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Communiqué des autorités au sujet du rappel de milkshake (restaurant Quick) : Rien ne sert de courir, il faut partir à point !

21
juil
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Classé dans Contamination, Contamination croisée, Curiosité, Hygiène, Lait, Listeria, Machines, Microbiologie, Rappel, Réglementation, Santé, Sécurité des aliments, Union Européenne.

Le ministère de l’agriculture publie un communiqué le 21 juillet 2014, « Information des consommateurs – Rappel de produit : Milkshake (Restaurant Quick) ».

communique_agriculture

J’avais évoqué le sujet dans « Des questions à propos de milkshakes et de traces de Listeria dans un fast-food ».

Et je n’ai pas changé d’avis et il me semble les autorités sont intervenues un peu tard dans leur communication, jugez par vous-même … sur la réalité des faits !

y a t il un pilote dans l'avion ?Le 20 juin 2014, la France notifiait une alerte au RASFF,référence 2014.0848, concernant la présence de Listeria monocytogenes (entre 1 100 et 12 000 ufc/g) dans des milkshakes produits avec du lait stérilisé  de France avec des matières premières de Belgique. Le RASFF indique qu’il y a eu une distribution restreinte dans le pays qui a fait la notification. A noter que la date du prélèvement a été le 5 juin et le résultat de l’analyse, le 20 juin.

On a appris le 19 juillet, une « Alerte à listéria dans un restaurant Quick de Toulouse ». Maintenant, le 21 juillet, on a un communiqué d’informations des consommateurs par le ministère de l’agriculture, de qui se moque-t-on ?

La liste des délais, des retards d’information des consommateurs s’allonge et s’apparente au syndrome du nez qui s’allonge …

Une curiosité aux Etats-Unis : des fruits frais rappelés en raison d’une contamination par Listeria

21
juil
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Classé dans Contamination, Contamination croisée, Curiosité, Environnement, Hygiène, Listeria, Machines, Nettoyage-Désinfection, Rappel, Réglementation, Santé, Sécurité des aliments.

« Curiosité : des fruits frais rappelés en raison d’une contamination par Listeria », source Food safety News du 20 juillet 2014.

Une entreprise de  Californie a émis un rappel volontaire à l’échelle nationale de plusieurs variétés conventionnelles et bio de fruits à noyau conditionnées entre le 1er et le 12 juin en raison de la contamination potentielle par Listeria monocytogenes. Aucun cas de maladie n’a été signalé.

?????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????Wawona Packing Co. de Cutler en Californie a publié un rappel volontaire samedi de variétés conventionnelles et bio de pêches et des nectarines jaunes, de pêches et nectarines blanches, de prunes noires et de pluots (hybride prune/abricot).

Les produits rappelés ont été expédiés directement aux distributeurs et aux grossistes qui revendent les produits et ont été expédiés dans des sachets et des boîtes.

Les produits rappelés peuvent être identifiés sur une liste et des photos. Toute personne qui a les produits rappelés en sa possession ne doit pas les consommer et doit les jeter.

Wawona Packing a déjà informé ses clients et a demandé qu’ils enlèvent les produits rappelés du marché. L’entreprise procède volontairement au rappel de ces produits en contact avec la Food and Drug Administration.

Le rappel a été initié sur la base d’analyses internes de l’entreprise. La compagnie a déclaré qu’elle a fermé la ligne de conditionnement impliquée, rénové l’équipement, désinfecté l’installation et entrepris de nouvelles analyses et les nouveaux résultats des analyses quotidiennes se sont révélés négatifs.

Après que le rappel de Wawona ait été publié, Wegmans, une chaîne de supermarchés basée à New York avec des magasins à New York, Pennsylvanie, Maryland, New Jersey et Virginie, a annoncé dimanche qu’il rappelait plusieurs desserts aux fruits vendus à partir du 1er au 20 juin parce qu’ils pouvaient contenir des pêches, des nectarines et des prunes fraîches fournies par la société de conditionnement de fruits de Californie.

Ces desserts comprennent divers gâteaux, tartes, tartelettes et autres pâtisseries et sont étiquetés avec une étiquette imprimée qui permettra d’identifier le produit et le code barres. Une liste complète des produits rappelés est disponible ici.

Les clients qui ont acheté les produits rappelés chez Wegmans entre le 1er juin et le 20 juillet devraient jeter le produit à la maison et aller au centre de services afin d’identifier le produit pour un remboursement complet.

Commentaires : Je crois que c’est une première car je ne pense pas que ces produits frais aient subi un traitement contrairement aux melons cantaloups, à suivre …

Des questions à propos de milkshakes et de traces de Listeria dans un fast-food

19
juil
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Classé dans Contamination, Contamination croisée, Curiosité, Hygiène, Listeria, Machines, Microbiologie, Rappel, Réglementation, Santé, Sécurité des aliments, Union Européenne.

201404MilkshakeLes problèmes rencontrés sur les aliments en France font-ils partie « d’un simple contrôle de routine » ? Voici ci-après un exemple édifiant …

France Bleu communique le 19 juillet 2014 sur une « Alerte à listéria dans un restaurant Quick de Toulouse ».

Des traces de listéria ont été retrouvées dans un milkshake fabriqué il y a dix jours dans le fast-food du quartier du Mirail. Le restaurant lance un appel à ses clients qui ont consommé des glaces entre le 9 et le 16 juillet.
Le Quick de la rue Vauquelin, dans le quartier du Mirail à Toulouse, lance un appel à la vigilance à ses clients après que des traces de listéria ont été retrouvées dans un milkshake, préparé il y a dix jours.
Les responsables du fast food ont mis en place un numéro pour tout renseignement : le 09 70 80 87 55.
Les résultats des analyses n’ont été connus que mercredi et sur demande de la préfecture, le fast-food lance donc un appel à toute personne qui aurait consommé des milkshakes ou des glaces chez lui car les produits préparés entre le 9 et le 16 juillet pourraient aussi être contaminés.
Une procédure conforme à la loi qui est partie d’un simple contrôle de routine.

Pour fabriquer un milkshake, il faut en général différents ingrédients et un mixeur et le reportage nous dit que la machine qui a servi à préparer le milkshake est désormais au rebut …

Et si ce n’était pas la machine, mais les composants du milkshake ?

Fait troublant, le 20 juin 2014 la France notifiait une alerte au RASFF, référence 2014.0848, concernant la présence de Listeria monocytogenes (entre 1 100 et 12 000 ufc/g) dans des milkshakes produits avec du lait stérilisé  de France avec des matières premières de Belgique. Le RASFF indique qu’il y a eu une distribution restreinte dans le pays qui a fait la notification. A noter que la date du prélèvement a été le 5 juin et le résultat, le 20 juin, bien entendu, c’est délai trop long !

Existe-t-il une relation entre ces deux évènements ? La préfecture peut très bien le savoir en contactant les autorités chargées des notifications au RASFF, mais le fera-t-on et le saura-t-on ?

Wimdbledon, côté courts et Wimdbledon, côté cuisines

19
juin
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Classé dans Contamination, Contamination croisée, Curiosité, E. coli, Environnement, Hygiène, Machines, Microbiologie, Réglementation, Santé, Sécurité des aliments.

Andy Murray conquers foe to glimpse Wimbledon summit once again« Les cuisines de Wimbledon dans la crainte de problèmes de santé liés à E. coli ». Source Doug Powell du barfblog du 19 juin 2014.

Les joueurs et les fans étaient à risque de contracter un microbe en allant au All England Lawn Tennis Club.

Une partie d’un équipement de cuisine a eu un dénombrement de E. coli de 2 414, dépassant de loin le maximum autorisé de 50. Un autre résultat dans la « cuisine principale de production » il y avait 13 69.

Un inspecteur de la santé du Merton London Borough Council a écrit : « Malheureusement j’ai été témoin de certaines pratiques très faibles. »

« Les répercussions d’une éclosion à E. coli au Wimbledon Tennis seraient désastreuses. Les manquements relevés pourraient très bien avoir conduit à une éclosion. »

« De telles erreurs ne doivent jamais se répéter. »

Le rapport, obtenu par le Daily Star en vertu de la loi sur la liberté de l’information, était celui d’une inspection effectuée l’an dernier quand Andy Murray, 27 ans, a remporté le titre du simple Messieurs.

NB : Pour mémoire, une telle loi n’existe pas en France ou alors s’il en existe une, cela découragerait les plus optimistes … voir le rapport confidentiel de la cour des compte sur les contrôles en France. Secret Défense !

Sécurité des aliments : Apprendre du passé sert pour l’avenir !

4
juin
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Classé dans Audit, Campylobacter, Contamination, Contamination croisée, Curiosité, E. coli, Environnement, HACCP, Hygiène, Lait, Lavage des mains, Machines, Microbiologie, Nettoyage-Désinfection, Réglementation, Salmonella, Santé, Sécurité des aliments, TIAC, Viande, Volaille.

« Hugh Pennington : Aliments et microbes, apprendre du passé » (Food and microbes: learning from the past), source Doug Powell du barfblog du 3 juin 2014.

Hugh+PenningtonLe professeur Hugh Pennington propose une rétrospective historique de cinquante ans de sécurité des aliments afin de marquer le jubilé de l’Institute of Food Science and Technology Ci-après quelques éléments :

L’IFST a formellement adopté ses statuts le 13 mai 1964. Par pure coïncidence, le même jour la première victime de l’épidémie de typhoïde à Aberdeen a développé une forte fièvre. C’était à craindre, la mauvaise réputation de la maladie a longtemps survécu à son impact. Le taux de mortalité de la typhoïde en Angleterre et au Pays de Galles a chuté de plus de deux cents fois dans les 50 premières années du XXe siècle, puis a ensuite été réduite à presque zéro par les antibiotiques.

Néanmoins, il y a eu beaucoup de peur en mai, juin et début juillet 1964, lorsque 507 habitants d’Aberdeen ont contracté la maladie. Personne n’est mort par les effets directs de l’infection, de sorte que l’épidémie était vieux-jeu en termes de microbe causal, mais moderne en termes de ses effets. Ce contraste a contribué à sa manipulation. Le nombre des personnes malades, leurs noms et leurs adresses ont été régulièrement publiés dans les journaux locaux comme si la Seconde Guerre Mondiale était encore en cours, et la fin de l’épidémie a été annoncée comme « All Clear » (une fin d’alerte). Cependant, dans un style moderne, le médecin responsable de la santé d’Aberdeen, le Dr Ian MacQueen, a donné des conférences de presse quotidiennes et est apparu la nuit à la télévision (bien que son approche était vieux-jeu en ce que il avait une pipe qu’il tapait sur son bureau, la tournant et la pointant vers les journalistes qui posaient des questions difficiles). Malheureusement, sa connaissance microbiologique était absente. L’artère principale de la ville, Union Street, avait été pulvérisée avec un désinfectant. L’université a envoyé une note aux examinateurs externes, « Il y a un faible risque d’infection par la transpiration sur copies d’examen. Les examinateurs qui souhaitent prendre des précautions à cet égard devraient porter des gants en coton. » Les déclarations de MacQueen ont conduit Aberdeen à être surnommée la « ville assiégée ». Une visite royale a été jugée nécessaire afin de débuter la réhabilitation et Sa Majesté est venue le 28 juin.

La cause de l’épidémie était Salmonella Typhi contenue dans une boîte de corned-beef incorrectement fabriquée et importée d’Argentine. Elle avait été vendue en tranches dans un petit nouveau supermarché d’Aberdeen entre les 6 et 9 mai, infectant environ 50 personnes, dont beaucoup d’entre elles étaient des jeunes femmes vivant dans l’ouest prospère de la ville, qui l’avaient consommé dans le cadre d’un régime amaigrissant. La trancheuse est devenue contaminée et a transféré l’organisme à d’autres viandes froides, dont la consommation a causé les 450 autres cas et a incité la blague selon laquelle « c’est seulement à Aberdeen que vous pouvez obtenir 500 tranches d’une boîte de corned-beef ». Le premier patient à être sorti de l’hôpital, une femme de 23 ans, a été présentée avec une écharpe proclamant la « Reine Typhoïde 1964 ». (…)

Une épidémie ayant pour origine du lait cru en 1981 à Keith dans le nord-est de l’Ecosse, a été le signal pour Salmonella en raison de son impact réglementaire. Depuis 1970, il y avait eu 50 foyers de cas d’infection à Salmonella ayant pour origine du lait en Ecosse touchant plus de 3 500 personnes, avec 12 décès. L’épidémie de Keith a affecté 650 personnes, avec 2 décès. Une étude économique de cette épidémie a montré un coût moyen par patient de 3 242 euros. La vente au détail de lait cru a été interdite à partir d’août 1983. C’est triste à dire, il y a encore des personnes en Ecosse, qui luttent pour renverser cette politique fondée sur une règlementation probante rationnelle.

L’éclosion à Salmonella Stanley à l’hôpital Royd, un hôpital psycho-gériatrique à Wakefield, a commencé le week-end férié d’août 1984. Au moment de l’éclosion, il avait 788 patients résidents : 355 sont tombés malades et Salmonella Typhimurium a été isolé dans les selles de 218 patients. Cent six membres du personnel sur 980 présentaient des symptômes. Dix-neuf patients sont décédés, la dernière le 9 septembre. Une enquête publique a été annoncée le 14 septembre. Elle a déterminé que la cause de l’épidémie avait été du rôti de bœuf froid contaminé servi aux patients le 25 août. L’organisme a une origine chez les volailles et presque certainement cela venu de carcasses de poulets qui avaient été décongelées.

Comme histoire d’horreur, le rapport d’enquête est difficile à battre. Les cuisines de l’hôpital ont été construites en 1865. Leurs collecteurs d’eaux usées ouverts avaient des cafards résidents qui étaient des boucs émissaires attractifs pour la source de l’infection. Cependant, c’était une variété orientale qui ne grimpaient pas et qui étaient négatifs pour Salmonella. D’autre part, le rat qui a été tué dans la cuisine le 11 octobre était infecté par la souche épidémique. Mais l’enquête a conclu que « la condition de cette créature était plus probablement d’avoir été une conséquence qu’une cause de l’épidémie ». C’était une victime. Des tentatives ont été conduites depuis des années pour mettre à niveau ou remplacer ces cuisines, mais rien n’a été fait. L’enquête a conclu que c’était « un exemple remarquable du fait que des individus bien intentionnés peuvent ne pas aboutir à moins que quelqu’un ne se charge de la responsabilité de s’assurer qu’une attention méticuleuse ne conduise pas à une cessation complète de toutes les activités autres que la production de papier ». Il y a eu paralysie par analyse.

Salmonella Typhimurium a de nouveau frappé dans le nord du Pays de Galles et le Cheshire en 1989. Six cent quarante personnes ont été touchées, la moitié de chaque côté de la frontière. Soixante quatre personnes ont été hospitalisées et trois personnes sont décédées. Comme à Aberdeen, des viandes tranchées étaient le coupable, mais dans ce cas, le porc et le jambon ont été contaminés de façon croisée par du corned beef en conserve sur la même machine. (…)

Au début des années 1980, la situation de Salmonella a commencé à changer avec l’augmentation de Salmonella Enteritidis, en particulier phage type 4. En Angleterre et au Pays de Galles en 1982, 413 isolements ont été faits chez l’homme, ce qui représente 3% de toutes les salmonelles non typhoïdes. Les chiffres ont augmenté régulièrement, pour atteindre un pic en 1993 avec 17 257 isolements, ce qui représente 56% de toutes les salmonelles non typhoïdes. En 1988 (12 522 isolements de Salmonella Enteritidis), ces questions sont arrivées au sommet quand le médecin hygiéniste en chef d’Angleterre a demandé aux hôpitaux de cesser d’utiliser des œufs crus et d’opter pour des produits pasteurisés. Edwina Currie, sous-secrétaire pour la santé, a estimé qu’il était temps d’agir et début décembre, elle a déclaré à Independent Television News, « la plupart de la production d’œufs de ce pays, malheureusement, est désormais infectée par Salmonella. » Elle n’a pas dit, « ne pas manger d’œufs », mais néanmoins la consommation d’œufs a diminué. Elle a dit plus tard « le ministère de l’agriculture (MAFF) et les producteurs ensemble ont une piètre opinion de mon action ; ils m’ont considéré comme un problème, et que si je m’en allais les choses iraient mieux. J’ai été informé qu’une assignation m’a été adressée et j’ai démissionné de mon poste le 16 décembre. Par la suite, j’ai découvert qu’il n’y avait pas d’assignation. » A ce stade, Kenneth Clarke, ministre de la santé, a persuadé Margaret Thatcher de mettre en place un Comité du Cabinet sur la sécurité des aliments (MISC 138) ; son travail a conduit à la Loi sur la sécurité des aliments de 1990. Salmonella Enteritidis est maintenant une ombre de lui-même. Le ciblage spécifique par vaccination des volailles a bien fonctionné. Cela surpasse encore Salmonella Typhimurium, mais tout juste. En 2012, il y a eu 2 169 souches isolées chez l’homme en Angleterre et au Pays de Galles.

Deux autres maladies d’origine alimentaire ont décollé dans les années 1980. Des mesures de maîtrise prises à ce jour que ce soit pour Campylobacter et E. coli O157 peuvent être considérées comme un succès. L’édition 1975 de la bible du bactériologiste, « Topley and Wilson’s Principles of Bacteriology, Virology and Immunity », mentionne Campylobacter seulement comme une curiosité médicale rare, « comme causant parfois la maladie chez l’homme, principalement chez des patients déjà affaiblis par une autre maladie. » Il ne le décrit pas comme une cause de maladie infectieuse intestinale. Mais en 1981, avec 12 168 cas diagnostiqués en laboratoire, il avait à cet égard dépassé Salmonella en Angleterre et au Pays de Galles. Les méthodes de laboratoire pour l’identification de routine ne sont devenues disponibles qu’en 1977, et il est raisonnable de supposer que cela explique beaucoup de l’augmentation qui a été présentée au début des statistiques. Campylobacter a reçu beaucoup moins d’attention médiatique que probablement il ne le mérite. C’est parce qu’il provoque rarement des flambées spectaculaires, et les journalistes trouvent son nom difficile à épeler. Les tentatives pour établir les itinéraires précis de transmission ont été considérablement entravées par le caractère sporadique de l’écrasante majorité des cas, et la difficulté à relever les caractéristiques génotypiques des souches associées à leur diversité génétique importante. Cette diversité indique également que la maîtrise par la vaccination est peu susceptible d’être efficace. Des études sur des carcasses de poulet et des travaux récents utilisant des méthodes modernes de génotypage ont montré que la viande de volaille est la source la plus importante. Des éclosions transmises par le lait ont également montré l’importance du bétail comme source. La maîtrise de Campylobacter a été une priorité pour la Food Standards Agency depuis sa création en 2000, lorsque 58 236 diagnostics de laboratoire ont été signalés en Angleterre et au Pays de Galles. Cette année, il a été publié un rapport sur l’étude des maladies infectieuses intestinales ou Report of the Study of Infectious Intestinal Disease en Angleterre, qui a démontré la véritable ampleur du problème dans sa conclusion, « pour tous les 136 cas de maladies infectieuses intestinales dans la communauté, 23 sont présentés à un médecin généraliste, 6,2 avaient des selles envoyées régulièrement pour examen microbiologique, 1,4 ont eu un résultat positif, et un a été rapporté au PHLS CDSC » (Public Health Laboratory Service-Communicable Disease Surveillance, équivalent de l’InVS au Royaume-Uni -aa). « Il y avait un optimisme précoce pensant que l’accent mis sur l’amélioration de l’hygiène des cages de poules pondeuses allaient porter leurs fruits. Le nombre de rapports de laboratoire d’infections est tombé à 44 577 en 2004. Mais l’optimisme s’est perduet les chiffres ont depuis augmenté régulièrement, pour atteindre 65 032 en 2012. »

Campylobacter et E. coli O157 sont semblables en ce qu’ils ne sont pas pathogènes pour leurs hôtes habituels (ruminants pour le second). Mais E. coli O157 est différent parce que l’on peut être certain que son émergence en tant que nouveau pathogène n’est pas seulement un événement statistique causée par le développement d’un nouvel essai de laboratoire, mais cela est du à l’évolution de l’action en temps réel. Les premiers cas ont eu lieu en Angleterre en 1983 à Wolverhampton. Une recherche rétrospective des souches de E. coli recueillies dans les années précédentes a montré qu’il s’agissait d’un nouveau pathogène. Les événements survenus depuis ont démontré sa capacité de se propager de personne à personne ; au moins 20% des cas dans les éclosions d’origine alimentaire ont lieu de cette manière et des éclosions dans les crèches et les établissements de garde d’enfants se produisent régulièrement. L’incidence de l’infection au Royaume-Uni n’a d’égale que ce qui a lieu au Canada. Au Royaume-Uni, depuis de nombreuses années, l’incidence en Ecosse a été plus du double de celle de l’Angleterre. En 2012, 795 diagnostics ont été faits en Angleterre et 236 en Ecosse, qui a une population de moins d’un dixième de celle de l’Angleterre. Seuls environ 40% des cas en Écosse sont d’origine alimentaire. L’infection entraîne le syndrome hémolytique et urémique (SHU) chez 10-15% des cas. Cette complication est beaucoup plus fréquente chez les enfants de moins de 5 ans et chez les personnes âgées. Une fois l’infection établie, elle ne peut être empêchée par des mesures médicales. Environ 10% des cas de SHU restent avec des dommages permanents, soit rénaux ou neurologiques, et environ 4% décèdent. Ces effets et sa propension à provoquer des flambées en ont fait un centre d’intérêt, plutôt que de l’incidence de l’infection. Deux éclosions d’origine alimentaire ont eu des impacts réglementaires.

Une éclosion au centre de l’Ecosse a eu lieu en novembre et décembre 1996. Dix-sept personnes sont décédées directement à partir de l’infection par la souche épidémique, toutes des personnes âgées et 503 personnes sont tombées malade. John Barr, un boucher à Wishaw, a été le responsable. Il a été poursuivi, il a plaidé coupable des accusations en vertu de la Loi sur la sécurité des aliments et il a été condamné à une amende de 2 766 euros. La souche épidémique a été isolée à partir du jus d’une machine de conditionnement sous-vide pour le déjeuner de l’église (huit décès) et d’une série de viandes crues et cuites. J’ai mené une enquête pour le secrétaire d’Etat à l’Ecosse. En conséquence, le régime de licence des bouchers a été introduit au Royaume-Uni et 23,5 millions d’euros ont été prévus pour faciliter l’accélération de la mise en œuvre du système HACCP. La mémoire de l’épidémie associée à l’incidence de l’ESB et de la vMCJ a conduit à la création de la Food Standards Agency en 2000. Par la suite, le nombre de foyers de maladies infectieuses intestinales associées aux bouchers a chuté ; il y en avait 5 en 2000, 3 en 2001, aucune en 2002 et 2003 et une en 2004. Mais en 2005, une grande éclosion a eu lieu au sud du Pays de Galles, touchant 44 écoles avec 118 cas confirmés en laboratoire. Un garçon de 5 ans est mort. William Tudor, le boucher responsable de la fourniture de viandes froides contaminées dans les écoles a été poursuivi. Il a plaidé coupable de six infractions en mettant des aliments non sûrs sur le marché et une concernant l’absence de protection des aliments contre le risque de contamination, et il a été condamné à 12 mois d’emprisonnement. J’ai présidé une enquête publique sur l’éclosion. Mon rapport a été publié en mars 2009. Quinze de ses recommandations ont porté sur le système HACCP et les questions connexes. Malheureusement, bon nombre de déficiences constatées chez Tudor en 2005 étaient exactement les mêmes que celles constatées chez Barr en 1996. Le problème central est le fait de ne pas prévenir la contamination croisée. Un exemple suffit. Les surfaces de travail, les outils et les machines de Barr ont été nettoyés avec un liquide vert. Parce qu’il était étiqueté « biodégradable » son personnel a pensé qu’il avait tué les bactéries. Cependant, mon laboratoire a constaté que l’éclosion liée à la souche de E. coli O157 a poussé malgré les apparences soignées. Donc, la recommandation 6 de mon rapport d’enquête public de 2009 a revu et a réitéré la recommandation 10 du rapport Milne de 1964 : « seuls des détergents et des désinfectants dont les propriétés bactéricides ont été prouvées doivent être utilisés dans les établissements alimentaires ; la responsabilité de l’approbation de ces produits devrait incomber aux services de santé centraux ». Le temps est venu pour sa mise en œuvre !

George Santayana avait raison quand il disait que « Ceux qui ne peuvent se rappeler le passé sont condamnés à le répéter. » et cela ne s’applique pas seulement à la prévention des maladies infectieuses d’origine alimentaire.

Je félicite l’IFST sur son jubilé. Nous en avons aujourd’hui besoin plus que jamais.