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Le fond et la forme des audits tierce partie de sécurité des aliments

26
juil
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Classé dans Audit, Contamination, Contamination croisée, Curiosité, Environnement, Listeria, Nettoyage-Désinfection, Non classé, Réglementation, Santé, Sécurité des aliments, TIAC.

roy_costa1« Le fond et la forme des audits tierce partie dans la sécurité des aliments ». Il s’agit d’un texte de Roy Costa publié le 24 juillet 2014 dans Food Safety News.

À la suite de nombreuses éclosions nationales (Etats-Unis –aa) et internationales de maladies d’origine alimentaire, l’industrie alimentaire a subi à travers le monde de plus en plus de pressions afin de s’assurer que leurs produits soient sûrs, sains et conformes aux règlements gouvernementaux. La FDA et l’USDA ont l’autorité principale pour notre approvisionnement alimentaire à l’échelle nationale, alors que les Etats individuellement régissent habituellement les opérateurs alimentaires locaux via les services de l’agriculture et de la santé de l’État et du comté.

Le fardeau de santé publique des maladies d’origine alimentaire aux États-Unis est important, avec des milliers de cas hospitalisés. Le Centers for Disease Control and Prevention rapporte que les pathogènes sont responsables de 3 000 décès par an.

Les éclosions de maladies d’origine alimentaire coûtent à l’industrie alimentaire américaine des d’innombrables millions en réclamations et frais juridiques annuellement, ainsi que des crises liées aux causes et aux interruptions d’activité. (Un seul cabinet d’avocats a récupéré plus de 500 millions de dollars en dommages-intérêts pour les clients touchés par des maladies d’origine alimentaire.)

En réponse, les principaux distributeurs du monde (sous la houlette du GFSI -aa) exigent désormais que leurs fournisseurs, producteurs, conditionneurs, transformateurs et fabricants d’aliments prouvent le respect des règles de sécurité sanitaire et de qualité. Les sociétés d’audit, embauchées par les fournisseurs eux-mêmes, inspectent maintenant plusieurs milliers d’opérations alimentaires par an dans le monde entier. Ces nombreuses inspections peuvent effectivement rivaliser ou même dépasser ce que le gouvernement est capable de faire, ce qui fait que les référentiels privés de sécurité des aliments sont à la fois un gros business et un enjeu important de santé publique.

Les auditeurs suivent un ensemble de normes et de lignes directrices élaborées par le propriétaire du référentiel à l’organisme de certification. Le processus de création d’une « norme tierce partie » est en elle-même régie par l’Organisation internationale de normalisation, mieux connue sous le nom d’ISO. Beaucoup d’organismes de certification utilisent les règles d’accréditation de l’ISO pour les référentiels privés. D’autres normes sont utilisées qui n’ont pas d’accréditation, mais, dans les deux cas, l’organisme de certification paie un pourcentage du montant de l’audit au titulaire ou au propriétaire du référentiel. Les normes ISO se sont développées à travers un consensus ouvert et transparent qui implique les acheteurs et les vendeurs de produits, le gouvernement, la communauté scientifique et d’autres parties intéressées. Beaucoup de normes peuvent être retrouvées sur les sites Internet des organismes offrant de tels services. (Référentiels AIB, IFS, BRC, etc. –aa) En outre, il existe des lignes directrices qui aident à guider le processus d’audit et à avoir des règles et des procédures en place pour la réalisation de l’audit.

??????????????????????????????????????????????????????????????????En fin de compte, les audits fournissent à l’acheteur l’assurance que les fournisseurs respectent les règles qu’ils adoptent. On s’attend à ce qu’ils aient une responsabilité limitée pour démontrer la due diligence ou diligence raisonnable dans l’approvisionnement en matières premières. Toutefois, ces constatations ne protègent pas nécessairement l’exposition d’un vendeur ou d’un acheteur en cas d’éclosion ou si un consommateur est rendu malade ou a été lésé. Même lorsque les entreprises ont des résultats d’audit satisfaisants, ils peuvent être poursuivis en vertu de la doctrine de la « responsabilité stricte ». Dans ces cas juridiques, le plaignant n’a pas à prouver la négligence, mais seulement qu’« il a été lésé par le produit », et le produit était en quelque sorte « défectueux », par exemple, il était contaminé.

L’objectif de tout programme de sécurité des aliments, alors, devrait être de prévenir les maladies d’origine alimentaire ou le préjudice. L’audit indépendant par tierce partie en sécurité des aliments peut être un outil pour atteindre cet objectif, mais ces audits ne sont pas actuellement particulièrement capables de protéger la santé publique, car ils sont plus axés sur la limitation de la responsabilité juridique de l’acheteur. Toutefois, lorsque les normes tierce partie sont suivies, elles réduisent sans doute le potentiel de maladies de se produire. Leur respect est susceptible de conduire à une meilleure sécurité des aliments, mais les événements récents ont révélé des failles importantes dans le modèle d’audit tierce partie.

On a beaucoup écrit sur l’éclosion à Listeria monocytogenes en 2011 liée à des melons cantaloups qui a coûté la vie à 33 personnes dans l’une des éclosions les plus dévastatrices de ces dernières années (aux Etats-Unis –aa). Dans le procès du producteur/conditionneur, Eric Jensen, la FDA a émis l’avis que l’auditeur (employé par un organisme de certification avec qui M. Jensen avait un contrat) a été gravement déficient dans ses conclusions. La base de la critique de la FDA est que l’auditeur a constaté que le site avait un taux de conformité de 96 pour cent (niveau supérieur) par rapport au référentiel quelques jours avant qu’une éclosion ne soit identifiée, et il n’aurait pas trouvé un grand nombre de non-conformités rapportées plus tard par la FDA. Bien que la FDA soit d’avis que l’audit ait été imparfait, le cabinet d’audit soutient publiquement les conclusions de l’auditeur. La société d’audit, en dépit de ces critiques, se tient derrière l’auditeur et déclare : « Il a fait son travail avec beaucoup de soin. »

Ce n’était pas la première grave éclosion de maladies d’origine alimentaire où un auditeur est critiqué pour avoir donné une note supérieure à une installation qui s’est révélée plus tard être insalubre. En 2007, la Peanut Corporation of America a sciemment distribué des produits d’arachide contaminés par Salmonella et a provoqué un rappel de plus de 4000 aliments différents, et a ainsi pris la vie de sept personnes et en rendant malades beaucoup d’autres. Bien que l’installation ait été très mal entretenue et a eu un problème grave de rongeurs, l’auditeur avait donné à l’entreprise une note supérieure plusieurs mois auparavant.

Les audits tierce partie souffrent clairement de sérieux inconvénients en matière de protection de la santé publique. Les auditeurs privés n’ont pas le pouvoir d’arrêter la production ou de procéder à un embargo ou de condamner des produits alimentaires ; cela ne peut être fait que par des agences chargées de la réglementation qui ont l’autorité juridique. En fait, les auditeurs n’ont aucune autorité juridique. En vertu du contrat, « l’audité » peut limiter la portée de l’audit, arrêter un audit, ou tout simplement l’annuler. Le vrai pouvoir dans le modèle tierce partie est détenu par l’acheteur. Si l’acheteur n’est pas satisfait des résultats de l’audit, l’acheteur peut annuler la commande ou positionner le fournisseur avec un statut provisoire. L’acheteur peut également choisir de ne pas faire affaire avec un fournisseur qui refuse d’être audité. Les acheteurs, cependant, exercent rarement ce pouvoir puisque les acheteurs ont généralement besoin d’avoir des produits et ont besoin d’autant de sources de produits que possible. Limiter la concurrence au fil du temps met l’acheteur dans une mauvaise position ; par conséquent, les questions de prix, de disponibilité et de qualité peuvent dépasser les scores de la sécurité des aliments. Il est bien connu dans l’industrie que les acheteurs de produits peuvent, et ils le font, aller à l’extérieur de la chaîne alimentaire approuvée chaque fois qu’ils sentent qu’ils doivent le faire.

Si l’auditeur trouve que le produit est sensible à la contamination, le meilleur qu’il ou elle puisse faire pour protéger la santé publique est de réduire le score d’un item dans la question de l’audit, réduisant ainsi le score de l’audit (par exemple, l’absence de validation correcte de la qualité sanitaire de la recirculation de l’eau dans une opération de lavage des produits et cela se traduira par une perte de plus 10 points sur les 1000 points disponibles). Moins fréquemment, un auditeur peut réellement voir un vrai problème de contamination, tels que du verre brisé en contact avec un aliment ou une contamination fécale. Dans ce cas, l’auditeur peut poser une question pertinente, et, si cette cause conduit à l’échec de l’audit (et très peu de questions le font), l’audit peut s’arrêter, mais seulement à la demande de l’entité auditée ; l’auditeur n’a pas la capacité d’arrêter l’audit.

Bien que l’auditeur puisse aviser immédiatement le cabinet d’audit de ces faits dangereux détectés, les résultats peuvent prendre plusieurs jours pour obtenir de l’acheteur le rapport. Dans l’intervalle, mais il serait illégal de le faire, l’audité peut ignorer les conclusions et continuer à vendre et à distribuer des produits contaminés.

Pour résumer, les auditeurs n’ont pas le pouvoir d’arrêter la production et un pouvoir très limité pour protéger la santé publique quand ils trouvent des produits contaminés ou des conditions qui mènent à cela.

Comme alternative, les auditeurs ne peuvent pas rendre compte de leurs conclusions aux autorités. Les règles de dénonciation selon la FDA ne protègent pas les auditeurs qui sont sous contrat de garder confidentielles les conclusions de l’audit. Ces ententes contractuelles empêchent un auditeur de signaler des aliments contaminés ou des conditions scandaleusement insalubres aux agents locaux de la santé publique, la FDA ou l’USDA, mais cela peut changer selon les règlements proposés par la FDA dans le cadre du Food Safety Modernization Act.

Actuellement, les auditeurs annoncent leurs visites, parfois des mois à l’avance. Les conditions qu’un auditeur peut trouver le jour de l’audit peuvent être très différentes des conditions maintenues habituellement,  ainsi les conclusions de l’audit peuvent être hautement tendancieuses. Les auditeurs expérimentés trouveront des signes révélateurs de négligence dans un établissement, mais d’autres problèmes graves peuvent être cachés temporairement. La fourniture d’un audit non annoncé est dans le protocole de certains organismes de certification, mais les audits inopinés se produisent rarement.

Contrairement à leurs homologues de la FDA, des auditeurs tierce partie ne font pas d’analyses ou de prélèvements. Les auditeurs doivent se fier aux analyses et aux prélèvements de l’entreprise afin de valider la plupart des règles essentielles d’hygiène. Les auditeurs peuvent être empêchés de prélever des échantillons de produits, de procéder à la vérification du nettoyage-désinfection par ATPmétrie, d’utiliser une sonde à pH ou à potentiel redox, un thermomètre ou une languette pour la mesure de la titration d’un produit chimique. Les données des analyses maison peuvent être imparfaites, mais l’auditeur n’a aucun moyen de vérifier cela, sauf à demander au moment de l’audit une démonstration. C’est un piètre substitut au lieu d’exécuter réellement l’analyse soi-même parce que les opérateurs ne suivent pas toujours les méthodes appropriées** et des défauts dans l’échantillonnage sont souvent détectés au cours des audits.

En particulier dans le contrôle des activités des produits frais, une information beaucoup plus scientifique est nécessaire pour renforcer les critères de l’audit. Dans le cas de Jensen Farms, par exemple, le tribunal a jugé que du chlore aurait dû être utilisé pour désinfecter les melons cantaloups. Cependant, la littérature scientifique ne soutient pas l’idée qu’une réduction significative de Listeria par un lavage au chlore une fois que le micro-organisme est attaché au fruit. Les lignes directrices de la FDA au moment de cette éclosion n’exigeaient pas spécifiquement l’utilisation du chlore lors d’une utilisation unique de l’eau potable utilisée pour laver et refroidir les melons cantaloups. Le référentiel d’audit utilisé par le cabinet d’audit n’avait pas non plus besoin spécifiquement l’utilisation d’un désinfectant comme le chlore pour désinfecter l’eau pour un usage unique. L’incertitude scientifique sur des règles essentielles d’hygiène et l’évolution des points de vue sur la nécessité de contrôles rend le processus d’évaluation volatile et beaucoup plus d’information scientifique pratique et solide est grandement nécessaire.

Les équipements utilisés dans la plupart des environnements de transformation alimentaire (opérations qui touchent la production, ou autrement dit modifient la forme de produits crus) doit répondre à des règles de conception bien établies pour le nettoyage et la désinfection. Des organismes de normalisation indépendants tels que UL et NSF (sans oublier EHEDG en Europe –aa) établissent généralement des critères de conception pour les équipements de transformation des aliments dans les industries réglementées, mais ces certifications font défaut dans les opérations de conditionnement des fruits et légumes entiers frais. Chez Jensen Farms, l’équipement de conditionnement utilisé n’a pas eu à répondre à l’approbation préalable par un organisme reconnu, mais la FDA a conclu que l’état du convoyeur* de la ligne de conditionnement a été un facteur contributif important de l’éclosion. Un auditeur est dans une position difficile pour prendre une décision sur l’acceptabilité d’une variété d’équipements dans une grande variété de conditions d’utilisation, sans l’aide de ces certifications ou d’agences approbation préalable.

Les installations production actuellement n’ont pas besoin de répondre à un processus d’approbation préalable pour leur construction physique. Lors de l’éclosion de Jensen Farms, le défaut de s’acquitter correctement et de maîriser les eaux usées a été jugée significative par la FDA, tout comme l’état des sols, mais nous n’avons pas de lignes directrices publiées pour la construction de l’installation elle-même. Compte tenu de la grande diversité des lieux et la variété des exploitations de production en général, l’absence d’un code de construction formelle est un obstacle majeur à un audit efficace.

L’examen des résultats de laboratoire renforce considérablement la validité de l’audit, mais seulement lorsque les résultats sont exacts et vérifiables et que les méthodes d’échantillonnage et les résultats sont exempts de biais. Malheureusement, la façon dont le référentiel utilisé est interprété, les essais sur les équipements sont facultatifs. S’il y avait une chose qui aurait alerté l’opération d’un danger, cela aurait été un résultat positif à Listeria dans l’équipement ou un prélèvement de l’environnement. Si les investigateurs peuvent retrouver l’agent après dans les aliments, il est logique, en particulier avec des produits ayant un potentiel connu pour provoquer des maladies, que les résultats des analyses des produits et de l’environnement soient essentiels pour une évaluation du véritable niveau de sécurité sanitaire d’une entreprise. Ceci est un autre domaine qui nécessite un renforcement significatif.

Alors que les entreprises d’audit sont à juste titre porté sur le processus, leurs auditeurs le suivent dans la réalisation d’un audit, mais il est clair que les résultats de l’audit manquent souvent de substance. Il est également clair que les auditeurs ne sont pas entièrement capables de détecter des opérations non sûres avec la façon dont les audits sont réalisés maintenant, et ils sont totalement inefficaces pour arrêter ces opérations, même quand ils observent une contamination grave des produits.

Parce que le tribunal dans l’affaire Jensen Farms a trouvé que les auditeurs avaient une responsabilité légale et morale de protéger la santé publique, les sociétés d’audit et l’industrie alimentaire dans leur ensemble doivent répondre à ces faiblesses fondamentales et résoudre le problème des auditeurs qui sont responsables de la protection de la santé publique sans l’autorité légale de le faire.

© Food Safety News

* Ne pas hésiter à se séparer d’un convoyeur qui reste toujours positif après nettoyage-désinfection.

**J’ai le souvenir lors d’un autocontrôle de la température de barquettes de produits frais râpés avoir vu une opératrice mettre un tiret systématiquement devant la température qu’elle notait soigneusement sur la feuille d’enregistrement. Après un certain temps, on a interprété les résultats comme n’étant pas, par exemple, +2°C, mais -2°C …

Les virus tout au long de la vie et du temps

24
juil
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Classé dans Environnement, Microbiologie, Non classé, Santé, Virus.

VirusesThroughoutLifeL’Américan Academy of Microbiology publie « Les virus tout au long de la vie & du temps : amis, ennemis, agents du changement (Viruses Throughout Life & Time: Friends, Foes, Change Agents) ».

Résumé.

Contrairement à leur réputation négative comme agents causal de maladies, certains virus peuvent exercer des fonctions biologiques et évolutives essentielles qui aident à façonner le monde dans lequel nous vivons aujourd’hui, selon un nouveau rapport de l’American Academy of Microbiology.

« Les virus participent aux processus essentiels de la Terre et influencent toutes les formes de vie sur la planète, de la contribution aux cycles biogéochimiques, façonnant la composition atmosphérique, et conduisant aux grands événements de la spéciation », déclare Marilyn Roossinck de l’université d’État de Pennsylvanie, une membre du comité de pilotage qui a contribué à l’organisation du colloque.

Le rapport, Viruses Throughout Life & Time: Friends, Foes, Change Agents, est basé sur la délibération d’un groupe d’experts scientifiques qui se sont réunis pendant deux jours à San Francisco, Californie en juillet 2013 pour répondre à une série de questions concernant la diversité des rôles que les virus jouent dans le monde naturel.

« L’inspiration de la tenue du colloque était que les études de métagénomique récentes sur les virus ont indiqué que nous savons très peu de choses sur le monde réel des virus. La quasi-totalité de la recherche publiée porte sur les virus qui causent des maladies chez l’homme et les plantes et les animaux domestiques. Cela ne représente certainement qu’une très petite fraction des virus qui existent vraiment », dit Roossinck. « Il est très important de comprendre le monde réel des virus, car cela peut éclairer notre compréhension de base de la vie et de ses origines, ainsi que les grands phénomènes de la terre comme le cycle du carbone. »

Au-delà de leur impact pathogène, le rapport examine en profondeur la taille de la virosphère, l’origine des virus, le rôle biologique et écologique des virus, et comment ces formes vivantes ont contribué à l’évolution. D’autres faits saillants du rapport expliquent comment certains virus sont des organismes commensaux ou symbiotes, leur fonctionnement dans les communautés microbiennes et leur rôle dans le maintien de la biosphère. L’éventail des responsabilités assumées par les virus est dû à leur diversité de séquence et leur plasticité génomique incroyables, dénommée « matière noire virale ».

Le rapport conclut en stimulant les lecteurs à réfléchir sur ces questions clés : « Que se passerait-t-il si les virus n’avaient jamais existé sur Terre ? La vie aurait-elle évolué très différemment ? »

La recherche continue sur les virus aidera à répondre à ces questions passionnantes.

La territoire des mangeurs de bactéries

23
juil
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Classé dans Contamination, Curiosité, Environnement, Microbiologie, Non classé.

« La terre des mangeurs de bactéries », source ox.ac.uk.

Pour le personnel d’un hôpital, un foyer de bactéries dangereuses dans les locaux est un cauchemar, mais qu’est-ce qui donne des cauchemars aux bactéries ?

Peut-être la perspective d’être dévorée par une sorte de parasite viral appelé un bactériophage (mangeur de bactéries) : contrairement aux antibiotiques, certaines bactéries qui ont développé une résistance aux bactériophages sont vivantes et peuvent donc se battre contre les contre-mesures bactériennes. Mais l’évolution de la « course aux armements » entre les bactéries et leurs ennemis viraux est mal comprise.

Dans une nouvelle étude publiée cette semaine dans la revue PNAS une équipe dirigée par des scientifiques de l’université d’Oxford rapporte une série d’expériences examinant cette guerre éternelle entre les bactéries et les bactériophages en ciblant Pseudomonas aeruginosa. J’ai demandé à Alex Betts du département de zoologie de l’université d’Oxford, premier auteur de l’étude, comment nous pourrions recruter des bactériophages pour qu’ils se battent pour nous …

La suite dans l’Oxford Science Blog.

Combo 3

Colonies de Pseudomonas aeruginosa (en haut), culture un tapis bactérien (en bas à gauche) et des trous percés dans le tapis par des bactériophages (en bas à droite)

Etats-Unis : De la cuisson à point des hamburgers

30
juin
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Classé dans Contamination, Contamination croisée, Curiosité, E. coli, Hygiène, Microbiologie, Non classé, Réglementation, Santé, Sécurité des aliments, TIAC, Viande.

« La cuisson à point des hamburgers, le retour d’un risque culinaire », source article de James Andrewsdu 27 juin 2014 paru dans Food Safety News.

Pour ceux qui sont dans l’industrie alimentaire, l’éclosion à E. coli de Jack in the Box de 1993 est connue comme le seul événement qui a convaincu d’augmenter la température interne de cuisson de 10°C d’un hamburger dans tout le pays.

Dans ce foyer de cas d’infection alimentaire, les hamburgers vendus par Jack in the Box chez les franchisés, principalement dans l’État de Washington, ont rendu malade plus de 600 personnes et ont entraîné le décès de quatre enfants. Le fournisseur de viande bovine de la chaîne de restauration a fourni des galettes de viande bovine contaminées par E. coli, et les restaurants réalisaient une cuisson à une température interne de 60°C, l’exigence fédérale de l’époque.

 ????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????Avant le déclenchement, l’Etat de Washington avait mis à jour ses exigences minimales de cuisson avec une température interne de 68,3°C sur la base de nouvelles preuves que la température de 60°C n’était pas assez élevée pour tuer certains pathogènes, dont un risque peu connu à l’époque appelé E. coli O157:H7. Cependant, de nombreux restaurants de l’Etat n’ont pas mis à jour leurs procédures de cuisson.

Comme l’éclosion de Jack in the Box l’a malheureusement mis en évidence, la cuisson des hamburgers à seulement 60°C n’a pas tué E. coli. Si Jack in the Box avait cuit ses hamburgers avec une cuisson supérieure de 10°C, l’éclosion ne serait pas arrivée.

Dans la foulée, des restaurants à travers le pays ont actualisé leurs protocoles de cuisson. Beaucoup ont reconnu qu’avec un mauvais fournisseur, leur marque aurait pu faire la Une des journaux et payer des millions de dollars de poursuites.

Mais avec la popularité explosive des restaurants hauts de gamme et gastronomiques proposant des hamburgers au cours de ces dernières années, les leçons tirées de Jack in the Box en 1993 semblent s’estomper de la mémoire collective. Cela est dû en partie à l’amélioration de la sécurité sanitaire de la chaîne de la viande bovine, mais des restaurants proposent des hamburgers cuits à point en plus grand nombre, malgré des recommandations des experts en sécurité des aliments.

Exigences du Food Code de la FDA

En mai 2014, le fournisseur de viande bovine de Detroit, Wolverine Packing Co. a rappelé 818 tonnes de viande hachée de bœuf après que le produit ait été lié à 12 cas d’infections à E. coli dans le Michigan, l’Ohio, le Missouri et le Massachusetts. Sept personnes ont été hospitalisées.

Les cas de maladies liés cette éclosion ont été tracés jusqu’à des restaurants où de la viande hachée de bœuf était servie, bien que les responsables de la santé aient refusé de révéler l’un des restaurants impliqués. Ils ont dit qu’ils croient que des hamburgers pas assez cuits ont joué un rôle sur certains de ces cas, et ils ont émis un certain nombre de recommandations sur les risques liés à la consommation de viande hachée insuffisamment cuite à la suite de l’éclosion.

Servir et faire de la publicité sur des hamburgers cuits à point est une tendance croissante dans les restaurants et les « gastropubs », a déclaré Roy Costa d’Environ Health Associates, un cabinet de conseil en matière de sécurité des aliments pour les restaurants.

L’un des clients de Costa est une chaîne de hamburgers gourmets avec des établissements en Californie et dans quelques autres Etats. Elle recommande de commander les hamburgers à point, ce qui signifie que le centre reste rose, et, s’il y a des pathogènes potentiels au centre de la viande, ils vont probablement rester en vie.

Costa ne voulait travailler avec cette chaîne que si elle trouvait un fournisseur de viande de bœuf qui réalisait la recherche de E. coli O157:H7, ce qu’elle a fait. Mais il n’est toujours pas certain  que la viande ne sera pas contaminée par Salmonella ou Campylobacter, a-t-il noté. « Ce n’est pas une situation parfaite, et il y a toujours un danger », a dit Costa.

Mais en trouvant un fournisseur qui réalise la recherche de E. coli, la chaîne est bien au-delà des exigences légales afin de servir à ses clients des hamburgers insuffisamment cuits.

Le Food Code de la FDA permet aux restaurants de servir des hamburgers insuffisamment cuits aussi longtemps qu’ils reçoivent une recommandation claire écrite, telle qu’une déclaration sur le menu, sur les dangers de la consommation de viande crue ou insuffisamment cuite. Les serveurs doivent également informer verbalement le client qu’un hamburger de couleur rose est potentiellement risqué. C’est traité de la même manière que les autres viandes crues ou saignantes tels que des sushis ou les huîtres crues.

Que comprend ‘insuffisamment cuit’ ?

Selon le Food Code, la viande hachée de bœuf doit être cuite à 68°C à l’intérieur et maintenue à cette température pendant 15 secondes, ou 70°C pendant ce même temps, afin de tuer les pathogènes au centre de la viande. Contrairement à un steak saignant, un hamburger saignant est risqué parce que les germes de l’extérieur de la viande ont été hachés pour se retrouver à l’intérieur.

Des températures plus basses nécessitent une plus longue durée de cuisson. L’abaissement de la température du hamburger à 65,5°C nécessite une cuisson pendant une minute. A 62,7°C, il doit être cuit à cette température pendant trois minutes. De toutes façons, si vous coupez le hamburger en deux, ces températures et ces temps de maintien ne donneront probablement pas un centre rosé à votre hamburger.

De nombreux restaurants indépendants se sont multipliés ces dernières années avec une promesse de livrer un vrai hamburger à point. Même au Canada, où les hamburgers à point sont illégaux, quelques restaurants audacieux, comme le ReFuel de Vancouver désormais fermé, ont jalonné leur réputation en proposant des hamburgers plus juteux et roses. La Caroline du Nord a récemment modifié le food code de l’Etat pour permettre des hamburgers à point, à la grande joie des amateurs.

Dans l’Ohio, la chaîne de gastropub, Bar145°, tire son nom de la température interne de 145 degrés F (62,7°C) pour un hamburger à point, et son site Internet allègue que cela fait un hamburger parfaitement cuit.

Ce genre de point de vue commercial « va à l’encontre des pratiques prudentes de sécurité des aliments », a déclaré Dave Theno, consultant en sécurité des aliments et ancien vice-président des services techniques chez Jack in the Box, où il a été embauché en 1993 pour réécrire les procédures de sécurité des aliments de la société après la grande éclosion.

« La réalité de base est que, si vous faites cuire des produits en dessous de 65,5°C et que vous ne comptez pas correctement le temps de cuisson, des pathogènes peuvent survivre », a déclaré Theno.

Choix éclairé pour le consommateur

Un facteur qui complique encore la question du hamburger cuit à point est le fait que servir une viande insuffisamment cuite contaminée par E. coli est techniquement illégale selon la loi fédérale. Même si un consommateur demande un hamburger cuit à point, le restaurant a enfreint la loi si ce hamburger contient E. coli à l’intérieur.

Mais en supposant que personne ne viole la loi, le consommateur devrait avoir le choix sur la façon dont les hamburgers sont cuits, a déclaré Benjamin Chapman, professeur adjoint et spécialiste de la sécurité des aliments à l’université d’État de Caroline du Nord.

Le problème est que de nombreux consommateurs pourraient ne pas recevoir les informations nécessaires pour faire ce choix éclairé, a-t-il noté. L’université mène actuellement une étude nationale dans laquelle des acheteurs mystères fréquentent des restaurants et commandent des hamburgers à point pour voir si le serveur les informe des risques liés à la viande insuffisamment cuite, comme cela stipulé dans le food code.

L’étude est toujours en cours, et l’équipe de Chapman n’a pas encore publié de données, mais il a dit qu’il n’est pas convaincu que ce que rapporte le food code soit très efficace. On pourra cependant lire un résumé de cette étude sur sera présentée à L’IAFP d’août 2014 à Indianapolis.

« La communication des risques du point de vue de serveur vers le client dans certains cas n’est pas bien faite », a-t-il dit, ajoutant : « sans vouloir faire de jeu de mots. » (bien faite est la traduction ici de well done, qui signifie à propos d’un hamburger, qu’il est bien cuit, d’où le jeu de mots –aa).

Un autre problème est que des termes comme « à point » et « bien cuit » n’ont pas de corrélation avec la température.

« En tant que consommateur, la seule chose que je peux faire pour garantir qu’un hamburger soit bien cuit est de le commander cuit à 68,3°C pendant 15 secondes », a déclaré Chapman.

« J’aime le fait que les gens prennent leur propre décision », a-t-il ajouté, « mais je ne suis pas convaincu qu’il y ait beaucoup de bons choix éclairés qui aient lieu. »

NB : Sur le sujet, on lira un article récent de Doug Powell du barfblog, « Are you controlling E. coli in that meat? Are you? »

La photo représente un hamburger cuit à point.

Vous sentirez-vous plus en sécurité avec un robot derrière le comptoir d’un fast-food ?

12
juin
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Classé dans Contamination, Contamination croisée, Curiosité, Environnement, Hygiène, Non classé, Réglementation, Santé, Sécurité des aliments, TIAC.

« Vous sentirez-vous plus en sécurité avec un robot derrière le comptoir d’un fast-food ? » Source Doug Powell du barfblog du 12 juin 2014.

Dans un blog du Huffington Post Canada, Steven Burton (le créateur d’Iclide, allez faire un tour, c’est utile -aa) écrit que les employés de la restauration rapide essaient de se syndiquer pour avoir un salaire à 15 dollars (10,20 euros) l’heure, des employeurs pensent à moins quand il s’agit du coût global en personnel et le plan est d’automatiser complètement la restauration rapide. Cela semble impossible à éviter dans un proche avenir, mais avec toutes les éclosions de maladies d’origine alimentaire liées à la restauration rapide au cours de ces dernières années, ces innovations seront plus sûres que des aliments préparés par l’homme ou bien risquerons-nous notre santé plus que nous ne le faisons déjà ?

woody.allen_.robot_.sleepers-213x300Le fast-food du futur prendra en charge le client entrant dans l’ordre d’arrivée dans une interface avec un écran tactile virtuel (c’est déjà en partie le cas en France –aa). Les prix pourraient être un peu plus bas car certaines économies pourraient être faites par le client (Je ne mettrais ma main à couper à ce sujet).

Une fois l’ordre saisi et le paiement reçu, des machines robotisées dans la cuisine passeront à l’action : cuisson des aliments et assemblage de la commande, mise en boîte et livraison de la commande chaude dans vos mains affamées.

La technologie existe déjà. Des robots pour hamburgers, les Momentum Machines ont la capacité de couper les tomates, la laitue, les cornichons et les oignons juste avant qu’ils ne soient déposés sur le hamburger de sorte qu’ils sont plus croquants et plus savoureux. Les hamburgers sont également fraîchement hachés. Les robots les enveloppent dans un emballage et les envoient au client par un convoyeur vers l’avant.

Contrairement à leurs homologues humains, votre commande sera prise correctement à chaque fois. Elle sera  honorée rapidement car ces robots fonctionnent à la vitesse de l’éclair et parce que ce processus n’implique pas de contact humain avec les aliments, il sera moins susceptible d’être contaminé. Après tout, les machines n’ont pas de cheveux qui peuvent tomber dans les aliments ou de bactéries sur leur peau comme Staphylococcus qui peut infecter les aliments. La meilleur est que le robot faisant votre nourriture n’aura pas froid, n’éternuera sur votre sandwich, puis l’enveloppera et vous le remettra ; comme cela s’est produit avec moi à plus d’une occasion.

Un problème potentiel de sécurité des aliments peut venir de l’incapacité des robots de se nettoyer. Les employés humains devront être vigilants quant à leur nettoyage afin de s’assurer qu’ils soient exempts de particules alimentaires qui peuvent permettre le développement de pathogènes.

Comme le dit Doug Powell, « Que la tomate soit être tranchée fraîchement, c’est possible mais d’où vient-elle, et est-ce que contamination a eté limitée à la ferme ? » A suivre …