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Sécurité des aliments et l’UE, avant les aliments étaient sûrs mais la réglementation n’était pas intelligente, mais désormais cela doit changer

6
mai
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Classé dans Curiosité, Réglementation, Santé, Sécurité des aliments, Union Européenne.

imagesSelon la Commission européenne, avant les aliments avaient un niveau élevé de sécurité des aliments, désormais ils auront un niveau plus élevé. Jugez plutôt …

Je pense que la Commission européenne a le sens de l’humour, avant c’était peut-être bien, mais ce n’était pas intelligent.

Désormais, alors que nos responsables nous disaient que le horsegate n’était pas une crise sanitaire mais une fraude à grande échelle, voici qu’elle nous propose, non sans rire, « Une réglementation plus intelligente pour des denrées alimentaires plus sûres: le paquet législatif proposé par la Commission modernise, simplifie et renforce la filière agroalimentaire ».

C’est du pur Coluche d’inspiration dans le texte …

La Commission européenne a adopté le 6 mai 2013 un « paquet » de mesures visant à un meilleur respect des normes de santé et de sécurité sanitaire dans l’ensemble de la filière agroalimentaire. La sécurité sanitaire des denrées alimentaires est une condition essentielle de la confiance des consommateurs et de la pérennité de la production alimentaire.

En matière de protection de la santé, ce train de mesures définit une stratégie modernisée, plus simple et davantage axée sur les risques. Des outils de contrôle plus efficaces garantiront une bonne application des règles qui régissent le fonctionnement de la chaîne de production des denrées alimentaires.

Eu égard à la nécessité d’une législation moins complexe et d’une réglementation plus intelligente, le paquet législatif réduit la charge administrative des opérateurs et simplifie l’environnement réglementaire. Une attention particulière a été accordée aux incidences de la législation sur les PME et les micro-entreprises, qui sont dispensées des éléments les plus coûteux et les plus pesants de la législation.

Actuellement, la législation de l’Union relative à la chaîne de production des denrées alimentaires compte près de 70 textes. Les réformes présentées aujourd’hui permettront de réduire ce corpus à 5 textes législatifs mais aussi d’alléger les formalités entourant les processus et procédures qu’appliquent les agriculteurs, les éleveurs et les opérateurs du secteur alimentaire (producteurs, transformateurs et distributeurs) afin que ceux-ci puissent exercer plus facilement leur métier.

truth-smallLe commissaire européen à la santé et à la politique des consommateurs, M. Tonio Borg, a déclaré : « Avec plus de 48 millions de travailleurs et une production totale avoisinant 750 milliards d’EUR par an, l’agroalimentaire constitue le deuxième secteur économique de l’Union. L’Europe applique les normes de sécurité sanitaire des aliments les plus strictes au monde. Bien qu’il n’ait pas entraîné de risques sanitaires, le récent scandale de la viande de cheval a révélé des marges de progrès possible. Le train de réformes présenté aujourd’hui arrive au moment opportun, puisqu’il montre que le système est capable de faire face aux difficultés qui se présentent; il tient compte en outre de certains enseignements du passé. En un mot, ce paquet législatif vise à fournir des règles plus intelligentes pour des denrées alimentaires plus sûres. »

Cette réglementation plus simple, fondée sur des données scientifiques et sur les risques, sera profitable aux entreprises au vu de la charge administrative réduite, des processus plus efficaces et des mesures visant à financer et à renforcer la lutte contre les maladies animales et les parasites végétaux ainsi que leur éradication. Quant aux consommateurs, ils bénéficieront de produits plus sûrs et d’un système de contrôles plus efficace et plus transparent tout au long de la chaîne.

Ce que je ne sais pas c’est comment peut-on savoir par avance que s’agissant des consommateurs, ils bénéficieront de produits plus sûrs et d’un système de contrôles plus efficace et plus transparent tout au long de la chaîne. 

On peut lire la suite du communiqué humoristique de la Commission européenne ici.

Cela étant voici ci-dessous la page d'accueil du site de la direction chargée de la santé des consommateurs de l'UE pour illustrer ce qu'est une réglementation moins intelligente que la nouvelle qui va arriver, mais c'est à vous de voir ..

UE_sante_aliments

Saga horsegate : Le point de vue du directeur général de l’autorité de la sécurité des aliments d’Irlande

30
avr
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Classé dans Contamination, Curiosité, Rappel, Réglementation, Santé, Sécurité des aliments, Union Européenne, Viande.

L’Irish Times du 29 avril 2013 propose un article du directeur général de l'Autorité de la sécurité des aliments d'Irlande (FSAI), Alan Reilly. Il explique que le scandale de la viande de cheval doit conduire à des règles plus strictes. Mais le secteur alimentaire a encore beaucoup à faire pour regagner la confiance du consommateur.

Plus de trois mois se sont écoulés depuis que l'Autorité de la sécurité des aliments d'Irlande (FSAI) ait révélé la pratique consistant à remplacer la viande bovine transformée par de la viande de cheval.

Les enquêtes initiales ont mis l'accent sur trois usines de transformation, deux en Irlande et une au Royaume-Uni. Très tôt, il était devenu évident que le problème ne se limitait pas à ces îles, car la plupart des pays d’Europe étaient impliqués.

horse-meat-09-3Il est troublant de constater qu'en Europe où, avec les crises alimentaires, les systèmes de contrôle des denrées alimentaires ont été l’objet de révisions et de renouvellements importants, un scandale de grande ampleur soit passé inaperçu et non détecté.

L'ampleur du scandale est stupéfiante. De nombreux aliments, hamburgers au bœuf, plats à la viande de bœuf, pâtés, boulettes de viande, kebabs et même des nuggets de poulet ont été retirés de la vente. Un seul rappel aux Pays-Bas a concerné 50 000 tonnes de viande, plus de 500 millions de hamburgers.

Des grandes marques internationales d’aliments et des distributeurs ont été pris dans une toile de tromperies perpétuées en Europe depuis au moins un an, et peut-être plus.

Certaines entreprises ont fermé, d'autres ont perdu des parts de marché et la confiance des consommateurs s’est érodée. Les marques et la réputation soigneusement entretenue au fil des ans prendront beaucoup de temps pour regagner la confiance des consommateurs. En plus de dommages liés à la réputation, le scandale a entraîné la perte regrettable de quantités considérables d’aliments.

Ce qui est clair, c’est que le risque pour la santé publique de cet incident est faible, comme la plupart des preuves à ce jour le suggèrent, la viande de cheval utilisée provient d’abattoirs agréés. Tous les produits d'Irlande qui ont été testés positifs pour la présence d'ADN du cheval, étaient négatifs pour la présence de phénylbutazone, un médicament anti-inflammatoire. (…)

Cela étant, la pratique consistant à remplacer de la viande bovine transformée par de la viande de cheval et de ne pas en informer le consommateur est inacceptable. L’objectif principal est le profit. Peut-être que dans une période de récession, les agences réglementaires et le secteur alimentaire auraient dû être plus attentives à la possibilité d'exploiter les écarts de prix, trompant ainsi les consommateurs et les entreprises. (…)

Déjà des changements sont à venir. Les normes mondiales pour le commerce du minerai de bœuf vont devenir plus strictes. Ce ne sera plus la norme de l'industrie pour acheter des blocs de boeuf congelées sur la valeur nominale. Des analyses de laboratoire sur l'authenticité de l'espèce seront donc monnaie courante. Des tests ADN des produits carnés seront la norme pour les grands distributeurs. La vérification de l'authenticité des espèces de viande sous-tendra l'étiquetage des produits.

La valeur des systèmes d’assurance business-to-business doit être  interpelée. La plupart des entreprises alimentaires prises dans le scandale de la viande de cheval étaient enregistrées dans des systèmes privés ou de normes pour faire du commerce. Nul doute que ces systèmes privés et les normes connexes seront révisés pour tenir compte de la fraude potentielle (allusion aux systèmes de référentiels et de certifications privés dont un référentiel, à ma connaissance, a déjà été modifié –aa).

Un aspect sinistre du scandale de la viande de cheval est son effet sur la compétitivité. Des contrats de fourniture de produits alimentaires transformés ont été gagnés ou perdus sur le prix. Là les fournisseurs peuvent évincer leurs concurrents en utilisant des matières premières moins chères sans déclarer leur véritable nature, par exemple en remplaçant illégalement du bœuf par de la viande de cheval, cela biaise injustement la compétitivité. Il en résulte aussi une course vers le bas en termes de qualité. Cela devrait être examinée selon des règles de concurrence de l'UE.

Comme toujours avec les incidents alimentaires, une leçon importante est de savoir comment la communication à propos des risques minimise les dommages à la réputation et aux marques. Il y a des contrastes intéressants dans la façon dont les entreprises alimentaires ont répondu à la crise, du déni à l'acceptation pleine et entière des responsabilités.

Notre expérience est que plus une entreprise alimentaire est ouverte et transparente, moins elle sera accusée de dissimulation ou le manque de diligence. Le scandale de la viande de cheval a de nouveau démontré comment la communication proactive des risques et l'acceptation de la responsabilité augmente la confiance du public et minimise les dommages à la réputation.

Quant à l'avenir, du point de vue de la FSAI, le scandale de la viande de cheval a confirmé notre croyance en la valeur de la police régulière sur l'approvisionnement alimentaire, combinée à l'utilisation des méthodes d'analyse scientifiques modernes.

Nous pouvons anticiper. Il y aura un renforcement de nos lois sur les aliments en liaison avec les services réglementaires qui vont inclure des contrôles sur la fraude alimentaire, ainsi que sur la sécurité des aliments. Il faudra pour cela des méthodes plus sophistiquées d'évaluation des risques et développer l'amélioration des capacités d'analyse des laboratoires officiels.

Les amendes et les sanctions pour les personnes reconnues coupables de fraude alimentaire seront augmentées. Le système de passeport du cheval sera resserré. La pression augmentera sur l'étiquetage du pays d'origine de toutes les viandes, étant donné que les chaînes alimentaires sont compliquées et longues, ce qui est devenu évident au cours de ce scandale.

Le secteur alimentaire a appris à la dure que la contamination et la falsification des produits peuvent arriver aux plus grandes entreprises alimentaires du monde et la course est désormais de regagner la confiance des consommateurs. Le vainqueur de cette fraude liée au scandale alimentaire sera le consommateur, qui bénéficiera de contrôles renforcés.

Sécurité des aliments, contrôles annoncés versus contrôles inopinés

21
avr
2 commentaires
Classé dans Audit, Curiosité, Hygiène, Réglementation, Santé, Sécurité des aliments.

418985_261196997293218_1501910844_nL’Avenir.net du 20 avril 2013 rapporte la façon dont se passe des contrôles ou des inspections par l’AFSCA, l’agence fédérale de la sécurité de la chaîne alimentaire de Belgique, annoncées auprès des commerçants et restaurants, voir ces deux liens, 1 et 2.

Signalons que la notion de contrôles ou d’inspections annoncés est une pratique courante dans de nombreux pays y compris parmi les audits tierce partie quel que soit le référentiel de sécurité des aliments utilisé,  … afin de pas scier la branche sur laquelle on est assis.

Qu’en est-il dans cet exemple belge récent …

L’Afsca s’est rendue chez la plupart des opérateurs du secteur de la distribution des denrées alimentaires de Hannut et Waremme. Boucheries, maraîchers, restaurants, grandes surfaces, mais aussi crèches, seigneuries et cantines scolaires ont reçu la visite d’un des 17 contrôleurs de l’agence. Des inspections annoncées et mêmes expliquées par le biais de séances informatives organisées en mars dernier dans les deux villes concernées.

On vous explique au préalbale comment cela va se passer …

D’un tiers à la moitié des commerçants invités assistent aux sessions d’informations. L’occasion de leur expliquer la manière dont se déroule un contrôle. Un rappel des bonnes pratiques en matière de chaîne du chaud et du froid, de propreté des matériaux en contact avec les denrées, de l’hygiène du personnel et des obligations administratives est également enseigné.

Sur le terrain …

Les contrôles qui ont été menés toute la semaine sont identiques à ce qui se pratique habituellement. (sous entendu de façon inopinée -aa) A la différence, que cette fois, les commerçants étaient avertis. « C’est une démarche positive et d’ouverture pour tirer les gens vers le haut et pour qu’ils soient parfaitement en règle ».

PID_$379333$_f745f456-a8f9-11e2-9595-1cf49946ffbd_originalQue faut-y en penser ?

Même s’il est trop tôt pour tirer un bilan, les résultats sont meilleurs que lors des inspections surprises. Une évolution positive qui se confirme de manière générale. Les grandes catastrophes sanitaires constatées par le passé sont révolues.

Est-il anormal de penser que les résultats sont meilleurs que lors des inspections surprises appelées aussi inopinées ?
Que peut bien penser le consommateur de cette mise en scène organisée ?
Mais dès lors que penser de cette conclusion, « Les grandes catastrophes sanitaires constatées par le passé sont révolues. ». Chacun appréciera … 

Un consommateur, un distributeur, un poisson et quelque chose d’autre …

20
avr
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Classé dans Curiosité, Environnement, Réglementation, Santé, Sécurité des aliments.

fish.worm_.tesco_-300x224Le Huffingtonpost du 18 avril 2013 rapporte la présence de quelque chose plus que le poisson acheté.

On a promis à Beattie, qui avait acheté due poisson chez Tesco à Belfast, le remboursement après qu'il ait a attiré l'attention du magasin au sujet  d’un problème. « C'était comme dans un film d'horreur », a déclaré Beattie, selon SWNS.com. « Je suis sûr que d'autres clients de Tesco seraient intéressés. »

Le parasite, connu sous le nom de Cymothoa exigua (ou en anglais tongue-eating louse), entre dans le poisson par ses branchies et se fixe sur la langue du poisson. Une fois en place, le parasite détruit la langue du poisson et la remplace. Le parasite ne semble pas nuire au poisson en aucune autre façon. On ne pense pas que ce parasite soit dangereux pour l’homme, mais il peut mordre s’il est ramassé vivant.

Un porte-parole de Tesco a souligné que la société souhaite entreprendre une « une enquête urgente et approfondie » du fournisseur de poissons, selon Yahoo. « Nous avons des normes très élevées en matière de qualité des aliments », a-t-il dit. « Nous et nos fournisseurs avons des contrôles robustes en place pour s'assurer que nos aliments sont conformes à ces normes. » Il a été demandé à Beattie de fournir le poisson en question pour faciliter l'enquête.

NB : Il s'agit pas d'une page de pub pour Tesco. La question est, va-t-on changer les réfrentiels privés encore une fois ?

Saga horsegate : La France, championne de la viande de cheval dans le bœuf

18
avr
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Classé dans Contamination, Curiosité, Réglementation, Santé, Sécurité des aliments, Union Européenne, Viande.

Ce n’est pas tous les jours que l’on peut fêter en France un titre de champion, mais de quoi ?

Et en plus, ce n’est ni une « histoire » suisse, ni une « histoire » belge, voir Saga horsegate : la Belgique, un exemple à suivre pour la France ?

Il s’agit d’un communiqué de la Fédération Romande des Consommateurs (FRC) du 18 avril 2013, « La France, championne de la viande de cheval dans le bœuf ».

controles-stricts-viande-cheval-bdJe suppose qu’il faut le prendre avec humour mais en ces temps dits de transparence en France, je ne sais pas si cela sera bien apprécié. En tout bravo la FRC, il fallait oser le dire …

En Suisse, ce sont 364 échantillons de viande de cheval et de produits transformés contenant du boeuf qui ont été analysés. L’objectif était double: contrôler la présence de phénylbutazone, un médicament vétérinaire, et vérifier quelle espèce animale avait effectivement été utilisée, suite au scandale du « Horsegate ».

Sur les 247 échantillons de viande de bœuf, 5 contenaient de petites quantités (entre 2,3 et 8%) de cheval. Des produits sans danger pour la santé.

Sur les 117 échantillons analysés pour détecter la présence de phénylbutazone, un seul en présentait de faibles traces. Des résultats qualifiés de « rassurants » par l’OFSP, mais les chimistes cantonaux vont néanmoins poursuivre les contrôles.

Dans le même temps, l’Europe procédait à une vaste campagne de tests, sur le même modèle, parmi ses 27 Etats membres: des traces d’ADN de cheval ont été détectées dans 193 produits, sur les 4144 testés (soit 4,66%). 16 échantillons sur 3115 ont en outre été testés positivement au phénylbutazone (0,51%).

C’est en France que la plus forte proportion de viande de cheval non déclarée a été détectée (47 produits sur 353), suivie par la Grèce.

Et c’est le Royaume-Uni qui détient le record du plus fort taux d’échantillons testés positivement au phénylbutazone.

Si la Commission européenne estime que de tels résultats vont restaurer la confiance, le Bureau européen des unions de consommateurs (BEUC), dont la FRC fait partie, annonce qu’il va continuer à mettre la pression sur les autorités européennes et nationales, afin d’imposer des sanctions plus fortes, et d’exiger des pays d’origine un meilleur étiquetage et un contrôle renforcé des fraudes alimentaires.

Cela semble aussi la voie suivie par notre pays, selon un communiqué du ministère de l’agriculture du 17 avril 2013, « La France demande à la Commission européenne une harmonisation des mesures et un renforcement de la réglementation ». Voir à ce sujet, Saga horsegate : C’est un beau roman, c’est une belle histoire, c’est une romance d’aujourd’hui.

NB : La photo est issue de ce site à consommer sans modération.