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Articles de la catégorie 'Shigella'

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Efficacité d’un ammonium quaternaire sur différents coupons de bandes de convoyage contaminées par de l’eau de rinçage de volaille

15
mar
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Classé dans Contamination, Contamination croisée, Curiosité, Environnement, Hygiène, Machines, Microbiologie, Nettoyage-Désinfection, Santé, Sécurité des aliments, Shigella, Volaille.

CG_ChickenRésumé.

L'utilisation de produits de nettoyage et de désinfection en hygiène pour assurer la sécurité des aliments est nécessaire dans l’industrie de la volaille pour éviter la contamination des produits alimentaires par des pathogènes et pour réduire les problèmes de qualité tels que l’altération des produits. Cette étude a évalué l'efficacité d’un ammonium quaternaire (QAC) sur différents types de matériaux de bandes transporteuses (ou de convoyage) contaminées par de l'eau de rinçage de volailles. Six types et modèles différents de bandes de convoyage ont été utilisés dans l'étude : (1) maille de toile (polyuréthane avec du monopolyester < 1%), (2) maille d’acétal 3,2%, (3) maille de polypropylène 48%, (4) maille de polypropylène 24%, (5) maille en acier inoxydable à boucle 80% et (6) maille en acier inoxydable tissé 70%. Les bandes de convoyage commerciales, qui n'avaient jamais été utilisées, ont été découpées en coupons de manière à inclure les joints de fixation, après quoi les coupons ont été nettoyés et désinfectés avant d'être exposées à l'eau de rinçage des volailles contaminée pendant 1 heure. Les coupons contaminés ont été pulvérisés avec 200 ppm de QAC et un temps de contact de 10 minutes avant de réaliser les dénombrements bactériens (mésophiles aérobies et coliformes). En général, le QAC était plus efficace contre les bactéries mésophiles sur les coupons en acier inoxydable (3 log de réduction en ufc/cm2) que sur la bande en acétal, polypropylène et les matériaux à base de polypropylène (1,5 à 2,3 log de réduction de ufc/cm2). De même, le désinfectant a réduit le nombre de coliformes à des taux non détectables (> 2 log ufc/cm2) dans tous les coupons des bandes de convoyage, à l'exception de celles des matériaux en toile. Les résultats indiquent que l’efficacité du QAC contre les bactéries mésophiles et les coliformes est influencée par la conception et le type de matériau, avec une plus grande efficacité observée sur des surfaces en acier inoxydable.

Guilberto A. Veluz, Shankaralingam Pitchiah, Mindy M. Brashears, Christine Z. Alvarado. Efficacy of Quaternary Ammonium Compounds on Different Conveyor Coupons Contaminated with Poultry Rinsate. Food Protection Trends, vol. 34, no. 1, pp. 15-19, January 2014.

Retour sur une éclosion à Shigella sonnei liée à du basilic en Norvège

6
déc
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Classé dans Contamination, Contamination croisée, Curiosité, Hygiène, Microbiologie, Réglementation, Santé, Sécurité des aliments, Shigella, TIAC.

imgresUne étude sur une éclosion à Shigella sonnei a identifié du basilic importé en Norvège en 2011, soulignant ainsi l'importance de bons outils de typage et d’un système de traçabilité des produits.

Résumé.

Le 9 octobre 2011, le Centre hospitalier universitaire du nord de la Norvège a alerté l'Institut norvégien de santé publique (NIPH) au sujet d’une augmentation de cas d’infections à Shigella sonnei à Tromsø. Les isolats présentaient un profil identique par MLVA (Multiple-Locus Variable-number Tandem-Repeat Analysis). La plupart des cas avaient consommé des aliments chez le traiteur X. Le 14 octobre, de nouveaux cas à S. sonnei avec le même profil MLVA ont été signalés à Sarpsborg au sud-est de la Norvège. Une enquête épidémiologique a été lancée pour identifier la source et prévenir l’apparition d'autres cas. Tous les cas confirmés en laboratoire des deux cas groupés ont été interrogés. En outre, une étude de cohorte a été réalisée entre les participants d'un banquet à Tromsø où des aliments du traiteur X ont été servis et où certaines personnes ont signalé avoir été malades. Une enquête de traçabilité a été lancée. Au total, 46 cas ont été confirmés (Tromsø = 42 ; Sarpsborg = 4). Avoir consommé de la sauce pesto au basilic ou de la soupe de poisson au banquet à Tromsø étaient des facteurs de risque indépendants de la maladie. Le pesto de basilic était le seul aliment commun qui avait été consommés par les cas confirmés survenus à Tromsø et Sarpsborg. Le basilic avait été importé et livré aux deux municipalités par le même fournisseur. Aucun lot spécifique du basilic n’est resté sur le marché norvégien où il a été identifié comme la source probable. À la suite de l'enquête multidisciplinaire, qui a permis d'identifier la source, l'Autorité norvégienne de sécurité des aliments, avec le NIPH, a prévu d'élaborer des recommandations pour les fournisseurs de produits alimentaires sur la façon de manipuler les végétaux frais avant de les consommer.

Source Guzman-Herrador BR, Nilsen E, Cudjoe KS, Jensvoll L, Kvamme JM, Lindegård Aanstad A, Lindstedt BA, Nygård K, Severinsen G, Werner-Johansen Ø, Wester AL, Wiklund M, Vold L. A Shigella sonnei outbreak traced to imported basil – the importance of good typing tools and produce traceability systems, Norway, 2011. Euro Surveill. 2013;18(49):pii=20650.

NB : Comme le disent les auteurs, cette éclosion a eu lieu malgré le fait qu’une publication a noté un effet inhibiteur d’herbes comme le basilic ou du thym sur Shigella sonnei.

Le réchauffement climatique et la sécurité des aliments

25
oct
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Classé dans Contamination, Curiosité, Environnement, Microbiologie, Santé, Sécurité des aliments, Shigella.

Climate-change-300x215?« Sécurité des aliments, ça commence à chauffer » (Things may be hotting up for food safety), article de Richard Lawley paru sur son blog Food Safety Watch le 24 octobre 2013.

Il ne fait aucun doute que le climat de la Terre se réchauffe. Selon le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) , la température mondiale moyenne sur terre et sur mer a augmenté de 0,85°C entre 1880 et 2012 , tandis que la période 1983-2012 a vu probablement les 30 années plus chaudes des derniers 1400 ans. Pourquoi ce qui arrive est plus controversé, malgré le poids écrasant de preuves scientifiques, il est assez clair que l'activité humaine a beaucoup à voir avec cela. Que vous le croyiez ou pas, il faut bien avoir à l’esprit que le changement climatique aura des conséquences pour notre planète et pour ses habitants. Certaines de ces conséquences peuvent être positives, mais beaucoup vont rendre la vie plus difficile et il faudra nous adapter aux changements du monde dans lequel nous vivrons tous.

Un certain nombre de tentatives ont été faites pour prédire l'effet que la hausse des températures aura sur la sécurité de l'approvisionnement alimentaire. La Food and Agriculture Organisation (FAO) a publié un rapport intitulé Changement climatique : conséquences pour la sécurité alimentaire (Climate Change: Implications for Food Safety) en 2008. Le rapport de la FAO axée sur les maladies d'origine alimentaire, les biotoxines et des contaminants environnementaux et, bien que souvent spéculatif, il a présenté quelques possibilités préoccupantes assez plausibles pour inquiéter les responsables de la sécurité de nos aliments. Par exemple, la contamination des coquillages par les biotoxines marines est susceptible de devenir plus répandue comme la dissémination des algues qui produisent des toxines se développent et les conditions plus chaudes favorisant la prolifération d'algues deviennent plus fréquentes.

Maintenant est arrivée une nouvelle mise en garde disant que le changement climatique a peut-être déjà un effet sur la sécurité des produits de la mer, non pas à cause des toxines liées aux algues, mais en raison de la propagation de souches particulièrement virulentes de la bactérie pathogène d’origine alimentaire, Vibrio parahaemolyticus. Les spécialistes de la sécurité des aliments et les agences de santé publique aux Etats-Unis et en Europe ont écrit une lettre au New England Journal of Medicine décrivant les éclosions d’intoxications alimentaires liées aux fruits de mer causées par ces souches virulentes, l'une dans l'est des Etats-Unis et l’autre dans le nord de l'Espagne. Cela est inhabituel parce que jusqu'en 2012 ces souches (O4:K12 et O4:KUT) n’avaient jamais été isolées des eaux du Pacifique. Apparemment, la température de la surface de l'eau de mer plus chaude que la température habituelle dans les régions où les nouveaux foyers se sont déclarés ont peut-être aidé les bactéries à survivre et à se multiplier à des taux nécessaires pour provoquer des maladies, les éclosion sont toujours plus fréquentes durant les mois chauds d'été.

Cela peut être une indication précoce que le paysage de la sécurité des aliments est en train de changer considérablement quand la température augmente. Les menaces jadis considérées comme tropicales pourraient bien devenir communes dans des régions tempérées au cours des années à venir. L'industrie alimentaire et les agences de sécurité des aliments dans le monde doivent être conscients des possibilités et doivent essayer d'éviter d'être pris par surprise. Cela se traduira par plus de surveillance et plus de recherche sur les menaces émergentes en matière de sécurité des aliments comme conséquence du changement climatique. L'alerte précoce est toujours préférable afin de limiter les dégâts.

Résistance des bactéries aux antibiotiques aux Etats-Unis : les exploitations agricoles sur la sellette ?

19
sept
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Classé dans Campylobacter, Contamination, Curiosité, Environnement, Réglementation, Salmonella, Santé, Sécurité des aliments, Shigella, TIAC, Viande, Volaille.

Selon un rapport du CDC, les exploitations agricoles jouent un rôle dans la résistance des antibiotiques. Chaque année, plus de deux millions de personnes aux États-Unisont des infections résistantes aux antibiotiques et au moins 23 000 personnes en décèdent, selon un nouveau rapport publié par les US Centers for Disease Control and Prevention (CDC). Le rapport, Antibiotic Resistance Threats in the United States, 2013, présente un instantané du fardeau et de la menace posés par des germes résistants aux antibiotiques ayant le plus d'impact sur la santé humaine.

coverUtilisant différents facteurs tels que l'impact sur la santé, l'impact économique, les projections à 10 ans et les obstacles à la prévention, le CDC a regroupés 18 micro-organismes résistants en trois niveaux de menace urgente, grave et inquiétante. Ceux liés aux maladies infectieuses d'origine alimentaire comprennent Clostridium difficile, Campylobacter, Salmonella, Salmonella Typhi, Shigella et Staphylococcus aureus.

L'utilisation d'antibiotiques est le facteur le plus important conduisant à la résistance aux antibiotiques. Jusqu'à 50% de tous les antibiotiques prescrits aux personnes ne sont pas nécessaires ou ne sont pas prescrits de façon appropriée. Cependant, il y a une inquiétude croissante concernant les infections résistantes aux antibiotiques dans les aliments.

Les antibiotiques sont couramment utilisés dans les animaux producteurs d'aliments pour prévenir, maîtriser et traiter les maladies et comme promoteur de croissance. Selon les données publiées par la US Food and Drug Administration (FDA), il y a  plus de kilogrammes d'antibiotiques vendus aux États-Unis chez animaux producteurs d'aliments que chez les personnes. Cette utilisation contribue à l'émergence de bactéries résistantes aux antibiotiques chez les animaux producteurs de denrées alimentaires. Les bactéries résistantes chez les animaux producteurs de denrées alimentaires sont particulièrement préoccupantes parce que ces animaux servent de porteurs. Les bactéries résistantes peuvent contaminer les aliments qui proviennent de ces animaux et les personnes qui consomment ces aliments peuvent développer des infections résistantes aux antibiotiques. Les antibiotiques doivent être utilisés judicieusement chez l’homme et les animaux parce que les deux usages contribuent non seulement à l'émergence mais aussi à la persistance et à la propagation de bactéries résistantes aux antibiotiques.

Selon le rapport, les scientifiques du monde entier ont apportés des preuves solides que l'utilisation des antibiotiques chez les animaux producteurs d'aliments peut nuire à la santé publique par la séquence d'événements suivants :

  • L'utilisation d'antibiotiques dans l'alimentation des animaux producteurs permet aux bactéries résistantes aux antibiotiques de prospérer tandis que les bactéries sensibles sont supprimées ou meurent.
  • Les bactéries résistantes peuvent être transmises des animaux producteurs de denrées alimentaires à l’homme par la chaîne alimentaire.
  • Les bactéries résistantes peuvent causer des infections chez l'homme.
  • Les infections causées par des bactéries résistantes peuvent avoir des conséquences néfastes sur la santé de l’homme.

En raison du lien entre l'utilisation des antibiotiques chez les animaux producteurs de denrées alimentaires et l'apparition d'infections résistantes aux antibiotiques chez l’homme, le CDC recommande que les antibiotiques doivent être utilisés chez les animaux producteurs d'aliments uniquement sous une surveillance vétérinaire et seulement pour gérer et traiter les maladies infectieuses et non pas pour favoriser la croissance. Le CDC encourage et soutient les efforts visant à réduire l'utilisation inappropriée des antibiotiques chez l’homme et les animaux, comprenant la stratégie de la FDA pour promouvoir l'utilisation judicieuse des antibiotiques qui est importante pour le traitement de l’homme. Le CDC soutient le plan de la FDA afin de mettre en œuvre un projet de lignes directrices en 2013 qui rendra cette stratégie opérationnelle. En outre, le CDC a contribué à un programme de formation chez les vétérinaires sur l'utilisation prudente des antibiotiques chez l’animal.

Quelques jours avant que le rapport du CDC ait été publié, une étude a été publiée dans Science Express montrant que des animaux domestiques sont peu susceptibles d'être la principale source de Salmonella résistants aux antibiotiques chez l’homme. Les chercheurs ont séquencé l'ADN de 373 échantillons provenant d’hommes et d’animaux infectés par Salmonella Typhimurium DT104 sur une période de 22 ans, principalement en Ecosse. Ils ont découvert que les populations de Salmonella chez l’homme et l’animal étaient distinctes. Ils ont également constaté que le nombre estimé de fois que les bactéries étaient passées de l’animal à l’homme (et vice versa) était remarquablement faible. Les chercheurs ont conclu que leurs résultats suggèrent que la contribution des populations animales locales à des infections humaines à S. Typhimurium DT104 peut déjà avoir été exagérée, au moins en Ecosse. Ils ont noté que, pour comprendre pleinement les voies d'infection et trouver des moyens de prévenir, de nouvelles recherches sur d'autres bactéries et d’autres environnements seront nécessaires.

Commentaires : Comme déjà vu sur ce blog, le problème est assez voire très complexe.

Cela n’a pas empêché un distributeur français (mais est-il le seul ?) de proposer du poulet sans antibiotiques. On y lit « Qui a dit que la crise avait eu raison, à cause de leur prix plus élevé, des produits estampillés 100 % naturel ? Certainement pas l’enseigne de grande distribution Carrefour, dont les poulets sans antibiotiques, vendus dans ses 1200 magasins 3 à 5 % plus cher qu’un Label rouge traditionnel, ont le vent en poupe. »

Si l’on peut m’expliquer ce que c’est qu’un poulet sans antibiotiques mais aussi 100% naturel, mais fait donc le ministre de la consommation ?

Selon un rapport de l’ECDC, Campylobacter et E. coli d’origine alimentaire en hausse en Europe

13
sept
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Classé dans Campylobacter, Contamination, Curiosité, E. coli, Listeria, Réglementation, Salmonella, Santé, Sécurité des aliments, Shigella, TIAC, Union Européenne.

Selon un rapport de l’ECDC, Campylobacter et E. coli d'origine alimentaire en hausse en Europe, source CIDRAP News.

Un nouveau rapport épidémiologique a été publié sur la surveillance mettant l'accent sur six maladies prioritaires d’origine alimentaires et d'origine hydrique dans l'Union européenne et l'Espace économique européen (UE/EEE). Il rapporte que la campylobactériose et que les Escherichia coli producteurs de shigatoxines/vérotoxines (STEC/VTEC) ont augmenté en incidence et que la salmonellose, la shigellose et la yersiniose ont diminué sur une période d'étude de 4 ans (2006 à 2009).

ECDC_surveillanceLe Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC) publie chaque année un rapport épidémiologique, mais le nouveau rapport, « Surveillance of Food- and Waterborne Diseases in the EU/EEA » (114 pages) est le premier dédié à une surveillance accrue sur six maladies prioritaires. Les données analysées ont été recueillies par le système européen de surveillance de 2006 à 2009.

La campylobactériose a augmenté de 13% en 2009 (plus de 23 000 cas ont été rapportés en 2009 par rapport à 2006), avec un taux de notification de 47 cas pour 100 000 habitants, dit le rapport. Le nombre de cas rapportés à STEC/VTEC a augmenté de 9%, avec un taux de 0,77 cas pour 100 000 habitants 2009 (plus de 290 cas ont été rapportés en 2009 par rapport à 2006). Environ 90% des cas de campylobactériose ont été acquis dans l'UE et l'EEE, de même que pour 79% des cas à STEC/VTEC.

L'incidence de la salmonellose a diminué de 33% au cours de la période d'étude, avec un taux de déclaration de 24,3 cas pour 100 000 (11,1 cas pour 100 000 habitants pour la France) ; la shigellose a diminué de 13% (de 2007 à 2009), avec un taux de 1,63 cas pour 100 000, et la yersiniose a diminué de 16% sur le période de l’'étude avec un taux de 1,77 cas pour 100 000 habitants.

Environ 86% des cas d'infections à Salmonella ont été acquis au niveau national, de même que 97% des infections à Yersinia, alors que les deux tiers des cas d’infections à Shigella ont été importés de l'extérieur de l'UE et l'EEE et liés aux voyages, selon l'étude. Le risque de shigellose a été retrouvé être plus élevé chez les enfants de moins de 4 ans.

Les résultats de surveillance d'un grand nombre d'autres maladies ont également été inclus dans le rapport, parmi lesquelles les infections à Listeria et la typhoïde. Les résultats notables sont que, alors que le taux de mortalité pour la plupart des maladies prioritaires était inférieur à 1%, le taux de mortalité de la listériose varie de 17% à 20% entre 2007 et 2009. En outre, une forte augmentation de la maladie a été observée chez les personnes âgées de plus de 65 ans et en particulier chez les hommes de plus de 85 ans.