du prélèvement est le 30 avril, l’alerte a été notifie le 20 mai, délai trop long !
  • Référence RASFF 2015.0610, Salmonella Munchen (présence dans 25g) dans de la poudre de paprika fumé d’Espagne. Alerte notifiée par la Grande Bretagne. Distribution en France, Irlande, Royaume-Uni.
  • Référence RASFF 2015.0605, Listeria monocytogenes (110 ufc/g) dans des fromages au lait cru de France. Alerte notifiée par la France. Distribution Belgique, Allemagne, France, Suède, Espagne. Prélèvement le 7 mai 2015, Notification de l’alerte, 19 mai 2015. Délai trop long !
  • Référence RASFF 2015.0601, Listeria monocytogenes (1300 ufc/g) dans des fromages au lait cru de France. Alerte notifiée par la France. Distribution Belgique, Allemagne, Irlande, Pays-Bas, Pologne, Royaume-Uni. Prélèvement le 28 avril 2015, Notification de l’alerte, 18 mai 2015. Délai trop long !
  • Référence RASFF 2015.0600, Salmonella enteritidis (présent dans 25g) dans poussins surgelés de France. Alerte notifiée par le Danemark. Pas de distribution au Danemark. Prélèvement le 21 avril 2015, Notification de l’alerte, 18 mai 2015. Délai trop long !

Information collectée pour la semaine 21 de 2015 à la date du 22 mai 2015.

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Quelques informations complémentaires sur les rappels :

  • 28 notifications d’alerte depuis le début de l’année 2015 (17 notifications d’alerte pour la même période de 2014) sont rapportées par le RASFF pour des micro-organismes des pathogènes sur les 38 notifications d’alertes (28 pour la même période de 2014) pour des produits d’origine France depuis le début de l’année 2015.

La Société GILLOT (61100 St Hilaire de Briouze) procède aujourd’hui au retrait de la vente des produits suivants :

– Nom : Camembert au lait cru 250g. Marques : Bertrand Crémier ; Bertrand Village ; Petit Normand, Vache Pâture

DLUO : 26/05/15. Numéro de lot : 085 511

– Nom : Petit Camembert au lait cru 150g. Marques : Gillot Noir

DLUO : 28/05/15. Numéro de lot : 085 511

– Nom : Coulommiers au lait cru 350g. Marques : Gillot Noir ; Pâturage

DLUO : 30/05/15. Numéro de lot : 085 511

En effet, un contrôle a mis en évidence, dans ces produits, la présence de Salmonella spp. L’ensemble du lot est retiré de la commercialisation.

NB : Information identique pour Intermarché. On lira l’alerte notifiée au RASFF le 15 mai 2015 dans Ronde des rappels : semaine 20 de 2015.

  • L’AFSCA rapporte le 15 mai 2015 un communiqué d’Euromill Nord au sujet d’un rappel de la farine de sarrasin de la marque Francine. Problématique : taux d’ochratoxine supérieur à la norme autorisée.

Selon le communiqué, des contrôles qualité qui ont mis en évidence un taux d’ochratoxine supérieur à la norme autorisée. Soit, mais cela ne pouvait-il être fait avant de mettre le produit sur le marché (?). A noter que l’alerte au RASFF notifiée par la France a eu lieu le 12 mai 2015. C’est long comme délai d’information des consommateurs !

La « Charcuterie Daniel Bernier » procède aujourd’hui au retrait de la vente de « Rôti de porc cuit à l’ancienne » suite à la mise en évidence de Listeria monocytogenes.

Il s’agit du lot portant les caractéristiques suivantes :

Nature du produit : Rôti de porc cuit à l’ancienne x 5 tranches

Marque : Charcuterie Daniel Bernier

Présentation : conditionné en tranche par 5 sous vide

DLC ou DLUO : 15/05/2015

Code fabrication (ou numéro de lot) : 7480 111

L’ensemble du lot est retiré de la commercialisation

En raison d’une non-conformité microbiologique et par principe de précaution, la société AUCHAN procède au rappel du produit AUCHAN FRAMBOISE 450g.
EAN : 3596710276103
Date Limite d’Utilisation Optimale concernée : DLUO 03/2017

L’ensemble de ce produit est retiré de la commercialisation, cependant certains exemplaires de ce produit ont été commercialisés avant la mesure de retrait. Il est recommandé aux clients ayant fait l’acquisition de ce produit de ne pas le consommer et de le ramener à l’accueil du magasin Auchan où il leur sera remboursé. 

NB : Le terme non-conformité microbiologique ne veut rien dire, mais déjà un précédent rappel de PICARD avait utilisé la même terminologie. Je pencherais, soit pour norovirus ou le virus de l’hépatite A, mais sait-on jamais … Cela étant, s’il y a une non-conformité microbiologique, que vient faire ici le principe de précaution puisque l’on sait ce qu’il y a comme danger dans l’aliment concerné …

Irlande : La FSAI réitère son avis de faire bouillir les baies importées surgelées

22
mai
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Classé dans Contamination, Contamination croisée, Curiosité, Environnement, Hygiène, Microbiologie, Santé, Sécurité des aliments, TIAC, Union Européenne, Virus.

« La FSAI réitère son avis de faire bouillir les baies importées surgelées », source FSAI du 21 mai 2015.

La Food Safety Authority of Ireland (FSAI a réitéré son avis aux consommateurs de faire bouillir toutes les baies surgelées importées pendant au moins une minute avant de les consommer. Le conseil suit les récentes éclosions à norovirus en Suède et d’hépatite A en Australie liées à la consommation de baies surgelées importées, bien qu’il n’y ait aucune indication que des lots de baies impliquées aient été importées en Irlande.

FrozenBerriesSpreadOutMainL’éclosion en Suède a eu lieu dans une maison de retraite au début de mai, avec 70 personnes atteintes par norovirus. Trois décès ont été rapportés potentiellement liés à ce foyer. L’analyse microbiologique a confirmé que les framboises surgelées importées de Serbie étaient la source de cette éclosion. Contrairement aux recommandations nationales de la sécurité des aliments en Suède, les framboises surgelées importées ont été servies non cuites dans un dessert. En Australie, des baies surgelées importées ont été liées à une éclosion liée au virus de l’hépatite A qui a entraîné plus de 30 personnes malades en février et mars de cette année.

L’avis de faire bouillir toutes les baies surgelées importées a été publié par la FSAI en 2013 au cours de l’enquête sur une éclosion d’hépatite A en Irlande, qui a été liée à de petits fruits rouges surgelés importés. Le conseil a été renouvelé en 2014 suite à l’apparition d’une éclosion en Europe. L’éclosion irlandaise s’est avérée être une partie d’une éclosion multi-Etats, avec plus de 1000 cas signalés dans 12 pays de l’UE. Suite à une enquête à l’échelle européenne la source de l’éclosion n’a jamais été confirmée, toutefois des lots de petits fruits rouges surgelés de douze opérateurs du secteur alimentaire ont été liés à des cas de maladie dans cinq des pays touchés.

La Dr Lisa O’Connor, spécialiste en sciences des aliments à la FSAI déclare : « Il y a un risque permanent dans la chaîne d’approvisionnement mondiale en baies surgelées importées. Par conséquent, nous continuons de recommander que les baies surgelées importées doivent être bouillies pendant au moins une minute avant d’être consommées. Cette mesure de précaution va détruire le virus s’il est présent et est particulièrement important lorsque ces aliments sont servis à des personnes vulnérables telles que les résidents des foyers pour personnes âgées. Alors que les baies fraîches n’ont pas été reliées à ces éclosions, nous rappelons aux consommateurs, comme pour tous les autres fruits et légumes, qu’elles doivent être toujours lavées intensivement si elles sont consommées crues. »

NB : On attendra un jour un avis ou une recommandation de l’Anses … mais en attendant, rien sur la fiche Hygiène domestique de l’Anses.

De l’herbe peut transporter des prions infectieux

21
mai
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Classé dans Contamination, Contamination croisée, Curiosité, Environnement, Santé, Sécurité des aliments.

De l’herbe peut transporter des prions infectieux, source Doug Powell du barfblog.

L’herbe peut se lier, absorber et transporter des prions infectieux, selon des chercheurs du Health Science Center de l’université du Texas à Houston (UTHealth). La recherche a été publiée en ligne dans le dernier numéro de Cell Reports.

fx1Les prions sont des agents infectieux composés de protéines responsables d’un groupe de maladies appelées encéphalopathies spongiformes transmissibles, qui comprend l’encéphalopathie spongiforme bovine (dite maladie de la vache folle) chez les bovins, la tremblante du mouton, la maladie de Creutzfeldt-Jakob chez l’homme et la maladie débilitante chronique (MDC) chez les cerfs, les wapitis et les élans. Toutes sont des maladies du cerveau mortelles avec des périodes d’incubation qui durent des années.

La MDC, d’abord diagnostiqué chez le cerf mulet dans le Colorado à la fin des années 1960, est répandue dans le pays dans 22 États, selon le Centers for Disease Control and Prevention (CDC), dont les comtés d’El Paso et d’Hudspeth au Texas. Dans le nord du Colorado et le sud-est du Wyoming, la maladie est endémique. L’équipe de Soto a cherché à savoir pourquoi.

« Il n’y a aucune preuve de transmission d’animaux sauvages et de plantes à l’homme », a déclaré l’auteur principal de Claudio Soto, professeur de neurologie à l’école médicale de l’UTHealth et directeur du George et Cynthia W. Mitchell Center de l’UTHealth pour la maladie d’Alzheimer et les autres maladies connexes. « Mais il y a une possibilité qui doit être explorée et les gens doivent être conscients de cela. Les prions ont une longue période d’incubation. »

L’équipe de Soto a analysé la rétention de la protéine prion infectieuse et l’infectivité sur des racines de blé en herbe et des feuilles incubées avec de la matière cérébrale contaminée par du prion et a découvert que des quantités même très diluées peuvent se lier aux racines et aux feuilles. Lorsque blé en herbe a été consommé par des hamsters, les animaux ont été infectés par la maladie. L’équipe a aussi appris que la protéine infectieuse du prion pouvaient être détectée chez des plantes exposées à l’urine et aux matières fécales d’hamsters et de cerfs infectés par des prions.

Les chercheurs ont constaté que les plantes peuvent absorber les prions provenant de sols contaminés et les transporter vers différentes parties de la plante, qui peut agir comme un support à l’infectivité. Ceci suggère que les plantes peuvent jouer un rôle important dans la contamination environnementale par des prions et la transmission horizontale de la maladie.

Pour minimiser le risque d’exposition à la MDC, le CDC recommande que les personnes évitent de consommer de la viande de cerf et de wapiti qui semblent malade ou qui ont des tests positifs pour la MDC. Les chasseurs qui dépècent un cerf dans une zone affectée doivent porter des gants et minimiser la manipulation des tissus du cerveau et de la moelle épinière.

« Cette recherche a été effectuée dans des conditions expérimentales au laboratoire », a dit Soto. Dans la prochaine étape, « nous allons passer à la recherche sur la contamination de l’environnement d’aujourd’hui. »

Peter Pan de ConAgra « crocheté » pour 11,2 millions de dollars

21
mai
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Classé dans Contamination, Contamination croisée, Curiosité, Environnement, Hygiène, Microbiologie, Rappel, Règlementation, Salmonella, Santé, Sécurité des aliments, TIAC.

peter-pan-captain-hook-300x200Peter Pan de ConAgra « crocheté » pour 11,2 millions de dollars, source un article de Bill Marler paru dans le Marlerblog du 20 mai 2015.

L’Associated Press rapporte de nouveau le 20 mai 2015 que ConAgra Foods a accepté de payer 11,2 millions de dollars, une somme qui comprend l’amende pénale la plus élevée jamais demandée dans un cas de sécurité des aliments aux États-Unis, pour régler une accusation fédérale selon laquelle la société a expédié du beurre (ou pâte) d’arachide de la marque Peter Pan contaminé par des salmonelles  provenant d’une usine de Géorgie, rendant ainsi malades plus de 600 personnes et déclenchant un rappel massif il y a huit ans.

Le procureur fédéral a déposé une accusation de délit unique concernant l’expédition d’aliments frelatés contre la société basée à Omaha dans le Nebraska, après d’un accord de plaider coupable avec la cour de justice du district de Géorgie. Aucun dirigeant de la société n’a été accusé.

La société a accepté de verser 8 millions de dollars pour des amendes pénales, dont le ministère de la justice a rappelé que c’était l’amende la plus élevée jamais dans une investigation alimentaire, auquel s’ajoute un complément de 3,2 millions de dollars de délit au gouvernement fédéral.

C’est la dernière série récente de poursuites de fabricants mis en cause dans des cas d’intoxication alimentaire dans lesquels des entreprises alimentaires « ont été concernées de façon très importante », a dit Bill Marler, avocat qui représente des victimes de maladies d’origine alimentaire depuis 20 ans, dont plus de 100 personnes rendues malades lors de l’éclosion liée aux produits Peter Pan.

« Les fabricants parlent du risque de délits, d’amendes pénales et de peines de prison », a dit Marler. « Les amendes et cet accord sur le plaider coupable envoient un message incroyablement puissant aux producteurs d’aliments à travers le comté pour qu’ils améliorent leur comportement. »

En 2007, une éclosion à Salmonella avait rendu malades au moins 625 personnes dans 47 Etats et elle avait été attribuée à l’usine de Sylvester, en Géorgie, où ConAgra fait du beurre d’arachide avec les marques Peter Pan et Great Value. En conséquence, la société a rappelé la totalité de son beurre d’arachide qui avait été fabriqué depuis 2004.

Le procureur de Géorgie Michael Moore, qui a traité l’accusation, a déclaré dans un communiqué que le plaider coupable et les amendes « devraient sonner l’alarme » aux producteurs américains de produits alimentaires.

« Beaucoup de gens ont été très malades à cause de leur conduite dans cette affaire et nous nous engageons à faire tout notre possible pour nous assurer que cela ne se reproduise plus », a dit Moore.

Les amendes sont peu de choses dans le bilan de ConAgra. La société a gagné plus de 303 millions de dollars en 2014, et ses résultats ont été alourdis par des charges de restructuration. Au dernier trimestre, ConAgra a enregistré un chiffre d’affaires de 3,88 milliards de dollars.

conagraAl Bolles, chef des opérations de ConAgra a dit que la compagnie ne savait pas que son beurre d’arachide était contaminé par Salmonella avant qu’il ne soit expédié.

« Nous ne faisons pas et nous n’expédierons jamais sciemment un produit qui ne soit pas sûr pour les consommateurs », a dit Bolles. « Nous avons beaucoup investi dans des technologies de pointe en matière de sécurité des aliments et dans les pratiques au cours de ces huit dernières années, et nous sommes reconnaissants envers toutes les personnes qui le reconnaissent. »

Toutefois, l’accord sur le plaidoyer coupable note que ConAgra savait que du beurre d’arachide fabriqué en Géorgie avait été contrôlé positif à deux reprises pour la présence de Salmonella en 2004. Le procureur a déclaré que l’entreprise a détruit du beurre d’arachide contaminé et des sources probables de contamination identifiées. Le document de plaidoyer coupable dit que ConAgra n’en a pas fini avec les problèmes du temps de l’éclosion de 2007.

L’accord de plaidoyer coupable, qui doit encore être approuvé par un juge fédéral, fait partie d’une série récente de poursuites de grande envergure en matière de sécurité des aliments.

Deux anciens cadres dirigeants de l’industrie des œufs de l’Iowa ont été condamnés à trois mois de prison plus tôt cette année, et leur entreprise a accepté de payer une amende de 6,8 millions, de dollars pour leur rôle dans une éclosion à Salmonella en 2010. L’an dernier, deux exploitants agricoles de melons cantaloups dans le Colorado en liberté surveillée ont été condamnés à payer chacun 150 000 dollars de dédommagement après avoir été condamnés dans une éclosion mortelle à Listeria en 2011.

Et l’automne dernier, l’ancien propriétaire de Peanut Corporation of America, Stewart Parnell, a été reconnu coupable de différents chefs d’accusation dans une éclosion à Salmonella en 2008 liée à des arachides transformées en Géorgie. Parnell attend sa peine et pourrait aller en prison. Contrairement au cas de ConAgra, le procureur avait des preuves que Parnell savait qu’il expédiait du beurre d’arachide contaminé et il avait essayé de les cacher en utilisant des fausses analyses de laboratoire.

La résistance aux antibiotiques dans la chaîne alimentaire, il est plus que temps d’agir

20
mai
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Classé dans Curiosité, Environnement, Microbiologie, Santé, Sécurité des aliments.

« La résistance aux antibiotiques dans la chaîne alimentaire, il est plus que temps d’agir », source article de Richard Lawley du 19 mai 2015 paru Food Safety Watch.

Richard Lawley tire une nouvelle fois la sonnette d’alarme, voir l’article de l’an dernier, Résistance aux antibiotiques, assez de paroles, des actes !, en prenant comme exemple la nouvelle étude autrichienne qui vient de paraître, voir Les phages et la propagation de la résistance aux antibiotiques.

Antibiotic-pill-300x200La question de la résistance antimicrobienne chez les bactéries pathogènes est enfin prise au sérieux à un niveau élevé, avec des appels à plus de financement pour le développement de nouveaux médicaments et des mesures pour prévenir la surutilisation des antibiotiques cliniquement importants. Ceci est un bon exemple de « mieux vaut tard que jamais », mais cela fait près de 45 ans que l’alarme a été sonnée pour la première fois, et l’être humain feint toujours d’ignorer une crise qui se développe jusqu’à ce qu’elle ne devienne vraiment sérieuse. Toute l’attention actuelle qui va se traduire par des financements nécessaires pour payer le progrès réel est ouvert à la discussion, mais au moins la science commence à répondre à certaines questions sur comment la résistance se propage et pourquoi elle est si difficile à aborder.

Un exemple important de cette meilleure compréhension est une étude récemment publiée par des chercheurs autrichiens, qui révèle que les phages présents dans la viande de volaille sont capables de transférer des gènes de résistance entre les bactéries. Les phages sont des virus qui infectent les cellules bactériennes et qui peuvent transférer du matériel génétique par un processus appelé transduction. L’équipe autrichienne de recherche a constaté que les phages sont capables de faire ce qui pourrait être retrouvé dans presque la moitié des prélèvements de viande de poulet qu’ils ont testés. D’autres résultats récents suggèrent que la transduction est un mécanisme beaucoup plus fréquent dans la diffusion de la résistance aux antimicrobiens qu’on ne le pensait et elle est désormais considérée comme un facteur important de l’évolution bactérienne. Le fait que les phages soient capables de transférer la résistance, pas seulement entre des cellules de la même espèce, mais entre les différentes espèces, est fréquent chez le poulet vendu au détail, ce qui suggère qu’il pourrait être un facteur important dans la propagation de la résistance aux antibiotiques dans la chaîne alimentaire.

En outre, les phages sont relativement résistants aux produits chimiques de désinfection et ils pourraient donc être assez persistants dans les milieux de transformation alimentaire. Les auteurs autrichiens de la nouvelle étude suggèrent que le transfert par phages pourrait être l’une des principales raisons pour lesquelles les initiatives visant à lutter contre la résistance aux antibiotiques ont obtenus jusqu’ici peu de succès.

Cela illustre très clairement la valeur de la recherche scientifique dans les mécanismes de la résistance aux antimicrobiens et de sa propagation. C’est bien de « connaître son ennemi », parce qu’il est très difficile de concevoir des stratégies efficaces de lutte contre quelque chose qui n’est pas bien compris. Des interventions qui sont fondées sur les connaissances existantes peuvent se révéler de peu de valeur ou voir même peuvent aggraver les choses. Il devient clair que la chaîne alimentaire joue un rôle dans le développement de la résistance aux antibiotiques cliniquement importants. Maintenant que nous commençons à en savoir plus sur comment la résistance peut se propager entre les espèces bactériennes dans les aliments, la surutilisation historique des antibiotiques dans la production de viande doit être regardée comme une erreur potentiellement catastrophique. Tout doit être abordé sur au moins deux fronts. Tout d’abord, des mesures assez draconiennes sont nécessaires pour passer outre les avantages acquis et réduire l’utilisation des antibiotiques dans l’agriculture de manière drastique. Deuxièmement, il nous faut comprendre la propagation de la résistance, si bien que nous devons concevoir des méthodes pour arrêter la propagation et pour commencer à débarrasser la chaîne alimentaire des pathogènes résistants aux antibiotiques, s’il n’est pas déjà trop tard.