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La mort noire des coraux : à propos de la pathogenèse polymicrobienne de la maladie des bandes noires

25
juil
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Classé dans Contamination, Curiosité, Environnement, Microbiologie.

« La mort noire des coraux : La pathogenèse polymicrobienne de la maladie des bandes noires » par Daniel P. Haeusser. Article paru dans le blog Small Things Considered de Moselio Schaechter hébergé par l’ASM.

Extraits.

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Le chirurgien bleu ou Dory

Menaces pour les écosystèmes des récifs coralliens

En ce mois de juin, Disney a diffusé une suite d’un film d’animation des studios Pixar, Le monde de Dory qui a obtenu la plus grande recette lors des débuts d’un film d’animation en Amérique du Nord. La popularité du film Le monde Nemo en 2003 avait conduit à une demande accrue pour les poissons-clowns comme Nemo comme animal de compagnie ; des environnementalistes inquiets craignent qu’un effet similaire puisse maintenant se produire avec le chirurgien bleu du Pacifique, l’espèce de Dory. Les chirurgiens bleus (Paracanthurus hepatus), comme Dory (Figure 1), habitent les récifs coralliens côtiers où ils se nourrissent d’algues. Cette activité joue un rôle clé au sein de l’écosystème des récifs en empêchant les algues de trop croître et une suffocation du corail.

Les coraux sont des invertébrés marins tropicaux qui sécrètent un exosquelette de carbonate de calcium pour former des colonies de polypes génétiquement identiques. Bien que le corail puisse capturer des proies, ils obtiennent la plupart de leurs nutriments via une symbiose microbienne avec les dinoflagellés photosynthétiques. Cette relation est prise en charge à son tour par une seconde niveau d’interaction entre les dinoflagellés et les rhizobiums fixant l’azote.

Bien sûr, les structures complexes d’un écosystème corallien comprennent non seulement les interactions entre les espèces, mais aussi des facteurs abiotiques. Des effets anthropiques comme le réchauffement climatique, la pollution, le tourisme et le développement peuvent contribuer directement au déclin des récifs, mais ils peuvent aussi nuire 6a00d8341c5e1453ef01b7c87ebd4a970b-300wiindirectement aux coraux en altérant des interactions entre espèces afin d’interférer avec la symbiose (ou la transformer en mauvaise symbiose) et stresser l’immunité du corail.

La maladie des bandes noires

La maladie des bandes noires est une menace importante pour les coraux exacerbés par des stress abiotiques qui bouleversent des interactions microbiennes interspécifiques. Impliquant des espèces de tous les trois domaines de la vie, cette maladie polymicrobienne a fait l’objet d’une mini synthèse récente par Sato et al. Des vidéos sur cette maladie et ses effets à Hawaii sont disponibles auprès du Hawaii Department of Land and Natural Resources (DNLR video) et de l’United States Geological Survey (USGS video).

6a00d8341c5e1453ef01b7c87ebd5d970b-300wiUne bande visiblement sombre composé principalement de cyanobactéries filamenteuses caractérise les coraux infectés par la maladie des bandes noires (figure 2). Environ 1 mm d’épaisseur, ce tapis microbien migre le long de la surface du corail jusqu’à 1 cm par jour, ce qui provoque la nécrose et en laissant un squelette dénudé dans son sillage. Des observations en microscopie électronique à balayage ont révélé que ces cyanobactéries peuvent même percer le tissu corallien. Pourtant, les cyanobactéries ne sont généralement pas associées à la virulence des animaux et l’invasion des tissus. Alors, comment une maladie des bandes noire commence-t-elle, et qu’est-ce qui cause réellement la mort cellulaire?

Légende. Figure 2. A Une colonie corallienne infectée par la maladie de la bande noire avec des zones distinctes. Photo crédit: Christina Runyon (Université de Hawaii). Source. B Gros plan de la maladie de bande noire active sur un grand corail étoiléMontastraea cavernosa. La bande de cyanobactéries se situe entre le squelette blanc exposé aux coraux morts et des polypes bruns vivants. Photo Crédit: Christina A. Kellogg, USGS. Source.

NB : N’hésitez à poursuivre votre lecture en découvrant le reste de l’article …

Les maladies bactériennes d’origine alimentaire en tête des préoccupations des Américains, selon un sondage

25
juil
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Classé dans Contamination, Curiosité, Environnement, Hygiène, Microbiologie, Réglementation, Santé, Sécurité des aliments, TIAC.

food-decision-2016« Libéraux et conservateurs d’accord sur la menace des pathogènes d’origine alimentaire », source article de Coral Beach paru le 25 juillet 2016 dans Food Safety News.

Alors que les Américains se préparent pour la deuxième semaine avec le début de la Convention nationale du Parti Démocrate aujourd’hui à Philadelphie, il y a une chose sur laquelle libéraux et conservateurs sont d’accord, c’est la sécurité des aliments.

« Les maladies bactériennes d’origine alimentaire arrivent au premier rang chez les libéraux et les conservateurs avec respectivement 55 et 58% », les classant en tête de leurs préoccupations en matière de sécurité des aliments selon la 2016 Food and Health Survey (Sondage 2016 sur les aliments et la santé).

Une statistique qui n’a pas été rapportée parmi les thèmes des partis était la confiance globale des personnes interrogées dans l’approvisionnement alimentaire. 66% des personnes interrogées ont répondu qu’elles sont au moins assez confiantes contre 61% en 2015.

En outre, une majorité des répondants au sondage, 53%, croient que l’agriculture moderne produit des aliments sûrs.

« Nous assistons à un dialogue alimentaire national croissant et les Américains ont faim de plus d’informations sur la nutrition et le système alimentaire », a déclaré Kimberly Reed, dans un communiqué à propos du sondage. Reed est présidente de l’International Food Information Council Foundation.

IFICF-2016-survey-graphLe 11e sondage annuel comprend 1 003 Américains âgés de 18 à 80 ans. Le sondage a été réalisé par Greenwald & Associates en utilisant un panel de consommateurs de ResearchNow, du 17 au 24 mars. Les résultats ont été publiés la semaine dernière.

Certaines des questions de l’enquête ont généré des résultats montrant des différences entre les répondants qui se sont identifiés comme libéraux ou conservateurs :

  • Les libéraux ont cité plus souvent les pesticides en tête comme problème de sécurité des aliments, 38% contre 24% pour les conservateurs.
  • Les conservateurs ont cité des substances cancérogènes ou des produits chimiques cancérigènes dans les aliments deux fois plus souvent que les libéraux, 40% contre 20%.
  • Des répondants libéraux étaient deux fois plus susceptibles que des répondants conservateurs à citer en tête les additifs et les ingrédients alimentaires comme un problème de sécurité des aliments, 12% contre 6%.
  • Plus de la moitié des libéraux, 51%, a rapporté la lecture d’un article examinant le système alimentaire dans l’année écoulée, alors que moins d’un tiers, 31%, des conservateurs l’ont fait.
  • Les libéraux plus que les conservateurs ont cité le gouvernement en tant que principale source fiable d’information sur la sécurité des aliments et des ingrédients, 58% contre 46%.

La plupart des résultats du sondage n’ont pas été rapportés en termes de points de vue que ce soit libéral ou conservateur, mais plutôt comme des chiffres combinés pour les deux groupes. Parmi ces résultats combinés, il y avait des réponses concernant les maladies d’origine alimentaire.

Avec les maladies d’origine alimentaire le problème de sécurité alimentaire qui arrive en tête avec 57% dans l’ensemble, les deuxième et troisième préoccupations étaient globalement des produits chimiques avec 50% et les pesticides, 48%. Voilà un changement avec le sondage de 2015 quand on a posé un peu différemment la question. Le sondage de 2015 a montré que 36% ont répondu que les produits chimiques dans l’alimentation était leur préoccupation n°1 en termes de sécurité des aliments ; les maladies bactériennes d’origine alimentaire sont arrivées deuxième avec 34%, les pesticides à la troisième place à 9%.

La sensibilisation du public aux maladies communes d’origine alimentaire est élevée mais elle a baissé par rapport aux années précédentes.

Neuf répondants sur 10 cette année ont dit qu’ils ont entendu parler de Salmonella comme un problème dans l’alimentation, et sept sur 10 ont entendu parler de E. coli O157 comme un problème. Dans le sondage de 2014, 95% des répondants ont dit qu’ils connaissaient Salmonella comme étant un problème de sécurité des aliments.

L’enquête a également montré que les personnes ont plus confiance dans la sécurité des aliments si elle provient de sources proches de la maison.

« Plus de 70% des consommateurs font confiance à la sécurité des aliments produits dans leur région du pays, alors que seulement 24% font la confiance à la sécurité sanitaire des aliments d’un autre pays. Les consommateurs sont également plus susceptibles – 55% contre 49% – à faire confiance à la sécurité des aliments dans un restaurant local que dans la sécurité des aliments d’un restaurant d’une chaîne nationale », selon le sondage.

Les consommateurs disent aussi qu’ils ont leur part de responsabilité dans la sécurité des aliments, avec 83% rapportant se laver les mains avec du savon et 74% rapportant laver leurs planches à découper avec de l’eau et au savon.

Quatre répondants sur 10 ont dit qu’ils seraient plus susceptibles d’utiliser un thermomètre pour aliments si les recettes et les livres de cuisine qu’ils utilisaient, indiquaient les températures de cuisson appropriées dans leur texte.

imgresEt chez nous, en France, il y a ce titre en Une du Parisien du 23 juillet 2016 avec un article très décevant (je me suis encore suis fait avoir par la grosseur du titre …) : « Alimentation : opération transparence des agro-industriels. Les géants de l’agroalimentaire donnent de plus en plus d’informations sur leurs produits pour reconquérir des consommateurs échaudés par les récents scandales. Coup marketing ou repentance ? »

Certaines bactéries de l’intestin de l’homme descendraient de nos lointains ancêtres

23
juil
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Classé dans Curiosité, Environnement, Microbiologie, Santé.

« Certaines bactéries de l’intestin de l’homme descendraient de nos lointains ancêtres », source communiqué de l’Université du Texas à Austin.

Certaines des bactéries de nos intestins étaient présentes depuis des millions d’années, avant nous soyons des hommes, ce qui suggère que l’évolution a joué un rôle plus important dans ce qui était précédemment connu dans la relation intestin-microbes chez les personnes, selon une nouvelle étude parue dans la revue Science.

Les bactéries que les chercheurs ont étudiées guident le développement précoce de notre intestin, forment notre système immunitaire pour lutter contre les pathogènes et peuvent même affecter nos humeurs et nos comportements.

La recherche, qui comprenait une équipe internationale de scientifiques, a été dirigée par Howard Ochman, professeur de biologie intégrative à l’Université du Texas (UT) à Austin, et Andrew Moeller, un ancien étudiant diplômé de l’UT à Austin, actuellement chercheur postdoc à l’Université de Californie, Berkeley.

« Il est surprenant que nos microbes intestinaux, que nous pourrions obtenir de nombreuses sources dans l’environnement, ont co-évolué effectivement à l’intérieur de nous pendant une si longue période », dit Ochman, qui a noté que les microbes ont été transmis pendant des centaines de milliers de générations hôtes.

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Les scientifiques ont reconstitué l’arbre généalogique des hominidés sur la base de fossiles et des preuves génétiques. Reproduit avec la permission de Moeller et al., Science Science 22 Vol. 353, Issue 6297, pp. 380-382. Illustration par Andrew Moeller.

Comme les humains et les grands singes africains ont évolué en espèces distinctes d’un ancêtre commun, les bactéries présentes dans leur ancêtre commun ont également évolué dans des souches distinctes associées à chaque hôte, ont trouvé les scientifiques.

Ajoutant plus de poids à l’analyse, les scientifiques ont trouvé des preuves génétiques que les bactéries se sont divisées en souches distinctes en même temps que leurs hôtes se séparaient en espèces distinctes. Une telle scission bactérienne est arrivée il y a environ 15 600 000 années alors que la lignée des gorilles a divergé de autres hominidés. L’autre fraction bactérienne est arrivée il y a environ 5,3 millions d’années alors que la lignée humaine s’est séparée de la lignée conduisant aux chimpanzés et les bonobos.

« Nous savons depuis longtemps que les humains et nos plus proches parents, les grands singes, hébergent ces bactéries dans nos intestins », dit Moeller « et la plus grande question à laquelle nous voulions répondre est, d’où ces bactéries proviennent ? Est-ce que nous les avons obtenues de notre environnement ou de notre histoire évolutive ? Et combien de temps ont-elles persisté dans les lignées de l’hôte ? »

Avant cette étude, les scientifiques étaient en désaccord quant à savoir si les souches de microbes intestinaux ont continué dans les lignées individuelles d’hominidés sur des périodes suffisamment longues pour mener à une co-spéciation, un processus par lequel deux espèces évoluent en parallèle. La persistance de certains microbes aurait été menacée par des changements du régime alimentaire, la géographie ou l’utilisation d’antibiotiques.

Les chercheurs ont étudié des échantillons fécaux prélevés de grands singes sauvages africains – chimpanzés, bonobos et gorilles – et aussi de personnes vivant dans le Connecticut. Des preuves fossiles et génétiques ont établi que les quatre espèces, appelées hominidés, ont évolué à partir d’un ancêtre commun qui vivait il y a plus de 10 millions d’années.

Des échantillons fécaux contiennent des microbes hangar de l’intestin d’un animal hôte. Les scientifiques ont utilisé le séquençage des gènes pour analyser toutes les différentes versions d’un gène spécifique des bactéries présentes dans chaque échantillon de selles. A partir de ces données, ils ont reconstruit les arbres évolutifs pour trois groupes de bactéries intestinales qui constituent plus de 20 pour cent du microbiome intestinal humain.

Pour deux de ces groupes, Bacteroidaceae et Bifidobacteriaceae, les arbres évolutionnaires bactériennes ressemblent l’arbre de l’évolution des hominidés. Il existe quelques différences subtiles, cependant, bien qu’une souche bactérienne individuelle disparait de l’une des quatre espèces d’hôtes dans le temps.

Le troisième arbre de la famille bactérienne, d’un groupe connu sous le nom Lachnospiraceae, était plus compliqué. Il y en avait apparemment au moins quatre fois plus lorsque ces bactéries ont été transférés entre les différentes espèces d’hôtes. Les chercheurs pensent que c’est parce que ces bactéries ont formé des spores et pouvaient ainsi survivre à l’extérieur de leurs hôtes pendant de longues périodes, elles ont été facilement transmises entre les espèces.

Les chercheurs ne sont pas certains comment ces trois anciennes souches de microbes ont été transmises d’une génération hôte à une autre pendant des millions d’années. Avant que cette recherche ne le montre, nous recevons notre première inoculation de microbes de l’intestin de nos mères quand nous passons à travers le canal de la naissance. Tout au long de la vie, nous recevons aussi des microbes à partir d’interactions sociales. Les chercheurs soupçonnent que les deux modes de transmission sont responsables du maintien de notre relation multi-générationnelle avec nos bactéries BFF (best food friend).

« Ce qui est le plus excitant pour moi est la possibilité que cette co-diversification entre les bactéries et les hôtes pourrait s’étendre beaucoup plus loin dans le temps », dit Moeller. « Peut-être que nous pouvons tracer nos microbes intestinaux à nos ancêtres communs avec tous les mammifères, les reptiles, les amphibiens, peut-être même tous les vertébrés. Et si cela est vrai, c’est incroyable. »

En plus d’Ochman et Moeller, les co-auteurs de l’étude sont : Alejandro Caro-Quintero à Corpoicá C.I Tibaitata (Colombie) ; Deus Mjungu au Gombe Stream Research Center (Tanzanie) ; Alexander Georgiev à la Northwestern University et Harvard University ; Elizabeth Lonsdorf au Franklin & Marshall College ; Martin Muller de l’Université du Nouveau Mexique ; Anne Pusey de la Duke University ; Martine Peeters de l’Université de Montpellier (France) et Béatrice Hahn de l’Université de Pennsylvanie.

Cette étude a été soutenue par le National Institutes of Health, l’Agence Nationale de Recherche sur le Sida, le Jane Goodall Institute, l’Arthur L. Greene Fund et la Harvard University.

Des scientifiques simulent une ‘éolienne’ alimentée par des bactéries

16
juil
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Classé dans Curiosité, Environnement, Microbiologie.

« Des scientifiques simulent une ‘éolienne’ alimentée par des bactéries », source communiqué de l’université d’Oxford.

Une équipe de scientifiques de l’Université d’Oxford a montré comment le mouvement naturel des bactéries pouvait être exploité pour s’assembler et alimenter des ‘éoliennes’ microscopiques.

bacteria windfarmL’étude, publiée dans Science Avances*, utilise des simulations informatiques pour démontrer que l’effet de la masse chaotique de la matière active dense telle que celle des bactéries peut être organisée pour faire tourner des rotors cylindriques et fournir une source d’énergie stable.

Les chercheurs disent que ces centrales biologiquement entraînées pourraient un jour être des moteurs microscopiques pour de petits appareils fabriqués par l’homme qui sont auto-assemblés et auto-alimentés.

Le co-auteur, le Dr Tyler Shendruk du département de physique de l’université d’Oxford, a dit : « Un grand nombre de défis énergétiques de la société sont à l’échelle du gigawatt, mais certains sont carrément microscopiques. Un moyen potentiel de générer des quantités infimes de puissance pour des micromachines pourrait être de la récupérer directement à partir de systèmes biologiques tels que des bactéries en suspension. »

Les suspensions bactériennes denses sont l’exemple par excellence des fluides actifs qui coulent spontanément. Les bactéries en suspension sont capables de se multiplier et de conduire des flux vivants désorganisés, qui sont normalement trop désordonnés pour en extraire toute la puissance utile.

Mais quand l’équipe d’Oxford a immergé un réseau de 64 micro-rotors symétriques dans ce fluide actif, les scientifiques ont constaté que les bactéries s’organisent spontanément de telle manière que les rotors voisins ont commencé à tourner dans des directions opposées, une organisation structurelle simple, qui rappelle celle d’un parc éolien.

Le Dr Shendruk a ajouté : « La chose étonnante est que nous ne disposions pas de turbines préconçues microscopiques en forme d’engrenage. Des rotors simplement auto-assemblés en une sorte de parc éolien bactérien. »

« Quand nous avons fait la simulation avec un seul rotor dans la turbulence bactérienne, il a juste virer de façon aléatoire. Mais lorsque nous avons mis un réseau de rotors dans le liquide vivant, ils formaient soudain un motif régulier, avec les rotors voisins tournant dans des directions opposées. »

Le co-auteur, le Dr Amin Doostmohammadi, du département de physique de l’université d’Oxford, a dit : « La capacité à obtenir même une petite quantité de travail mécanique à partir de ces systèmes biologiques est précieuse, car ils ne nécessitent pas de puissance d’entrée et utilisent des processus biochimiques internes pour se déplacer. »

« A micro-échelle, les simulations montrent que le flux généré par les assemblages biologiques est capable de se réorganiser, de manière à générer une puissance mécanique persistante pour faire tourner un réseau de micro-rotors. »

L’auteur principal, le professeur Julia Yeomans, du département de physique de l’université d’Oxford, a ajouté : « La nature est brillante pour créer des moteurs minuscules, et il y a un énorme potentiel si nous pouvons comprendre comment exploiter des conceptions similaires. »

* l’article est disponible intégralement et gratuitement.

NB : L’article a été présenté par différentes revues sous les titres suivants :

  • « Tiny bacteria-powered ‘windfarm’ for your phone? » pour Science Daily
  • « Engines of the Future: How Tiny Bacteria Could Power Your Smartphone » pour Nature World News

Y en aurait-il que pour le smartphone ?

Voir les microbes de près permet de comprendre le rôle du lavage des mains

30
juin
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Classé dans Contamination, Contamination croisée, Curiosité, E. coli, Environnement, Hygiène, Lavage des mains, Microbiologie, Santé, Sécurité des aliments, TIAC.

« Un regard sur l’ennemi et vous devenez sérieux à propos de la sécurité des aliments », source article de Cookson Beecher du 30 juin 2016 paru dans Food Safety News.

Qu’est-ce qui pourrait être plus effrayant qu’un ennemi invisible, quelque chose de si furtif et puissant qu’il peut vous envoyer à l’hôpital voire même vous tuer ?

Et comme cet ennemi est si petit que vous ne pouvez pas le voir, vous ne savez même pas qu’il est là. Peut-être juste là sur certains aliments que vous êtes sur le point de manger ou même sur vos mains ?

bacteria-hand-shakeMais si quelqu’un vous montre ce à quoi « l’ennemi » ressemble en agrandissant son image. Et à partir de là, on vous montre une photo agrandie de certaines des bactéries dans les aliments ou sur des objets communs tels que les poignées de robinets, les poignées de porte, ou les plan de travails ? Est-ce qu’en les voyant cela ne vous donne-t-il pas envie d’être extrêmement prudent pour vous-même mais aussi pour protéger les autres de cet ennemi ? Cela serait-il meilleur si un scientifique vous indiquait leurs noms et vous avertissait de ce qu’elles peuvent faire ?

Il s’avère que la première option est la bonne, selon une étude sur le lavage des mains réalisée par une équipe du Henry Ford Health System dans un hôpital de Detroit. L’étude a révélé que les personnels de santé de l’hôpital ont augmenté leur fréquence de lavage des mains d’au moins 11%, et dans une autre unité de près de 50%, après avoir vu des images montrant la croissance bactérienne sur des items comme des gants inutilisés, des poignées de porte, une souris d’un ordinateur, des mains de personnels, un téléphone portable et une machine à ultrasons.

Cela est particulièrement une bonne nouvelle parce que selon le Centers for Disease Control and Prevention, les personnels travaillant dans le domaine de la santé, en général, pratiquent une hygiène des mains (lavage des mains), de moins de la moitié de ce qu’ils devraient le faire. Cela est important parce que le lavage des mains adéquate contribue à réduire la propagation des infections, qui, dans le cas de la sécurité des aliments, comprendrait des infections par des pathogènes d’origine alimentaire tels que E. coli, Salmonella, Listeria et Campylobacter.

Le CDC estime qu’il y a plus de 700 000 infections nosocomiales dans les hôpitaux américains chaque année.

Dans l’étude de l’hôpital de Detroit, les membres de l’équipe ont constaté qu’en montrant aux membres du personnel de l’hôpital des images de millions de bactéries présentes sur les surfaces usuelles était une bonne façon d’améliorer les taux de lavage des mains en déclenchant un sentiment de dégoût de la part de ceux qui ont vu les images.

Dans le cadre de l’étude, l’équipe a développé un livre d’images contenant des cultures bactériennes de différents types de bactéries et de différents niveaux de contamination.

Ashley Gregory, une spécialiste de la prévention des infections qui a codirigé le projet, a déclaré que le personnel de l’hôpital a voulu se laver les mains après avoir regardé le livre et a imaginé une contamination similaire sur leur propre peau. En outre, les images ont également contribué à les motiver à nettoyer divers items tels que les stations de travail mobiles et les souris des ordinateurs dans leurs espaces de travail.

À l’avenir, Gregory a dit qu’elle espère que d’autres institutions amélioreront la conformité de lavage des mains à l’aide de cette approche.

L’étude de l’hôpital de Detroit a été inspirée par une étude de 2014 sur le lavage des mains dans 14 villages indiens. Dans cette étude, les chercheurs ont répartis au hasard 14 petits villages avec des populations entre 700 et 2000 personnes pour soit recevoir une approche axée sur l’émotion au lavage des mains ou soit, pas d’intervention du tout.

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Cette empreinte de la main d’un employé d’un hôpital montre combien de bactéries sont invisibles à l’oeil (Photo grâce au Henry Ford Health System)

Un article paru dans The Advisory Board pose la question : « Comment pouvez-vous faire pour que les personnes se lavent les mains ? » « Dégouttez-les », était la réponse. Lorsque l’étude a commencé, les taux de lavage des mains étaient très faibles, entre 1 et 2%, à la fois dans le groupe d’intervention et chez les témoins.

L’auteur de l’étude Val Curtis de la London School of Hygiene and Tropical Medicine, a déclaré que bien que le lavage des mains avec du savon peut prévenir au moins un tiers des 800 000 décès d’enfants de moins de cinq ans chaque année de diarrhée, qui est souvent déclenché par un virus ou une bactérie, le lavage des mains avec du savon peut prévenir au moins un tiers de ces décès. Sans surprise, les enquêtes révèlent que le lavage des mains est rare dans des pays comme l’Inde qui ne dispose pas d’eau courante dans de nombreuses zones.

Curtis a dit que les campagnes sur le lavage des mains tentent généralement d’informer les gens avec des messages de santé sur les germes et les maladies, mais « jusqu’à présent cela n’a pas eu beaucoup de succès concernant le changement de comportement vis-à-vis du lavage des mains à une grande échelle. »

Voilà pourquoi les chercheurs du Royaume-Uni et du St. John’s Research Institute, ainsi que la société de communications de Bangalore, Centre of Gravity, ont présenté une campagne « Super Mum » (Super Maman), qui comprenait des « conducteurs émotionnels », tels que le sentiment de dégoût face aux bactéries qui peuvent se trouver sur les mains d’une personne. La campagne a également pris en compte d’autres facteurs émotionnels tels que le désir d’une mère d’avoir un enfant prospère et heureux et le désir de la part des mères d’intégrer ce qu’elles croient que les autres font en ville.

Le groupe d’intervention a eu accès à une boîte à outils en ligne mondiale qui ciblait ces conducteurs émotionnels. En outre, le groupe a eu l’avantage de participer à des événements en milieu scolaire en ville et qui ont inclus des sketches et des films d’animation, ainsi que les cérémonies d’annonces de contributions publiques demandant aux femmes de promettre qu’elles et leurs enfants allaient se laver les mains à des moments clés.

Une analyse de l’étude, qui a été publié dans The Lancet Global Health, a montré ces résultats :

  • Après 6 semaines, la conformité au lavage des mains dans le groupe d’intervention était de 19% contre 4% dans le groupe témoin, qui n’a reçu aucune intervention ;
  • Après 6 mois, la conformité dans le groupe d’intervention était passé à 37% comparativement à 6% dans le groupe témoin ; et
  • Un an plus tard, après que le groupe témoins eut reçu une campagne raccourcie, le lavage des mains dans les deux groupes était de 29%.

Le co-auteur de l’étude, Katie Greenland, a dit que la campagne a été efficace parce qu’« elle engage les personnes à un niveau émotionnel fort et non pas seulement à un niveau intellectuel. »

Qu’en est-il de l’impact sur la sécurité des aliments ?

Est-ce qu’en montrant les photos aux personnes de bactéries potentiellement mortelles telles que E. coli, Salmonella et Listeria sur les mains, les produits, les surfaces et les équipements dans les unités de transformations et sur les équipements de cuisine des restaurants pourrait stimuler la volonté des employés de se laver les mains et d’avoir des surfaces propres ? Cela pourrai-il aussi avoir un effet positif sur les agriculteurs, les employés agricoles, les managers et les propriétaires d’installations de transformation et les restaurateurs ?

La co-responsable de l’étude de l’hôpital de Detroit, Ashley Gregory a dit Food Safety News, qu’elle pense que cela pourrait être le cas.

« Nous pensons que les personnes réagissent plus à la vision réelle des bactéries plutôt que de connaître le nom des pathogènes et d’être averti de leur effets nocifs », dit-elle.

Elle a cité des exemples tels que « mettre un visage sur le monstre », qui dit-elle se sont avérés être un fort déclencheur émotionnel dans d’autres campagnes de santé.

« Si les personnes continuent de parler uniquement des méfaits du tabagisme plutôt que de montrer un poumon noirci ou une personne qui doit utiliser une boîte vocale, le taux de dégoût associé au tabagisme ne serait probablement pas aussi fort. »

Elle a également dit que l’étude de l’hôpital de Detroit est particulièrement pertinente pour la sécurité des aliments car l’hygiène des mains est « un élément essentiel dans la fourniture sûre » des aliments que nous mangeons.

Elle a cité Staphylococcus aureus, un organisme connu de la peau qui peut faire des ravages sur le système digestif d’une personne, et Shigella et Salmonella, qui peuvent provoquer non seulement une détresse digestive, mais aussi une septicémie.

« Sans une bonne hygiène des mains, ces organismes sont facilement transmis aux aliments que nous consommons, et chaque consommateur final n’est pas aussi assidu sur le lavage de leurs aliments et non pas tous les aliments seront cuits à un niveau où ces bactéries peuvent être détruites », dit-elle.

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L’empreinte d’un téléphone est visible sur ce milieu de croissance, ce qui montre à quel point les bactéries étaient présentes à la surface d’un mobile utilisé par le personnel dans une unité de soins d’un hôpital.

« L’hygiène des mains est essentielle pour rester en bonne santé, nous, notre famille et l’ensemble des personnes de notre ville. La plupart des maladies peuvent être évitées en effectuant la tâche simple de se laver les mains, et avec l’avancement d’aujourd’hui dans la disponibilité de méthodes transportables (gels d’alcool et lingettes), il n’y a aucune raison de ne pas le faire. »

Quant à savoir pourquoi certaines bactéries sont si puissantes, elle a dit que non seulement elles se développent, mais peuvent se reproduire rapidement dans des conditions que le corps humain fournit.

« Contrairement à beaucoup de choses dangereuses pour le corps humain, les bactéries sont microscopiques et donc même de grandes quantités d’entre elles peuvent rester invisible à l’œil humain », dit-elle. « Il suffit d’un petit nombre de ces bactéries pour entrer dans notre corps par tous les moyens, par exemple en les mettant sur une pêche que vous êtes sur le point de manger parce que vous avez serré la main de quelqu’un qui vient de déféquer et en ne se lavant pas les mains. Et une fois qu’ils sont dans votre corps, leur seul but dans la vie est de faire de votre corps leur nouvel habitat. »

Le microbiologiste Charles Gerba de l’université de l’Arizona, aussi connu comme le « Dr. Germ », met cela en forme de cette façon : « Nous sommes leur approvisionnement alimentaire », a-t-il dit. « Les microbes essaient de trouver une bonne source de nourriture. Et ils ne prennent que 30 minutes pour se reproduire. »

Et une fois qu’ils commencent à se reproduire, comme cela est le cas lorsque les aliments ne sont pas conservés à des températures inférieures à 5°C ou supérieures à 60°C, ils se multiplient rapidement.

Jim Mann, directeur exécutif du Handwashing for Life Institute a dit quand les personnes voient à quelle vitesse E. coli se multiplie, « ils veulent que cela sorte le plus rapidement d’eux. »

« Vous commencez avec une petite cellule effrayante, et il ne faut pas longtemps avant que l’ensemble de l’écran soit rempli de microbes », a-t-dit. « C’est très efficace. Vous pouvez voir des personnes se sentir mal à l’aise. Ma femme ne peut pas le regarder. »

Il croit que les éléments visuels tels que cela seraient un bon outil dans la formation à la sécurité des aliments – tout le chemin depuis la fourche des ouvriers agricoles dans les champs aux personnes servant des repas dans les restaurants et à la maison.

Il a également dit que mettre des images visuelles de bactéries dans les toilettes mobiles des champs agricoles et aux postes de travail dans les restaurants pourrait être une bonne idée, car cela produirait une réaction.

« Je peux voir la valeur de cela », a-t-il dit. « Absolument. »

Trevor Suslow, gourou en sécurité des aliments, de l’université de Californie-Davis, croit aussi que les images visuelles peuvent être très efficaces dans la formation à la sécurité des aliments.

« Je suis un apprenant visuel et un enseignant visuel, et je fais tous les efforts pour utiliser des images mémorables dans toutes mes formations pour créer « des messages qui collent », » a-t-il dit.

Il a également dit que la visualisation d’un bon et d’un mauvais comportement pris dans le monde réel et des situations en relation est particulièrement important lorsque le langage écrit est un obstacle, ce qui est souvent le cas avec des travailleurs agricoles et des travailleurs dans les installations de transformation des produits agricoles.

Un cas dans la « vraie vie »

La sécurité des aliments est un gros sujet d’intérêt à la Helping Hands Food Bank à Sedro-Woolley, Washington. Dans le cadre d’un programme national baptisé Grocery Rescue et d’autres comme celui-ci, des magasins de dons alimentaires périssables qui ont des aliments proche de la date d’expiration, un peu mûrs ou peut-être abondants pour les banques alimentaires. C’est de la bonne nourriture qui serait autrement envoyé à un site d’enfouissement.

La clé qui ouvre la porte à ces dons est la sécurité des aliments. Les distributeurs et les banques alimentaires concluent des contrats qui exigent des pratiques alimentaires uniformes et reconnus de sécurité des aliments à suivre au niveau national.

Cela signifie que les bénévoles de la banque alimentaire qui ramassent des aliments chez les distributeurs et les transportent à la banque alimentaire doivent suivre des pratiques strictes de sécurité des aliments, qui comprennent la protection des items qui doivent rester réfrigérées pendant le transport. Une fois à la banque alimentaire, les aliments sont immédiatement mis dans un refroidisseur.

Cela est important parce que de nombreux aliments, parmi lesquels la laitue et les épinards, doivent être conservés à des températures inférieures à 5°C pour empêcher les bactéries, dont E. coli, qui pourrait être présent, de se reproduire, car la plupart des bactéries le font très rapidement. Si cela se produit, toute personne qui consomme des aliments contaminés court le risque de devenir très malade.

Lorsque plusieurs bénévoles et le directeur des opérations au Helping Hands ont montré une image agrandie de E. coli sur des épinards, la réaction a été immédiate et dramatique. « Répulsion » serait une façon de décrire.

« Dégueulasse », ont dit à l’unisson plusieurs d’entre eux alors qu’ils s’éloignaient de l’image. « Maintenant, je ne vais pas être en mesure de manger le déjeuner », a dit l’un d’eux.

Rebecca Schlaht, responsable des opérations, a dit qu’une image comme ça déclenche un « réflexe nauséeux naturel. »

« Si vous pouvez toucher le nerf qui produit ce genre de réaction physique, vous avez un outil merveilleux », a-t-elle dit. « C’est un excellent moyen de montrer aux gens pourquoi il est si important de suivre les bonnes pratiques de sécurité des aliments. »

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