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Les bactéries de votre intestin peuvent-elles expliquer votre humeur ?

23
juin
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Classé dans Curiosité, Microbiologie, Santé.

43951a9028a0fc78b27bacc45a47c78cLes bactéries de votre intestin peuvent-elles expliquer votre humeur ? (Can the Bacteria in Your Gut Explain Your Mood?)

Le riche éventail du microbiote intestinal peut nous en dire plus que vous ne le pensez.

Il s’agit d’un article de Peter Andrey Smith paru dans The New York Times du 23 juin 2015. Extraits.

Dix-huit flacons se balançaient d’avant en arrière sur un dispositif mécanique grinçant ayant la forme d’une balance de boucher et Mark Lyte était très excité. « Nous avons obtenu des échantillons frais hier, fraîchement congelés », a dit Lyte à un technicien de laboratoire. Chaque flacon contenait un peu de fèces de singe qui a été recueilli au laboratoire Harlow près de Madison dans le Wisconsin, qui a été expédié au laboratoire de Lyte au Texas Tech University Health Sciences Center à Abilene, Texas.

post12L’intérêt de Lyte n’était pas dans les fèces en soi, mais dans la forme cachée de vie qu’ils abritent. Le tube digestif d’un singe, comme celui de tous les vertébrés, contient de grandes quantités de ce que les biologistes appellent le microbiote intestinal. Le matériel génétique de ces milliards de milliards de microbes, ainsi que d’autres vivant ailleurs dans et sur le corps, est collectivement connu comme étant le microbiome. Pris ensemble, ces bactéries peuvent peser environ 2,7 kg, et elles constituent une sorte d’organe dont les fonctions ont seulement commencé à se révéler à la science. Lyte a passé sa carrière à essayer de prouver que les microbes intestinaux communiquent avec le système nerveux en utilisant certains des mêmes neurotransmetteurs que les messages de relais du cerveau.

A l’intérieur d’une étuve de son laboratoire cet après-midi, Lyte s’est penché pour inspecter les flacons, dont des échantillons avaient été centrifugés pour obtenir un milieu doré rayonnant. Lyte, 60 ans, parlait vite et avec force. « Vous ne croiriez pas ce que nous venons d’extraire des fèces », me dit-il. « Nous avons constaté que les microbes ici dans l’intestin font de la neurochimie. Nous ne le savions pas. Maintenant, s’ils font ce genre de choses ici, cela a-t-il une influence là-bas ? Devinez quoi ? Nous faisons la même chose. Peut-être que tout cette communication a une influence sur notre comportement. »

A lire dans le New York Times …

Une méthode optique peut identifier des bactéries individuellement »

16
juin
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Classé dans Contamination, Curiosité, Environnement, Microbiologie, Santé, Sécurité des aliments.

Fourier-scatter-small« Une méthode optique peut identifier des bactéries individuellement », source Food Safety Watch du 12 juin 2015.

Une équipe de chercheurs de l’Institut supérieur coréen de la science et de la technologie (KAIST) à Daejeon, Corée du Sud, ont développé une nouvelle méthode optique que l’on dit être capable d’identifier des espèces bactériennes au niveau d’une seule bactérie.

La nouvelle méthode fonctionne en dirigeant un laser sur des cellules bactériennes sous un microscope modifié pour créer une image holographique, ou une « carte de diffusion lumineuse à deux dimensions d’angle résolu » (ou two-dimensional angle-resolved light scattering map), qui peut être mesurée avec précision en utilisant la technique de diffraction de la lumière en transformée de Fourier (Fourier transform light scattering ou FTLS) Le résultat est ensuite analysé par un logiciel informatique contenant un algorithme d’apprentissage automatique et statistiquement conçu pour produire une empreinte digitale optique unique pour chaque espèce bactérienne.

Les chercheurs du KAIST ont jusqu’ici testé leur méthode sur quatre espèces bactériennes, Listeria monocytogenes, E. coli, Bacillus subtilis et Lactobacillus casei. Les résultats à ce jour montrent que les quatre espèces pourraient être identifiées avec plus de 94% de précision. La prochaine phase des travaux sera de déterminer si la méthode peut distinguer des sous-groupes de pathogènes de bactéries inoffensives au sein des mêmes espèces.

Bien que l’application principale de la technologie devrait être la microbiologie clinique, la capacité d’identifier une seule cellule au microscope la rend potentiellement très utile aussi pour la détection et l’identification rapide de pathogènes d’origine alimentaire.

Les chercheurs ont également mis au point un appareil portable compact appelé une unité d’imagerie quantitative qui peut être utilisé pour convertir la lumière d’un microscope de base en un instrument holographique. Cela pourrait permettre à la méthode d’être utilisée pour identifier des bactéries sur le terrain, dans des pays en développement et dans de petits laboratoires.

La méthode est décrite dans un article publié intégralement et gratuitement dans la revue Optics Express.

Les moustiques peuvent transmettre aussi des bactéries

16
juin
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Classé dans Contamination, Contamination croisée, Curiosité, Environnement, Microbiologie, Non classé, Santé.

Les moustiques peuvent transmettre aussi des bactéries. Il s’agit de résultats des travaux du Pr Parola, selon un communiqué du 9 juin des hôpitaux publics de Marseille.

Les moustiques responsables en Afrique de la transmission du paludisme pourraient également transmettre une bactérie responsable de nombreuses fièvres inexpliquées. Tel est le résultat d’une étude menée par l’équipe de Philippe Parola.

imgresLe Professeur Philippe Parola, chef du service des maladies infectieuses aiguës de l’hôpital de la Timone et de l’équipe « Entomologie Médicale » de l’unité de recherche en maladies infectieuses et tropicales émergentes à l’université d’Aix-Marseille, vient de publier les résultats de ses travaux dans les Proceedings of the National Academy of Sciences of the United States of America.

Il y démontre que les moustiques responsables en Afrique de la transmission du paludisme pourraient également transmettre une bactérie, Rickettsia felis, responsable de nombreuses fièvres inexpliquées sur ce continent. C’est la première démonstration au monde que des moustiques peuvent transmettre non seulement des parasites et des virus, mais aussi des bactéries.

Rickettsia felis est une bactérie de répartition mondiale décrite il y a 20 ans et responsable de fièvre chez l’homme. Les puces, notamment les puces de chats et de chiens, étaient les seuls insectes capables de transmettre cette bactérie. L’équipe du Professeur Philippe Parola vient de montrer que les moustiques Anopheles gambiae, qui transmettent le parasite du paludisme en Afrique, seraient capables de transmettre également Rickettsia felis.

Notons que parmi les rickettsioses se trouve le typhus.

Petite anecdote à ce sujet, le terme tifosi, connu comme étant le terme d’un supporter italien de football, a pour origine le typhus. En italien, tifo signifie « typhus » au sens propre, et « fanatisme » ou « enthousiasme » au sens figuré, d’où le nom de tifoso (pluriel : tifosi) donné aux supporters italiens. Supporter une équipe, on a ça dans le sang, comme on a la typhoïde. Ça donne de la fièvre !

Nouvelles stratégies avancées pour combattre les biofilms

5
juin
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Classé dans Contamination, Contamination croisée, Curiosité, Environnement, Hygiène, Microbiologie, Nettoyage-Désinfection, Santé, Sécurité des aliments.

biofilmRésumé.

Les biofilms sont des agrégats microbiens inclus dans une matrice qui adhèrent à une surface biologique ou non biologique. La formation du biofilm est un problème important en médecine, dans l’industrie alimentaire et marine et peut conduire à des problèmes économiques et sanitaires considérables. Les communautés microbiennes complexes des biofilms sont très résistantes aux antibiotiques et aux désinfectants et confèrent alors une survie persistante qui est un défi à surmonter. Il y a plusieurs approches classiques de lutte contre les biofilms, enlèvement physique et/ou mécanique, enlèvement par des produits chimiques et l’utilisation d’antimicrobiens et de désinfectants pour tuer les organismes au sein du biofilm. Cependant, les biofilms sont très résistants à ces approches, par opposition aux cellules planctoniques. Ainsi, de nouvelles approches autres que les méthodes conventionnelles sont nécessaires. Dans cette revue, nous discutons des nouvelles stratégies anti-biofilm qui sont supérieures aux méthodes classiques en termes de lutte contre le problème des biofilms pour l’amélioration des soins en santé, l’amélioration de la sécurité des aliments et des procédés industriels.

Référence. M. Sadekuzzaman, S. Yang, M.F.R. Mizan, S.D. Ha. Current and Recent Advanced Strategies for Combating Biofilms. Comprehensive Reviews in Food Science and Food Safety Volume 14, Issue 4, pages 491–509, July 2015. Ce lien donne accès à ‘article en intégralité mais pour combien de temps ?

NB : La photo proposée issue de l’article illustre une représentation hypothétique du modèle de développement d’un biofilm.

Des scientifiques italiens dénigrés à la suite de la mort d’oliviers

3
juin
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Classé dans Contamination, Contamination croisée, Curiosité, Environnement, Microbiologie, Union Européenne.

« Des scientifiques italiens dénigrés à la suite de la mort d’oliviers », source Alison Abott de Nature News.

La police enquête sur le rôle des chercheurs dans l’épidémie bactérienne dévastatrice.

Ils ne pensaient pas être salué comme des héros, disent des scientifiques chargés de la recherche sur le pathogène mortel qui ravage des oliveraies dans les Pouilles, région située au sud de l’Italie. Mais ils n’avaient certainement pas prédit qu’ils finiraient par se sentir comme des bandits.

Au cours de la dernière année, les botanistes de divers instituts de Bari, capitale de la région des Pouilles, ont vu leur travail et leurs motivations critiqués par les militants locaux. Plus récemment, ils font l’objet d’une enquête de la police afin de savoir s’ils sont responsables de l’introduction de la bactérie, Xylella fastidiosa, dans les Pouilles ou d’avoir permis sa propagation.

La police a convoqué plusieurs chercheurs impliqués dans la recherche sur Xylella pour interrogatoire et a confisqué des ordinateurs et des documents des instituts scientifiques.

« Nous aimerions qu’on nous laisse faire notre travail sans cette suspicion et ce stress », explique Donato Boscia, chef de l’unité de Bari du CNR, l’Institut pour la protection durable des végétaux (IPSP, Institute for Sustainable Plant Protection) qui a été interrogé par la police en avril.

« Les scientifiques travaillant dans les Pouilles sur l’épidémie à Xylella ont travaillé non-stop pendant deux ans », ajoute Rodrigo Almeida, expert de Xylella à l’université de Californie, Berkeley. « Leur récompense a été d’être constamment attaqué. Je ne peux pas imaginer comment ils peuvent ressentir cela. »

Xylella est endémique dans certaines régions des Amériques, dont le Costa Rica, le Brésil et la Californie, mais la bactérie n’a pas été retrouvé précédemment en Europe. Cela a changé en octobre 2013 lorsque des scientifiques de l’université de Bari et de l’IPSP ont identifié la bactérie comme cause d’une épidémie d’une maladie inhabituelle des oliviers. L’épidémie est immédiatement devenue l’objet d’une réglementation de l’Union européenne (UE) pour limiter sa propagation, et les scientifiques régionaux ont commencé un effort systématique pour comprendre la maladie et la contenir : les scientifiques ont ensuite montré que la bactérie est transporté par des insectes vecteurs piqueurs-suceurs.

NB : N’hésitez pas à lire la suite de cet article où l’on apprendra que certaines personnes accusent les scientifiques d’avoir délibérément propager la bactérie, vers un retour des buchers de l’inquisition pour les scientifiques ?

Actuellement en Italie, on peut effectivement voir sur les routes qui conduisent à Lecce (Pouilles) des oliviers en pleine forme à côté d’oliviers malheureusement morts ou d’oliviers dont les branches ont été très sensiblement coupées pour éviter la propagation de la maladie. Un bien triste spectacle que ne rend pas bien les photos que j’ai prises …

oliviers_pouilles