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Articles de la catégorie 'Hygiène'

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Curieux audit de l’OAV au Myanmar afin d’évaluer le système de contrôle mis en place pour maîtriser la contamination microbiologique des graines pour la consommation humaine

26
sept
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Classé dans Audit, Contamination, Contamination croisée, Curiosité, Environnement, Hygiène, Réglementation, Santé, Sécurité des aliments, Union Européenne.

Le rapport final de l’audit réalisé au Myanmar (Birmanie) du 24 février au 6 mars 2014 par l’Office alimentaire et vétérinaire de la Commission européenne avait pour but d’évaluer le système de contrôle mis en place pour maîtriser la contamination microbiologique des graines pour la consommation humaine destinés à l’exportation vers l’Union européenne.

kevin_allen_sprout4Extraits du résumé du rapport d’audit.

Myanmar a été choisi pour être audité dans le cadre du programme d’audit 2014 de l’OAV en raison d’un certain nombre d’éclosions dans l’UE liée à la consommation de graines germées et le volume des importations en provenance du Myanmar.

Les contrôles officiels de sécurité des aliments au stade de la production primaire, la collecte et le traitement des graines destinées à la consommation humaine (en particulier, les graines destinées à la germination) n’ont pas lieu. Cela a été reconnu par les autorités compétentes du Myanmar.

Les autorités compétentes du Myanmar sont au courant des exigences de la législation de l’UE sur les germes et les graines destinées à la germination. Il n’y a aucun contrôle officiel effectué tout pour attester la mise en œuvre des règles d’hygiène générale telles que cela est prévu à l’annexe I du règlement 852/2004. Cependant, dans les régions visitées, les exigences mentionnées ci-dessus ont été réalisées par des producteurs primaires. Les pratiques d’hygiène dans les installations de traitement et de collecte visitées par l’équipe d’audit de l’OAV ont été en phase globalement avec les exigences de l’UE.

Le système de contrôles officiels de la sécurité aliments actuellement en place ne peut pas garantir que les graines destinées à la consommation humaine (en particulier, les graines destinées à la germination) ont été produites dans des conditions qui répondent aux dispositions générales d’hygiène pour la production primaire et les opérations connexes comme cela est établi dans la partie A de l’annexe I du règlement (CE) n°852/2004 et donc l’autorité compétente n’est pas en mesure de certifier la conformité à ces exigences conformément à l’article 3 du règlement (UE) 211/2013.

Le rapport contient des recommandations au Myanmar pour remédier aux insuffisances constatées.

Commentaires : J’ai interrogé la base de données du RASFF et il n’y a jamais eu de notifications ayant pour origine le Myanmar au sujet de graines ou de graines destinées à la germination. Cela étant, plus de 12 400 tonnes de graines (haricots mungo et de légumineuses séchées) ont été importées par l’UE en 2013 du Myanmar. Bien curieux, cet audit …

A propos de la listériose en France

26
sept
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Classé dans Contamination, Contamination croisée, Curiosité, Environnement, Hygiène, Listeria, Réglementation, Santé, Sécurité des aliments, TIAC.

Avec la parution de cet article dans Eurosurveillance (résumé ci-après) sur « Listériose liée à la grossesse en France de 1984 à 2011 avec un accent sur 606 cas de 1999 à 2011 », j’ai élargi en fin d’article avec des données et informations que l’on peut aisément retrouvées sur le site de l’InVS sur les cas de listérioses déclarés en France ; ce que peut l’on peut en dire, c’est que les recommandations sont plus que jamais d’actualité et que le nombre de cas semble hélas augmenter …

Résumé.

Cette étude décrit la tendance de l’incidence de la listériose liée à la grossesse en France entre 1984 et 2011 et présente les principales caractéristiques des 606 cas signalés entre 1999 et 2011 à l’Institut français de Veille Sanitaire à travers le système de notification obligatoire. L’incidence de la listériose liée à la grossesse a diminué d’un facteur de 12 de 1984 à 2011. Cette réduction est le résultat de la mise en œuvre progressive des mesures de maîtrise spécifiques vis-à-vis de Listeria monocytogenes en production alimentaire. Une faible incidence de la listériose liée à la grossesse a été observée dans les régions avec une prévalence plus faible de la toxoplasmose. Étant donné que les recommandations alimentaires pendant la grossesse ciblent à la fois la prévention de la toxoplasmose et de la listériose, on peut supposer que ces recommandations ont été délivrées et suivies plus souvent dans ces régions. Les cas signalés entre 1999 et 2011 (n = 606) ont été classés comme des infections maternelles avec poursuite de la grossesse (n = 89, 15%), pertes fœtales (n = 166, 27%), ou listériose néonatale avec un nouveau-né né vivant (n = 351, 58%). La majorité des cas de listériose néonatale avec un nouveau-né né vivant (n = 216, 64%) étaient des naissances prématurées (22-36 semaines de gestation), dont 14% (n = 30) étaient d’une extrême prématurité (22-27 semaines de gestation). 80% des mères ont déclaré avoir consommé des aliments à haut risque pendant la grossesse. Une meilleure prise de conscience des recommandations alimentaires pour les femmes enceintes est donc nécessaire.

Girard D, Leclercq A, Laurent E, Lecuit M, de Valk H, Goulet V. Pregnancy-related listeriosis in France, 1984 to 2011, with a focus on 606 cases from 1999 to 2011. Euro Surveill. 2014;19(38):pii=20909.

D’une façon, plus générale, dans les données épidémiologiques fournies par l’InVS, on trouvera le « Nombre de cas de listérioses déclarés par an en France de 1999 à 2013 (graphique) ». (voir image ci-dessous).

Nombre-de-cas-de-listerioses-declares-par-an-en-France-de-1999-a-2013-graphique

On trouvera aussi dans l’aide-mémoire sur la listériose de l’InVS des informations détaillées sur la « Prévention : information des personnes à risque »

Listeria monocytogenes étant une bactérie fréquemment isolée de l’environnement et des aliments et la listériose touchant préférentiellement les sujets âgés, les femmes enceintes, les nouveau-nés et les personnes immunodéprimées, la prévention de la listériose consiste, pour ces sujets à risque, à éviter de consommer les aliments les plus fréquemment contaminés et à respecter certaines règles d’hygiène lors de la manipulation et la préparation des aliments.

1- Eviter la consommation des aliments à risque

  • Eviter de consommer des fromages au lait cru ; préférez la consommation de fromages au lait pasteurisé
  • Eviter de consommer des poissons fumés, des coquillages crus, du tarama
  • Eviter les produits de charcuterie tels que les rillettes, pâtés, foie gras, produits en gelée, etc.
  • Pour les produits de charcuterie type jambon, préférer les produits préemballés qui présentent moins de risque d’être contaminés
  • Eviter de consommer crues des graines germées telles que des graines de soja

2- Respecter certaines règles d’hygiène lors de la manipulation et la préparation des aliments

  • Nettoyer immédiatement son réfrigérateur en cas de souillures à partir de légumes, de fromages ou de jus de viande crue. En l’absence d’évènement de ce type, prendre l’habitude de nettoyer fréquemment son réfrigérateur et le désinfecter ensuite avec de l’eau javellisée
  • S’assurer que la température du réfrigérateur est suffisamment basse (4°C)
  • Conserver les aliments crus séparément des aliments cuits ou prêts à être consommés
  • Bien rincer à l’eau du robinet les fruits, les légumes et les herbes aromatiques
  • Se laver les mains après la manipulation d’aliments non cuits
  • Nettoyer les plans de travail après avoir manipulé des aliments crus, et bien nettoyer les ustensiles de cuisine ayant été en contact avec ces aliments
  • Cuire les aliments crus d’origine animale (viande, poissons, charcuteries crues telles que les lardons, etc.)
  • Les steaks hachés, qui sont des aliments reconstitués pouvant être contaminés en leur centre, doivent être cuits à cœur.
  • Enlever la croûte des fromages
  • Réchauffer soigneusement les restes alimentaires et les plats cuisinés avant consommation immédiate
  • Respecter les dates limites de consommation

3- Que faire en cas de consommation d’un aliment dans lequel Listeria monocytogenes a été retrouvé ?

Nouveau scandale d’huile frelatée à Taiwan, le management par les excuses ne suffit plus !

25
sept
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Classé dans Contamination, Contamination croisée, Curiosité, Environnement, Hygiène, Non classé, Rappel, Réglementation, Santé, Sécurité des aliments.

U11450P31DT20140907225417Selon Taiwan Info du 10 septembre 2014, « Scandale des huiles frelatées : l’Etat apporte une réponse coordonnée ».

Ouais, faut voir car il s’agit quand d’un nouvel épisode de ce scandale à rebondissement sur les huiles, voir l’article du 23 novembre 2013, « Scandale alimentaire à l’huile frelatée à Taïwan ou le management par des excuses »

Après la découverte, au début du mois, des pratiques illicites d’un fabricant d’huiles alimentaires, les différentes administrations ont redoublé d’efforts pour garantir la sécurité sanitaire des aliments produits à Taiwan, a assuré hier le vice-Premier ministre, Mao Chih-kuo [毛治國].

Produire et commercialiser des huiles auxquelles ont été ajoutées des huiles de cuisson usagées est une violation flagrante des lois sanitaires, a déclaré Mao Chih-kuo, avant d’ajouter que les contrevenants seront poursuivis avec la plus grande sévérité. « Le ministère de la Santé et des Affaires sociales va consulter des experts et des universitaires et réexaminer la réglementation en vigueur sur les inspections sanitaires des produits oléagineux, de manière à assurer qu’un tel cas ne puisse se reproduire », a-t-il en outre annoncé.

Le 1er septembre dernier, la presse révélait que des huiles entrant dans la composition de nombreuses denrées avaient été frelatées. Chang Guann, l’entreprise qui s’était porté acquéreur de ces huiles, pour ensuite les commercialiser à des industriels, avait pourtant obtenu la certification de ses bonnes pratiques de production.

Le 5 septembre, une cellule de crise dirigée par Mao Chih-kuo était créée pour coordonner la gestion de ce scandale alimentaire et de ses répercussions, ainsi que pour informer le public. Selon le ministère de la Santé et des Affaires sociales, les prélèvements réalisés dans 235 entreprises locales s’étant fournies auprès de Chang Guann ont montré que 213 produits contenaient de l’huile frelatée. Ces entreprises ont reçu pour consigne de rappeler leurs produits, les services sanitaires étant aussi en charge de leur destruction. Des sanctions administratives et des poursuites judiciaires ont également été engagées contre les responsables présumés de ce scandale alimentaire.

20140917073053598Selon La Libre.be, citant l’AFP du 13 septembre 2014, « Le patron d’une compagnie taïwanaise au centre d’un vaste scandale sanitaire qui a déclenché des rappels en série de produits alimentaires a été arrêté pour avoir vendu des centaines de tonnes d’huile frelatée, ont annoncé samedi les autorités taïwanaises.

Soupçonné de fraude, Yeh Wen-hsiang, président de Chang Guann Co, a été placé en détention tôt samedi pour empêcher sa fuite, qu’il rencontre d’autres suspects ou détruise des preuves.

D’après les enquêteurs, de février à août, Chang Guann Co a acheté à une usine opérant sans licence 243 tonnes d’huiles usagées, provenant de friteuses et même de collecteurs de graisse puis les a mélangées à de l’huile de saindoux.

L’huile ainsi obtenue a été revendue à un millier de restaurants, boulangeries et fabriques alimentaires de Taïwan. Au total 782 tonnes de ce mélange frelaté ont été produites.

Des centaines de tonnes de gâteaux de lune, traditionnellement consommés à cette époque de l’année, du pain, des nouilles instantanées, des petits pains à la vapeur et des raviolis chinois ont été retirés des étals après la découverte du scandale sanitaire la semaine dernière.

Chang Guann Co, leader taïwanais de la production d’huiles alimentaires, s’était excusé auprès des consommateurs, déclarant ignorer la provenance des matières grasses en cause.

Le propriétaire de l’usine sans licence, Kuo Lieh-chen, a été placé en détention provisoire dans le cadre de cette affaire au cours du week-end dernier.

On lira aussi le Courrier International du 17 septembre 2014, « Un réseau d’huile frelatée démantelé à Taïwan ? De l’huile alimentaire frelatée a été massivement produite et vendue par une entreprise taïwanaise. Plus de mille entreprises seraient impliquées, notamment à Taïwan et à Hong Kong. »

A propos des contrôles et des inspections en France

24
sept
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Classé dans Curiosité, Hygiène, Réglementation, Santé, Sécurité des aliments.

larry_the_cable_guy_health_inspector(2)Voilà pour le discours officiel du 8 octobre 2010 du ministère de l’agriculture, sur les contrôles et les inspections, « Des contrôles de qualité pour une alimentation sécurisée ! »

Le ministère de l’alimentation réalise quotidiennement des contrôles sur l’ensemble de la chaîne alimentaire, afin de garantir la sécurité des denrées mises sur le marché. Depuis le 1er mars dernier, les services d’inspection du ministère sont accrédités, ce qui atteste la qualité de ces contrôles.

Tout au long de l’année, les agents de la direction générale de l’alimentation en poste dans les directions régionales de l’alimentation, de l’agriculture et de la forêt, et dans les directions départementales interministérielles en charge de la protection des populations veillent à la sécurité de votre alimentation, par des contrôles effectués sur l’ensemble de la chaîne alimentaire, chez les producteurs, les transformateurs et les distributeurs.

Les contrôles allient prévention et répression, et peuvent donner lieu à différentes mesures, du simple rappel à la réglementation sanitaire à la fermeture d’établissements lorsqu’un danger immédiat pour la santé publique est observé, en passant par la saisie des denrées incriminées.

L’accréditation : un gage de confiance pour les consommateurs. Tout comme les professionnels qui sont tenus de mettre en place des démarches de garantie de la qualité sanitaire, et notamment l’analyse de risques et la maîtrise des points critiques (HACPP),, les services d’inspection du ministère (l’administration centrale et les 126 sites d’inspection sanitaire vétérinaire et phytosanitaire répartis dans les directions régionales et départementales) ont mis en place une démarche qualité depuis plusieurs années : ils sont accrédités, depuis le 1er mars dernier, par le Comité français d’accréditation (COFRAC).

Discours officiel disais-je, car nous n’en sommes plus là … mais pourtant le document cité ci-dessus est toujours présent sur le site du ministère de l’agriculture

En effet, car selon l’excellent site d’informations du syndicat National des Inspecteurs en Santé Publique Vétérinaire (SNISPV) nous informe que « Le 17 juin 2014, le directeur général de l’alimentation (DGAl) a annoncé la fin de l’accréditation. »

Il justifie cette décision notamment par la lourdeur de la démarche et son caractère consommateur de ressources. Sous cet angle, nous pouvons nous réjouir d’une décision cohérente avec le discours tenu et qui laisse espérer d’autres simplifications (GAO, dialogues de gestion, systèmes d’information …). Nous sommes également en droit d’exiger que la nouvelle démarche de ‘management par processus’ ne présente pas les mêmes excès !

Mais c’est surtout l’occasion de nous retourner sur les apports et les limites de l’accréditation. Certes la démarche a indéniablement permis une professionnalisation et une modernisation sans précédent de l’activité d’inspection. Mais en concentrant autant d’énergie sur le référentiel ISO 17020 relatif aux organismes d’inspection, elle a pu faire perdre de vu que la politique de santé publique vétérinaire ne saurait être réduite à une entreprise de production de rapports d’inspection.

L’article indique malicieusement que « C’est donc une excellente occasion de vous transmettre, avec l’accord de leurs auteurs, un excellent papier écrit en 2007 par quatre collègues visionnaires : Assurance qualité, et après… »

Dans ce document (AQ_et_apres__chapeau20080703) constructif aimablement fourni par le SNISPV, il existe quatre valeurs professionnelles pour refonder le sens de l’engagement des agents de l’Etat

  1. La nécessaire coproduction de la sécurité sanitaire
  2. Un métier de régulation ou de « chien de berger »
  3. Le service public de la sécurité civile vétérinaire
  4. Les niveaux de responsabilité et la séparation inspection / décision

A vous de voir ce qu’il en est, mais après sa lecture, sans doute verrez-vous ou vivrez-vous sous la prochaine inspection un angle différent …

Comme on le sait le sujet de la transparence des contrôles et de l’inspection évolue comme en témoigne  des avis (parfois contraires) du DGAl et du ministre de l’agriculture sur la question, et on s’en doute bien, le débat n’est pas clos …

Rappels de steaks hachés bio pour cause de Salmonella

23
sept
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Classé dans Contamination, Contamination croisée, Curiosité, Environnement, Hygiène, Microbiologie, Rappel, Réglementation, Salmonella, Santé, Sécurité des aliments, Viande.

imgresAuchan rapporte le 23 septembre 2014 sur son site Rappel Qualité :

Suite à la présence éventuelle de salmonelles, la Société ELIVIA procède au rappel de la vente des produits suivants :
Nature des produits : STEAKS HACHES BIO
Marque : La viande Bio
Dénomination de vente : STEAKS HACHES BIO 15% DE MATIERES GRASSES CONDITIONNES SOUS VIDE
Numéro de lot : B25891000
Date limite de consommation : 27 / 09 /2014
Estampille sanitaire ovale : FR 38.051.001 CE
Par mesure de précaution il est donc demandé aux personnes qui détiendraient ces produits de ne pas les consommer et de les rapporter au point de vente.

NB : Quand va-t-on cesser de parler de présence éventuelle ?

Dans sa communication bien faite, ELIVIA traite du sujet de Viande hachée sous surveillance.

« Steaks hachés et viande tartare sont des produits sensibles. Chez Elivia, nous avons été les premiers à réaliser des steaks hachés frais intégrant des analyses systématiques conditionnant leur commercialisation. Le mode nécessite donc davantage d’attention et de contrôle pour garantir leur qualité sanitaire. »

L’entreprise y parle aussi de la maîtrise du risque E. coli et décrit les mesures qu’elle a mis en place, mais il ne faudrait pas oublier … Salmonella !