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TIAC ou gastro ? Une édition de Saint-Quentin

21
juil
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Classé dans Curiosité, Environnement, Hygiène, Santé, Sécurité des aliments, TIAC.

Selon le Courrier Picard du 20 juillet 2016, Cinq enfants touchés par une gastro-entérite à Saint-Quentin ».

journalistebc0Quand un(e) journaliste fait un reportage où l’on a par avance des réponses sans aucune investigation, tout va bien plus vite, ce n’est pas une TIAC mais c’est sûr, c’est une gastro …

L’alerte a été donnée au retour de la cantine. Vers 12 h 30, mercredi 20 juillet, une dizaine d’enfants, inscrits au centre de loisirs du centre social Saint-Martin, se sont plaints de douleurs au ventre. L’encadrement n’a pas tardé à réagir. Ils ont prévenu les pompiers puis le Smur de Saint-Quentin. Un médecin du Smur a alors examiné la dizaine de cas. Sur les dix enfants, cinq ont présenté des symptômes de la gastro-entérite. «  C’est facilement contagieux  », précise une cadre de la Ville.

Dès lors, les cinq enfants ont reçu une ordonnance du médecin. Les cinq enfants malades ont tous mangé à la cantine du centre de loisirs. Autre point à préciser : aucune intoxication alimentaire, un temps pressenti, n’est à l’origine de ces gastro-entérites, selon la cadre de la Ville. Toutefois, ce n’est pas la première fois que ce genre d’incident est constaté dans ces locaux.

Au total, près d’une soixantaine d’enfants fréquente le centre de loisirs du centre social Saint-Martin. Les enfants ont repris leurs activités dès l’après-midi. Les secours ont quitté les lieux peu après 14 heures.

Ce n’est pas une TIAC mais une gastro, la liste des cas allant en ce sens s’allonge anormalement …

99,99 % des pesticides que nous ingérons sont… naturels

21
juil
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Classé dans Contamination, Curiosité, Environnement, Réglementation, Santé, Sécurité des aliments.

Je repends l’article du 20 juillet 2016 paru sur Forum Phyto indiquant que « 99,99 % des pesticides que nous ingérons sont… naturels ». Il s’agit d’une version allégée de l’article original mais cela vaut déjà le détour …

Dans les années 1990, Pr Bruce Ames, toxicologue californien, a publié cette déroutante découverte aux implications importantes. Layla Katiraee*, scientifique américaine, en fait une intéressante présentation actualisée, claire, pédagogique et illustrée dans « Chasse aux mythes : les pesticides de synthèse, utilisés avec certains OGM, sont-ils plus dangereux que les naturels ? » en anglais sur le site Genetic Literacy, traduit intégrament en français par Wackes Seppi (merci à lui ! -aa).

Layla Katiraee liste quelques-uns des principaux pesticides présents dans notre alimentation : solanine des pommes de terre, caféine du café, nicotine présente également dans la famille botanique des pommes de terre (dont le tabac), capsaïcine des piments, le DIMBOA[1] dans les céréales. Certaines de ces substances donnent leur saveur à des herbes et des épices : l’acide tétradécanoïque de la noix de muscade, la pulégone de la menthe poivrée, etc.
Pour toutes ces substances, elle en indique leur rôle pour la défense des plantes. Ces substances sont d’ailleurs parfois expérimentées ou utilisées comme pesticide commercial.

Or seulement 5% de ces substances naturelles ont été testées et la moitié d’entre elles se sont révélées cancérigènes.

Pour autant, il ne faut pas les craindre plus que de raison : c’est la dose qui fait le poison. « Quand la pomme de terre commence à verdir ou à germer (lorsque les « yeux » commencent à se développer), la teneur augmente de manière significative ». C’est pourquoi il faut je ter les pommes de terre « qui ont verdi sous la peau »

Or « nous mangeons environ 1,5 grammes de pesticides naturels par jour, « ce qui est environ 10.000- fois plus que ce que nous consommons comme résidus de pesticides synthétiques ». Cette quantité serait nettement plus élevée chez les végétariens et les végétaliens. […] Ces pesticides s’y trouvent en parties par mille ou parties par million, alors que les pesticides de synthèse que nous trouvons dans nos aliments sont dans les parties par milliard. […] Réfléchissez un peu ! Alors qu’il y a un tollé sur les parties par milliard de résidus de pesticides de synthèse dans notre alimentation, il y a des substances présentes à plus fortes doses dans les fruits et les légumes, effectivement connues pour causer le cancer. En outre, certains des pesticides les plus couramment utilisés dans l’agriculture ont des mécanismes d’action qui sont spécifiques aux ravageurs cibles, ce qui les rend beaucoup plus sûrs que de nombreux pesticides naturels, ce qui est du reste la raison pour laquelle ils ont gagné en popularité au cours du dernier demi-siècle. »

Layla Katiraee nuance cependant, à juste titre : « Ce n’est pas parce qu’un pesticide agricole a un profil toxique bénin qu’il ne faut pas essayer de minimiser son utilisation lorsque cela est possible. Ce n’est pas parce qu’un transgène codant pour un pesticide naturel qui n’a pas d’impact sur les mammifères a été ajouté à une culture qu’il ne faut pas étudier son impact sur l’environnement. Mais nous ne devrions pas considérer que notre alimentation est « dangereuse », ou renoncer aux pratiques agricoles conventionnelles, en raison de l’utilisation de pesticides de synthèse »

Pour aller plus loin :

[1] Acronyme évitant de donner son nom complet : 2,4-dihydroxy-7-méthoxy-1,4-benzoxazine-3-one.

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* Layla Parker-Katiraee contribue au Genetic Literacy Project. Elle est titulaire d’un doctorat en génétique moléculaire de l’Université de Toronto. Elle est chercheuse principale dans le développement de produits dans une société de biotechnologie et de génétique de Californie. Tous les points de vue et opinions exprimés sont les siens. Vous pouvez la suivre sur @BioChicaGMO

Principales causes de rappels d’aliments en 2015 : non étiquetage des allergènes et Listeria, selon un rapport

21
juil
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Classé dans Allergène, Contamination, Contamination croisée, Curiosité, Environnement, HACCP, Hygiène, Listeria, Microbiologie, Rappel, Réglementation, Santé, Sécurité des aliments, Union Européenne.

« Cause des rappels d’aliments en 2015 : non étiquetage des allergènes et Listeria », source IFT news d’après un communiqué de presse.

recallSelon le dernier rapport sur les rappels d’aliments par SAGE Food Safety Consultants, les problèmes microbiologiques et liés aux allergènes non mentionnés sur l’étiquetage ont causé la majorité des rappels d’aliments en 2015, poursuivant une tendance qui a persisté maintenant depuis plus de deux ans. Bien que les rappels d’aliments soient demeurés stables ou ont légèrement diminué à partir de 2014, des problèmes avec les allergènes non mentionnés sur l’étiquetage et la contamination par Listeria ont continué de sévir dans la production alimentaire.

C’est aussi ce qui avait été constaté dans un article bien documenté par Benjamin Douriez paru dans 60 millions de consommateurs et mis en ligne le 28 janvier 2016, ici, et intitulé, « Des rappels de produits à vous couper l’appétit ». Voir aussi ce lien. Cela étant, il est particulièrement difficile voire impossible en France de connaître avec précision le nombre de rappels de produits alimentaires.

Aux États-Unis, les rappels par la Food and Drug Administration (FDA) ont légèrement diminué à l’année précédente, bien que les rappels de viandes par le ministère de l’agriculture (USDA) ont augmenté. Les rappels d’aliments au Canada et en Europe ont diminué légèrement par rapport à ceux de 2014.

« Les données 2015 des rappels, compilées et analysées par SAGE de rapports des agences gouvernementales en Amérique, Canada et dans l’Union européenne, montrent un problème troublant persistant : la contamination microbiologique et la présence généralisée d’allergènes non mentionnés sur l’étiquetage, reflètent un approvisionnement alimentaire qui est généralement sans danger, mais aussi chroniquement vulnérable », a déclaré Gale Prince, président de SAGE.

Recall-ButtonLes contaminations par Listeria monocytogenes et Salmonella ont légèrement diminué en 2015 par rapport à l’année précédente. Cependant, les contaminations liées aux allergènes ont augmenté dans l’industrie alimentaire. Un rappel d’épices à grande échelle qui a commencé en 2014 a continué en 2015 en raison de la présence de protéines d’arachide dans un mélange industriel d’épices couramment utilisé. En outre, de nombreux rappels ont été incités par un étiquetage comportant une composition inexacte des ingrédients dans lequel un allergène ne figurait pas sur l’étiquetage du produit.

Prince a dit que la nouvelle Loi sur la modernisation de la sécurité alimentaire (FSMA) aux États-Unis, qui prendra pleinement effet en 2016, peut aider à résoudre ces problèmes en exigeant des mesures plus proactives en matière de sécurité des aliments pour prévenir les rappels. « Les entreprises alimentaires doivent avoir un plan de sécurité des aliments en place, ainsi qu’une procédure de rappel, et ils doivent activement surveiller leurs sources d’approvisionnement, la production, l’emballage, et les procédures d’expédition afin de limiter les risques de contamination », a déclaré Prince. « Si elles ne le font pas, elles pourraient faire l’objet de mesures réglementaires graves. »

Traduction par mes soins -aa.

De possibles risques sanitaires à partir d’aliments contaminés dans la restauration hospitalière peuvent être minimisés par des mesures appropriées, selon le BfR

21
juil
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Classé dans Contamination, Contamination croisée, Curiosité, Environnement, HACCP, Hygiène, Non classé, Santé, Sécurité des aliments.

« De possibles risques sanitaires à partir d’aliments contaminés dans la restauration hospitalière peuvent être minimisés par des mesures appropriées », source avis du BfR n°019/2016 après consultation de l’IRK, le 5 juillet 2016.

Les hôpitaux accueillent des groupes de personnes qui sont particulièrement sensibles aux infections d’origine alimentaire. Cela comprend les personnes dont les défenses immunitaires sont affaiblies en raison de maladies primaires graves ou de médicaments ainsi que des bébés, des tout-petits, des femmes âgées et des femmes enceintes. Le management de l’hygiène en restauration hospitalière doit donc aller au-delà des mesures normales de la restauration collective. Les cuisines de l’hôpital peuvent jouer un rôle dans la propagation des pathogènes dans les hôpitaux, bien qu’il soit impossible de quantifier l’étendue exacte de ce rôle.

Hospital-food-tray-File-picture-5905763L’Institut fédéral pour l’évaluation des risques (BfR) et l’Institut Robert Koch (IRK) ont élaboré conjointement des mesures et des recommandations pratiques visant à prévenir la possible propagation de bactéries pathogènes et résistantes aux antibiotiques via les cuisines de l’hôpital. Ces mesures et ces recommandations tiennent compte de toutes les sources potentiellement pertinentes et les voies de transmission. Les mesures qui offrent une protection contre la contamination des aliments par des bactéries pathogènes préviennent également la contamination par des bactéries résistantes.

Ainsi, les bactéries peuvent, par exemple, entrer les cuisines des hôpitaux par l’intermédiaire d’aliments crus. La viande crue de volaille, la viande hachée crue, la viande de porc crue et la viande crue de gibier et les œufs crus sont particulièrement susceptibles d’héberger de tels pathogènes bien que cela s’applique aussi aux aliments à base de végétaux telles que les graines germées, les jeunes plants et les herbes fraîches.

Dans le cadre de l’analyse des dangers, le management de l’hôpital doit examiner de manière critique tous les flux de travail de la réception des marchandises à l’élimination des restes de nourriture. Le cas échéant, des mesures internes de vérification et la formation du personnel dans les cuisines de l’hôpital seront ajustées. Ainsi, par exemple en est-il dans des locaux où les aliments sont souvent préparés par du personnel qui n’est pas formé à la science des alimentaire, mais par un personnel infirmier. Et il n’y a pas de séparation claire entre la distribution des aliments et les activités de soins infirmiers dans de nombreux cas. Le retour de la vaisselle et autres articles de zones infectieuses est une autre entrée possible pour les pathogènes dans la cuisine de l’hôpital.

A condition que les cuisines de l’hôpital observent des règles nécessaires pour le personnel et l’hygiène en cuisine, le risque pour les patients est largement déterminé par la question de savoir ou non si l’aliment a été suffisamment chauffé avant d’être donné aux patients. En outre, le risque pour le patient peut être minimisé par une sélection liée au risque d’aliments, la limitation liée au risque d’une sélection d’aliments mis à disposition dans les salles et l’absence de libre-service.

De même, en termes de nettoyage et d’entretien et des matériels utilisés à cet usage, une stricte de la séparation doit être faite entre les salles de l’hôpital et la cuisine.

Tant le personnel de la cuisine de l’hôpital que celui de l’hôpital  doit être conscient des risques possibles et de la responsabilité qui leur incombe. Il est donc logique d’offrir des séances de formation sur les lieux de travail sur une base régulière qui confèrent également des connaissances sur la protection contre la propagation de bactéries pathogènes et résistantes aux antibiotiques via les aliments.

La version complète de cette information du BfR est disponible en Allemand ici.

Traduction par mes soins. -aa

NB : Modeste témoignage, ayant eu l’occasion de fréquenter ces deniers temps plusieurs hôpitaux parisiens, quelle ne fut ma surprise de voir des personnes de l’entretien aller et venir dans des salles de l’hôpital avec leur « jolie » sacoche en cuir à outils en bandoulière …

Possible transmission d’origine alimentaire du virus de l’hépatite E de porcs domestiques et de sangliers sauvages en Corse

20
juil
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Classé dans Contamination, Contamination croisée, Curiosité, Environnement, Hygiène, Microbiologie, Réglementation, Santé, Sécurité des aliments, Virus.

« Possible transmission d’origine alimentaire du virus de l’hépatite E de porcs domestiques et de sangliers sauvages en Corse », source EID Volume 22, Number 12-December 2016.

Extraits.

figatelliDans les pays occidentaux, l’infection humaine par le virus de l’hépatite E (VHE) est principalement autochtone et zoonotique par l’ingestion d’aliments contaminés ou par contact direct avec des animaux infectés et très occasionnellement est importé de régions où elle est endémique à l’homme (zones tropicales et subtropicales). Les porcs domestiques et les sangliers sont des réservoirs zoonotiques importants de VHE dans le monde entier.

En France continentale, des cas groupés d’hépatite E ont été décrits après ingestion de spécialités corses à base de foie cru de porc connu comme étant du ficatelli, traditionnellement consommé grillé ou cru après séchage. Une étude récente sur les produits alimentaires français ont détecté de l’ARN de VEH dans 30% des prélèvements de ficatelli. Une étude nationale récente chez des donneurs de sang en France a montré un taux élevé (> 60%) séroprévalence du VEH en Corse, ce qui suggère une hyperendémicité locale. Les prévalences estimées de l’ARN du VEH de sangliers et de porcs domestiques en Corse étaient respectivement de 2,3% et 8,3%. Nous avons cherché à évaluer, au niveau moléculaire, le rôle des sangliers locaux et des porcs domestiques de Corse dans les infections humaines ou les contaminations alimentaires. (…)

Nos résultats fournissent des preuves suggérant un échange dynamique du VHE entre les réservoirs de porcs domestiques et sauvages et pouvant entraîner la transmission de ces réservoirs à l’homme par l’ingestion de produits alimentaires infectés. Ces réservoirs animaux sont fréquents et abondants et représentent une source durable d’exposition au VEH en Corse.