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Articles de la catégorie 'Nutrition'

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Score de qualité nutritionnelle des aliments de la Food Standards Agency appliqué aux consommations alimentaires individuelles des adultes en France

26
juil
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Classé dans Curiosité, Nutrition, Règlementation, Santé.

La revue PROCESS Alimentaire avait fait état le 1er juin 2015 dans une brève que « L’Anses pointe les limites du score nutritionnel ».

En effet dans sa communication sur l’étiquetage nutritionnel, l’Anses avait évalué la faisabilité de la mise en œuvre du score de Rayner.

European-trade-organisations-deeply-concerned-by-UK-traffic-light-labelling_strict_xxlA la demande de la Ministre des affaires sociales et de la santé, le Professeur Hercberg a remis en janvier 2014 un rapport dont l’une des préconisations est la mise en place au niveau national d’un système d’information nutritionnelle, basé sur le système score dit de Rayner, développé pour la Food Standards Agency au Royaume-Uni. Ce système d’information vise à mettre à disposition des consommateurs des informations leur permettant de discriminer les produits alimentaires selon leur qualité nutritionnelle. On lira les détails du communiqué de l’Anses et l’avis complet ici.

Bien entendu, tout cela suscite l’ire des industriels de l’alimentaire, voir ANIA : Touche pas à mon étiquetage nutritionnel !

Le blog s’était fait l’écho du système britannique dans plusieurs articles dont, Etiquetage : A qui va-t-on faire croire que le système britannique des feux tricolores va menacer le régime crétois ?, Victoire britannique sur l’étiquetage nutritionnel avec des feux tricolores, Bientôt un étiquetage avec des feux tricolores sur nos aliments ? et L’étiquetage par des feux tricolores, ça marche !.

Voici que le Bulletin épidémiologique hebdomadaire n°24-25/2015 publie le 7 juillet 2015, un article « Score de qualité nutritionnelle des aliments de la Food Standards Agency appliqué aux consommations alimentaires individuelles des adultes en France ».

Résumé.

Introduction. En France, la mise en place d’un système d’information nutritionnelle simplifiée basé sur le score de qualité nutritionnelle élaboré au Royaume-Uni par la Food Standards Agency (FSA) est actuellement en discussion. Notre objectif était de mesurer la pertinence de l’application du score FSA aux comportements alimentaires individuels afin de quantifier les apports en aliments et en nutriments favorables à la santé ou non chez les adultes en France.

Méthodes. Enquête nationale représentative reposant sur un échantillonnage complexe à trois degrés, l’Étude nationale nutrition santé (ENNS) comportait un recueil de données de consommations alimentaires par trois rappels des 24 heures. Après exclusion des sous-déclarants, les analyses ont porté sur un total de 2 754 adultes (1 014 hommes, 1 740 femmes) âgés de 18 à 74 ans. Le score a été appliqué à l’ensemble des aliments et boissons de l’étude. Un score agrégé au niveau individuel a été calculé en tenant compte de l’énergie apportée par chacun des aliments consommés et de leur score FSA. Les consommations de groupes d’aliments et les apports en nutriments ont été décrits par quartiles de distribution de ce score individuel.

Résultats. Les sujets du 1er quartile (score FSA global plus favorable) consommaient davantage de fruits et légumes (+300 g/jour pour les hommes et +235 g/jour pour les femmes) et de produits de la pêche (+24 g/jour pour les hommes et +8 g/jour pour les femmes) que ceux du 4e quartile. À l’inverse, ils consommaient moins de produits gras sucrés ou salés (-141 g/jour pour les hommes et -94 g/jour pour les femmes). Ils avaient aussi des apports énergétiques moyens inférieurs (-515 kcal/jour pour les hommes et -306 kcal/jour pour les femmes) et une part des lipides dans l’apport énergétique total (AET) également inférieure (-8% AET pour les deux sexes). Globalement, ils avaient des apports en vitamines et minéraux plus élevés que ceux du 4e quartile.

Conclusion. Nos analyses, menées sur un échantillon national d’adultes, montrent que le score FSA appliqué aux consommations alimentaires au niveau individuel permet de caractériser la qualité de l’alimentation, en termes de consommations d’aliments et d’apports en nutriments et au regard des recommandations actuelles.

Mots-clés. Apports nutritionnels – Consommations alimentaires – Enquête nationale – Recommandations – Score de qualité nutritionnelle.

Référence. Deschamps V, Julia C, Salanave B, Verdot C, Hercberg S, Castetbon K. Score de qualité nutritionnelle des aliments de la Food Standard Agency appliqué aux consommations alimentaires individuelles des adultes en France. Bull Epidémiol Hebd. 2015;(24-25):466-75.

Commentaires. Cela va alimenter le débat au sein de l’ANIA, mais mon petit doigt me dit que ce n’est pas dans le sens voulu par les auteurs …

Précisions et orientations sur les formes inappropriées de promotion des aliments pour nourrissons et jeunes enfants, selon l’OMS

23
juil
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Classé dans Nutrition, Santé.

Consultation publique sur un document de réflexion de l’OMS concernant « Précisions et orientations sur les formes inappropriées de promotion des aliments pour nourrissons et jeunes enfants ». Extraits de ce document en français.

Contexte

  1. La bonne alimentation des nourrissons et des jeunes enfants est essentielle à la santé et au développement. Les nourrissons devraient être exclusivement nourris au lait maternel pendant les six premiers mois de leur vie. Ensuite, ils peuvent recevoir des aliments de complément sûrs et nutritifs, parallèlement à la poursuite de l’allaitement jusqu’à l’âge de deux ans ou plus.
  2. multimedia_pub_fsf_79_02_01La promotion inappropriée des substituts du lait maternel, ainsi que de certaines boissons et certains aliments de complément commerciaux destinés aux nourrissons et aux jeunes enfants, est préoccupante car elle freine les progrès à accomplir en vue d’une alimentation optimale des nourrissons et jeunes enfants. Les données recueillies dans de nombreux pays indiquent que certains aliments sont présentés à la vente comme étant adaptés à une introduction avant l’âge de six mois, que certains substituts du lait maternel font l’objet d’une promotion indirecte par association avec des aliments de complément commerciaux et que des allégations inexactes sont faites sur certains produits, affirmant qu’ils amélioreront la santé ou l’aptitude intellectuelle des enfants.
  3. Il a été démontré que la consommation d’aliments de complément se fait au détriment de l’apport en lait maternel si les quantités consommées représentent une part substantielle des besoins énergétiques de l’enfant. Les aliments de complément commerciaux sont d’une qualité très variable : certains enrichissent l’apport nutritionnel en fournissant des micronutriments essentiels qui ne sont généralement pas présents en quantité adéquate dans l’alimentation des jeunes enfants, tandis que d’autres sont préoccupants de par leur teneur élevée en sucres ajoutés, en acides gras saturés ou trans, ou en sel.
  4. La promotion inappropriée des boissons et aliments de complément commerciaux peut induire en erreur les personnes s’occupant des enfants et engendrer une confusion quant aux qualités nutritives, aux avantages pour la santé, à l’adéquation à l’âge de l’enfant et à l’utilisation sans danger de ces boissons et aliments. Les mères et les autres personnes chargées des soins aux enfants ne comprennent pas toujours les distinctions entre les produits lactés commercialisés pour des enfants d’âges différents. En outre, la promotion des boissons et aliments de complément avant l’âge de six mois est associée à un arrêt plus précoce de l’allaitement maternel exclusif.
  5. Les cinq critères suivants permettent de déterminer si la promotion effectuée est de nature appropriée.7 La promotion est inappropriée si :
    • elle compromet les pratiques recommandées en matière d’allaitement maternel ;
    • elle contribue à l’obésité et aux maladies non transmissibles de l’enfant ;
    • le produit n’apporte pas de contribution appropriée à la nutrition des nourrissons et des jeunes enfants dans le pays ;
    • elle compromet la consommation d’aliments préparés à domicile et/ou locaux ;
    • elle est trompeuse, prête à confusion ou pourrait entraîner un usage inapproprié.
    • Le présent document contient des recommandations précises pour parvenir à mettre fin à la promotion inappropriée des boissons et aliments destinés aux nourrissons et aux jeunes enfants.

Portée

  1. Dans les recommandations suivantes, le terme « aliment » fait référence aussi bien aux aliments qu’aux boissons.
  2. Le présent document d’orientation porte sur tous les aliments de fabrication industrielle qui sont commercialisés comme étant adaptés à l’alimentation des nourrissons et jeunes enfants jusqu’à l’âge de deux ans. La tranche d’âge cible de l’alimentation de complément est généralement définie comme allant de six à 24 mois, bien que l’allaitement puisse se poursuivre au-delà de deux ans. Les produits sont « commercialisés comme étant adaptés » aux enfants de cette tranche d’âge si : a) les termes de bébé/nourrisson/jeune enfant sont utilisés ; b) l’âge d’introduction recommandé est de moins de deux ans ; c) l’image d’un enfant semblant avoir moins de deux ans ou buvant au biberon est utilisée ; ou d) le produit est présenté d’une quelconque autre manière comme étant adapté aux enfants de moins de deux ans. Cependant, même les aliments commercialisés pour les enfants de plus de 24 mois peuvent être présentés de façon à faire la promotion de produits pour les enfants plus jeunes. C’est pourquoi les recommandations ci-dessous portant sur la promotion croisée (recommandation 5) et sur les allégations relatives à la santé et à la nutrition (recommandation 4) doivent être appliquées à tous les produits qui sont commercialisés comme étant adaptés aux enfants de 36 mois ou moins. Cette approche est conforme aux directives correspondantes du Codex Alimentarius, qui vont jusqu’à l’âge de 36 mois.
  3. La promotion des aliments pour les nourrissons et jeunes enfants existe aussi bien dans le secteur non lucratif que lucratif. Ce document d’orientation s’applique aux deux secteurs, les principes énoncés ci-dessous étant importants quelle que soit l’entité responsable de la promotion.

NB : Information claire, nette et précise mais cela suffira-t-il ?

On lira aussi cet article du 23 juillet 2015 paru sur le blog Docbuzz, « La publicité à la TV accroit le choix des enfants pour une alimentation déséquilibrée » ainsi que cet article d el’INPES du 30 avril 2015, « Quelle est l’influence de la publicité sur les préférences alimentaires des enfants ? ».

Une alimentation diversifiée + un microbiome gastro-intestinal diversifié = une meilleure santé

23
juil
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Classé dans Curiosité, Environnement, Microbiologie, Nutrition, Santé.

human-microbiome-change_1« Une alimentation diversifiée + un microbiome gastro-intestinal diversifié = une meilleure santé », source IFT News du 13 juillet 2015.

Le vieil adage, « Nous sommes ce que nous mangeons », prend une toute nouvelle signification car la recherche sur le microbiome est en train de découvrir le rôle que les composants alimentaires jouent dans le microbiote intestinal et leur impact sur la santé humaine et la maladie. Et une chose qui est devenue plus apparente, selon Mark Heiman, directeur scientifique de MicroBiome Therapeutics, est qu’une alimentation diversifiée produit un microbiome gastro intestinal (GI) diversifié, ce qui conduit à de meilleurs résultats en termes de santé. Heiman était le conférencier vedette lundi après-midi à l’IFT 15 et a parlé de « La thérapie des maladies gastro-intestinal associées au microbiome exige une diversité alimentaire. » (Therapy for Gastrointestinal Microbiome-Associated Diseases Requires Dietary Diversity).

Alors que notre génétique n’a pas changé au cours des 50 dernières années, notre approvisionnement alimentaire est devenu moins diversifié, a déclaré Heiman. Environ 75% de la diversité végétale a été perdu pour des variétés uniformes à haut rendement. Et 75% de l’approvisionnement alimentaire du monde provient de seulement 12 végétaux et de cinq espèces animales. Le riz, le maïs et le blé contribuent à 60% de nos calories à partir des végétaux, a noté Heiman.

L’alimentation est le principal régulateur du microbiome intestinal, un écosystème de notre tractus gastro-intestinal, composé de milliards de milliards de bactéries (microbiote) dans une solution de macronutriments et les micronutriments non absorbés. Comme tous les écosystèmes, un microbiome GI diversifié est plus sain qu’un microbiome homogène, a déclaré Heiman. En outre, la perte de la diversité alimentaire transforme le microbiome vers un état malade comme cela est observé par la perte de la diversité du microbiome GI associé à des maladies métaboliques telles que l’obésité, le diabète de type 2 et les troubles gastro-intestinaux tels le syndrome du côlon irritable et la constipation chronique, qui tous ont augmenté en prévalence au cours des cinq dernières décennies.

Heiman a présenté une étude sur un modulateur du microbiome GI utilisé pour traiter le microbiome de personnes prédiabétiques et diabétiques de type 2 (DT2). Le microbiome de personnes DT2 est caractérisée par une diminution de la capacité à produire des acides gras à chaîne courte (AGCCs), avec une augmentation de l’inflammation GI et générale et une capacité accrue à produire du méthane. Après 4 semaines de traitement avec le modulateur (qui contenait l’inuline, de l’agave, du bêta-glucane, de l’avoine ayant des propriétés antioxydantes et de la myrtille), les sujets tests présentaient un glycémie post-prandiale, une réaction GI inflammatoire saine, un meilleur contrôle de l’appétit et une régularité du mouvement intestinal.

Des combinaisons d’ingrédients alimentaires spécifiques sont une approche sûre et efficace pour moduler le microbiome intestinal, a déclaré Heiman.

Dans une autre expérience, Heiman a cherché à comparer un régime obésogène (ObD) avec un régime obésogène plus diversifiée comprenant des fibres de cosses de soja (ObD + fibres de soja) chez des souris. Après 4 semaines de traitement, les souris nourries avec de l’ObD ont montré une prise de poids de 6 g tandis que les souris nourries avec de l’ObD + fibres de soja ont pris seulement environ 4 g. Remarquablement, les souris nourries avec l’ObD ont mangé moins de nourriture par jour (2,8 g) que les souris nourries avec de l’ObD + fibres de soja (3,1 g) à quatre semaines. La masse fécale était plus importante chez les souris nourries avec de l’ObD + fibres de soja et elle comprenait des triglycérides non absorbés, ce qui peut avoir des implications pour les maladies du foie gras.

Compléter le régime alimentaire avec des fibres de cosses de soja protège le colon de l’inflammation, augmente la production d’AGCCs (effet prébiotique), augmente la perte fécale des graisses et du glucose et décale abondance de certaines espèces du microbiote GI, a conclu Heiman.

Les études de la qualité nutritionnelle entre premiers prix, marques de distributeurs et marques nationales se bousculent au portillon !

22
juil
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Classé dans Curiosité, Environnement, Nutrition, Santé.

Encore une étude qui va dans le même sens va-t-on dire ?

En effet, selon l’Anses (communiqué du 21 juillet 2015), il n’y aurait « Pas de différence significative de composition nutritionnelle entre premiers prix, marques de distributeurs et marques nationales ».

L’Oqali, géré conjointement par l’Anses et l’INRA, collecte l’information nutritionnelle disponible sur les emballages des produits transformés. Avec plus de 35 000 références répertoriées, la quasi-totalité des secteurs alimentaires est désormais couverte. Plusieurs rapports sont publiés ce jour, notamment une étude de caractérisation de la qualité nutritionnelle de l’offre alimentaire. Cette étude permet de conclure que les produits premiers prix (marques de distributeurs « entrée de gamme » et « hard discount ») n’apparaissent pas comme de moins bonne qualité nutritionnelle. L’étude met également en évidence que les marques de distributeurs « entrée de gamme » présentent une offre de produits moins variée que les autres segments de marché. Par ailleurs, les informations nutritionnelles disponibles sur les emballages sont plus diversifiées pour les produits de marques de distributeurs. 

echelle_nutritionnelleL’étude nous dit « Des différences de composition ponctuelles mais non significatives d’un point de vue nutritionnel. En considérant les données disponibles, les produits premiers prix (marques de distributeurs « entrée de gamme » et « hard discount ») n’apparaissent pas comme de moins bonne qualité nutritionnelle que les références issues des autres segments de marché. »

Cela étant, il y a quelques années déjà, en mars 2010, le conseil national de l’alimentation rapportait déjà dans un avis n°67, Avis sur la qualité nutritionnelle, consommation et distribution des produits alimentaires « hard discount » et « premiers prix » : état des lieux et perspectives, que

« Sur la base de l’examen des études disponibles portant essentiellement sur les produits transformés et préemballés, le CNA constate que, sauf exception, pour des produits équivalents, qualité nutritionnelle et gamme de prix ne sont pas liées. En conséquence, il recommande à l’ensemble des acteurs de la chaîne alimentaire de développer une communication précisant que l’opinion largement répandue selon laquelle les produits « entrée de gamme » sont de qualité nutritionnelle inférieure est inexacte. »

Enfin dans cet avis, il était rappelé que « la qualité nutritionnelle » d’un produit alimentaire n’est qu’un des éléments de sa « qualité » globale qui intègre également d’autres éléments, comme notamment la qualité organoleptique, le mode de production des matières premières, la praticité, les services associés, le portionnement, les délais de conservation, etc. »

Bon, une étude en 2010, une autre en 2015 pour dire globalement la même chose, est-ce bien raisonnable ?

Un chocolat meilleur grâce aux microbes

22
juil
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Classé dans Curiosité, Microbiologie, Nutrition.

Un chocolat meilleur grâce aux microbes, source ASM News.

Pendant des décennies, les chercheurs ont travaillé à améliorer la fermentation du cacao en maîtrisant les microbes impliqués. Désormais, à leur grande surprise, une équipe de chercheurs belges a découvert que la même espèce de levure utilisée dans la production de bière, du pain et du vin fonctionne particulièrement bien dans la fermentation de chocolat. La recherche a été publiée en ligne avant impression le 6 juillet dans Applied and Environmental Microbiology, une publication de l’American Society for Microbiology.

chocolate_gut_wide-9fe5ebe733caab89620934e76140edb12a745e27-s40-c85« Les analyses chimiques ainsi que la dégustation du chocolat ont montré que le chocolat produit avec nos meilleurs levures est bien meilleur et plus cohérent que le chocolat produit par fermentation naturelle », a déclaré Kevin Verstrepen, professeur de génétique et de génomique à l’université catholique de Louvain et à l’Institut flamand de biotechnologie en Belgique. « En outre, différentes levures ont donné différentes saveurs de chocolat, indiquant qu’il serait possible de créer toute une gamme de spécialités de chocolats pour correspondre à la saveur préférée de tout un chacun. »

Après la récolte, les fèves de cacao sont recueillies et placées dans de grandes boîtes en bois ou même entassées au sol dans les exploitations agricoles où elles sont cultivées, dit Verstrepen. À ce stade, les fèves sont entourées par une pulpe non appétissante blanche, gluante, composée de sucres, de protéines, d’eau, de pectine et de petites quantités de lignine et l’hémicellulose. Les microbes qui sont présents dans l’environnement de l’exploitation vont ensuite travailler à consommer la pulpe par fermentation.

Des différences entre les microbes dans les différentes exploitations entraînent des différences de saveur et de qualité du chocolat qui en résulte, dit Verstrepen. « Certains microbes produisent de mauvais arômes qui entrent dans les fèves donnant au chocolat un mauvais goût, tandis que d’autres ne consomment pas entièrement la pâte, ce qui rend les fèves difficiles à transformer. »

« Nous cherchions à trouver ou à développer les meilleures microbes qui pourraient donner le meilleur chocolat », a dit Verstrepen. Ceux-ci, dit-il, pourraient être ajoutés immédiatement au début de la fermentation, leur permettant de supplanter les microbes moins souhaitables, permettant une production constante de chocolat de haute qualité.

Cependant, trouver des souches qui pourraient supplanter les indésirables et produire du chocolat de haute qualité s’est avéré très difficile. Les chercheurs ont caractérisé plus de 1 000 souches de Saccharomyces cerevisiae, principalement dans l’industrie des boissons alcoolisées, mais en incluant certaines levures provenant des exploitations de cacao. Certains des meilleurs microbes sont venus de ces dernières et d’autres sont venus de l’industrie de la bière, du vin, du bioéthanol, et du saké, dit Verstrepen. La clé du succès est la capacité à tolérer les températures élevées rencontrées pendant la fermentation du cacao, 45-50°C.

Les chercheurs ont ensuite croisé quelques-unes des meilleures souches pour produire des hybrides qu’ils trouvèrent encore plus performants. « Le raisonnement derrière cette approche est identique aux stratégies de reproduction dans l’agriculture : croisement de souches optimales peut générer une progéniture supérieure », explique le co-auteur Jan Steensels de l’institut flamand de biotechnologie. Par rapport aux croisements des animaux ou des plantes cultivées, c’est techniquement plus difficile de croiser des levures et cela nécessite une microscopie de haute précision, a dit Verstrepen.

Les chercheurs ont ensuite appliqué ces nouveaux hybrides à la fermentation du chocolat dans les exploitations agricoles, que leur partenaire industriel, Barry Callebaut, utilise pour faire du chocolat pour des tests de dégustation. « Dans ces tests, le panel de consommateurs (très avides) ont voté à l’unanimité pour le chocolat dérivé de fèves fermentées par des souches de levure nouvellement développées », a dit Steensels. Barry Callebaut prévoit maintenant une production commerciale d’une gamme de chocolats faits sur mesure, en utilisant quelques-unes des nouvelles levures.