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Saga du bisphénol A : Pseudo-science et BPA, un point de vue

13
juin
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Classé dans Contamination, Curiosité, Réglementation, Santé, Sécurité des aliments.

ronalddoering« Plus de pseudo-science ? La croisade anti-BPA est de retour. » Il s’agit d’un article de Ronald Doering paru dans Food Law le 1er juin 2013.

La controverse depuis 25 ans impliquant le BPA dans les emballages alimentaires n’est pas prête de s’éteindre. Elle continue de planer dangereusement comme un nuage noir au-dessus de l'industrie alimentaire.

Le bisphénol A, plus communément appelé BPA, est un produit chimique utilisé principalement dans la production de polycarbonate et de résines époxy. Le polycarbonate est utilisé dans les matériaux entrant en contact avec les aliments tels que des contenants alimentaires et des équipements de transformation. Les résines époxy sont utilisées dans les revêtements protecteurs d’une variété d'aliments et de boissons en conserve, y compris des préparations pour nourrissons.

Au fil des années, Santé Canada a effectué des examens périodiques sur le BPA pour déterminer si l'exposition alimentaire pourrait poser un risque pour la santé des consommateurs. Sur la base du poids total des éléments de preuve, y compris la réaffirmation par d'autres organismes internationaux de réglementation (notamment les Etats-Unis, Europe et Japon), la direction des aliments de Santé Canada a conclu de nouveau sans équivoque que l'exposition actuelle au BPA à travers l'usage de l’emballage alimentaire ne devrait pas constituer un risque pour la santé dans la population générale, y compris chez les nouveau-nés et les nourrissons. En réponse à l'inquiétude croissante des consommateurs, Santé Canada a organisé une énorme réunion d'experts en novembre 2010 en collaboration avec plusieurs autorités réglementaires nationales et des organismes internationaux tels que l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) et l'Organisation pour l'alimentation et l'agriculture des Nations Unies (FAO) pour examiner l’état actuel de la science. La conclusion claire de cette réunion d'experts a confirmé que le BPA était sans danger pour les emballages alimentaires. En outre, Santé Canada a continué de faire un certain nombre d'études, de rapports et d'enquêtes, qui sont publiés en ligne. Santé Canada a fait un réel effort pour rendre la science accessible au public profane et essayer de l'interpréter d'une manière que le consommateur lambda peut comprendre. L'étude de Santé Canada sur les taux de BPA dans les boissons en boîte, par exemple, note qu'une personne devrait consommer 940 canettes de boisson en une seule journée pour atteindre la dose journalière tolérable.

Pourtant, la question fait rage dans les médias et la blogosphère Cette dernière croisade anti-BPA semble avoir rebondi à la suite à la récente redécouverte médiatique et alarmiste sur de BPA du Dr. Frederick Vom Saal qui a clairement fait savoir qu'à son avis, « il n’y a pas d’argument scientifique … il y a des preuves accablantes de danger. » La récente décision de la France d'interdire la fabrication, l'importation, l'exportation et la commercialisation de tous les contenants alimentaires contenant du BPA (effective en 2015) a ajouté un peu de « crédibilité » scientifique au mouvement anti-BPA.

La controverse chez les scientifiques a souvent été personnelle et amère. Même le très respecté professeur Richard Sharpe du Medical Research Council du Royaume-Uni a été irrité par la mauvaise science des critiques sur le BPA et il a écrit un essai en 2009 dans lequel il a documenté les violations systématiques « des principes fondamentaux de la recherche scientifique ». Sharpe a soutenu que la « pagaille scientifique » autour PBA a été causé par « des supposés scientifiques » qui « littéralement jouent un double jeu avec des preuves scientifiques. » Pour ne pas être en reste, Vom Saal insiste sur le fait que toutes les études scientifiques qui ont trouvé que le BPA est sans danger ne sont pas fiables en raison du complot financé par l'industrie aux États-Unis. Pour les scientifiques, c'est une grave injure.

Même s'il y a peu de risque pour la santé, les gouvernements sont obligés de gaspiller des ressources limitées pour répondre à la perception du risque. Selon le professeur Sharpe « le travail répétitif sur le bisphénol A a aspiré des dizaines, probablement des centaines, de millions de dollars provenant d'organismes gouvernementaux et de l'industrie qui … ressemble de plus en plus un investissement avec un retour nul. » Mon collègue du Food Science and Nutrition Program de la Carleton University, professeur de renommée internationale en chimie, David Miller, partage cette préoccupation : « Le danger ici est non-dit combien d'argent et d'effort est mis sur le BPA au lieu de choses qui pourraient avoir un impact plus important sur la santé. »

La controverse continue sur le BPA souligne une autre question importante, les problèmes que pose l'incertitude scientifique pour les organismes de réglementation. Le professeur Sharpe pense que le problème fondamental est que « les politiciens, des personnes dans des postes de décision, ne comprennent pas l'incertitude. » Peut-être. Dans mon expérience, cela est tout aussi problématique que la plupart des scientifiques qui ne comprennent pas le système réglementaire. L’intégration de l'évaluation scientifique des risques et de la politique basée sur le management des risques est diabolique dans sa complexité, pourtant c’est l'un des plus importants défis de politique publique de notre époque.

Ronald L. Doering, BA, LL.B., MA, LL.D., est un ancien président de l'Agence canadienne d'inspection des aliments. Il pratique le droit alimentaire chez Gowling Lafleur Henderson, LLP à Ottawa.

NB : On pourra lire aussi Saga du bisphénol A : L’exposition alimentaire actuelle au bisphénol A contenu dans les emballages alimentaires ne devrait pas présenter de risque pour la santé de la population, selon Santé Canada.

Le Canada, la sécurité des aliments et les amendes

10
juin
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Classé dans Curiosité, Réglementation, Santé, Sécurité des aliments.

La Presse.ca du 4 juin 2013 annonce « Sécurité alimentaire: amendes salées imposées aux délinquants »

698591-ministre-sante-canadienne-leona-aglukkaqLe gouvernement du Canada annonce mardi que dorénavant, il imposera des amendes quotidiennes pouvant atteindre 25 000 dollars canadiens (18 572 euros) à toute compagnie qui négligera de retirer des tablettes (étagères des rayons –aa) des produits alimentaires jugés dangereux.

Dans le dévoilement des mesures qu'elle met immédiatement en application, la ministre de la Santé, Leona Aglukkaq (photo ci-contre), suggère aux entreprises de s'abstenir de défier les ordres émis par le gouvernement quant aux délais de retrait de ces produits.

Les entreprises sans but lucratif seront passibles d'amendes de 5000 dollars canadiens (3714 euros) par jour, mais celles à être imposées aux autres pourraient être beaucoup plus élevées, selon leurs antécédents en matière de sécurité alimentaire.

La ministre Aglukkaq a toutefois noté avec satisfaction que la majorité des compagnies obéissaient déjà aux ordres de rappel et de retrait des produits.

Ces nouvelles mesures punitives édictées par le gouvernement du Canada s'ajoutent à celles déjà inscrites dans la Loi canadienne sur la sécurité des produits de consommation.

Peut-être des idées au gouvernement français en mal de finances publiques …

Le Canada et E. coli O157:H7

6
juin
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Classé dans Contamination, Contamination croisée, Curiosité, E. coli, Environnement, Hygiène, Rappel, Réglementation, Santé, TIAC, Viande.

Ecoliarrows_320x175Comme déjà vu dans deux articles précédents (1, 2) à propos du rapport indépendant qui a constaté, « une attitude de laisser-aller envers l’application des procédures obligatoires, flagrante dans certains documents et moins visible dans d’autres. Encore une fois, cette faiblesse est attribuable aux employés de l’établissement et à ceux de l’ACIA. »

Rappelons que ce rappel de la part de l’abattoir de l’Alberta, XL Foods Inc., est le plus important rappel de viande de l'histoire du Canada.

C’est donc dans ce contexte que l’agence canadienne d’inspection des aliments vient de mettre à jour son feuillet d’information sur E. coli avec les points suivants : Causes, Symptômes, Risques, Traitement, Prévention, Surveillance.

Escherichia coli, communément appelée E. coli, désigne un grand groupe de bactéries qui se trouvent de façon naturelle dans les intestins des humains et des animaux.

La plupart des variétés de la bactérie E. coli ne présentent aucun danger;cependant certaines souches comme E. coli O157:H7 peut rendre les gensmalades, causant de vives crampes d'estomac, de la diarrhée et desvomissements.

Rappelons aussi que c’est E. coli O157:H7 qui à l’origine du rappel de XL Foods Inc.

En France, il y a l’enquêteur mystère et au Canada, des équipes de vérification de l’inspection

6
juin
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Classé dans Curiosité, Hygiène, Réglementation, Santé, Sécurité des aliments.

Après, XL Foods Inc. au Canada : un rapport indépendant met en évidence des failles tant au niveau de l’entreprise que de l’inspection, voici donc que le gouvernement canadien annonce de nouvelles mesures :

larry.the_.cable_.guy_.health.inspectorPour donner suite au rapport, le ministre Ritz a annoncé que le gouvernement Harper investira près de 16 millions de dollars au cours des trois prochaines années pour mettre sur pied des équipes de vérification de l'inspection (EVI) chargées de superviser le rendement de l'ensemble du système canadien d'inspection des aliments.

Les EVI effectueront des vérifications ponctuelles inopinées dans les établissements du pays. Les EVI ont pour objectif de s'assurer que le système d'assurance de la salubrité des aliments est efficace dans son ensemble et que les règles et les normes de salubrité des aliments sont suivies et respectées uniformément et intégralement. Le concept des EVI permettra de donner suite à plusieurs des recommandations du Comité.

Radio-Canada indique qu’« En réponse aux recommandations du rapport, le gouvernement fédéral va faire des inspections-surprises dans les installations de transformation. Trente nouveaux inspecteurs devraient être embauchés, a souligné le ministre. »

Pas mal ce qui se passe au Canada, car il s’agit ni plus, ni moins que du contrôle des contrôleurs ou des inspections avec ces équipes de vérification de l’inspection …

Inspections surprises, inspections inopinées, tout cela a un air de déjà vu. En effet, récemment un ministre, en France, a annoncé des enquêtes mystères, voir Restauration : Les enquêtes mystères de la DGCCRF ou les mystères des enquêtes de la DGCCRF ?

On est donc presque sur la même longueur d’ondes entre le Canada et … la France, mais que de mystères !

XL Foods Inc. au Canada : un rapport indépendant met en évidence des failles tant au niveau de l’entreprise que de l’inspection

6
juin
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Classé dans Contamination, Contamination croisée, Curiosité, E. coli, Environnement, Hygiène, Rappel, Réglementation, Santé, Sécurité des aliments, TIAC, Viande.

Après avoir reçu le reçu le rapport de l'Examen indépendant sur le rappel de boeuf à l'établissement XL Foods Inc., le gouvernement du Canada renforce le système de salubrité des aliments.

XLFoodsD’après Radio-Canaca.ca du 5 juin 2013,

Selon les auteurs du rapport, le rappel de près de 2000 produits de boeuf venant de l'usine XL Foods aurait pu être évité. Ils expliquent qu'à l'usine XL Foods de Brooks, la culture en matière de sécurité était défaillante et le protocole de contrôle de procédures obligatoires était laxiste.

Ils ont également découvert qu'un bon échantillonnage, une bonne analyse et une réponse adéquate auraient permis de détecter rapidement les cargaisons de bœuf contaminé avant leur sortie de l'usine.

« Nous avons trouvé que les employés de l'usine et ceux de l'Agence canadienne d'inspection des aliments n'ont pas assumé adéquatement leurs responsabilités en matière de programme de sécurité alimentaire », note le rapport.

Dix-huit personnes sont tombées malades au Canada après avoir consommé des produits de XL Foods contaminés par la bactérie E. coli à l'automne 2012.