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Le fond et la forme des audits tierce partie de sécurité des aliments

26
juil
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Classé dans Audit, Contamination, Contamination croisée, Curiosité, Environnement, Listeria, Nettoyage-Désinfection, Non classé, Réglementation, Santé, Sécurité des aliments, TIAC.

roy_costa1« Le fond et la forme des audits tierce partie dans la sécurité des aliments ». Il s’agit d’un texte de Roy Costa publié le 24 juillet 2014 dans Food Safety News.

À la suite de nombreuses éclosions nationales (Etats-Unis –aa) et internationales de maladies d’origine alimentaire, l’industrie alimentaire a subi à travers le monde de plus en plus de pressions afin de s’assurer que leurs produits soient sûrs, sains et conformes aux règlements gouvernementaux. La FDA et l’USDA ont l’autorité principale pour notre approvisionnement alimentaire à l’échelle nationale, alors que les Etats individuellement régissent habituellement les opérateurs alimentaires locaux via les services de l’agriculture et de la santé de l’État et du comté.

Le fardeau de santé publique des maladies d’origine alimentaire aux États-Unis est important, avec des milliers de cas hospitalisés. Le Centers for Disease Control and Prevention rapporte que les pathogènes sont responsables de 3 000 décès par an.

Les éclosions de maladies d’origine alimentaire coûtent à l’industrie alimentaire américaine des d’innombrables millions en réclamations et frais juridiques annuellement, ainsi que des crises liées aux causes et aux interruptions d’activité. (Un seul cabinet d’avocats a récupéré plus de 500 millions de dollars en dommages-intérêts pour les clients touchés par des maladies d’origine alimentaire.)

En réponse, les principaux distributeurs du monde (sous la houlette du GFSI -aa) exigent désormais que leurs fournisseurs, producteurs, conditionneurs, transformateurs et fabricants d’aliments prouvent le respect des règles de sécurité sanitaire et de qualité. Les sociétés d’audit, embauchées par les fournisseurs eux-mêmes, inspectent maintenant plusieurs milliers d’opérations alimentaires par an dans le monde entier. Ces nombreuses inspections peuvent effectivement rivaliser ou même dépasser ce que le gouvernement est capable de faire, ce qui fait que les référentiels privés de sécurité des aliments sont à la fois un gros business et un enjeu important de santé publique.

Les auditeurs suivent un ensemble de normes et de lignes directrices élaborées par le propriétaire du référentiel à l’organisme de certification. Le processus de création d’une « norme tierce partie » est en elle-même régie par l’Organisation internationale de normalisation, mieux connue sous le nom d’ISO. Beaucoup d’organismes de certification utilisent les règles d’accréditation de l’ISO pour les référentiels privés. D’autres normes sont utilisées qui n’ont pas d’accréditation, mais, dans les deux cas, l’organisme de certification paie un pourcentage du montant de l’audit au titulaire ou au propriétaire du référentiel. Les normes ISO se sont développées à travers un consensus ouvert et transparent qui implique les acheteurs et les vendeurs de produits, le gouvernement, la communauté scientifique et d’autres parties intéressées. Beaucoup de normes peuvent être retrouvées sur les sites Internet des organismes offrant de tels services. (Référentiels AIB, IFS, BRC, etc. –aa) En outre, il existe des lignes directrices qui aident à guider le processus d’audit et à avoir des règles et des procédures en place pour la réalisation de l’audit.

??????????????????????????????????????????????????????????????????En fin de compte, les audits fournissent à l’acheteur l’assurance que les fournisseurs respectent les règles qu’ils adoptent. On s’attend à ce qu’ils aient une responsabilité limitée pour démontrer la due diligence ou diligence raisonnable dans l’approvisionnement en matières premières. Toutefois, ces constatations ne protègent pas nécessairement l’exposition d’un vendeur ou d’un acheteur en cas d’éclosion ou si un consommateur est rendu malade ou a été lésé. Même lorsque les entreprises ont des résultats d’audit satisfaisants, ils peuvent être poursuivis en vertu de la doctrine de la « responsabilité stricte ». Dans ces cas juridiques, le plaignant n’a pas à prouver la négligence, mais seulement qu’« il a été lésé par le produit », et le produit était en quelque sorte « défectueux », par exemple, il était contaminé.

L’objectif de tout programme de sécurité des aliments, alors, devrait être de prévenir les maladies d’origine alimentaire ou le préjudice. L’audit indépendant par tierce partie en sécurité des aliments peut être un outil pour atteindre cet objectif, mais ces audits ne sont pas actuellement particulièrement capables de protéger la santé publique, car ils sont plus axés sur la limitation de la responsabilité juridique de l’acheteur. Toutefois, lorsque les normes tierce partie sont suivies, elles réduisent sans doute le potentiel de maladies de se produire. Leur respect est susceptible de conduire à une meilleure sécurité des aliments, mais les événements récents ont révélé des failles importantes dans le modèle d’audit tierce partie.

On a beaucoup écrit sur l’éclosion à Listeria monocytogenes en 2011 liée à des melons cantaloups qui a coûté la vie à 33 personnes dans l’une des éclosions les plus dévastatrices de ces dernières années (aux Etats-Unis –aa). Dans le procès du producteur/conditionneur, Eric Jensen, la FDA a émis l’avis que l’auditeur (employé par un organisme de certification avec qui M. Jensen avait un contrat) a été gravement déficient dans ses conclusions. La base de la critique de la FDA est que l’auditeur a constaté que le site avait un taux de conformité de 96 pour cent (niveau supérieur) par rapport au référentiel quelques jours avant qu’une éclosion ne soit identifiée, et il n’aurait pas trouvé un grand nombre de non-conformités rapportées plus tard par la FDA. Bien que la FDA soit d’avis que l’audit ait été imparfait, le cabinet d’audit soutient publiquement les conclusions de l’auditeur. La société d’audit, en dépit de ces critiques, se tient derrière l’auditeur et déclare : « Il a fait son travail avec beaucoup de soin. »

Ce n’était pas la première grave éclosion de maladies d’origine alimentaire où un auditeur est critiqué pour avoir donné une note supérieure à une installation qui s’est révélée plus tard être insalubre. En 2007, la Peanut Corporation of America a sciemment distribué des produits d’arachide contaminés par Salmonella et a provoqué un rappel de plus de 4000 aliments différents, et a ainsi pris la vie de sept personnes et en rendant malades beaucoup d’autres. Bien que l’installation ait été très mal entretenue et a eu un problème grave de rongeurs, l’auditeur avait donné à l’entreprise une note supérieure plusieurs mois auparavant.

Les audits tierce partie souffrent clairement de sérieux inconvénients en matière de protection de la santé publique. Les auditeurs privés n’ont pas le pouvoir d’arrêter la production ou de procéder à un embargo ou de condamner des produits alimentaires ; cela ne peut être fait que par des agences chargées de la réglementation qui ont l’autorité juridique. En fait, les auditeurs n’ont aucune autorité juridique. En vertu du contrat, « l’audité » peut limiter la portée de l’audit, arrêter un audit, ou tout simplement l’annuler. Le vrai pouvoir dans le modèle tierce partie est détenu par l’acheteur. Si l’acheteur n’est pas satisfait des résultats de l’audit, l’acheteur peut annuler la commande ou positionner le fournisseur avec un statut provisoire. L’acheteur peut également choisir de ne pas faire affaire avec un fournisseur qui refuse d’être audité. Les acheteurs, cependant, exercent rarement ce pouvoir puisque les acheteurs ont généralement besoin d’avoir des produits et ont besoin d’autant de sources de produits que possible. Limiter la concurrence au fil du temps met l’acheteur dans une mauvaise position ; par conséquent, les questions de prix, de disponibilité et de qualité peuvent dépasser les scores de la sécurité des aliments. Il est bien connu dans l’industrie que les acheteurs de produits peuvent, et ils le font, aller à l’extérieur de la chaîne alimentaire approuvée chaque fois qu’ils sentent qu’ils doivent le faire.

Si l’auditeur trouve que le produit est sensible à la contamination, le meilleur qu’il ou elle puisse faire pour protéger la santé publique est de réduire le score d’un item dans la question de l’audit, réduisant ainsi le score de l’audit (par exemple, l’absence de validation correcte de la qualité sanitaire de la recirculation de l’eau dans une opération de lavage des produits et cela se traduira par une perte de plus 10 points sur les 1000 points disponibles). Moins fréquemment, un auditeur peut réellement voir un vrai problème de contamination, tels que du verre brisé en contact avec un aliment ou une contamination fécale. Dans ce cas, l’auditeur peut poser une question pertinente, et, si cette cause conduit à l’échec de l’audit (et très peu de questions le font), l’audit peut s’arrêter, mais seulement à la demande de l’entité auditée ; l’auditeur n’a pas la capacité d’arrêter l’audit.

Bien que l’auditeur puisse aviser immédiatement le cabinet d’audit de ces faits dangereux détectés, les résultats peuvent prendre plusieurs jours pour obtenir de l’acheteur le rapport. Dans l’intervalle, mais il serait illégal de le faire, l’audité peut ignorer les conclusions et continuer à vendre et à distribuer des produits contaminés.

Pour résumer, les auditeurs n’ont pas le pouvoir d’arrêter la production et un pouvoir très limité pour protéger la santé publique quand ils trouvent des produits contaminés ou des conditions qui mènent à cela.

Comme alternative, les auditeurs ne peuvent pas rendre compte de leurs conclusions aux autorités. Les règles de dénonciation selon la FDA ne protègent pas les auditeurs qui sont sous contrat de garder confidentielles les conclusions de l’audit. Ces ententes contractuelles empêchent un auditeur de signaler des aliments contaminés ou des conditions scandaleusement insalubres aux agents locaux de la santé publique, la FDA ou l’USDA, mais cela peut changer selon les règlements proposés par la FDA dans le cadre du Food Safety Modernization Act.

Actuellement, les auditeurs annoncent leurs visites, parfois des mois à l’avance. Les conditions qu’un auditeur peut trouver le jour de l’audit peuvent être très différentes des conditions maintenues habituellement,  ainsi les conclusions de l’audit peuvent être hautement tendancieuses. Les auditeurs expérimentés trouveront des signes révélateurs de négligence dans un établissement, mais d’autres problèmes graves peuvent être cachés temporairement. La fourniture d’un audit non annoncé est dans le protocole de certains organismes de certification, mais les audits inopinés se produisent rarement.

Contrairement à leurs homologues de la FDA, des auditeurs tierce partie ne font pas d’analyses ou de prélèvements. Les auditeurs doivent se fier aux analyses et aux prélèvements de l’entreprise afin de valider la plupart des règles essentielles d’hygiène. Les auditeurs peuvent être empêchés de prélever des échantillons de produits, de procéder à la vérification du nettoyage-désinfection par ATPmétrie, d’utiliser une sonde à pH ou à potentiel redox, un thermomètre ou une languette pour la mesure de la titration d’un produit chimique. Les données des analyses maison peuvent être imparfaites, mais l’auditeur n’a aucun moyen de vérifier cela, sauf à demander au moment de l’audit une démonstration. C’est un piètre substitut au lieu d’exécuter réellement l’analyse soi-même parce que les opérateurs ne suivent pas toujours les méthodes appropriées** et des défauts dans l’échantillonnage sont souvent détectés au cours des audits.

En particulier dans le contrôle des activités des produits frais, une information beaucoup plus scientifique est nécessaire pour renforcer les critères de l’audit. Dans le cas de Jensen Farms, par exemple, le tribunal a jugé que du chlore aurait dû être utilisé pour désinfecter les melons cantaloups. Cependant, la littérature scientifique ne soutient pas l’idée qu’une réduction significative de Listeria par un lavage au chlore une fois que le micro-organisme est attaché au fruit. Les lignes directrices de la FDA au moment de cette éclosion n’exigeaient pas spécifiquement l’utilisation du chlore lors d’une utilisation unique de l’eau potable utilisée pour laver et refroidir les melons cantaloups. Le référentiel d’audit utilisé par le cabinet d’audit n’avait pas non plus besoin spécifiquement l’utilisation d’un désinfectant comme le chlore pour désinfecter l’eau pour un usage unique. L’incertitude scientifique sur des règles essentielles d’hygiène et l’évolution des points de vue sur la nécessité de contrôles rend le processus d’évaluation volatile et beaucoup plus d’information scientifique pratique et solide est grandement nécessaire.

Les équipements utilisés dans la plupart des environnements de transformation alimentaire (opérations qui touchent la production, ou autrement dit modifient la forme de produits crus) doit répondre à des règles de conception bien établies pour le nettoyage et la désinfection. Des organismes de normalisation indépendants tels que UL et NSF (sans oublier EHEDG en Europe –aa) établissent généralement des critères de conception pour les équipements de transformation des aliments dans les industries réglementées, mais ces certifications font défaut dans les opérations de conditionnement des fruits et légumes entiers frais. Chez Jensen Farms, l’équipement de conditionnement utilisé n’a pas eu à répondre à l’approbation préalable par un organisme reconnu, mais la FDA a conclu que l’état du convoyeur* de la ligne de conditionnement a été un facteur contributif important de l’éclosion. Un auditeur est dans une position difficile pour prendre une décision sur l’acceptabilité d’une variété d’équipements dans une grande variété de conditions d’utilisation, sans l’aide de ces certifications ou d’agences approbation préalable.

Les installations production actuellement n’ont pas besoin de répondre à un processus d’approbation préalable pour leur construction physique. Lors de l’éclosion de Jensen Farms, le défaut de s’acquitter correctement et de maîriser les eaux usées a été jugée significative par la FDA, tout comme l’état des sols, mais nous n’avons pas de lignes directrices publiées pour la construction de l’installation elle-même. Compte tenu de la grande diversité des lieux et la variété des exploitations de production en général, l’absence d’un code de construction formelle est un obstacle majeur à un audit efficace.

L’examen des résultats de laboratoire renforce considérablement la validité de l’audit, mais seulement lorsque les résultats sont exacts et vérifiables et que les méthodes d’échantillonnage et les résultats sont exempts de biais. Malheureusement, la façon dont le référentiel utilisé est interprété, les essais sur les équipements sont facultatifs. S’il y avait une chose qui aurait alerté l’opération d’un danger, cela aurait été un résultat positif à Listeria dans l’équipement ou un prélèvement de l’environnement. Si les investigateurs peuvent retrouver l’agent après dans les aliments, il est logique, en particulier avec des produits ayant un potentiel connu pour provoquer des maladies, que les résultats des analyses des produits et de l’environnement soient essentiels pour une évaluation du véritable niveau de sécurité sanitaire d’une entreprise. Ceci est un autre domaine qui nécessite un renforcement significatif.

Alors que les entreprises d’audit sont à juste titre porté sur le processus, leurs auditeurs le suivent dans la réalisation d’un audit, mais il est clair que les résultats de l’audit manquent souvent de substance. Il est également clair que les auditeurs ne sont pas entièrement capables de détecter des opérations non sûres avec la façon dont les audits sont réalisés maintenant, et ils sont totalement inefficaces pour arrêter ces opérations, même quand ils observent une contamination grave des produits.

Parce que le tribunal dans l’affaire Jensen Farms a trouvé que les auditeurs avaient une responsabilité légale et morale de protéger la santé publique, les sociétés d’audit et l’industrie alimentaire dans leur ensemble doivent répondre à ces faiblesses fondamentales et résoudre le problème des auditeurs qui sont responsables de la protection de la santé publique sans l’autorité légale de le faire.

© Food Safety News

* Ne pas hésiter à se séparer d’un convoyeur qui reste toujours positif après nettoyage-désinfection.

**J’ai le souvenir lors d’un autocontrôle de la température de barquettes de produits frais râpés avoir vu une opératrice mettre un tiret systématiquement devant la température qu’elle notait soigneusement sur la feuille d’enregistrement. Après un certain temps, on a interprété les résultats comme n’étant pas, par exemple, +2°C, mais -2°C …

Une curiosité aux Etats-Unis : des fruits frais rappelés en raison d’une contamination par Listeria

21
juil
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Classé dans Contamination, Contamination croisée, Curiosité, Environnement, Hygiène, Listeria, Machines, Nettoyage-Désinfection, Rappel, Réglementation, Santé, Sécurité des aliments.

« Curiosité : des fruits frais rappelés en raison d’une contamination par Listeria », source Food safety News du 20 juillet 2014.

Une entreprise de  Californie a émis un rappel volontaire à l’échelle nationale de plusieurs variétés conventionnelles et bio de fruits à noyau conditionnées entre le 1er et le 12 juin en raison de la contamination potentielle par Listeria monocytogenes. Aucun cas de maladie n’a été signalé.

?????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????Wawona Packing Co. de Cutler en Californie a publié un rappel volontaire samedi de variétés conventionnelles et bio de pêches et des nectarines jaunes, de pêches et nectarines blanches, de prunes noires et de pluots (hybride prune/abricot).

Les produits rappelés ont été expédiés directement aux distributeurs et aux grossistes qui revendent les produits et ont été expédiés dans des sachets et des boîtes.

Les produits rappelés peuvent être identifiés sur une liste et des photos. Toute personne qui a les produits rappelés en sa possession ne doit pas les consommer et doit les jeter.

Wawona Packing a déjà informé ses clients et a demandé qu’ils enlèvent les produits rappelés du marché. L’entreprise procède volontairement au rappel de ces produits en contact avec la Food and Drug Administration.

Le rappel a été initié sur la base d’analyses internes de l’entreprise. La compagnie a déclaré qu’elle a fermé la ligne de conditionnement impliquée, rénové l’équipement, désinfecté l’installation et entrepris de nouvelles analyses et les nouveaux résultats des analyses quotidiennes se sont révélés négatifs.

Après que le rappel de Wawona ait été publié, Wegmans, une chaîne de supermarchés basée à New York avec des magasins à New York, Pennsylvanie, Maryland, New Jersey et Virginie, a annoncé dimanche qu’il rappelait plusieurs desserts aux fruits vendus à partir du 1er au 20 juin parce qu’ils pouvaient contenir des pêches, des nectarines et des prunes fraîches fournies par la société de conditionnement de fruits de Californie.

Ces desserts comprennent divers gâteaux, tartes, tartelettes et autres pâtisseries et sont étiquetés avec une étiquette imprimée qui permettra d’identifier le produit et le code barres. Une liste complète des produits rappelés est disponible ici.

Les clients qui ont acheté les produits rappelés chez Wegmans entre le 1er juin et le 20 juillet devraient jeter le produit à la maison et aller au centre de services afin d’identifier le produit pour un remboursement complet.

Commentaires : Je crois que c’est une première car je ne pense pas que ces produits frais aient subi un traitement contrairement aux melons cantaloups, à suivre …

Risques associés aux préparations bactériennes et enzymatiques pour le dégraissage et le nettoyage

11
juil
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Classé dans Contamination, Curiosité, Environnement, Hygiène, Nettoyage-Désinfection, Santé, Sécurité.

Risques associés aux préparations bactériennes et enzymatiques pour le dégraissage et le nettoyage. Bégin, Denis; Gérin, Michel; Lavoie, Jacques. Études et recherches / Rapport R-829, Montréal, IRSST, 2014, 103 pages. Projet : La substitution des solvants par les préparations bactériennes et enzymatiques pour le nettoyage et le dégraissage. La publication est téléchargeable en intégralité ici.

instant laundryRésumé.

En remplacement des dégraissants et nettoyants traditionnels, qu’ils soient à base de solvants ou de tensioactifs, on retrouve actuellement sur le marché des préparations à base de bactéries et d’enzymes pour le nettoyage de surfaces en milieux industriel et institutionnel. Des préparations enzymatiques sont également utilisées en milieu de soins pour le nettoyage d’instruments chirurgicaux et diagnostiques. Mises à part les fiches de données de sécurité et les fiches techniques fournies par les fabricants, les hygiénistes et les médecins du travail et de l’environnement, ainsi que les autres spécialistes du domaine de la santé et de la sécurité du travail ne possèdent que des données fragmentaires sur la composition de ces préparations. De plus, ces préparations sont souvent publicisées comme des produits idéaux, verts et atoxiques. La présente monographie vise à présenter de façon synthétique et critique les connaissances sur les aspects de la santé, de la sécurité, de l’environnement et techniques de ces produits biotechnologiques, de manière à guider les intervenants qui sont appelés à les évaluer, à les recommander ou à les utiliser. La méthode retenue consiste principalement en une revue de la littérature scientifique et technique. Cette recherche repose aussi sur la consultation d’intervenants représentant divers secteurs d’activité et sur l’observation de quelques milieux dans lesquels les travailleurs sont exposés à ce genre de préparations.

Les biofontaines utilisent des préparations aqueuses formulées avec des bactéries de risque infectieux faible ou nul (dites de groupe 1). Elles remplacent de plus en plus souvent les fontaines traditionnelles à base de solvants, particulièrement dans le domaine de l’entretien mécanique. L’élimination des solvants y est avantageuse d’un point de vue sécuritaire et sanitaire. À l’exception d’un cas de sensibilisation respiratoire rapporté dans la littérature, aucun effet sur la santé n’a été démontré à la suite de leur utilisation. Par ailleurs, la protection de l’environnement y est renforcée puisque les bactéries transforment en grande partie les salissures organiques (huiles, graisses) en eau et en dioxyde de carbone. Cependant, certaines études montrent la présence, dans des biofontaines en cours d’utilisation, de bactéries présentant un risque infectieux modéré pour les individus (dites de groupe 2). Il est recommandé aux utilisateurs de se protéger la peau (gants, vêtements à manches longues) et les yeux (lunettes de sécurité) ainsi que de se conformer à diverses mesures d’hygiène individuelle. La génération d’aérosols est possible lorsqu’il y a utilisation de soufflettes pour le séchage des pièces nettoyées. En l’absence de données sur ce type d’exposition par inhalation, il est recommandé de rincer les pièces à l’eau avant ce séchage ou sinon de porter un appareil de protection respiratoire (APR) à pièce faciale filtrante (masque jetable) N-95. Ce travail a également permis de documenter l’utilisation de préparations bactériennes appliquées par pulvérisation. Dans ce type de situation, le port d’un APR à pièce faciale filtrante (masque jetable) N-95 serait recommandé, en l’absence de données métrologiques.

Les détergents à base d’enzymes sont largement utilisés dans les milieux de soins pour le nettoyage des instruments chirurgicaux et diagnostiques. La littérature rapporte quelques cas de sensibilisation respiratoire de travailleurs manipulant de tels nettoyants à base de subtilisine, l’enzyme la mieux documentée dans ce contexte et la seule faisant l’objet d’une valeur limite d’exposition au Québec. Il n’y a encore que très peu de données sur les niveaux d’exposition à la subtilisine ni aux autres enzymes dans ces milieux, bien que la présence d’aérosols soit possible, notamment lors de l’utilisation de soufflettes pour le séchage des instruments. En attendant que les niveaux soient mieux documentés, si l’on soupçonne la présence d’aérosols et que l’on ne dispose pas de hotte de laboratoire, notamment lors du lavage manuel des instruments, il semble approprié de recommander le port d’un APR à pièce faciale filtrante (masque jetable) et non d’un simple masque chirurgical. Par ailleurs, pour la protection contre de possibles éclaboussures, l’APR devrait résister aux projections liquides. Le port de gants, blouse à manches longues, protection oculaire, bonnet et couvre-chaussures est aussi recommandé.

Ce travail a permis en outre de documenter certaines autres utilisations de préparations bactériennes ou enzymatiques, particulièrement pour l’entretien ménager institutionnel et dans l’industrie alimentaire. On note une documentation très insuffisante sur la composition de ce type de produits, leurs utilisations, les expositions professionnelles et leurs effets potentiels sur la santé.

En ce qui concerne plus spécifiquement les nettoyants bactériens, il faut noter la possibilité qu’ils soient certifiés sur une base volontaire avec une étiquette écologique selon la norme ÉcoLogo DCC-110, qui assure que certains critères liés à la protection de l’environnement sont respectés, qu’ils ne contiennent pas de microorganismes pathogènes et qu’ils sont techniquement performants. Dans un contexte où l’encadrement réglementaire de l’utilisation de microorganismes en milieu de travail est insuffisant, l’application de cette norme doit être encouragée.

En conclusion, les nettoyants et dégraissants bactériens et enzymatiques occupent une place de plus en plus importante sur le marché. Bien que dans l’ensemble peu d’effets sur la santé en milieu de travail aient été documentés à la suite de leur utilisation, les risques existent et divers moyens de protection individuelle sont recommandés, selon les circonstances. Des études métrologiques devraient être entreprises pour documenter la nature et les niveaux d’exposition aux bactéries et enzymes dans les circonstances les plus susceptibles de générer des aérosols. Vu la nature exploratoire des données de terrain dans cette recherche, il serait important également qu’une cartographie soit établie sur l’utilisation de ces produits dans les milieux de travail québécois.

En matière de rappels de produits, nous sommes entrés dans la quatrième dimension !

2
juil
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Classé dans Contamination, Contamination croisée, Curiosité, Environnement, Hygiène, Nettoyage-Désinfection, Rappel, Réglementation, Santé, Sécurité.

Un lecteur du blog me disait récemment à propos du rappel de reblochons, j’essayais d’expliquer l’inexplicable. En tentant de comprendre le traitement des alertes, on entre dans « La quatrième dimension » !

Eh bien, il ne croyait pas si bien dire, car effectivement, nous voilà entrés dans la quatrième dimension avec ce dernier communiqué de rappel du 2 juillet 2014 la DGCCRF.

kit_nettoyage_cl680Rien que de très anodin au demeurant …

Avis de rappel d’un kit de nettoyage pour écran et clavier d’ordinateur de la marque 3M
Nom du produit : Kit de nettoyage pour écran et clavier d’ordinateur
Marque : 3 M
Désignation ou modèle :
Screen and Keyboard Cleaner CL680.
Anomalie : Eventuelle contamination bactérienne découverte à la suite de tests sur des échantillons de produit
Mesures prises par le professionnel : Retrait volontaire du produit du marché
Campagne de rappel auprès des consommateurs en vue d’un retour du kit complet (le flacon, la brosse et les peaux de chamois) auprès de 3M pour obtenir le remboursement

Un petit rappel des faits va vous instruire, et comme souvent en pareil cas, un petit retour en arrière est nécessaire …

Tout a commencé le 18 juin 2014 avec un communiqué d’un site officiel suisse sur une « Campagne volontaire de rappel du kit de nettoyage pour écran et clavier d’ordinateur 3M™ Screen and Keyboard Cleaner CL680 ».

Le 23 juin 2014 dans un article du 23 juin 2014, Un rappel dans un pays peut-il en cacher un dans un autre pays ?, je relatais ce communiqué suisse, mais je faisais aussi état de distributeurs sur Internet qui curieusement mettaient en avant pour ce produit, les mentions, Article indisponible », « Actuellement indisponible », « Rupture de stock », « En cours de réapprovisionnement ».

Dernier point, mais oh combien important, comparez les communiqués de 3M France et de 3M Suisse et vous comprendrez. C’est étonnant la différence de traitement de l’information pour le consommateur !

Par exemple, le consommateur français ne saura pas :

Aucun incident, ni aucune réclamation en matière de santé n’ont été signalés à 3M et le risque potentiel pour les personnes en bonne santé est considéré comme étant très faible. Il existe cependant des populations sensibles, telles que les personnes dont le système immunitaire est fragilisé, ou atteintes de troubles pulmonaires structurels. La bactérie découverte, la Burkholderia cepacia, est largement répandue ; on la rencontre couramment dans les environnements tels que les sols, les légumes et les racines de différentes plantes, et certaines surfaces. »

Je crois donc, par cet exemple, confirmer que nos autorités, en matière de rappels de produits, sont définitivement entrées dans la quatrième dimension, CQFD, et que 3M qui nous prend pour des billes ! Surtout ne cherchez pas à comprendre car c’est le propre de la quatrième dimension …

Joints d’étanchéité dans les équipements alimentaires

23
juin
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Classé dans Contamination, Curiosité, Hygiène, Nettoyage-Désinfection, Santé, Sécurité des aliments.

o-ringLa revue New Food 3/2014 publie un article sur « EHEDG : Joints d’étanchéité dans les équipements alimentaires ». Extraits.

Cet article vise à donner un aperçu sur les besoins particuliers sur la conception hygiénique des joints d’équipements alimentaires et également les principes pour des solutions actuelles des joints statiques et dynamiques. La prochaine nouvelle ligne directrice de l’EHEDG traitera du sujet des joints et va offrir une grande aide au concepteur et à l’utilisateur qui veut sélectionner une bonne solution d’étanchéité hygiénique.

Comment fonctionne un joint ?

Si vous excluez le sujet de la fuite dynamique ou de la perméation gazeuse à travers les matériaux d’étanchéité, la réponse est simple. Un joint d’étanchéité fonctionne – autrement dit, il scelle – lorsque la pression de contact entre le joint et les surfaces en contact des pièces reliées est plus élevée que la pression du système. Un fabricant de joint prendra ce simple fait en considération en concevant une intervention adéquate entre le joint et la gorge d’installation recommandée. La gorge est définie par la forme ainsi que par les dimensions et les tolérances admissibles. La figure ci-contre illustre le principe de base quand un joint d’étanchéité est installé par compression et les forces de compression du matériau d’étanchéité créent une force normale sur la surface de contact de la garniture d’étanchéité. Toute la pression du système ajoutée augmente la force de contact, parce que les matériaux en caoutchouc agissent comme des fluides à haute viscosité.

Légende de l’image. Principe d’un joint torique appelé aussi O-ring.

NB : L’article ainsi que la revue New food peuvent être obtenus gratuitement en s’enregistrant sur ce lien.