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D’après une étude sur la glucoprotamine, des virus séchés sur des surfaces ne sont pas très sensibles à ce désinfectant

31
oct
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Classé dans Contamination, Contamination croisée, Curiosité, Environnement, Hygiène, Nettoyage-Désinfection, Santé, Virus.

5102b420403e0.preview-620Résumé.

Toucher des objets et des surfaces contaminés est une méthode bien connue de transmission des virus. Une fois fixés sur les mains, les virus peuvent facilement s’adsorber et initier une infection. Ainsi, la désinfection des surfaces fréquemment touchées est d’une importance majeure pour empêcher la propagation des virus. Ici, nous avons étudié l’activité antivirale d’un désinfectant contenant de la glucoprotamine contre le virus de la grippe A et un modèle viral, le virus de la vaccine (VACV ou vaccin contre la variole) séchés sur des surfaces inertes. L’efficacité de surface du désinfectant sur des coupons en acier inoxydable, chlorure de polyvinyle et en verre a été étudiée dans un essai quantitatif de porte germes. Les virus séchés sont exposés à 0,25%, 0,5%, 1% de désinfectant pendant 5, 15 et 30 minutes sans agitation, et l’infectiosité résiduelle a été déterminée par titrage. Bien que glucoprotamine ait été très active contre les deux virus en suspension, une activité antivirale limitée contre les virus séchés aux surfaces a été détectée. Même après 30 min d’exposition à 1% de désinfectant, le VACV n’était pas complètement inactivé. En outre, l’inactivation du virus de la grippe A a été fortement influencée par la composition de la surface pendant des traitements de 5 et 15 minutes, avec 0,25% et 0,5% de désinfectant. Les résultats présentés dans cette étude soulignent la pertinence des tests pratiques pour évaluer l’activité antivirale des désinfectants de surface. L’activité virucide élevée en solution n’est pas nécessairement représentative de l’activité antivirale élevée contre les virus séchés sur des surfaces. En outre, nous tenons à souligner que la simple exposition des surfaces aux désinfectants pourrait ne pas être suffisante pour l’inactivation des virus et une action mécanique doit être appliquée pour permettre aux virus attachés d’être en contact avec des composés virucides.

Benjamin Zeitler and Ingrid Rapp. Surface-Dried Viruses Can Resist Glucoprotamin-Based Disinfection. Appl. Environ. Microbiol. December 2014 vol. 80 no. 23 7169-7175.

NB : Peut-être qu’il faudra revoir la liste positive des désinfectants de juin 2009 de la société française d’hygiène hospitalière.

Rôle du microbiote intestinal dans la dépendance à l’alcool

31
oct
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Classé dans Curiosité, Santé.

141030102821-largeDépendance à l’alcool : l’intestin comme nouvelle cible thérapeutique. Une nouvelle recherche sur le rôle du microbiote intestinal dans la dépendance à l’alcool, dirigée par Philippe de Timary et Nathalie Delzenne, professeurs à l’UCL (Université Catholique de Louvain, Belgique), vient d’être publiée dans la revue scientifique PNAS.

La problématique alcoolique qui concerne 7,5 % de la population en Europe et qui touche toutes les classes sociales constitue un vrai problème de santé publique. L’addiction à l’alcool est typiquement une problématique bio-psycho-sociale à l’origine multifactorielle. Cependant, du point de vue biologique, les hypothèses avancées jusqu’à présent se sont essentiellement penchées sur la possibilité d’effets directs de l’alcool sur le cerveau où il modifie l’équilibre des neurotransmetteurs. L’équipe de l’UCL s’est intéressée aux effets d’une consommation chronique et abusive d’alcool sur l’intestin.

Notre intestin est colonisé par 100 000 milliards de bactéries, c’est-à-dire dix fois plus que le nombre de cellules humaines constituant notre corps. L’ensemble de ces bactéries représente le microbiote intestinal. Des pathologies somatiques aussi variées que l’obésité, le diabète et les maladies intestinales inflammatoires, s’accompagnent d’une dysbiose, c’est-à-dire d’un changement de composition et d’activité du microbiote intestinal. Depuis peu, on sait que les bactéries intestinales peuvent également « communiquer » avec le cerveau et induire des changements de comportement. Les chercheurs de l’unité de métabolisme et nutrition co-dirigée par Nathalie Delzenne (UCL) et du département de psychiatrie de Philippe de Timary (Cliniques Saint-Luc) ont uni leurs compétences pour étudier le rôle du microbiote intestinal dans la dépendance à l’alcool, dans un projet réalisé en collaboration avec d’autres experts de la KULeuven et de l’Université de Göteborg (Suède).
Les résultats de la recherche menée par Sophie Leclercq, doctorante UCL et premier auteur de l’article, ont montré que certains patients alcooliques présentent des altérations de la composition et de la fonction du microbiote intestinal. Cette dysbiose est associée à une forte augmentation de la perméabilité intestinale, suggérant que certaines bactéries ou métabolites produits par les bactéries perturbent la fonction barrière de l’intestin. De manière intéressante, la chercheuse a découvert que ces sujets alcooliques présentant une dysbiose sont beaucoup plus dépressifs et anxieux et ont une appétence à l’alcool beaucoup plus marquée que les sujets alcooliques ayant un microbiote normal. Cette perturbation du microbiote intestinal semble donc être associée à une forme plus sévère de dépendance et à un risque de rechute plus élevé après un programme de désintoxication. Cette étude fait suite à une autre étude du même groupe, en collaboration avec Peter Starkel (service d’hépato-gastroentérologie de l’UCL), publiée cette année dans une autre revue américaine de prestige, Biological Psychiatry, et qui suggérait que ces changements de la fonction barrière de l’intestin puissent agir sur le cerveau, par l’intermédiaire de changements de l’inflammation sanguine.

Actuellement, les traitements pharmacologiques proposés aux alcooliques visent à rééquilibrer les neurotransmetteurs cérébraux, mais leur efficacité est loin d’être parfaite. Les résultats obtenus dans cette recherche sont extrêmement encourageants car ils ouvrent de nouvelles pistes thérapeutiques, ciblant l’intestin et non plus le cerveau, dans le traitement de la dépendance à l’alcool. Le laboratoire MNUT développe de nouvelles approches thérapeutiques et nutritionnelles permettant d’améliorer la composition du microbiote des individus et de restaurer la fonction barrière de l’intestin L’étape suivante consiste donc à tester, chez les alcoolo-dépendants, l’effet de ces nouvelles approches thérapeutiques sur l’amélioration des symptômes dépressifs et anxieux et sur leur envie d’alcool.

Une étude suisse le montre, se nourrir sainement ne coûte pas forcément cher !

31
oct
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Classé dans Curiosité, Hygiène, Nutrition, Santé, Union Européenne.

mcdo-300x240On pense souvent qu’une alimentation saine est onéreuse. C’est faux : alimentation saine et équilibrée et petit budget peuvent aussi faire bon ménage. C’est ce que révèle une étude commandée par l’OSAV (Office fédéral de la sécurité alimentaire et des affaires vétérinaires) sur le coût d’une alimentation saine.

L’étude a été menée par la Haute école spécialisée bernoise, Haute école des sciences agronomiques, forestières et alimentaires, sur mandat de l’OSAV. Dans un premier temps, 20 personnes représentant différents types de ménages ont été interrogées sur leurs habitudes alimentaires et leurs connaissances en matière de nutrition. Ces informations ont permis d’établir des plans de menus hebdomadaires plutôt équilibrés et déséquilibrés. Ces plans ont ensuite été contrôlés et ajustés à l’aide de la pyramide alimentaire suisse de manière à composer trois types de paniers:

  • un panier sain et équilibré contenant des produits frais
  • un panier sain et équilibré contenant plusieurs produits finis et semi-finis comme des soupe en sachets, des pizzas surgelées, des tortellinis et de la salade prélavée
  • un panier malsain ou déséquilibré contenant peu de fruits et légumes, beaucoup de féculents et de viande, ainsi que des sucreries et des boissons sucrées.

Le coût de chaque panier a été calculé. Afin que les différents paniers soient comparables, c’est le produit le moins cher qui a systématiquement été choisi dans chaque catégorie. Les résultats de l’étude montrent qu’un panier sain coûte environ 109 francs (francs suisse soit 90 euros -aa) par semaine pour un couple, contre 95 francs (francs suisse soit 79 euros -aa) pour le panier malsain. La différence de prix entre les deux paniers est donc très faible.

C’est le panier sain contenant plusieurs produits finis ou semi-finis qui s’est révélé être le plus cher, puisqu’il coûte environ 145 francs (francs suisse soit 120 euros -aa) par semaine.

Pour en savoir plus voir ce lien.

Rappels de produits alimentaires : Pourquoi un tel délai entre le prélèvement et la communication du résultat de l’analyse ?

30
oct
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Classé dans Contamination, Contamination croisée, Curiosité, Microbiologie, Rappel, Réglementation, Santé, Sécurité des aliments, Union Européenne.

recallInformation somme toute assez classique surtout aux Etats-Unis, où l’on apprend le rappel de coriandre frais (source The Packer du 30 octobre 2014).

Shenandoah Growers Inc. rappelle volontairement 465 sachets de coriandre en raison d’une contamination possible à Salmonella. L’information indique que « Nous avons lancé ce rappel volontaire après avoir reçu les résultats des analyses le 28 octobre que l’un des quatre échantillons prélevés de routine le 8 octobre par le Virginia Department of Agriculture and Consumer Services ait révélé la présence de Salmonella », selon l’avis de rappel. »

Soit un délai de 20 jours entre l’analyse et les résultats pour le rappel …

Comme nous allons le voir à partir de quelques exemples récents, cette situation est en fait assez courante en France.

Ainsi, il y a peu, j’avais signalé le « Rappel de conserve de moules à l’escabèche CARREFOUR pour cause de toxines lipophiles près de 23 jours après la notification d’une alerte au RASFF par la France ».

Et si l’on prend le délai entre le prélèvement, 8 septembre 2014, et le résultat de l’analyse (date de la notification, le 3 octobre 2014), on se rend compte que ce délai est anormalement long … (données issues de la notification d’alerte au RASFF, référence 2014.1356).

Autre exemple, le « Rappel de salades composées en France pour cause de présence de Listeria monocytogenes près de 8 jours après la notification d’alerte au RASFF par la France. Cherchez l’erreur ! ».

Ce rappel est assez significatif car ce rappel de lots de salades, le 17 octobre 2014, avait pour cause de présence de Listeria monocytogenes. Il n’a eu lieu qu’en Belgique et au Luxembourg. En France point de communiqué de rappel, ni de nos autorités, ni des distributeur. Le site Internet Rappel Produits avait signalé l’avis de rappel en France le 24 octobre 2014.

Dans la notification d’alerte au RASFF par la France, référence 2014.1416, nous n’avons que la date de la notification, la date du prélèvement n’est pas mentionnée.

Dernier exemple de retard, avec ce rappel en retard de 7 jours de desserts bi-parfum chocolat et bi-parfum caramel pour cause de présence de peroxyde d’hydrogène !

Il y a eu une alerte notifiée au RASFF par l’Allemagne (référence 2014.1420) le 17 octobre 2014 concernant la présence de peroxyde d’hydrogène (25 mg/litre) dans des desserts chocolat et vanille ! Un communiqué de rappel a été publié dans ce pays à la même date mais une distribution a été faite en France … mais il a fallu attendre 7 jours pour réaliser un rappel … le 23 octobre 2014.

Terminons, enfin, par ce qui semble avoir bien fonctionné.

Nos autorités signalent le 24 octobre 2014 le « retrait de camembert de Normandie AOP de la fromagerie du Domaine de Saint Loup ».

Cette fois-ci, tout est allé extrêmement vite. La France notifie une alerte au RASFF, référence 014.1447, concernant la présence de Escherichia coli producteurs de shigatoxines (O26:H11 avec les gènes eae et stx1) dans des camemberts au lait cru de France. Distribution en France, Autriche, Allemagne, Espagne.

La date du prélèvement est le 23 octobre 2014 et que le communiqué de retrait date du 24 octobre 2014, comme quoi quand veut être rapide, on le peut !

Malheureusement, cet épisode de promptitude est relativement rare …

A propos des auto-contrôles sur les viandes fraîches et carcasses de volailles

30
oct
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Classé dans Contamination, Contamination croisée, Curiosité, Environnement, Hygiène, Microbiologie, Réglementation, Salmonella, Santé, Sécurité des aliments, Union Européenne, Volaille.

La DGAL publie le23 octobre 2014 une instruction technique DGAL/SDSSA/2014-859 du 23-10-2014 relatives aux Critères microbiologiques applicables aux auto-contrôles sur les viandes fraîches et carcasses de volailles.

Résumé. Cette instruction présente les critères microbiologiques applicables aux auto-contrôles sur les viandes fraîches et carcasses de volailles. Elle détaille notamment les modalités de réalisation des prélèvements et des analyses (nombre, méthodes analytiques, interprétation…), ainsi que les mesures de flexibilité pour les petites structures et les allègements possibles en cas de résultats favorables.

HangingChickensMainPlusieurs points apparaissent nettement plus clairs que dans l’instruction technique DGAL/SDSSA/2014-860 relative aux « Critères microbiologiques applicables aux auto-contrôles sur les carcasses d’animaux de boucherie ». Voir A propos des auto-contrôles sur les carcasses d’animaux de boucherie.

D’abord, il est clairement fait mention quoi faire en cas de non respect du critère de sécurité, et en second lieu, l’information des autorités compétentes sont elles aussi définies …

Suites à donner par l’opérateur en cas de non respect du critère de sécurité
Il est de la responsabilité de l’opérateur de :

procéder au RETRAIT du lot non conforme en vue d’un traitement thermique dans un établissement agréé.

◦ Cas 1 : Lorsque le lot est non conforme suite aux prélèvements réalisés sur peau de cou : le retrait concerne les carcasses ainsi que les pièces de découpe qui en sont issues.

◦ Cas 2 : Lorsque le lot est non conforme suite aux prélèvements sur les produits de découpe, le retrait concerne l’ensemble du lot de pièces de découpe concerné. Dans ce cas, les investigations ne remontent pas jusqu’aux carcasses dont sont issues les pièces de découpe mais concernent le lot de pièces de découpe ayant fait l’objet de l’analyse (la notion de lot dépend du système de traçabilité mis en place par l’exploitant). Si ce lot de pièces de découpe est commercialisé par plusieurs distributeurs, le retrait concernera l’ensemble des distributeurs détenteurs de ce lot. Conformément à l’article 7 du règlement (CE) n°2073/2005, seuls les produits n’ayant pas atteint le stade de la vente au détail peuvent être soumis à un traitement thermique destiné à éliminer le danger.

À cette fin, l’opérateur doit veiller à informer l’ensemble de ses clients car certaines catégories de produit peuvent être encore sur le marché lors de la connaissance du résultat d’analyse (en particulier celles disposant d’une durée de vie plus longue, comme les produits sous atmosphère modifiée ou les produits congelés).
Les denrées alimentaires issues de ces viandes fraîches n’étant pas des produits à consommer en l’état, le rappel du lot non conforme (information du consommateur) n’est pas nécessaire.

informer les autorités compétentes selon les modalités prévues dans le guide d’aide à la gestion des alertes d’origine alimentaire.

Il semblerait qu’on soit en train de prendre la mesure du danger salmonelles … sur ce sujet, on lira Annonce la création de 60 emplois destinés à renforcer les contrôles sanitaires notamment déployés dans les abattoirs de volailles. Pourquoi ? Tentative de réponse !