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De la lutte contre les bactéries résistantes aux antibiotiques, une découverte de l’Unveristé Catholique de Louvain

19
déc
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Classé dans Curiosité, Environnement, Santé.

blog_fin_4Depuis 4 ans, des chercheurs de l’UCL tentaient de mieux comprendre comment les bactéries résistantes aux antibiotiques se défendent, pour pouvoir mieux les attaquer. Aujourd’hui, ces chercheurs ont compris ce mécanisme et le résultat de leurs recherches est publié dans Cell. Source communiqué de l’UCL

Explications, en images, de cette découverte exceptionnelle, par Jean-François Collet, professeur à l’Institut de Duve de l’UCL.

Il existe deux grandes familles de bactéries : celles qui sont entourées d’une seule membrane (ou d’un seul mur d’enceinte) et celles qui sont entourées de deux membranes (ou deux murs d’enceinte). C’est à ce deuxième type de bactéries que s’est intéressée l’équipe de Jean-François Collet, professeur à l’Institut de Duve de l’UCL.

Pour qu’une bactérie survive, elle doit parvenir à garder intacts ses deux murs d’enceinte. Si l’un de ses murs est abîmé, elle meurt. Il était donc crucial pour les chercheurs UCL d’analyser les mécanismes de protection de ces « murs » bactériens (de trouver leur faille) afin de pouvoir mieux lutter contre ces systèmes de défense, en mettant au point de nouveaux antibiotiques.

Les chercheurs se sont intéressés à une protéine présente entre ces deux murs de protection, RcsF. Quand tout va bien, cette protéine est continuellement envoyée sur le 2e mur d’enceinte. Par contre, en cas d’attaque (par un antibiotique par ex.), la machinerie qui envoie RcsF sur le mur extérieur ne fonctionne plus : au lieu de se retrouver sur le 2e mur d’enceinte, RcsF se trouve coincée entre les deux fortifications (membranes), d’où elle envoie un signal d’alarme. Grâce à cette alerte, la bactérie enclenche des systèmes de défense (en envoyant d’autres protéines en renfort) afin de résister à l’attaque antibiotique.

Ce que les chercheurs de l’UCL sont parvenus à découvrir dans ce processus, c’est la manière dont la protéine RcsF parvient à sonner l’alarme. Concrètement, en cas de stress, coincée entre les deux murs, RcsF entre en contact avec une autre protéine, IgaA. C’est l’interaction entre ces deux protéines qui permet de donner l’alerte.

Quel était l’intérêt de découvrir ce mécanisme d’alerte ?

En termes de recherche fondamentale, les chercheurs voulaient comprendre comment le système d’alerte fonctionnait. Ils ont fait une double découverte inattendue : le fait que la protéine RcsF se place sur le deuxième mur d’enceinte (à la surface de la bactérie) et qu’elle entre en interaction avec une 2e protéine, IgaA. Cette découverte débouche sur d’autres questions intéressantes car elle suggère que d’autres protéines peuvent emprunter le même chemin ;

En termes de recherche appliquée, sachant que ce mécanisme d’alerte contribue à la défense des bactéries contre les antibiotiques, le but des chercheurs de l’UCL était de mieux comprendre le fonctionnement de ces protéines afin de pouvoir développer de nouveaux antibiotiques, qui by passeraient ce système d’alerte, et donc, in fine, de mieux lutter contre les infections bactériennes (comme les infections urinaires, liées à la bactérie Escherichia coli, par ex.). En l’occurrence, les chercheurs pensent pouvoir utiliser les protéines de ce système comme cible pour casser la défense des bactéries et créer de nouveaux antibiotiques.

Actuellement, la résistance de certaines bactéries aux antibiotiques est un problème de santé majeur. De plus en plus de bactéries deviennent résistantes aux antibiotiques disponibles, parce qu’elles acquièrent de nouveaux mécanismes de défense. En ce sens, cette découverte UCL pourrait répondre à cette problématique grandissante.

Cette recherche, publiée par la prestigieuse revue scientifique Cell, a été menée à l’Institut de Duve de l’UCL, par une équipe internationale (Corée, Pologne, Liban, France, Belgique) d’une dizaine de microbiologistes et biochimistes, en collaboration avec un groupe du European Molecular Biology Laboratory (EMBL, Allemagne).

Une étude finlandaise établit la relation entre le microbiote intestinal et la maladie de Parkinson

18
déc
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Classé dans Curiosité, Environnement, Microbiologie, Santé.

fin_blog_5« Une étude finlandaise établit la relation entre le microbiote intestinal et la maladie de Parkinson », source communiqué de la faculté de médecine de l’université d’Helsinki.

Les personnes souffrant de la maladie de Parkinson ont un microbiote différent dans leurs intestins que leurs homologues en bonne santé, selon une étude menée à l’université d’Helsinki et à l’hôpital central universitaire d’Helsinki et parue dans Movement Disorders. Les chercheurs tentent maintenant de déterminer quel est le lien entre les microbes intestinaux et la maladie de Parkinson.

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Notre observation la plus importante était que les patients atteints de la maladie de Parkinson ont beaucoup moins de bactéries de la famille des Prevotellaceae, contrairement au groupe de témoin, pratiquement personne dans le groupe des patients n’avait une grande quantité de bactéries de cette famille, a déclaré Filip Scheperjans, neurologue à l’hôpital de l’université d’Helsinki.

Les chercheurs n’ont pas encore déterminé ce que l’absence de bactéries comme Prevotellaceae signifie chez les personnes souffrant de maladie de Parkinson, ces bactéries ont-elles peut-être une propriété qui protège leur hôte de la maladie ? Ou cette découverte indique-t-elle simplement que le dysfonctionnement intestinal fait partie de la pathologie ?

C’est une question intéressante à laquelle nous essayons de répondre, dit Scheperjans.

Une autre découverte intéressante est que la quantité de bactéries de la famille des Enterobacteriaceae dans l’intestin a été reliée au degré de gravité des problèmes d’équilibre et de marche chez les patients. Plus il y avait Enterobacteriaceae, plus graves étaient les symptômes.

Nous sommes actuellement en train de réexaminer ces mêmes sujets pour déterminer si les différences sont permanentes et si les bactéries intestinales sont associées à la progression de la maladie et donc à son pronostic, explique Scheperjans.

En outre, nous devrons voir si ces changements dans l’écosystème bactérien sont apparents avant l’apparition des symptômes moteurs. Nous allons bien sûr essayer également d’établir la base de cette connexion entre le microbiote intestinal et la maladie de Parkinson, quel type de mécanisme les lie.

Les chercheurs espèrent également que leurs découvertes pourraient finalement être utilisées pour développer une méthode de test qui permettrait d’améliorer le diagnostic de la maladie de Parkinson et peut-être enfin trouver un moyen de traiter ou même empêcher la maladie de Parkinson en se concentrant sur le microbiote intestinal.

L’étude a recruté 72 patients atteints de la maladie de Parkinson à l’hôpital de l’université d’Helsinki et à l’hôpital central de Hyvinkää, ainsi que d’un nombre égal de sujets témoins en bonne santé.

Bientôt Noël, préparez votre sapin avec l’aide des microbes ! (4ème épisode)

18
déc
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Classé dans Contamination, Curiosité, Environnement, Microbiologie.

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Microbe World, le blog de l’American Society for Microbiology (ASM), propose un arbre de Noël, dont la plupart des souches utilisées appartiennent au genre Bacillus et le reste sont des contaminants aléatoires colorés retrouvés sur des boîtes de Petri . L’auteur est Rositsa Tashkova, Université de Nantes, France.

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Tempérer les viandes

17
déc
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Classé dans Curiosité, Environnement, Microbiologie, Santé, Sécurité des aliments, Viande.

fin_blog_6Article de l’AFSCA du 16 décembre 2014.

Le tempérage des viandes est un procédé appliqué par certaines entreprises pour la préparation de viandes hachées et de préparations de viandes.

Cette technique consiste en une surgélation rapide à cœur de viandes pour préparations comme le haché, les saucisses, les oiseaux sans tête, la viande pour pita, le gyros… immédiatement après la découpe. Juste avant la transformation, ces viandes surgelées sont amenées de manière contrôlée à une température d’environ -2°C (d’où le nom de tempérage) et leur traitement est poursuivi à cette température jusqu’à l’obtention d’un produit fini proposé au client à l’état frais.

Ce procédé est adopté car la matière première est alors bactériologiquement moins chargée. Le processus de surgélation diminue en effet fortement le risque de multiplication des bactéries. Cette méthode doit être validée au sein du système d’autocontrôle de l’entreprise. Une étude a démontré que ce procédé garantissait la qualité microbiologique des produits. En d’autres termes, le tempérage suivant cette méthode conduit à un produit sûr.

viandeIl est généralement déconseillé de congeler à nouveau une viande provenant du surgélateur, une fois celle-ci dégelée. La raison en est principalement que lors de la phase de décongélation, des bactéries peuvent se multiplier de manière importante. Surtout lorsque la décongélation ne se fait pas dans les bonnes conditions et à la bonne température. En congelant et en tempérant les viandes dans des conditions contrôlées, celles-ci restent cependant fraîches et ces produits peuvent à nouveau être congelés à la maison sans effet nuisible pour la qualité et la sécurité alimentaire.

Les producteurs doivent mentionner sur les denrées alimentaires préemballées s’il s’agit d’un produit dégelé à moins que la décongélation n’ait pas d’influence négative sur la sécurité ou sur la qualité de la denrée alimentaire. Cela signifie que pour de telles préparations à base de viandes tempérées, il n’est pas obligatoire de mentionner sur l’étiquette que le produit a été dégelé.

Lorsque la surgélation et le tempérage sont réalisés de manière correcte et contrôlée, ils ne présentent aucun risque pour la sécurité alimentaire. Le producteur doit étayer ces traitements dans son système d’autocontrôle et garantir la sécurité alimentaire du produit fini.

L’AFSCA déconseille toutefois aux consommateurs de congeler à nouveau des produits qu’ils dégèlent eux-mêmes étant donné que le consommateur ne dispose pas du dispositif nécessaire pour surgeler et décongeler de manière contrôlée.

NB : Sauf erreur de ma part, l’expression tempérer les viandes, n’apparait pas sur des sites de nos autorités ou de la profession en France.

La résistance aux antibiotiques est-elle une réaction de l’intestin ?

16
déc
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Classé dans Curiosité, Environnement, Microbiologie, Santé.

fin_blog_7« La résistance aux antibiotiques est une réaction de l’intestin », source communiqué de l’Institute of Food Research du 16 Décembre 2014.

Des scientifiques de l’Institute of Food Research et de l’Université d’East Anglia ont découvert comment certaines bactéries intestinales peuvent se protéger et protéger autrui dans l’intestin des antibiotiques.

Les bactéries produisent des composés, appelés céphalosporinases, qui inactivent et détruisent certains antibiotiques tels que les dérivés de la pénicilline et les céphalosporines, se protéger elles-mêmes et les autres bactéries bénéfiques qui vivent à proximité. Cependant, elles peuvent aussi donner une protection de ces antibiotiques dirigés vers des bactéries dangereuses comme Salmonella.

B_thetaiotaomicron_300L’intestin est le foyer de centaines de milliards de milliards de bactéries, qui ont un rôle important dans le maintien de notre santé. Mais un effet secondaire de la prise d’antibiotiques est que ceux-ci peuvent également tuer certains de nos bactéries intestinales bénéfiques, permettant aux bactéries dangereuses de prendre pied et causer une infection. La sensibilité aux antibiotiques n’est pas uniforme chez les centaines d’espèces de bactéries qui colonisent notre intestin, et certaines des bactéries les plus courantes, Bacteroides, sont parmi les plus résistantes.

En scannant le génome des souches de Bacteroides qui vivent dans l’intestin, les chercheurs ont découvert des gènes qui produisent une enzyme appelée cephalospoprinase, qui détruit spécifiquement certains antibiotiques. Ils ont également montré que les céphalosporinases sont exportées hors des cellules bactériennes, attachées à la surface sous forme de bourgeons appelés vésicules de membrane externe (Outer Membrane Vesicles ou OMVs).

Les bactéries utilisent les OMVs pour distribuer des composés fabriqués à l’intérieur des cellules bactériennes pour le monde extérieur. Parmi ces composés qui sont dans les bourgeons, il y a les céphalosporinases qui peuvent aider à protéger d’autres bactéries qui sont dans le même environnement contre des antibiotiques tels que l’ampicilline. Ceci a été démontré par l’ajout d’OMVs contenant des céphalosporinases à des cultures contenant les bactéries de l’intestin sensibles à l’ampicilline, Bifidobacteria breve, qui les protégeait efficacement contre des concentrations élevées d’antibiotiques. Un test similaire a montré que Salmonella a été également protégé.

Référence. Cephalosporinases associated with outer membrane vesicles released by Bacteroides spp. protect gut pathogens and commensals against {beta}-lactam antibiotics, Regis Stentz et al, Journal of Antimicrobial Chemotherapy doi: 10.1093/jac/dku466.

NB : Photo de Bacteroides thetaiotamicron, des bactéries commensales de l’intestin.