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Le caramel, un colorant pas si anodin omniprésent dans notre alimentation ?

21
août
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Classé dans Contamination, Curiosité, Réglementation, Santé, Sécurité des aliments, Union Européenne.

L’Institut de Santé Publique de Belgique publie le 21 août 2014 une étude sur « Le caramel, un colorant pas si anodin omniprésent dans notre alimentation ».

Extraits

Le caramel a tout pour plaire : couleur ambrée, odeur enivrante, saveur captivante… Sa simple évocation met l’eau à la bouche des petits comme des grands. Pourtant, son utilisation dans l’industrie agro-alimentaire n’a pas de quoi faire saliver.

Pic caramelUn caramel plus vraiment naturel…

Le caramel est le colorant alimentaire le plus répandu et le plus utilisé au monde, car il donne aux aliments une couleur ambrée appétissante et permet de recréer le goût de grillé tant prisé des consommateurs. On le retrouve dans les sodas à base de cola, allégés ou non, mais aussi dans de nombreuses denrées comme par exemple les bières, les sauces, les vinaigres, les glaces, les fruits secs, etc. Le caramel naturel est obtenu en faisant fondre du sucre et de l’eau. Mais dans l’industrie agro-alimentaire, la recette de base est souvent modifiée par l’adjonction d’ammoniac, de sulfites ou de ces deux substances chimiques combinées. La dénomination de colorant caramel recouvre ainsi quatre classes de colorants alimentaires identifiés comme E150a, E150b, E150c et 150d*.

L’ajout de ces substances chimiques au caramel permet certes d’obtenir une jolie couleur dorée ou une odeur et un goût agréables, mais il entraîne égalementl’apparition, sous l’effet de la chaleur, de nouvelles substances ‘néoformées’ qui peuvent s’avérer nocives pour la santé. Dans cette optique, l’Institut Scientifique de Santé Publique (WIV-ISP) s’est penché sur quatre produits néoformés présentant un potentiel toxique. Il s’agit du :

  • THI (2-acétyl-4-(1,2,3,4-tétrahydroxybutyl)imidazole)
  • 5-HMF (hydroxyméthyl furfural)
  • 2-MEI (2- méthylimidazole)
  • 4-MEI (4-méthylimidazole)

Ces quatre substances néoformées que l’on retrouve dans le caramel appartiennent à la même catégorie de produits chimiques mais elles présentent un profil toxicologique très différent. Ainsi, le THI est un immunosuppresseur, c’est-à-dire une substance qui empêche les réactions immunitaires de l’organisme de fonctionner correctement. Le 2-MEI et le 4-MEI sont des produits chimiques classés dans le groupe 2B « agent peut-être cancérigène pour l’homme » par le Centre International de Recherche sur le Cancer (CIRC), et le 5-HMF est une substance qui présente un haut potentiel toxicologique.

* Le colorant E150a correspond à la recette de base du caramel ordinaire.
Le E150b est un caramel avec adjonction d’ammoniac. On parle alors de caramel ammoniacal.
Le E150c est un caramel avec ajout de sulfites. On parle alors de caramel de sulfite caustique.
Le E150d est un caramel avec ajout de sulfites et d’ammoniac. On parle alors de caramel au sulfite d’ammonium.

Selon Le Vif.be du 21 août 2014, « En termes de législation, l’Agence européenne de la sécurité alimentaire joue la prudence « parce qu’elle ne dispose que peu de données relatives aux concentrations réelles de ces substances néoformées dans le produit alimentaire final. Les concentrations des substances sont uniquement contrôlées au niveau de la production du caramel », souligne l’ISP. »

La Libre Belgique.be du 21 août 2014 indique que la Fédération de l’Industrie alimentaire (Fevia) insiste sur le fait que « l’utilisation du caramel est sûre »

Le vinaigre et l’EFSA

14
août
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Classé dans Contamination, Curiosité, Environnement, Santé, Sécurité des aliments, Union Européenne.

IMG_1137Les anciens avaient trouvé de multiples utilisations au vinaigre, ainsi en est-il du vinaigre des quatre voleursou des quatre brigands.

 Le vinaigre des quatre voleurs est une macération dans du vinaigre de plantes aromatiques et médicinales à propriétés antiseptiques. La légende de l’invention du vinaigre des quatre voleurs met en scène plusieurs brigands qui détroussent des cadavres pendant une épidémie de peste, sans être eux-mêmes contaminés. Interrogés sur leur résistance, ils répondirent avoir découvert un remède, le fameux « vinaigre des quatre voleurs », qu’ils prenaient quotidiennement.

Malgré ces vertus et l’utilisation quotidienne par les consommateurs, l’EFSA a diffusé des « Résultats de la consultation avec les États membres et l’EFSA sur les applications de la substance de base de vinaigre comme fongicide et bactéricide dans le traitement des semences et pour la désinfection des outils mécaniques de coupe ». Question n° EFSA-Q-2014-00151, EFSA-Q-2014-00377.

Extraits du rapport intégral.

L’acide acétique dans le vinaigre a le pouvoir de contaminer les eaux souterraines (en raison de sa très faible adsorption par le sol). Les calculs d’exposition des eaux souterraines à l’acide acétique pour l’utilisation considérée du vinaigre, à savoir le traitement des graines, ne sont pas disponibles. L’exposition potentielle des eaux souterraines à la suite d’un traitement des graines à l’utilisation demandée reste ouverte. La limite légale de 0,1 µg/L appliquée pour l’évaluation de l’exposition des eaux souterraines est applicable pour l’acide acétique. Pour une utilisation de désinfection des outils mécaniques de coupe utilisés dans les usines de production, le risque d’exposition des eaux souterraines pourrait être négligeable, à condition que l’excès de la solution de traitement soit effectivement géré.
Aucune information n’a été fournie qui pourrait être utilisée pour une évaluation de l’exposition de l’environnement aux composants du vinaigre, à l’exception du constituant principal, l’acide acétique.

Traduction aa.

Vinaigre des quatre voleurs, photo prise à la pharmacie de l’Hotel-Dieu de la cathédrale (basse) Saint-Lizier de Saint-Lizier en Ariège, qui ne doit pas être confondue avec l’autre cathédrale de la ville, la cathédrale (haute) Notre-Dame-de-la-Sède …

Recommandations du BfR pour l’évaluation sur la santé des résidus de chlorate dans les aliments

8
août
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Classé dans Contamination, Curiosité, Environnement, Réglementation, Santé, Sécurité des aliments, Union Européenne.

« Recommandations du BfR pour l’évaluation sur la santé des résidus de chlorate dans les aliments ». Avis du BfR n°028/2014, 12 mai 2014.

Au cours des activités de contrôle qualité de l’industrie et de la surveillance officielle des aliments, des résidus de chlorate ont été retrouvés dans des fruits et des légumes.

Gemuese_005.tifLes chlorates sont les sels de l’acide chlorique HClO3. Dans le passé, le chlorate de sodium et le chlorate de potassium ont été utilisés comme herbicides. Dans l’UE, l’utilisation de produits phytopharmaceutiques contenant du chlorate ou les produits biocides n’est plus autorisée. Cependant, le chlorate peut être formé comme sous-produit lorsque des substances contenant du chlore sont utilisés, par exemple, à des fins de nettoyage ou de désinfection.

L’apport de chlorate peut avoir des effets néfastes sur les globules rouges du sang et l’inhibition de l’absorption de l’iode dans la thyroïde. Cependant, les consommateurs ne devraient pas fondamentalement changer leurs habitudes alimentaires, même si les bénéfices de santé des fruits et des légumes continue d’être contestés.

Basé sur les connaissances actuellement disponibles, l’Institut fédéral pour l’évaluation des risques (BfR) a compilé des recommandations sur l’évaluation de la santé des résidus de chlorate trouvé dans aliments. L’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) n’a pas encore reçu de mandat pour l’évaluation des ions chlorate. Toutefois l’EFSA travaille actuellement sur un avis sur les ions perchlorate. Les recommandations ci-dessous doivent être considérées comme provisoires jusqu’à ce que cette évaluation de l’EFSA sur les ions perchlorate soit terminée, car son résultat aura une influence sur l’évaluation des ions chlorate.

Le BfR recommande que la dose journalière admissible (DJA) de 0,01 milligramme (mg) de chlorate par kilogramme (kg) de poids corporel obtenue par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) qui est pour le moment, utilisée comme base pour l’évaluation du risque d’exposition chronique et aiguë du chlorate. Les méthodes couramment utilisées pour évaluer les résidus de pesticides, dont le modèle de calcul développé par l’EFSA (PRIMo- Pesticide residue intake model) devraient être utilisées pour le moment.

Traduction par mes soins-aa.

NB : Sur le sujet on lira un dossier de juin 2014 de l’Anses sur les « Ions perchlorate » avec les travaux et les recommandations de l’Anses, mais qui ne semblent concerner que les eaux destinées à la consommation humaine.

Les arguments scientifiques de la France pour interdire le maïs MON 810 sont bidons, selon l’EFSA

2
août
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Classé dans Curiosité, Environnement, Réglementation, Santé, Sécurité des aliments, Union Européenne.

ogm-mais-206x300Résumé.

Suite à une demande de la Commission européenne, l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) a évalué la documentation présentée par la France en vertu de l’article 34 du règlement (CE) 1829/2003 à l’appui de sa demande d’interdire la culture du maïs génétiquement modifié MON 810 dans le UE. Ni les publications scientifiques citées dans la documentation fournie par la France présentant un intérêt pour le maïs MON 810, ni les arguments avancés par la France ne révèlent aucune nouvelle information qui pourrait invalider les conclusions de l’évaluation des risques et des recommandations antérieures de gestion des risques faites par le groupe scientifique de l’EFSA. L’EFSA estime que les conclusions sur l’évaluation des risques et les recommandations antérieures de gestion des risques sur le maïs MON 810 par le groupe scientifique sur les OGM restent valables et applicables. Par conséquent, l’EFSA conclut que, sur la base de la documentation présentée par la France, il n’y a aucune preuve scientifique spécifique, en termes de risque pour la santé humaine et animale ou l’environnement, qui appuierait l’adoption d’une mesure d’urgence sur la culture du maïs MON 810 vertu de l’article 34 du règlement (CE) 1829/2003.

Voir le document en intégralité, Statement on a request from the European Commission related to an emergency measure notified by France under Article 34 of Regulation (EC) 1829/2003 to prohibit the cultivation of genetically modified maize MON 810. Traduction du résumé par mes soins.

Commentaires : On peut en penser ce que l’on veut, mais la France, via son ministre de l’agriculture, va devoir revoir sa copie, à moins comme cela est désormais autorisé, elle procède à une interdiction de circonstance.

En effet, on nous explique que « L’objectif est de donner plus de subsidiarité aux Etats Membres en leur donnant la possibilité de restreindre ou interdire la culture d’un OGM autorisé au niveau européen sur leur territoire ou partie de leur territoire (p.e. une région).

Même si l’évaluation des risques d’un OGM conclut à l’absence de risques pour l’environnement et la santé publique humaine et animale, un Etat Membre pourra choisir de restreindre ou interdire la mise en culture de cet OGM. Les critères utilisables pour restreindre la culture sont notamment les impacts socio-économiques, les objectifs de politique agricole ou la politique publique générale.

D’après le Conseil de l’Union Européenne du 12 juin 2014, « La proposition présentée par la Commission en juillet 2010 s’applique aux OGM ayant fait l’objet d’une autorisation ou en cours d’autorisation au niveau de l’UE. Les motifs que peuvent invoquer les États membres pour interdire ou restreindre les OGM comprennent notamment des raisons socioéconomiques, l’affectation des sols et l’aménagement du territoire, des objectifs de politique agricole et des considérations liées à l’action des pouvoirs publics. »

Donc, il n’est plus utile de présenter désormais des arguments scientifiques bidons comme, hélas, la France est coutumière … maintenant c’est prouvé !

Je conseille également aux lecteurs l’article paru le 28 avril 2014 sur le blog de Marcel Kuntz, OGM (organismes grandement médiatisés).

EFSA : Évaluation du typage moléculaire pour les agents pathogènes d’origine alimentaire

1
août
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Classé dans Contamination, Curiosité, Microbiologie, Réglementation, Santé, Sécurité des aliments, TIAC, Union Européenne.

L’EFSA publie le 1er août un communiqué sur l’« Évaluation du typage moléculaire pour les agents pathogènes d’origine alimentaire ».

L’EFSA a évalué les critères de conception des activités de surveillance portant sur les agents pathogènes d’origine alimentaire chez les animaux et dans l’alimentation humaine et animale lorsque des méthodes de typage moléculaire sont appliquées. Les experts ont aussi passé en revue les conditions nécessaires à une collecte et une analyse harmonisées des données. L’utilisation de données comparables est importante pour pouvoir réaliser des analyses conjointes, par exemple pour comparer des tendances dans le temps et dans l’espace.
Les méthodes de typage moléculaire sont des techniques de laboratoire permettant  de classer et de comparer les bactéries d’origine alimentaire chez les animaux ainsi que dans l’alimentation humaine et animale.

Le document intégral, Evaluation of molecular typing methods for major food-borne pathogens (Part 2).

Résumé.

Les programmes de surveillance basés sur des prélèvements actifs et harmonisés sont considérés comme les plus appropriés pour les investigations des foyers de cas d’infection origine alimentaire, la formulation d’hypothèses, la détection précoce de nouveaux sous-types de pathogènes, les modèles d’attribution et les études génétiques des populations bactériennes. Actuellement, les bases de données moléculaires prototypes ne sont pas largement reliées et contiennent des données épidémiologiques limitées, donc le développement d’un mécanisme de liaison est une priorité. Une exigence technique clé est la détermination d’une valeur seuil convenue pour le niveau de variation génétique entre les isolats qui peuvent encore être considérés comme épidémiologiquement liés. Les données de typage moléculaire devraient être couplées à un ensemble de données et les ensembles de données doivent être comparables à faciliter les analyses conjointes avec un minimum de données épidémiologiques requises sur les cas humains. Des règles d’assemblage des collections de souches et des données associées doivent être convenues et mises en place comme des normes UE. Le processus de collecte des données et les caractéristiques du référentiel des données doit garantir la reproductibilité et optimiser la compatibilité et l’interopérabilité entre les différents ensembles de données. L’évolution de la caractérisation moléculaire des bactéries, en particulier le Whole Genome Sequencing (WGS ou séquençage du génome entier en français -aa), devrait être harmonisée avec les méthodes utilisées pour la surveillance de la population humaine et de l’industrie alimentaire. Les méthodes et les matériaux de référence, comprenant les données des séquences, devraient être adoptés pour le typage des pathogènes d’origine alimentaire. Le téléchargement de données moléculaires ne devrait être autorisée que pour les laboratoires agréés et devrait être soumis à une évaluation externe de la qualité. Une surveillance internationale en cours est nécessaire pour assurer l’approche consensuelle ‘une seule santé’. La mise en place d’un comité mixte de l’EFSA-ECDC-UE-RLs pour le soutien de la surveillance moléculaire intersectorielle, avec un équilibre santé publique et expertise vétérinaire et comprenant des épidémiologistes et des microbiologistes est fortement recommandée. La révision de la base juridique des programmes de réduction des pathogènes sur la base de la nomenclature de l’organisme historique peut être nécessaire suite à l’utilisation accrue du WGS et de l’identification ultérieure des groupements d’organismes biologiquement plus pertinents.

Traduction du résumé par les soins.

Un premier volet était : Scientific Opinion on the evaluation of molecular typing methods for major food-borne microbiological hazards and their use for attribution modelling, outbreak investigation and scanning surveillance: Part 1 (evaluation of methods and applications).