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Articles de la catégorie 'Environnement'

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Contrôles sanitaires des restaurants : Les limites de la transparence

7
juil
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Classé dans Curiosité, Environnement, Hygiène, Règlementation, Santé, Sécurité des aliments.

larry_the_cable_guy_health_inspector2Le journal Le Parisien.fr du 7 juillet 2015 nous dit « Avant d’aller au restaurant, vérifiez son niveau d’hygiène sur Internet ».

On aura compris, il s’agit de la nouvelle démarche mise en œuvre par les services officiels pour les restaurants de Paris et d’Avignon, à titre expérimental, au nom d’une certaine idée de la transparence des contrôles sanitaires des restaurants.

Le journal rapporte que « Cette démarche répond à une demande générale de la société pour plus de transparence », estime Stéphanie Flauto, sous-directrice de la sécurité sanitaire des aliments à la Direction générale de l’alimentation (DGAL). D’après une étude réalisée par ce service dépendant du ministère de l’Agriculture, l’hygiène serait d’ailleurs le premier critère de choix des consommateurs lorsqu’ils vont au restaurant, devant la qualité des plats. »

On n’en saura pas plus sur cette étude car tout n’est pas si transparent que ça dans ce ministère.

« Après cette phase d’expérimentation dans ces deux villes, la publication des résultats des contrôles sanitaires devrait se généraliser à tout le territoire et à toute la chaîne alimentaire l’an prochain. La France emboîte ainsi le pas de plusieurs nations européennes comme le Royaume-Uni, le Danemark et les Pays-Bas qui mènent déjà une politique de transparence sur ce sujet. Stéphanie Flauto est optimiste : « Dans ces pays, cela a abouti à une augmentation du niveau général de l’hygiène et a contribué à restauré la confiance des consommateurs. »

Nous verrons bien si dans les faits l’expérimentation va se produire dans toute la France, mais malheureusement, la France n’emboite pas le pas de plusieurs nations européennes, car cette expérimentation ne concerne que la restauration commerciale et non pas comme au Royaume-Uni et en Belgique l’ensemble des opérateurs qui vendent des denrées alimentaires au consommateur final. De plus les établissements peuvent afficher, et ils le font le plus souvent, démarche volontaire oblige, au Royaume-Uni. Au Danemark, ils ont l’obligation d’afficher les résultats d’inspection.

En Belgique, on en est aussi au stade de l’expérimentation comme le rapporte l’association belge des consommateurs, Test-Achats, « Les résultats de l’inspection alimentaire enfin online : bien mais peut mieux faire ».

D’abord un constat en Belgique, le rapport 2014 de l’AFSCA « révèle que la sécurité alimentaire est toujours négligée dans l’horeca : près de 45% des établissements inspectés ont reçu un avertissement ou ont fait l’objet d’un procès-verbal. » Concernant la France, ce chiffre n’est pas connu, à ma connaissance, mais je veux bien lire …

Cela étant, Test-Achats émet des propositions qui pourraient aussi avoir un écho en France, à vous de voir …

La publication en ligne des « rapports d’inspection proprement dits a retenu mon attention car l’accès à l’information n’est-elle pas une obligation légale ou bien est-ce une transparence qui connaît déjà des limites ?

Eurockéennes de Belfort et Intoxication alimentaire ?

6
juil
2 commentaires
Classé dans Contamination, Contamination croisée, Curiosité, Environnement, Hygiène, Microbiologie, Santé, Sécurité des aliments, Viande.

Pour L’Est républicain du 5 juillet 2015, il s’agit d’intoxications dans un fast-food aux eurockéennes.

« Contrairement aux festivaliers des Eurockéennes, les burgers n’apprécient pas la chaleur… Plusieurs personnes auraient en effet été victimes d’intoxications alimentaires après avoir dégusté des produits concoctés dans un fast-food du site, hier, sur la presqu’île du Malsaucy à Belfort. Les victimes se sont plaintes de maux de ventre et ont été examinées par les secours mis en place sur le festival. Rupture de la chaîne du froid ou produits de mauvaise qualité, une équipe sanitaire a ouvert une enquête. »

Burger-Article-201411031021-300x180Pour ce site, « On a le droit à une « Suspicion d’intoxication alimentaire aux Eurocks de Belfort ». C’est devenu un classique …

Un médecin s’est rendu dans la matinée sur le site du camping des Eurockéennes ce samedi pour examiner plusieurs sujets victimes, malades. La cause commune proviendrait du stand Burger Quick situé face au bar à eau entre la Green Room et la Plage. Évanouissements, douleurs au ventre, les malades avaient visiblement tous mangé dans la même tranche horaire, le même type d’aliments et au même endroit. Une équipe sanitaire va enquêter sur le stand pour déterminer si les causes des symptômes sont bien d’origines alimentaires.

Enfin, France 3 Franche-Comté rapporte qu’« A l’heure du bilan, le festival déplore une légère intoxication alimentaire sur un stand de vente de hamburgers. »

Pas d’informations sur le site des Eurockéennes et pas plus sur le site de l’ARS Franche-Comté. A suivre …

L’actualité de Campylobacter en France

6
juil
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Classé dans Campylobacter, Contamination, Contamination croisée, Curiosité, Environnement, Hygiène, Microbiologie, Règlementation, Santé, Sécurité des aliments, TIAC, Union Européenne, Volaille.

campylobacter_jejuniDans le rapport, La politique de sécurité sanitaire des aliments, paru le 9 décembre 2014 sur le site du ministère de l’agriculture, on pouvait lire que « la prévalence de certaines pathologies, comme celles causées par Campylobacter (plus de 824 000 personnes infectées par an dans les estimations récentes de l’InVS) a longtemps été sous-estimée et demeure mal recensée. »

Puis, « Après correction pour prendre en compte l’absence de consultation auprès d’un médecin et de réalisation de coproculture, il estime l’incidence à 824 000 cas annuels en population générale, soit un rapport de 1 à 150 (incidence comparable à d’autres pays en Europe). »

Selon l’InVS, on aurait en France entre 800 000 à 2 millions d’infections à Campylobacter par an en France, source Surveillance des infections à Campylobacter en France : bilan de la surveillance du réseau de laboratoires de ville et hospitaliers, 2004-2005.

campylobacterLes données épidémiologiques des infections à Campylobacter en France pour 2014 (Source InVS) sont en train de préparer les esprits face au nombre de cas sporadiques d’infections à Campylobacter :

« Le nombre de laboratoires transmettant des données directes en ligne a augmenté en 2014 (10 laboratoires contre 4 laboratoires en 2013) et le nombre de cas saisi en ligne a pratiquement doublé en 2014 par rapport à 2013. Néanmoins le nombre de souches reçues au CNR a également augmenté par rapport à 2013. Les méthodes de recherche n’ont pas changé significativement durant cette période mais les laboratoires sont dans une phase active de regroupement qui modifie leur périmètre. Ce regroupement et la mise en place de la saisie en ligne peuvent avoir un impact sur le nombre de cas rapportés dans les années à venir. »

Effectivement cela devrait avoir un impact …

Pourtant dans ce contexte, que l’on peut encore lire que dans la « Fiche microbiologique : Campylobacter jejuni et Campylobacter coli » du centre d’information sur les viandes, ceci :

« Les campylobacters (C. jejuni et C. coli) sont des agents pathogènes relativement mineurs en France alors que ces bactéries sont responsables de presque 50 % des foyers de toxi-infections alimentaires collectives (TIAC) aux Etats Unis et dans les pays anglo-saxons. Cette différence pourrait être liée aux habitudes alimentaires dans les pays anglo-saxons telle que la consommation de grosses pièces de dinde difficiles à cuire de façon homogène, mais aussi à des différences dans les procédures de recherche mises en place en cas de TIAC. »

C’est bien connu l’enfer est toujours chez les autres …

-On pourra lire la Fiche de description de danger biologique transmissible par les aliments : « Campylobacter jejuni, Campylobacter coli » -de mai 2011 de l’Anses, mais une mise à jour sur le taux annuel d’incidence serait utile …

Maîtrise des STEC : De la propreté des bovins à l’abattoir (une suite)

6
juil
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Classé dans Contamination, Contamination croisée, Curiosité, E. coli, Environnement, Hygiène, Règlementation, Santé, Sécurité des aliments, Union Européenne, Viande.

Après Les animaux propres ont moins de E. coli, De la propreté des bovins à l’abattoir et De la relation entre la propreté des bovins et la propreté des carcasses en Norvège, articles écrit en 2012, voici que L’actu 2015-27 du 2 juillet du SNIV SNCP, les entreprises françaises des viandes, rapporte qu’« Aucun gros bovin très sales noté « D » ne sera abattu en l’état en France à compter du 1er avril 2016. » (Poisson d’avril ?)

UnknownLa DGAL vient de publier une nouvelle instruction pour ses services sur la manière d’inspecter les gros bovins sales à l’abattoir (référence DGAL/SDSSA/2015-520*).

Cela concerne « l’introduction de bovins à l’abattoir dont l’état de propreté est considéré comme constituant un risque de contamination des viandes. »

Cette mesure sera appliquée en deux temps :

  • pendant une première période transitoire, la surveillance des précautions prises par les abatteurs lors de l’abattage d’un animal « très sale » est renforcée. En parallèle, apporteurs et éleveurs sont informés plus activement du constat, et sont invités à ne plus présenter un animal dans cet état à l’abattage ;
  • dans une seconde période, à compter d’avril 2016, l’abattage d’un gros bovin dans cet état ne sera plus possible « conformément à la règlementation UE ». Soit l’animal devra être nettoyé au préalable de manière à ne pas introduire de risque dans la chaine alimentaire, soit une saisie sur pied sera effectuée de ce dernier.

L’objectif de cette note n’est pas de saisir les quelques 600 animaux annuellement classés dans cette catégorie de propreté, mais de créer une dynamique pour que ces animaux n’arrivent plus dans les abattoirs français ; ceci, afin de relever le niveau général de propreté des gros bovins abattus en France.

Cette note s’inscrit dans la mouvance européenne d’amélioration de la qualité hygiénique des viandes**.

Suite à des constats d’hétérogénéité des pratiques entre les différents états membres, les autorités de ces derniers échangent en ce moment leurs bonnes pratiques dans le but d’améliorer les contrôles du respect de l’abattage d’animaux propres. En France, la DGAL et les organisations professionnelles poursuivront dès cet automne leurs travaux en commun visant l’amélioration du dispositif français. Au SNIV-SNCP, le référentiel de maitrise des E. coli pathogènes et le système d’audit qui y est associé contribuent à la bonne maitrise hygiénique visée et à son amélioration depuis plusieurs années.

Cela étant la note explique que « La gestion des bovins sales à l’abattoir a été identifiée comme non maîtrisée par l’audit du Conseil général de l’alimentation, de l’agriculture et des espaces ruraux relatif aux contrôles officiels menés par les agents des DDPP et DDCSPP sur les processus mis en place par les exploitants d’abattoir de bovins pour prévenir le risque E. coli STEC. Les conclusions de cet audit font état d’une « gestion minimaliste des bovins sales » et « les auditeurs considèrent inapproprié le rôle dévolu aux services vétérinaires d’inspection dans ce dispositif contractuel interprofessionnel ».

* Cette note m’a été aimablement adressée par un internaute car elle n’est pas accessible publiquement sur le site du ministère de l’agriculture.

** annexe I, partie A, point II.4 c), du règlement (CE) n°852/2004, annexe III, section I, chapitre IV, point 4, du règlement (CE) n°853/2004 et annexe I, section II, chapitre III, point 3, du règlement (CE) n°854/2004.

La notation par lettre de l’hygiène des restaurants de la ville de New-York fête son cinquième anniversaire

2
juil
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Classé dans Contamination, Contamination croisée, Curiosité, Environnement, Hygiène, Règlementation, Santé, Sécurité des aliments, TIAC.

P1020609Alors que va commencer en France (ouf !) l’Expérimentation de la mise en transparence des résultats des contrôles officiels en restauration commerciale à Paris et à Avignon, on apprend que « La notation par lettre des restaurants fête son cinquième anniversaire », communiqué du New York City Department of Health du 29 juin 2015.

  • Les restaurants fonctionnent mieux avec l’inspection et sont plus propres que jamais.
  • Près de 60% des restaurants obtiennent désormais un A lors de leur inspection initiale.
  • La notation par lettre a considérablement diminué les risques de santé publique associés aux dîners à l’extérieur ; il y a eu une baisse de 23% des non-conformités à partir du pic de 2012.
  • 91% des New-Yorkais approuvent la notation des restaurants, 88% utilisent la notation dans leur décision d’aller au restaurant et 76% se sentent plus confiants d’aller manger dans un restaurant avec la lettre A.

Faits saillants des cinq dernières années

  • Plus que jamais auparavant, les restaurants obtiennent la lettre A dès le début de leur cycle d’inspection, ce qui signifie qu’ils ne paient pas d’amendes et qu’ils ne sont inspectés qu’une fois par an.
  • 5% des restaurants ont désormais un A lors de leur inspection initiale, soit une augmentation de 37% lors de la première année de la notation par lettre.
  • Les restaurants atteigne la note A lors d’une nouvelle inspection à un taux plus élevé que jamais.
  • Cinquante-huit pour cent des ceux qui ont la lettre B lors de leu inspection initiale ont désormais eu un A lors d’une nouvelle inspection, une amélioration de 38% lors de la première année de notation par lettre.
  • Les restaurants, qui ont une note C lors de leur inspection initiale, se sont améliorés lors d’une nouvelle inspection, avec 45% qui ensuite obtiennent un A. Lors de la première année de la notation par lettre, seuls 28% ont eu cette même amélioration.

NB : Rappelons que l’InVS dans les données sur les toxi-infections alimentaires collectives en France en 2013 rapportait,

« Le nombre et la part des TIAC déclarées en restauration commerciale continue à augmenter depuis 2002. Cette augmentation est observée dans un contexte de diminution de contrôle des établissements en raison des baisses d’effectifs dédiés aux contrôles. Bien que les causes ne soient pas totalement déterminées, l’augmentation du nombre de TIAC liées à la restauration commerciale constitue un signal qui mérite attention. »

Cette expérimentation fera-t-elle baisser les chiffres des TIAC liées à la restauration commerciale et collective, rien n’est moins sûr, car la restauration commerciale est le seul type de restauration concernée par cette expérimentation de la transparence …

Doug Powell du barfblog rapporte que le système de notation des restaurants pour l’hygiène des aliments a 15 ans à Tronto et 5 ans à New-York !