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La norme ISO 21469 est-elle réellement nécessaire ? (1/2)

28
sept
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Classé dans Contamination, Hygiène, Normalisation, Réglementation, Sécurité des aliments, Union Européenne.

C’est en tout cas le titre de l’article de Sid Stone, InS Services, paru dans NewFood issue 2 2009, ISO 21469: is it really necessary?

Profitons de cet article pour un point sur le sujet.

Qu’est-ce que la norme ISO 21469 ? ISO 21469 (2006) Sécurité des machines – Lubrifiants en contact occasionnel avec des produits – Exigences relatives à l’hygiène.

Les termes, contact occasionnel, contact accidentel, contact fortuit, contact non intentionnel, etc., sont retrouvés dans la littérature scientifique. Il est parfois évoqué aussi le terme de tolérance alimentaire sans autre précision. Ce qui signifie que l’expression « lubrifiant alimentaire » n’a pas réellement de sens car la majorité des lubrifiants sont d’origine fossile. Cela est sans doute venu de l’expression anglaise « Food Grade Lubricant » que certains ont traduit un peu rapidement « lubrifiant alimentaire ». Une expression plus conforme serait « lubrifiant de qualité alimentaire » ou lubrifiant dit alimentaire » c’est-à-dire apte pour un contact occasionnel, accidentel, etc., avec les denrées alimentaires, mais bien sûr si l’on peut éviter ce contact c’est mieux !

Il faut faire attention à ce point car sur Internet j’ai retrouvé un fabricant qui parle de lubrifiant alimentaire, « Lubrifiant de qualité alimentaire pour chaînes, hautes températures et non fumigène » alors que le certificat qu’il propose est un certificat NSF H2 (voir en fin d’article, la signification de H1, H2 et H3) où il est clairement dit qu’il ne doit pas y avoir de contact avec un aliment (Lubricants with no contact). Prudence donc !

Il est possible classer les lubrifiants dans la catégorie des auxiliaires technologiques, qui selon l’Afssa, sont « des substances utilisées en quantité nécessaire et suffisante pour permettre, faciliter ou optimiser une étape de la fabrication d’un aliment. Contrairement aux additifs alimentaires, les auxiliaires technologiques n’ont plus d’effet dans le produit fini. Cependant, il peut rester des résidus techniquement inévitables ». L’Afssa dans un avis du 8 juillet 2002 avait écrit, « En outre, l’Afssa informe que des spécifications pour les huiles minérales employées en tant qu’auxiliaires technologiques seront émises par l’agence ». À ma connaissance, on attend encore !

Selon Sid Stone, « Ceux qui ont lu cette norme peuvent se demander de façon légitime pourquoi l’industrie alimentaire ou les fabricants de lubrifiants ont-ils besoin d’une norme à laquelle ils devraient adhérer ? »

La nouvelle directive Machine (2006/42/CE), qui va entrer en vigueur le 29 décembre 2009, introduit de nouvelles obligations ou des changements par rapport à la directive consolidée 98/37/CE. La directive précise que « La machine doit être conçue et construite pour que des produits auxiliaires (par exemple : lubrifiants, etc.) ne puissent entrer en contact avec les denrées alimentaires. Le cas échéant, la machine doit être conçue et construite pour permettre de vérifier la permanence de cette exigence ».

La norme ISO 21469 a été proposé par l’ISO à l’ELGI (European Lubricating Grease Institute) qui ne l’a pas vraiment bien accueillie. Cette norme n’apportait pas plus à la sécurité ou à la qualité des lubrifiants pour l’industrie alimentaire, et en fait, il a été estimé par des membres de l’EGLI que nombre de points de la norme étaient déjà couverts par l’ISO 9000, par la méthode HACCP ou certainement par REACH.

Selon l’article, les membres de l’EGLI ne seraient pas très chaud pour une certification selon ISO 21469 car le coût est indéterminé et le marché en a-t-il vraiment besoin ? La norme n’insiste pas sur les essais de produits mais déclare simplement « la réalisation d’essais spécifiques le cas échéant », ni ne définit aucun critère utile, au delà de ce qui existe déjà.

C’est ainsi que la catégorie H1 (Non food compounds, lubricants with incidental contact ou Composés non alimentaires, lubrifiants avec contact occasionnel) a été introduit par l’USDA. Cet enregistrement des lubrifiants a été repris par NSF ces dernières années et tout récemment aussi par la société européenne InS, qui se veut une alternative à NSF. L’évaluation est basée sur le système initial de l’ USDA et les composés doivent être en accord avec les exigences du CFR 21.178.3570 de la FDA depuis plusieurs années.

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