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Communication à propos des risques : Que valent les plans de surveillance avec des taux de conformité élevés au Canada et en France ?

13
avr
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Classé dans Contamination, Curiosité, Environnement, Hygiène, Réglementation, Santé, Sécurité des aliments.

Il y a une semaine, l’Agence canadienne d'inspection des aliments (ACIA) rapportait que « Plus de 99% des échantillons de cantaloups entiers sont exempts de salmonelles », très exactement « 99,8% des cantaloups entiers échantillonnés n'étaient pas contaminés par la bactérie Salmonella. »

Cela étant l’ACIA n’a pas testé Listeria, un oubli sans doute ?

imgresMaintenant, l’ACIA nous informe, source Doug Powell du barfblog, que, « plus de 99,9 % des échantillons de légumes-feuilles analysés n'avaient aucune concentration détectable de bactéries pathogènes et pouvaient être consommés sans danger.

Dans le cadre d'un plan d'échantillonnage microbiologique quinquennal qui a débuté en 2008-2009, l'ACIA a analysé un total de 4 250 échantillons de légumes-feuilles frais entiers et coupés, importés et d'origine canadienne, vendus sur le marché canadien, pour la présence de Salmonella, d'E. coli O157:H7, d'E. coli O157:NM et d'E. coli générique. Les échantillons de légumes-feuilles frais coupés ont aussi été analysés pour la présence de Listeria monocytogenes.

L'étude de 2009-2010 a révélé 12 échantillons « insatisfaisants » en raison de la présence de Salmonella ou de Listeria monocytogenes, ou de niveaux élevés d'E. coli générique. Aucun des échantillons n'a donné des résultats positifs pour la présence d'E. coli O157:H7 ou d'E. coli O157:NM*. »

Doug Powell indique que « Jouer avec le jeu des 99 pour cent est une terrible communication à propos des risques : cela n'a aucune importance si le pourcentage d'échantillons positifs est très faible, si vous étiez l'une des 23 personnes qui est décédée de Listeria avec des produits de charcuterie de chez Maple Leaf en 2008.

Les données et l'échantillonnage sont un mal nécessaire et je suis heureux que l'ACIA rendent les résultats publics. Mais l’analyse présente des limites et est sujette à caution. C'est cher, et l'industrie a beaucoup de données, alors pourquoi ne pas les rendre publiques dans le cadre d'une approche globale de la sécurité des aliments d'un aliment spécifique. »

Bien entendu, les mêmes observations peuvent être faites en France avec une étude comme celle proposée par la DGCCRF le 17 mars 2014 sur la contamination des aliments à la distribution par Listeria monocytogenes : taux de conformité de 99,5% pour les fromages, 98,33% pour les produits de charcuterie et 95,7% pour les produits à base de poisson / produits de la mer. Voir à ce sujet DGCCRF : Nouveau bilan globalement positif de la surveillance de la contamination par Listeria monocytogenes.

*A propos de E. coli O157:NM, selon ce site, E. coli O157:NM diffère de E. coli O157:H7 en ce sens qu’il ne possède pas l’antigène flagellaire H, rendant ainsi E. coli non mobile (NM).

La sécurité des aliments dans les restaurants au Canada ou pourquoi les résultats des inspections des restaurants peuvent être difficiles à trouver ?

11
avr
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Classé dans Curiosité, Hygiène, Réglementation, Santé, Sécurité des aliments.

webst11167Au Québec, on apprend que « Chaque jour, huit personnes sont intoxiquées dans un restaurant ou une épicerie au Québec. Le ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation (MAPAQ) surveille de très près les restaurateurs récalcitrants. »

Et ailleurs au Canada, selon CBC news, on se demande « pourquoi les résultats des inspections des restaurants peuvent être difficiles à trouver ? » Malgré des réussites locales, l'industrie s'oppose système de notation des restaurants.

Les Canadiens aiment dîner à l'extérieur, mais l'information sur la façon dont les restaurants sont notés dans les rapports d'inspection de la santé n'est pas toujours facile à trouver, selon une enquête de CBC Marketplace.

Les ménages canadiens dépensent en moyenne environ 2000 dollars canadiens (1 313 euros) chaque année pour manger au restaurant et près de deux millions d'entre nous contractent des maladies d'origine alimentaire en mangeant dehors, selon Santé Canada.

La difficulté pour les clients du restaurant est que le Canada a un patchwork de règles et de règlements sur la façon dont les rapports d'inspection sont rendus publics.

Certaines provinces ou villes canadiennes publient les résultats d'inspection, mais ils ne sont pas affichés dans les restaurants où les gens peuvent les voir avant de commander un repas. D'autres, comme le Manitoba ne publie pas de rapports, mais après une enquête de Marketplace, la province a décidé de rendre les informations disponibles pour CBC.

Toronto a lancé un système public de notation des restaurants. Il y a plus de dix ans que les résultats sont mis en ligne et les clients peuvent les voir, un changement dit la ville qui a contribué à un spectaculaire bond dans les taux de conformité et une baisse significative des maladies d'origine alimentaire. Mais un groupe de l'industrie s'est opposé à des tentatives d'introduire des systèmes similaires ailleurs, et seules quelques juridictions ont adopté l'approche de la ville de Toronto.

« La sécurité des aliments est une question très grave », dit Jim Chan, un inspecteur de la santé publique à la retraite qui a passé 36 années avec la Toronto Public Health. « Tout ce qui peut affecter ma décision de ne pas m'exposer à un danger pour la santé, tout Canadien dans le pays devrait avoir le droit à cette information. En tant que citoyen, je devrais avoir cette information pour être en mesure de prendre une décision éclairée ».

Environ la moitié des maladies d'origine alimentaire au Canada arrivent en mangeant au restaurant, selon Santé Canada.

Un rapport de 2012 du Conference Board of Canada sur l'amélioration de la sécurité des aliments au Canada a révélé que les restaurants sont une source importante de maladies d'origine alimentaire mais les inspections par elles-mêmes ne vont pas assez loin pour protéger les Canadiens de tomber malade.

Les aliments à faible humidité et Salmonella

6
avr
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Classé dans Contamination, Curiosité, Environnement, Hygiène, Rappel, Réglementation, Salmonella, Santé, Sécurité des aliments.

ucm391994-135x300La Food and Drug Administration rapporte le 4 avril 2014 le rappel de divers produits de poivre noir en grains bio de chez Sprouts Farmers après que des analyses internes aient révélé la présence d’une contamination par Salmonella.

Le 5 avril, l’Agence canadienne d’inspection des aliments (ACIA) signale le « Rappel de divers produits de poivre noir en grains biologique en raison de la bactérie Salmonella ».

L’ACIA indique que « ce rappel découle d'un rappel effectué aux États Unis par l'entreprise Frontier Natural Products Co-op. L'Agence canadienne d'inspection des aliments (ACIA) procède actuellement à une enquête sur la salubrité des aliments qui pourrait entraîner le rappel d'autres produits. Tout autre rappel de produit à haut risque sera signalé au public au moyen d'une mise à jour de l'avis de rappel. »

Comme le signale Ben Chapman du barfblog à propos de la présence de Salmonella dans des aliments à faible humidité, on peut commencer par la présentation de Jenny Scott de la FDA.

Sur ce blog, on pourra aussi lire les articles précédents sur la présence de Salmonella dans du poivre, Même moulu, le poivre noir ou rouge peut héberger Salmonella, Salmonella est poivré !, Une salmonelle peut-elle en cacher une autre ? et Salmonella et le poivre rouge.

Canada : Plus de 99 % des échantillons de cantaloups entiers sont exempts de salmonelles

5
avr
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Classé dans Contamination, Curiosité, Listeria, Réglementation, Salmonella, Santé, Sécurité des aliments.

lawcantaloupeCommuniqué intéressant du 4 avril 2014 en termes de communication à propos des risques de l'Agence canadienne d'inspection des aliments : « Plus de 99 % des échantillons de cantaloups entiers sont exempts de la salmonelle »

Il s’agit d’une « Enquête ciblée du Plan d'action pour assurer la sécurité des produits alimentaires ».

Dans le cadre des analyses courantes de divers produits alimentaires effectuées par l'Agence canadienne d'inspection des aliments (ACIA), un rapport d'enquête publié aujourd'hui révèle que 99,8 pour cent des cantaloups entiers échantillonnés n'étaient pas contaminés par la bactérie Salmonella.
Un total de 499 échantillons de cantaloups entiers ont été prélevés et analysés aux fins de dépistage de la salmonelle, une bactérie qui peut causer une maladie grave pouvant avoir des effets à long terme. Un échantillon a été jugé insatisfaisant en raison d'une contamination par la salmonelle. L'ACIA a donc entamé une enquête sur la salubrité des aliments, laquelle a entraîné le rappel du produit (le rappel se trouve sur le site de Bibliothèque et Archives Canada). Aucun cas de maladie associé à la consommation de ce produit n'a été signalé.
L'ACIA a identifié les cantaloups comme un des groupes de produits prioritaires parmi les fruits et légumes frais devant faire l'objet d'une surveillance accrue. Cette enquête ciblée sur la salmonelle représente une partie des 3 500 échantillons et plus de cantaloups prélevés sur une période de cinq ans (de 2008-2009 à 2012 2013). L'ACIA poursuit ses activités de surveillance et rendra publiques ses conclusions dès que ce sera possible.
Les constatations générales faites durant la présente enquête donnent à penser que la grande majorité des cantaloups vendus sur le marché canadien sont produits et manipulés selon des bonnes pratiques agricoles et des bonnes pratiques de fabrication. Cependant, des cas isolés de contamination de cantaloups par Salmonella sont possibles.

En bref, on nous dit :

  • Les cantaloups peuvent être contaminés par des agents pathogènes lors de la production, de la récolte, de la manutention après la récolte, de la transformation et de la distribution.
  • La présence de pathogènes dans les cantaloups pose un risque de maladie d'origine alimentaire étant donné que les cantaloups sont consommés crus.
  • Une fois que le produit a été contaminé, il est difficile d'éliminer la bactérie en raison de la surface rugueuse du melon, qui constitue des zones d'attache pour les bactéries et nuit à la désinfection.

NB : On peut se demander pourquoi Listeria monocytogenes n’a pas fait l’objet d’une recherche compte tenu de ce qui s’est passé aux Etats-Unis, voir à ce sujet cette série de liens sur ce blog …

Estimations du nombre de cas de maladies d’origine alimentaire au Canada : 1 Canadien sur 8 !

27
mar
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Classé dans Contamination, Curiosité, Environnement, Réglementation, Santé, Sécurité des aliments, TIAC.

Contrairement à la France où il n’existe que des certitudes en la matière, l’agence de la santé publique du Canada informe sur des « Estimations du nombre de cas de maladies d’origine alimentaire au Canada ».

L’Agence de la santé publique du Canada estime que, chaque année, environ un Canadien sur huit (soit quatre millions de personnes) contracte une maladie d’origine alimentaire au pays. Le présent document offre le portrait le plus juste des bactéries, des virus et des parasites (« agents pathogènes ») d’origine alimentaire qui causent le plus de maladies au Canada ainsi qu’une estimation du nombre de cas de maladies d’origine alimentaire dont la cause est inconnue.

En général, l’approvisionnement alimentaire au Canada est très salubre; toutefois, les présentes estimations montrent qu’il y a encore du travail à faire pour prévenir les maladies d’origine alimentaire au Canada et lutter contre celles-ci, pour concentrer les efforts sur les agents pathogènes qui constituent le fardeau le plus important et pour mieux comprendre les maladies d’origine alimentaire dont la cause est inconnue.

L’Agence effectue des estimations pour deux grands groupes de maladies d’origine alimentaire :

Agents pathogènes d’origine alimentaire connus : Il y a 30 agents pathogènes connus qui causent des maladies d’origine alimentaire. Les systèmes de santé publique font un suivi de nombre de ces pathogènes et surveillent les cas de maladie.

Agents non spécifiés : Comme on ne peut pas contrôler ce qui n’a pas encore été identifié, les estimations pour ce groupe d’agents ont été faites à la lumière d’abord des effets sur la santé ou des symptômes qu’ils sont le plus susceptible de causer, à savoir des maladies gastro-intestinales aiguës (MGA) (c.-à-d. vomissements et diarrhée). Les agents non spécifiés ont été définis comme étant : des agents au sujet desquels on n’a pas suffisamment de données pour estimer le fardeau qu’ils représentent; des agents connus n’ayant pas encore été identifiés comme étant la cause d’une maladie d’origine alimentaire; des microbes, des produits chimiques ou d’autres substances dont la présence dans les aliments est connue et dont la capacité de causer des maladies n’est pas prouvée; des agents non encore identifiés.

Pour estimer le nombre total de cas de maladies d’origine alimentaire, l’Agence a estimé le nombre de cas de maladies causées par des agents pathogènes d’origine alimentaire connus et par des agents non spécifiés.

Comparaison avec les Etats-Unis. L’estimation totale globale (agents spécifiés et non spécifiés) pour le Canada est légèrement inférieure à l’estimation des CDC des États-Unis, avec environ un Canadien sur huit, par rapport à un Américain sur six qui contracterait une maladie d’origine alimentaire chaque année, d’après les CDC des États-Unis.

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Équivalent textuel : Pyramide du fardeau de la maladie
La figure illustre le sous dénombrement (sous déclaration et sous diagnostic) dans les systèmes de surveillance en laboratoire visant les maladies d’origine alimentaire. Les cas de maladie survenant au sein de la population (représentés par la large base de la pyramide) sont plus nombreux que les cas déclarés aux systèmes de surveillance (représentés par la pointe de la pyramide). Plusieurs étapes doivent être suivies pour qu’un cas soit recensé par un système de surveillance : la personne malade doit consulter un médecin; le médecin doit demander le prélèvement d’un échantillon (de selles, de sang ou d’urine); la personne malade doit remettre l’échantillon pour qu’il soit analysé ; et un laboratoire doit effectuer les tests appropriés pour détecter l’agent pathogène et transmettre ses résultats aux autorités de la santé publique. Des cas peuvent être « perdus » à chacune de ces étapes (représentées par les échelons décroissant vers le haut de la pyramide).

A quand une estimation des sous-déclarations en France ?

NB : L’article complet, intitulé « Estimation du fardeau des quatre principaux agents pathogènes causant des maladies d’origine alimentaire attrapées au Canada, vers 2006 » (Estimates of the Burden of Food-borne Illness in Canada for 30 Specified Pathogens and Unspecified Agents, circa 2006, disponible en anglais seulement) est publié dans la revue Foodborne Pathogens and Diseases.