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Comment des scientifiques et IBM peuvent aider les investigateurs à améliorer la sécurité des aliments ?

5
juil
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Classé dans Contamination, Contamination croisée, Curiosité, Environnement, Réglementation, Santé, Sécurité des aliments, TIAC.

Cet article peut avoir un certain intérêt en termes de santé publique et il a été publié dans le Wall Sreet Journal, d’après Doug Powell du barfblog.

En utilisant de nouveaux algorithmes, la des techniques de visualisation et statistiques, un nouvel outil développé par IBM peut utiliser l’information sur la date et le lieu de vente de milliards de produits alimentaires vendus dans les supermarchés chaque semaine afin d’identifier rapidement avec une forte probabilité un ensemble de produits potentiellement « coupables » ayant entraîné au moins 10 cas d’infection d’origine alimentaire. Cette étude a été publiée le 3 juillet dans la revue scientifique PLoS Computational Biology avec des collaborateurs à l’université Johns Hopkins, l’université de Purdue et l’Institut fédéral d’évaluation des risques (BfR) d’Allemagne.

ibm.punch_.card_-300x203Les éclosions de maladies d’origine alimentaire démontrent qu’en raison de situations de crise liées à une chaîne alimentaire de plus en plus interconnectée, elles ont le potentiel d’affecter des milliers de personnes, conduisant à d’importants coûts de santé, une perte de chiffre d’affaires pour les entreprises alimentaires, et, dans le pire des cas, la mort. Pour les seuls États-Unis, une personne sur six est touchée par des maladies d’origine alimentaire chaque année, entraînant 128 000 hospitalisations, 3 000 décès, et un fardeau économique de près de 80 milliards de dollars.

Quand une éclosion de maladies d’origine alimentaire est détectée, l’identification rapide de l’aliment contaminé est essentielle pour minimiser la propagation de la maladie et limiter les pertes économiques. Cependant, le temps nécessaire à la détection peut varier de quelques jours à plusieurs semaines, ce qui crée une vaste pression sur le système de santé publique.

Peut-être étonnamment, les pétaoctets (1015 octets) des données sur les ventes au détail n’ont jamais été utilisés pour accélérer l’identification d’aliments contaminés. En fait, ces données existent déjà dans le cadre des systèmes d’inventaire utilisés aujourd’hui par les commerçants et les distributeurs, qui gèrent jusqu’à 30 000 produits alimentaires dans un temps donné dont près de 3 000 d’entre eux sont périssables.

Conscient de ce problème, des scientifiques d’IBM ont construit un système qui identifie, contextualise et affiche automatiquement des données provenant de sources multiples afin de réduire le temps pour identifier de façon la plus probable l’origine de contamination par un facteur de jours ou de semaines. Il intègre des données pré-calculées au niveau de la distribution avec des données de santé publique géocodées pour permettre aux investigateurs de voir la distribution de l’aliments suspect et, en sélectionnant une zone sur une carte, de voir les cas rapportés par la santé publique et les rapports d’essai des laboratoires cliniques. L’algorithme apprend efficacement chaque nouveau cas rapporté et recalcule la probabilité de chaque aliment qui pourrait être la cause de la maladie.

« L’analyse prédictive basée sur la localisation, le contenu et le contexte est le moteur de notre capacité à découvrir rapidement des profils cachées et les relations de diverses données de santé publique et les données de vente au détail », a déclaré James Kaufman, directeur de recherche en santé publique pour IBM Research, « Nous travaillons avec nos clients de la santé publique et avec des distributeurs aux États-Unis à l’échelle de ce prototype de recherche et nous commençons à cibler les 1,7 milliards d’articles vendus dans les supermarchés chaque semaine aux Etats-Unis. »

Pour démontrer l’efficacité du système, les scientifiques d’IBM ont travaillé avec le département de la sécurité sanitaire biologique de l’Institut fédéral d’évaluation des risques d’Allemagne. Dans cette démonstration, les chercheurs ont simulé 60 000 foyers de maladies d’origine alimentaire dans 600 produits en utilisant les données des ventes réelles de produits alimentaires en Allemagne.

Malheureusement, dans le cas de la vie réelle des maladies d’origine alimentaire, il ne s’est pas présenté autant de cas de maladie d’origine alimentaire pendant une période de temps donné. Selon les circonstances, cela prend aux agents de la santé publique des semaines ou des mois pour identifier la cause réelle.

« Le succès d’une enquête sur une éclosion dépend souvent de la volonté des acteurs du secteur privé de collaborer de manière proactive avec les responsables de la santé publique. Cette recherche illustre une approche pour créer des améliorations significatives sans la nécessité de modifications réglementaires. Ceci peut être réalisé en combinant des technologies logicielles innovantes avec des données déjà existantes et la volonté de partager cette information en situation de crise entre les organisations des secteurs privé et public », a déclaré le Dr Bernd Appel, Chef du Département de sécurité  sanitaire biologique au BfR.

Risque d’intoxication alimentaire en France liée à du pesto aux truffes noires ? On nous informe quand ?

1
juil
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Classé dans Contamination, Curiosité, Environnement, Hygiène, Rappel, Réglementation, Santé, Sécurité des aliments, TIAC, Union Européenne.

Comment faire pour être informé en France d’un problème sanitaire lié à la sécurité des aliments ? Sans doute faut-il aller sur les sites Internet d’utilité publique, comme ceux des ministères de la santé ou de l’agriculture, voir encore celui de l’InVS, oui mais voilà pour votre bien, ils ne rapportent rien sur cette information troublante, et comme d’hab, il faut aller recueillir l’information à l’étranger, jugez plutôt …

Selon le site de la sécurité alimentaire du Luxembourg, « alertes alimentaires », un communiqué du 30 juin nous apprend qu’il y a un « Risque d’intoxication ? ».

Les autorités hongroises et françaises nous ont informé qu’un produit Pesto aux truffes produit en Hongrie pourrait être à l’origine d’une intoxication au botulisme.
Les autorités sanitaires demandent à toute personne ayant séjourné en Hongrie et ayant éventuellement ramené des produits artisanaux locaux de type pesto de vérifier l’origine de ces produits et de ne pas consommer ces produits s’ils proviennent du producteur en question. Le produit était vendu également via internet.
Une distribution vers le Luxembourg n’a pas été déclarée à l’heure actuelle.

Effectivement, il n’y a pas eu aussi de distribution en France (voir l’alerte notifiée au RASFF), mais les autorités françaises n’informent pas les consommateurs français …

Le site luxembourgeois renvoie à un communiqué de rappel en Allemagne du 27 juin de « pesto à la truffe noire » et au lien vers le fabricant.

D’après une traduction par mes soins, sur le site allemand, on apprend que « Dans le cadre de la survenue de trois cas de botulisme en France, la société hongroise Gourmand Company met en garde actuellement vis-à-vis de la consommation de leurs produits.

Les résultats des études qui démontrent un lien entre la consommation de produits de la société Gourmand company et l’apparition de cas d’intoxication, sont actuellement en cours.
Les produits de la société Gourmand Company ont également été vendus via Internet, de sorte que la distribution dans d’autres États membres ne peut être exclue. »

Le site Internet de Gourmand Company nous apprend par un communiqué du 22 juin 2014, Extraits (traduction par mes soins),

Nous avons entendu parler avec un grand choc, que le nom de notre société a été cité dans un cas d’intoxication alimentaire.
Nous sommes profondément désolés, que quelqu’un a pu être mis en danger et a dû être hospitalisé, mais nous avons l’espoir, que ce n’était pas à cause de notre produit.
A cet instant, l’analyse n’est pas terminée (est encore en cours), ce n’est seulement qu’un soupçon, que nous soyons impliqués dans cette affaire.
Depuis que le patient a consommé notre produit ainsi, donc nous avons eu à subir une inspection officielle, tout comme d’autres entreprises.
Comme fabricant local, nous avons toujours suivi des normes plus élevées que d’habitude, et nous sommes prêts à ouvrir nos portes pour montrer notre travail sur le système HACCP. Nous réalisons et nous pensons à l’importance de suivre un haut niveau d’hygiène des denrées alimentaires.
Nous supposons que le patient est tombé malade avec un autre produit.

Une alerte a été notifiée au RASFF par la Hongrie le 30 juin 2014, référence 2014.0891, suspicion de Clostridium botulinum dans du pesto avec des truffes noires de Hongrie. Distribution, Hong Kong, Hongrie, Slovaquie.

En raison de la vente par Internet de ces produits l’Allemagne a procédé à un rappel et les autorités du Luxembourg signalent un « Risque d’intoxication ? ».

Mais en France, on fait quoi ? Quand nos autorités voudront-elles bien nous informer de ce problème ?…

Belgique et Allemagne : Rappels de reblochons pour présence de salmonelles

28
juin
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Classé dans Contamination, Contamination croisée, Curiosité, Hygiène, Rappel, Réglementation, Salmonella, Santé, Sécurité des aliments, Union Européenne.

D’après les médias, il y aurait eu un rappel d’environ 100 tonnes de reblochons (1 et 2,) en raison de « la suspicion de la présence de salmonelles. » Voir un article sur le sujet dans Rappels de reblochons pour suspicion de la présence de salmonelles, mais qu’il est difficile d’être correctement informé !

Je signalais que deux distributeurs  français, Carrefour et Auchan en avaient fait état de ce rappel sur leur site Internet en France. Deux seulement, pas vraiment puisque l’AFSCA de Belgique nous apprend qu’il existe un communiqué d’Intermarché du 27 juin 2014 en Belgique (mais pas en France à ma connaissance) :

Rebl_interRappel de reblochon de Savoie Pochat & Fils pour présence de salmonella.
La société Fromageries POCHAT et Fils et Société laitière des Hauts de Savoie fabriquent et commercialisent des reblochons laitiers. Elles procèdent par mesure de précaution à un retrait de la vente et à un rappel de reblochons laitiers suite à la suspicion de la présence de salmonelles.
Les produits ci-dessous ont été commercialisés dans les magasins Intermarché :
Marque: Itinéraire des Saveurs
Produits: Petit Reblochon de Savoie 240g – code EAN 3250390150480 et Reblochon de Savoie 450g – code EAN : 3250390188193 Ovale Sanitaire : FR- 74-116-050 – CE
Date limite d’utilisation optimale : jusqu’au 20/08/2014 inclus.

On aura noté que « suspicion de la présence de salmonelles » est devenue « présence de salmonella », ce qui est exact et plus simple pour le consommateur. Je n’ai pas les données du RASFF en raison d’un problème technique sur ce site.

Reblochon

Carrefour publie aussi un communiqué le 28 juin sur le site de l’AFSCA, « Rappel du Reblochon 240gr à marque Pochat, présence possible de salmonella. »

A noter que la chaîne belge de distribution Colruyt a publié un communiqué de rappel sur le site de l’AFSCA en raison de « la présence possible de salmonelle », disant que « OKay, Spar, Alvo et Solucious demandent à leurs clients de ramener ce produit en magasin, où il leur sera remboursé. Entre-temps, ce produit a été retiré des rayons de tous les magasins. »

Reblochon+dePour l’Allemagne, on nous indique qu’il s’agit de fromages au lait cru de type reblochon de chez Pochat et Fils :

- Reblochon Domancy 550g par 6
- Reblochon Hauts de Savoie AOP 500g
- petit Reblochon Pochat 240g par 12

L’information concernant ce rappel indique qu’il s’agit de la « présence de Salmonella Kedougou associé à plusieurs cas de maladie en France. »

Allemagne : Dérogation à l’obligation de analyses officielles concernant la présence de Trichinella

26
juin
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Classé dans Contamination, Contamination croisée, Curiosité, Environnement, Hygiène, Réglementation, Santé, Sécurité des aliments, Union Européenne, Viande.

0« Hygiène alimentaire : Dérogation à l’obligation de analyses officielles concernant la présence de Trichinella », Communiqué sur l’avis du BfR 022/2014, du 13 décembre 2013.

Les larves de Trichinella sont des nématodes qui infestent principalement le muscle squelettique de sangliers et de porcs domestiques. L’homme peut être infecté par ce parasite à la suite de la consommation de viande de porc crue ou de charcuterie crue. L’infection (trichinellose) se manifeste d’abord par des symptômes non spécifiques tels que nausées, douleurs abdominales et s vomissements. Dès que les larves migrent vers le muscle squelettique par l’intermédiaire du sang et de la lymphe, la personne infectée souffre de douleurs musculaires, de fièvre, de même que d’œdème du visage et des paupières.

En Allemagne, Trichinella est très rare dans la population de porcs domestiques, donc le risque pour les consommateurs de contracter la trichinellose est extrêmement faible. L’analyse des carcasses de porcs pour la recherche de larves de Trichinella (test de recherche de larves de trichine) est une obligation légale dans toute l’UE. Une dérogation à l’obligation de contrôle est possible si les animaux proviennent d’exploitations dans des conditions d’hébergement officiellement reconnus. Le terme «  conditions d’hébergement contrôlées » signifie, notamment entre autres choses, un type d’élevage où les porcs sont maintenus en permanence dans des conditions contrôlées par l’exploitant du secteur alimentaire en ce qui concerne l’alimentation et l’hébergement et un programme de lutte contre les animaux nuisibles, en particulier les rongeurs est mis en place.

Dans la période 2003-2012, environ 489 millions de porcs ont été testés pour la présence de Trichinella en Allemagne. De ce nombre, seulement huit animaux étaient positifs pour Trichinella positif. Ces porcs étaient présents dans de petites exploitations privées et ont probablement contracté Trichinella provenant d’animaux sauvages tels que des sangliers, des renards ou des ratons laveurs.

Compte tenu de ces résultats, l’Institut fédéral pour l’évaluation des risques (BfR) est d’avis que la dérogation à l’obligation de contrôle officiel est justifiable pour les porcs dans les conditions d’hébergement contrôlées.

La version finale est en langue allemande ici.

FAQ sur les avantages et les risques des désinfectants utilisés à la maison, selon le BfR

14
juin
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Classé dans Contamination, Contamination croisée, Curiosité, Environnement, Hygiène, Nettoyage-Désinfection, Santé, Sécurité des aliments.

imagesFAQ sur les avantages et les risques des désinfectants utilisés à la maison. FAQ du BfR de 22 mai 2014.

Pour les ménages, les agents de nettoyage et es détergents pour la lessive disponibles peuvent contenir des ingrédients actifs, des biocides. Les produits sont souvent annoncés pour leurs propriétés antibactériennes, par exemple ils allèguent qu’ils éliminent les micro-organismes dangereux.

L’utilisation de ces désinfectants n’est pas toujours bénéfique pour la santé ou ils n’ont pas démontrés qu’ils sont sans risque. Les risques pour la santé posés par ces produits doivent être pris en compte. En outre, le risque d’apparition de résistance des micro- aux substances actives des biocides fait actuellement l’objet de débats.

L’avis du l’Institut fédéral pour l’évaluation des risques (BfR) est que les désinfectants doivent être utilisés uniquement à la maison dans des cas exceptionnels justifiés. Pour se protéger contre l’infection, il suffit en règle générale à observer les règles d’hygiène de base à la maison et à utiliser des produits de nettoyage et les détergents pour la lessive sans ingrédients actifs biocides. Des exceptions justifiées sont médicalement indiquées dans des situations où les désinfectants sont utilisés en fonction de conseils donnés par les professionnels médicaux.

Questions

  • Que sont les produits antimicrobiens ?
  • Que sont les désinfectants ?
  • Comment fonctionnent les désinfectants ?
  • Les désinfectants sont-ils nécessaires pour prévenir des maladies infectieuses ?
  • Existe-t-il des cas où il est logique d’utiliser des désinfectants ?
  • Quels sont les risques de santé qui peuvent survenir par l’utilisation de désinfectants à la maison ?
  • Les désinfectants contribuent-ils à au développement de la résistance chez les pathogènes ?
  • Les désinfectants doivent-ils être approuvés avant de pouvoir être légalement vendus ?
  • Quelles sont les recommandations que le BfR propose sur l’utilisation des désinfectants à la maison ?

NB : Traduction par mes soins.