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La propagation de la résistance aux antibiotiques, les fosses nasales et Streptococcus pneumoniae

21
nov
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Classé dans Contamination, Curiosité, Santé.

Un commununiqué de The University at Buffalo (UB) du 19 novembre 2012 rapporte « Comment la résistance aux antibiotiques se propage-t-elle ? Des scientifiques de UB ont trouvé la réponse dans les fosses nasales. »

La résistance aux antibiotiques entraînent que des bactéries ont la capacité étonnante à se transformer et de s'adapter en déjouant les produits qui sont censés les détruire. Mais comment exactement les bactéries acquièrent-elles et répandent-elles cette résistance à l'intérieur des individus qui hébergent ces bactéries, cela n’est pas bien établi pour la plupart des bactéries.

Désormais, des microbiologistes de UB, étudiant la colonisation bactérienne chez la souris, ont découvert comment la propagation très rapide et efficace de la résistance aux antibiotiques fonctionne chez un pathogène des voies respiratoires, Streptococcus pneumoniae (également connu sous le pneumocoque). L'équipe de UB constaté que la résistance provient du transfert d'ADN entre des souches bactériennes dans les biofilms situés dans le nasopharynx, zone située en arrière des fosses nasales.

Dans un article publié dans mBio du mois dernier, les auteurs ont constaté que l'échange génétique de la résistance aux antibiotiques est environ 10 millions de fois plus efficace dans les fosses nasales que dans le sang des animaux, un rendement beaucoup plus élevé que prévu. Source Marks LR, Reddinger RM, Hakansson AP. High Levels of Genetic Recombination during Nasopharyngeal Carriage and Biofilm Formation in Streptococcus pneumoniae. MBio. 2012 Sep 25;3(5). pii: e00200-12. doi: 10.1128/mBio.00200-12. Print 2012. Article disponible intégralement et gratuitement.

« La grande efficacité de la transformation génétique que nous avons observée dans les bactéries des fosses nasales, a une implication clinique directe, car c’est comme cela que la résistance aux antibiotiques se propage et qu’elle augmente de plus en plus dans la population », explique l'auteur principal, Anders P. Hakansson, professeur adjoint de microbiologie et d'immunologie à l'Ecole de médecine et des sciences biomédicales de UB. « Les bactéries ‘s’empruntent’ de l’ADN entre elles afin de devenir plus en forme dans le milieu d'accueil et plus insaisissables à l’action des antibiotiques. »

Hakansson explique que le travail a ouvert une nouvelle direction sur la façon dont les bactéries s’organisent pendant la colonisation et comment cette organisation favorise la propagation des antibiotiques et le fitness évolutif de Streptcoccus pneumoniae.

Streptococcus pneumoniae est un important colonisateur: Il est hébergé dans le nasopharynx par tout un chacun principalement dès l’âge d’un an. Ce n'est qu'occasionnellement que les gens tombent malades à cause de lui, mais assez souvent pour en faire une des principales causes de morbidité et de mortalité des voies respiratoires et des infections invasives chez les enfants et les personnes âgées dans le monde.

« Il est endémique dans les garderies et la cause de nombreuses infections de l'oreille chez les enfants », dit Hakansson. « Dans les pays en voie de développement, où l'eau douce, la nutrition et les antibiotiques font défaut, il est une cause majeure de pneumonie invasive conduisant à une septicémie et la mort d'environ un million d'enfants à travers le monde, souvent en association avec les infections virales, telles que la grippe. »

L’étude montre ce que Hakansson décrit comme l'histoire énigmatique d'études sur la transformation du matériel génétique entre les bactéries.

« Toutes les expériences de transformation avec les pneumocoques ont été faites artificiellement dans des tubes à essai ou dans des modèles d'infection du sang », explique Hakansson, « même si l’on sait épidémiologiquement qu'un échange génétique se produit presque exclusivement quand l'organisme est présent dans les fosses nasales. »

« Pour une raison quelconque, personne n'avait vu comment la résistance se dissémine dans l'environnement où cela se produit vraiment, dans le nasopharynx », poursuit-il. « Nous avons donc décidé de le faire. Quand nous l’avons fait, nous avons constaté que l'efficacité avec laquelle les antibiotiques se répandent dans le nasopharynx était bien au-dessus que ce que nous attendions. »

« Nous avons constaté que les bactéries font des biofilms dans les fosses nasales qui protègent contre l'action des antibiotiques et qui ont du mal à détruire les biofilms », explique Hakansson. « En outre, nous savons que certaines de ces bactéries doivent mourir afin de développer de bons biofilms. Alors les bactéries mortes aident à créer de bons biofilms et fournissent de l'ADN que d'autres bactéries peuvent prendre et utiliser, et comme cela que les bactéries propagent la résistance aux antibiotiques et deviennent plus aptes à résister ».

« La température des fosses nasales, 34°C, les cellules épithéliales, la disponibilité des nutriments, tous ces facteurs créent des conditions idéales pour la formation de biofilms et la propagation de la résistance aux antibiotiques », explique Laura R. Marks, coauteur de la publication.

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