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Il était une fois norovirus qui s’est propagé via un sac de courses réutilisable

10
mai
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Classé dans Contamination, Contamination croisée, Curiosité, Environnement, Hygiène, Réglementation, Santé, Sécurité des aliments, TIAC, Virus.

CIDRAP News du 8 mai 2012 rapporte que « des sacs ou cabas de courses réutilisables sont pointés du doigt dans une épidémie à norovirus ».

La contamination des sacs réutilisables avait déjà fait l’objet d’un article, ici.

Voici donc une étude qui va, je pense, marquer les esprits.

Le rôle de vecteurs passifs dans des foyers épidémiques à norovirus a été difficile à cerner, mais les autorités sanitaires de l'Oregon ont décrit comment un sac ou cabas de courses réutilisable laissé dans des toilettes où un patient malade a propagé du virus aux membres d’une équipe féminine de football et leurs accompagnateurs.

L'épidémie a attiré à l'attention de la Oregon Public Health Division quand elle a appris qu'un groupe de filles et de leurs accompagnateurs sont tombés malades après avoir participé à un tournoi de football dans le King County, Washington. Les responsables ont noté que l'épidémie était inhabituelle, parce que l’index patient n’avait eu aucun contact avec ses coéquipières quand elle est tombée malade, et l'enquête de la santé publique n'a pas retrouvé de liens vers d'autres malades à l'hôtel de l'équipe, au tournoi ou au restaurant où ils avaient dîné. Ces éléments ont été rapportés dans le Journal of Infectious Diseases par Kimberly Repp du department of public health and preventive medicine à l’Oregon Health and Science University, et William Keene, épidémiologiste sénior à la Oregon Public Health Division à Portland.

La première patiente a commencé se sentir mal dans la soirée et s’est rendue à la chambre d'un accompagnateur, où la jeune fille a commencé à vomir et avoir de la diarrhée dans les toilettes à minuit passé. Le lendemain matin, la jeune fille a été ramenée chez elle dans l'Oregon par un accompagnateur qui est devenu plus tard malade. Aucun des deux n'avait rejoint le groupe le lendemain, qui était un dimanche. Les autres membres du groupe, cependant, sont tombés malades le mardi, après qu'ils soient rentrés chez eux. Au total, 9 membres sur 21 de la délégation et de l'équipe sont tombés malades.

Au cours de l'investigation, des entretiens avec les filles et les accompagnateurs ont révélé que la consommation de biscuits secs préemballés scellés lors du déjeuner du dimanche était significativement associée à la maladie. Sept des 11 membres lors du déjeuner sont tombés malades. Les cookies et autres articles du déjeuner avaient été achetés dans l'Oregon et entreposés à l'hôtel.

Suite à d'autres questions, les membres du groupe ont dit aux responsables de la santé publique que les différents articles avaient été entreposés dans un sac de courses réutilisable qui avait été entreposé dans les toilettes de la chambre d’hôtel, là où la première fille a, à plusieurs reprises, vomi et a eu de la diarrhée. La jeune fille a dit qu'elle n'a jamais touché ou manipulé le sac de courses.

Quelques heures après que la fille malade soit parti chez elle, le sac de courses a été pris par une autre chambre d'hôtel, où son contenu, biscuits emballés, chips et du raisin, a été consommé au déjeuner.

Trois échantillons de selles provenant des patients malades étaient positifs pour norovirus génotype GII. Deux des 10 écouvillons prélevés sur le sac de courses deux semaines après que le déjeuner ait été consommé par l’équipe étaient positifs pour norovirus génotype GII, mais il n’y avait pas assez de matériel pour le séquençage.

En regardant attentivement l'investigation, Repp et Keene ont dit que le temps d'incubation a suggéré que les membres du groupe ont été exposés pendant le déjeuner du dimanche, mais que la maladie de la première fille était déroutante, car elle n'a pas eu de contact direct avec ses coéquipiers ou les aliments après qu'elle ait commencé à vomir et avoir de la diarrhée. « Ce n'est que lorsque nous avons appris l’existence de ce sac dans les toilettes qu’un scénario cohérent a émergé », écrivent-ils.

Le virus sous formes d’aérosols dans les toilettes de l’hôtel s’est probablement établi sur le sac de courses et son contenu, et toucher le sac et consommer son contenu a semblé faciliter la transmission. « D'ailleurs, cela illustre aussi l'un des risques qui apparaît le moins évident à propos des sacs de courses réutilisables », ont noté les auteurs.

L'événement confirme le potentiel de contamination par des aérosols de vecteurs passifs dans des foyers épidémiques à norovirus, qui a été soupçonné, mais qui est difficile à prouver dans d'autres épidémies, tels que celles qui surviennent dans les navires de croisière et les maisons de soins (ou les établissements d'hébergement pour personnes âgées dépendantes, EHPAD, en France –aa), écrivent-ils.

Un message à retenir de l'événement est, bien entendu, de ne pas entreposer d’aliments dans les toilettes ou tout autre lieu où l'exposition aux aérosols peut avoir eu lieu. Il est important de désinfecter non seulement les surfaces exposées, mais les objets qui peuvent avoir été dans l’environnement, ont conclu Repp et Keene.

Dans un éditorial qui accompagnait l’étude, Aron Hall, de la division des maladies virales au National Center for Immunization and Respiratory Diseases du Center for Disease Control and Prevention (CDC), a écrit que la prise en charge du fardeau important des infections à norovirus requiert la compréhension de la propagation complexe des virus, en particulier compte tenu de leur dose infectieuse extrêmement faible et de la charge virale élevée qui est présente dans les vomissures des patients infectés et des fèces.

Il a écrit que l’article de Repp et Keene est un exemple fascinant de la façon dont des situations uniques peuvent conduire à une épidémie à norovirus. « La chaîne d’événements lors de cette épidémie démontre comment ce virus tenace a trouvé un moyen d’aller d'un hôte à l'autre, même lorsque ces hôtes n'ont aucun contact direct avec l’un avec l'autre », a ajouté Hall.

L’étude montre que non seulement les norovirus peuvent être présents sous forme d'aérosols et être dispersés sur des objets contaminés, l'exposition aux vecteurs passifs contaminés peut entraîner des maladies, a déclaré Hall. Il a également souligné l'importance du plan de prélèvements de l'environnement et des vecteurs passifs comme expositions potentielles dans les enquêtes épidémiologiques, mais il a averti que les résultats devraient être interprétés avec prudence, parce que les techniques de diagnostic de détection de l'ARN viral, n'indiquent pas toujours la présence de virus infectieux.

Références

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