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Chiens, chats, pigeons, une perspective pour des Vénézuéliens affamés ?

23
mai
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Classé dans Curiosité, Environnement, Hygiène, Santé, Sécurité des aliments.

Un homme politique français avait déclaré en 2015 que « Le Vénézuela est une source d’inspiration », pourquoi pas ? Certes, mais la réalité économique est tout autre, selon cet article …

« Chiens, chats, pigeons, une perspective pour des Vénézuéliens affamés », source Doug Powell du barfblog.

hambre-en-Venezuela-300x148Alors que la spirale de l’économie entraîne un désarroi profond, des manifestations de rue visant la conduite impopulaire du président vénézuélien Nicolás Maduro sont en augmentation. Maduro a répondu ce week-end en déclarant un état d’urgence de 60 jours pour lutter contre ce qu’il dit être les efforts parrainés par les Etats-Unis pour renverser son gouvernement socialiste.

Peter Wilson d’USA Today rapporte une augmentation des troubles car le pays doit faire face à des pénuries persistantes de nourriture essentielle, de médicaments et d’articles de toilette. Toutes les boulangeries ici à La Victoria, à 88,5 km au sud-ouest de Caracas, ont cessé de produire du pain la semaine dernière parce qu’elles n’ont pas de farine.

« Les gens chassent des chiens et des chats dans les rues et des pigeons sur les places pour manger », a dit Ramon Muchacho, maire de Chacao dans le district de Caracas, ce mois-ci dans un tweet qui a été rapporté dans de nombreux journaux.

Une sécheresse épique a également saisi cette nation qui repose principalement sur des barrages hydroélectriques, provoquant des pannes d’électricité et des pénuries d’eau. Les hôpitaux ont dû reporter des opérations et des procédures en raison des pannes de courant. Et les employés du gouvernement travaillent maintenant seulement deux jours par semaine pour économiser l’électricité.

NB : Une vidéo accompagne de l’AFP l’article.

Foire aux questions à propos des rappels d’aliments en France

23
mai
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Classé dans Contamination, Contamination croisée, Curiosité, Environnement, Hygiène, Rappel, Réglementation, Santé, Sécurité des aliments, Union Européenne.

Foire aux questions à propos des rappels d’aliments en France

  1. Pourquoi nos administrations ne diffusent-elles pas les avis de rappel ou de retrait d’aliments ?

En fait, nos administrations diffusent des avis de rappels d’aliments avec une très grande parcimonie.

Ainsi depuis le début de l’année 2016, le ministère de l’agriculture et le ministère de la santé ont chacun diffusé un avis de rappel et la DGCCRF, quatre avis de rappel ou de retrait, alors que selon le site rappel produits, il y a eu 49 rappels de produits alimentaires.

alertessanitairesSi l’on prend l’année 2015, c’est tout aussi navrant :

Circonstance aggravante, les rappels ne sont parfois mis en ligne que plusieurs jours ou semaines après l’existence d’un danger potentiel pour les consommateurs, voir à ce sujet l’exemple de Mars.

  1. Pourquoi un tel écart dans la diffusion des informations ?

Difficile à dire, nos administrations se retranchent derrière la responsabilité des opérateurs (les professionnels de l’alimentaire) et derrière le guide d’aide à la gestion des alertes d’origine alimentaire entre les exploitants de la chaîne alimentaire et l’administration lorsqu’un produit ou un lot de produits est identifié (version révisée du 02/07/2009) qu’elles ont élaboré …

Comme il est dit dans ce guide, « la gestion des alertes s’appuie sur une coordination opérationnelle, répondant en cela aux impératifs de sécurité et aux exigences légitimes des consommateurs, tout en préservant au mieux une filière des effets dommageables d’une alerte sanitaire. »

La quadrature du cercle en quelque sorte !

recallUne étude réalisée par l’association 60 millions de consommateurs publiée en janvier 2016, « Des rappels de produits à vous couper l’appétit », notait que le ministère de l’agriculture indique ne vouloir publier que « les rappels d’incidence nationale […] afin de ne pas banaliser l’information et de garantir l’information effective des consommateurs dans les cas les plus graves ».

Comprenne qui pourra ?

  1. Comment le consommateur fait-il pour être informé ?

Là aussi ce n’est pas facile et c’est même très compliqué … voir un parcours du combattant !

  • Prenons le cas des distributeurs. Il sont sensés informés par un affichage (en l’occurrence une affichette, si possible sur le lieu de vente), mais la réalité sur le terrain montre que cela participe à la chasse au dahu !

Quelques distributeurs, Auchan, Carrefour, Intermarché et Leclerc signalent sur des sites internet dédiés les communiqués des rappels des produits alimentaires (la fameuse affichette), mais cela ne semble pas être exhaustif. Les autres distributeurs sont, à ma connaissance, aux abonnés absents …

  • Prenons le cas des associations de consommateurs. Elles informent dans la mesure où elles sont informées, si je puis dire, et un récent bilan montre des lacunes dans la liste des produits rappelés.
  • Prenons le cas des entreprises alimentaires. Hélas, pas d’information diffusée via leur site internet, et c’est très rare si cela arrive …
  • Prenons le cas de nos administrations. Retour à la question 1.

Pour être complet, signalons que l’information sur les rappels diffusée sur ce blog est aussi loin d’être exhaustive … voir FAQ 1.

  1. Comment est rédigé le communiqué de retrait ou de rappel ?

Le guide précité de nos administrations dans la FAQ 2 indique qu’il faut des informations claires et précises :

  • sur le produit et ses modalités de commercialisation ;
  • sur la nature du danger et les risques encourus ;
  • sur la conduite à tenir en cas de détention du produit et de son éventuelle consommation ;
  • des coordonnées afin de joindre le service responsable de la commercialisation.

Recall-ButtonDans la réalité, certains de ces communiqués ne sont pas complets. Ainsi pour le même rappel ayant eu lieu en France, en Belgique et/ou au Luxembourg, on aura le droit en France, à la présence d’une contamination microbiologique, alors qu’en Belgique et/ou Luxembourg, on aura comme information la présence de norovirus !

Autre exemple, dans un communiqué de rappel du 31 décembre 2015 diffusé sur le site du minsitère de l’agriculture, il est dit à propos de steaks hachés frais contaminés par Escherichia coli susceptibles d’être pathogènes : « D’une façon générale, il convient de rappeler que la cuisson à cœur des steaks hachés permet de prévenir les conséquences d’une telle contamination, la bactérie étant détruite par une température de 65°C. »

Je ne crois pas que ce qui est écrit soit exact, car comme le rappel un expert, Pourquoi « faites le juste cuire » ne marche pas. On lira aussi Présence de pathogènes dans les aliments, il n’y a qu’à les faire cuire ?

  1. Pourquoi les entreprises alimentaires ne diffusent-elles pas directement un communiqué de rappel ?

Certaines le font mais c’est très rare. Et pourtant selon l’Ania lors des Assises de l’alimentation 2016 pour un nouveau pacte alimentaire, les consommateurs « montrent une vigilance et une exigence sur la qualité des produits, la composition et l’origine des aliments, l’impact de leur consommation sur l’environnement. Ils s’interrogent sur la transparence des acteurs de la filière alimentaire, sur la manière de concilier plaisir et santé, accessibilité et qualité, praticité et convivialité. Ils ont le sentiment que les entreprises agroalimentaires ne sont pas suffisamment mobilisées pour les accompagner, pas suffisamment engagées à répondre à leurs attentes. »

Vous avez dit transparence, c’est bien, des actes, c’est mieux !

  1. Pourquoi l’Anses ne s’occupe-t-elle pas des rappels de produits alimentaires ?

L’Anses évalue « l’ensemble des risques (chimiques, biologiques, physiques…) auxquels un individu peut être exposé, volontairement ou non, à tous les âges et moments de sa vie, qu’il s’agisse d’expositions au travail, pendant ses transports, ses loisirs, ou via son alimentation. »

imgres

Affichage de propagande sur la Loi de consommation

Contrairement à d’autres agences sanitaires comme la Food Standards Agency du Royaume-Uni ou l’AFSCA en Belgique, l’Anses ne diffuse aucun communiqué de rappel ; cela étant l’Anses informe sur le rappel de médicaments vétérinaires …

L’Anses met aussi à disposition une page Internet, « Comment signaler un évènement sanitaire pour les particuliers » qui renvoie à des liens génériques de nos administrations dont le 3939 de la DGCCRF avec un coût en France de 0,15 euros TTC/minute de participation des usagers à ce service public. Pour s’informer, il faut donc payer …

L’Anses pourrait s’autosaisir de cette carence d’information des consommateurs, mais à quoi bon …

  1. Quel le pourcentage de produits rappelés récupérés par les distributeurs et/ou les industriels ?

Il n’y a pas de chiffre publié en France à ma connaissance. Lors d’un rappel précité de steaks hachés frais, le communiqué notait qu’il y avait déjà eu à la date du communiqué du rappel, 45% des produits ont été récupérés à ce jour.

Cela étant, vu la faiblesse des informations diffusées, il est possible que le chiffre soit plus faible, le consommateur n’étant pas réellement informé, voir FAQ 1.

Au Etats-Unis, l’équivalent de la cour des comptes avait souligné qu’en 2003, les rappels montraient qu’il n’y avait eu respectivement que 38% and 36% de produits alimentaires rappelés par la FDA et l’USDA effectivement récupérés.

  1. Quels sont les principales causes de rappels des produits alimentaires ?

Selon l’enquête menée par 60 millions de consommateurs, pour les produits rappelés de janvier 2014 à décembre 2015 :

  • la contamination microbiologique arrive largement en tête avec 50,5%
  • la présence de corps étranger représente 20,6% des produits alimentaires
  • allergène non mentionné sur l’étiquetage des produits alimentaires, 20,1 %
  • autres, 8,6%

Pour les contaminations microbiologiques, 103 rappels en deux ans, notamment pour cause de :

  1. Listeria : 42 rappels
  2. Salmonella : 31 rappels
  3. E. coli : 10 rappels
  4. Mycotoxines : 6 rappels
  5. Bacillus cereus : 5 rappels

_80295405_thinking522738989L’enquête de 60 millions vous renseignera aussi pour les produits les plus rappelés …

  1. Et l’Europe dans tout ça ?

Le RASFF ou réseau d’alerte rapide des denrées alimentaires et des aliments pour animaux publie une information sur les alertes notifiée par les États membre, mais aussi une information au niveau des consommateurs, mais cette dernière est notoirement insuffisante et n’a pas de relai au niveau national. Voir ce lien concernant plus particulièrement la France

Le bilan provisoire 2015 du RASFF illustre aussi les problèmes rencontrés au niveau national, voir ce lien.

  1. Quel avenir pour l’information du consommateur sur les rappels ?

Les associations de consommateurs demandent aux pouvoirs publics d’améliorer la qualité des systèmes d’alerte aux consommateurs, hélas sans succès …

La loi relative à la consommation du 17 mars 2014 n’a rien changé quant à une amélioration de l’information des consommateurs à propos des rappels …

Il faut donc continuer à dénoncer l’inertie des pouvoirs publics, des distributeurs et des industriels alimentaires en matière de transparence de l’information. Ce n’est pas un hasard si l’information du consommateur sur les rappels est maltraité, les contrôles sanitaires le sont tout autant, hélas …

NB : On me signale qu’il existe une application pour smartphone dénommée Oulah ! qui peut vous indiquer les rappels de produits alimentaires.

A titre d’information, cette application a dénombré 55 rappels de produits alimentaires. Même si son discours reste très approximatif sur le plan scientifique, cette application peut palier la carence de nos autorités en matière d’information sur les rappels. Car comme dit si bien le site Oulah !, A l’heure actuelle, il est difficile de se renseigner ou de connaître les produits défectueux mis sur le marché et ensuite rappelés par les fabricants ou distributeurs. CQFD

La FSA du Royaume-Uni publie la liste des incidents liés aux aliments de janvier à mars 2016, quid en France ?

21
mai
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Classé dans Contamination, Contamination croisée, Curiosité, Environnement, Hygiène, Microbiologie, Rappel, Réglementation, Santé, Sécurité des aliments.

« La FSA publie la liste des incidents liés aux aliments de janvier à mars 2016 », source Food Standards Agency (FSA) du 20 mai 2016. Dernière mise à jour au 20 mai 2016.

La FSA publie un résumé des incidents alimentaires, traités entre janvier et mars 2016 qui ont conduit à une alerte émis par la FSA pour rappeler ou retirer les produits de la vente. Cette liste trimestrielle comprend également des informations sur les investigations que nous avons soutenues concernant les risques potentiels d’intoxication alimentaire et de contamination dangereuse.

fsalogoLa FSA indique aussi qu’elle n’a pas été impliquée dans des investigations sur les éclosions d’origine alimentaire au niveau national au cours de cette période.

Ne pas chercher ce genre de document en France, pas de fol espoir donc, puisque par exemple depuis le début de l’année, pour les denrées alimentaires, selon le ministère de l’agriculture, il n’y a eu qu’un seul rappel en 2016 et pour la DGGCRF, quatre rappels.

Que nous dit cette liste de 49 incidents au Royaume-Uni ?

  • 24 produits alimentaires concernés par un risque d’effet adverse pour la santé pour les personnes souffrant d’allergie
  • 14 produits alimentaires concernés par des problèmes de contamination microbiologique, dont 12 pour la présence de micro-organismes dangereux
  • 9 produits alimentaires concernés par des problèmes de corps étrangers
  • 2 produits alimentaires concernés par des problèmes divers

Au Royaume de France, Royaume de la transparence s’il en est, pas d’information, mais pourquoi donc ?

Saga du BPA : Les entreprises agro-alimentaires de France ne trichent pas et respectent la réglementation, selon l’ANIA

29
avr
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Classé dans Contamination, Curiosité, Environnement, Hygiène, Réglementation, Santé, Sécurité des aliments.

J’avais indiqué ce qu’il fallait en penser dans Saga du BPA : Ciel ! Du BPA retrouvé en France dans quelques canettes, alors que c’est réglementairement interdit d’une étude récente de l’Asef sur la présence de bisphénol A dans des contenants alimentaires, et c’est le journal Le Parisien du 25 avril 2016, qui s’est improvisé marchand de peurs, en indiquant :

Les industriels trichent-ils encore avec le bisphénol A, ce produit chimique classé comme perturbateur endocrinien et interdit depuis 2013 dans tous les contenants alimentaires pour les bébés de 0 à 3 ans ? Pour les biberons en plastique, ils sont en tout cas réglos ! C’est ce que montre une enquête que nous dévoilons en exclusivité.

Ce que le Parisien ne dit pas c’est que cette interdiction ne vaut que pour la France …

BPAcans_406x250Bref, l’Ania a réagi en affirmant, « L’industrie alimentaire de France ne triche pas ! »

Même l’association 60 millions de consommateurs l’avait dit aussi à sa façon dans une étude sur les conserves de thon, « Commençons par la bonne nouvelle : nous n’avons retrouvé aucune trace de bisphénol A. »

Extrait de l’article de l’Ania :

Bisphénol A : non, les entreprises agro-alimentaires de France ne trichent pas et respectent la réglementation.

L’ANIA tient à rappeler que les entreprises agroalimentaires de France ont tenu leurs engagements et respectent la réglementation française en vigueur. Depuis le 1er janvier 2015, les entreprises agroalimentaires sont au rendez-vous de la substitution du Bisphénol A dans les conditionnements, contenants ou ustensiles en contact avec les denrées alimentaires. L’ANIA restera attentive à toute étude scientifique significative menée par les autorités publiques sur le sujet visant à évaluer et confirmer cette stricte application de la réglementation par les entreprises agroalimentaires françaises. (…)

Depuis le 1er janvier 2015, les entreprises agroalimentaires sont ainsi en conformité avec la législation française. L’ANIA a également demandé une harmonisation de la réglementation au niveau européen pour éviter une distorsion de concurrence avec des produits d’importation. (…)

Les vernis alternatifs utilisés pour les emballages au contact avec des denrées alimentaires ne sont pas fabriqués avec d’autres composés de la famille des bisphénols (les bisphénol F, bisphénol S, etc. sont donc exclus). (…)

Il semble nécessaire de rappeler que le bisphénol A est autorisé et utilisé dans de nombreux autres domaines d’activités. Il est par conséquent possible d’en retrouver de très faibles traces dans certains emballages. Une contamination fortuite extérieure reste plausible. A cet égard, dans son rapport d’évaluation des risques sanitaires relatifs au bisphénol A datant de mars 2013, l’Anses avait relevé un faible niveau de contamination en BPA, inférieur à 5 microgrammes par kilogramme de denrées (soit 0,000005g/kg de denrée), qualifié de « bruit de fond », homogène et ubiquitaire.

Des chercheurs danois réduisent la teneur en sucre du yogourt sans réduire le goût sucré

23
avr
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Classé dans Curiosité, Nutrition, Santé.

« Des chercheurs danois réduisent la teneur en sucre du yogourt sans réduire le goût sucré », source ASM News.

Une équipe d’une société danoise d’ingrédients alimentaires a manipulé les propriétés métaboliques de bactéries produisant du yaourt (ou yogourt) pour sucrer naturellement le yaourt, tout en réduisant le sucre dans le produit final. Des manipulations similaires ont aussi presque éliminé le lactose, de sorte que ceux qui ont une intolérance au lactose peuvent profiter du yaourt. Ils ont accompli tout cela en utilisant des méthodes microbiologiques qui sont antérieurs à l’ère des technologies génétiques. L’étude est rapportée dans le numéro du 22 avril d’Applied and Environmental Microbiology, une revue de l’American Society for Microbiology.

image001L’objectif était de concevoir des bactéries du yaourt pour ne pas consommer de glucose, un produit de fermentation qui est une forme particulièrement douce du sucre, a dit l’auteur correspondant, Eric Johansen. Johansen est vice-président – Science chez Chr. Hansen, A/S, Hørsholm, Danemark.

Dans certains pays, dont le Danemark, le yogourt est défini comme contenant des cultures vivantes de Streptococcus thermophilus et de Lactobacillus delbrueckii subsp. bulgaricus.

Normalement, lorsqu’il est cultivé dans le lait, les deux espèces de bactéries décomposent le lactose, un disaccharide, en des composantes de monosaccharides, du glucose et du galactose. Ils consomment du glucose et sécrètent le galactose.

« Nous avons voulu les changer pour qu’elles consomment le galactose et relargue du glucose », a dit Johansen. « Cela exige un certain nombre de changements dans le métabolisme. » Dans la première étape, les chercheurs ont cultivé S. thermophilus sur un milieu où le galactose était la seule source de nutriment. Ainsi, les bactéries individuelles devaient consommer du galactose afin de se développer. Quelques mutants étaient capables de le faire, et les chercheurs les ont cultivés.

Les prochaines étapes devaient permettre de modifier les bactéries afin qu’elles ne consomment plus de glucose, et ne serait même plus à même de transporter du glucose dans la cellule. A cette fin, l’équipe de Johansen a cultivé la bactérie dans un milieu contenant un analogue du glucose appelé le 2-désoxyglucose, qui est toxique pour les cellules. Les quelques mutants qui ont survécu dans ce milieu ne disposaient plus de la capacité de métaboliser le glucose. Un second cycle de sélection, avec des niveaux plus élevés de 2-désoxyglucose, a entraîné la survie de mutants dépourvus du mécanisme de transport du glucose.

Johansen et al. également utilisé le 2-désoxyglucose pour isoler des mutants de Lactobacillus bulgaricus, pour sélectionner des mutants qui sont incapables de transport du glucose dans la cellule. Cela les empêche de consommer le glucose produit par S. thermophilus.

Désormais, ils ont fait du yaourt avec des bactéries modifiées. Le yaourt avait très peu de lactose et pas beaucoup de galactose. Mais il était riche en glucose et sucré. Ils ont présenté le yaourt à un panel de dégustateurs, avec des quantités ajoutées variables de saccharose, mais dans tous les cas, avec moins que cela est normalement ajouté au yaourt. Les résultats : ils ont réussi à réduire le saccharose ajoutée de 20%, tout en maintenant la douceur souhaitée.

« La teneur en sucre des aliments est une préoccupation croissante pour les consommateurs soucieux de leur santé, et les produits laitiers sont souvent critiqués en raison de la présence de saccharose ajouté », a dit Johansen. « Nous avons pensé que, puisque le glucose est considérablement plus doux que le lactose ou le galactose, les bactéries qui libèrent le glucose dans le produit pourrait permettre une réduction du sucre ajouté, tout en maintenant la douceur désirée dans le yaourt. » « De plus », dit Johansen, « la quasi-absence de lactose permet à ceux qui ont une intolérance au lactose de profiter du yogourt. »