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Quand l’EFSA nous explique que l’interdiction des OGM en Europe est une décision politique et non pas scientifique !

16
avr
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Classé dans Curiosité, Santé, Sécurité des aliments, Union Européenne.

Un communiqué de l’EFSA du 16 avril 2014 nous informe sur « Évaluation des risques et gestion des risques : quelle différence? »

La décision prise, il y a un peu plus d'une dizaine d’années, de séparer le processus d'évaluation des risques du processus de gestion des risques a transformé la sécurité des aliments en Europe. Tandis qu'il est largement reconnu que ce changement a renforcé la sécurité de la chaîne alimentaire, des incertitudes peuvent persister quant à la différence entre les responsabilités et les rôles des évaluateurs des risques et ceux des gestionnaires des risques. (…)

Au niveau européen, cette division des rôles est fondamentale et inscrite dans la loi. Cette séparation a été voulue de façon à instaurer une distinction claire entre science et politique, et à attribuer au processus d’évaluation scientifique une position à la fois indépendante mais aussi à le placer au cœur du processus d’élaboration des politiques. (…)

Voici un exemple pour illustrer ce système : c’est l'EFSA qui évalue la sécurité des demandes d’OGM au cas par cas. Mais le rôle de l’Autorité s'arrête là. Ce sont ensuite les gestionnaires des risques à la Commission européenne et dans les États membres qui prennent la décision d'autoriser ou non chaque OGM.

Commentaires. Tout ceci est vrai à un bémol près, le cas du bisphénol A, où la France a tiré la première, suite aux avis de l’Anses sans attendre la fin de l’évaluation des risques par l’EFSA …

Le foyer d’infection d’hépatite A en Europe s’étend bien au-delà de l’Italie

14
avr
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Classé dans Contamination, Contamination croisée, Curiosité, Environnement, Hygiène, Microbiologie, Santé, Sécurité des aliments, TIAC, Union Européenne, Virus.

HepatitisAMain« Le foyer d’infection d’hépatite A en Europe s’étend bien au-delà de l'Italie », source Food Safety News du 14 avril 2014.

On a d'abord pensé qu’un foyer d’infections d'hépatite A d'au moins 240 cas serait limiter à l'Italie mais il y a désormais une plus grande présence en Europe.

Il y a eu 240 cas de personnes qui n'ont pas visité l'Italie et qui sont associés au foyer d’infection en France, Allemagne, Irlande, Norvège, Pays-Bas, Suède et Royaume-Uni. Dans l'ensemble, il y a eu 1 315 cas d'hépatite A depuis le 1er janvier 2013 dans 11 pays de l'Union européenne.

On a initialement pensé que la source probable du foyer d’infection d’hépatite A était due à des petits fruits surgelés, selon l'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA). Plus récemment, cependant, l'attention s'est portée sur une contamination croisée potentielle dans des équipements de production alimentaire ou même la possibilité que la souche soit désormais répandue alors qu’elle n’avait pas été précédemment détectée.

L’EFSA mène l'investigation de traçabilité en coopération avec les pays de l'Union européenne, le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies, la Commission européenne et l'Institut fédéral pour l'évaluation des risques (BfR).

Tous les 1 315 cas d'hépatite A pourraient faire partie de l'épidémie. Les 240 cas confirmés partagent la même séquence de jonction du génome de la souche virale.

Le pathogène a besoin d’une longue période d'incubation, temps entre l'exposition et l'apparition de la maladie, et l'EFSA dit que quelque qu’il soit le véhicule alimentaire impliqué, il a une longue durée de vie et une chaîne de transformation et de distribution complexe. Cette combinaison rend probable que d'autres cas seront signalés et que le nombre de pays ayant des cas peut également se développer.

L'enquête utilise le système d'alerte rapide pour les denrées alimentaires et les aliments pour animaux (RASFF) de l’UE. Le risque pour la santé humaine et l'étendue géographique de la transmission en cours sont tous deux perçus comme en augmentation.

Le traitement thermique de petits fruits congelés et la vaccination contre le virus de l’hépatite A pour ceux qui travaillent au contact sont parmi les recommandations que les responsables de la santé de l'UE sont en train de faire en ce moment.

« Une approche du séquençage du génome entier doit être considérée pour examiner les isolats viraux provenant de différents points dans le temps lors du foyer d’infection d’hépatite A afin de confirmer l'hypothèse d'un seul foyer », rapporte l'EFSA.

On s'attend bientôt à ce qu’une nouvelle évaluation des risques arrive.

NB : Voir aussi Mise à jour des informations sur les cas d’hépatite A dans l’UE.

Saga du BPA : l’EFSA finalisera sa réévaluation complète fin 2014

9
avr
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Classé dans Curiosité, Santé, Sécurité des aliments, Union Européenne.

vraiment_sans_bpaL’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) prolonge jusqu’à fin 2014 le délai pour la finalisation de l’évaluation complète des risques associés au bisphénol A (BPA).

Ce nouvel échéancier permettra aux scientifiques de l'EFSA de disposer de suffisamment de temps pour analyser le nombre élevé de commentaires reçus lors de la consultation publique portant sur l’évaluation de la sécurité de cette substance chimique. En janvier 2014, l'EFSA avait demandé aux parties prenantes et autres parties intéressées de communiquer leurs observations sur la deuxième partie de son projet d'avis scientifique, qui porte sur les risques du BPA pour la santé humaine. L'Autorité a reçu près de 250 réponses au cours de cette consultation de deux mois, et elle considère qu'il est essentiel pour elle d’obtenir une compréhension complète de ces commentaires avant la finalisation de son évaluation des risques associés au BPA.

Pour certains, cela ne changera pas grand chose puisqu'ils ont déjà une réglementation, voir la Loi du 24 décembre 2012 visant à la suspension de la fabrication, de l’importation, de l’exportation et de la mise sur le marché de tout conditionnement à vocation alimentaire contenant du bisphénol A.

Saga du BPA : L’Anses publie enfin ses commentaires sur la consultation publique de l’EFSA

7
avr
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Classé dans Curiosité, Réglementation, Santé, Sécurité des aliments, Union Européenne.

Tout arrive avec le bisphénol A (BPA) ! L’EFSA avait indiqué : « L’EFSA a adopté une approche en deux étapes pour l’élaboration de son avis sur le BPA. La première partie de l’avis, portant sur l’exposition humaine à cette substance chimique, avait été publiée en juillet 2013, accompagnée d’une consultation publique. La seconde partie a été publiée en janvier 2014 et porte sur l’évaluation des risques pour la santé humaine associés au BPA. La consultation publique ayant été lancée au même moment sera ouverte jusqu’au 13 mars 2014. Toutes les parties intéressées sont invitées à soumettre leurs commentaires écrits sur l’évaluation toxicologique au plus tard à cette date. »

EC-plays-down-reports-of-EU-objections-to-France-BPA-ban_dnm_headlineOn apprend que près de 20 jours après la clôture de la consultation publique, nous voilà enfin informé, l’avis de l’Anses à la consultation publique de l’EFSA est tout de même daté du 13 mars …

Mais l’Anses publie donc le 7 avril 2014 « les conclusions transmises à l’EFSA en réponse à cette mise en consultation. L’Anses souligne l’important travail scientifique réalisé par l’EFSA, notamment l’intégration de données récentes et la prise en compte de toutes les voies d’exposition. Cependant, l’Anses pointe certaines limites quant à la prise en compte des incertitudes dans le travail de l’EFSA, des différences d’interprétation dans l’analyse des études disponibles et recommande une harmonisation des méthodes d’évaluation des études toxicologiques appliquées par les différents organismes européens. » …

Quelles sont les recommandation de l’Anses ?

Après analyse du projet d’avis de l’EFSA, l’Anses considère que les conclusions de son évaluation publiée en mars 2013 restent, à ce jour, valides. L’Agence prend néanmoins acte du nombre de publications postérieures à son rapport sur les effets sanitaires du BPA et estime nécessaire de poursuivre une veille active permettant l’actualisation des données sur cette substance.
Enfin, étant donné les divergences d’interprétation relevées par les experts concernant notamment les limites méthodologiques des études de toxicité sur le BPA, l’Anses recommande de définir des critères objectifs, qui devraient faire l’objet d’une harmonisation entre l’EFSA et les agences nationales de sécurité sanitaire.

Tout cela est bien joli, mais en admettant qu’il y ait « une harmonisation entre l’EFSA et les agences nationales de sécurité sanitaire », à quoi cela servirait-il puisqu’il y aune réglementation qui suspend la présence de BPA dans les emballage alimentaires ? Voir la Loi du 24 décembre 2012 visant à la suspension de la fabrication, de l’importation, de l’exportation et de la mise sur le marché de tout conditionnement à vocation alimentaire contenant du bisphénol A.

Beau dilemme en perspective entre science, politique et agitation …

Saga du BPA : La grogne des moutardiers

3
avr
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Classé dans Contamination, Curiosité, Réglementation, Santé, Sécurité des aliments, Union Européenne.

Il paraît qu’en France il y a un ministre du redressement productif … et donc voici un chantier de plus ?

Le BPA ou bisphénol A vient de faire parler de lui en termes économiques, une distorsion de concurrence avec d'autres pays, comme le rapporte Le Bien Public du 3 avril 2014, sous le titre, « Bisphénol A : La grogne des moutardiers ».

 vraiment_sans_bpa« Le problème est en voie de règlement. Nous n’avons pas d’inquiétude à ce sujet. Nous allons répondre à l’exigence de cette réglementation dans les délais », déclare Luc Vandermaesen, directeur général de Reine de Dijon à Fleurey-sur-Ouche.

« Nous achèterons des capsules sans BPA intentionnel », poursuit le chef d’entreprise. « Suite à notre demande, nos fournisseurs nous ont proposé un nouveau système où il n’y a pas d’ajout de BPA. »

« Nous avons des solutions », confirme Marc Désarménien, dirigeant de la moutarderie Fallot à Beaune. « Cette solution est plus coûteuse », confirme Marc Désarménien. « Chez nous, nous aurons de 5 à 6 % environ d’augmentation par capsule. »

Néanmoins, selon le chef d’entreprise, compte tenu du contexte actuel de crise, le surcoût ne serait pas pris en charge par les clients, mais bien par les entreprises. « Pour nous, cela sera une perte financière qui serait difficilement répercutable auprès de nos clients », explique Marc Désarménien. « De plus, étant donné que nous exportons plus de 50% de notre production, ce problème de bisphénol ne concerne par les Américains et les Canadiens par exemple. »

Un autre point est dénoncé par les moutardiers locaux. « Nous allons être en concurrence avec des fabricants qui se situent dans d’autres pays et qui, sur la grande exportation, n’auront pas cette problématique », regrette Luc Vandermaesen. « Je déplore que le fait que cette décision a été prise au niveau français et non pas dans l’ensemble de l’Union européenne », dit Marc Désarménien. « Je pense que les 28 états membres sont suffisamment adultes pour juger de la dangerosité du produit. Si c’est le cas, selon moi, la décision devrait être prise au niveau communautaire, et non uniquement par la France, ce qui est aberrant. »

Mais qu’en donc pense le ministre du redressement productif ?

Comme déjà annoncé, l’avis de l’EFSA ne va pas aller dans le sens de la législation française, et nous allons nous retrouver (encore une fois ?) seul face à nos voisins européens. Sur le sujet, on lira Saga du BPA : L'Anses en remet une couche ! et concernant la substitution du bisphénol A, c’est pas gagné …, voir Les alternatives au bisphénol A sont-elles fiables ?