Visiter Processalimentaire.com
Contacter le magazine
S'abonner en ligne | S'inscrire à l'e-news


Le ministère de l’agriculture, les résultats des contrôles et la transparence

30
juin
Aucun commentaire
Classé dans Curiosité, Environnement, Hygiène, Règlementation, Santé, Sécurité des aliments, TIAC.

Un communiqué sur la sécurité des aliments du ministère de l’agriculture « annonce le renforcement des contrôles pendant la période estivale et le lancement d’une expérimentation sur la transparence des contrôles »

L’Opération Alimentation Vacances (OAV) se déroulera cette année du 15 juin au 15 septembre 2015. Comme chaque année, cette opération permet de renforcer les contrôles en matière de sécurité sanitaire des aliments dans les secteurs qui n’exercent leur activité qu’en période estivale et ceux qui connaissent une activité accrue durant l’été.

larry_the_cable_guy_health_inspector(2)En 2014, l’Opération Alimentation Vacances avait donné lieu à 18 118 inspections par les agents chargés de la sécurité sanitaire, de la consommation et de la répression des fraudes au sein des directions départementales en charge de la protection des populations (DDPP ou DDCSPP).

Ces inspections avaient conduit notamment à 137 fermetures d’établissements dans le secteur de la remise directe au consommateur, dont 110 en restauration commerciale, et à 697 procèsverbaux d’infractions.

D’après le bilan de l’OAV 2014, « Il est à noter les taux d’anomalies majeures de 11 % en restauration commerciale et de 11 % en distribution-métiers de bouche relevées lors de cette opération. » Hum, hum …

Par ailleurs, l’InVS dans les données sur les toxi-infections alimentaires collectives en France en 2013 rapportait,

« Le nombre et la part des TIAC déclarées en restauration commerciale continue à augmenter depuis 2002. Cette augmentation est observée dans un contexte de diminution de contrôle des établissements en raison des baisses d’effectifs dédiés aux contrôles. Bien que les causes ne soient pas totalement déterminées, l’augmentation du nombre de TIAC liées à la restauration commerciale constitue un signal qui mérite attention. »

Selon le ministre de l’agriculture, qui est aussi le communiquant du gouvernement, « Débute également cet été une phase expérimentale de mise en transparence des résultats des contrôles officiels dans le domaine de la sécurité sanitaire des aliments pour la restauration commerciale. Elle est mise en place à Paris et à Avignon entre le 1er juillet 2015 et le 31 décembre 2015. »

Quel objectif de ce début de commencement de transparence des résultats des contrôles ?

Selon le communiqué, il s’agit « d’informer le consommateur du niveau d’hygiène des restaurants, mais aussi de permettre aux professionnels qui maîtrisent efficacement les risques sanitaires inhérents à leur activité de s’en prévaloir auprès des consommateurs. Les résultats des contrôles seront publiés sur le site Internet du Ministère en charge de l’agriculture dès le 1er juillet 2015. »

Autrement dit, peut-on raisonnablement croire que « Les résultats des inspections des restaurants sont-ils classés secret défense ? »

C’est une expérimentation à suivre mais il est craindre que nous n’aurons que de bons résultats, comme au bac …

Le dossier de presse du ministère publie un dossier de presse « Transparence des contrôles en hygiène alimentaire : expérimentation dans les restaurants à Paris et à Avignon » où le mot transparence est cité neuf fois, c’est dire la volonté affichée …

« Les mentions relatives à chaque niveau d’hygiène du restaurant » sont présentées ci-dessous, pour les explications, voir le dossier de presse précité.

niveau_hygiène

Composition des produits à base de viande et des produits de charcuterie : le taux d’anomalies des établissements a atteint 26,5 %

23
juin
Aucun commentaire
Classé dans Contamination, Contamination croisée, Curiosité, Hygiène, Microbiologie, Règlementation, Santé, Sécurité des aliments, Union Européenne, Viande.

Ce n’est pas le horsegate mais on n’en est pas loin !

La DGCCRF communique le 22/06/2015 sur la « Composition des produits à base de viande et des produits de charcuterie ».

Ainsi « L’analyse ADN a fait apparaître la présence d’espèces animales non annoncées ou non autorisées au regard des usages dans certains produits : porc (dans 11% des échantillons), volaille (5%), cheval [Il s’agissait là de charcuteries annoncées à base de viande d’âne, mais contenant exclusivement du cheval, de même que d’une teneur inférieure à 1% dans deux plats cuisinés.] (3%). »

Quelques échantillons (de merguez, essentiellement) présentaient des traces de colorants interdits ou dépassant les doses réglementaires. Concernant les merguez, les ingrédients des mix d’additifs utilisés ou encore les arômes et les espèces employés n’étaient que rarement indiqués. Plus d’une merguez sur quatre contenait encore du porc non annoncé. La substitution d’espèces animales ou l’absence des espèces annoncées sur l’étiquetage touchait également les kébabs. Dans les salamis, la proportion de viande réellement mise en œuvre était inférieure à celle annoncée. (…)

Les contrôles effectués par la DGCCRF ont porté sur les produits de charcuterie (merguez, salamis, produits de saucisserie fraîche, produits de marque de distributeur fabriqués dans un autre pays de l’Union européenne), les produits à base de viande (kébabs) et les plats cuisinés (ingrédient viande). Les 808 actions de contrôle (dans 727 établissements) ont visé les ateliers de découpe et de transformation des grandes et moyennes surfaces (GMS), ainsi que les ateliers de transformation artisanaux ou semi-industriels. Les kébabs analysés ont été préférentiellement prélevés chez les fabricants et distributeurs. Les prélèvements ont permis l’analyse en laboratoire de 644 échantillons, majoritairement issus de merguez et de produits de saucisserie fraîche.

Le taux d’anomalies (résultats non conformes et à surveiller) des établissements a atteint 26,5 %. Plus précisément, les prélèvements étaient non conformes à hauteur de 17,8%, et « à surveiller » à hauteur de 5,3 %.

produit-base-viandeLa DGCCRF indique que « Le maintien continu de la pression de contrôle se justifie » :

  • par la persistance d’un taux d’anomalie relativement élevé, principalement causé par l’insuffisance d’autocontrôles adéquats et de maîtrise des procédures de nettoyage ;
  • et par l’introduction par les distributeurs de produits à bas prix en provenance d’autres États-membres, dont les critères de composition ne sont pas conformes aux usages et qui faussent la concurrence au détriment des producteurs français.

Des noms auraient été utiles à connaître par les consommateurs, la transparence a des limites …

Le chiffre clé est celui du « taux d’anomalies (résultats non conformes et à surveiller) des établissements qui a atteint 26,5 % ».

Il est à rapprocher de ce disait l’InVS à propos des données sur les toxi-infections alimentaires collectives en France en 2013,

« Le nombre et la part des TIAC déclarées en restauration commerciale continue à augmenter depuis 2002. Cette augmentation est observée dans un contexte de diminution de contrôle des établissements en raison des baisses d’effectifs dédiés aux contrôles. Bien que les causes ne soient pas totalement déterminées, l’augmentation du nombre de TIAC liées à la restauration commerciale constitue un signal qui mérite attention. »

Cette fois-ci, les contrôles de kébabs se sont faits, semble-t-il, sans l’opposition des syndicats de la DGCCRF, contrairement à ce qui s’était passé en 2010

Une infographie sur la sécurité sanitaire des aliments qui ne tient pas compte de la baisse des effectifs dédiés aux contrôles

16
juin
Aucun commentaire
Classé dans Contamination, Contamination croisée, Curiosité, Environnement, Hygiène, Règlementation, Santé, Sécurité des aliments, TIAC.

Le ministère de l’agriculture propose une infographie, voir-ci-dessous, «  la sécurité sanitaire des aliments », source Services Vétérinaires.info.

On ne peut que souscrire à ce travail de synthèse, mais cette infographie masquent certaines réalités actuelles, comme le rapporte l’InVS.

Selon les données de l’InVS sur les toxi-infections alimentaires collectives en France en 2013, « le nombre de foyers de TIAC survenus en restauration commerciale et collective a augmenté de 8 et 25 %, respectivement ».

Mais une information donnera, qui sait, du baume au cœur aux services de contrôle, l’InVS note dans ce document :

« Le nombre et la part des TIAC déclarées en restauration commerciale continue à augmenter depuis 2002. Cette augmentation est observée dans un contexte de diminution de contrôle des établissements en raison des baisses d’effectifs dédiés aux contrôles. Bien que les causes ne soient pas totalement déterminées, l’augmentation du nombre de TIAC liées à la restauration commerciale constitue un signal qui mérite attention. »

Signal que l’infographie ne mentionne pas …

Mais peut-être que prochainement, on aura même droit à un communiqué du ministère de l’agriculture sur le sujet, qui sait ?

Autre aspect, on apprend que le coût total de l’inspection sanitaire est de 350 millions d’euros par an, que je considère comme pas très élevé, mais quel est le coût des maladies infectieuses d’origine alimentaire par an ? Encore un secret défense !

fd32fde8-2c4a-43db-bc47-b6f6e0fbcaa1

Intoxication alimentaire ou gastro ?

14
juin
5 commentaires
Classé dans Contamination, Contamination croisée, Curiosité, Environnement, Hygiène, Règlementation, Santé, Sécurité des aliments, TIAC, Virus.

tiac_headIl existe, semble-t-il, une différence sémantique entre «  l’intoxication alimentaire et la gastro » selon ce site Internet, extraits …

Faire la différence entre l’intoxication alimentaire et la gastro peut être vraiment difficile car les symptômes peuvent être similaires. Dans les deux cas, les traitements peuvent être également similaires. (…)

Les intoxications alimentaires sont causées lorsque la nourriture est contaminée par différents organismes, comme une bactérie, un virus ou des toxines. Il peut être le résultat de mauvaises conditions d’hygiène, d’une mauvaise manipulation, de conservation, de cuisson des aliments.

La gastro-entérite peut être causée par la consommation d’aliments contaminés, mais aussi vous pouvez l’attraper en entrant en contact avec quelqu’un qui est infecté, ou en touchant quelque chose qu’il ou elle a touché (ce qui n’est pas le cas de l’intoxication alimentaire). 

Vous saisissez la nuance ? Non, alors poursuivons dans la subtilité …

Le lien ou précisément, la différence entre l’intoxication alimentaire et la gastro provient du fait que la nourriture entre pour une grande part dans l’apparition de la gastro-entérite, dans ce cas on peut donc dire que cette dernière est un sous-ensemble de l’intoxication alimentaire.

Selon l’Anses, Les toxi-infections alimentaires collectives ou TIAC correspondent à l’apparition d’au moins deux cas similaires d’une symptomatologie, en général gastro-intestinale, dont on peut rapporter la cause à une même origine alimentaire.

C’est plus clair, oui, non ? On pourra aussi lire Gastro-entérite et/ou intoxication alimentaire, ça dépend ?

health_inspectorTout ceci pour signaler que le site Les services vétérinaires français relate une information du Parisien.fr selon laquelle à « Villiers-Sur-Marne : l’intoxication alimentaire à la cantine était sans doute… une gastro ».

Le blog s’est déjà exprimé sur le sujet à plusieurs reprises sur ce sujet mais voyons l’argumentation développée …

Non, les dizaines d’enfants et les quelques adultes malades durant le week-end de la Pentecôte ne l’ont pas été à cause de la cuisine centrale de Villiers-sur-Marne. C’est en substance ce qu’affirme aujourd’hui Jacques-Alain Bénisti, député-maire (LR) de Villiers-sur-Marne. Il l’affirme et le diffuse largement, par lettre adressée aux parents d’élèves de l’école Jean-Jaurès qu’il a d’ailleurs fait appeler au préalable pour un questionnaire en bonne et due forme.

Dans sa lettre, il détaille ce qui a été réalisé : un bilan par l’Agence Régionale de la Santé (ARS) des 2 311 repas confectionnés par la cuisine centrale, une inspection par la Direction Départementale des Protections des Populations (DDPP) sur les installations, des analyses de l’eau, une information des parents et l’établissement d’un questionnaire alimentaire ayant donné lieu à 131 réponses, en plus d’une réunion en mairie le 5 juin avec l’ARS, la DDPP et les représentants des parents d’élèves.

Pourtant dans une lettre datée du 1er juin 2015, le maire indique que l’objet de son courrier concerne la « Suspicion de T.I.A.C Point sur la situation au 1er juin ». C’est à lire pour mieux comprendre … l’évolution du maire …

Bref, si une gastro est contractée dans une cantine et n’est pas une intoxication alimentaire, ça s’appelle comment ? Selon l’InVS, parmi les risques infectieux d’origine alimentaire se trouvent les gastro-entérites aiguës virales. Je pense que localement, on souhaite plutôt ne pas faire de vague …

Notons enfin dans le contexte, que selon les données de l’InVS sur les toxi-infections alimentaires collectives en France en 2013, « le nombre de foyers de TIAC survenus en restauration commerciale et collective a augmenté de 8 et 25 %, respectivement ».

Enfin, last but not the least, une information qui donnera du baume au cœur aux services de contrôle, l’InVS note dans ce document,

« Le nombre et la part des TIAC déclarées en restauration commerciale continue à augmenter depuis 2002. Cette augmentation est observée dans un contexte de diminution de contrôle des établissements en raison des baisses d’effectifs dédiés aux contrôles. Bien que les causes ne soient pas totalement déterminées, l’augmentation du nombre de TIAC liées à la restauration commerciale constitue un signal qui mérite attention. »

Et peut-être que prochainement, on aura même droit à un communiqué du ministère de l’agriculture sur le sujet, qui sait ?

Au Canada, pays de la sécurité des aliments, des inspections vont être vérifiées …

4
mai
Aucun commentaire
Classé dans Contamination, Contamination croisée, Curiosité, E. coli, Environnement, Hygiène, Lavage des mains, Règlementation, Sécurité des aliments, TIAC, Viande.

La ministre de la Santé, Rona Ambrose, va envoyer une équipe spéciale pour vérifier le travail de près des 40 inspecteurs de l’Agence canadienne d’inspection des aliments (ACIA) dans une usine de transformation de la viande en Alberta. Source Doug Powell du barfblog.

Rappelons qu’au Canada les inspecteurs de l’ACIA dépendent du ministère de la santé. -aa

« Je vais les envoyer pour s’assurer que tout va bien », a déclaré Ambrose lors d’une session de questions jeudi, après qu’une députée Laurin Liu ait dit que les Canadiens sont à risque en raison de l’insuffisance des analyses de recherche de E. coli.

XL.foods_-300x168CTV News a rapporté en premier mercredi des documents du gouvernement (au nom de la loi sur l’accès à l’information qui n’existe pas en France. –aa) qui montrent que de la viande contaminée par E. coli à partir de l’usine de Brooks en Alberta a été détectée par les inspecteurs des aliments aux États-Unis en 2014.

Cela s’est produit deux ans après le gouvernement ait fermé l’usine – anciennement exploité par XL Foods – et après qu’au moins 18 personnes ont été rendues malades par de la viande contenant les bactéries.

Les documents ont également noté des problèmes d’hygiène, dont des employés se tenant de « 80 cm à 1 m du sang et de l’eau contaminée », un manque d’eau courante dans les lavabos et les toilettes bouchées par de la matière fécale.

JBS Foods, une entreprise basée au Brésil, qui possède désormais l’usine, a déclaré que les problèmes indiqués dans les inspections ont été résolus.

Ambrose avait déclaré qu’un rapport 2014 du Conference Board of Canada a classé le système d’inspection des aliments du Canada au premier rang des 17 pays industrialisés, ce qui est la preuve que l’ACIA « fait un excellent travail. »

Pour voir le classement de la France, on lira Sécurité des aliments : la palme de l’opacité. Cela étant en France, le 7 avril 2015 pour l’Anses, « Dans le domaine de la sécurité sanitaire des aliments, la France fait souvent figure de pionnière en Europe et dans le monde. » On attend que l’Anses en apporte les preuves …

NB : Traduction du texte par mes soins. -aa

Mise à jour du 5 mai 2015. On lira la déclaration de l’ACIA en « Réponse aux préoccupations relatives aux activités d’inspection chez JBS Canada. » Parallèlement, on apprend que l’ACIA révise sa réglementation sur E. coliPolitique de lutte contre la contamination des produits de boeuf cru par E. coli O157:H7/NM.