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Diméthoate et cerises : une réponse de la Commission européenne, polie mais cinglante !

22
mai
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Classé dans Contamination, Curiosité, Environnement, Réglementation, Santé, Sécurité des aliments, Union Européenne.

Le ministère de l’agriculture a-t-il exagéré la situation avec sa communication sur les cerises et le diméthoate ? Pourquoi le ministre de l’agriculture annonce-t-il que l’Espagne et l’Italie ont pris des mesures d’urgence identiques alors que ce n’est pas le cas ?

On lira la curieuse communication sur le site du ministère de l’agriculture, « la France protège ses consommateurs en suspendant l’importation des fruits traités au diméthoate tout en défendant l’intérêt de ses producteurs ».

On lira aussi sur ce sujet un article paru sur le blog reprenant celui de Forum Phyto, Diméthoate et cerises : interdiction injustifiée et situation inextricable.

C’est dans ce contexte que je reproduis ci-dessous un article très argumenté du 22 mai 2016 de seppi (blog Agriculture, alimentation, santé publique… soyons rationnels) à propos du diméthoate sur les cerisiers : « une réponse de la Commission européenne, polie mais cinglante ».

ooOOoo

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Notre confrère en défense de la rationalité en agriculture Forum Phyto vient de produire un billet avec une liste de questions de parlementaires. Sur le thème de la protection des cultures.

C’est un florilège intéressant, et cela pourrait être le point de départ d’une étude sociologique. Il est remarquable que des élus dont les (ré)électeurs sont confrontés à des problèmes graves de ravageurs des cultures ou des plantes d’ornement interrogent les ministres sur les mesures de lutte. Comment vote-t-ils sur les propositions démagogiques liées aux pesticides ?

Nous nous sommes intéressés plus particulièrement à la question de M. Davor Škrlec (Verts/ALE, Hongrie) du 19 avril 2016 :

  • Objet: retrait d’un usage de l’insecticide diméthoate dans l’UE

Le diméthoate est la matière active d’un insecticide qui est largement utilisé dans la production d’olives, de légumes et de fruits comme moyen de protection des plantes contre la mouche Drosophila suzukii.

La France, l’Italie et l’Espagne ont interdit la vente de produits traités avec du diméthoate, qu’ils aient été produits au pays ou à l’étranger. En vertu du règlement d’exécution (UE) n°2015/404, l’utilisation du diméthoate a été approuvée jusqu’au 31 juillet 2018.

1. De quelles données spécifiques sur la nocivité potentielle et les risques pour la santé causés par la consommation de produits traités avec du diméthoate la Commission dispose-t-elle, et quelles mesures supplémentaires envisage-t-elle de prendre pour évaluer le risque ? 2. Étant donné que la France, l’Italie et l’Espagne ont interdit la vente de produits traités avec du diméthoate, la Commission prévoit-t-elle d’avertir les autres États membres de la nocivité potentielle de ces produits pour la santé humaine et envisage-t-elle de retirer l’autorisation de l’utilisation du diméthoate dans l’UE ? 3. La France signale que l’un des principaux problèmes concernant le diméthoate est le non-respect des normes de limites maximales de résidus (LMR). Comment la Commission prévoit-t-elle d’améliorer la mise en œuvre du règlement (CE) n°396/2005 concernant les limites maximales de résidus ?

Compte tenu de la demande française à la Commission du 29 mars 2016 de mesures d’urgence concernant l’utilisation du diméthoate conformément à l’article 70(1) du règlement (UE) n°1107/2009(2) et l’article 53(3) du règlement (CE) n°178/2002(4), la Commission a demandé à l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) d’évaluer les risques liés aux résidus de diméthoate. À la lumière de la déclaration(5) publiée dans l’avis de l’EFSA et des discussions avec les États membres, la Commission estime que les mesures d’urgence demandées ne sont pas justifiées. La majorité des États membres considère qu’un réexamen prioritaire des limites maximales de résidus (LMR) est une réponse proportionnée. Ce réexamen a été déjà lancé.

Le 22 avril 2016, la France a notifié à la Commission sa mesure d’urgence nationale(6) en ce qui concerne le diméthoate sur les cerises prise en vertu de l’article 54 du règlement (CE) n°178/2002. La Commission a lancé la consultation des États membres dans un Comité permanent sur l’extension, la modification ou l’abrogation de cette mesure. Aucune notification n’a été reçue de l’Italie et de l’Espagne au sujet de mesures d’urgence pour le diméthoate.

Selon les articles 29 et 30 du règlement (CE) n° 396/2005(7), les États membres procèdent à des analyse de résidus de pesticides dans le cadre de programmes UE et nationaux de contrôle. Les résultats de la surveillance pour 2013 et 2014 montrent que le taux de dépassement des LMR pour le diméthoate pour l’UE a été de 0,4 et 0,3 %, respectivement. Ce n’est pas exceptionnel car, en 2013, le taux de dépassement des LMR pour toutes les combinaisons de pesticides et de denrées a été de 2,0% pour les échantillons de surveillance. En France, cependant, le taux de dépassement des LMR pour les cerises était 3 fois plus élevé que la moyenne de l’UE pour ce produit.

(1) Demande d’interdiction de l’utilisation du diméthoate sur les cultures maraîchères et les vergers dans l’ensemble de l’UE.

(2) JOUE L 309 du 24.11.2009, p. 1.

(3) Demande d’interdiction de la commercialisation des cerises fraîches des États membres ou importées de pays tiers où l’utilisation du diméthoate est autorisée.

(4) JOUE L 31 du 1.2.2002, p. 1.

(5) EFSA statement on the assessment of the risk to human health through the pesticide active substance dimethoate and its metabolites in food, 08/04/2016, doi: 10,2903 / j.efsa.2016.4461.[résumé ici]

(6) https://www.legifrance.gouv.fr/jo_pdf.do?id=JORFTEXT000032439552

(7) JOUE L 70 du 16.3.2005, p. 1.

On notera l’incongruité de la dernière phrase. Selon le rapport de l’EFSA, il y a eu 10 détections de dépassement de LMR du diméthoate sur cerise : 6 en France, 2 en Allemagne, 1 en Italie et 1 en Hongrie à des teneurs de 0,21 à 2,25 pour une LMR à 0,2 mg/kg. Présenter des comparaisons de dépassements de taux sur un total de 10 dépassements n’a guère de sens.

Nous ne commenterons pas plus avant cette réponse.

Mais on constatera combien une opération démagogique nationale peut être nuisible à la construction européenne.

L’Europe réexaminera l’autorisation du diméthoate ainsi que les LMR comme indiqué ci-dessus. Dans un contexte rationnel ? Que nenni ! Dans le contexte d’une opération de com’ française qui a stigmatisé la substance. L’opération Le Foll (et peut-être consorts) jouera le même rôle dans ces procédures que le classement du glyphosate comme cancérogène probable par le CIRC.

Le glyphosate n’est probablement pas cancérogène, est-ce faire preuve de bravitude que de le dire ?

18
mai
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Classé dans Contamination, Curiosité, Environnement, Santé, Sécurité des aliments.

Il semble qu’il faille aujourd’hui du courage pour dire que le glyphosate n’est pas cancérogène face à tous les marchands de peur dûment patentés. Dès lors, comme le rappelle un historien dans Le Figaro du 17 ami 2016, « Où trouver un tel courage, sinon peut-être dans l’empire du Milieu ? » et de reprendre cette délicieuse formule de notre actuelle ministre de l’écologie, « Quiconque vient sur la Grande Muraille conquiert la bravitude ! ».

segolene-royal-roundup_5359991Eh oui, il faut faire preuve de « bravitude » pour écrire que le glyphosate n’est probablement pas cancérogène !

En voici la preuve avec ce communiqué du BfR n°012/2016 du BfR du 16 mai 2016.

La réunion conjointe FAO/OMS sur les résidus de pesticides (JMPR*) a réévalue le glyphosate et confirme les conclusions du BfR et de l’EFSA qu’un risque cancérogène ne doit pas être attendu

Après la réunion conjointe du Groupe d’experts sur les résidus de pesticides dans les aliments et l’environnement de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) et le Groupe restreint d’évaluation des résidus de pesticides (JMPR) de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) à Genève du 9 au 13 mai 2016, le JMPR arrive à la conclusion que le glyphosate est peu susceptible de présenter un risque cancérogène pour l’homme à partir de l’exposition par l’alimentation. De cette façon, l’écart entre l’évaluation des risques du comité responsable de la FAO/OMS pour les pesticides et l’identification des dangers par l’Agence internationale pour la recherche sur le cancer (CIRC), qui a examiné le glyphosate comme probablement cancérogène pour l’homme ainsi que le malathion et le diazinon en mars 2015, devient évidente une fois de plus.

Après que le rapport du CIRC ait été publié, l’OMS a mis en place un groupe de travail d’experts pour établir les raisons de l’évaluation divergente des données par le CIRC et le JMPR. Les travaux de la taskforce ont conclu en août 2015, avec le résultat que le JMPR devait faire une réévaluation des substances actives, le glyphosate, le malathion et le diazinon.

Le résultat de la réévaluation par la réunion conjointe FAO/OMS chargée de l’évaluation des pesticides soutient le résultat de l’évaluation conjointe du glyphosate faite par les autorités responsables de l’évaluation des risques dans les États membre de l’UE et l’UE elle-même, qui a été publié en tant que les conclusions de l’EFSA en novembre 2015. Il est également en conformité avec les dernières évaluations de cette substance faite par Environmental Protection Agency (EPA), des Etats-Unis, la Canadian assessment authority Pest Management Regulatory Agency (PMRA) et l’Australian Pesticides and Veterinary Medicines Authority (APVMA).

*JMPR : Joint FAO/WHO Meeting on Pesticide Residues.

NB : Bien entendu sur cette question, l’Anses ne fait pas preuve de « bravitude », mais on attend toujours une réaction de sa part, mais aussi l’arrivée d’un nouveau directeur général (ce qui est un autre sujet), mais le poids des politiques sur le sujet n’augure pas d’évolution notable de notre pays, pas de bravitude donc, ni de fol espoir, …

On lira avec intérêt cet article paru sur Forum Phyto le 18 mai 2016, Glyphosate : « quand le message est inattaquable, attaquez le messager ! »…

Mise à jour du 19 mai 2016. On lira cet article d’Alerte EnvironnementLes perturbateurs endocriniens et les éoliennes où l’on apprend que la ministre de la santé a déclaré ce matin sur les ondes de France info que le glyphosate était un perturbateur endocrinien et donc qu’il n’y aura pas d’autorisation en France.

Bien entendu, il n’en est rien comme le rapporte Gil Rivière-Wekstein a immédiatement rappelé sur son compte twitter l’analyse de l’Anses qui est pourtant claire : le glyphosate n’est pas un perturbateur endocrinien.

L’article, et quel article, Glyphosate : autopsie d’un nouveau mensonge d’État par notre ami seppi est un réquisitoire total contre notre gouvernement en générale et les politiques en particulier. très bon exemple de critique implacable des incompétences de nos gouvernants …

A propos des niveaux de résidus de glyphosate dans les aliments selon la Commission européenne

17
mai
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Classé dans Contamination, Curiosité, Environnement, Réglementation, Santé, Sécurité des aliments, Union Européenne.

Bart Staes (Verts/ALE) , Karin Kadenbach (S&D) , Stefan Eck (GUE/NGL) , Anja Hazekamp (GUE/NGL) , Kateřina Konečná (GUE/NGL) , Martin Häusling (Verts/ALE) , Younous Omarjee (GUE/NGL) , Gilles Pargneaux (S&D) , Sirpa Pietikäinen (PPE) , Pavel Poc (S&D).

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Objet : Données faussées sur les niveaux de résidus de glyphosate dans les aliments

L’administration américaine chargée des aliments et des médicaments (Food and Drug Administration – FDA) a annoncé, le 17 février 2016, son intention de commencer à déterminer les niveaux de résidus de glyphosate dans les aliments, après que la direction de l’audit du Congrès des États-Unis (US Government Accountability Office) lui a reproché de ne pas avoir réalisé une telle évaluation et de ne pas avoir révélé ce manquement au public.

Dans son rapport de 2013 sur les résidus de pesticides dans les aliments, l’Autorité européenne de la sécurité alimentaire (EFSA) soulignait l’absence de données fiables sur les résidus de glyphosate dans l’Union :

« Comme les années précédentes, l’EFSA a noté que pour certains pesticides couverts par le programme coordonné par l’UE de 2013, le nombre déclaré de déterminations est très en dessous du nombre nécessaire pour formuler des conclusions statistiquement fiables. C’est vrai en particulier pour le 2,4-D, l’amitraz, l’amitrole, le bixafen, l’ion bromure, le chlordane, la cyromazine, le dithianon, la dodine, l’éthéphon, l’oxyde de fenbutatin, la flonicamide, le fluazifop-p-butyl, le flubendiamide, le glyphosate, l’hydrazide maléique, le meptyldinocap et le prothioconazole (voir l’annexe C, tableau C1, sections 2.2 et 2.3). Ainsi, les pays déclarants devraient étendre la portée des méthodes analytiques utilisées pour l’application des limites maximales de résidus (LMR) pour garantir que le taux de détection et le taux de dépassement des LMR n’est pas faussé par le faible nombre de déterminations ou l’absence de données de la part de certains pays. »

Quelles mesures la Commission a-t-elle prises pour garantir que les niveaux officiels de résidus de glyphosate et des autres substances susmentionnées énumérées dans le rapport de l’EFSA ne sont pas faussés, que ce soit en raison du faible nombre de déterminations, de l’absence de données ou de tout autre facteur ?

Selon le règlement (UE) nº788/2012 concernant un programme de contrôle, pluriannuel et coordonné, de l’Union pour les années 2013, 2014 et 2015, le glyphosate devait être examiné en 2013 sur une base obligatoire dans le seigle ou l’avoine sur un total minimal de 642 échantillons. En 2013, les États membres ont analysé 366 échantillons de seigle ou d’avoine (c’est-à-dire moins que les 642 échantillons requis). Les 242 échantillons analysés pour le seigle et les 124 analysés pour l’avoine ne permettaient pas de tirer une conclusion statistiquement solide sur le taux de respect de la limite maximale de résidus (LMR) pour ces produits spécifiques. Néanmoins, aucun de ces échantillons ne contenait des résidus dépassant la LMR.

Afin de garantir un nombre suffisant d’échantillons dans les futurs programmes de l’UE à partir du programme pour 2016, le nombre d’échantillons requis pour tirer des conclusions statistiquement significatives sur le taux de respect des LMR doit être analysé pour chaque produit spécifié au lieu de laisser le choix entre deux produits. En outre, dans le programme pour 2017, le nombre de produits devant être analysés pour le glyphosate au cours d’un cycle de trois ans sur une base obligatoire sera porté de trois à dix. Ces mesures permettront de tirer des conclusions statistiquement valides sur le respect des LMR sur un nombre accru de produits spécifiques.

En plus du programme de contrôle pluriannuel et coordonné de l’Union, les États membres analysent également les résidus de pesticides dans le cadre de programmes nationaux (PN). En 2013, dans le cadre de ces programmes, 2 866 analyses d’échantillons officielles, ont été effectuées pour le glyphosate sur différents produits, ce qui donne une vision représentative sur le taux global de respect des LMR pour le glyphosate. La découverte de résidus dépassant la LMR dans seulement cinq de ces échantillons (soit 0,17 %) est rassurante.

Le comité mixte FAO-OMS d’experts sur les pesticides indique que le glyphosate n’est vraisemblablement pas génotoxique aux expositions alimentaires prévues

16
mai
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Classé dans Contamination, Curiosité, Environnement, Santé, Sécurité des aliments, Union Européenne.

Seppi, dans son très utile et toujours très documenté blog, a écrit un article qui rapporte cette information très utile en ces temps troublés par les marchands de peur et l’absence d’information scientifique non partisane, « Glyphosate prétendument cancérigène : le CIRC – canal militant – désavoué par sa maison-mère, l’OMS, et la FAO ».

Du 9 au 13 mai 2016, la Réunion conjointe de la FAO et de l’OMS sur les résidus de pesticides (Joint FAO/WHO Meeting on Pesticide Residues – JMPR) a tenu une session extraordinaire pour réévaluer trois substances – dans le contexte polémique que l’on connaît, suscité par des évaluations de leur cancérogénicité fort contestées du Centre International de la Recherche sur le Cancer : diazinon, glyphosate, malathion.

Le secrétariat a pris l’heureuse initiative de publier un pré-rapport « pour que l’information puisse être disséminée rapidement ».

glyphosate

Jamais deux sans trois

Il est rappelé que les États membres de l’Union européenne sont appelés à voter sur le renouvellement de l’autorisation du glyphosate les 18 et 19 mai prochains.

Il est aussi rappelé que l’Agence Européenne de Sécurité des Aliments (EFSA) avait conclu, selon un communiqué de presse du 12 novembre 2015 « qu’il est improbable que le glyphosate présente un danger cancérogène pour l’homme ». Et que l’Agence états-unienne de protection de l’environnement (EPA) a mis en ligne le vendredi 29 avril 2016 – puis retiré le lundi 2 mai 2016, dans des conditions plutôt rocambolesques – un rapport final, daté du 1er octobre 2015, de sa Commission d’examen de l’évaluation du cancer concluant au classement du glyphosate comme « probablement non cancérogène pour les humains » (« Not Likely to be Carcinogenic to Humans ») ; voir ici et ici sur ce site.

Les experts de la Réunion commune font en résumé le même constat.

Le glyphosate « vraisemblablement pas… »

S’agissant du glyphosate, le pré-rapport dit ceci (notre traduction – nous découpons en paragraphes) :

1.2 Glyphosate (158)

Le glyphosate est un herbicide systémique à large spectre.

Plusieurs études épidémiologiques sur les incidences du cancer à la suite d’une exposition professionnelle au glyphosate étaient disponibles. L’évaluation de ces études a porté sur l’apparition du LNH [lymphome non hodgkinien]. Dans l’ensemble, il existe quelques preuves d’une association positive entre l’exposition au glyphosate et le risque de LNH à partir d’études cas-témoins et de la méta-analyse globale. Cependant, il est notable que la seule étude de cohorte à grande échelle et de grande qualité n’ait trouvé aucune preuve d’une association à tous les niveaux d’exposition.

Le glyphosate a été largement testé pour ses effets génotoxiques en utilisant une variété de tests sur un large éventail d’organismes. Le poids total de la preuve indique que l’administration de glyphosate et de ses produits formulés à des doses aussi élevées que 2000 mg/kg de poids corporel par voie orale, la voie la plus pertinente pour l’exposition alimentaire humaine, n’a pas été associée à des effets génotoxiques dans une écrasante majorité des études menées sur des mammifères, un modèle considéré comme approprié pour l’évaluation des risques génotoxiques pour l’Homme. La Réunion a conclu que le glyphosate n’est vraisemblablement pas génotoxique [unlikely to be genotoxic] aux expositions alimentaires prévues.

Plusieurs études de cancérogénicité chez la souris et le rat sont disponibles. La Réunion a conclu que le glyphosate n’est pas cancérogène chez le rat, mais n’a pas pu exclure la possibilité qu’il soit cancérogène chez la souris à des doses très élevées. Compte tenu de l’absence de potentiel cancérogène chez les rongeurs à des doses pertinentes pour l’Homme et de l’absence de génotoxicité par voie orale chez les mammifères, et en tenant compte des données épidémiologiques de l’exposition professionnelle, la Réunion a conclu que le glyphosate ne pose vraisemblablement pas de risque cancérogène [unlikely to pose a carcinogenic risk] pour l’Homme par l’exposition par l’alimentation.

La Réunion a réaffirmé la DJA [dose journalière admissible] de groupe pour la somme du glyphosate et de ses métabolites de 0-1 mg/kg de poids corporel* sur la base des effets sur la glande salivaire. La Réunion a conclu qu’il n’était pas nécessaire d’établir une DARf [dose aiguë de référence] pour le glyphosate ou ses métabolites au vu de sa faible toxicité aiguë. »

* L’Union européenne a fixé une DJA de 0,3 mg/kg de poids corporel. Le groupe d’examen par les pairs composé de scientifiques de l’EFSA et de représentants des organes d’évaluation des risques des États membres a fixé une DARf pour le glyphosate s’élevant à 0,5 mg par kg de poids corporel et de porter la DJA à cette même valeur.

NB : La reproduction de l’article de seppi ne traite ici que du glyphosate. N’hésitez surtout pas à le lire en intégralité, je vous y encourage vivement. -aa

On lira avec intérêt cet article paru sur Forum Phyto le 18 mai 2016, Glyphosate : « quand le message est inattaquable, attaquez le messager ! »…

Saga du BPA : L’institut danois (DTU) en remet une couche !

4
mai
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Classé dans Contamination, Curiosité, Environnement, Santé, Sécurité des aliments.

« Le bisphenol A à faibles doses peut affecter le système reproducteur et le comportement », source DTU du 19 avril 2016.

Si des rats sont exposés au bisphénol A à faibles doses au début du développement, il peut entraîner une diminution du nombre de spermatozoïdes, l’obésité et des changements dans développement des seins et du comportement. Ce sont quelques-unes des conclusions d’une nouvelle étude de l’Institut national de l’alimentation, Technical University of Denmark. Les résultats confirment des études animales antérieures qui ont montré que de faibles doses de bisphénol A peuvent affecter le développement du métabolisme, ainsi que les systèmes reproducteur et nerveux.

L’étude du National Food Institute est décrite dans deux articles scientifiques. Andrology : Low-dose effect of developmental bisphenol A exposure on sperm count and behaviour in rats et Low-dose effects of bisphenol A on mammary gland development in rats.

NB : Ce n’est pas première fois que l’institut danois met en cause l’avis de l’EFSA sur le BPA, voir cet article paru sur le site contact alimentaire.com du LNE, ici.