Visiter Processalimentaire.com
Contacter le magazine
S'abonner en ligne | S'inscrire à l'e-news


Food Safety Roundup ou Liste bibliographique en sécurité des aliments, 21

25
nov
Aucun commentaire
Classé dans Campylobacter, Contamination, Contamination croisée, Curiosité, Environnement, Listeria, Microbiologie, Santé, Sécurité des aliments, TIAC, Virus.

Message de CIDRAP, Center for Infectious Disease Research & Policy de l’Université du Minnesota, du 25 novembre 2014, relatif aux nouveaux documents ci-dessous sur les maladies infectieuses d’origine alimentaire qui ont été ajoutés au site depuis les dernières semaines.

Foodborne Disease

Campylobacter

Listeria

Norovirus

L’ail, en principe ça marche contre les vampires, mais sur le rhume ou la grippe, alors là ?

24
nov
Aucun commentaire
Classé dans Curiosité, Environnement, Santé.

« L’ail contre le rhume banal », source article d’AJ Cann du 24 novembre 2014 dans MicrobiologyBytes. L’ail, j’ai souffert la semaine passée d’un rhume, et donc j’ai été très intéressé de voir cette méta étude mise à jour parue dans Cochrane Database. Je ne suis pas convaincu que l’ail puisse guérir le rhume banal, mais je n’ai pas non plus été perturbé par des vampires récemment. Mais d’une autre façon, que diable est un « rhume » exactement, et quelles sont ces études ?

670px-Kill-a-Vampire-Step-2Bullet1Résumé.

Contexte. L’ail est populairement considéré comme utile contre le rhume. Cette croyance est basée sur l’utilisation traditionnelle et des preuves de laboratoire que l’ail possède des propriétés antibactériennes et antivirales. En moyenne, les adultes ont de deux à quatre rhumes par an.

Étude des caractéristiques. La preuve actuelle date du 7 août 2014. Sur huit études identifiées, une seule remplissait les critères de l’examen. Cette étude a évalué 146 participants sur une période de trois mois. La moitié des participants a pris un comprimé placebo et l’autre moitié a pris un comprimé d’ail. Les participants ont ensuite noté quand ils avaient des symptômes du rhume.

Principaux résultats. L’étude a constaté que les personnes qui ont pris de l’ail tous les jours pendant trois mois (au lieu d’un placebo) ont eu moins de rhumes. Autrement dit, au cours de la période de trois mois, il y avait 24 occurrences du rhume dans le groupe ail contre 65 dans le groupe placebo. Lorsque les participants ont eu un rhume, la durée de la maladie était similaire dans les deux groupes (4,63 contre 5,63 jours).

Qualité des preuves. Plus de participants dans le groupe ail (quatre) que dans le groupe placebo (un) ont noté une odeur lorsque ils rotaient, il est donc possible que le volet ‘aveugle’ de l’étude n’était pas adéquat. Cependant, d’autres biais potentiels ont été bien contrôlés. C’est la seule nouvelle étude pertinente pour faire une mise à jour des données. Bien que l’essai soit d’une petite taille, il y avait suffisamment de participants pour fournir des résultats précis et fiables. Il n’existe aucune preuve que les résultats aient été rapportés de manière sélective. Cependant, il est probable que les résultats ne semblent pas avoir été décidé à l’avance. Compte tenu de l’incitation financière pour les entreprises de compléments alimentaires à produire des essais positifs, il est également possible que les essais qui ont montré aucun effet de l’ail n’aient jamais été publiés. Globalement, la qualité des preuves est modérée.

Effets secondaires. Les effets secondaires possibles de ce petit essai comprennent des odeurs et une éruption cutanée. Plus d’informations sont nécessaires sur les effets secondaires possibles de l’ail.

Lissiman E, Bhasale AL, Cohen M. Garlic for the common cold. Cochrane Database of Systematic Reviews 2014, Issue 11. Art. No.: CD006206. DOI: 10.1002/14651858.CD006206.pub4.

Les graines germées crues en question aux Etats-Unis mais pas que …

23
nov
Aucun commentaire
Classé dans Contamination, Contamination croisée, Curiosité, E. coli, Environnement, Hygiène, Listeria, Réglementation, Salmonella, Santé, Sécurité des aliments, TIAC.

No3strikes-300x264

« One, Two Three Sprouts You’re Out* » ou Une, deux, trois éclosions aux graines germées Vous êtes Out, par Bill Marler dans Food Safety News du 22 novembre 2014.

Trois éclosions liées à des graines germées (Sproutbreak – Sproutpocalypse – Sproutageddon – Sproutataclysm – Sproutastrophe*) causées par Salmonella, E. coli et Listeria depuis août 2014 ? Une a été mortelle et les autres ont envoyé des dizaines de personnes à l’hôpital.

En date du 21 novembre 2014, le CDC a signalé un total de 63 personnes infectées par Salmonella Enteritidis dans 10 Etats : Connecticut, Maine, Massachusetts, Montana, New Hampshire, New York, Ohio, Pennsylvanie, Rhode Island et Vermont. Une personne malade du Montana s’est rendue dans l’Est des États-Unis pendant la période où l’exposition s’est probablement produite. Vingt-six pour cent des personnes malades ont été hospitalisées. Aucun décès n’a été signalé.

Les efforts de collaboration dans l’investigation de l’État, des autorités locales et fédérales de santé publique et réglementaires indiquent que les germes de soja produits par Wonton Foods, Inc. sont la source probable de cette éclosion.

Au 13 novembre 2014, les séquences du génome entier des souches de Listeria isolées de graines germées de haricots mungo produits par Wholesome Soy Products, Inc. et des isolats environnementaux prélevés à l’usine de production ont été retrouvés à être fortement liés à des séquences des souches de Listeria isolées de cinq personnes qui sont devenues malades de juin à août 2014. Ces cinq malades ont été signalés dans deux Etats : l’Illinois (4) et le Michigan (1). Tous les malades ont été hospitalisés. Deux décès ont été signalés.

Le 28 août 2014, Wholesome Soy Products, Inc. a effectué un rappel volontaire de graines germées de haricots mungo en raison de la contamination possible par Listeria monocytogenes après que la FDA ait isolé le pathogène à partir de prélèvements, suite d’une mission de routine.

À compter du 1er août 2014, un total de 19 personnes infectées par la souche épidémique de Escherichia coli producteurs de shigatoxines O121 (STEC O121) ont été signalées dans six États. Le nombre de personnes malades identifiées dans chaque État est le suivant : Californie (1), Idaho (3), Michigan (1), Montana (2), Utah (1), et Washington (11). 44% des malades ont été hospitalisés. Aucun malade n’a développé de syndrome hémolytique et urémique (SHU) et aucun décès n’a été signalé.

Les investigations épidémiologiques et de traçabilité menées par les autorités locales, de l’Etat et les agents fédéraux ont indiqué que des graines germées crues de trèfle contaminées produites par Evergreen Fresh Sprouts, LLC de l’Idaho était la source probable de cette éclosion.

Le barfblog a documenté au moins 55 éclosions liées aux graines germées qui sont survenues dans le monde entier affectant un total de 15 233 personnes depuis 1988. On dirait que ce tableau a besoin d’une mise à jour.

Dès septembre 1998, la FDA a émis une recommandation contre les graines germées :

Les enfants, les femmes enceintes et les personnes âgées ne devraient pas manger de graines germées d’alfalfa jusqu’à ce que les producteurs trouvent un moyen de réduire le risque d’une bactérie potentiellement mortelle qui infecte certaines graines germées, a dit la Food and Drug Administration cette semaine. La FDA, qui enquête sur les pratiques de l’industrie des graines germées, a dit que les enfants, les personnes âgées et les personnes dont le système immunitaire est affaibli devraient éviter de consommer des graines germées.

Voici la recommandation du CDC :

Les graines germées ne sont pas saines pour tout le monde

Les enfants, les personnes âgées et les personnes dont le système immunitaire ne fonctionne pas bien ne doivent pas manger des graines germées crues, parce que les traitements actuels des graines ou graines germées ne permettent pas de se débarrasser de toutes les bactéries présentes.

Les personnes qui sont à risque élevé de complications de maladies d’origine alimentaire devraient probablement ne pas manger des graines germées crues, selon un article paru dans le numéro actuel de Emerging Infectious Diseases, la revue du CDC, qui suit les nouvelles et réémergentes maladies infectieuses dans le monde.

Bien que les graines germées soient souvent considérées comme un « aliment santé », les conditions chaudes et humides nécessaires pour la culture des germes issus des graines sont également idéales pour les bactéries pour se développer. Salmonella, E. coli et d’autres bactéries peuvent croître à des concentrations élevées sans affecter l’aspect des graines germées.

Les chercheurs ont traité à la fois des graines ou des graines germées par la chaleur ou en les lavant dans des solutions de chlore, d’alcool et d’autres produits chimiques. Certains de ces désinfectants réduisent les taux des bactéries, mais un danger potentiel subsiste, en particulier pour les personnes dont le système immunitaire est affaibli. Les températures élevées qui détruiraient les bactéries sur les graines les empêcheraient également de germer. Jusqu’à ce qu’un moyen efficace soit trouvé pour prévenir la maladie liée aux graines germées, elles doivent être consommés avec prudence, voire pas du tout.

Donc, plutôt que de continuer à compter les éclosions, quelle est la solution au problème de des graines germées crues ?

© Food Safety News

* Bill Marler utilise ici une expression qui peut signifier qu’au baseball, « Quand un lanceur enregistre trois prises contre un frappeur pendant sa présence au bâton, le lanceur est crédité d’un retrait sur des prises, et le frappeur est retiré » ou out. Mais cela peut aussi vouloir dire que selon la loi des trois coups (Three strikes law), « une disposition législative en vigueur aux États-Unis permettant ou contraignant les juges de prononcer des peines de prison perpétuelle à l’encontre d’un prévenu condamné pour la troisième fois pour un délit et/ou un crime. » A vous de voir …

** Bill Marler utilise ici, pour donner plus de poids, la contraction des mots ‘sprout’ (graines germées ou germes) et ‘outbreak’, qui se traduit ici par éclosion, d’où sproutbreak, et ainsi de suite.

Tendances en Europe pour 2012 pour les maladies d’origine alimentaire et hydrique et les zoonoses

21
nov
Aucun commentaire
Classé dans Campylobacter, Contamination, Contamination croisée, E. coli, Environnement, Listeria, Réglementation, Salmonella, Santé, Sécurité des aliments, TIAC, Union Européenne, Virus, Volaille.

ecdc_zoonoses_2014« Tendances en Europe pour les maladies d’origine alimentaire et hydrique et les zoonoses », source communiqué de l’ECDC du 20 novembre 2014.

Le contenu du rapport épidémiologique annuel 2014 sur les maladies d’origine alimentaire et hydrique et les zoonoses donne un aperçu de la situation épidémiologique en Europe. Le rapport présente les données de 2012 et donne un aperçu de l’épidémiologie de chaque maladie, dont certaines sont présentées ci-dessous :

  • Les cas à Campylobacter ont augmenté pendant une période de cinq ans allant de 2008 à 2012, mais a légèrement diminué en 2012. La campylobactériose humaine est restée la maladie gastro-intestinale la plus fréquemment rapportée en Europe depuis 2005. La manipulation, la préparation et la consommation de viande de poulet ont été estimées représenter 20-41% des cas de campylobactériose humaine.

Il serait sans doute utile de revoir l’incidence des infections à Campylobacter en France comme cela avait fait par l’InVS en 2004-2005.

  • Les taux de salmonellose ont continué à diminuer avec une tendance de baisse marquée durant les cinq dernières années dans l’UE et une tendance à la baisse dans 17 pays de l’UE/EEE. Cette diminution est principalement attribuable à la mise en œuvre avec succès des programmes de maîtrise vétérinaire, en particulier chez les volailles. Cependant, la salmonellose est la deuxième infection gastro-intestinale la plus fréquemment rapportée et une cause importante d’éclosions d’origine alimentaire dans l’UE/EEE. Les cinq sérotypes les plus fréquemment rapportés ont été S. Enteritidis, S. Typhimurium, S. Typhimurium monophasique, S. Infantis et S. Stanley. L’augmentation de S. Stanley a été due à l’éclosion dans plusieurs pays causée par la distribution de la viande de dinde contaminée.

[A noter que le nombre de cas de salmonellose augmente toujours en France : 8705 en 2012, 8685 en 2011, 7184 en 2010, 7153 en 2009 et 7186 en 2008 -aa].

L’Anses indiquait en octobre 2013 au sujet de la salmonellose, « En Europe, ces bactéries demeurent la cause la plus fréquente d’épidémies d’origine alimentaire et la deuxième cause de maladie d’origine alimentaire. Toutefois, le nombre de foyers où ces bactéries ont été isolées est en constante diminution dans l’Union Européenne depuis 2001. Cette amélioration reflète l’efficacité de la politique de l’Europe en matière de sécurité sanitaire des élevages et des abattoirs (abattage systématique des élevages de poules pondeuses contaminés, mesures d’hygiène tout au long de la chaine de production). »  Une réactualisation serait utile …

  • Le taux de cas d’hépatite A varie fortement dans l’UE/EEE, la région la plus touchée étant l’Europe de l’Est. Un mauvais approvisionnement en eau et une faiblesse dans les infrastructures sont associés à la propagation du virus dans les pays européens de l’Est et dans la région des Balkans. Au contraire, la transmission d’hépatite A d’origine alimentaire a causé trois foyers dans plusieurs différents pays de l’UE/EEE. Dans tous les cas, de petits fruits rouges surgelés et frais ont été impliqués comme véhicule de l’infection, soulevant des inquiétudes sur la sécurité des aliments et la traçabilité des échanges de petits fruits rouges au sein de l’UE/EEE.

A ma connaissance, aucune information ou recommandation pour les consommateurs n’a été proposée par nos autorités …

  • En 2012, les cas confirmés de STEC/VTEC ont diminué de 66% après la grande épidémie à STEC/VTEC O104:H4 en Allemagne en 2011, mais ils ont augmenté de 36% par rapport aux chiffres des années 2009 et 2010. Le nombre de cas signalés de STEC/VTEC confirmés a été de 5748 et le taux de notification globale était de 1,5 cas pour 100 000 habitants dans les pays de l’UE et de l’EEE en 2012.

[Nombre de cas confirmés de STEC en France : 208 en 2012, 221 en 2011 et 103 en 2010 -aa].

Pour la listériose, selon ce rapport, « En 2012, 28 pays de l’UE et de l’EEE ont fourni des données sur la maladie. Le Liechtenstein et le Portugal n’ont état d’aucune donnée. Dans l’ensemble, 1 676 cas confirmés de listériose ont été signalés, soit un taux global de cas de 0,35 pour 100 000 habitants. Les taux les plus élevés ont été observés en Finlande (1,13 pour 100 000 habitants), suivie par le Danemark avec 0,90 pour 100 000 habitants. Allemagne et la France ont signalé le plus grand nombre de cas confirmés, respectivement, 412 et 348. » [A noter que le nombre de cas de listériose a augmenté en France : 348 en 2012, 282 en 2011, 312 en 2010, 328 en 2009 et 276 en 2008 -aa].

NB : Traduction par mes soins. -aa

La bio idéologie au Canada

19
nov
Aucun commentaire
Classé dans Curiosité, Environnement, Nutrition, Réglementation, Santé, Sécurité des aliments.

1_123125_2170587_2209173_2224341_090805_gr_foodtn.jpg.CROP.original-original« La bio idéologie au Canada » par Timothy Caulfield, Institute for Research on Public Policy dans Policy Options blog.

Chaque samedi matin, ma femme va dans un marché de producteurs locaux pour acheter notre approvisionnement hebdomadaire de fruits. Elle bénéficie de l’ambiance sympathique du marché et de ses rapports avec les producteurs. Et toute la famille Caulfield aime les fruits, en particulier les pommes bio. Elles ont un goût si ridiculement bon que l’intégralité de notre stock est souvent dévoré avant d’arriver au lundi matin.

Compte tenu de cette tradition familiale de longue date, vous penseriez que je serais un grand partisan des aliments bio. Vous auriez tort.

Plutôt que de donner une approbation, l’habitude des fruits bio chez les Caulfield met en évidence la complexité des facteurs qui influencent comment et pourquoi nous achetons et consommons des aliments particuliers. Les consommateurs d’aliments bio ne sont pas une horde homogène de branchés qui étreignent les arbres. Les gens mangent bio pour tout un tas de raisons, y compris la conviction que c’est plus nutritif, plus sûr et meilleur pour l’environnement.

Ou, comme la famille Caulfield, certains consommateurs peuvent tout simplement avoir une idée sur le lieu où ils sont vendus et sur le goût des aliments bio.

Mais pour certaines personnes acheter bio est aussi une forme d’expression de soi. Manger et épouser les valeurs des aliments bio font partie d’une vision plus large du monde. C’est considéré comme une composante socialement responsable et nécessaire d’un mode de vie durable. C’est étroitement lié à une éthique personnelle sur la façon dont nous devons vivre.

Mettant de côté, pour un instant, les complexités sous-jacentes des préférences d’achat, nous allons jeter un coup d’œil à ce que disent réellement les éléments de preuves disponibles, à savoir si manger bio vaut vraiment la peine. Gardez à l’esprit que les aliments bio peuvent être beaucoup plus chers que les produits conventionnels. Une analyse des médias, par exemple, a constaté que le coût d’un dîner bio de Thanksgiving est presque le double de celui d’un dîner fait avec des aliments cultivés de façon conventionnelle.

organic-vs-non-organic3Commençons par la valeur nutritionnelle. Celle-ci est facile à connaître parce que les données sont relativement simples. Il n’y a pas de preuves convaincantes que les aliments bio aient une valeur nutritive supérieure. Une revue systématique bien connue en 2009, par exemple, réalisée par une équipe de la Faculty of Public Health and Policy, London School of Hygiene and Tropical Medicine, a conclu qu’« il ne existe aucune preuve d’une différence de qualité nutritionnelle entre des denrées alimentaires bio et conventionnelles. »  Cette conclusion a été retrouvée par plusieurs autres équipes de recherche, y compris une étude très médiatisée en 2012 par un groupe de chercheurs de la Stanford University.

Mais même s’il y avait de légères différences dans, par exemple, la présence de certains micronutriments – allégation qui est souvent faite par les partisans du bio – il est difficile de voir comment ces minuscules variations pourraient avoir un impact sur la santé. En effet, si la valeur nutritionnelle est votre préoccupation, votre accent devra être mis sur l’objectif fondamental de consommer suffisamment de fruits et légumes – une objectif de santé qui n’est satisfait que par une petite minorité de Canadiens.

Qu’en est-il des pesticides ? Les aliments bio sont-ils plus sûrs ? Ici, les choses deviennent un peu plus complexes, mais seulement légèrement. Oui, les aliments, cultivé de manière conventionnelle ont généralement plus de pesticides synthétiques, mais la quantité de résidus présente est, en général, de beaucoup inférieure aux limites admissibles. Il n’existe aucune étude qui trouve définitivement des taux existants de pesticides qui posent des risques pour la santé. Comme cela a été résumé dans un document de Santé Canada de 2013 : « À ce jour, rien n’indique que la consommation d’aliments issus de cultures traditionnelles pose des risques pour la santé associés à la présence de résidus de pesticides, ni que les aliments biologiques soient plus sûrs pour la consommation. »

En outre, nous ne devons pas oublier que les agriculteurs bio utilisent aussi des pesticides. Les pesticides dans ce cas sont tout simplement bio ou « naturels ». Mais ce n’est pas parce qu’un pesticide est « bio » ou « naturel » que cela ne signifie pas que cela sera nécessairement plus sûr ou, dans l’ensemble, moins toxique.

Il est également intéressant de noter qu’une analyse de 2014 en utilisant les données de l’Agence canadienne d’inspection des aliments a constaté que près de la moitié de tous les fruits et légumes biologiques canadiens avaient des résidus de pesticides de synthèse. Comment est-on arrivé là n’est pas clair. Mais cela doit être un avertissement, car si, malgré les preuves existantes, éviter les pesticides reste votre objectif, payer plus cher pour manger bio n’est pas une affaire.

Enfin, nous allons examiner l’environnement. C’est, je pense, la question la plus difficile et la plus complexe dans le débat opposant bio et non bio. Les partisans de l’agriculture biologique suggèrent que c’est moins polluant, favorise une plus grande biodiversité et c’est meilleur pour le sol, entre autres avantages. Et il y a des études à l’appui de ces vues.

Les critiques soulignent que la recherche a démontré que l’agriculture biologique est beaucoup moins efficace et, par conséquent, nécessite plus de terre, qui, lorsque vous pensez à l’échelle mondiale et à long terme, n’est pas bonne pour l’environnement (ou pour nourrir des milliards d’êtres humains). En outre, il y a des études, comme une analyse 2012 de l’University of Oxford, qui suggèrent que lorsqu’elle est mesurée par unité de produit (par rapport à l’unité de terre), l’agriculture biologique peut être pire pour l’environnement.

Au final, même une interprétation généreuse de la preuve existante ne fait pas le poids face à un ardent, plaidoyer sans faille d’une approche exclusivement bio. On ne supporte pas certainement l’idée que manger bio est nécessaire pour sa santé personnelle. Et cela me ramène à la question que manger bio est comme une forme d’expression de soi.

Parce que manger bio est souvent, comme une étude de 2013 en Suède l’a montrée, un moyen d’établir « comment on veut être identifié par rapport aux autres », cela peut donc être très difficile d’avoir une discussion objective sur la meilleure voie à suivre. Ceci est d’autant plus vrai que pour l’industrie alimentaire – le marché des aliments bio vaut des milliards – utilise des stratégies de marketing qui exploitent la motivation d’auto-expression afin de manger bio pour vendre des produits, et ainsi enraciner le mythe de la valeur des aliments bio. Si quelqu’un a intériorisé l’ethos (caractère habituel, la manière d’être, les habitudes d’une personne) du bio comme une philosophie personnelle, une critique des aliments bio peut être interprétée comme une critique de l’individu, ce qui n’est guère le fondement d’un débat constructif et ouvert.

Mais la promotion de saines habitudes alimentaires et nourrir le monde de manière durable sont beaucoup trop importants pour laisser nos préjugés personnels et la prédisposition dominer les décisions (et, oui, je me rends compte que les défenseurs de preuves scientifiques comme moi abritent également une foule de préjugés). Nous avons besoin d’une évaluation rationnelle, fondée sur des preuves des vrais avantages et des risques des deux aliments bio et cultivés façon de conventionnelle.

Je terminerai par un mot sur les pommes du marché des merveilleux agriculteurs qui sont conservées dans mon réfrigérateur en ce moment. Les études de goût en aveugle ont montré que les fruits et les légumes bio n’ont pas, en fait, un meilleur goût que ceux qui sont cultivés de manière conventionnelle. Est-ce que cet aspect contre-intuitif des données scientifiques va continuer à me faire aimer ces pommes ?

Bof. Et les carottes ont un sacrément bon goût aussi.