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France : La politique de la sécurité sanitaire des aliments a-t-elle du plomb dans l’aile ?

17
déc
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Classé dans Curiosité, Environnement, Non classé, Règlementation, Santé, Sécurité des aliments, Union Européenne.

fin_blog_6Sur le portail de la modernisation de l’action publique, on peut lire à propos de l’« Évaluation de la politique de sécurité sanitaire des aliments : rapport de diagnostic » :

La politique de sécurité sanitaire des aliments (SSA) a pour objectif de prévenir et de réduire les risques sanitaires (production, importation, transformation et distribution des animaux, des végétaux et des denrées destinées à l’alimentation humaine). L’évaluation de la gestion de la politique de sécurité sanitaire des aliments a été décidée par le gouvernement en décembre 2012. Elle a été confiée à une équipe composée de membres de l’Inspection Générale des Finances (IGF), de l’Inspection Générale des Affaires Sociales (IGAS) et du Conseil général de l’alimentation, de l’agriculture et des espaces ruraux (CGAAER).
imgresA l’issue de l’évaluation, cinq axes de progrès ont été identifiés par la mission :
  • maintenir la vigilance en matière de sécurité sanitaire des aliments ;
  • agir en faveur d’un système européen plus intégré ;
  • au plan national, un besoin d’orientation explicite, de synergies, d’échange et  de mutualisation ;
  • éviter l’affaiblissement des contrôles ;
  • renforcer la transparence et la communication vis-à-vis du public.

Que ceux qui ont trouvé autre chose que des vœux pieux dans ce texte lèvent la main ! Mais que pensez de l’axe, « éviter l’affaiblissement des contrôles » qui ne signifie pas du tout « renforcement des contrôles » …

L’axe, « au plan national, un besoin d’orientation explicite, de synergies, d’échange et  de mutualisation » est lui aussi assez cocasse car on sait que sur le terrain, la relation entre la DGCCRF et la DGAL, ça ne marche que peu ou pas, alors … la synergie !

Ça me rappelle les « additions dynamiques » du célèbre illusionniste Monsieur Sapin, qui disait en son temps, qu’« En matière de croissance, 2 + 2 ne font pas 4, mais 5, en quelque sorte. » On voit où on en est aujourd’hui, eh bien, c’est un peu pareil concernant la politique de sécurité sanitaire des aliments … qui emprunte la même démarche que la lutte contre le chômage, c’est dire …

Lors de la « Remise du rapport relatif à la politique de sécurité sanitaire des aliments », Les ministres ont salué la qualité de l’analyse menée par les auteurs du rapport et arrêté un plan d’action à mettre en œuvre conjointement par la direction générale de l’alimentation, la direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes et la direction générale de la santé en lien avec les agences sanitaires concernées.

On serez tenter de dire un énième plan d’action … et tout ça pour nous dire que la politique de la sécurité sanitaire des aliments bat de l’aile en France, mais que grâce à l’Europe, cela ira mieux demain, bien triste en vérité !

NB : On lira aussi Sécurité sanitaire des aliments, un rapport pointe du doigt la partie émergée de l’iceberg et Campylobacter, le pathogène d’actualité dans le rapport sur la politique de sécurité sanitaire des aliments en France.

A propos des poules pondeuses et Salmonella en France

27
nov
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Classé dans Contamination, Contamination croisée, Curiosité, Environnement, Hygiène, Microbiologie, Non classé, Règlementation, Salmonella, Santé, Sécurité des aliments, TIAC, Union Européenne, Volaille.

bacterie_pouletGuyane 1ère rapporte le 26 novembre 2014 la « Destruction d’un élevage de 3800 poules pondeuses contaminées par la salmonelle »

3800 poules pondeuses ont été abattues hier dans l’ouest Guyanais à Mana. Un élevage complet. Les services sanitaires veulent ainsi prévenir tout risque d’intoxication alimentaire à la salmonelle,

L’élimination complète de cet élevage de poules pondeuses a eu lieu mardi après-midi à Mana. La présence de salmonelles avait été e le 10 novembre dernier et l’arrêté préfectoral de destruction pris dans la foulée. Les services sanitaires ont donc appliqué rigoureusement la réglementation. Ils veulent prévenir tout risque d’intoxication alimentaire à la salmonelle. La bactérie peut provoquer des diarrhées, de légères fièvres et des vomissements. Des intoxications généralement bénignes, mais qui parfois provoquent des complications chez les individus les plus fragiles.

Et il y a eu « l’abattage de ses 3800 poules et la destruction de près de 60 000 œufs. » L’exploitant s’explique mal l’origine précise de cette infection mais c’est un coup dur pour lui car il n’était visiblement pas assuré et a perdu ainsi un investissement de 75 000 euros.

Voilà pour les faits qui sont tout de même assez sévères, car je n’ai pas lu ou vu de semblables actions, si l’on en juge par rapport à la prévalence des salmonelles dans les poules pondeuses en métropole, voir L’EFSA évalue l’impact d’une réduction possible de Salmonella chez les poules pondeuses.

Il faut rappeler comme le faisait Tom Ross dans un article récent, l’incidence des maladies d’origine alimentaire, comprenant la salmonellose, la campylobactériose, la listériose et même la typhoïde n’ont pas baissé depuis 1999, et même, le taux par habitant a augmenté légèrement. Cette situation semble s’appliquer à travers le monde ‘développé’ (CDC, 2013). Pour la France, on peut dire sans se tromper cela de la salmonellose continue de bien se porter, voir Tendances en Europe pour 2012 pour les maladies d’origine alimentaire et hydrique et les zoonoses.

Les éclosions à Salmonella en France sont pourtant presque secret défense, tout juste a-t-on su ce qui s’est passé dans l’Est de la France cet été, et, il y aurait d’ailleurs beaucoup à dire sur les pratiques d’un distributeur dans cette affaire … voir les articles suivants :

Comme me le rapportait un internaute anonyme à pros de cet épisode dans l’Est de la France, «  les œufs largement souillés dans toutes les unités de vente, n’auraient jamais du partir pour la vente au détail mais en casserie avec un traitement thermique. »

Malheureusement, il semble qu’il n’y ait pas de casserie d’œufs en Guyane … d’où la destruction !

Rappel de fromages de chèvre au lait cru AOP pour cause de présence de Escherichia coli O26

21
nov
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Classé dans Contamination, Contamination croisée, Curiosité, E. coli, Environnement, Non classé, Rappel, Règlementation, Santé, Sécurité des aliments.

Auchan rapporte sur son site rappel qualité, un communiqué du 20 novembre 2014 de la société Eurial, 24, rue de la Rainière, CS 42738, 44327 NANTES Cedex 3

La Société EURIAL procède au retrait de la vente du produit suivant :
  • Nom : Fromage de chèvre au lait cru AOP
  • Marque commerciale : Pouligny Saint Pierre fabriqué et affiné par Eurial Tournon Saint Martin (36220)
  • Type de conditionnement : 150g et 250g
  • N° de lot : Y14286
  • DLC/DLUO : 12/12/14
  • Numéro d’identification vétérinaire :
  • Période de commercialisation : à partir du 06/11/14.
En effet, un contrôle a mis en évidence, dans ces produits, la présence de Escherichia coli O26.
Il est donc demandé aux personnes qui détiendraient ces produits de ne pas les consommer et de les rapporter au point de vente où ils ont été achetés.
Les Escherichia coli O26 peuvent entraîner dans la semaine qui suit la consommation, des gastro-entérites éventuellement hémorragiques, accompagnées ou non de fièvre, et pouvant être suivies de complications rénales sévères chez les jeunes enfants Les personnes qui auraient consommé les produits mentionnés ci-dessus et qui présenteraient ce type de symptômes sont invitées à consulter sans délai leur médecin traitant en lui signalant cette consommation et la nature du germe contaminant.

NB : C’est, je crois, le quatrième rappel de fromages causé par la présence de E. coli O26 en France depuis le début de l’année … mais peut-être qu’un lecteur a des informations plus complètes. On lira aussi Emergence d’un clone virulent de E. coli O26 en Europe.

Pas encore de nouvelles de nos autorités tant des ministères de l’agriculture que de la santé, comme d’hab ?

Royaume-Uni : Faire cuire le poulet ne réglera pas le problème de Campylobacter

20
nov
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Classé dans Campylobacter, Contamination, Contamination croisée, Curiosité, Hygiène, Microbiologie, Non classé, Santé, Sécurité des aliments, Volaille.

« Royaume-Uni : Faire cuire le poulet ne réglera pas le problème de Campylobacter », source Doug Powell du barfblog du 19 novembre 2014.

Le British Poultry Council (BPC) a dit The Grocer que les articles dans les médias selon lesquels les supermarchés vendent sciemment des poulets contaminés par Campylobacter peut induire en erreur les consommateurs, et qu’« une cuisson correcte et l’observation d’une bonne hygiène en cuisine » régleront le problème. Il est facile de tancer les consommateurs mais que font les producteurs pour réduire le risque ? dit Doug Powell.

campy_freeUn article paru (le 19 novembre) dans The Times a cité des données du BPC qui ont montré que 24% des prélèvements testés au hasard parmi une série de 5 000 poulets étaient positifs avec les taux les plus élevés de contamination par Campylobacter.

Les résultats étaient similaires à ceux révélés en août dans la première série de résultats trimestriels d’une enquête sur 12 mois actuellement entreprise par la FSA sur la prévalence et le taux de contamination par Campylobacter sur des poulets entiers réfrigérés et de leur emballage. L’enquête de la FSA a montré que 16% des poulets avaient les taux les plus élevés de contamination avec plus de 1000 unités formant colonie par gramme (ufc) et 26% entre 100 et 1000 ufc/g.

Le directeur général du BPC, Andrew Large, a dit que l’article du Times est basé sur un petit échantillon d’analyses, conçu pour aider les membres du groupe de travail mixte sur Campylobacter dans leurs opérations.

« Comme les données ne sont ni complètes, ni statistiquement robustes, elles ne seront pas utiles aux consommateurs et risquent de les induire en erreur », a-t-il averti, ajoutant : « Les consommateurs ont un rôle clé à jouer car une bonne hygiène en cuisine restera la pierre angulaire de la prévention des maladies d’origine alimentaire. »

Un porte-parole du British Retail Consortium a dit : « Aussi longtemps que Campylobacter est présent dans la chaîne alimentaire, et nous ne disposons pas encore de solution malgré nos meilleurs efforts, nous devons maintenir le message très fort que le poulet cru doit être manipulé avec une attention appropriée et la diffusion de données incomplètes pourrait diluer ce message aux consommateurs et conduire à la confusion. »

La FSA doit publier la semaine prochaine la deuxième série de résultats trimestriels de son enquête sur Campylobacter, et qui aussi citera et blâmera (name-and-shame) les noms des distributeurs ayant les pires résultats sur les poulets contaminés par Campylobacter.

NB : La question subsidiaire est de savoir si le British Retail Consortium défend les intérêts des entreprises alimentaires ou les consommateurs et la sécurité des aliments est-elle soluble dans les certificats privés ?

Quand la présence de Listeria monocytogenes devient listériose dans les médias et Lysteria dans le communiqué du distributeur ! Veux-t-on vraiment nous faire peur ?

18
nov
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Classé dans Contamination, Contamination croisée, Hygiène, Listeria, Microbiologie, Non classé, Rappel, Règlementation, Santé, Sécurité des aliments, Viande.

C’est sans commentaires ce court article paru (hélas) sur RTL.be du 17 novembre 2014 en Belgique.

Au départ nous avons les autorités suisses qui ont signalé le 14 novembre 2014, une « mise en garde publique à propos de la présence de Listeria dans du salsiz des Grisons »

listeriaDes bactéries de type Listeria ont été décelées dans du salsiz des Grisons. Ce produit peut présenter un danger pour la santé et l’Office fédéral de la sécurité alimentaire et des affaires vétérinaires (OSAV) recommande à la population de ne pas en consommer. La marchandise en question a été immédiatement retirée du marché.

Mais que trouve-t-on dans le tire de l’article de RTL.be précité, « Listériose chez Colruyt: si vous y avez acheté de la charcuterie, lisez bien ceci ».

Bien entendu, il ne s’agit de listériose (la maladie) mais de Listeria (la bactérie) c’est hélas une confusion ou un raccourci, savamment entretenue par certains médias, marchands de peur ?

Mais nous allons voir que cela ne s’arrête pas là …

La chaîne de supermarchés Colruyt rappelle son plateau de charcuteries suisses Premium « pour des raisons de sécurité alimentaire », a-t-elle indiqué lundi soir dans un communiqué.

Le texte du communiqué ci-dessous est proposé sur le site de l’AFSCA, sans correction !

« Lors d’une analyse effectuée par le producteur, la présence de listeria monocytogenes a été décelée dans le Plateau de charcuteries suisses Premium 110 g. Il s’agit des produits portant la date limite de consommation du 3/2/2015. Colruyt a donc décidé d’appeler les consommateurs à ramener le Plateau de charcuteries suisses Premium portant la date limite de consommation du 3 février 2015.     Colruyt demande à ses clients de ne pas consommer ce produit et de bien vouloir le ramener en magasin, où il leur sera remboursé. Entre-temps, les produits concernés ont été retirés des rayons de tous les magasins. »
La bactérie Lysteria monocytogenes peut s’avérer dangereuse pour les jeunes enfants, les femmes enceintes (risque de fausse couche), les personnes ayant une immunité plus faible et les personnes âgées.

Lysteria est proche d’hystéria, comme par hasard, même le distributeur se fait marchand de peur !