Visiter Processalimentaire.com
Contacter le magazine
S'abonner en ligne | S'inscrire à l'e-news


Articles de la catégorie 'Microbiologie'

Pas de catégorie

La sécurité des aliments passe par le lavage des mains

22
avr
Aucun commentaire
Classé dans Contamination, Contamination croisée, Curiosité, Hygiène, Lavage des mains, Microbiologie, Santé, Sécurité des aliments, TIAC.

Le lavage des mains est simple.

Cela étant, la science dit autre chose.

Malgré des communiqués interminables sur le lavage des mains afin d’avoir des aliments sûrs en cuisine, en restauration commerciale ou lorsque l’on donne à manger à un animal, peu de recherches ont été effectuées pour quantifier ce qui fonctionne réellement quand il s’agit du lavage des mains.

Les recommandations du gouvernement américain sont en faveur d’un lavage des mains pendant 15-20 secondes avec de l’eau courante après toute contamination potentielle, ce qui peut ne pas être pratique dans un environnement de restauration commerciale.

Le Dr Donald Schaffner, professeur en sécurité des aliments à l’université Rutgers et ses collègues ont tenté de mettre un peu de science dans cette discussion.

« Beaucoup de personnes semblent avoir des opinions bien ancrées sur le lavage des mains », dit Schaffner, « mais la recherche pour conforter ces avis fait défaut. Notre recherche commence par dissiper certaines croyances populaires sur le lavage des mains. »

handwash_south_park21Les chercheurs ont montré que même un simple lavage des mains (d’un minimum de 5 secondes, sans savon) peut enlever environ 90% des bactéries sur les mains.

En outre, la recherche a montré que le séchage avec des essuie-mains en papier est beaucoup plus efficace que les autres méthodes en raison de la friction mise en jeu enlevant physiquement des bactéries des mains.

Schaffner dit « Tout le monde a une opinion sur le lavage des mains, mais notre recherche commence à fournir des données réelles pour aider à informer sur un protocole raisonnable. »

Contact : Dr Donald Schaffner, schaffner@aesop.rutgers.edu

Voici donc le résumé de l’étude portant sur la quantification de l’effet de la durée du lavage des mains, l’utilisation du savon, la présence de souillures à base de viande hachée de bœuf et les méthodes de séchage des mains sur l’enlèvement de Enterobacter aerogenes présents sur les mains

Résumé.

Le lavage des mains est reconnu comme une étape cruciale pour prévenir la transmission de maladies d’origine alimentaire en limitant le transfert de contamination entre les mains, les surfaces et les aliments.

Cette recherche a été entreprise afin d’établir l’importance de plusieurs facteurs clés (le savon, la souillure, la durée et la méthode de séchage) dans la réduction de micro-organismes lors du lavage des mains. Enterobacter aerogenes, un substitut non pathogène de Salmonella résistant à l’acide nalidixique, a été utilisé pour évaluer l’efficacité de l’utilisation ou non du savon pendant 5 ou 20 secondes sur des mains avec ou sans souillures à base de viande hachée de bœuf et un séchage des mains avec un essuie-mains en papier ou par air. Chaque expérience a consisté en 20 répétitions, chacune à partir d’un individu différent ayant ~ 6 log ufc/ml de E. aerogenes sur leurs mains. Une réduction de 1,0 ± 0,4 et 1,7 ± 0,8 log ufc de E. aerogenes a été observée respectivement lors d’un lavage sans savon pendant 5 secondes et 20 secondes avec un lavage des mains avec du savon. Quand il n’y avait pas de souillures sur les mains, il n’y avait pas de différence significative entre le lavage des mains avec ou sans savon pendant 20 secondes (P > 0,05). De même, il n’y avait pas de différence significative dans les réductions obtenues lors du lavage sans savon, avec ou sans souillure sur les mains (P > 0,05). Une réduction significativement plus importante (P < 0,05) de E. aerogenes (une réduction plus élevée de 0,5 log ufc) a été observée avec le lavage des mains avec du savon quand des souillures de viande hachée de bœuf étaient présentes sur les mains. La plus grande différence (une réduction plus élevée en moyenne de 1,1 log ufc) dans l’efficacité s’est produite lorsque la présence de souillures de viande hachée de bœuf étaient sur des mains et un lavage à l’eau pendant 20 secondes a été comparée avec un lavage des mains pendant 20 secondes avec du savon. Des réductions significativement plus élevées (P < 0,05) ont été observées avec un séchage avec un essuie-mains en papier par rapport à l’air (réductions plus élevées de 0,5 log ufc).

Des essuie-mains en papier usagés peuvent contenir des niveaux élevés de bactéries (> 4,0 log ufc par essuie-mains) lorsque les mains sont fortement contaminées. Nos résultats indiquent que des futures évaluations quantitatives des risques microbiens sont nécessaires pour gérer efficacement les risques de maladies d’origine alimentaire dans lesquels les mains des personnels travaillant dans alimentaires sont une cause primaire.

Jensen, Dane A.;Danyluk, Michelle D.; Harris, Linda J.;Schaffner, Donald W. Quantifying the effect of hand wash duration, soap use, ground beef debris, and drying methods on the removal of Enterobacter aerogenes on hands. Journal of Food Protection®, Number 4, April 2015, pp. 636-858, pp. 685-690(6).

NB : Source article de Doug Powell du barfblog.

Commentaires. Etude très utile mais on pourra aussi se référer à l’énorme travail de Pete Snyder dans A «safe hands» Hand Wash program for retail Food operations: a technical review, publié en 1999. Travail historique toujours utile !

 ooOOoo

Quelques idées d’articles auxquels vous avez échappé cette semaine :

  • Comment Salmonella survit à une attaque acide des macrophages ?

Les macrophages détruisent les bactéries en les engloutissant dans des compartiments intracellulaires, qu’ils acidifient puis tuent ou neutralisent les bactéries. Certaines bactéries pathogènes telles que Salmonella enterica, continuent d’exister et même de se développer au sein de ces compartiments acidifiés. Cependant, la façon dont Salmonella répond à l’environnement acide et comment l’environnement peut affecter la virulence de pathogène ne sont pas claires. Une nouvelle étude révèle que Salmonella combat l’acide avec un acide, en abaissant le pH de son propre intérieur en réponse à l’acidification du compartiment contenant Salmonella dans les macrophages, et en utilisant un faible pH comme signal pour activer les gènes nécessaires pour établir une l’infection.

  •  Carrefour nous fait bien rire avec cette thématique fumiste, « Comment Carrefour a allongé la durée de vie de certains de ses produits ? »

Dans le dernier numéro de PROCESS Alimentaire (avril 2014 n°1324, page 98), on apprend par la voix de la directrice du développement durable pour Carrefour France, « Nos produits n’ont pas été reformulés. Aucun conservateur n’a été ajouté. C’est la réalisation de challenge-tests très poussés qui a permis de déterminer les durées de vie plus longues, pouvant aller de 7 à 10 jours pour les yaourts nature par exemple. »

Eminente découverte constatée depuis des dizaines d’années par tous les amateurs (et consommateurs) de yaourts nature. Je dirais même que les yaourts nature peuvent être consommer sans souci 15 jours après la fin de la limite de consommation quand ils conservés au réfrigérateur. Comme direz l’autre, passez les bornes, il n’y a plus de limites … Ah le développement durable avec Carrefour, c’est formidable, on va de découverte en découverte !

Je suggère à notre directrice de voir l’essai réalisé sur ce site, cela lui aurait coûté sans doute moins d’argent que des « challenge-tests très poussés ».

  • Campylobacter dans les poulets en Allemagne

Des améliorations sont nécessaires pour maîtriser Campylobacter dans les volailles en Allemagne, selon le BfR (rapport en allemand). Le dernier rapport annuel sur les zoonoses en Allemagne, préparé par l’Institut fédéral pour l’évaluation des risques (BfR) révèle que ni le taux de détection de Campylobacter dans les aliments ni le nombre d’infections signalées ont baissé en 2013, en dépit des efforts considérables pour maîtriser le pathogène. Source Food Safety Watch.

Et en France qu’en est-il ? Pas de rapport sur les zoonoses, il faut donc lire le rapport 2014 de l’EFSA pour connaître les détails. De même silence radio de la part de nos autorités et pourtant le problème est connu, voir ce lien sur le blog concernant Campylobacter. Cela étant, il existe quelques éléments dans les « priorités de travail de l’Anses pour 2015 », voir le volet Orientations de l’Anses dans le domaine de la Santé-Alimentation pour 2015. Mais il me semble que cela ne sera pas de nature à changer les choses en 2015 concernant la présence de Campylobacter dans les volailles.

Par ailleurs, l’Anses diffuse des informations plutôt curieuses comme celle-ci, « Dans le domaine de la sécurité sanitaire des aliments, la France fait souvent figure de pionnière en Europe et dans le monde en appliquant des politiques de maitrise des risques qui produisent des résultats probants : les salmonelloses, qui demeurent une cause majeure de toxi-infections alimentaires ont diminué de moitié en 10 ans dans notre pays. » L’Anses ne sait-elle pas que les cas de salmonellose augment en France selon le rapport de l’EFSA précité ? 8705 en 2012, 8685 en 2011, 7184 en 2010 et 7153 en 2009.

A lire par ceux qui croient que l’ISO 22000 est soluble dans la sécurité des aliments, on pourra lire ce communiqué de l’ISO (extrait) :

S’appuyant sur cette consultation, le groupe de révision va donc s’atteler en priorité à :

- Clarifier certains concepts clés, notamment : points critiques pour la maîtrise, programmes prérequis opérationnels, approche fondée sur les risques, retraits et rappels de produits, combinaison de mesures de maîtrise externes

- Mettre à jour les termes et définitions

- Simplifier la norme et la rendre plus concise

- Éviter un contenu trop prescriptif

- Inclure plus largement les PME

Point de vue par John Davison et Marcel Kuntz – SPS n° 310, octobre 2014, AFIS.

Une équipe de chimistes du Massachusetts Institute of Technology (MIT) aux Etats-Unis a mis au point un nouveau capteur portable basé sur des nanotubes de carbone chimiquement modifiés qui est capable de détecter un sous-produit volatile issu de l’altération microbienne de la viande. A suivre …

Quelques nouvelles de la sécurité des aliments

15
avr
Aucun commentaire
Classé dans Campylobacter, Contamination, Contamination croisée, Curiosité, Hygiène, Microbiologie, Rappel, Règlementation, Salmonella, Santé, Sécurité des aliments, TIAC, Volaille.

Pas d’article en tant que tel mais une liste de sujets qui méritent une attention, à vous de voir …

  • Nanoparticules, nanomatériaux, nanoaliments

Est-on mieux informé sur les nanoparticules d’argent après la parution de l’avis de l’Anses du 5 mars 2015 ? Pas sûr … Dans ce domaine, on lira cette information en provenance du Parlement européen :

Moratoire sur les nano-aliments. Les nouvelles technologies appliquées aux procédés de production alimentaire sont susceptibles d’avoir des répercussions sur la sécurité des aliments, affirment les députés. Par conséquent, les aliments dont le processus de production exige une évaluation des risques – incluant les nanomatériaux – ne devraient pas être autorisés avant d’être approuvés par l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA), selon les parlementaires. Par ailleurs, il faudrait accorder une attention particulière aux emballages alimentaires qui contiennent des nanomatériaux, afin d’empêcher qu’ils ne contaminent les aliments. Conformément au principe de précaution, tous les nouveaux aliments devraient également être soumis à une surveillance suite à leur mise sur le marché, ajoutent les députés.

De plus, les députés ont modifié la définition existante de nanomatériaux pour la rendre conforme aux recommandations de l’EFSA (seuil de nanoparticules de 10% pour qu’un ingrédient alimentaire soit qualifié de « nano » contre un seuil de 50% proposé par la Commission européenne). Source Parlement européen du 25 novembre 2014.

Un aperçu des présentations du 1st Joint Symposium sur les Nanotechnologies des 5 et 6 mars 2015 est disponible, source BfR. On lira aussi Nanoargents : de la production à l’utilisation, quels sont les risques ? de l’INRS, document de mars 2015, 5 pages.

A l’attention de nos autorités qui n’informent pas complètement les consommateurs sur les retraits/rappels d’aliments, on y lit, « Pour les autorités compétentes, l’objectif principal d’un rappel des aliments est de protéger la santé publique, en veillant à ce que:

- un aliment dangereux soit rapidement retiré de toutes les étapes possibles de la chaîne d’approvisionnement;

- les consommateurs concernés et les clients soient informés; et que

- l’aliment faisant l’objet d’un rappel ait été récupéré, détruit ou retransformé. »

  • Le « taux de croissance » comme paramètre mesurable pour relier la cinétique et les modèles probabilistes de la croissance bactérienne

Lorsque des bactéries sont inoculées dans un environnement stressant, il est possible que certaines cellules subissent une croissance exponentielle alors que la majorité reste dormante. Le nombre de cellules se multipliant est difficile à mesurer, car une telle décision impliquerait de nombreuses observations de cellules isolées. George et al. proposent une méthode indirecte, basée sur des mesures automatisées de la turbidité, ce qui fournit une estimation de la fraction de cellules en croissance. Une conséquence est une quantification du « taux de croissance » de la population, qui est sensée être fondamentale pour le développement de nouveaux et plus puissants modèles prédictifs, que ceux qui sont souvent au cœur de l’évaluation de la résistance au stress et de la sécurité des aliments.

  • Nouveau protocole de gestion et de communication « Salmonella »

Mise à jour du 09/03/2015, source ministère de l’agricultureLa lutte contre les salmonelloses humaines d’origine alimentaire, responsables d’un nombre très important de malades, d’hospitalisations et de décès, constitue une préoccupation majeure des administrations en charge de la protection de la santé publique. Les directions générales de la santé, de l’alimentation et de la concurrence, consommation et répression des fraudes ont souhaité harmoniser la gestion du risque salmonellique, y compris la communication vers les consommateurs, de la même façon que cela avait été fait pour la communication autour du risque « Listeria » en juin 2000. Ce nouveau protocole précise les mesures de retrait et de rappel des produits issus d’élevages de ponte reconnus infectés par Salmonella Enteritidis (S. E.) ou Typhimurium (S. T.) ou des denrées alimentaires pour lesquelles une analyse microbiologique a montré la présence de Salmonella spp, ainsi que les principes généraux de communication, en fonction de l’existence ou non de cas humains.

Mais on ne nous dira pas pourquoi il y a ce besoin d’harmonisation. Hélas, les cas de salmonellose augmentent en France selon les données diffusées par l’EFSA en 2014, contrairement à ce que rapporte l’Anses, «  Dans le domaine de la sécurité sanitaire des aliments, la France fait souvent figure de pionnière en Europe et dans le monde en appliquant des politiques de maitrise des risques qui produisent des résultats probants : les salmonelloses, qui demeurent une cause majeure de toxi-infections alimentaires ont diminué de moitié en 10 ans dans notre pays. »

  •  Salmonella et l’Anses

Dans la galaxie des sites de l’Anses, voici le réseau Salmonella avec des données totalement obsolètes. Ainsi, on nous dit « Les salmonelloses sont une des principales zoonoses bactériennes responsables de toxi-infections alimentaires. Sur la période 1995-1999, le nombre de cas de salmonelloses en France a été estimé par l’Institut de veille sanitaire, entre 30 600 et 41 140 dont 92 à 535 cas mortels. »

Pourtant dans le résumé des activités de l’année 2011 du centre national de référence des Salmonella, on apprend qu’il y a eu « 11069 enregistrements de Salmonella d’origine humaine (8849 souches et 2220 fiches d’information), en provenance de France métropolitaine et des DOM-TOM, ont été répertoriés par le CNR Salmonella (9405 en 2010, + 17,6%). » Source Weill François-Xavier et Le Hello Simon. Rapport d’activité annuel 2011. Centre National de référence des Salmonella. Institut Pasteur.

  • Lutte contre Campylobacter dans les poulets au Royaume-Uni

Les distributeurs vendent les poulets entiers ‘rôtis dans un sachet’.

De plus en plus de distributeurs vendent du poulet entier « rôti dans un sachet », un changement qui signifie que les consommateurs ne doivent pas toucher la volaille crue et pour éviter le risque de la propagation de Campylobacter.

Moy Park a mis en place deux lignes de poulets entiers dans un emballage fermé, « extra savoureux » et « ail et fines herbes ».

Cet emballage est conçu de manière à permettre une ventilation dans le four, sans fuite de jus avant de le manipuler.

NB : N’hésitez pas à lire la suite …

  • Restauration commerciale et transparence des contrôles, c’est le monde des bisounours

Un décret indique les modalités un semblant de transparence dans les résultats des contrôles dans la restauration commerciale, décret n°2015-189 du 18 février 2015 relatif à l’expérimentation de la mise en transparence des résultats des contrôles officiels en sécurité sanitaire des aliments dans le secteur de la restauration commerciale à Paris et Avignon.

On y indique :

Les mentions relatives au niveau d’hygiène sont établies comme suit :

1° « Bon niveau d’hygiène » pour les établissements ne présentant pas de non-conformité ou présentant uniquement des non-conformités mineures ;

2° « Niveau d’hygiène acceptable » pour les établissements ne relevant pas de la catégorie définie au 1° et ne présentant pas de non-conformité impliquant la mise en œuvre d’une mise en demeure par l’administration ;

3° « Niveau d’hygiène à améliorer ; mesures correctives requises » pour les établissements mis en demeure de procéder à des mesures correctives.

Sont rendus publics :

1° Le nom de l’établissement ;

2° L’adresse de l’établissement ;

3° La date du dernier contrôle ;

4° La mention relative au niveau d’hygiène établie conformément à l’article 4.

Ces données sont mises à jour quotidiennement et présentées sur une carte interactive permettant la géolocalisation de l’établissement.

A la lecture de ce décret, on sait par avance que tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil, …

Notons que concernant « Niveau d’hygiène à améliorer ; mesures correctives requises », il n’est pas fait état du fait que l’établissement ait eu une ou plusieurs non-conformités, bienvenue dans le monde des bisounours …, il ne faut fâcher personne …

Notons que le rapport d’inspection même sous forme synthétique ne sera pas disponible

Notons qu’on ne sait pas à quelle sauce (check-list) les entreprises vont être contrôlées

Notons que seul le secteur de la restauration commerciale est concerné et non pas la restauration collective comme les cantines scolaires, cela serait sans doute explosif …

Voir les différences avec le système adopté et pleinement opérationnel au Royaume-Uni et celui qui va être adopté au premier semestre en en Belgique.

Sécurité du personnel et hygiène des locaux, des enjeux contraires ?

1
avr
Aucun commentaire
Classé dans 1er avril, Contamination, Contamination croisée, Curiosité, Environnement, Films vidéo, Hygiène, Machines, Microbiologie, Nettoyage-Désinfection, Normalisation, Nutrition, Rappel, Règlementation, Santé, Sécurité des aliments, TIAC, Union Européenne, Viande, Virus.

Sur le site d’Ameli (site de notre chère sécurité sociale), on trouve une mise à jour de la Recommandation du comité Technique National des Services, Commerces et Industries de l’Alimentation, « Bien choisir les revêtements de sol lors de la conception/rénovation/extension des locaux de fabrication de produits alimentaires ».

Pourquoi cette liste ? Chaque année, on dénombre plus de 30 000 chutes et glissades de plain-pied représentant 20 % des accidents du travail avec arrêt dans les activités des Services, Commerces et Industries de l’Alimentation.  Mais hélas, il n’est pas question du coût des maladies infectieuses d’origine alimentaire en France, sujet tabou ?

En gros, donc, pour éviter de glisser, c’est semble-t-il l’objectif à atteindre, il faut des sols adaptés, mais pourquoi ne pas souhaiter avoir des sols secs, sur cet aspect, on n’aura pas de réponse des préventeurs … comprenne qui pourra !

Comme nous allons le voir grâce aux photos de cette « recommandation », hélas, la conception hygiénique est maltraitée, car chacun le sait, la sécurité, qui n’a pas de prix, a un coût … et notre bonne mère sécu le fait savoir.

photo1Dans le glossaire il est fait référence à des organismes prestigieux, et donc, si vous rencontrez un problème d’hygiène suite à l’application de ces recommandations, n’hésitez à leur en faire part : INRS : Institut National de Recherche et de Sécurité, ANSES : Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail et AFNOR : Agence Française de Normalisation …

Sur la première page de la recommandation (photo de gauche), on trouve des magnifiques caillebotis avec nez antidérapant, composés de petits carrés généralement non nettoyables, sauf avec une brosse à dents …

photo2Sur la page 6, plusieurs problèmes sont illustrés en une seul photo (photo de droite) : il est exact de signaler comme le dit la légende, « Un carrelage posé avec des joints à base de résine époxy qui doivent être plans et à fleur du sol », mais que penser du collecteur d’eaux usées étroit peu ou pas nettoyable et générateur d’éclaboussures et que penser des roues creuses servant à manipuler le plan de travail au dessus …

Dans le volet Bibliographie, les documents EHEDG sur la conception hygiénique des équipements ne sont pas mentionnés pas plus que la directive relative aux machines et la norme ISO 14159, Sécurité des machines – Prescriptions relatives à l’hygiène lors de la conception des machines, des oublis ?

Ce n’est donc pas encore aujourd’hui que l’hygiène et la sécurité feront bon ménage, sans doute avance-t-on, lentement sur cette voie, mais c’est certainement avec des œillères …

photo3Enfin, un petit film sur le site d’Agrobat (dont est extraite la photo ci-contre) retrace comment on en est arrivé là …, c’est comique !

Sur ce sujet, on lira, sur le blog, EHEDG : Principes de conception hygiénique pour les usines alimentaires, La conception hygiénique et la nettoyabilité des équipements n’est pas un long fleuve tranquille, De la conception hygiénique et la nettoyabilité des équipements et L’ingénierie de l’hygiène est-elle un long fleuve tranquille ?

ooOOoo

 

Quelques idées d’articles auxquels vous avez échappé cette semaine :

  • L’Anses est-elle une agence indépendante ?

Si oui, elle aurait endossé les conclusions de l’EFSA sur le bisphénol A comme son homologue allemand, le BfR ; si oui, elle aurait réagi au Diagnostic et propositions à l’attention de Mesdames et Messieurs les ministres de l’Economie et des Finances, de l’Economie sociale et solidaire et de la Consommation, des Affaires Sociales et de la Santé, de l’Agriculture, l’agroalimentaire et de la forêt ; si oui, elle aurait marqué sa différence avec les pouvoirs publics sur la situation concernant les infections d’origine alimentaire à Campylobacter, etc.

  • Consommation de lait cru et risques

Deux agences d’évaluation des risques, Irlande et en Belgique, prennent position sur la consommation de lait cru sans oublier l’EFSA

  • Le glyphosate probablement cancérigène selon l’International Agency for Research on Cancer (IARC)

Lire des articles parus dans ForumPhyto, 1, 23 et 4, sans oublier La chimiophobie, une nouvelle « maladie » incurable … mais aussi un communiqué plus que dubitatif du BfR, Does glyphosate cause cancer?

Selon un communiqué du ministère de l’agriculture, le glyphosate « fait actuellement l’objet d’une réévaluation européenne à laquelle l’ANSES est partie prenante.L’Anses devra, ensuite, réévaluer toutes les préparations contenant du glyphosate utilisables en France. » Mais pourquoi, comme pour le bisphénol A, ne pas se contenter de l’avis de l’EFSA ?

  • Agriculture biologique

Selon l’Agence Bio (Baromètre Agence BIO/CSA 2014), parmi les raisons de consommer bio, « Les consommateurs bio réguliers ont de multiples motivations. Dans le trio de tête, on retrouve la préservation de la santé (62 %), de l’environnement (57 %) ainsi que la qualité et le goût des produits (48 %) ». Il faut aussi ajouter, « Pour ma sécurité, pour être certains que les produits soient sains (47%) ». Autant de points généraux qu’il est difficile voir impossible de prouver scientifiquement … voir aussi Les consommateurs de produits bio ont-ils un comportement moralisateur et suffisant ? et Les produits bio meilleurs que les produits conventionnels ? Peut-être oui ou peut-être non ?

  • Virus dans la chaîne alimentaire

La Food Standards Agency informe de la publication de deux rapports au Royaume-Uni sur les virus dans la chaîne alimentaire.

  • Alimentation des personnes âgées dans les EHPAD.

L’UFC-Que Choisir rend publique son enquête sur l’alimentation dans les Etablissements d’Hébergement pour Personnes Agées Dépendantes (EHPAD), qui révèle de graves carences en matière de prévention de la dénutrition. Sur la base de ce constat inquiétant, l’UFC-Que Choisir demande aux parlementaires d’instaurer au plus vite une obligation réglementaire sur la qualité nutritionnelle et sur les rythmes des repas servis.

Au final, on peut presque se demander si ce n’est pas tous les jours la journée sans viande dans les EHPAD, notre ministre de la santé devrait s’en préoccuper, mais ça c’est moins sûr …

  • Principe de précaution

A lire l’articleRéenchanter le risque : une proposition audacieuse », à propos du livre de Gérald Bronner, La planète des hommes, réenchanter le risque, Puf, septembre 2014.  A noter un colloque « Risques sanitaires, précaution et innovation », organisé par l’Anses et la Chaire de Développement durable de Sciences Po, le 24 juin 2016, va traiter de la bonne innovation, étonnant non ?

  • Alertes notifiées au RASFF pour des produits d’origine France au premier trimestre 2015

Il y a eu 19 notifications d’alertes (13 alertes liées à la présence de micro-organismes pathogènes) au cours du premier trimestre 2015, selon le RASFF, contre 13 notifications d’alertes en 2014 (10 alertes liées à la présence de micro-organismes pathogènes). Il y a des augmentations dont on se passerait !

  • Aggravation des risques de sécurité sanitaire des aliments en raison de la complexité de la chaîne alimentaire

Communiqué du bureau régional Europe de l’OMS du 31 mars 2015. « Nous sous-estimons considérablement le nombre réel de personnes souffrant de maladies imputables aux substances chimiques de la chaîne alimentaire et aux micro-organismes les plus courants tels que Salmonella et Campylobacter, et ce constat doit servir de sonnette d’alarme dans les nombreux domaines intervenant dans notre chaîne alimentaire. En effet, la défaillance de la sécurité sanitaire des aliments à quelque étape de cette chaîne, allant de l’environnement et de la production primaire à la transformation, au transport ou à la commercialisation, en passant par la restauration ou la préparation à domicile, peut entraîner d’importantes conséquences sanitaires et économiques », explique le docteur Zsuzsanna Jakab, directrice régionale de l’OMS pour Europe.

Le blog, le retour 2 !

30
mar
4 commentaires
Classé dans Curiosité, Hygiène, Microbiologie, Rappel, Règlementation, Santé, Sécurité des aliments.

Aux lecteurs du blog,

 Le blog qui s’était arrêté le 23 décembre 2014 va reprendre sous une forme différente. Le blog avait atteint l’âge de 5 ans et demi quand j’ai décidé de suspendre provisoirement sa parution, en accord avec la revue PROCESS Alimentaire qui l’héberge.

La revue PROCESS Alimentaire estime que le blog est très complémentaire de ses articles, même si le contenu du blog est indépendant de la revue.

plaque deco IMG_2172Il existe une confiance mutuelle entre la revue et le blog et la liberté de ton du blog n’a à aucun moment gêné la revue. C’est donc ensemble, PROCESS Alimentaire et le blog, que nous vous annonçons le retour après une parenthèse reposante de trois mois.

Mais le blog ne sera plus autant ce pourvoyeur de nombreux articles que vous avez préalablement connu, c’était un exercice difficile et chronophage.

Pour autant la lecture du blog, oh surprise, d’après les statistiques de fréquentation, et malgré une longue absence, est restée importante, signe de l’intérêt que vous lecteurs avaient accordé aux articles parus …

Dans ce nouveau départ, il est prévu une fréquence d’un article par semaine, complété par celui sur la « ronde des rappels », qui pourrait aussi s’appeler « Veuillez nous excuser pour la gêne occasionnée », terminologie qui conclut plus ou moins tout communiqué de rappel d’aliments, mais dont hélas vous n’entendez quasiment jamais parler …

Se poser la question de pourquoi n’est-on pas informer des rappels d’aliments en France sur un site commun de nos autorités est une question qui n’a pas lieu d’être pour nos autorités … comprenne qui pourra, mais rassurez-vous, demain peut-être …

C’est donc un nouveau départ plus en douceur dès le 1er avril 2015 que je vous propose et par avance merci de votre fidélité.

Bien à vous

Albert Amgar

Ronde des rappels 2014 : semaine 51

20
déc
Aucun commentaire
Classé dans Curiosité, Environnement, Microbiologie, Rappel, Règlementation, Santé, Sécurité des aliments, Union Européenne.

fin_blog_3

Commencées avec « La ronde des rappels : semaine 49 » de 2009, les notifications des produits cités ne prétendent pas à l’exhaustivité dans la mesure il n’est pas possible d’avoir accès à toutes les sources permettant d’identifier le retrait/rappel d’un produit. Les informations recueillies ci-après concernent les denrées alimentaires ou les aliments pour animaux de France ou distribués en France. Elles sont issues du portail RASFF (Rapid Alert System for Food and Feed ou Réseau d’alerte rapide pour les denrées alimentaires et les aliments pour animaux). Pour des raisons inconnues, la plupart des informations diffusées ne sont pas relayées par les autorités françaises auprès des consommateurs …

  • Référence RASFF 2014.1710, Salmonella (présence dans 25g) dans de la raclette au lait cru de France ; alerte notifiée par la France ; distribution France et Luxembourg. Date du prélèvement, 4 décembre, date de la notification de l’alerte, le 16 décembre 2014, délai trop long ! Aucune information de la part des autorités, étonnant non ?
  • Référence RASFF 2014.1707, Bacillus cereus (2,5 105 UFC/g) et Salmonella spp. (présence dans 25g) dans de la poudre de ceps de Chine ; alerte notifiée par la France. Distribution France, Belgique, Malaisie, Pays-Bas, Norvège. Date du prélèvement, 25 novembre, date de la notification de l’alerte, le 16 décembre 2014, délai beaucoup trop long !

Des problèmes techniques ou autres ont fait disparaître sur le site du RASFF les deux notification ci-dessus. Comme je les ai notées auparavant, je les indique malgré tout !

Tableau ci-dessous (à la date du 20 décembre 2014) de la liste des pathogènes identifiés dans les denrées alimentaires et les aliments pour animaux pour la semaine 51 de 2014 par les Etats membres.

sem51_path