Il y a peu de temps, l’Anses nous faisait part de ses recommandation à propos des bains à remous en nous recommandant de faire attention à l'ajout de lait ! L’Anses ne nous a pas dit s’il s’agissait de lait cru mais, comme chacun le sait, cela nous venait des célèbres et ancestrales vertus du lait d’ânesse.
Ce lait cru d’ânesse mais aussi celui de juments, brebis, chèvres, etc., viennent de faire l’objet d’une « évaluation qualitative, ainsi que l’effet du traitement thermique sur ces risques et bénéfices, sur base de publications et d’opinions d'experts, et ce, tant dans d’un point de vue microbiologique que d’un point de vue (bio)chimique et nutritionnel. »
C’est le conseil scientifique d’une autre agence d’évaluation des risques, l’agence fédérale de la sécurité de la chaîne alimentaire ou AFSCA, qui communique le 22 avril 2013 sur l’« Evaluation des risques et bénéfices de la consommation du lait cru d’espèces animales autres que les vaches » (87 pages).
A plusieurs reprises, on y trouve des recommandations sur la consommation de lait cru :
La consommation de lait cru est dangereuse pour la santé publique. La consommation de lait cru est dangereuse pour la santé publique. En effet, celui-ci peut être contaminé par des micro-organismes pathogènes pour l'homme. Ces micro-organismes peuvent provenir des animaux (et même des animaux cliniquement sains) ou d'une contamination à partir de l'environnement lors de la collecte ou de la conservation du lait. En Belgique, la contamination du lait cru de chèvre et de brebis par des E. coli pathogènes pour l’homme et des Campylobacter spp. constitue le risque majeur pour le consommateur. Le lait cru de jument et d'ânesse entraînent, au contraire, un faible risque d'infection, en raison de leur bonne qualité microbiologique, associée à un faible niveau de germes totaux. Plusieurs micro-organismes pathogènes détectés dans le lait cru de chèvre et de brebis n’ont ainsi pas été détectés dans le lait cru de jument et d'ânesse. Toutefois, ces dernières peuvent transmettre certaines espèces de Streptococcus, qui sont pathogènes pour l'homme. (…)
En ce qui concerne les effets bénéfiques liés aux microorganismes du lait cru, la présence de bactéries lactiques dans le lait cru limite la prolifération de bactéries (y compris pathogènes), mais cet effet inhibiteur est insuffisant pour les pathogènes ayant une faible dose infectante.
On y apprend aussi « la pertinence et le niveau de bactéries probiotiques dans le lait cru seraient trop faibles pour pouvoir exercer un effet physiologique favorable pour le consommateur. Une inactivation de ces bactéries par un traitement thermique n’aura dès lors aucune conséquence sur la santé publique. » Cela étant, il faut aussi noter que même quand ces probiotiques sont en nombre élevé, l’EFSA n’a pas validé l’allégation santé les concernant, voir Miroir, mon beau miroir, … est-ce une allégation ? et Probiotiques et allégations de santé.
Le Comité scientifique invite à la prudence concernant la consommation de toutes les sortes de lait cru pour la population en général et en particulier pour le groupe des YOPIs* (jeune, âgé, enceinte, immunodéprimé). Les personnes qui voyagent à l’étranger doivent être d’autant plus prudentes concernant la consommation locale du lait cru. Il est conseillé de chauffer le lait cru (p.ex. en lui faisant atteindre brièvement sa température d'ébullition) avant de le consommer. Les laits crus de jument et d'ânesse ont une bonne qualité microbiologique, mais les informations dont on dispose actuellement ne permettent pas de conclure à un risque entièrement négligeable. Un traitement thermique comme p.ex. une pasteurisation permet de réduire fortement les risques.
Le lait, de vache ou d’autres espèces, correspond à un régime alimentaire classique recommandé. Le lait peut être un aliment de soutien dans certaines affections ou maladies, mais il n’est pas une médication. Des études scientifiques démontrant que le lait en général ou de certaines espèces animales peut guérir des maladies font à ce jour encore défaut.
*Young, Old, Pregnant et Immunosupressed
NB : La lecture de ces quelques extraits du résumé peut donner lieu à des conclusions hâtives et il faut se référer au texte dans son intégralité.