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De l’information des consommateurs par l’Ania

12
juin
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Classé dans Curiosité, HACCP, Hygiène, Rappel, Réglementation, Santé, Sécurité des aliments, Union Européenne.

langueDans l’article, Bonne nouvelle, les entreprises alimentaires se veulent rassurantes …, j’indiquais que l’Association nationale des industries alimentaires (ANIA) mettait en ligne une « plate-forme Alimexpert pour répondre aux questions des consommateurs ».

Le ministère de l’agriculture nous dit qu’Alimexpert, « C’est une plateforme participative permettant à l’internaute de poser toutes ses questions sur les aliments. Les réponses apportées sont étayées par des références aux derniers rapports et décisions des autorités sanitaires concernées. »

Je passe sur le fait que ce ne sont plus les pouvoirs publics qui répondent désormais aux questions des consommateurs mais l’industrie alimentaire, et voyons quelques questions et réponses issues du site Alimentexpert.

1. Comment la sécurité des aliments est-elle garantie ?

La sécurité des aliments fait l’objet d’une réglementation très stricte au niveau européen. Cette réglementation s’applique à l’ensemble des acteurs du secteur alimentaire, de la fourche à la fourchette.
Les opérateurs sont ainsi soumis à des obligations de résultats : mise sur le marché de produits sains et sûrs et obligation de traçabilité (identification des fournisseurs et des clients pour chaque produit). Pour répondre à ces exigences de résultats, les professionnels de l’alimentaire, tout au long de la chaîne de fabrication des denrées alimentaires, mettent en place un système de maîtrise de la sécurité des aliments reposant principalement sur la formation du personnel, la réalisation d’autocontrôles, l’utilisation des principes de la méthode HACCP (Hazard Analysis Critical Control Points, ou analyse de danger des points critiques) et la rédaction de guides de bonnes pratiques d’hygiène. Pour plus d’informations, consultez : http://agriculture.gouv.fr/securite-sanitaire  

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Tout cela est exact mais en théorie, comme l’a bien montré le horsegate. Par ailleurs, la Commission européenne n’a-t-elle appelée à une réglementation plus intelligente pour des denrées alimentaires plus sûres ?

Pour la formation, le consommateur s’apercevra vite que l’exigence de la formation d’une seule personne est sans doute très insuffisante. Je passe sur la traduction française incorrecte de HACCP, mais en quoi la rédaction de guides améliore-t-elle la sécurité des aliments ? Par ailleurs, ces guides sont des guides de bonnes pratiques d'hygiène et d'application des principes HACCP. On aurait pu aussi nous parler de culture de la sécurité des aliments, mais visiblement ce n'est pas à l'ordre du jours des communiquants de l'Ania.

2. Comment est-on prévenu d’un rappel ou retrait de produit ?

La Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) retrace les grands moyens utilisés :
« Soit il s’agit des distributeurs et ils sont tenus de mettre des affiches dans leurs magasins, d’informer sur internet, de regarder leurs fiches clients établies grâce aux cartes de fidélité pour qu’un maximum de gens reçoivent l’information. Soit il s’agit du fabricant, et il a l’obligation de prévenir tous ses clients. »
De leur côté, la DGCCRF, la Direction Générale de l’Alimentation (DGAL) et la Direction Générale de la Santé (DGS) envoient des communiqués et vérifient l’efficacité des mesures prises par les magasins et les fabricants.
Toutes ces procédures sont clairement définies dans un guide rédigé par l’administration.
La liste de tous les produits agroalimentaires qui font l’objet d’un rappel ou d’un retrait peut être consultée sur le site Alimentation.gouv.fr.

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Réponse très théorique !

Comme ce modeste blog l’a montré à plusieurs reprises, les rappels publiés par les sites des administrations sont très loin d’être exhaustifs. De fait, pour être à peu près correctement informé, il faut naviguer sur les différents sites des médias français, les sites privés de rappels et les sites des agences de sécurité des aliments des pays voisins de la France, sans compter les sites des associations de consommateurs, ouf ! Notons aussi que les alertes ou notifications au RASFF ne sont pas suivie d’informations en France … sans oublier les blogs !

Le rôle de l’affiche ou de l’affichette sur les lieux de vente est un jeu de piste pour le consommateur, où est-elle, peut-on parfois se demander, quand elle est présente !

Concernant les rappels des sites publics, les informations diffusées par la DGS sont très minimalistes voire confidentielles. Bien entendu, l’assertion selon laquelle, « La liste de tous les produits agroalimentaires qui font l’objet d’un rappel ou d’un retrait peut être consultée sur le site Alimentation.gouv.fr » est inexacte.

Les rappels de produits sur les sites publics sont pour une part proposés sur le site de la DGCCRF et d’autre part, sur celui de la DGAL. L’ensemble des informations sur les rappels de ces deux sites ne signifiant pour autant que vous êtes informé de façon complète ou en tout cas, tout n’est pas rapporté ou signalé à l’attention du grand public, comprenne qui pourra ? A quand une réforme de l'information sur les rappels ?

En conclusion, avec ces deux exemples de questions, on peut se demander légitiment si le consommateur sera réellement ou théoriquement informé ! Bref, à quand une démmarche de transparence …

Bonne nouvelle, les entreprises alimentaires se veulent rassurantes …

10
juin
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Classé dans Curiosité, Hygiène, Réglementation, Santé, Sécurité des aliments.

Selon le blog de Celia, « Pour en avoir plus, le laboratoire de la sécurité des aliments de l’ANSES a mis en place, dans le cadre d’un projet scientifique, une enquête pour mieux connaître ces habitudes des consommateurs français dans leur cuisine, depuis l’achat des produits alimentaires à leur consommation, en passant par leur préparation et leur conservation. » Le tout pour répondre au questionnaire de l’Anses. 

iso_inquiet1Mais, La Dépêche.fr du 10 juin 2013 rapporte que « Les Français ont moins confiance dans les aliments ».

Concombres contaminés en 2011, plats préparés à la viande de cheval en 2013… Les crises alimentaires ne sont pas passées inaperçues auprès des Français, qui ont perdu la confiance dans la sécurité des aliments. Selon une étude TNS Sofres pour l'Ania, publiée lundi 10 juin, 55% de consommateurs en sont satisfaits, une proportion en chute de 22 points par rapport à 2008.
Les Français ont besoin d'être rassurés sur le contenu de leur assiette. Près de la moitié d'entre eux (47%) n'est pas satisfaite de l'information fournie par les étiquettes des aliments. Aussi, 55% n'ont pas confiance dans la sécurité des produits alimentaires. Logique donc si 60% des sondés attendent de bénéficier davantage d'éléments sur la traçabilité des produits.

C’est dans ce contexte que l’Association nationale des industries alimentaires (ANIA) met en ligne le « Lancement de la plate-forme Alimexpert pour répondre aux questions des consommateurs ».

Face à l’inquiétude des Français concernant leur alimentation, les entreprises se veulent rassurantes et souhaitent apporter une information claire et précise aux consommateurs. Dans un souci de transparence, elles proposent de répondre à toutes les questions que vous vous posez sur le contenu de votre assiette. Alors n’hésitez pas à poser dès à présent vos questions sur ALIMEXPERT.

Il aurait été tout aussi transparent d’avoir les questions et les réponses en ligne … cela étant, c’est pour quand la culture de la sécurité des aliments ?

Bilan 2012 du RASFF : Amélioration, je ne vois rien venir !

10
juin
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Classé dans Contamination, Curiosité, Rappel, Réglementation, Santé, Sécurité des aliments, TIAC, Union Européenne.

RASFF-LogoPour 2011, j’avais  écrit, « Bilan 2011 du RASFF, où est l’amélioration ? », cela pourrait être pour 2012, amélioration, je ne vois rien venir !

Un communiqué de la Commission européenne indique le 10 juin 2013, « Éloigner les aliments dangereux des rayons: la Commission publie son rapport annuel sur le système d’alerte rapide pour les denrées alimentaires et les aliments pour animaux de l’UE (RASFF). »

Le rapport annuel sur le système européen d’alerte rapide pour les denrées alimentaires et les aliments pour animaux (RASFF) publié aujourd’hui a révélé que, en 2012, près de 50 % des notifications concernaient des rejets de denrées alimentaires et d’aliments pour animaux aux frontières de l’UE en raison des risques qu’ils présentaient pour la sécurité des aliments. Le RASFF, outil informatique lancé il y a plus de trente ans, joue un rôle clé pour garantir aux citoyens européens un haut niveau de sécurité des denrées alimentaires en facilitant la circulation transfrontalière de l’information entre les autorités nationales compétentes.

M. Tonio Borg, commissaire européen chargé de la santé et de la politique des consommateurs, a déclaré : « Le RASFF est désormais un outil indispensable pour traiter, et atténuer, les problèmes de sécurité des aliments dans l’UE, car il permet l’échange rapide d’informations essentielles pour la protection des consommateurs européens. Lors du scandale de la viande de cheval qui a fait les gros titres de l’actualité (je tiens à l’évoquer, même s’il a eu lieu en dehors de la période couverte par le rapport), les autorités de sécurité des aliments de tous les pays de l’UE ont employé le système pour communiquer rapidement, ce qui a permis de déterminer l’origine des produits incriminés et de les retirer du marché ». En conclusion: « La Commission envisage d’étendre la portée du RASFF à la lutte contre la fraude alimentaire ».

Résultat : des importations plus sûres

En 2012, le nombre de notifications RASFF a atteint un total de 8 797, dont 3 516 notifications originales (40 %) et 5 281 notifications complémentaires (60 %). Ce chiffre global représente une diminution de 3,9 % par rapport à 2011, correspondant à une baisse de 7,8 % des notifications originales et de 1,2 % des notifications complémentaires. Un total de 526 notifications d’alerte portait sur des risques majeurs détectés dans des produits mis sur le marché, ce qui représente une diminution de 14 % par rapport à 2011.

Lorsqu’un produit dangereux est repéré, le RASFF informe le pays tiers concerné afin qu’il prenne des mesures correctives et qu’il évite que le problème ne se reproduise. Lorsqu’un problème grave et persistant est détecté, la Commission envoie une lettre aux autorités nationales du pays tiers concerné pour qu’elles prennent d’urgence des mesures correctives consistant, par exemple, à rayer les établissements en cause des listes d’établissements autorisés à exporter vers l’UE, à bloquer les exportations ou à intensifier les contrôles.

Origine des notifications

Sur les 3 516 notifications originales transmises au RASFF en 2012, 332 concernaient des aliments pour animaux (9,4 %) et 299 des matériaux en contact avec les denrées alimentaires (8,5 %). Ces chiffres sont du même ordre que ceux de 2011, année où 2 885 notifications originales concernaient des denrées alimentaires.

NB : Il y aurait beaucoup à dire de ce rapport qui se perd pendant de nombreuses pages sur des considérations assez stériles. Notons rapidement que le nombre de notifications de pathogènes est à la hausse en 2012 versus 2011 et que le nombre d’alertes a augmenté de 2,1% en 2012 par rapport à 2011. J’y reviendrais avec plus de détails dès mon retour en France.

Pays à l’origine de la notification

Voici ci-dessous la liste des 10 pays cités par le RASFF. Les chiffres entre parenthèses sont ceux respectivement de 2011 et 2010. Sans surprise, la Chine est toujours largement à la première place et la France « perd » trois places …

  • Chine : 540 (561, 449)
  • Inde : 338 (336, 251)
  • Turquie : 310 (319 255)
  • Allemagne : 103 (152, 156)
  • Etats-Unis : 127 (112, 160)
  • Espagne : 126 (131, 138)
  • Italie : 121 (117, 121)
  • Thaïlande : 120 (131,95)
  • France : 90 (125, 116)
  • Brésil : 109 (102, 94)

Le Canada, la sécurité des aliments et les amendes

10
juin
2 commentaires
Classé dans Curiosité, Réglementation, Santé, Sécurité des aliments.

La Presse.ca du 4 juin 2013 annonce « Sécurité alimentaire: amendes salées imposées aux délinquants »

698591-ministre-sante-canadienne-leona-aglukkaqLe gouvernement du Canada annonce mardi que dorénavant, il imposera des amendes quotidiennes pouvant atteindre 25 000 dollars canadiens (18 572 euros) à toute compagnie qui négligera de retirer des tablettes (étagères des rayons –aa) des produits alimentaires jugés dangereux.

Dans le dévoilement des mesures qu'elle met immédiatement en application, la ministre de la Santé, Leona Aglukkaq (photo ci-contre), suggère aux entreprises de s'abstenir de défier les ordres émis par le gouvernement quant aux délais de retrait de ces produits.

Les entreprises sans but lucratif seront passibles d'amendes de 5000 dollars canadiens (3714 euros) par jour, mais celles à être imposées aux autres pourraient être beaucoup plus élevées, selon leurs antécédents en matière de sécurité alimentaire.

La ministre Aglukkaq a toutefois noté avec satisfaction que la majorité des compagnies obéissaient déjà aux ordres de rappel et de retrait des produits.

Ces nouvelles mesures punitives édictées par le gouvernement du Canada s'ajoutent à celles déjà inscrites dans la Loi canadienne sur la sécurité des produits de consommation.

Peut-être des idées au gouvernement français en mal de finances publiques …

Saga du bisphénol A : L’exposition alimentaire actuelle au bisphénol A contenu dans les emballages alimentaires ne devrait pas présenter de risque pour la santé de la population, selon Santé Canada

21
mai
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Classé dans Contamination, Curiosité, Réglementation, Santé, Sécurité des aliments.

L’Anses nous a-t-elle raconté une belle histoire avec les contenants alimentaires et le bisphénol A : conseils pratiques ?

On sait que s’agissant du bisphénol A, le feuilleton est loin d’être terminé quoiqu’on en dise ici et là.

Selon un communiqué de l’Agence Canadienne d’Inspection des Aliments du 21 mai 2013, (Extraits) :

« Toutes les préparations et tous les aliments pour nourrissons soumis à des tests de détection du bisphénol A (BPA) ne contiennent pas de BPA et sont sans danger pour l’humain ».

Selon les résultats d’une enquête diffusés aujourd’hui, les préparations et aliments pour nourrissons ayant été soumis à des tests de détection du bisphénol A (BPA) dans le cadre des tests réguliers sur divers produits alimentaires qu’effectue l’Agence canadienne d’inspection des aliments (ACIA) ne contiennent pas de BPA et peuvent être consommés sans danger.

La présence de BPA est autorisée dans les matériaux d’emballage d’aliments au Canada. Le BPA est un produit chimique employé dans la production de polycarbonate et de résines époxy. L’intérieur des emballages d’aliments et de boissons, en particulier les boîtes métalliques, peut être recouvert de résines époxy, qui empêchent le contact direct du métal avec les aliments. Le BPA contenu dans ces résines peut migrer dans les aliments, particulièrement à température élevée (par exemple, dans les aliments mis en conserve à chaud ou traités par la chaleur).

Santé Canada a conclu que l’exposition alimentaire actuelle au BPA causée par les emballages alimentaires ne devrait pas poser de risque pour la santé dans la population générale, y compris les nouveau-nés et les jeunes enfants. D’autres agences internationales de réglementation des aliments sont arrivées à la même conclusion.

D’autres agences, oui, mais pas l’Anses …, mais il est sans doute vrai que dans notre pays, on va peut-être décidé, après avoir fait une loi, de supprimer le terme « bisphénol A », qui sait ?