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Le Vietnam demande à la Russie d’assouplir ses restrictions concernant les entreprises des produits de la mer et des supermarchés britanniques vendent des poissons vieux de 15 jours

24
nov
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Classé dans Curiosité, Environnement, Hygiène, Réglementation, Santé, Sécurité des aliments.

fish-art-300x225Doug Powell a fait l’effort de synthétiser et de regrouper deux informations indépendantes sur les poissons et les produits de la mer.

Ainsi, « Le Vietnam demande à la Russie d’assouplir ses restrictions concernant les entreprises des produits de la mer et des supermarchés britanniques vendent des poissons vieux de 15 jours », source Doug Powell du barfblog du 24 novembre 2014.

Russie va désormais permettre aux entreprises vietnamiennes de produits de la mer avec les contrats existants d’exporter vers le marché russe. Cela signifie que 64 des 102 entreprises qui répondent aux standards de sécurité des aliments sont autorisées à exporter vers la Russie, les autres n’ayant pas de contrats valides.

La demande du Nafiqad (National Agro Forestry Fisheries Quality) du Vietnam fait suite aux inspections du Federal Service for Veterinary and Phytosanitary Surveillance (FSVPS) de Russie le mois dernier.

Le directeur d’une entreprise de produits de la mer qui n’a pas réussi à conclure de contrat avec un importateur russe a déclaré qu’il serait plus facile pour l’entreprise de trouver un importateur, s’il était autorisé à exporter vers le marché russe.

C’était la première visite du directeur en Russie afin de rechercher des opportunités d’exportation, mais il a échoué pour trouver un importateur qui signerait un contrat. Toutefois, si l’entreprise est en phase avec les standards de sécurité des aliments et les normes techniques, il n’y a aucune raison pour ne pas exporter vers le marché russe, a ajouté le directeur.

Contenu-frais-SEOPendant ce temps, des supermarchés britanniques vendent du poisson qui est vieux de deux semaines et qualifié de ‘frais’, selon une enquête.

Le poisson en vente au rayon frais de chez Tesco, Sainsbury, Asda et Morrisons a été jugé être vieux de 15 jours.

Des experts ont dit que des prélèvements de morue, plie, maquereau et aiglefin étaient ‘fades’ avec ‘peu de saveur’, et qu’ils pourraient commencer à avoir un mauvais goût, après seulement un jour au réfrigérateur.

Richard Chivers, un scientifique spécialiste des poissons, a examiné et goûté 14 morceaux de poissons dont des échantillons de chez Tesco, Sainsbury, Asda, Morrisons et une poissonnerie indépendante. Il a constaté qu’un tiers des poissons, dont certains de chez Morrisons, Asda et Sainsbury étaient vieux de 12 à 15 jours.

Viandes rouges et viandes transformées (charcuteries, etc.) » sont-elles considérées comme hautement prioritaires par le centre international de recherche sur le cancer ? La cuisson serait plus en cause que la consommation

24
nov
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Classé dans Curiosité, Environnement, Santé, Sécurité des aliments, Viande.

L’Actu n°48 du SNIV-SNCP, Les entreprises françaises des viandes, du 24 novembre 2014 rapporte que pour la « Nutrition : la cuisson a plus d’impact que la consommation elle-même »

Le CIV alerte sur la mise en ligne du rapport du CIRC (Centre International de Recherche sur le Cancer) qui a examiné les différents facteurs de risques en relation avec l’apparition des cancers. Les « Viandes rouges et viandes transformées (charcuteries, etc.) » y sont considérées comme hautement prioritaires.

imgresAu sujet des viandes, ce rapport déclare que plusieurs analyses ont rapporté une petite augmentation (statistiquement significative) du risque de cancer colorectal avec les consommations élevées de viandes rouges et transformées. Les modes de cuisson pourraient expliquer cette relation (formation d’amines hétérocycliques ou d’Hydrocarbures lors des cuissons à haute température). Il souligne qu’informer sur les potentiels facteurs liés aux méthodes de cuisson serait peut-être plus utile qu’une information uniquement axée sur la consommation de viande.

Selon le CIV, « Ce rapport mis en ligne le 25 juin a examiné les différents facteurs de risques en relation avec l’apparition des cancers. Il les classe, selon plusieurs critères, comme à haute /moyenne/faible priorité. Les « Viandes rouges et viandes transformées (charcuteries, etc.) » font partie des 52 agents alimentaires, environnementaux ou d’hygiène de vie considérés comme hautement prioritaires. Au sujet des viandes, ce rapport déclare que plusieurs méta-analyses ont rapporté une petite augmentation (statistiquement significative) du risque de cancer colorectal avec les consommations élevées de viandes rouges et transformées. Les modes de cuisson pourraient expliquer cette relation (formation d’amines hétérocycliques ou d’hydrocarbures aromatiques polycycliques carcinogènes lors des cuissons à haute température). Il souligne qu’informer sur les potentiels facteurs liés aux méthodes de cuisson serait peut-être plus utile qu’une information uniquement axée sur la consommation de viande. »

Référence. WHO/IARC. IARC Monographs on the Evaluation of Carcinogenic Risks to humans, Internal report 14/002, Report of the Advisory Group to Recommend Priorities for IARC Monographs during 2015–2019, Lyon, 18-19 Avril 2014.

NB : On lira aussi Pourquoi la viande rouge augmente-t-elle le risque de maladie cardiovasculaire ? Il faut plutôt en vouloir à nos bactéries intestinales !

Hygiène des aliments et restauration commerciale : à propos des infractions correctives

24
nov
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Classé dans Contamination, Contamination croisée, Curiosité, Environnement, Hygiène, Nettoyage-Désinfection, Réglementation, Santé, Sécurité des aliments.

« Le nettoyage et la désinfection en question ; il en est ainsi des infractions correctives », source Ben Chapman du barfblog du 23 novembre, 2014.

Dans les restaurants, je souhaite manger certains attributs classiques : des aliments savoureux, une valeur décente et une bonne culture de la sécurité des aliments. La culture de la sécurité des aliments n’est pas d’avoir un programme de formation, il s’agit de l’identification des dangers, la compréhension sur la façon de les gérer et lorsque des lacunes sont signalées, réagir en traitant les problèmes.

JS51071999J’évite les endroits qui ont du mal à répondre à ce que demandent les services réglementaires locaux de santé publique. Tout le monde peut avoir une mauvaise journée, mais avoir deux ou trois inspections consécutives et ne pas corriger les problèmes est une tendance qui en dit plus sur ce que vaut un opérateur alimentaire. Selon GetHampshire.com, Woodys Take Out (entreprise de restauration rapide au Royaume-Uni -aa) a reçu un avertissement formel par les services réglementaires locaux car il n’avait pas écouté les avertissements précédents des inspecteurs au sujet de problèmes de sécurité des aliments.

Les infractions, notées lors des visites des 23 octobre et le 3 novembre, comprennent notamment un manque de nettoyage et de désinfection des locaux et des équipements tels que les planches à découper, les poignées et les robinets.

Il a été trouvé aussi que les manipulateurs d’aliments n’avaient pas été convenablement formés aux procédures d’hygiène des aliments et qu’ils ont fait preuve d’une mauvaise compréhension de ce qu’est un nettoyage efficace.

Il y avait aussi une défaillance à mettre en œuvre un système de management exigé de la sécurité des aliments.

Le directeur de la société, qui a des succursales à Farnborough, Aldershot, Blackwater et Yiewsley, a accepté les avertissements en admettant les faits pour le compte de sa société.

Dans le cadre de cette action, le takeaway a volontairement été fermé pendant un jour pour assurer que les locaux soient mis en conformité aux règles minimales exigées par la loi.

Un bon nettoyage-désinfection nécessite d’avoir les bons équipements, un personnel qui sait comment le faire et un système organisationnel de valeurs qui assure que cela se fait correctement. Des ustensiles et des planches à découper sales dans la zone de préparation peuvent conduire à des risques de transfert de contamination.

Les graines germées crues en question aux Etats-Unis mais pas que …

23
nov
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Classé dans Contamination, Contamination croisée, Curiosité, E. coli, Environnement, Hygiène, Listeria, Réglementation, Salmonella, Santé, Sécurité des aliments, TIAC.

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« One, Two Three Sprouts You’re Out* » ou Une, deux, trois éclosions aux graines germées Vous êtes Out, par Bill Marler dans Food Safety News du 22 novembre 2014.

Trois éclosions liées à des graines germées (Sproutbreak – Sproutpocalypse – Sproutageddon – Sproutataclysm – Sproutastrophe*) causées par Salmonella, E. coli et Listeria depuis août 2014 ? Une a été mortelle et les autres ont envoyé des dizaines de personnes à l’hôpital.

En date du 21 novembre 2014, le CDC a signalé un total de 63 personnes infectées par Salmonella Enteritidis dans 10 Etats : Connecticut, Maine, Massachusetts, Montana, New Hampshire, New York, Ohio, Pennsylvanie, Rhode Island et Vermont. Une personne malade du Montana s’est rendue dans l’Est des États-Unis pendant la période où l’exposition s’est probablement produite. Vingt-six pour cent des personnes malades ont été hospitalisées. Aucun décès n’a été signalé.

Les efforts de collaboration dans l’investigation de l’État, des autorités locales et fédérales de santé publique et réglementaires indiquent que les germes de soja produits par Wonton Foods, Inc. sont la source probable de cette éclosion.

Au 13 novembre 2014, les séquences du génome entier des souches de Listeria isolées de graines germées de haricots mungo produits par Wholesome Soy Products, Inc. et des isolats environnementaux prélevés à l’usine de production ont été retrouvés à être fortement liés à des séquences des souches de Listeria isolées de cinq personnes qui sont devenues malades de juin à août 2014. Ces cinq malades ont été signalés dans deux Etats : l’Illinois (4) et le Michigan (1). Tous les malades ont été hospitalisés. Deux décès ont été signalés.

Le 28 août 2014, Wholesome Soy Products, Inc. a effectué un rappel volontaire de graines germées de haricots mungo en raison de la contamination possible par Listeria monocytogenes après que la FDA ait isolé le pathogène à partir de prélèvements, suite d’une mission de routine.

À compter du 1er août 2014, un total de 19 personnes infectées par la souche épidémique de Escherichia coli producteurs de shigatoxines O121 (STEC O121) ont été signalées dans six États. Le nombre de personnes malades identifiées dans chaque État est le suivant : Californie (1), Idaho (3), Michigan (1), Montana (2), Utah (1), et Washington (11). 44% des malades ont été hospitalisés. Aucun malade n’a développé de syndrome hémolytique et urémique (SHU) et aucun décès n’a été signalé.

Les investigations épidémiologiques et de traçabilité menées par les autorités locales, de l’Etat et les agents fédéraux ont indiqué que des graines germées crues de trèfle contaminées produites par Evergreen Fresh Sprouts, LLC de l’Idaho était la source probable de cette éclosion.

Le barfblog a documenté au moins 55 éclosions liées aux graines germées qui sont survenues dans le monde entier affectant un total de 15 233 personnes depuis 1988. On dirait que ce tableau a besoin d’une mise à jour.

Dès septembre 1998, la FDA a émis une recommandation contre les graines germées :

Les enfants, les femmes enceintes et les personnes âgées ne devraient pas manger de graines germées d’alfalfa jusqu’à ce que les producteurs trouvent un moyen de réduire le risque d’une bactérie potentiellement mortelle qui infecte certaines graines germées, a dit la Food and Drug Administration cette semaine. La FDA, qui enquête sur les pratiques de l’industrie des graines germées, a dit que les enfants, les personnes âgées et les personnes dont le système immunitaire est affaibli devraient éviter de consommer des graines germées.

Voici la recommandation du CDC :

Les graines germées ne sont pas saines pour tout le monde

Les enfants, les personnes âgées et les personnes dont le système immunitaire ne fonctionne pas bien ne doivent pas manger des graines germées crues, parce que les traitements actuels des graines ou graines germées ne permettent pas de se débarrasser de toutes les bactéries présentes.

Les personnes qui sont à risque élevé de complications de maladies d’origine alimentaire devraient probablement ne pas manger des graines germées crues, selon un article paru dans le numéro actuel de Emerging Infectious Diseases, la revue du CDC, qui suit les nouvelles et réémergentes maladies infectieuses dans le monde.

Bien que les graines germées soient souvent considérées comme un « aliment santé », les conditions chaudes et humides nécessaires pour la culture des germes issus des graines sont également idéales pour les bactéries pour se développer. Salmonella, E. coli et d’autres bactéries peuvent croître à des concentrations élevées sans affecter l’aspect des graines germées.

Les chercheurs ont traité à la fois des graines ou des graines germées par la chaleur ou en les lavant dans des solutions de chlore, d’alcool et d’autres produits chimiques. Certains de ces désinfectants réduisent les taux des bactéries, mais un danger potentiel subsiste, en particulier pour les personnes dont le système immunitaire est affaibli. Les températures élevées qui détruiraient les bactéries sur les graines les empêcheraient également de germer. Jusqu’à ce qu’un moyen efficace soit trouvé pour prévenir la maladie liée aux graines germées, elles doivent être consommés avec prudence, voire pas du tout.

Donc, plutôt que de continuer à compter les éclosions, quelle est la solution au problème de des graines germées crues ?

© Food Safety News

* Bill Marler utilise ici une expression qui peut signifier qu’au baseball, « Quand un lanceur enregistre trois prises contre un frappeur pendant sa présence au bâton, le lanceur est crédité d’un retrait sur des prises, et le frappeur est retiré » ou out. Mais cela peut aussi vouloir dire que selon la loi des trois coups (Three strikes law), « une disposition législative en vigueur aux États-Unis permettant ou contraignant les juges de prononcer des peines de prison perpétuelle à l’encontre d’un prévenu condamné pour la troisième fois pour un délit et/ou un crime. » A vous de voir …

** Bill Marler utilise ici, pour donner plus de poids, la contraction des mots ‘sprout’ (graines germées ou germes) et ‘outbreak’, qui se traduit ici par éclosion, d’où sproutbreak, et ainsi de suite.

UE : Quand le conseiller scientifique principal montre qu’il y a des preuves scientifiques de l’innocuité des OGM, les imbéciles montrent du doigt le conseiller scientifique principal !

23
nov
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Classé dans Curiosité, Environnement, Réglementation, Santé, Sécurité des aliments, Union Européenne.

David Ropeik dans Big Think du13 novembre 2014 revient l’abandon du poste de conseiller scientifique principal, avec cet article « EU: Europe drops chief science adviser. Don’t like the facts? Kill the messenger » (L’UE : L’Europe abandonne le poste de conseiller scientifique principal. Vous n’aimez pas les preuves scientifiques ? Tuer le messager). J’en avais aussi parlé dans Triste nouvelle : La Commission européenne abandonne le poste de conseiller scientifique principal.

C’est en quelque sorte un remake moderne du proverbe chinois, « Quand le conseiller scientifique principal montre qu’il y a des preuves scientifiques de l’innocuité des OGM, des imbéciles montrent du doigt le conseiller scientifique principal ». Je laisse mettre ce que vous souhaitez derrière cette étiquette d’imbéciles … mais il y a le choix !

 ooOOoo

imgresDans une version cinématographique de Frankenstein, la foule terrifiée se précipite hors de la ville avec une frénésie de flambeaux en criant « Tuez le Monstre. Tuez le monstre ». Le monstre, bien sûr, était perçu comme une menace, mais peu importe. Dans leur passion, on ne pouvait bien sûr pas raisonner la foule. Ce qu’elle a vu comme une menace ETAIT une menace, et il devait mourir. La foule a entouré un vieux moulin à vent, le monstre était emprisonné à l’intérieur, puis la foule a mis le feu au moulin et le monstre périt dans les flammes.

Avançons vers ce jour effrayant du monde réel en Europe. Alors que les yeux de tous les journalistes scientifiques d’Europe s’étaient portés sur l’atterrissage de Philae de l’Agence spatiale européenne sur la comète Rosetta, un succès scientifique phénoménal, le Commission européenne a sereinement abandonné la position de conseiller scientifique principal, un retentissant problème pour la science, et un précédent qui devrait effrayer les gens un peu partout.

La position conseiller scientifique principal (CSP) a été créé il y a quelques années dans le sillage de questions controversées comme le changement climatique, les organismes génétiquement modifiés (OGM) et l’essai des produits chimiques industriels, des questions qui impliquaient des détails scientifiques au-delà de l’expertise des hommes politiques accusés de les trier et de faire les meilleurs choix pour la société. Le CSP était comme cet ami geek à qui vous demandez de lire ces rapports et ces études scientifiques compliquées et vous dire ce qu’ils en disent … mais seulement pour la Commission européenne.

Le poste n’est pas impliqué dans l’élaboration de la règlementation, donnant seulement aux décideurs une lecture de ce que la science dit. Mais bien sûr, ce que la science dit sur le changement climatique ou les OGM a des conclusions règlementaires évidentes ; le changement climatique est réel et nous ferions mieux de faire quelque chose … des milliers d’études sur les OGM n’ont trouvé aucun préjudice pour la santé humaine (et seules quelques études douteuses ont laissé entendre autre chose) il n’y a donc pas besoin de la couverture du principe de précaution pour interdire toutes les applications de la biotechnologie agricole. Le problème est que ces conclusions ont menacé les valeurs des opposants aux OGM. Leur réponse ? « Tuez le Monstre ! »

frankenstein-the-millPas le monstre des preuves scientifiques, bien sûr. Tuer le messager, le CSP.

Les groupes sur l’environnement, qui ont une préoccupation à propos de la question des OGM, ont demandé à a Commission européenne d’abandonner l’idée d’un conseiller scientifique indépendant, après que le CSP n’a fait que rapporté, ce que toute conseiller scientifique indépendant dans le monde a trouvé, la science est à peu près aussi claire sur les OGM que sur le changement climatique … il n’y a aucune preuve fiable que les OGM nuisent à la santé humaine.

Les opposants aux OGM ont essayé de coucher leur plainte en termes plus généraux, en faisant valoir que le conseiller scientifique principal concentre trop de pouvoir dans son bureau. Mais soyons honnêtes. Ils n’aiment tout simplement pas ce que les preuves scientifiques disent. Donc Tuer Le Monstre, qui ne comprend pas la menace, alors que c’est seulement une voix indépendante et objective des éléments de preuve.

L’UE, dirigée par des hommes politiques, a répondu en reprenant le flambeau au CSP, et va laisser essentiellement la règle à la foule effrayée. Au moins jusqu’à présent. Le nouveau président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker a dit qu’il croit dans les avis scientifiques, mais il veut trouver une nouvelle façon de les obtenir. Mais les opposants aux OGM qui ont mis le feu sur ce sujet ont clairement fait savoir que le seul avis qu’ils veulent est que le gouvernement soit avec eux et avec d’autres groupes de défense d’intérêts publics. Et dans ces conditions qui est indépendant ?

Pas vraiment, bien sûr. Chaque groupe de défense, sur chaque question, voit les faits à travers un prisme de leurs propres valeurs et points de vue, auxquels ils ont droit, bien sûr, comme ils ont le droit d’exprimer ces points de vue dans un débat démocratique.

Mais l’idée du CSP était de fournir aux décideurs des informations scientifiques LIBRES de ces distorsions fondées sur les valeurs, de sorte qu’en plus de tous les commentaires publics qui ont toujours eu une voix, les décideurs auraient eu une vue un peu plus objective de ce que sont en réalité les preuves scientifiques elles-mêmes.

Donc, avec les cendres du moulin encore fumant, nous allons examiner ce que cela signifie.

Nous nous battons tous sur les questions en invoquant notre interprétation de la ‘science’. Les partisans de tous les côtés sur la question des OGM, mais aussi de la question du changement climatique, de l’énergie nucléaire, des produits chimiques industriels et des armes à feu et de l’avortement et une foule d’autres questions, tous invoquent des ‘faits’ pour faire que leur cas soit fondé sur des valeurs.

Nous voyons TOUS les faits à travers des lunettes sur ce que nous ressentons au sujet de ces faits. Moi aussi. Nous ne pouvons pas aider sur ces sujets. C’est la façon dont fonctionne la cognition humaine. Mais voulons-nous une politique fondée uniquement sur une bataille dont nos valeurs doivent gagner ou devrions-nous plutôt espérer, qu’en plus du débat démocratique, nos décideurs regardent objectivement les preuves pour éclairer sur ce qui fera le plus grand bien à la société ? Ce dernier point, bien entendu.

Mais avec l’abandon du CSP, qui ne remplace pas l’avis du public mais ajoutait une information plus objective aux décideurs qui devaient travailler avec la Commission européenne – du moins jusqu’à présent – c’est s’en remettre aux flambeaux lumineux et la voix en colère du public passionné, mais pas très objectif.

Et pour comprendre à quel point cela est effrayant, il faut considérer que les groupes anti-OGM applaudissent la décision européenne d’abandonner (pour l’instant) des avis scientifiques indépendants, sont ceux qui nient le changement climatique qui aussi n’aiment pas ce que la science a déclaré sur la question.

Nos valeurs doivent avoir une voix à la table des décisions réglementaires. Mais la façon dont la cognition humaine puissamment émotionnelle et instinctive fonctionne, produit des perceptions qui volent parfois de façon spectaculaire à la face des preuves scientifiques. Bien que nous ayons nos bons sentiments, et aussi importants qu’ils le soient pour notre sentiment de sécurité, nous devons honnêtement accepter qu’en sus de nos passions, que l’élaboration de la règlementation soit également être informée par une voix plus objective. C’était l’idée du CSP. Pour le moment, en Europe, l’idée du bon sens est dans les cendres.

Deux autres réflexions sur ce sujet, voir l’article du Guardian, « Juncker Axes Europe’s Chief Scientific Adviser » (Junker abandonne le poste de conseiller scientifique principal en Europe) et ce commentaire de Mark Lynas : « EU Scraps Science Advisor Role. Now are your happy Greenpeace? » (L’UE abandonne le poste de conseiller scientifique. Désormais, vous êtes content Greenpeace ?).

NB : On lira aussi l’article de Steven Novella, Politique contre Science, paru sur le blog de Marcel Kuntz, OGM : environnement, santé et politique.