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Fatigue après une infection par E. coli producteurs de shigatoxines

29
oct
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Classé dans Contamination, Curiosité, E. coli, Santé, Sécurité des aliments, TIAC.

« Fatigue après une infection par E. coli producteurs de shigatoxines », source GastroHep.com du 29 octobre 2014.

Une équipe a évalué dans la revue Clinical Gastroenterology & Hepatology les aspects psychologiques, la fatigue et la qualité de vie après une infection par Escherichia coli producteurs de shigatoxines.

De mai à juillet 2011 dans le nord de l’Allemagne, il y a eu une grande épidémie de syndrome hémolytique et urémique et de diarrhée sanglante qui a été liée à des infections à Escherichia coli O104 producteurs de shigatoxines.

Le Dr Bernd Löwe et ses collègues d’Allemagne ont étudié la dépression, les symptômes post-traumatiques, la fatigue et la qualité de vie liés à la santé chez des patients dans les 6 premiers mois après l’infection à Escherichia coli O104 producteurs de shigatoxines et les facteurs associés à un mauvais résultat.

Dans une étude de cohorte, les chercheurs ont effectué des évaluations de base auprès de 389 patients 3 mois après l’infection à Escherichia coli O104 producteurs de shigatoxines et des évaluations de suivi de 308 des patients, 6 mois après.

Les données ont été recueillies dans 13 hôpitaux du nord de l’Allemagne.

Les patients ont rempli des échelles d’auto-évaluation validées et une entrevue diagnostique.

Au départ, le syndrome hémolytique et urémique a été diagnostiqué chez 31% des patients.

L’équipe de recherche a constaté que 6 mois après l’infection, la gravité moyenne auto-déclarée de dépression et de symptômes post-traumatiques et la fatigue était significativement plus élevée que dans la population générale.

L’équipe a constaté que le score moyen de la composante mentale de la qualité de la vie liée à la santé était beaucoup plus faible que la moyenne.

Le syndrome de stress post-traumatique a récemment été développé chez 3% des patients, et 43% des patients avaient une fatigue cliniquement significative.

Les chercheurs ont constaté que les facteurs de base les plus importants associés à une mauvaise santé psychologique 6 mois après l’infection à Escherichia coli O104 producteurs de shigatoxines étaient des événements traumatiques antérieurs, la névrose et un faible soutien social.

L’équipe du Dr Lowe fait le commentaire suivant : « Six mois après la grande épidémie d’infections à Escherichia coli O104 producteurs de shigatoxines dans le nord de l’Allemagne, un nombre important de patients ont une mauvaise santé psychologique, une fatigue persistante et une altération de la qualité de vie. »

« Pour de futures foyers de cas d’infection, les facteurs de risques prémorbides chez les patients doivent être pris en compte, ce qui pourrait réduire les effets à long terme des infections sur la santé mentale. »

Retour sur les causes de l’épidémie à E. coli O104:H4 en Allemagne. L’origine naturelle pose-t-elle question ?

30
avr
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Classé dans Contamination, Contamination croisée, Curiosité, E. coli, Environnement, Réglementation, Santé, Sécurité des aliments, TIAC, Union Européenne.

« Le pathogène tueur de 2011 en Europe aurait été répandu volontairement ou accidentellement », source Dan Flynn dans Food Safety News du 30 avril 2014.

Une nouvelle analyse sur l’épidémie mortelle de 2011 à E. coli O104:H4 en Europe du Nord dit que l'hypothèse officielle selon laquelle le pathogène s’est répandu de par « son origine naturelle » est discutable. Des chercheurs serbes et allemands disent qu’il ne peut être exclu que la cause de la propagation pathogène soit accidentelle ou délibérée.

EcoliO101_406x250Sur la base de leurs conclusions, les chercheurs demandent à l'Union européenne de mener d'autres investigations épidémiologiques, microbiologiques et médico-légales sur l'incident. En d'autres termes, ils veulent rouvrir le cas de cet incident. Leur analyse se trouve dans la revue European Journal of Public Health.

L'épidémie de 2011 a tué 53 personnes dans un événement qui a poussé les structures médicales locales, principalement en Allemagne, à leurs limites et a testé le système d'alerte précoce et de réaction au niveau de l'UE. Cela a commencé le 1er mai 2011 et cela a atteint un sommet autour des 21 à 22 mai 2011. L'Institut Robert Koch à Berlin a déclaré l'épidémie terminée le 26 juillet 2011.

Entre ces dates, il y a eu 2 987 cas à E. coli O104:H4 qui n'ont pas développé de syndrome hémolytique et urémique (SHU), mais ont entraîné 18 décès. Et, parmi les 855 cas de SHU, 35 ont été mortels.

Jusqu'à présent, l'explication officielle de l'UE pour l'épidémie soudaine et grave a été l'introduction de graines germées de fenugrec à partir de graines importées d'Egypte contaminées par la souche relativement nouvelle de E. coli O104:H4 lors de transactions commerciales normales.

Toutefois, cette explication a toujours été un peu obscure car la souche rare de E. coli n'a pas été retrouvée dans des endroits qui auraient abouti à une conclusion plus définitive.

« L'évaluation de la probabilité d'un acte criminel ou terroriste derrière un EEI (événement épidémiologique inhabituel) est de grande importance pour la santé publique, comme cela peut être utile dans l'amélioration de la réponse et la résolution des épidémies », écrivent les chercheurs serbes et allemands.

L’équipe de recherche a utilisés des « outils d'évaluation épidémiologique » pour différencier entre les épidémies naturelles, accidentelles et délibérées. Deux sont des « modèles de notation » et le troisième est basé sur des « indices typiques d’une épidémie délibérée sans pondération numérique. » Les modèles et les notes utilisées sont décrits en détail dans l’article.

Ils soulignent que ces techniques ne sont pas nouvelles, ayant été utilisés pour étudier l'épidémie de salmonellose de 1984 à The Dalles, Oregon, l'épidémie de shigellose de 1996 à Dallas, Texas, les cas d'anthrax de 2001 aux États-Unis, les cas d’anthrax en 1979 à Sverdlovsk, Union soviétique, l’épidémie au virus West Nile en 1999 à New York et les cas de tularémie au Kosovo en 1999.

L'équipe est la première à appliquer les faits de l'épidémie de 2011 à ces modèles d'investigation et ils ont conclu que les possibilités que le pathogène a été introduit accidentellement ou intentionnellement dans la chaîne alimentaire sont des théories qui ne peuvent pas être éliminées.

« Depuis le début de l'épidémie, il y a eu confusion sur la provenance et le mode de transmission. Le 10 juin 2011, les autorités allemandes ont annoncé que les graines germées contaminées d'un lot particulier de graines de fenugrec importées d'Egypte en 2009 comme étant la source coupable la plus probable de cette épidémie », selon l’article. « Les conclusions de la Task Force EHEC ont été acceptées par l'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) qui a soutenu les investigations. Cependant, bien que l'on aurait pu s'y attendre, aucune données ou preuves sur des épidémies similaires en Egypte causées par la nouvelle souche allemande EHEC O104:H4 et sur l'origine des graines suspectes étaient disponibles. »

« Les légumes crus ont été montrés durant les dernières années comme un facteur de transmission importante de pathogènes entériques, qui peuvent infecter ou persister dormants dans un état « viable mais non cultivable » dans/sur des végétaux et leurs graines. Jusqu'à l’épidémie (en Allemagne), les graines germées étaient connues comme un véhicule possible mais rare de certaines éclosions causées par des pathogènes entériques », dit l’article.

« La persistance élevé dans l'environnement de E. coli O157:H7 sur des coquilles de noix crues importées des Etats-Unis a été une cause probable d’une épidémie en avril 2011dans plusieurs provinces du Canada à E. coli O157:H7. L'EFSA a donc, il y a quelques années, averti que les graines germées crues (germes, pousses et jeunes pousses) pouvaient être contaminées lors de mauvaises conditions d'hygiène et représentaient un risque pour la santé. Toutefois, ni les graines de fenugrec, ni les restes du lot de graines germées suspectées distribuées en Allemagne n’ont été positifs pour EHEC O104:H4. L’épidémie démontre l'impact élevé de sensibilisation des praticiens et des cliniciens à détecter et à notifier au début même de « petits cas groupés » d'une maladie comme un indice d'alerte d'une épidémie en développement nécessitant des investigations immédiates microbiologiques et épidémiologiques sur les causes possibles. »

« En conclusion, après utilisation de trois modèles publiés pour l'analyse d’un EEI, l’hypothèse généralement acceptée que l’épidémie de 2011 était naturelle ne peut être acceptée sans réserve. C'est la première fois qu’un pathotype de E. coli O104:H4 d'une grande virulence a soudainement émergé, ce qui pourrait indiquer un phénomène anormal. Dans l'intérêt de la sécurité sanitaire et de la biosécurité de la chaîne alimentaire, d'autres analyses épidémiologiques, microbiologiques et médico-légales sont nécessaires pour une réponse définitive sur une question relative à cette épidémie : « Qu'en est-il actuellement ? »

Le financement de l'étude a été réalisé par le ministère serbe de l'éducation.

De la surveillance des cas de STEC O104:H4 post épidémiques en Allemagne.

11
avr
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Classé dans Contamination, Contamination croisée, Curiosité, E. coli, Environnement, Réglementation, Santé, Sécurité des aliments, TIAC, Union Européenne.

Un nouvel article venu d’Allemagne pour mieux comprendre ce qui s’est passé dans cette massive épidémie à Escherichia coli producteurs de shigatoxines O104 :H4 en 2011. Ci-après, l’article paru dans Eurosurveillance revient sur la surveillance des cas de STEC O104:H4 post épidémiques en Allemagne.

Ecoliarrows_320x175Résumé.

Après l'épidémie massive d’infections à Escherichia coli producteurs de shigatoxines (STEC) de sérotype O104:H4 en Allemagne pendant l'été 2011, la surveillance post-épidémique vis-à-vis de nouvelles infections par ce type de STEC a été maintenue jusqu'à la fin 2011. La surveillance a été basée sur la déclaration nationale obligatoire des infections à STEC et la complication associée des syndromes hémolytiques et urémiques (SHU), ainsi que sur les données obtenues à partir d'un questionnaire. Entre la fin de l'épidémie (5 juillet) et le 31 décembre 2011, un total de 33 cas de post-épidémique a été enregistré. Les cas post-épidémique sont survenus avec une fréquence décroissante vers la fin de l'année et ressemblaient les cas épidémiques à bien des égards, cependant, la proportion de SHU chez tous les cas post-épidémiques a été plus faible que lors de l'épidémie. Deux tiers des cas post-épidémiques ont probablement été infectés par contact avec des cas épidémiques connus. La propagation au laboratoire et de façon nosocomiale a été notée dans cette période. Aucun cas de post-épidémique n’a été lié à la consommation de graines germées comme une source potentielle d'infection. La rareté de l'information issue des tests de non-culture couramment utilisés en Allemagne pour diagnostiquer les STEC a rendu difficile le lien des cas post-épidémiques avec l'épidémie. Bien que la surveillance post-épidémique ait démontré un potentiel de la souche épidémique durant la longue chaîne de transmission aidés aussi par une excrétion prolongée, nos résultats et la surveillance de routine continue jusqu'à la fin de 2013 sont en faveur de la notion, que la souche épidémique n’a pas été en mesure de s'imposer dans l’environnement en Allemagne.

Frank C, Milde-Busch A, Werber D. Results of surveillance for infections with Shiga toxin-producing Escherichia coli (STEC) of serotype O104:H4 after the large outbreak in Germany, July to December 2011. Euro Surveill. 2014;19(14):pii=20760

E. coli O104:H4 est-elle la prochaine souche à surveiller ?

9
sept
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« E. coli O104:H4 est-elle la prochaine souche à surveiller ? ». Il s’agit d’un article de James Andrews paru le 9 septembre 2013 dans Food Safety News.

http://www.dreamstime.com/royalty-free-stock-photography-escherichia-coli-image11263977En mai 2011, une souche pratiquement inconnue de E. coli connue sous le nom de O104:H4, a fait les manchettes dans le monde entier lors d’une épidémie en Allemagne qui a rendu malades environ 4 000 personnes et en a tué 50, dont un Américain. Cet événement, lié à graines germées fraîches, est rapidement devenu la plus meurtrière épidémie de maladies d'origine alimentaire de l'histoire.

Dans les jours suivants les premiers rapports de cas de maladie, les laboratoires microbiologiques de recherche à travers le monde ont commencé à mettre en commun leurs ressources pour coordonner la première analyse en « open source » d’un génome microbien. En retour, cela a stimulé un niveau sans précédent d'étude de collaborateurs internationaux qui se poursuit encore deux ans plus tard.

Avant l’épidémie allemande, un cas de maladie avait été seulement rapporté avec O104:H4 en Corée du Sud et cela n’a impliqué qu’un cas isolé de syndrome hémolytique et urémique ou SHU, une maladie rénale potentiellement mortelle associée aux infections graves à E. coli.

Peu ou pas de recherches ont porté sur cette souche rare avant cette épidémie record. Mais, dès qu'il a frappé, O104:H4 a augmenté en notoriété vers un statut réservé à E. coli O157:H7, une souche qui a causé de nombreuses épidémies mortelles au cours des deux dernières décennies et qui a fait que E. coli soit devenu un nom familier.

Grâce aux progrès technologiques récents dans le séquençage de l'ADN, les chercheurs du monde entier ont pu cartographier le génome de en quelques jours, un exploit qui aurait pris des mois si l'épidémie avait eu lieu dix ans auparavant.

En travaillant ensemble pour analyser le génome, les chercheurs ont pu plus rapidement déterminer pourquoi O104:H4 a pu être particulièrement mortel.

Il est apparu assez rapidement que O104:H4 se démarque de la meute en raison d'un ensemble unique de gènes, a déclaré David Rasko, professeur de microbiologie et d'immunologie à la University of Maryland School of Medicine et auteur principal de l'étude sur la cartographie du génome de O104:H4.

Comme cela s'est avéré, E. coli O104:H4 a évolué à partir d'un type de E. coli connus pour être inoffensifs en E. coli entéro-agrégatifs et a acquis les gènes pour produire des shigatoxines de souches plus virulentes connues comme E. coli entéro-hémorragiques. Lorsque l'épidémie a frappé en mai 2011, les professionnels médicaux ne savaient dépister que les souches de E. coli entéro-hémorragiques, ajoutant ainsi un autre élément de confusion à la réponse initiale.

Comme les autres souches entéro-agrégatives de E. coli, O104:H4 se caractérise par une défense sous formes de briques dans l’intestin de l’hôte, induisant la production de mucus qui à la fois le protège et le nourrit. Combinez cela avec la capacité à produire des shigatoxines, et O104:H4 possède le bon cocktail de gènes pour devenir particulièrement dangereux lors d'une épidémie.

Cette combinaison de caractéristiques pourrait aussi expliquer pourquoi l'épidémie allemande a connu une forte proportion de cas de SHU. Près de 1 000 sur les 4 000 personnes malades, soit une sur quatre, un SHU développé dans le cadre de leur infection. Des épidémies d'autres souches de E. coli entraînent généralement environ un cas sur 10 patients qui développent un SHU, majoritairement chez des enfants. Qui plus est, l’épidémie à O104:H4 a causé un SHU chez les adultes au même taux qu'il l’a fait chez les enfants.

Rasko et d'autres chercheurs soupçonnent que les cas de SHU ont été exacerbés par la prescription précoce d'antibiotiques chez les patients alors que les médecins ne savaient pas qu'ils avaient affaire à une épidémie à E. coli.

L'utilisation d'antibiotiques contre E. coli producteurs de shigatoxines a une relation bien établie avec un taux plus élevé de SHU dû à des bactéries libérant des toxines supplémentaires lorsqu'elles sont détruites. En juillet 2012, une étude de  l’University of New Mexico Children’s Hospital a constaté que le traitement des infections à E. coli chez les enfants avec des antibiotiques a triplé le risque de développer un   SHU.

Une étude publiée par des médecins allemands en décembre 2012 a établi que les antibiotiques n'ont pas augmenté le risque de SHU chez des patients infectés par O104:H4, et en fait, ils ont observé que moins de patients, chez qui on avait prescrit des antibiotiques, ont développé un SHU par rapport à ceux qui n'ont pas pris d’antibiotiques.

Rasko et un autre expert de E. coli, Alison O'Brian, ont dit que tout ce qu'ils savent au sujet de E. coli producteurs de shigatoxines suggère que les antibiotiques augmente la production de toxines et ils ne doivent pas être utilisés chez les patients avec E. coli.

Le film épais de O104:H4 produit dans l'intestin l’a probablement conservé chez l'adulte assez longtemps pour faire de l'épidémie allemande une épidémie particulièrement grave, a dit O'Brian, professeure et responsable du département de microbiologie et d'immunologie à l’Uniformed Services University of the Health Sciences.

La recherche d’O'Brian sur O104:H4 a porté sur l'étude des facteurs de virulence de la bactérie dans des modèles animaux. De futures recherches dans son laboratoire visent à déterminer combien de temps les bactéries survivent dans l'environnement, ainsi que de rechercher le taux auquel les gènes de la toxine sont transférés entre les souches de E. coli.

« Le transfert de gènes entre les souches bactériennes est l'une des principales méthodes pour lesquelles les bactéries acquièrent certaines fonctionnalités, telles que la capacité de produire une toxine ou de résister à un traitement antibiotique », a dit O'Brian.

Une équipe de la Michigan State University (MSU) a fait des expériences avec les transferts de gènes dans une tentative de transférer des gènes anti-biofilm vers O104:H4.

Jusqu'à présent, les expériences n'ont pas très bien fonctionné, a déclaré Shannon Manning, biologiste moléculaire à la MSU. Elle a ajouté qu’en théorie, n'importe quel composé anti- biofilm usuel pourrait être utile pour affaiblir O104:H4 assez pour que le système immunitaire puisse mieux se défendre contre lui.

Manning a dit qu'il était difficile de prévoir si O104:H4 pourrait provoquer une nouvelle épidémie à l'échelle de celle qu'il a causé en Allemagne. Il se pourrait que le pathogène et l’origine de l’aliment se soient réunis pour une tempête parfaite et il ne causera probablement pas de telles épidémies graves à l'avenir.

« Cependant, c'est ce que les responsables de la santé publique ont d'abord pensé au sujet des infections O157, et maintenant elles sont l’une des principales causes d'infections d'origine alimentaire dans le monde », a-t-elle noté.

O'Brian a déclaré que, grâce à des décennies d'expérience avec O157, le personnel de santé publique était mieux équipé aujourd'hui pour traiter les souches de E. coli toxiques telles qu'elles apparaissent, bien que des produits frais continuent de poser un risque à E. coli. Le risque ultime, dit-elle, est que plus de souches entéro-agrégatives peuvent hériter de gènes produisant la toxine dans l'avenir.

Un point positif, a ajouté O'Brian, c'est que O104:H4 est un pathogène humain spécifique, ce qui signifie que le risque d'exposition via des sources animales est significativement plus faible par rapport à d’autres souches de E. coli. La bactérie a probablement originellement évolué dans le tube digestif d'un être humain qui a été infecté à la fois par O157:H7 et un parent entéro-agrégatif de O104:H4.

Rasko a déclaré que la santé publique est mieux préparée à étudier les bactéries, mais il doute que le système alimentaire soit beaucoup mieux équipé aujourd'hui pour éviter une épidémie semblable à celle de l'Allemagne.

« Vous auriez besoin de séquençage ou de diagnostic de suivi à chaque étape de la chaîne alimentaire, ce qui n'est tout simplement pas faisable économiquement », a-t-il dit.

Quant à l'avenir, Manning a dit que sa plus grande préoccupation réside dans l'incapacité de la santé publique de prévoir le prochain pathogène imprévisible.

« Du point de vue de la santé publique, l'émergence de nouveaux pathogènes provoque les plus grands problèmes », a dit Manning. « Dans ces cas, nous ne savons pas ce que nous recherchons et nous ne comprenons pas comment ils provoquent des symptômes cliniques, et encore moins comment les traiter. »

Retour sur l’épidémie d’infections à Escherichia coli entéro-hémorragique O104:H4 liée à la consommation de graines germées en juin 2011 à Bègles

11
fév
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Ci-après le résumé du rapport sur l’« Épidémie d’infections à Escherichia coli entéro-hémorragique O104:H4 liée à la consommation de graines germées en juin 2011 à Bègles, Gironde, France ». Le rapport complet est dans la référence ci-dessous.

Résumé.

Le 22 juin 2011, un hôpital situé à proximité de Bordeaux en Gironde signalait 8 cas de diarrhée sanglante, dont 2 syndromes hémolytiques et urémiques (SHU) chez des adultes, à la Cire Aquitaine. Les premières investigations ont permis d’identifier un événement commun à ces cas, la participation à une journée portes ouvertes d’un centre de loisirs à Bègles le 8 juin où était proposé un buffet froid avec des graines germées. Le 24 juin, un premier cas a été confirmé à Escherichia coli entéro-hémorragique (EHEC) O104:H4, souche identifiée dans l’épidémie allemande survenue en mai 2011.

Des investigations épidémiologiques, microbiologiques et de traçabilité ont été menées afin de décrire l’épidémie, identifier le véhicule de transmission et adapter les mesures de contrôles. Une enquête de cohorte auprès de l’ensemble des participants à la journée, manipulateurs de denrées inclus, a été réalisée. Un cas a été défini par tout participant à la journée ayant présenté soit un SHU, soit une diarrhée sanglante, soit un épisode de diarrhée entre le 8 et le 23 juin. La confirmation des cas a été obtenue par isolation de souches d’EHEC O104:H4 ou par sérologie O104. Des analyses microbiologiques sur les prélèvements cliniques et environnementaux ont été réalisées, et une enquête de traçabilité a été mise en œuvre par l’autorité européenne de sécurité des aliments.

Vingt-quatre cas dont 22 adultes ont été identifiés, et 2 cas secondaires ont été observés au sein d’un foyer. Au total, 12 cas ont été confirmés (11 avec un sérotype O104:H4 et 1 avec un sérogroupe O104). La consommation de graines de fenugrec bio a été identifiée comme étant à l’origine de l’épidémie avec une association significative à la maladie (RR : 5,1 [IC 95% : 2,3-11,1]).

L’enquête de traçabilité des graines a permis d’identifier un lot de fenugrec bio (producteur en Égypte) commun à l’épidémie survenue en Allemagne. Les mesures de prévention et de contrôle (retrait des lots incriminés) ont été réalisées.

Cette épidémie aura permis d’apporter de nouveaux éléments relatifs aux infections à EHEC, notamment une durée d’incubation plus longue et une infection chez des adultes qui jusqu’alors n’étaient pas ciblés dans le système de surveillance mis en place en France.

Source Gault G, et al. Épidémie d’infections à Escherichia coli entéro-hémorragique O104:H4 liée à la consommation de graines germées. Juin 2011, Bègles, Gironde, France. Saint-Maurice : Institut de veille sanitaire ; 2012. 72 p.

NB : Il faut attendre presque la fin du résumé pour apprendre qu’il s’agit de graines de fénugrec bio. On pourra aussi lire dans un autre genre mais tout aussi intéressant, « Le diable est dans le germe » de François d'Orcival de l'Institut publié par Le Figaro.fr du 2 juillet 2011.

buffet

Buffet proposé au centre de loisirs le 8 juin, Bègles, Juin 2011 (Source : centre de loisirs à Bègles)