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Désherbage thermique ou Vive la chimie, une édition belge

27
juil
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Classé dans Contamination, Curiosité, Environnement, Réglementation, Sécurité.

Dans un article Vive la chimie du 6 juillet 2015, le blog Alerte Environnement nous alertait c’est le cas de le dire sur les dangers des méthodes alternatives au désherbage … et notamment du désherbage thermique …

Il y a plus de 6 ans, nous avions évoqué un incendie provoqué par le désherbage thermique. Malheureusement, il ne s’agit pas d’un cas isolé puisque l’Acropolis parc, la salle des fêtes de la commune de Voujeaucourt dans les Vosges a été ravagée par un incendie suite à un désherbage thermique. Et l’incendie a été d’une ampleur telle que la salle des fêtes a été démolie…

PDésherbage2lus récemment, seppi sur son blog Agriculture, alimentation, santé publique… soyons rationnels, illustrait le 16 juillet 2016 le souci du Désherbage thermique : une alternative sans danger ?

Voici donc une nouvelle contribution à cette nouvelle méthode alternative qui nous vient sous la forme d’une jolie histoire belge ainsi rapportée le 26 juillet 2016 par ce site :

Jalhay: Ils désherbent au chalumeau et provoquent accidentellement un début d’incendie dans la cantine de l’école.

Difficile à croire mais c’est effectivement possible : désherber peut provoquer un incendie dans une école. C’est ce qui s’est produit ce mardi après-midi, aux alentours de 15h, à l’école du centre de Jalhay.

« C’est un petit incendie, rassure l’échevin de l’Enseignement, Éric Laurent. C’est uniquement à la cantine qui a été touchée et c’est justement une partie du bâtiment qui doit être rénovée bientôt ».

Malgré tout, la cantine en question « sera ‘out’ pendant un moment », indique l’échevin. À l’origine du sinistre : la méthode de désherbage employée à la commune. « Il semblerait que ce soit en désherbant au chalumeau qu’il y ait eu une petite flamme sur un morceau de bois qui aurait pris tout doucement », renseigne Éric Laurent. Eh oui, le désherbant étant dorénavant interdit d’utilisation, d’anciennes méthodes reviennent au goût du jour, dont celle du chalumeau, d’ordinaire pas plus dangereuse qu’une autre.

Pas plus dangereuse  que d’autres, il faudrait voir …

Des chercheurs allemands identifient 402 isolats comportant le gène mcr-1

27
juil
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Classé dans Contamination, Contamination croisée, Curiosité, E. coli, Environnement, Microbiologie, Réglementation, Santé, Sécurité des aliments, Volaille.

« Des chercheurs allemands identifient 402 isolats comportant le gène mcr-1 », source CIDRAPS News.

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10,7% des isolats de dinde et 5,6% des isolats de poulets de chair testés positifs pour le gène mcr-1.

Des chercheurs en Allemagne ont déclaré le 25 juillet 2016 avoir trouvé plus de 400 isolats de Escherichia coli provenant de troupeaux et de produits alimentaires qui ont été testés positifs pour le gène mcr-1, ce qui peut rendre les bactéries résistantes au puissant antibiotique, la colistine.

Publiant dans PLoS One, les chercheurs ont rapporté que le sreening a détecté mcr-1 chez 402 sur 505 (79,8%) isolats de E. coli résistants à la colistine dans le cadre d’un programme allemand de surveillance de la résistance aux antibiotiques chez les agents zoonotiques.

Les chercheurs ont dit que l’étude, qui a examiné plus de 10 000 isolats de E. coli réunis provenant de troupeaux et d’aliments allemands de 2010-2015, est le premier regard systématique sur la prévalence du gène mcr-1 dans le pays. Le taux global de détection de mcr-1 était de 3,8%.

Le gène mcr-1 a été signalé pour la première en novembre 2015 une équipe internationale de chercheurs qui l’ont retrouvé chez une souche de E. coli identifiée chez le porc, de la viande de porc crue et chez une poignée de patients hospitalisés en Chine. Depuis lors, le gène a été détecté dans l’élevage, les aliments, l’environnement et dans des isolats humains dans au moins 30 pays.

La colistine est considérée comme un antibiotique de dernier recours pour les infections bactériennes qui sont résistantes aux autres antibiotiques. Alors que les bactéries peuvent aussi devenir résistantes à la colistine grâce à des mécanismes chromosomiques, la résistance via le gène mcr-1 est plus inquiétante en raison du potentiel de diffusion rapide.

L’inquiétude des responsables de la santé publique est que le gène mcr-1, qui est situé sur un morceau mobile d’ADN appelé plasmide, peut se propager rapidement à d’autres types de bactéries, devenant ainsi une bactérie hautement résistante aux antibiotiques et créant une « superbactérie » qui est presque impossible à traiter.

La plus haute prévalence chez les volailles

Les auteurs de l’étude ont rapporté le gène mcr-1 était le plus répandu dans la production de volailles et dans la chaîne alimentaire des volailles, avec 10,7% d’isolats de dindes et 5,6% d’isolats chez les poulets de chair indiquant la présence du gène.

La présence d’isolats de E. coli hébergeant le gène mcr-1 était plus faible chez les veaux de boucherie (2,4%) et les porcs (1,5%), aucun n’a été retrouvé dans les isolats provenant de bovins de boucherie ou de viande et de produits laitiers. Les auteurs ont noté que cette conclusion était en contradiction avec la Chine, où la plupart des isolats de E. coli positifs pour mcr-1 ont été retrouvés dans la chaîne de production porcine.

Dans l’ensemble, les auteurs ont dit la prévalence du gène mcr-1 en Allemagne est deux fois plus élevé qu’en France et que la résistance à la colistine en Allemagne est plus élevée que la moyenne européenne, ce qui pourrait être attribuable à une plus grande utilisation des antibiotiques comme les polymixines (une classe qui comprend la colistine). Mais ils ont exhorté à plus d’études épidémiologiques dans d’autres pays européens afin de mieux évaluer les résultats allemands.

NB : Pour la France, les données disponibles sont issues d’un article paru dans Eurosurveillance en février 2016 et intitulé, « Prevalence of mcr-1 in commensal Escherichia coli from french livestock, 2007 to 2014 » :

Résumé.

La résistance à la colistine a été étudiée chez 1 696 isolats collectés de 2007 à 2014 dans le cadre du programme de surveillance de la résistance aux antimicrobiens dans l’élevage français. Le gène mcr-1 a été détecté dans tous les Escherichia coli commensaux isolés avec une concentration minimale inhibitrice à la colistine au-dessus de la valeur seuil de 2 mg/L (n = 23). Pour les volailles, la prévalence de mcr-1 était de 5,9% chez les dindes et de 1,8% chez les poulets de chair en 2014. Chez les porcs, dans une enquête de 2013, cette prévalence ne dépasse pas 0,5%. Ces résultats soutiennent que le gène mcr-1 s’est répandu dans l’élevage français.

La sécurité des aliments et les consommateurs allemands : Tout dépend du contexte ?

11
mai
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Classé dans Contamination, Curiosité, Environnement, Hygiène, Réglementation, Santé, Sécurité des aliments, Union Européenne.

bfr_logo« Les trois quarts de la population estiment que les aliments sont sûrs en Allemagne », source communiqué du BfR15/2016 du 2 mai 2016.

Ce n’est pas l’industrie alimentaire qui l’annonce, ce ne sont pas non plus les autorités allemandes, mais le BfR, agence indépendante d’évaluation des risques en Allemagne.

Pour être juste, chez nous, l’Anses chez avait indiqué en avril 2015, « Dans le domaine de la sécurité sanitaire des aliments, la France fait souvent figure de pionnière en Europe et dans le monde en appliquant des politiques de maitrise des risques qui produisent des résultats probants ».

L’ANIA (représentant l’industrie alimentaire) avait publié un baromètre en août 2015, les Français et l’alimentation, et pour ma part, j’avais jugé cela, mi-figue, mi-raisin.

Ici, il s’agit de la troisième enquête du BfR publiée auprès des consommateurs sur la perception du public des risques pour la santé dans les aliments et les produits.

On verra que, comme en France, les consommateurs sont à la fois contradictoires et partagés … selon le contexte …

ooOOoo

Concernant les aliments, la perception du risque de la population allemande est contradictoire. Ceci est l’une des conclusions de la troisième enquête du BfR auprès des consommateurs. D’une part, près des trois quarts des participants interrogés choisis de manière représentative en février 2016 croient que les aliments proposés sur le marché sont sûrs. D’autre part, plus de la moitié des répondants sont préoccupés par des sujets tels que les résidus de pesticides et les microplastiques dans les aliments et les aliments génétiquement modifiés, qui sont tous étroitement liés à la question générale de la sécurité des aliments. « Cette évaluation contradictoire montre que le contexte dans lequel les consommateurs sont questionnés sur la sécurité des aliments est cruciale», a déclaré le professeur Andreas Hensel, président de l’Institut fédéral pour l’évaluation des risques (BfR), dans ses commentaires sur les conclusions de l’enquête auprès de plus de 1000 personnes en Allemagne dans le cadre de l’enquête BfR actuelle auprès des consommateurs. « Lorsque les consommateurs sont invités dans un contexte de risques généraux liés aux aliments, la majorité voit les aliments comme sûrs. Cependant, si la question leur est posée dans le cadre d’un sujet qui est principalement discuté publiquement en termes de de risque, comme dans le cas de la résistance aux antibiotiques et des pesticides, un haut niveau de préoccupation devient apparent à propos de la sécurité des aliments. » Cela montre, une fois encore, que la perception du risque est influencée par la façon dont les sujets sont dépeints dans les médias.

NB : traduction par mes soins. -aa

E. coli O104:H4 dans des graines germées en 2011 : cause naturelle, accidentelle ou délibérée

24
mar
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Classé dans Contamination, Contamination croisée, Curiosité, E. coli, Environnement, Hygiène, Microbiologie, Santé, Sécurité des aliments, TIAC, Union Européenne.

« E. coli O104:H4 dans des graines germées en 2011 : cause naturelle, accidentelle ou délibérée », source Doug Powell du barfblog.

Résumé.

kevin_allen_sprout4En 2011, l’Allemagne a été frappée par l’un de ses plus importantes épidémies de gastro-entérite aiguë et de syndrome hémolytique et urémique causées par une nouvelle souche émergente et entérohémorragique, Escherichia coli O104:H4.

L’épidémie allemande de syndrome hémolytique urémique et de E. coli entérohémorragique (ou GHUSEC pour German Haemolytic Uraemic Syndrome/Enterohaemorrhagic E. coli) avait des caractéristiques microbiologiques, infectieuses et épidémiologiques inhabituelles, et son origine n’est encore que partiellement résolue. Le but de cet article est de contribuer à la clarification de l’origine de l’épidémie.

Méthodes. Pour évaluer rétrospectivement si l’épidémie de GHUSEC était naturelle, accidentelle ou un acte délibéré, nous l’avons analysé selon trois modèles publiés de notation et de différenciation. Les données pour l’application de ces modèles ont été obtenues par une revue de la littérature dans la base de données Medline pour la période 2011-13.

Résultats. L’analyse de l’épidémie inhabituelle de GHUSEC montre que l’hypothèse officielle actuelle de son origine naturelle est discutable et met en évidence une probabilité que l’agent pathogène aurait également été introduit accidentellement ou intentionnellement dans la chaîne alimentaire.

Conclusion. La possibilité d’une épidémie accidentelle ou délibérée ne doit pas être rejetée. D’autres analyses épidémiologiques, microbiologiques et médico-légales sont nécessaires pour clarifier le déclenchement de GHUSEC.

En conclusion de l’article, les auteurs indiquent :

En conclusion, après avoir utilisé trois modèles publiés pour l’analyse de cet événement épidémiologique inhabituel, une hypothèse généralement acceptée que GHUSEC en 2011 est naturel ne peut pas être acceptée sans réserve. Ceci est la première fois qu’un E. coli O104:H4, pathotype d’une virulence élevée, a soudainement émergé, ce qui peut indiquer un phénomène anormal. Dans l’intérêt de la sécurité sanitaire et de la biosécurité de la chaîne alimentaire, d’autres analyses épidémiologiques, microbiologiques et médico-légales seront nécessaires pour une réponse définitive sur la question concernant le GHUSEC : « Qu’est-ce que c’était, en fait ? ».

Référence. Vladan Radosavljevic, Ernst-Jürgen Finke, Goran Belojevic. Escherichia coli O104:H4 outbreak in Germany—clarification of the origin of the epidemic. European Journal of Public Health, vol 25, issue 1, p. 125-129. L’article est disponible intégralement et gratuitement.

Glyphosate et l’évaluation des risques vue par le BfR

9
mar
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Classé dans Contamination, Curiosité, Environnement, Réglementation, Santé, Sécurité des aliments, Union Européenne.

« Les populations sensibles, en particulier les enfants, sont la mesure de toutes choses dans l’évaluation scientifique des risques », source Communication n°006/2016 du BfR, 4 mars 2016.

segolene-royal-roundup_5359991Les enfants sont considérés comme particulièrement sensibles aux substances potentiellement nocives. Cela est pris en compte dans l’évaluation des risques pour la santé des composants actifs des pesticides et dans la fixation de valeurs limites pour la santé. A cet effet, les valeurs limites toxicologiques tels que la DJA (dose journalière admissible d’une substance) et la DARf (dose de référence aiguë), qui sont établis par des panels d’experts internationaux, sont comparés à l’exposition des enfants. Cela vaut également pour l’évaluation des risques du glyphosate.

Le glyphosate est un composant actif dans une série de pesticides homologués en Allemagne et

dans le monde entier. L’utilisation de ces pesticides peut conduire à des résidus dans les aliments. Dans le cadre légal, les taux maximum ne sont pas dépassés, et donc l’apparition de ces résidus est sûre en termes d’effets sur la santé et par conséquent ils sont légalement autorisés. Du point de vue scientifique, la détection du glyphosate en faible concentration dans les urines est attendue. En effet, cela montre que le glyphosate est rapidement excrétée, principalement dans les urines.

Parmi tous les aliments étudiés dans le cadre du programme allemand de surveillance des aliments au cours des six dernières années, environ 1 400 échantillons ont été testés pour la recherche de glyphosate. Ce nombre d’échantillons est trop limité pour permettre un état fiable des taux d’exposition réels de la population allemande. Au total, des résidus ont été détectés dans 24 des échantillons testés. Chez des enfants et des adultes, l’exposition au glyphosate représente moins de 1% de la DJA.

Lorsque le produit est utilisé correctement et conformément à sa destination, aucun risque pour la santé des enfants est à attendre du glyphosate. Les procédures d’évaluation des risques dans l’approbation et l’autorisation garantissent que la quantité la plus élevée d’admission prévue soit prise en compte pour toutes les composantes concernées de la population. Cela inclut les enfants. L’évaluation du BfR a clairement confirmé par les experts des États membres européens dans la conclusion de l’EFSA.

NB : Le désaccord entre l’Anses et le BfR est désormais ouvertement sur la place publique.

Traduction par mes soins. -aa

On lira avec intérêt l’excellent article très documenté de seppi à propos du glyphosate, C’est prouvé ! L’urine allemande n’est pas potable.