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Effets de produits de soins personnels contenant du triclosan sur le microbiome

23
juin
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Classé dans Curiosité, Environnement, Hygiène, Santé.

Résumé.

imgresLes antibiotiques couramment prescrits sont connus pour modifier le microbiote humain. Nous émettons l’hypothèse que le triclosan et le triclocarban, des composants de nombreux produits pour la maison et les soins personnels (HPCPs pour household and personal care products), peuvent modifier la microflore buccale et intestinale avec des conséquences potentielles pour la fonction métabolique et le poids. Dans une étude randomisée en double aveugle croisée, les participants ont reçu des HPCPs contenant du triclosan et du triclocarban (TCS) ou ne contenant pas de triclosan/triclocarban (nTCS) pendant 4 mois, puis ils sont passés à d’autres produits pendant 4 mois. Des prélèvements de sang, de selles, de plaque gingivale et d’urine et des données de poids ont été obtenus au départ et à intervalles réguliers tout au long de la période d’étude. Des prélèvements de sang ont été analysés pour des marqueurs métaboliques et endocriniens et des prélèvement d’urine pour le triclosan. Le microbiome dans les prélèvements de selles et oraux a ensuite été analysé. Bien qu’il y ait une différence significative dans la quantité de triclosan dans les urines entre les phases TCS et nTCS, aucune différence n’a été retrouvée dans la composition de microbiome, les marqueurs métaboliques ou endocriniens ou encore le poids. Bien que cette étude ait été limitée par la petite taille de l’échantillon et l’administration imprécise de HPCPs, le triclosan à des taux physiologiques d’exposition aux HPCPs ne semble pas avoir un impact significatif ou important sur la structure du microbiome humain oral ou intestinal ou sur un panel de marqueurs métaboliques.

Importance. Le triclosan et le triclocarban sont couramment utilisés comme microbicides commerciaux retrouvés dans les dentifrices et les savons. On ne sait pas quels sont les effets de ces produits chimiques ont sur le microbiome humain ou sur la fonction endocrine. A partir de cette étude croisée randomisée, il semble que l’utilisation en routine de soins personnels de triclosan et de triclocarban n’exerce ni une influence majeure sur les communautés microbiennes de l’intestin et de la bouche, ni ne modifie les marqueurs de la fonction endocrine chez l’homme.

Référence. Angela C. Poole, Lauren Pischel, Catherine Ley, Gina Suh, Julia K. Goodrich, Thomas D. Haggerty, Ruth E. Ley, Julie Parsonnet. Crossover Control Study of the Effect of Personal Care Products Containing Triclosan on the Microbiome. mSphere Volume 1 Issue 3 e00056-15.

Le lavage au chlore peut ne pas être efficace dans la réduction de la charge bactérienne des systèmes de distribution d’eau d’irrigation

19
juin
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Classé dans Contamination, Contamination croisée, Curiosité, E. coli, Environnement, Hygiène, Microbiologie, Nettoyage-Désinfection, Santé, Sécurité des aliments.

Résumé.

8113864-12654138Les systèmes de distribution d’eau d’irrigation sont utilisés pour fournir de l’eau pour produire des cultures, mais le système peut également fournir un environnement protégé pour la croissance des pathogènes humains présents dans l’eau d’irrigation. Dans cette étude, les effets d’un système d’irrigation au goutte à goutte en profondeur et de sa désinfection sur la qualité microbienne de eaux souterraines d’irrigation ont été évalués. Des lignes d’irrigation au goutte à goutte ont été installées sur la surface du sol ou 5 ou 10 cm sous la surface du sol. Des prélèvements d’eau ont été recueillis à partir de la source d’irrigation et à l’extrémité de chaque ligne de goutte à goutte toutes les 2 semaines pendant une période de 11 semaines et les niveaux de Escherichia coli, de coliformes totaux, de bactéries aérobies mésophiles et d’entérocoques ont été quantifiés. La moitié des lignes installées à chaque profondeur a été rincé avec de l’hypochlorite de sodium pendant 1 h pendant 6 semaines pour atteindre une valeur résiduelle de 10 ppm à la fin de la ligne. Il y avait une différence statistiquement significative (P = 0,01) de l’effet de l’irrigation au goutte à goutte en profondeur et de l’application du désinfectant sur la récupération de E. coli, avec une augmentation des niveaux mesurés à une profondeur de 5 cm et dans les lignes non désinfectées, bien que les niveaux étaient à la limite de détection, potentiellement confondant les résultats. Il n’y avait pas d’effet significatif de la profondeur de la ligne de goutte à goutte sur les coliformes totaux, les mésophiles aérobies ou les entérocoques. A l’inverse, une augmentation statistiquement significative (P < 0,01) dans la récupération des coliformes totaux a été enregistrée des extrémités des lignes qui ont reçu le chlore. Cela peut être une indication de la présence de cellules en suspension en raison de la dégradation des biofilms qui se sont formés sur les parois intérieures des lignes. Ces résultats soulignent la nécessité de mieux comprendre les conditions qui peuvent conduire à la corrosion et à l’augmentation de la charge bactérienne à l’intérieur des lignes de goutte à goutte pendant le rinçage. Des recommandations aux producteurs devraient suggérer la collecte de prélèvements d’eau souterraine pour analyser à l’eau à la fin des lignes de goutte à goutte plutôt qu’à la source. Les lignes directrices sur le lavage des lignes de goutte à goutte avec du chlore peuvent avoir besoin d’inclure la surveillance du pH de l’eau, un paramètre qui influence les propriétés corrosives du chlore.

Référence. Theresa Callahan, Mary; Marine, Sasha C.; Everts, Kathryne L.; Micallef, Shirley A. Drip Line Flushing with Chlorine May Not Be Effective in Reducing Bacterial Loads in Irrigation Water Distribution Systems. Journal of Food Protection®, Number 6, June 2016, pp. 896-1055, pp. 1021-1025(5).

Les microbes du raisin pressé avant fermentation peuvent prédire la saveur du vin final

16
juin
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Classé dans Curiosité, Environnement, Microbiologie.

« Les microbes du raisin pressé avant fermentation peuvent prédire la saveur du vin final », source ASM News.

Le mélange microbien retrouvé dans le jus de raisin lors du processus de vinification peut aider à façonner le terroir du vin final, selon un article de scientifiques alimentaires de l’Université de Californie, Davis. Dans une étude publiée dans le numéro de mai/juin de mBio, une revue en libre accès en ligne de l’American Society of Microbiology, les chercheurs ont trouvé que les micro-organismes retrouvés dans le moût, jus de raisin fraîchement pressé, avant fermentation, peuvent être utilisés comme biomarqueurs afin de prédire quels métabolites seront présents dans le vin final. Les métabolites sont des composés chimiques qui contribuent à façonner la saveur et la texture d’un vin.

imagesA l’avenir, les vignerons pourraient utiliser l’analyse microbienne pour améliorer leurs produits en identifiant les bactéries et les moisissures et les métabolites souhaitables associés ou en résolvant des problèmes liés aux taxons d’altération ou d’autres problèmes de fermentation.

Le processus de fabrication du vin commence quand les grappes de raisin sont récoltées et pressées pour en faire du moût. David Mills, auteur principal de la nouvelle étude, dit que ses collaborateurs et lui ont voulu savoir si les microbes dans le moût, ainsi que dans les étapes ultérieures de la fermentation, pourraient être utilisés pour décrire une population microbienne spécifique d’un vin.

« Nous étions curieux du microbiome maison, pour ainsi dire », dit-il.

Ils ont utilisé le séquençage des gènes à haut débit pour identifier des microbiomes individuels dans chacun d’environ 700 échantillons de moût et de vin, collectés en 2011 à parti des huit étapes du processus de fermentation. Far Niente et Nickel & Nickel, des vignobles voisins à Oakville, en Californie, ont fourni les prélèvements, et Mills dit que cette acquisition a été une entreprise herculéenne pour les vignobles.

« Littéralement chaque lot de production a été prélevé à partir de 2011 », dit-il. « Ils ont dû réaliser une quantité incroyable de prélèvements pour rendre ce projet possible. »

Le vigneron Greg Allen, qui a collecté les prélèvements, est co-auteur de l’article et ancien étudiant dans le laboratoire de Mills. L’étude sur les grappes de raisins a inclus celles utilisées pour les vins Chardonnay et Cabernet Sauvignon et qui avait été récoltées dans les comtés de Napa et Sonoma.

Les chercheurs ont mesuré les changements dans l’abondance des taxons particuliers de bactéries et de champignons durant le processus de fermentation et ils ont corrélé le microbiome du moût au métabolome du vin final. Leurs résultats corroborent des études précédentes qui avaient identifié certaines familles bactériennes, comprenant des Enterobacteriaceae, Pseudomonas, Sphingomonas et Methylobacterium, qui augmentent durant la fermentation. Ces microbes ne jouent pas un rôle bien connu, mais ils peuvent contribuer à la performance de la fermentation et au goût du vin.

Nicholas Bokulich, un ancien étudiant du laboratoire Mills, a dirigé l’étude, qui a été construite sur ses travaux précédents. En 2013, ses collaborateurs et lui ont montré que les populations à la surface des grappes de raisins variaient d’une région à l’autre, en accord avec les profils de variations climatiques. Les raisins cultivés pour le Cabernet Sauvignon sur la côte centrale ont des microbes différents de ceux qui sont cultivés à Sonoma ou dans le nord de San Joaquin Valley, par exemple.

Les chercheurs ont longtemps cherché à comprendre la science sous-jacente au vin de terroir – comment le climat, le sol et d’autres facteurs environnementaux régionaux influencent les caractéristiques d’un vin. Au cours des dernières années, de nombreux scientifiques se sont intéressés aux bactéries et aux champignons non pathogènes, soit dans le sol ou sur les raisins.

« Ceci est un champ d’étude qui se développe rapidement, et beaucoup d’autres chercheurs dans le domaine du vin dans le monde entier, Australie, France, Chili, sont en train de suivre ces sortes de fils et de rechercher leur propre terroir microbien », dit Mills. « Voilà une bonne chose. »

Il prévient que la nouvelle étude suggère mais ne prouve pas, une influence microbienne sur le terroir d’un vin. « Nous ne savons pas la contribution relative que les microbes jouent dans une saveur éventuelle et dans les caractéristiques sensorielles du vin », dit-il. Dans le même temps, cela représente un pas dans cet effort, en montrant comment des populations microbienne peuvent prédire l’abondance des métabolites, même avant fermentation.

Il est peu probable que les bactéries et les champignons pourraient être utilisés pour synthétiser complètement chaque aspect du terroir, dit Mills, car une grande variété de facteurs environnementaux connus et inconnus laisse leur empreinte digitale sur un vin. Mais « peut-être nous pouvons moduler simplement la saveur en trouvant les bons microbes qui sont corrélés avec elle. »

Bokulich a reçu un soutien financier de l’American Wine Society Educational Foundation Endowment Fund, l’American Society of Brewing Chemists Foundation et de Wine Spectator.

Un capteur électronique basé sur l’osmorégulation bactérienne est-il l’outil de demain pour la médecine et de la sécurité des aliments ?

15
juin
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Classé dans Contamination, Contamination croisée, Curiosité, Environnement, Hygiène, Microbiologie, Santé, Sécurité des aliments.

« Un capteur électronique qui dit si des bactéries sont mortes ou vivantes en mesurant ‘l’osmorégulation’ est un outil potentiel du futur pour la médecine et de la sécurité des aliments », source communiqué de Perdue University.

Extraits.

Un nouveau type de capteur électronique qui pourrait être utilisé afin de détecter rapidement et de classer les bactéries comme diagnostic médical et en sécurité des aliments a passé un obstacle clé en différenciant des bactéries mortes et des bactéries vivantes.

Les technologies classiques de laboratoire demandent à ce que des prélèvements soient cultivés pendant des heures ou plus pour qu’il y ait suffisamment de croissance des bactéries pour l’identification et l’analyse, afin, par exemple, de déterminer quel antibiotique prescrire. La nouvelle approche pourrait être utilisée pour créer un réseau de centaines de capteurs sur une puce électronique, chaque capteur détectant un type spécifique de bactéries ou mettant en évidence l’efficacité d’un antibiotique particulier en quelques minutes.

« Nous avons fait un pas vers cet objectif de long terme en montrant comment distinguer des bactéries vivantes et des bactéries mortes », a dit Muhammad Ashraful Alam, professeur de génie électrique et informatique à l’Université Purdue. « Ceci est important car vous devez non seulement détecter et identifier les bactéries, mais déterminer quels antibiotiques sont efficaces pour les détruire. »

A new type of electronic sensor may lead to devices that detect and classify bacteria for medical diagnostics and food safety. (Purdue University photo/Aida Ebrahimi)

Un nouveau type de capteur électronique de détection peut conduire à détecter et à classer les bactéries pour un usage médical et en sécurité des aliments. (Purdue University photo/Aida Ebrahimi)

Les résultats sont détaillés dans un article paru cette semaine dans les Proceedings of the National Academy of Sciences. L’article a été rédigé par une étudiante en doctorat, Aida Ebrahimi et Alam. « Le capteur d’une goutte de prélèvement a évolué à partir d’un dispositif conçu pour détecter de petites concentrations de molécules d’ADN chargées négativement dans une recherche qui a commencé il y a environ quatre ans », a dit Ebrahimi.

« Nous n’avions pas prévu que le capteur pourrait être utilisé pour dire si des bactéries sont vivantes ou mortes, ce fut une observation fortuite qui nous a conduit à cette façon élégante de mesurer la viabilité des cellules », a-t-elle dit.

Comme cela est décrit dans l’article dans PNAS, le capteur fonctionne en détectant des changements dans la conductivité électrique de gouttes contenant des cellules bactériennes. (une vidéo sur YouTube sur cette recherche est disponible).

« Pour voir si quelqu’un est vivant », a dit Alam, « nous pouvons compter les petits-enfants des générations plus tard, ce qui analogue aux techniques basées sur la croissance traditionnelle. Or, nous pouvons mesurer directement le pouls d’une personne, de façon analogue avec la détection des bactéries telle qu’elle est proposée dans l’osmorégulation. Inutile de dire que la mesure physiologique immédiate est plus rapide et de loin supérieure. »

Rôle du microbiote associé à l’altération de la viande et à l’environnement de transformation de la viande

14
juin
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Classé dans Contamination, Contamination croisée, Curiosité, Environnement, Hygiène, Microbiologie, Santé, Sécurité des aliments, Viande.

Résumé.

imgresLa contamination microbienne dans les usines de transformation des aliments peut jouer un rôle fondamental dans la qualité et la sécurité des aliments. Les objectifs de cette étude étaient d’en apprendre davantage au sujet de l’influence possible de l’environnement de la transformation de la viande sur la contamination initiale de la viande fraîche et d’investiguer les différences entre les établissements de distribution à petite échelle (SD) et de distribution à grande échelle (LD). Des échantillons ont été prélevés dans des boucheries (n = 20), comprenant des établissements LD (n = 10) et SD (n = 10), lors de deux campagnes de prélèvements. Les prélèvements ont inclus des coupes fraîches de porc et de bœuf et des prélèvement par écouvillonnage du couteau, de la planche à découper et de la main du boucher. Le microbiote des échantillons de viande et des écouvillons environnementaux étaient très complexes, comprenant plus de 800 unités taxonomiques opérationnelles (OTUs) répertoriées au niveau de l’espèce. L’analyse du séquençage de l’ARNr 16S a montré le microbiote était partagée par 80% des prélèvements et comprenait Pseudomonas spp., Streptococcus spp., Brochothrix spp., Psychrobacter spp. et Acinetobacter spp. Une classification hiérarchique des prélèvements sur la base du microbiote a montré une certaine séparation entre les prélèvements de viande et environnementaux, avec des taux plus élevés de Proteobacteria dans la viande. En particulier, les taux de Pseudomonas et plusieurs membres des Enterobacteriaceae étaient plus élevés de manière significative dans les prélèvements de viande, tandis que Brochothrix, Staphylococcus, les bactéries lactiques et Psychrobacter prévalaient dans des prélèvements réalisés par écouvillonnage de l’environnement. Un regroupement cohérent a été observé lorsque les activités métaboliques ont été prises en compte par une analyse métagénomique prévisionnelle des prélèvements. Une augmentation du métabolisme des hydrates de carbone a été prédite pour les écouvillons environnementaux et elle a été constamment liée à des Firmicutes, tandis qu’une augmentation des voies liées au métabolisme des acides aminés et des lipides a été prédite pour les prélèvements de viande et a été corrélée de façon positive avec des Proteobacteria. Nos résultats ont mis en évidence l’importance de l’environnement de transformation en contribuant aux taux microbiens initiaux de la viande et montre clairement que les types d’établissements de distribution (LD ou SD) n’affectent apparemment pas la contamination.

Importance. L’étude fournit une description approfondie du microbiote de la viande et des environnements de transformation de la viande. Elle met en évidence l’importance de l’environnement comme une source de contamination par des bactéries d’altération, et elle montre que la taille de l’installation de distribution n’affecte pas le taux et le type de contamination.

Référence. Stellato G, La Storia A, De Filippis F, Borriello G, Villani F, Ercolini D. 2016. Overlap of spoilage-associated microbiota between meat and the meat processing environment in small-scale and large-scale retail distributions. Appl Environ Microbiol 82:4045–4054. doi:10.1128/AEM.00793-16.