Visiter Processalimentaire.com
Contacter le magazine
S'abonner en ligne | S'inscrire à l'e-news


Les graines germées et E. coli O104:H4, de nouveaux éléments venus d’Allemagne

27
oct
Aucun commentaire
Classé dans Contamination, Curiosité, E. coli, Environnement, Rappel, Réglementation, Santé, Sécurité des aliments, TIAC, Union Européenne.

Les personnes qui ont oublié de mentionner qu'elles avaient mangé des graines germées peuvent avoir jeté le trouble parmi ceux qui font des études de traçabilité, selon une étude publiée dans le New England Journal of Medicine, qui cherche à retrouver l’origine de la souche mortelle de la bactérie E. coli qui a rendu malades plus de 4300 personnes et tué au moins 50 personnes en Europe cette année. Source Doug Powell du barfblog.

Bien qu'un lien génétique définitif reste insaisissable, trois pistes distinctes de l’enquête mettent en avant les graines germées comme véhicule par lequel la souche mortelle de la bactérie O1O4:H4 s’est répandue, selon des chercheurs dirigés par Udo Buchholz de l'Institut Robert Koch à Berlin.

Buchholz et ses collègues ont écrit, « Le plat auquel des convives ont été souvent exposés aux graines germées choux a été la salade, qui contenait des tomates, des concombres, trois sortes de feuilles salades et des graines germées. Les graines germées peuvent avoir été l'ingrédient dont se rappellent les convives au moins dans une salade mélangée. »

Buchholz et ses collègues ont conduit trois études en parallèle. La première consistait à demander aux patients hospitalisés avec une infection à E. coli quels étaient les aliments  récemment consommés, et il les a comparé avec les aliments consommés par des personnes non infectées. Il a constaté que « la seule variable significative était les graines germées ».

La deuxième étude a identifié 10 groupes de convives qui ont mangé dans un restaurant de Lübeck entre le 12 et le 16 mai. Il a constaté que parmi les 115 personnes à qui il avait été servi des graines germées, 31 sont tombées malades, comparées à aucune autre de celles qui n'avaient pas mangé de graines germées.

La troisième étude a retracé 41 cas groupés (ou clusters) d'infections chez un producteur de Basse-Saxe, qui cultivait des graines germées à partir de graines venant d'un « fournisseur X », ont écrit Buchholz et ses collègues, sans identifier le producteur ou le fournisseur. La Task Force de la Commission européenne a déclaré en juillet que les graines germées venaient probablement de graines de fenugrec importées d'Egypte en 2009. Les chercheurs ne savent toujours pas si les graines ont été contaminées avant, pendant ou après l'exportation d'Egypte.

Dans un éditorial accompagnant l’article, Martin J. Blaser, du département de médecine et de microbiologie de l'Université de New York, a écrit que la chaîne de transmission semble avoir commencé en Egypte, avec une contamination fécale des graines de fenugrec par des hommes ou des animaux de ferme pendant le stockage ou le transport, sans doute depuis 2009. Les graines sont ensuite allées chez un distributeur européen, et de là dans des fermes de plusieurs pays. Pendant la germination des graines, les bactéries se multiplient et vont de la ferme aux restaurants et chez les consommateurs, comme Buchholz et al. l’ont largement détaillé dans leur étude. La preuve d’une telle série d'événements est convaincante, même si les premières étapes n'ont pas été identifiées, car la piste devient souvent froide au point d’origine des épidémies en raison du temps mis par les enquêteurs pour conduire des étude de traçabilité.  

German outbreak of Escherichia coli O104:H4 associated with sprouts. The New England Journal of Medicine, 26 oct.11. Udo Buchholz, et al.

 L’infection humaine par Escherichia coli producteur de shigatoxine est une cause majeure de syndrome hémolytique et urémique post-diarrhéique. Ce trouble avec un pronostic vital, qui est caractérisé par une insuffisance rénale aiguë, une anémie hémolytique et une thrombopénie, affecte généralement des enfants de moins de 5 ans. Escherichia coli producteur de shigatoxine O157 est le sérogroupe le plus fréquemment isolé au monde chez des patients atteint de syndrome hémolytique et urémique.

En mai 2011, une importante épidémie de syndrome hémolytique et urémique associée un rare E. coli de sérogroupe O104:H4 est survenue en Allemagne. Les principales caractéristiques épidémiologiques ont été que le pic de l'épidémie a été atteint le 21 et le 22 mai et que la grande majorité des cas, sont des sujet qui ont soit résidé ou avaient voyagé dans le nord de l'Allemagne.

Presque tous les patients d'autres pays européens ou d'Amérique du Nord avaient récemment séjourné dans le nord de Allemagne. Parmi les cas affectés, 90% étaient des adultes, et plus des deux tiers des cas avec un syndrome hémolytique et urémique étaient des femmes.

Les premières études à Hambourg ont suggéré que les infections étaient probablement nosocomiales et n'étaient pas liés à la consommation d’aliments dans un restaurant en particulier. Une première étude cas-témoin qui a été conduite le 23 et le 24 mai a suggéré que les aliments crus, comme les tomates, les concombres ou de la salade, étaient la source de l'infection. La consommation de graines germes, qui ont été précédemment impliquées dans des éclosions à E. coli producteur de shigatoxine aux États-Unis et au Japon, a été mentionnée par seulement 25% des sujets cas dans des entretiens exploratoires, et la consommation de graines germées n'a pas été testée de façon analytique.

Ce rapport décrit les enquêtes qui ont été conduites par les organismes fédéraux sous l'égide du ministère allemand de la santé et le ministère de l'alimentation, de l’agriculture et de la protection des consommateurs, ainsi que par les agences respectives des Lands, afin d’identifier le véhicule de l'infection de cette épidémie internationale.

Articles similaires

Laisser un commentaire


cinq + = 12