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Après les Etats-Unis, Santé Canada et l’Agence canadienne d’inspection des aliments approuvent le saumon AquAdvantage, un saumon génétiquement modifié

19
mai
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Classé dans Curiosité, Environnement, Santé, Sécurité des aliments.

Santé Canada et l’Agence canadienne d’inspection des aliments approuvent le saumon AquAdvantage, selon un communiqué du 19 mai 2016.

 Santé Canada (SC) et l’Agence canadienne d’inspection des aliments (ACIA) ont terminé des examens scientifiques approfondis et rigoureux du saumon AquAdvantage (un saumon génétiquement modifié [GM]) approuvé pour utilisation dans l’alimentation humaine et animale et ils ont déterminé qu’il est aussi sain et nutritif pour les humains et le bétail que le saumon classique. Ces examens constituaient les dernières évaluations scientifiques par le gouvernement du Canada nécessaires pour permettre la vente du saumon AquAdvantage au Canada.

Le saumon AquAdvantage est un saumon GM mis au point par AquaBounty Technologies Inc. en vue de promouvoir la croissance rapide lors des premiers stades de la vie. Cela a été réalisé en présentant un gène de l’hormone de croissance du saumon quinnat dans un saumon atlantique.

Les aliments GM deviennent de plus en plus communs tous les jours et font partie de la diète régulière de la population canadienne. Les aliments GM qui ont été approuvés par Santé Canada sont consommés au Canada depuis de nombreuses années et ils sont sains et nutritifs. Les changements aux gênes des plantes et des animaux peuvent améliorer la qualité et la production d’aliments – par exemple, en minimisant le besoin d’utiliser des pesticides, en rendant les récoltes résistantes à la sécheresse, en empêchant la meurtrissure ou en permettant de cultiver les aliments plus rapidement.

Le saumon AquAdvantage a fait l’objet d’évaluations distinctes de la salubrité et de la nutrition effectuées par Santé Canada pour l’utilisation dans l’alimentation humaine et par l’Agence canadienne d’inspection des aliments (ACIA) pour l’utilisation dans l’alimentation animale. Ces examens ont tous les deux révélé que le saumon est aussi sain et nutritif que le saumon classique. Les évaluations complètent une évaluation réglementaire des risques pour l’environnement et des risques indirects pour la santé humaine qu’Environnement et Changement climatique Canada (ECCC) avait demandé à Pêches et Océans Canada (MPO) d’effectuer en 2013. Plus tard, la même année, à l’aide de l’évaluation des risques du MPO, ECCC a indiqué que la société pouvait mettre en œuvre ses plans de produire, dans des installations terrestres commerciales à éclosions au Canada, des œufs de saumons stériles GM destinés à la vente. Le Canada n’est pas le premier pays à approuver l’utilisation de ce produit pour l’alimentation humaine et animale. En novembre 2015, le saumon AquAdvantage Salmon a été approuvé par la Food and Drug Administration des États‑Unis, après l’examen scientifique de sa salubrité effectué par l’Agence.

Santé Canada exige l’étiquetage des produits alimentaires, y compris des aliments génétiquement modifiés, lorsque des risques pour la santé scientifiquement établis ou des changements importants de la qualité nutritionnelle des aliments ont été relevés et peuvent être atténués à l’aide de l’étiquetage. Par exemple, un allergène présent dans un aliment doit être inscrit sur l’étiquetage en vue d’alerter les consommateurs. Puisque l’évaluation du saumon AquAdvantage n’a révélé aucune source de préoccupation en matière de santé et de sécurité, le produit ne fait l’objet d’aucune exigence spéciale en matière d’étiquetage.

La problématique Listeria

13
mai
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Classé dans Contamination, Contamination croisée, Curiosité, Environnement, Hygiène, Listeria, Microbiologie, Rappel, Réglementation, Santé, Sécurité des aliments, TIAC.

listeria(26)« La problématique Listeria », source The Food Institute of The University of Guelph.

Même si l’industrie alimentaire et les services réglementaires font mieux en termes de prévention face à la réponse de Listeria, un pathogène alimentaire, le vieillissement de la population du Canada pourrait faire que des éclosions liées à ce pathogène soient beaucoup plus dangereuses à l’avenir.

Alors que le nombre de cas déclarés au Canada est relativement faible, environ 150 cas par an (364 cas en 2014 en France métropolitaine, selon l’InVS -aa) contre environ quatre millions d’épisodes d’autres types de maladies d’origine alimentaire au Canada, Listeria, connu par son nom scientifique L. monocytogenes, peut être particulièrement mortel. Retrouvé dans le sol, la végétation, l’eau, les eaux usées, l’alimentation des animaux et les fèces du bétail, les humains et les animaux peuvent être porteurs du pathogène sans le savoir. De nombreux aliments, dont les viandes, les poissons, les végétaux et les produits laitiers ont été retrouvés contenir l’organisme. Le pathogène peut survivre à des températures classiques de réfrigération et ne pas affecter l’apparence, l’odeur ou le goût des aliments contaminés.

La listériose, c’est sérieux

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Jeff Farber

« Quand Listeria frappe, cela peut être très grave et sérieux », explique le Dr Jeffrey Farber, professeur en sécurité des aliments à l’Université de Guelph et nouveau directeur (bravo Jeff ! -aa) du Canadian Research Institute for Food Safety. Expert leader sur Listeria, Farber a rejoint la faculté l’an dernier après une carrière à Santé Canada, où il était plus récemment directeur du bureau des dangers microbiens à la direction des aliments de santé des aliments de la direction générale des produits de santé et des aliments. « Dans une situation d’épidémie, si 100 personnes sont infectées, vous pouvez vous attendre à ce que 30 de ces personnes décèdent. Les personnes à faible risque peuvent n’éprouver aucun effet, mais pour les personnes à haut risque comme les femmes enceintes, les personnes âgées et les personnes qui ont une thérapie immunosuppressive, cela peut vraiment prendre racine dans le corps et être fatal. »

Pourquoi les éclosions pourraient empirer ?

Comme beaucoup d’autres pays industrialisés, la population du Canada vieillit ; nous avons maintenant plus de personnes de 65 ans et plus que de personnes de 14 ans et moins. Parce que l’efficacité du système immunitaire diminue avec l’âge, les données démographiques signifient que de plus en plus de personnes sont potentiellement à risque de décéder de la bactérie Listeria.

Les approches et les stratégies existantes pour gérer Listeria ont été soumis à rude épreuve au cours de la dernière décennie. À Santé Canada, Farber faisait partie de l’équipe qui a été aux prises avec épidémie la plus meurtrière du pays. En 2008, 57 personnes dans sept provinces sont tombées malades à cause de viandes transformées contaminées de chez Maple Leaf Foods, et faisant 24 décès, un taux de mortalité plus de 40%. Un article coécrit par Farber a constaté que l’âge médian des personnes gravement touchées était de 78 ans, la plupart d’entre eux vivant dans des hôpitaux ou des maisons de soins de longue durée.

Ce que nous avons appris

L’éclosion de 2008, qui a coûté au Canada environ 242 millions de dollars, nous a appris quelques leçons. « Vous devez faire des analyses régulières de l’environnement, en particulier dans les usines d’aliments prêts à être consommés en l’état. Beaucoup d’usines font des prélèvements, mais elles ne le font pas assez systématiquement pour trouver … les sources de micro-organismes afin de les éradiquer », dit Farber.

Les services réglementaires ont mis en œuvre des recommandations formulées dans un rapport majeur sur l’épidémie, comprenant une communication accrue entre les diverses agences de sécurité des aliments du gouvernement. Santé Canada a également diminué le délai de réalisation de leurs évaluations des risques pour des problèmes graves de santé de 24 heures à huit heures. La technologie s’est aussi améliorée, comprenant un nouvel outil appelé « le séquençage du génome entier », qui aide les investigateurs à trouver plus rapidement et avec précision la source d’une épidémie.

« Il y a beaucoup de pression sur les laboratoires de santé publique pour ce qui est à l’origine d’une éclosion et pour citer l’aliment. Mais ce qui peut arriver est-ce qu’ils ont une réaction réflexe, et … rappeler, par exemple, des millions de fraises pour découvrir seulement que c’était des framboises. En plus de mettre le doigt sur l’origine de la contamination, le séquençage du génome entier peut éliminer beaucoup de gaspillage alimentaire et de dommages à l’industrie », dit Farber.

Ce que nous apprenons encore

Certaines entreprises alimentaires ont commencé à ajouter des produits chimiques sûrs comme le lactate de sodium et le diacétate de sodium à leurs produits pour inhiber la croissance de la contamination par la Listeria qui pourrait se produire. Cela peut substantiellement réduire les chances qu’une personne tombe malade par un aliment contaminé, mais cela va à l’encontre des tendances alimentaires actuelles, où les consommateurs sont à la recherche d’aliments plus frais et avec moins d’additifs. « Si vous avez une salade conditionnée en sachet qui a une durée de vie de 10 à 12 jours, si Listeria est là, vous lui donnez plus de temps pour se développer », dit Farber. (Un remake de l’adage, les DLC les plus courtes sont les meilleures –aa).

Beaucoup de travaux de recherches se font maintenant, en analysant si de petites quantités d’additifs sont efficaces dans la lutte contre les maladies d’origine alimentaire ou si des additifs que le consommateur considère comme naturels et souhaitables, comme certaines épices ou des inhibiteurs naturels, peuvent inhiber la croissance ou tuer Listeria. Dans le domaine des aliments prêts à être consommés en l’état, de nouvelles technologies telles que le traitement haute pression (voire très haute pression –aa) sont utilisées.

L’éducation du public a également un rôle important à jouer dans la protection des populations à risque élevé. Les Canadiens plus âgés, en particulier, doivent faire attention au nettoyage et à la préparation des aliments, faire en sorte que leurs réfrigérateurs soient légèrement en dessous de la température recommandée (4°C) et prêter plus d’attention à la durée de conservation des aliments. « Si vous achetez une salade conditionnée en sachet et que vous êtes dans un groupe vulnérable, assurez-vous que la date limite de consommation produit soit éloignée de la date de péremption et mangez le jour même ce que vous achetez. N’attendez pas 10 jours pour la manger », dit Farber.

Les salades Dole et Listeria : Shame and Scandal aux Etats-Unis

30
avr
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Classé dans Contamination, Contamination croisée, Curiosité, Environnement, Hygiène, Listeria, Nettoyage-Désinfection, Rappel, Réglementation, Santé, Sécurité des aliments, TIAC.

« Etats-Unis : Des appels incitent la FDA a être plus forte dans le scandale des salades Dole », source article de Coral Beach du 30 avril 2016 paru dans Food Safety News.

Les réactions ont été variées aux nouvelles qui indiquent que Dole Food Co. a sciemment produit et expédié des salades à partir d’une installation contaminée ; ces nouvelles allaient de critiques envers la FDA à une reconnaissance de la part de la direction de Dole, car l’entreprise fait l’objet d’une investigation par le ministère de la justice.

logo-Dole-USE-THIS-ONELa représentante démocatre au Congrès, Rosa DeLauro, du sous-comité responsable du financement de la FDA, a dit que le fonctionnement continu de l’usine de Dole était « un scandale ».

« Quatre personnes sont décédées de ces salades contaminées, et des dizaines d’autres ont été rendues malades et hospitalisées, parce que les dirigeants de Dole voulait mettre les bénéfices de l’entreprise sur le dos de la santé publique. Ces dirigeants doivent être tenus responsables de leurs actes inadmissibles », a déclaré DeLauro dans un communiqué publié vendredi, quelques heures après avoir appris la situation.

« Le peuple américain mérite mieux et nous devons absolument veiller à ce qu’une situation comme celle-ci ne se reproduise plus. L’usine Dole en question a dit qu’ils ont pris des mesures correctives, mais nous avons besoin de réponses précises sur ce que sont ces actions. Si les actions de Dole ne sont pas suffisantes pour assurer la sécurité des aliments, cette usine doit être fermée. »

Plus tôt cette semaine Dole a refusé de fournir des détails sur ce qui avait été fait pour nettoyer l’usine de salades de Springfield dans l’Ohio que les enquêteurs sur les éclosions aux États-Unis et au Canada ont relié aux victimes de Listeria monocytogenes via des empreintes génétiques du pathogène.

Trente-trois personnes ont été confirmées comme ayant eu une infection avec la même souche de Listeria monocytogenes retrouvée dans des salades ensachées dans l’Ohio et au Canada à partir de l’usine de Dole dans l’Ohio. Les inspecteurs de la FDA ont également trouvé la souche épidémique sur l’équipement, les surfaces non en contact avec les aliments, dans de la laitue romaine en cours de transformation dans l’usine et dans les produits finis de salade.

Les 33 victimes ont dû être hospitalisées. Une victime de l’éclosion dans le Minnesota et trois au Canada sont décédées. Le début de la maladie a commencé en mai 2015 et a continué en janvier de cette année, selon les documents de la santé publique.

Dole-483-smoking-gunDes documents obtenus de la FDA obtenus par Food Safety News via une demande selon le Freedom of Information Act ont montré que les responsables de chez Dole savaient la présence de Listeria dans l’établissement depuis au moins juillet 2014. La société n’a pas fermé l’usine de l’Ohio jusqu’au 21 janvier de cette année, plusieurs jours après que les inspecteurs de la FDA l’aient révélé.

« L’échec de Dole d’arrêter l’expédition des produits et de nettoyer son usine avant l’éclosion a montré un mépris total pour la santé de ses clients », a déclaré David Plunkett, avocat dans la sécurité des aliments pour le Center for Science in the Public Interest (CSPI).

« De plus, ses communiqués de presse après coup rappelant les salades ensachées ont montré plus d’inquiétude sur l’image publique de la société que pour les personnes qui achètent ses produits. Les clients de Dole méritaient mieux que les annonces qui servaient l’entreprise. »

Wenonah Hauter, directrice exécutive de Food & Water Watch à Washington, a appelé à un « système d’inspection robuste de la part du gouvernement avec une application efficace. »

« Cette affaire prouve que le fait pour l’industrie de s’autocontrôler ne fonctionne pas, et les systèmes qui sont basé sur les auditeurs privés tierce partie pour faire respecter les normes de sécurité des aliments ne peuvent remplacer un programme d’inspection indépendant du gouvernement », a déclaré Hauter dans un communiqué publié vendredi.

Plunkett du CSPI soutient que Dole, en effet, a violé la loi fédérale sur la modernisation de la sécurité (Food Safety Modernization Act ou FSMA), qui oblige les entreprises à prendre des mesures préventives vis-à-vis de la contamination des aliments par des pathogènes.

« Il semble que Dole n’ait pas reçu le FSMA », a écrit Plunkett, ajoutant que la FDA aurait pu et aurait dû faire plus pour protéger le public.

« La Food and Drug Administration devrait arrêter de laisser les entreprises écrire leurs propres avis de rappel et à la place, mettre en œuvre le système de notification de rappel demandé dans le FSMA. Ce système exigerait que la FDA – et non des entreprises égoïstes – prépare les avis de rappel que les magasins ddoivent afficher pendant 14 jours. Malheureusement, en fonction des actions de l’agence à ce jour, la FDA n’a pas beaucoup fait pour mettre en œuvre ces dispositions de rappel, et ne semble pas prendre l’information des consommateurs beaucoup plus au sérieux que Dole l’a fait. »

Depuis que le président Obama a signé le FSMA en janvier 2011, les administrateurs de la FDA ont averti que le budget de l’agence ne peut pas payer toutes ces exigences.

Le Congressional Budget Office a estimé en 2010, lorsque le Congrès a approuvé le FSMA que la FDA aurait besoin d’une augmentation de plus de 580 millions de dollars pour financer des activités élargies en matière de sécurité des aliments. L’agence a reçu à ce jour environ la moitié de ce cela.

Une étude canadienne montre que le soja peut être utilisé comme antibactérien

30
avr
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« Le soja montre une action prometteuse comme agent naturel antimicrobien, selon une étude », source communiqué de l’Université de Guelph du 25 avril 2016.

Des isoflavones et des peptides de soja peuvent inhiber la croissance de micro-organismes pathogènes qui causent des maladies d’origine alimentaire, selon une nouvelle étude de l’Université de Guelph.

Soybeans-legumes-300x142Les dérivés de soja sont déjà un pilier des produits alimentaires, tels que les huiles de cuisson, les fromages, la crème glacée, la margarine, les pâtes à tartiner, les conserves et les produits de boulangerie.

L’utilisation d’isoflavones et de peptides de soja pour réduire la contamination microbienne pourrait profiter à l’industrie alimentaire, qui utilise actuellement des additifs synthétiques pour protéger les aliments, explique le professeur Suresh Neethirajan, directeur du BioNano Laboratory.

Les chercheurs ont utilisé un secreening microfluidique à haut débit pour réaliser des millions de tests pendant une courte période.

Ils ont constaté que le soja peut être un agent antimicrobien plus efficace que les produits actuels parmi les produits chimiques synthétiques.

L’étude est publiée dans la revue Biochemistry and Biophysics Reports.

« L’utilisation intensive des agents antimicrobiens chimiques a fait que certaines souches de bactéries deviennent très résistantes à ces produits, ce qui les rend inefficaces pour la plupart », a déclaré Neethirajan.

« Des peptides et des isoflavones de soja sont biodégradables, respectueux de l’environnement et non toxiques. La demande de nouveaux moyens de lutte contre les microbes est énorme, et notre étude suggère que des isoflavones et des peptides de soja pourraient faire partie de la solution. »

Neethirajan et son équipe ont trouvé que des peptides et des isoflavones de soja limitaient la croissance de bactéries, dont des pathogènes comme Listeria et Pseudomonas.

« La chose vraiment excitante à propos de cette étude est qu’elle montre la promesse de surmonter la question des antibiotiques actuels à tuer les bactéries sans distinction, qu’ils soient pathogènes ou bénéfiques. Vous avez besoin de bactéries bénéfiques dans l’intestin pour être en mesure de transformer correctement les aliments », a-t-il dit.

Les peptides font partie des protéines, et peuvent agir comme des hormones, des producteurs d’hormones ou des neurotransmetteurs. Les isoflavones agissent comme des hormones et contrôlent une grande partie de l’activité biologique au niveau cellulaire.

Des chercheurs canadiens décrivent la première éclosion du parasite Cryptosporidium dans le nord du Québec

29
avr
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Classé dans Contamination, Curiosité, Environnement, Hygiène, Microbiologie, Santé, Sécurité des aliments, TIAC.

« Des chercheurs canadiens décrivent la première éclosion du parasite Cryptosporidium au Nunavik », source Centre universitaire de santé McGill.

Image1-286L’éclosion d’infections à Cryptosporidium, un parasite intestinal commun dans les zones tropicales, a été identifiée pour la première fois dans l’Arctique. La découverte a été faite au Nunavik dans le nord du Québec, par une équipe de l’Institut de recherche du Centre universitaire de santé McGill (IR-CUSM) en collaboration avec le département de santé publique du Nunavik, l’Institut national de santé publique du Québec, et Santé Canada. Cette recherche fait l’objet d’un article publié récemment dans la revue PLoS Neglected Tropical Diseases et pourrait potentiellement avoir des implications à plus long terme sur la santé des enfants au sein des communautés du Nunavik et du Nunavut.

« Nous avons été très surpris de découvrir cette souche de Cryptosporidium dans l’Arctique, car on la retrouve habituellement dans des pays en développement plutôt qu’en Amérique du Nord », affirme l’auteur principal de l’étude Dr Cédric Yansouni, qui est directeur adjoint du Centre des maladies tropicales J.D. MacLean au CUSM et professeur au sein de la division des maladies infectieuses du Département de microbiologie médicale de l’Université McGill.

Cryptosporidium est un parasite microscopique qui peut vivre dans l’intestin des mammifères dont celui de l’humain. Il se transmet par voie fécale-orale au contact d’une personne ou d’un animal infecté, ou encore par ingestion de nourriture ou d’eau contaminée. Ce parasite cause une maladie du nom de cryptosporidiose qui se manifeste par des diarrhées, des crampes, et vomissements. La maladie peut durer plusieurs semaines et peut s’avérer fatale pour les enfants en bas âge et les personnes avec un système immunitaire faible, comme les personnes avec le VIH, les personnes transplantées, ou celles qui sont traitées pour un cancer.

Les chercheurs se sont penchés sur une éclosion de Cryptosporidium survenue entre avril 2013 et avril 2014 dans une dizaine de villages au Nunavik. Le groupe de chercheurs, en collaboration étroite avec les équipes cliniques sur place, ont confirmé la présence de la souche Cryptosporidium hominis, qui est transmise d’homme à homme et que l’on trouve habituellement dans des pays tropicaux.

« Nous sommes particulièrement vigilants car nous savons que les infections répétées de Cryptosporidium dans les pays en développement peuvent causer un ralentissement de la croissance et potentiellement affecter le développement cognitif chez l’enfant », explique le Dr Yansouni.

Il existe un traitement de la cryptosporidiose aux États-Unis et dans d’autres pays où la maladie sévit, mais actuellement le traitement n’est disponible au Canada que dans des cas exceptionnels via un programme d’accès spécial.

« Ce que nous observons dans l’Arctique, comme dans toute autre région éloignée, nous rappelle les limites du système de santé en ce qui concerne l’accès aux infrastructures diagnostiques », dit Dr Yansouni qui suspecte beaucoup de cas d’infection non rapportés.