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Suisse : Trois espèces d’insectes commercialisés en 2016

23
juin
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Classé dans Contamination, Curiosité, Environnement, Hygiène, Règlementation, Santé, Sécurité des aliments.

En avril 2015, l’Anses publiait un état sur la « Consommation d’insectes : état des lieux des dangers potentiels et des besoins de recherche » avec un avis relatif à la valorisation des insectes dans l’alimentation et l’état des lieux des connaissances scientifiques sur les risques sanitaires en lien avec la consommation des insectes.

Bref, as usual, l’Anses a sorti l’artillerie lourde …

3375884-jpgMais, en Belgique comme chacun le sait désormais, au sujet de la consommation d’insectes, « Refusant de chercher la petite bête, l’AFSCA en autorise dix », selon RTL.be du 22 décembre 2013. Voir à ce sujet, La consommation d’insectes légalisée en Belgique mais la France cherche toujours la petite bête ! et Belgique : Elevage et commercialisation d’insectes et de denrées à base d’insectes pour la consommation humaine.

Nos voisins et amis suisses vont eux aussi bientôt les autoriser, mais trois espèces seulement, selon cette source.

La commercialisation d’insectes dès 2016 ont reçu lundi le feu vert de l’Office fédéral de la sécurité alimentaire et des affaires vétérinaires (OSAV) de Suisse, a rapporté la presse locale.

Il s’agit tout d’abord de trois espèces d’insectes qui sont la larve du ténébrion meunier, le grillon domestique et le criquet migrateur, a précisé la même source.

Pour le moment, il n’est pas prévu d’étendre le menu, car selon l’OSAV, Il faut songer « aux conditions d’élevage à grande échelle, ainsi qu’aux règles d’hygiène et de sécurité, sans compter un risque d’allergie de la population aux protéines des insectes ».

La commercialisation d’insectes figurait parmi les ordonnances remaniées ou corrigées de la révision de la loi sur les denrées alimentaires

Evaluation des risques microbiologiques d’une conservation non réfrigérée des sandwichs garnis

11
juin
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Classé dans Contamination, Contamination croisée, Curiosité, HACCP, Hygiène, Microbiologie, Règlementation, Santé, Sécurité des aliments.

Avis 10-2015 du comité scientifique de l’AFSCA (Avis approuvé par le Comité scientifique le 22 mai 2015) publié le 11 juin 2015.

Concerne : Evaluation des risques microbiologiques d’une conservation non réfrigérée des sandwichs garnis (dossier Sci Com 2015/02).

chicken-tandoori-sandwich-715768Résumé.

Il est demandé au Comité scientifique s’il est acceptable du point de vue de la sécurité alimentaire qu’il soit dérogé à la température légale de conservation des sandwichs garnis, à savoir 13°C au lieu de 4°C ou 7°C en fonction de la nature de la garniture et si une fluctuation de température supérieure à 3°C, incertitude de mesure comprise, peut encore être acceptée.

Le Comité scientifique estime que le risque supplémentaire pour la sécurité alimentaire généré par la conservation des sandwichs garnis à 13°C durant 3 heures est faible si les sandwichs garnis sont ensuite conservés durant maximum 4 heures à température ambiante.

Cette estimation des risques n’est pas valable pour les sandwichs garnis avec de la viande fraîche et des préparations de viande fraîche (notamment carpaccio, hachis, filet américain) ou du poisson frais, qui sont intrinsèquement davantage sujets à contamination microbiologique et décomposition ou à développement de germes pathogènes dans des conditions de conservation non réfrigérée. Pour une fluctuation de température supérieure à 3°C, incertitude de mesure comprise, le risque pour la sécurité alimentaire est estimé comme faible, si cela se produit uniquement lorsque cela est nécessaire pour la manipulation lors de la préparation, du transport, du stockage, de l’exposition et de la livraison de denrées alimentaires.

Ciel, des Listeria dans mes olives !

23
mai
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Classé dans Contamination, Contamination croisée, Curiosité, Environnement, Hygiène, Listeria, Microbiologie, Rappel, Règlementation, Santé, Sécurité des aliments.

Décidément Listeria ne respecte plus rien, même l’apéro, quand il fait beau, jugez plutôt …

L’AFSCA de Belgique rapporte le 22 mai 2015 un « Communiqué de Pietercil Delby’s SA » :

Rappel de mélange olives vertes et noires

Problématique : Présence possible de listeria.

Pietercil Delby’s SA demande aux clients des magasins CORA en Belgique et au Grand-Duché de Luxembourg de ramener le mélange olives vertes et noires ‘le moins cher’ / ‘de goedkoopste’ avec comme date de péremption le 17/08/2015 dans les magasins CORA.

La présence de Listeria a été constatée dans les produits concernés, ce qui peut être de nature à présenter un risque sanitaire pour le consommateur.

dyn007_original_700_350_jpeg_2602324_f7b058c08ae7d6d2851f7c20fb026c88On aura noté que le communiqué dit à la fois ‘présence possible‘ et ‘la présence de Listeria a été constatée‘ …

Encore un aliment à ajouter dans la liste des aliments à éviter pour les femmes enceintes et les personnes à risques ? L’Anses en France va très certainement nous éclairer prochainement …

Mais qu’en est-il de Listeria et des olives ?

L’Association Française Interprofessionnelle de l’Olive proposait en 2010 un « Rappel des normes des produits à base d’olives » et en particulier des caractéristiques microbiologiques.

L’objectif de cette circulaire est de faire un point sur la réglementation, applicable à ce jour, en ce qui concerne les caractéristiques physico-chimiques et microbiologiques des produits à base d’olives, pasteurisés ou en frais.

Je ne sais pas si ces caractéristiques sont toujours d’actualité, mais il est noté que des pathogènes doivent être recherchés (absence dans 25 g pour Salmonella, Escherichia coli et Listeria monocytogenes) pour les olives vertes confites, les olives noires au naturel et les olives déshydratées au sel.

Cela étant pour les olives de table, selon le Lamy Dehove, la présence de Listeria n’est pas à rechercher.

L’une des rares études sur la présence de Listeria dans les olives est une étude italienne sur l’occurrence de Listeria monocytogenes dans des olives vertes de table.

« Les résultats ont démontré que L. monocytogenes peut survivre et se développer dans des olives vertes de table. L. monocytogenes a été retrouvé dans un prélèvement commercial (traité thermiquement) analysé et dans tous les prélèvements âgés de plus de 2 mois, indépendamment de la variété d’olives, des cultures starters de bactéries lactiques utilisées, du pH et l’acidité titrable des prélèvements de saumure ou des traitement appliqués. »

Référence Caggia, Cinzia; Randazzo, Cinzia L.; Di Salvo, Monia; Romeo, Flora; Giudici, Paolo. Occurrence of Listeria monocytogenes in Green Table Olives Journal of Food Protection®, Number 10, October 2004, pp. 2092-2353, pp. 2189-2194(6).

Pour en revenir à notre rappel de mélange d’olives, il demeure une question subsidiaire, quelles sont les olives responsables, les noires, les vertes ou les deux ?

A vous de voir …

NB : Photo contractuelle ne représentant pas le produit rappelé.

Mise à jour du 27 mai 2015. Rappel également au Luxembourg.

Poussée de fièvre médiatique en Belgique à propos de fromages au lait cru et en guest star, Listeria

14
mai
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Classé dans Contamination, Contamination croisée, Curiosité, Environnement, Hygiène, Listeria, Microbiologie, Rappel, Règlementation, Santé, Sécurité des aliments, Union Européenne.

La Belgique connaît une fièvre médiatique avec ce récent communiqué de l’AFSCA du 13 mai 2015, « L’AFSCA communique la présence de Listeria monocytogenes dans des fromages de Herve produits par l’établissement MUNNIX. Afin de garantir la sécurité du consommateur, l’AFSCA a décidé de retirer du commerce ces fromages de Herve. »

D’après l’avenir.net du 13 mai 2015, « Dans la foulée, environ 1 500 fromages ont donc été saisis de façon conservatoire. « Le producteur doit soumettre ses fromages à analyse afin de prouver que ses produits ne représentent aucun danger», ajoute le porte-parole, qui précise que mettre ces produits sur le marché représente un réel danger, notamment pour les femmes enceintes.

listeriaLe fromager explique également qu’avec moins de 10 unités formant colonie de listéria sur 25 grammes, ses fromages sont sous le taux de 100 ufc/g qui était d’application.

Du côté de l’Afsca, on souligne toutefois qu’il s’agit «d’une réglementation européenne entrée en vigueur en 2005». Si l’Afsca indique n’avoir jamais exigé du fromager qu’il arrête sa production, l’agence précise que s’il poursuit sa production, les trois prochains lots devront être soumis à des analyses qui prouvent qu’ils sont exempts de listéria. »

Le producteur ne semble pas bien connaître la réglementation qui stipule que le critère pour tout produit destiné à être consommé en l’état et trouvé positif en Listeria monocytogenes est < 100 ufc/g pendant toute sa durée de vie. Mais comme le rappelle régulièrement la DGAL en France, « s’il n’y a pas d’éléments permettant de garantir que le taux de 100 ufc/g ne sera pas dépassé à la DLC, est considéré comme une non-conformité qui donne lieu à une alerte. »

Ce texte français dit que la France opère de cette façon, contrairement à de nombreux pays. Il faut donc croire qu’avec ce rappel et ce blocage de fromages, cela ne soit pas le cas … en Belgique aussi !

Enfin, on lira des articles plus ou moins exacts, mais qui aussi posent quelques questions sans réponse, faute d’explications détaillées et de pédagogie sur ce qu’est précisément la réglementation en la matière, du coup les médias s’en donne à cœur joie :

  • « Herve: suite à sa nouvelle descente, l’AFSCA retire du commerce les fromages de la ferme Munnix », source Meuse.be.
  • « Herve: vers la fin du fromage au lait cru? » source RTBF.be.
  • « Un médecin de Liège alerte sur la dangerosité de la listeria dans les produits alimentaires: la bactérie peut représenter un risque pour la santé », source Sudinfo.be.
  • « La listeria dans les aliments, peut-être un risque pour la santé », source l’avenir.be.
  • « Les normes sanitaires modernes tuent-elles les petits producteurs? », source RTBF.be.
  • « Le fromage de Herve au lait cru menacé par une directive européenne? Notre ministre de l’Agriculture se veut rassurant et livre des explications », source RTL.be.

Pour ma part, il me pense que le principal problème pour les fabricants de fromages lait cru est les STEC et non pas Listeria et Salmonella, malgré des rappels de temps à autre …

Mise à jour du 16 mai 2015. Communiqué de l’AFSCA. L’AFSCA mandatée par le Parquet de Verviers dans le cadre de la distribution des fromages de Herve au lait cru placés sous saisie conservatoire (15/05/2015).

De la lutte contre les bactéries résistantes aux antibiotiques, une découverte de l’Unveristé Catholique de Louvain

19
déc
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Classé dans Curiosité, Environnement, Santé.

blog_fin_4Depuis 4 ans, des chercheurs de l’UCL tentaient de mieux comprendre comment les bactéries résistantes aux antibiotiques se défendent, pour pouvoir mieux les attaquer. Aujourd’hui, ces chercheurs ont compris ce mécanisme et le résultat de leurs recherches est publié dans Cell. Source communiqué de l’UCL

Explications, en images, de cette découverte exceptionnelle, par Jean-François Collet, professeur à l’Institut de Duve de l’UCL.

Il existe deux grandes familles de bactéries : celles qui sont entourées d’une seule membrane (ou d’un seul mur d’enceinte) et celles qui sont entourées de deux membranes (ou deux murs d’enceinte). C’est à ce deuxième type de bactéries que s’est intéressée l’équipe de Jean-François Collet, professeur à l’Institut de Duve de l’UCL.

Pour qu’une bactérie survive, elle doit parvenir à garder intacts ses deux murs d’enceinte. Si l’un de ses murs est abîmé, elle meurt. Il était donc crucial pour les chercheurs UCL d’analyser les mécanismes de protection de ces « murs » bactériens (de trouver leur faille) afin de pouvoir mieux lutter contre ces systèmes de défense, en mettant au point de nouveaux antibiotiques.

Les chercheurs se sont intéressés à une protéine présente entre ces deux murs de protection, RcsF. Quand tout va bien, cette protéine est continuellement envoyée sur le 2e mur d’enceinte. Par contre, en cas d’attaque (par un antibiotique par ex.), la machinerie qui envoie RcsF sur le mur extérieur ne fonctionne plus : au lieu de se retrouver sur le 2e mur d’enceinte, RcsF se trouve coincée entre les deux fortifications (membranes), d’où elle envoie un signal d’alarme. Grâce à cette alerte, la bactérie enclenche des systèmes de défense (en envoyant d’autres protéines en renfort) afin de résister à l’attaque antibiotique.

Ce que les chercheurs de l’UCL sont parvenus à découvrir dans ce processus, c’est la manière dont la protéine RcsF parvient à sonner l’alarme. Concrètement, en cas de stress, coincée entre les deux murs, RcsF entre en contact avec une autre protéine, IgaA. C’est l’interaction entre ces deux protéines qui permet de donner l’alerte.

Quel était l’intérêt de découvrir ce mécanisme d’alerte ?

En termes de recherche fondamentale, les chercheurs voulaient comprendre comment le système d’alerte fonctionnait. Ils ont fait une double découverte inattendue : le fait que la protéine RcsF se place sur le deuxième mur d’enceinte (à la surface de la bactérie) et qu’elle entre en interaction avec une 2e protéine, IgaA. Cette découverte débouche sur d’autres questions intéressantes car elle suggère que d’autres protéines peuvent emprunter le même chemin ;

En termes de recherche appliquée, sachant que ce mécanisme d’alerte contribue à la défense des bactéries contre les antibiotiques, le but des chercheurs de l’UCL était de mieux comprendre le fonctionnement de ces protéines afin de pouvoir développer de nouveaux antibiotiques, qui by passeraient ce système d’alerte, et donc, in fine, de mieux lutter contre les infections bactériennes (comme les infections urinaires, liées à la bactérie Escherichia coli, par ex.). En l’occurrence, les chercheurs pensent pouvoir utiliser les protéines de ce système comme cible pour casser la défense des bactéries et créer de nouveaux antibiotiques.

Actuellement, la résistance de certaines bactéries aux antibiotiques est un problème de santé majeur. De plus en plus de bactéries deviennent résistantes aux antibiotiques disponibles, parce qu’elles acquièrent de nouveaux mécanismes de défense. En ce sens, cette découverte UCL pourrait répondre à cette problématique grandissante.

Cette recherche, publiée par la prestigieuse revue scientifique Cell, a été menée à l’Institut de Duve de l’UCL, par une équipe internationale (Corée, Pologne, Liban, France, Belgique) d’une dizaine de microbiologistes et biochimistes, en collaboration avec un groupe du European Molecular Biology Laboratory (EMBL, Allemagne).