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La sécurité des aliments et les consommateurs allemands : Tout dépend du contexte ?

11
mai
2 commentaires
Classé dans Contamination, Curiosité, Environnement, Hygiène, Réglementation, Santé, Sécurité des aliments, Union Européenne.

bfr_logo« Les trois quarts de la population estiment que les aliments sont sûrs en Allemagne », source communiqué du BfR15/2016 du 2 mai 2016.

Ce n’est pas l’industrie alimentaire qui l’annonce, ce ne sont pas non plus les autorités allemandes, mais le BfR, agence indépendante d’évaluation des risques en Allemagne.

Pour être juste, chez nous, l’Anses chez avait indiqué en avril 2015, « Dans le domaine de la sécurité sanitaire des aliments, la France fait souvent figure de pionnière en Europe et dans le monde en appliquant des politiques de maitrise des risques qui produisent des résultats probants ».

L’ANIA (représentant l’industrie alimentaire) avait publié un baromètre en août 2015, les Français et l’alimentation, et pour ma part, j’avais jugé cela, mi-figue, mi-raisin.

Ici, il s’agit de la troisième enquête du BfR publiée auprès des consommateurs sur la perception du public des risques pour la santé dans les aliments et les produits.

On verra que, comme en France, les consommateurs sont à la fois contradictoires et partagés … selon le contexte …

ooOOoo

Concernant les aliments, la perception du risque de la population allemande est contradictoire. Ceci est l’une des conclusions de la troisième enquête du BfR auprès des consommateurs. D’une part, près des trois quarts des participants interrogés choisis de manière représentative en février 2016 croient que les aliments proposés sur le marché sont sûrs. D’autre part, plus de la moitié des répondants sont préoccupés par des sujets tels que les résidus de pesticides et les microplastiques dans les aliments et les aliments génétiquement modifiés, qui sont tous étroitement liés à la question générale de la sécurité des aliments. « Cette évaluation contradictoire montre que le contexte dans lequel les consommateurs sont questionnés sur la sécurité des aliments est cruciale», a déclaré le professeur Andreas Hensel, président de l’Institut fédéral pour l’évaluation des risques (BfR), dans ses commentaires sur les conclusions de l’enquête auprès de plus de 1000 personnes en Allemagne dans le cadre de l’enquête BfR actuelle auprès des consommateurs. « Lorsque les consommateurs sont invités dans un contexte de risques généraux liés aux aliments, la majorité voit les aliments comme sûrs. Cependant, si la question leur est posée dans le cadre d’un sujet qui est principalement discuté publiquement en termes de de risque, comme dans le cas de la résistance aux antibiotiques et des pesticides, un haut niveau de préoccupation devient apparent à propos de la sécurité des aliments. » Cela montre, une fois encore, que la perception du risque est influencée par la façon dont les sujets sont dépeints dans les médias.

NB : traduction par mes soins. -aa

E. coli O104:H4 dans des graines germées en 2011 : cause naturelle, accidentelle ou délibérée

24
mar
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Classé dans Contamination, Contamination croisée, Curiosité, E. coli, Environnement, Hygiène, Microbiologie, Santé, Sécurité des aliments, TIAC, Union Européenne.

« E. coli O104:H4 dans des graines germées en 2011 : cause naturelle, accidentelle ou délibérée », source Doug Powell du barfblog.

Résumé.

kevin_allen_sprout4En 2011, l’Allemagne a été frappée par l’un de ses plus importantes épidémies de gastro-entérite aiguë et de syndrome hémolytique et urémique causées par une nouvelle souche émergente et entérohémorragique, Escherichia coli O104:H4.

L’épidémie allemande de syndrome hémolytique urémique et de E. coli entérohémorragique (ou GHUSEC pour German Haemolytic Uraemic Syndrome/Enterohaemorrhagic E. coli) avait des caractéristiques microbiologiques, infectieuses et épidémiologiques inhabituelles, et son origine n’est encore que partiellement résolue. Le but de cet article est de contribuer à la clarification de l’origine de l’épidémie.

Méthodes. Pour évaluer rétrospectivement si l’épidémie de GHUSEC était naturelle, accidentelle ou un acte délibéré, nous l’avons analysé selon trois modèles publiés de notation et de différenciation. Les données pour l’application de ces modèles ont été obtenues par une revue de la littérature dans la base de données Medline pour la période 2011-13.

Résultats. L’analyse de l’épidémie inhabituelle de GHUSEC montre que l’hypothèse officielle actuelle de son origine naturelle est discutable et met en évidence une probabilité que l’agent pathogène aurait également été introduit accidentellement ou intentionnellement dans la chaîne alimentaire.

Conclusion. La possibilité d’une épidémie accidentelle ou délibérée ne doit pas être rejetée. D’autres analyses épidémiologiques, microbiologiques et médico-légales sont nécessaires pour clarifier le déclenchement de GHUSEC.

En conclusion de l’article, les auteurs indiquent :

En conclusion, après avoir utilisé trois modèles publiés pour l’analyse de cet événement épidémiologique inhabituel, une hypothèse généralement acceptée que GHUSEC en 2011 est naturel ne peut pas être acceptée sans réserve. Ceci est la première fois qu’un E. coli O104:H4, pathotype d’une virulence élevée, a soudainement émergé, ce qui peut indiquer un phénomène anormal. Dans l’intérêt de la sécurité sanitaire et de la biosécurité de la chaîne alimentaire, d’autres analyses épidémiologiques, microbiologiques et médico-légales seront nécessaires pour une réponse définitive sur la question concernant le GHUSEC : « Qu’est-ce que c’était, en fait ? ».

Référence. Vladan Radosavljevic, Ernst-Jürgen Finke, Goran Belojevic. Escherichia coli O104:H4 outbreak in Germany—clarification of the origin of the epidemic. European Journal of Public Health, vol 25, issue 1, p. 125-129. L’article est disponible intégralement et gratuitement.

Glyphosate et l’évaluation des risques vue par le BfR

9
mar
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Classé dans Contamination, Curiosité, Environnement, Réglementation, Santé, Sécurité des aliments, Union Européenne.

« Les populations sensibles, en particulier les enfants, sont la mesure de toutes choses dans l’évaluation scientifique des risques », source Communication n°006/2016 du BfR, 4 mars 2016.

segolene-royal-roundup_5359991Les enfants sont considérés comme particulièrement sensibles aux substances potentiellement nocives. Cela est pris en compte dans l’évaluation des risques pour la santé des composants actifs des pesticides et dans la fixation de valeurs limites pour la santé. A cet effet, les valeurs limites toxicologiques tels que la DJA (dose journalière admissible d’une substance) et la DARf (dose de référence aiguë), qui sont établis par des panels d’experts internationaux, sont comparés à l’exposition des enfants. Cela vaut également pour l’évaluation des risques du glyphosate.

Le glyphosate est un composant actif dans une série de pesticides homologués en Allemagne et

dans le monde entier. L’utilisation de ces pesticides peut conduire à des résidus dans les aliments. Dans le cadre légal, les taux maximum ne sont pas dépassés, et donc l’apparition de ces résidus est sûre en termes d’effets sur la santé et par conséquent ils sont légalement autorisés. Du point de vue scientifique, la détection du glyphosate en faible concentration dans les urines est attendue. En effet, cela montre que le glyphosate est rapidement excrétée, principalement dans les urines.

Parmi tous les aliments étudiés dans le cadre du programme allemand de surveillance des aliments au cours des six dernières années, environ 1 400 échantillons ont été testés pour la recherche de glyphosate. Ce nombre d’échantillons est trop limité pour permettre un état fiable des taux d’exposition réels de la population allemande. Au total, des résidus ont été détectés dans 24 des échantillons testés. Chez des enfants et des adultes, l’exposition au glyphosate représente moins de 1% de la DJA.

Lorsque le produit est utilisé correctement et conformément à sa destination, aucun risque pour la santé des enfants est à attendre du glyphosate. Les procédures d’évaluation des risques dans l’approbation et l’autorisation garantissent que la quantité la plus élevée d’admission prévue soit prise en compte pour toutes les composantes concernées de la population. Cela inclut les enfants. L’évaluation du BfR a clairement confirmé par les experts des États membres européens dans la conclusion de l’EFSA.

NB : Le désaccord entre l’Anses et le BfR est désormais ouvertement sur la place publique.

Traduction par mes soins. -aa

On lira avec intérêt l’excellent article très documenté de seppi à propos du glyphosate, C’est prouvé ! L’urine allemande n’est pas potable.

Les règles d’hygiène dans le secteur de la restauration, selon le BfR

28
jan
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Classé dans Contamination, Contamination croisée, Curiosité, Environnement, Hygiène, Réglementation, Santé, Sécurité des aliments, TIAC.

hygiene_attention« Les règles d’hygiène dans le secteur de la restauration : Assurer la manipulation sécuritaire des aliments », source BfR 05/2016 du 27 janvier 2016.

L’Institut fédéral pour l’évaluation des risques (BfR) et aid infodienst pour traduire un dépliant sur les règles d’hygiène dans la restauration en d’autres langues

Ceux qui préparent les aliments pour les autres portent une grande responsabilité. Plus de 100 000 cas de maladies sont signalés chaque année en Allemagne, dont beaucoup peuvent être causées par la présence de micro-organismes dans les aliments – en particulier des bactéries, des virus ou des parasites. Le chiffre total dont les cas non déclarés est probablement beaucoup plus élevé. Afin de prévenir de tels cas de maladie, la restauration commerciale et l restauration collective doivent observer des règles strictes d’hygiène. Travaillant de concert, le BfR et aid infodienst ont établi des règles d’hygiène pour les employés dans la restauration commerciale. Auparavant disponible en neuf langues, la brochure sur ce sujet a été traduit en français, grec et espagnol.

NB : Traduction par mes soins.

Malgré mes recherches, je n’ai pas retrouvé la version française, mais si quelqu’un a plus de chances que moi, je suis preneur … mais un internaute l’a retrouvé et le lien se trouve avec son commentaire, merci à lui !

Résistance à la colistine transférable retrouvée chez des bactéries d’animaux d’élevage en Allemagne

8
jan
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Classé dans Contamination, Contamination croisée, Curiosité, Environnement, Hygiène, Réglementation, Santé, Sécurité des aliments.

« Résistance à la colistine transférable retrouvée chez des bactéries d’animaux d’élevage en Allemagne », source BfR 01/2016 du 7 janvier 2016.

Antibiotic-pill-300x200Le BfR attire l’attention sur la transférabilité d’un gène de résistance en médecine humaine et vétérinaire

Les premiers résultats de surveillance de la résistance menée par l’Institut fédéral pour l’évaluation des risques (BfR) montrent que le gène transférable MCR-1 qui a été détecté pour la première en Chine et qui provoque une résistance à un antibiotique, la colistine, est également répandu parmi les bactéries intestinales d’animaux d’élevage en Allemagne. Le plus souvent, cette résistance à la colistine est détectée chez Escherichia coli lors de l’engraissement des volailles. Les gènes de résistance transférables peuvent être transmis à partir de bactéries intestinales inoffensives, que l’on appelle les bactéries commensales, à des pathogènes rendant ainsi ces pathogènes plus difficile à traiter. Il était précédemment supposé que la résistance à la colistine ne pouvait pas être transférée entre les bactéries. La proportion de bactéries résistantes à la colistine chez les animaux d’élevage en Allemagne n’a pas augmenté ces dernières années. Nos résultats montrent que cette résistance transférable aux antibiotiques est présente depuis de nombreuses années en Allemagne, mais elle a seulement été détectée récemment. Elle doit maintenant être étudiée pour savoir dans quelle mesure une telle résistance antimicrobienne transférable joue un rôle dans le traitement des maladies infectieuses chez l’homme. « Les résultats actuels soulignent que la stratégie d’une utilisation responsable des antibiotiques doit être poursuivie de manière cohérente à l’avenir », explique le Professeur Andreas Hensel, président du BfR. « Dans le cadre d’une approche à la santé, cette stratégie devrait englober tous les groupes de principes actifs en médecine vétérinaire et humaine. » D’autres investigations biomoléculaires sur le contexte génétique et le transfert potentiel sont actuellement menés afin d’évaluer les risques éventuels pour le consommateur.

NB : Traduction par mes soins. -aa