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Résistance à la colistine : de nouveaux éléments concernant la France

12
fév
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Classé dans Contamination, Contamination croisée, Curiosité, E. coli, Environnement, Hygiène, Santé, Sécurité des aliments, Viande, Volaille.

2015_12_22AntibiogrammeSelon l’Anses du 22 décembre 2016,

La colistine est un antibiotique utilisé en médecine vétérinaire, notamment dans les filières animales de production. En médecine humaine, en raison de sa toxicité, elle n’est prescrite que pour le traitement d’infections humaines sévères liées à des bactéries résistantes à toutes les autres options thérapeutiques (notamment les bactéries résistances aux céphalosporines de dernière génération et aux carbapénèmes). Du fait de l’absence de mécanisme de résistance à la colistine transférable entre bactéries, des avis récents, notamment de l’Agence Européenne du Médicament (EMA) et de l’Anses, n’ont pas recommandé jusqu’à présent d’inclure la colistine dans la liste des antibiotiques critiques utilisés en médecine vétérinaire.

C’était fin décembre 2015 et depuis, on apprend …

Résumé.

La résistance à la colistine a été étudiée sur 1696 isolats collectés entre 2007 et 2014 dans le cadre du programme de surveillance de la résistance antimicrobienne de l’élevage français. Le gène mcr-1 a été détecté dans tous les Escherichia coli commensaux isolés avec une concentration minimale inhibitrice à la colistine-dessus de la valeur limite supérieure de 2 mg/L (n = 23). Chez les volailles, la prévalence de mcr-1 était de 5,9% chez les dindes et de 1,8% chez les poulets en 2014. Chez les porcs, dans une enquête sur 2013, cette prévalence ne dépasse pas 0,5%. Ces résultats confirment que mcr-1 est propagé dans l’élevage français.

Référence. Perrin-Guyomard A, Bruneau M, Houée P, Deleurme K, Legrandois P, Poirier C, Soumet C, Sanders P. Prevalence of mcr-1 in commensal Escherichia coli from French livestock, 2007 to 2014. Euro Surveill. 2016;21(6).

Cela étant, selon l’Anses du 2 novembre 2015, Antibiotiques à usage vétérinaire : une exposition des animaux difficile à évaluer pour 2014, des taux de résistance qui continuent de diminuer …

 

Avoir un burrito gratuit et la stratégie de la sécurité des aliments de Chipotle

12
fév
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Classé dans Contamination, Contamination croisée, Curiosité, E. coli, Environnement, Hygiène, Lavage des mains, Réglementation, Salmonella, Santé, Sécurité des aliments, TIAC.

« Avoir un burrito gratuit et la stratégie de la sécurité des aliments de Chipotle », source article de Coral Beach du 10 février 2016 paru dans Food Safety News.

Une réunion de tout le personnel qui s’est étirée sur plusieurs fuseaux horaires et qui a concerné tous les restaurants de Chipotle Mexican Grill fermés pendant le rush du déjeuner le lundi 8 février ; elle était pleine de promesses pour les employés et les clients.

Chipotle-meetingLa réunion de lundi de tout le personnel a concerné les 50 000 employés de Chipotle Mexican Grill, y compris des tweets tels que cette photo du fondateur et pdg, Steve Ells, à gauche et d’autres dirigeants.

La réunion a débuté avec la plus grande campagne marketing jamais organisée de la chaîne de restauration rapide basée à Denver et qui a présenté en prologue la série des six éclosions de maladies d’origine alimentaire liées à la chaîne. Ces éclosions ont rendu malades au moins 600 personnes dans plus d’une douzaine d’Etats de juillet à décembre 2015.

Le volet marketing prévu vers le consommateur va représenter 50 millions de dollars et sera lancé la semaine prochaine, mais cette campagne ne fera pas référence aux problèmes de sécurité des aliments, selon les responsables de Chipotle.

La réunion de lundi avec 50 000 employés a inclus des entretiens dynamiques et des directives de de Chipotle, y compris par le fondateur et pdg, Steve Ells ainsi que le co-pdg, Monty Moran, selon Associated Press et Fast Company, qui avait des journalistes présents aux lieux de réunions de Chipotle respectivement à New York et à San Francisco.

« Certains employés ont grogné au fur et à mesure que les vidéos expliquaient de manière exhaustive les éclosions et les nouvelles procédures d’hygiène et de sécurité des aliments », a rapporté Fast Company.

Une de ces nouvelles procédures est l’exigence que les managers « s’assurent » que les employés se lavent les mains pendant au moins 20 secondes puis ensuite utilisent un désinfectant pour les mains, une fois par heure.

Le lavage des mains, selon les responsables de la santé publique, est une étape importante pour prévenir la propagation de norovirus, qui était le pathogène dans deux des foyers qui ont concerné Chipotle en 2015. Ells et d’autres cadres supérieurs de l’entreprise ont blâmé critiqué les employés pour ces foyers de cas à Boston et à Simi Valley en Californie.

« Ces foyers de cas ont été probablement causés par un employé qui a travaillé chez Chipotle tout étant malade, en violation de la politiques stricte visant à décourager cette pratique », selon le site internet révisé sur la sécurité des aliments de Chipotle.

Outre les nouvelles exigences de lavage des mains, les responsables de la compagnie ont dit aux employés qu’une politique de fermeture automatique est maintenant en vigueur si un employé ou un client vomit dans un restaurant Chipotle.

vomiting406-300x184« Quand quelqu’un vomit dans les cuisines du restaurant maison ou devant le comptoir cela est un événement rouge, ce qui signifie que nous fermons le restaurant immédiatement », a dit aux employés Gretchen Selfridge agent de soutien des restaurants Chipotle via une liaison vidéo, a rapporté l’Associated Press.

Chipotle également exige désormais que les employés restent à la maison en congés payés pour maladie durant cinq jours après que leurs symptômes aient disparu,  « si les circonstances le justifient. »

Toutefois, les responsables de l’entreprise n’ont pas répondu aux demandes de plus de détails sur ce que signifie si les circonstances le justifient à propos du congé de cinq jours ou quels documents les employés auraient à fournir pour être admissibles à ce congé.

De façon similaire à la critique des employés pour les foyers de cas à norovirus, les dirigeants de Chipotle ont critiqué un fournisseur de tomates pour une éclosion à Salmonella dans le Minnesota qui a rendu malades 64 personnes en août et septembre.

Toutefois, le fournisseur soutient que des tonnes de ses tomates ont été expédiées à d’autres clients dans le Minnesota et aucun cas de maladie n’a été rapporté. L’éclosion a mis en cause 22 restaurants Chipotle.

chipotle

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Pour les deux éclosions à E. coli liées à la chaîne de restauration rapide en 2015 – les responsables fédéraux ont dit que différents isolats de E. coli distincts ont été impliqués mais les dirigeants de Chipotle ont dit à plusieurs reprises il n’y avait eu qu’une éclosion – une société d’Australie a été critiqué pour avoir vendu de la viande bovine.

Un porte-parole du Food Safety Inspection Service (FSIS) de l’U.S. Department of Agriculture a dit qu’il n’y a aucune preuve que le bœuf australien ait été responsable de la contamination par E. coli. Les autorités australiennes ont été plus précises.

« L’Australie n’a pas de port d’entrée aux Etats-Unis permettant la détection d’une contamination bactérienne – E. coli – dans les près de 500 millions de kg de viande bovine exportée en 2014 et 547 millions de kg de viande bovine exportée jusqu’en décembre 2015 », a dit un porte-parole de l’Australian Department of Agriculture à l’Australian Associated Press.

La réunion du personnel de lundi a pu frustrer les habitués du repas de midi ce lundi, car les restaurants ont retardé l’heure d’ouverture à 15 heures à l’échelle nationale, mais cela a donné aux dirigeants de l’entreprise une occasion de véhiculer beaucoup de tweets et petites phrases.

Chipotle-burrito-300x185Des excuses pour le désagrément pour cette fermeture et l’ouverture en retard avec une offre d’un burrito gratuit, tout cela a donné aux dirigeants de l’entreprise une occasion de recueillir des informations sur leurs clients.

L’offre demandait aux consommateurs d’envoyer un texto pour obtenir un coupon pour un burrito gratuit. En petits caractères, l’offre demandait aux consommateurs de donner l’autorisation à la chaîne de restauration rapide de recueillir des renseignements personnels. Chipotle va utiliser ces informations pour contacter les clients avec des offres promotionnelles pour lui-même et ses « partenaires d’affaires », selon la politique de confidentialité de l’entreprise. Cela peut aussi se retrouver entre les mains d’autres entités.

« Chipotle contacte parfois d’autres entreprises pour une série de raisons, telles que l’exécution de commandes, l’aide à la promotion et la prestation de services techniques pour nos sites Internet », selon la politique de confidentialité.

« Ces entreprises peuvent avoir accès aux renseignements personnels s’ils en ont besoin pour faire leur travail. Cependant, nous allons généralement obliger ces entreprises à utiliser les renseignements personnels uniquement à des fins d’exécution de leur travail ».

A cause d’un numéro de téléphone erroné, l’Associated Press a rapporté qu’un avocat de Washington a été inondé de textos de la part de personnes cherchant les burritos gratuits.

Plus tôt ce mois-ci, Ells et les autres dirigeants de Chipotle ont dit aux investisseurs et analystes qu’ils s’attendaient à ce que l’entreprise revienne à un niveau normal d’ici 2017. La société a vu son action baisser par rapport au sommet à 758 dollars lors de l’été 2015 et une chute à 399 dollars en janvier 2016.

logo-Chipotle-grower-initiativePour encourager les clients à revenir, après avoir vu une chute de 36% des ventes en janvier dernier, Chipotle prévoit de lancer une initiative de 10 millions de dollars auprès de producteurs locaux pour aider les petits fournisseurs à répondre aux exigences de la  sécurité des aliments. La société ne dispose pas encore de détails sur la façon dont cet argent sera alloué.

Soutenir le mouvement de produits cultivés localement est quelque chose que Chipotle a référencé dans ses campagnes publicitaires, mais les responsables de l’entreprise ont révélé ces derniers mois que seulement environ 10% des aliments qu’ils vendaient était local.

Une chose à propos de l’avenir de Chipotle est certaine. La société aura des coûts supplémentaires dans un proche avenir. Les coûts pour les analyses de pathogènes, les coûts pour les congés payés pour maladie, les coûts pour se défendre devant les tribunaux fédéraux et des États.

Les actionnaires ont déposé au moins deux recours auprès de la Cour fédérale en demandant le statut de recours collectif. Les poursuites civiles affirment que Chipotle violé le Securities Exchange Act en faisant des déclarations fausses et/ou trompeuses. Les actionnaires soutiennent que :

  • Le contrôle de la qualité chez Chipotle n’était pas en conformité avec la réglementation de la consommation et de la sécurité au travail applicables;
  • Le contrôle de la qualité chez Chipotle était insuffisante pour protéger le consommateur et la santé des employés ; et
  • à la suite de ce qui précède, les déclarations publiques de Chipotle étaient matériellement fausses et trompeuses à tout moment.

Chipotle est également confronté à de nombreuses poursuites civiles par les victimes des éclosions et leurs familles, dont une plainte déposée par plusieurs élèves du secondaire et un parent qui ont été rendues malades dans l’éclosion à norovirus de Simi Valley. Cette affaire vise un recours collectif et pourrait inclure plus de 1000 membres.

Plus de 100 autres affaires civiles ont été déposées par des victimes individuelles, dont environ 100 victimes qui sont représentées par Marler Clark LLP à Seattle. Bill Marler est éditeur de Food Safety News.

Les éclosions documentées de maladies d’origine alimentaire liées à Chipotle en 2015 étaient les suivants :

  • SeattleE. coli O157:H7, juillet 2015, cinq personnes malades, source inconnue;
  • Simi Valley, Californie – norovirus, août 2015, 234 personnes malades, l’origine était un employé malade.
  • MinnesotaSalmonella Newport, août et septembre 2015, 64 personnes malades, l’origine était des tomates, mais on ne sait pas à quel moment de la chaîne, de la fourche à la fourchette, le pathogène a été introduit ;
  • Neuf Etats – E. coli O26, début en octobre 2015 et éclosion déclarée terminée le 1er février, 55 personnes malades, origine inconnue, les Etats impliqués sont la Californie, Delaware, Illinois, Kentucky, Maryland, Minnesota, New York, Ohio, Oregon, Pennsylvanie et Washington ;
  • Boston – norovirus, décembre 2015, 151 personnes malades, l’origine était un employé malade ; et
  • Trois Etats – E. coli O26, début décembre 2015, éclosion déclarée terminée le 1er février, cinq personnes malades, origine inconnue, les États impliqués sont le Kansas, l’Oklahoma et le Nebraska.

Ronde des rappels, semaine 6 de 2016

12
fév
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Classé dans Contamination, Contamination croisée, Curiosité, Environnement, Hygiène, Rappel, Réglementation, Santé, Sécurité des aliments, Union Européenne.

RASFF-LogoCommencées avec la « Ronde des rappels : semaine 49 » de 2009, les notifications des produits cités ne prétendent pas à l’exhaustivité dans la mesure il n’est pas possible d’avoir accès à toutes les sources permettant d’identifier le retrait/rappel d’un produit. Les informations recueillies ci-après concernent les denrées alimentaires ou les aliments pour animaux de France ou distribués en France. Elles sont issues du portail RASFF (Rapid Alert System for Food and Feed ou Réseau d’alerte rapide pour les denrées alimentaires et les aliments pour animaux). Pour des raisons inconnues, la plupart des informations diffusées ne sont pas relayées par les autorités françaises auprès des consommateurs …

  • Référence RASFF 2016.0155, intoxication alimentaire suspectée à cause de norovirus dans des huîtres réfrigérées de France. Alerte notifiée par la Suède. Pas de distribution dans le pays à l’origine de la notification.
  • Référence RASFF 2016.0153, Salmonella (présence) dans des crevettes décortiquées cuites et surgelées d’Inde. Notification d’attention par la France. Distribution restreinte dans le pays à l’origine de la notification.
  • Référence RASFF 2016.0151, norovirus (GGI et GGIIg) dans des huîtres de France. Notification d’attention par le Danemark. Produit présumé ne plus être sur le marché.
  • Référence RASFF 2016.0138, soja non déclaré dans des meringues au chocolat des Pays-Bas. Alerte notifiée par les Pays-Bas. Distribution Belgique, France, Allemagne, Luxembourg, Pays-Bas, Espagne, Royaume-Uni.
  • Référence RASFF 2016.0135, mercure (1,3 mg/kg) dans de l’espadon (Xiphias gladius) surgelé d’Indonésie. Notification d’attention par la France. Distribution restreinte au pays à l’origine de la notification.
  • Référence RASFF 2016.0134, mercure (1,4 mg/kg) dans des longes d’espadon réfrigéré d’Espagne. Notification d’attention par la France. Produit présumé ne plus être sur le marché.
  • Référence RASFF 2016. 2016.0131, histamine (625 mg/kg) dans des conserves de thon au naturel du Sénégal. Notification d’information par la France. Information sur la distribution en France non encore disponible.

A noter que la Food Standards Agency communique à trois reprises sur des rappels de produits de France. Ces rappels n’ont fait pas, pour l’instant, l’objet d’aucune notification au RASFF, étonnant, non ?

  • Le 8 février 2016. ASDA rappelle son Extra Special Camembert de Pays à cause d’une présence probable de Listeria monocytogenes.
  • Le 8 février 2016. The Co-operative rappelle son Truly Irresistible Camembert à cause d’une présence probable de Listeria monocytogenes.
  • Le 9 février 2016. The Co-operative rappelle tous les produits du Truly Irresistible Camembert à cause d’une présence probable de Listeria monocytogenes.

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La résistance aux antimicrobiens dans l’Union européenne, ça monte, ça monte, …

12
fév
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Classé dans Campylobacter, Contamination, Contamination croisée, Curiosité, E. coli, Environnement, Hygiène, Microbiologie, Réglementation, Salmonella, Santé, Sécurité des aliments, TIAC, Union Européenne, Viande, Volaille.

Antibiotic-pill-300x200« La résistance aux antimicrobiens augmente dans l’Union européenne, avertissent l’EFSA et l’ECDC » dans un communiqué diffusé le 11 février 2016.

Des bactéries chez l’homme, chez l’animal et dans les aliments continuent de manifester une résistance aux antimicrobiens les plus couramment utilisés, indique le dernier rapport sur la résistance aux antimicrobiens dans les bactéries zoonotiques en Europe. Les scientifiques signalent que la résistance à la ciprofloxacine – un antimicrobien extrêmement important pour le traitement d’infections humaines – se révèle très élevée pour Campylobacter, réduisant ainsi les possibilités d’un traitement efficace permettant de soigner des infections d’origine alimentaire graves. Des bactéries de Salmonella multirésistantes à plusieurs médicaments continuent de se propager à travers l’Europe.

Les résultats de ce dernier rapport annuel à l’échelle européenne publié par l’EFSA et le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC) soulignent une nouvelle fois que la résistance aux antimicrobiens constitue un risque grave pour la santé humaine et animale. Ce risque a été identifié par la Commission européenne comme une priorité majeure dans son programme politique en matière de sécurité alimentaire.

Le rapport note également des signes de résistance à l’antimicrobien colistine dans des bactéries de Salmonella et d’E. coli chez les volailles dans l’UE. Mike Catchpole, scientifique en chef à l’ECDC, déclare : « Cette situation est préoccupante parce que cela signifie que ce médicament de dernier recours pourrait bientôt se révéler inefficace pour traiter des infections humaines graves à Salmonella. »

Principaux résultats

Campylobacter La campylobactériose, la maladie causée par la bactérie Campylobacter, est la maladie d’origine alimentaire la plus fréquemment signalée dans l’UE.

Une résistance à des antimicrobiens largement utilisés, tels que la ciprofloxacine, a été communément détectée dans des bactéries de Campylobacter chez l’homme et dans les volailles. Une résistance élevée à très élevée à la ciprofloxacine a été observée chez les poulets de chair (69,8%), ainsi que dans des bactéries issues de l’homme (60,2%). Une résistance élevée à très élevée à l’acide nalidixique et aux tétracyclines a été signalée dans les poulets de chair.

Salmonella la salmonellose est la seconde maladie d’origine alimentaire la plus fréquemment signalée.

Une résistance à des antimicrobiens largement utilisés a été communément détectée dans des bactéries de Salmonella chez l’homme (tetracyclines 30 %, sulphonamides 28.2%, ampicilline 28.2%) et dans les volailles.

La prévalence d’une multirésistance (résistance à plusieurs médicaments) se révèle élevée dans des bactéries humaines (2%), et particulièrement élevée dans la viande de poulet et de dinde (24,8% et 30,5% respectivement). Certains types de bactéries de Salmonella, à savoir Salmonella Kentucky et Salmonella Infantis, sont particulièrement préoccupantes car elles manifestent un niveau élevé de résistance à la ciprofloxacine ainsi qu’une multirésistance élevée à plusieurs médicaments.

La présence de bêta-lactamases à spectre élargi (BLSE) a été observée à de faibles niveaux dans des bactéries de Salmonella issues de volailles. Toutefois, un clone de Salmonella Infantis multirésistant et producteur de BLSE a été signalé chez l’homme et dans les volailles. On n’a pas détecté de bactéries de Salmonella productrices de carbapénèmases dans la volaille ou dans la viande de volaille.

NB : Selon l’Anses du 2 novembre 2015, Antibiotiques à usage vétérinaire : une exposition des animaux difficile à évaluer pour 2014, des taux de résistance qui continuent de diminuer.

 

E. coli, Salmonella et norovirus – Oh mon Dieu !

10
fév
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Classé dans Contamination, Contamination croisée, Curiosité, E. coli, Environnement, Hygiène, Microbiologie, Salmonella, Santé, Sécurité des aliments, TIAC, Virus.

Chipotle fait l’objet aux Etats-Unis d’une couverture de presse très impressionnante, il faut dire qu’il y a de quoi, voici donc un nouvel article, non pas sur Chipotle, mais sur les pathogènes qui ont fortement ébranlés sa réputation.

« E. coli, Salmonella et norovirus – Oh mon Dieu ! », article paru dans mBiosphere.

6a0133ec8b9631970b01b8d19bd360970c-300wiLe lundi 8 février 2016, les restaurants Chipotle à travers le pays seront fermées afin que les employés discutent de la sécurité des aliments et de la manipulation sûre des aliments. Le restaurant a été présent dans les informations tout au long de la dernière moitié de 2015, avec une éclosion à E. coli à Seattle (qui a été gardée secrète !), suivie d’une autre éclosion à E. coli impliquant neuf Etats, et une éclosion à Salmonella centrée dans le Minnesota. Mais un plus grand nombre de clients de Chipotle ont été rendus malades par deux éclosions à norovirus, en Californie et à Boston, Massachusetts. De toute évidence, un atelier d’informations sur les meilleures pratiques semble le moins que puisse faire le restaurant pour mettre de l’ordre dans ses problèmes.

Tous ces trois microbes provoquent des symptômes similaires – les troubles gastro-intestinaux étant les plus importants – et ce serait difficile pour quiconque qui connaisse ces maladies de les différencier. Cependant, le mécanisme par lequel la maladie est conditionnée diffère entre les trois types microbiens. La souche de E. coli impliquée dans les foyers de cas chez Chipotle, O26, produit des shigatoxines, qui est une toxine A-B composée d’une sous-unité B qui facilite l’internalisation via le récepteur Gb3 et une sous-unité A qui bloque la synthèse des protéines. Salmonella enterica (dans les cas de chez Chipotle est le sérotype Newport) a non seulement un certain nombre de facteurs de virulence, mais comporte un certain nombre de gènes de résistance aux antibiotiques, et est si souvent isolé d’animaux qu’un article paru dans le Journal of Clinical Microbiology en 2003 a mis en garde contre la transmission dans la chaîne alimentaire. Ces deux bactéries gram-négatif ont été bien étudiées depuis des décennies, leurs multiples facteurs de virulence bien caractérisés – et, surtout, il y a des antibiotiques qui peuvent traiter les infections causées par ces bactéries. Toutefois, la façon norovirus rend malade son hôte n’est toujours pas bien compris, et ce manque de connaissances a laissé les médecins sans traitement pour les personnes souffrant de norovirus.

6a0133ec8b9631970b01b8d19bd148970c-300wiUn récent article publié dans le Journal of Virology fait état de quelques progrès vers la compréhension de la pathogénicité de norovirus. La recherche, menée dans le laboratoire du Dr Stephanie Karst par le premier auteur, Shu Zhu, a examiné le rôle de la protéine VP1 de capside virale dans la virulence. Les chercheurs ont émis l’hypothèse que des substitutions d’acides aminés dans cette protéine pourraient avoir une incidence sur la virulence. La protéine VP1 a trois grands domaines : un domaine S, qui est le domaine le plus conservé qui constitue l’enveloppe du virion; le domaine (protruding) P1 ; et, le domaine hypervariable P2 exposé en surface (voir le virion assemblé, à gauche).

6a0133ec8b9631970b01b8d19bd158970c-300wiPour rechercher les mutations affectant la maladie, les chercheurs ont mis en place un modèle de souris infectées de manière persistante par infectées des souris avec une souche de norovirus atténuée précédemment identifiée chez la souris. Ils ont prédit que cela conduirait à des mutations qui ont augmenté la virulence (une hypothèse raisonnable, étant donné que des souches microbiennes font des passages en série afin d’augmenter leur virulence dans ce modèle animal). Après des passages, les chercheurs ont séquencé le gène VP1 de norovirus pour identifier des mutations (voir figure, à droite).

6a0133ec8b9631970b01bb08b679e7970d-300wiLa souche atténuée avait été choisie en fonction de son inclusion de l’acide glutamique en position 296, qui avait été changé d’une lysine. Pour tester les effets de cette mutation unique, les chercheurs ont comparé l’effet de l’acide glutamique par rapport à une lysine en position 296 (voir la carte de la protéine VP1, à gauche). Le seul changement d’une lysine a été suffisant pour augmenter la virulence d’une souche atténuée du virus. La plupart des isolats naturels de norovirus de souris ont un acide glutamique en cette position, ce qui suggère que les symptômes de la maladie pourrait empirer si une souche mutée E296K devait circuler largement.

6a0133ec8b9631970b01b7c811b2b9970b-300wiL’équipe de recherche a trouvé huit mutations supplémentaires chez des souris infectées de manière persistante, dont trois étaient dans le domaine S, mais n’avaient que peu d’effet sur la réplication virale. Les cinq changements d’acides aminés dans les domaines P (un dans P1 et quatre dans P2) ont tous changé la cinétique de la réplication du virus modifié la fois in vitro et in vivo. Fait intéressant, il n’y avait pas de changement dans la réplication du virus dans les macrophages, qui sont demeurés élevés dans tous les cas, mais il y avait une diminution de la réplication dans les cellules B, un tropisme cellulaire important pour les norovirus humain. Ces résultats démontrent que le domaine P régule la réplication dans les cellules B mais pas dans les macrophages.

Norovirus est un virus extrêmement contagieux, avec une dose infectieuse dont on pense qu’elle est aussi basse que 20 particules virales. Il dispose d’un simple brin d’ARN, entouré de sa protéine de capside VP1. La capacité du domaine variable exposé de la capside pour réguler la réplication peut être due à l’interaction de ce domaine avec son récepteur cible – ou bien elle peut être due à une fonction qui reste à être décrite. En identifiant les régions importantes pour la virulence, cette équipe de recherche a contribué à des objectifs antiviraux potentiels pour ce pathogène très courant et extrêmement désagréable. De futures études ciblant plus finement sur le mécanisme de régulation de la virulence de VP1 vont ajouter à notre compréhension de la pathogenèse de norovirus – et peut-être révéler un moyen de traiter ces malheureux qui ont mangé dans un mauvais Chipotle Mexican Grill.