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Betteraves crues ou betteraves pasteurisées, le nouvel enjeu sanitaire ?  

16
déc
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Classé dans Contamination, Contamination croisée, Curiosité, Environnement, Microbiologie, Règlementation, Santé, Sécurité des aliments, TIAC.

Le blog en avait parlé dans Intoxication alimentaire dans des cantines de Colomiers : La betterave est-elle l’agent causal ? et dans Intoxication alimentaire dans la cantine de Colomiers et un unsual suspect détecté.

Mais voilà que l’Anses publie un « avis relatif à une demande d’appui technique et scientifique relatif à des épisodes de toxi-infections alimentaires collectives liés à la consommation de betteraves crues râpées », 32 pages, rien de moins, rien de plus !

C’est que « L’Anses a été saisie le 5 août 2014 par la DGCCRF pour la réalisation de l’expertise suivante : Demande d’appui technique et scientifique relatif à des épisodes de toxi-infections alimentaires collectives liés à la consommation de betteraves crues râpées. »

betteraveLes faits, « Depuis le mois de janvier 2014, l’Unité d’alerte (UA) de la DGCCRF a été informée de quatre épisodes de toxi-infections alimentaires collectives (TIAC) impliquant la consommation de betteraves crûes râpées survenus en milieu scolaire, affectant près de 450 enfants. » Le blog avait essayé de vous en informé mais comme dit le titre de l’article que j’avais rédigé, France : Tiac par ici, Tiac par là, mais très peu d’infos !

L’Anses, se substitue ici à l’InVS et nous informe sur ces TIAC. Il s’agissait d’épisodes survenus en janvier 2014, avril 2014, fin mai 2014 et août 2014 en France :

  • Alsace, plus de 100 enfants malades dans une dizaine d’écoles et Nord-Pas-de-Calais (> 250 enfants malades dans 20 écoles au total),
  • Deux centres de loisirs du 19ème arrondissement de Paris, 22 enfants et trois adultes malades,
  • Midi-Pyrénées, impliquant 12 écoles approvisionnées par une même cuisine centrale, lors du même déjeuner, environ 150 enfants ont été malades,
  • Région Provence-Alpes Côte d’Azur au sein d’une maison de retraite, 11 adultes parmi environ 130 pensionnaires de cette maison de retraite.

Bref, dans cet avis, l’Anses se pose beaucoup de questions et balaie de nombreuses hypothèses, et c’est normal, car, en pareil cas, il n’y a pas qu’un seul agent causal …

Les conclusions sont donc un peu floues et vont vers une mesure de précaution :

Les symptômes (troubles digestifs) décrits lors des épisodes de TIAC faisant l’objet de ce rapport, se sont révélés peu spécifiques et peu discriminants. Néanmoins, la rapidité de leurs apparitions devrait permettre d’orienter plutôt les investigations vers une origine toxinique ou chimique de la contamination.

Certaines de ces pistes ont d’ores et déjà pu être infirmées par les résultats des analyses effectuées sur les lots de betteraves incriminés dans les TIAC. Toutefois, compte-tenu de l’hétérogénéité des contaminations par les toxines, il est possible que les échantillons analysés ne soient pas représentatifs des aliments consommés. (…)

Le comité d’experts spécialisé souligne le fait que la betterave potagère est un légume consommé traditionnellement cuit depuis des générations. Cet usage pourrait être fondé sur une connaissance profane de certains risques potentiellement associés à la consommation de betteraves crues. Par prudence, il pourrait être recommandé, en attendant une meilleure compréhension des phénomènes observés, de ne pas servir de betteraves crues râpées dans les restaurants collectifs des établissements d’enseignement et des maisons de retraite, solution adoptée en Finlande avec succès.

Commentaires : Je ne sais ce que le gestionnaire du risque, la DGCCRF, va pouvoir en conclure, « pas ou plus de betterave crues » dans les restaurants collectifs des établissements d’enseignement et des maisons de retraitesans doute, mais quand ?

Vous prendrez bien un cocktail mais avec ou sans œuf cru, avec ou sans Salmonella ?

16
déc
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Classé dans Contamination, Contamination croisée, Curiosité, Environnement, Microbiologie, Salmonella, Santé, Sécurité des aliments, TIAC.

1001 cocktails.com a trouvé au moins une centaine de cocktails avec ou sans alcool, mais avec un œuf, tandis que le site siroter.com, il a trouvé 17 cocktails avec un jaune d’œuf (cru?), mais la vraie question est en prendrez-vous pour les fêtes ?

Bien entendu, me direz-vous, il y a de l’alcool sensé neutraliser ou détruire les bactéries dangereuses, oui mais ? Pas décidé, auparavant, lisez ce qui suit, on ne sait jamais … et comme de bien entendu, … l’alcool est dangereux pour la santé, à consommer avec modération !

« Voulez-vous un œuf avec votre cocktail ? » d’après Ben Chapman du barfblog.

Katrina Levine, assistante de recherche à la North Carolina State University a écrit:

Les vacances sont un moment où nous nous réunissons pour célébrer et où l’on prend des aliments et des boissons, en particulier du lait de poule et d’autres boissons contenant des œufs (crus). Dans les restaurants ou les bars, le barman fait souvent des cocktails mousseux à base d’œufs à cette époque de l’année, mais sont-ils tous aussi bon bons qu’on le dit ?

face-300x162Retour à cet été, c’était une nuit sombre et orageuse quand j’entrai dans un bar faiblement éclairé de Raleigh. Un orchestre de jazz jouait un morceau chaotique de Charlie Parker et le bar était rempli de gens sirotant quelques cocktails exotiques. J’approchais du bar pour commander et du coin de l’œil, j’ai vu le barman prendre un œuf et casser directement dans le verre de quelqu’un (moi, non, pas tout à fait exactement comme cela est indiqué sur la photo de droite).

Les cocktails contenant des œufs crus sont une nouvelle tendance dans la fréquentation des bars. Des fizzes, des flips, des sours et même du lait de poule contiennent souvent des œufs crus entiers, des blancs ou des jaunes. Même s’ils peuvent être savoureux, le risque d’être infecté par Salmonella de l’un d’entre eux est incertain.

egg-break-269x300Consommer des œufs crus ou insuffisamment cuits a été lié à de nombreuses éclosions de salmonellose, une maladie d’origine alimentaire. Une récente éclosion dans le Michigan a rendu 32 personnes et une autre eclosion en Caroline du Nord en 2012 a rendu malades 29 personnes, toutes deux étaient probablement causées par la consommation de sauces à base d’œufs crus. Une importante éclosion de salmonellose en 2010 a infecté près de 2000 personnes dans 11 États (CDC, 2010). Un tableau des éclosions liés aux œufs crus peut être obtenu ici. Les poules pondeuses qui sont infectées par Salmonella Enteritidis, la souche la plus commune dans les œufs, peuvent transmettre les bactéries directement aux œufs qui se forment dans leurs ovaires (Gantois et al., 2009). C’est la voie de contamination la plus probable (Gantois et al., 2009). Il n’y a pas assez de recherche pour montrer quelle partie de l’œuf a la plus grande quantité de contamination par cette voie, bien que la coquille, la membrane, le blanc (albumine), et le jaune peuvent tous être contaminés (Gantois et al., 2009).

Les œufs peuvent aussi être contaminés par pénétration à travers la coquille lorsqu’elle est exposée à des choses comme des fèces contaminées par Salmonella (Gantois et al., 2009). Parce qu’une coquille est poreuse, les bactéries peuvent toujours trouver un moyen pour passer au travers puis aller dans l’œuf. La coquille de l’œuf est plus susceptible d’être contaminé que l’intérieur de l’œuf et les jaunes d’œufs sont moins susceptibles que les blancs d’avoir Salmonella parce que les propriétés antimicrobiennes du blanc peuvent réduire ou éliminer les bactéries (Gantois et al., 2009). Mais si la coquille héberge Salmonella et il entre en contact avec l’œuf, et lorsque vous le cassez, vous contaminez l’intérieur de l’œuf (transfert de contamination). Le lavage des œufs ne vous aidera pas plus, cela va les rendre plus sensibles à la contamination (USDA FSIS, 2011).

Salmonella Enteritidis se trouve en moyenne de 1 œuf tous les 20 000 œufs (Ebel et Schlosser, 2000). Les taux de contamination sont également influencés par le pourcentage de poules pondeuses infectées dans un troupeau et le temps entre l’infection et la production d’œufs (Braden 2006).

Les États-Unis produit environ 80 milliards d’œufs de consommation chaque année, environ 30% sont pasteurisés (USDA NASS, 2014 ; USDA FSIS 2013). Si un œuf sur 20 000 œufs a Salmonella Entertidis, cela équivaut à environ 2,8 millions d’œufs contaminés, dont certains peuvent finir par les bars, les restaurants ou les cuisines domestiques.

D’accord, vous vous dites que vous avez une chance sur 20000. Quelles sont les chances que vous allez tomber malade ? C’est difficile de le savoir si le risque de maladie est influencé par l’ajout d’œuf contenant Salmonella dans une boisson alcoolisée. La littérature suggère qu’il existe au moins un couple de facteurs qui peuvent influencer la survie et la destruction de du pathogène : le pH et la teneur en alcool.

Consommer de l’alcool avec un pathogène peut avoir un effet protecteur. Les épidémiologistes ont montré dans un rapport d’investigation d’éclosion en 2002 qu’il y avait un effet protecteur chez les personnes qui buvaient plus de 40 grammes d’alcool (c’est environ 2 pintes de bière ou 2-3 verres de vin) (Bellido-Blasco et al., 2002). Le taux d’infection de ceux qui avaient plus de 40 grammes était de 54%, contre 78% et 95% pour ceux qui avaient respectivement, moins de 40 grammes et pas d’alcool du tout (Bellido-Blasco et al., 2002) .

drink-291x300En 2008, des chercheurs de l’université Rockefeller ont cherché à savoir si la prise de lait de poule tuerait Salmonella, mais leurs résultats n’ont pas été concluants (et n’ont pas été publiés dans une revue à comité de lecture). Même si la boisson a été faite avec 14% d’alcool, elle a été mise en bouteille avec la bactérie, mais aucune Salmonella n’a été récupérée après avoir été conservée au réfrigérateur pendant environ 3 semaines (Rockefeller University, 2008).

Pourtant, une autre étude sur le vin a examiné les effets antimicrobiens du vin non contaminé et le rôle de certains de ses constituants, phénols totaux, éthanol et pH, sur l’activité antimicrobienne (Boban et al, 2010). Ils ont testé vin intact, du vin dont les phénols ont été enlevés, du vin avec l’alcool qui a été enlevé, l’éthanol, un faible pH, et de l’éthanol combiné à un pH faible, contre Salmonella Enteritis et E. coli (Boban et al., 2010). Même si le pH et la teneur en alcool étaient similaires dans tous les échantillons, le vin intact eu la plus grande activité antimicrobienne, tandis que les versions non intactes avaient une activité antimicrobienne inférieure (Boban et al., 2010). L’éthanol seul et un pH faible seul ont une activité antibactérienne négligeable, mais lorsqu’il sont combinés, ils présentent une activité supérieure (Boban et al., 2010). Bien que la teneur en alcool et le pH semblent avoir une sorte d’effet sur les effets antimicrobiens du vin, l’effet ne peut être attribuée à l’alcool, le pH, ou à l’un des autres composants spécifiquement (Boban et al., 2010).

L’acidité est également un facteur. Salmonella ne se développera pas en dessous d’un pH de 3,6 à 4,0 (Lanciotti et al., 2001;. Perales & Garcia, 1990), de sorte que la concentration globale et la combinaison des ingrédients dans la boisson devrait être à 4,0 ou en-dessous pour détruire les bactéries.

Les différentes formes de l’alcool peuvent être plus ou moins acides (Lazar, 2011). Des formes à base de raisin, comme le xérès et les vermouths, sont plus acides, tandis que les spiritueux distillés, comme le gin et la vodka, ont généralement un pH neutre, parce que le processus de distillation élimine l’acidité. D’autres ajouts à l’alcool peuvent avoir aussi un impact sur le pH. Les agrumes comme le jus de citron et de lime sont de loin les plus acides avec un pH d’environ 2-3 (Lazar, 2011). Plusieurs expériences ont mélangé un acide, comme le jus de citron, le vinaigre ou de l’acide citrique, avec de la mayonnaise faite avec des œufs crus pour voir si cela réduisait Salmonella. Les résultats montrent, cependant, que l’ajout d’acide seul ne semble pas réduire les bactéries à des taux indétectables à moins de laisser au repos pendant au moins une heure à 25°C (Zhu, Li et Chen, 2012). Des températures plus élevées semblent effectivement aider à détruire plus de bactéries, car les membranes cellulaires sont plus perméables, permettant à plus d’acide d’entrer dans les cellules bactériennes (Zhu, Li et Chen, 2012). Comme la plupart des cocktails avec un œuf cru sont conservés au froid et consommés rapidement, un peu de jus de lime ne serait probablement pas suffisant pour abaisser le pH de l’ensemble de boisson.

Ce qui importe c’est que le risque d’avoir un cocktail avec un œuf cru contaminé par Salmonella est faible et cela est basé sur le taux de contamination des œufs, mais si vous gagnez à la loterie de l’œuf contaminé, votre grand prix pourrait être une visite à l’hôpital. Vous aurez à donc décider si vous êtes prêt à prendre le risque.

Optez pour des boissons qui ont déjà été pasteurisés ou qui sont fabriqués avec des ovoproduits pasteurisés ou des œufs en coquille pasteurisés, c’est la meilleure façon de réduire le risque de Salmonella.

Références

Les leçons tirées d’une éclosion d’école. EHEC O157:H7 associé à la consommation de produits de viande crue en juin 2012 en Belgique

15
déc
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Classé dans Contamination, Contamination croisée, Curiosité, E. coli, Hygiène, Règlementation, Santé, Sécurité des aliments, TIAC, Viande.

Il en avait été question dans l’article, « Communication après la découverte de la présence de E. coli O157 dans un abattoir en Belgique », publié le 18 juin 2012, mais voici la publication scientifique réalisée après l’investigation de cette contamination.

Contexte. Le 5 juin 2012, plusieurs cas d’infections à Escherichia coli entérohémorragique, EHEC, O157:H7 ont été signalés aux autorités de la santé publique du Limburg.

rowan.atkinson.steak_.tartare-300x225Méthodes. Nous avons effectué une étude cas-témoins, une investigation de traçabilité amont et aval et avons comparé les souches isolées chez les cas humains et des prélèvements d’aliments. Un cas a été défini comme toute personne avec une infection à E. coli O157:H7 confirmée en laboratoire dans le nord-est du Limbourg du 30 mai au 15 juillet 2012. Les membres de la famille atteints de diarrhée sanglante ont également été considérés comme des cas. E. coli O157 a été isolé par culture et la présence des gènes de virulence a été vérifiée en utilisant une (q)PCR. Les isolats ont été génotypés et ont été comparés par électrophorèse en champ pulsé (PFGE) et l’analyse de séquences d’insertion 629-printing (IS629-printing).

Résultats. L’éclosion a mis en cause 24 cas, dont 17 ont été confirmés en laboratoire. Cinq cas ont développé un syndrome hémolytique et urémique (SHU) et quinze cas ont été hospitalisés. Les cas ont rapporté une consommation significativement plus élevé de « steak tartare », un produit à base de viande crue (OR 48,12 ; 95% IC; 5.62- 416,01). Les cas étaient également plus susceptibles d’acheter de la viande dans certaines boucheries (OR 11,67; IC 95%; 1,41 à 96,49). La PFGE et IS629 printing ont démontré que les souches de EHEC O157:H7 isolées étaient positives pour vtx1a, vtx2a, eae, ehxA dans trois produits de viande et les dix-sept prélèvements de selles humaines étaient identiques. Dans un abattoir, identifiés par l’enquête de traçabilité, une carcasse infectée par une souche EHEC différente a été trouvée et confisquée.

Conclusion. Nous présentons une éclosion d’origine alimentaire bien décrite et efficacement conduite associée à des produits de viande. Nos principales recommandations sont la facilitation et l’accélération de la détection des éclosion et le développement d’un plan de communication pour atteindre toutes les personnes à risque.

Le auteurs notent aussi « Il y avait un retard de neuf jours entre le début de l’éclosion et le début de l’investigation. Détecter une éclosion aussi vite que possible et présenter des résultats à tous les intéressés sont les plus grands défis à relever pour améliorer sensiblement le management des éclosions en Belgique. De nombreuses autorités différentes, des instituts et des laboratoires, chacun avec son propre mandat, se sont impliquées dans l’enquête et le management de l’éclosion. Une éclosion dans laquelle l’origine a été prouvée et par la suite stoppée et cela a montré l’efficacité du management des éclosions d’origine alimentaire en Belgique. »

*IS629-printing est une méthode de génotypage rapide basée sur la présence variable de séquences d’insertion 629 dans le génome de E. coli O157:H7 décrite par Ooka et al.

Toon Braeye, Sarah Denayer, Klara De Rauw, Anmarie Forier, Jurgen Verluyten, Ludo Fourie, Katelijne Dierick, Nadine Botteldoorn, Sophie Quoilin, Pascale Cosse, Jeannine Noyen and Denis Pierard. Lessons learned from a textbook outbreak: EHEC-O157:H7 infections associated with the consumption of raw meat products, June 2012, Limburg, Belgium. Archives of Public Health 2014, 72:44.

NB : On pourra retrouver la ‘vraie’ recette du steak tartare fournie par l’AFSCA de Belgique, voir l’article Un steak tartare ou rien …

Pathogénicité des souches de Salmonella isolées à partir d’œufs et d’environnements d’élevages de poules pondeuses en Australie

15
déc
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Classé dans Contamination, Contamination croisée, Curiosité, Environnement, Hygiène, Microbiologie, Règlementation, Salmonella, Santé, Sécurité des aliments, TIAC.

« Pathogénicité des souches de Salmonella isolées à partir d’œufs et d’environnements d’élevages de poules pondeuses en Australie », source Doug Powell du barfblog du 15 décembre 2014.

aioli-dressingEn Australie, l’industrie des œufs est périodiquement impliquée dans des éclosions d’intoxication alimentaire à Salmonella. Salmonella enterica sérotype Typhimurium et d’autres Salmonella non typhoïdique spp., en particulier, sont une préoccupation majeure de la santé publique en Australie.

Plusieurs souches de Salmonella Typhimurium classées comme types définitifs, mais surtout Salmonella Typhimurium type définitif ou lysotype 9 (definitive type 9 ou DT9), ont été fréquemment rapportés durant des éclosions d’intoxication alimentaire liées aux œufs en Australie. Le but de la présente étude était de générer un profil de pathogénicité des isolats de Salmonella non typhoïdiques provenant d’élevages de poules pondeuses d’œufs en Australie.

Pour ce faire, nous avons évalué la capacité des isolats de Salmonella à provoquer une maladie gastro-intestinale en utilisant des modèles à la fois in vitro et in vivo. Les données des expériences in vitro ont montré que la capacité d’invasion des sérotypes de Salmonella cultivés jusqu’à la phase stationnaire (en phase liquide) dans du milieu LB était de 90 et 300 fois plus élevée qu’avec des suspensions bactériennes dans une solution saline normale (culture en phase solide). Au cours de l’essai d’infection in vivo, les signes cliniques de l’infection et de mortalité ont été observées seulement pour des souris infectées avec soit avec 103 ou 105 UFC de S. Typhimurium DT9. Aucune mortalité n’a été observée chez les souris infectées avec des sérotypes de Salmonella avec une capacité invasive moyenne ou faible des cellules Caco-2.

Des profils des gènes de pathogénicité ont également été générés pour tous les sérotypes inclus dans cette étude. La majorité des sérotypes testés étaient positifs pour les gènes de virulence sélectionnés. Aucune relation entre la présence ou l’absence de gènes de virulence par PCR et la capacité invasive in vitro ou bien la pathogénicité in vivo n’a été détectée. Nos données élargissent les connaissances sur la variation entre les souches de la pathogénicité de Salmonella spp liés à l’industrie des œufs en Australie.

La consommation de la viande crue aux Etats-Unis, au Japon et … en France

12
déc
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Classé dans Contamination, Contamination croisée, Curiosité, Environnement, Hygiène, Règlementation, Santé, Sécurité, TIAC, Viande, Virus.

L’USDA dit non à la consommation de viande crue. Le Japon interdit le porc cru, les sashimis au foie cru dans les restaurants. Source Doug Powell du barfblog du 12 décembre 2014.

Comme le ministère américain de l’agriculture qui rappelle aux consommateurs d’éviter la viande crue, le ministère de la santé du Japon veut interdire toute viande crue de porc, y compris les foie cru de porc dans les restaurants, en raison des « risques majeurs de santé » que cela peut poser, selon les sources.

raw-beef-liverLe changement du ministère sera basé sur la recommandation d’un groupe spécialisé de recherche de la commission de sécurité des aliments, qui est sous l’autorité du ministre.

Le groupe a entamé des discussions sur l’adéquation de porc cru servi dans les restaurants après qu’une éclosion mortelle d’intoxication alimentaire ait impliqué des plats de bœuf cru. Les membres du groupe ont conclu le 10 décembre que le porc non cuit ne doit pas être servi aux clients.

Le ministère de la santé veut réviser les codes de l’hygiène des aliments afin de stipuler l’interdiction de servir de la viande de porc crue dans les restaurants et autres lieux alimentaires.

Les contrevenants à l’interdiction devront faire face à une suspension et d’autres sanctions administratives, selon les mêmes sources.

En 2012, le gouvernement a interdit le foie cru de bœuf à la consommation, un met populaire dans restaurants barbecue Yakiniku et dans les pubs japonais izakaya, à la suite d’une série de cas d’intoxication alimentaire liés au bœuf cru. Certains établissements sont passés au foie de porc cru.

L’USDA dit que les plats de viande crue comme le tartare peuvent être plus fréquents en cette période de l’année, mais ils amènent des risques pour la santé.

rare_hamburgerLa « viande de tigre » est un autre plat d’hiver traditionnel. Malgré son nom, ce plat ne est pas faite à partir de viande de tigre. C’est un mélange de viande hachée de bœuf crue, des œufs crus, des oignons et d’autres assaisonnements servi sur du pain de seigle ou des crackers. Le tartare de bœuf, la viande de tigre, et des plats semblables sont composés de viande hachée de bœuf et des œufs et ils posent un risque pour la santé lorsqu’ils sont consommés crus ou insuffisamment cuits.

La viande hachée crue de bœuf a été associée à plusieurs grandes éclosions de maladies d’origine alimentaire. En 2012, une éclosion à E. coli O157:H7 qui a rendu malades 17 personnes dans le Wisconsin a été causée par ce plat traditionnel.

La plupart des bactéries dans la viande, les volailles, les fruits de mer et les œufs peuvent être détruits par une cuisson à cœur. Pour prévenir ces cas de maladies, la viande hachée de bœuf devrait toujours être cuite à température interne de 71°C. La seule façon de savoir si la température est bonne est d’utiliser un thermomètre pour aliments. La couleur n’est pas indicateur précis pour savoir si la viande hachée de bœuf haché est complètement cuite.

Dans le rapport relatif à la politique de sécurité sanitaire des aliments remis aux ministres, voir communiqué du 11 décembre 2014, il est noté comme recommandations :

  • Développer la recherche sur la prévalence de l’hépatite E.
  • Sensibiliser le corps médical à l’utilité de la recherche de certains pathogènes tels que le virus de l’hépatite E.
  • Concernant les cas d’hépatite E (VHE) la hausse de la suspicion a conduit à tester 3249 patients en 2011 contre 209 en 2002, et le nombre de cas certains ou probables est ainsi passé de 9 à 2495
  • La montée d’un risque nouveau comme l’hépatite E n’a été que tardivement repérée : l’ANSES a été saisie par l’administration en 2012 et son avis a été émis en 2013.

figatelliEn effet, les produits à base foie de porc cru sont donc clairement dans le collimateur et on attend des mesure de santé publique en retour … car selon l’avis de l’Anses de 2013 précité, « des mesures peuvent d’ores et déjà être mises en œuvre pour assurer la protection du consommateur comme :

  • le traitement thermique des foies,
  • une information lisible et visible sur tous les produits à base de foie de porc cru mis sur le marché et rappelant aux consommateurs la nécessité de cuisson à cœur,
  • une information des médecins et des personnes susceptibles de développer une forme grave (immunodéprimés, individus atteints d’hépatopathie chronique, femmes enceintes) sur le risque hépatite E et sa prévention. Il serait potentiellement envisageable de faire réaliser une sérologie hépatite E chez ces personnes, qui serait suivie, pour les personnes séronégatives, d’une mise en garde, par le praticien, sur la consommation crue des produits concernés. »

Comme on le voit ce que disait l’Anses en 2013 est redit en 2014 dans le rapport remis aux ministres et ça peut continuer longtemps …

Selon l’Institut national de la véritable veille sanitaire (l’expression véritable veille sanitaire est utilisée dans le rapport remis aux ministres), « Le principal réservoir du VHE est le porc. En France, une étude nationale a montré que le VHE circule dans 65 % des élevages de porc et que 31 % des animaux abattus présentent des anticorps anti-VHE. D’autre part, la prévalence du VHE dans les foies de porc prélevés à l’abattoir, entrant donc dans la chaîne alimentaire, était de 4 % (en savoir plus Bulletin épidémiologique n°52 de septembre 2012). »

Certes, il existe un document de 2011 sur Questions/réponses sur le risque d’hépatite virale E sur le site du ministère de la santé, mais on peut raisonnablement se demander quand les mesures préconisées dans l’avis de l’Anses seront mises en pratique …