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Exposition aux pesticides : renforcer la protection sanitaire des opérateurs, employés, résidents et tiers grâce à un document d’orientation harmonisé

23
oct
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Classé dans Contamination, Contamination croisée, Curiosité, Environnement, Santé, Sécurité des aliments, Union Européenne.

Exposition aux pesticides: renforcer la protection sanitaire des opérateurs, employés, résidents et tiers grâce à un document d’orientation harmonisé, source EFSA du 23 octobre 2013.

Le nouveau document d’orientation de l’EFSA établit, pour la première fois, une méthodologie harmonisée pour calculer l’exposition aux pesticides de quatre grands groupes de population: les opérateurs, les employés, les résidents et les tiers.

Cette méthodologie innovante a été conçue pour aider les évaluateurs des risques et les demandeurs du secteur de l’industrie à calculer le risque pour les personnes exposées aux pesticides par l’intermédiaire de leur travail ou de leur proximité physique (endroits où ils vivent, travaillent ou se rendent à l’école) avec des zones dans lesquelles ces produits chimiques sont utilisés, par exemple des champs. Elle permet d’évaluer l’exposition d’origine non alimentaire aux pesticides, essentiellement par inhalation et par absorption cutanée, mais également par ingestion potentielle suite à un transfert main-bouche.

Dans le cadre de ces orientations, l’EFSA a conçu un logiciel facile d’emploi qui réalise ces évaluations en un seul clic. Lorsque les informations clés sont saisies, la calculatrice indique si le niveau d’exposition d’un groupe particulier dans des circonstances spécifiques est supérieur ou inférieur aux niveaux recommandés établis précédemment pour une exposition acceptable. Cet outil intègre un facteur de sécurité élevé qui prend en compte à la fois des scénarios réalistes et des scénarios plus pessimistes pour évaluer l’exposition. Toutes les évaluations sont fondées sur l’hypothèse que les opérateurs et les employés respectent les procédures de sécurité reconnues, connues sous le nom de bonnes pratiques phytosanitaires, lorsqu’ils utilisent des pesticides.

Ce document d’orientation et cet outil contribuent de façon significative à la protection de la santé publique en calculant l’exposition non alimentaire aux pesticides de manière plus précise que jamais auparavant.

Appel à l’action. L’EFSA a souligné que le document d’orientation contenait encore certaines incertitudes dues à une insuffisance de données – notamment en ce qui concerne l’évaluation de l’exposition des résidents. L’Autorité invite les scientifiques des États membres, les organismes de recherche et l’industrie à combler ces lacunes dans le cadre d’un réexamen continu du document.

Voir les FAQs sur le « Document d’orientation sur l’évaluation de l’exposition aux pesticides des opérateurs, des employés, des résidents et des tiers »

NBL’Anses et l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) organisent conjointement, les 28 et 29 octobre prochains, une conférence présentant un état de l’art des connaissances concernant les expositions professionnelles aux pesticides. Cette conférence rassemblera chercheurs et scientifiques français et internationaux afin, d’une part, de discuter des avancées dans le domaine de l’évaluation des expositions aux pesticides et, d’autre part, de promouvoir les échanges de pratiques et de connaissances au sein de la communauté scientifique. 

Que faut-il penser des alertes récurrentes notifiées au RASFF par l’Italie en raison de la présence de mercure dans des poissons ?

19
oct
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Classé dans Contamination, Curiosité, Environnement, Rappel, Réglementation, Santé, Sécurité des aliments, Union Européenne.

sb10064750i-001« Alertes récurrentes notifiées au RASFF par l’Italie en raison de la présence de mercure dans des poissons », source Cesare Varallo dans Food Latest Law.

Au cours de l’année 2014, le système d’alerte rapide de l’UE (RASFF ou système d’alerte rapide pour les denrées alimentaires et les aliments pour animaux) a enregistré un nombre pertinent de 62 notifications adressées seulement par l’Italie pour des gros poissons contenant des métaux lourds, le mercure en particulier.

Les pays d’origine de ces poissons sont différents, mais avec une nette prédominance de l’Espagne suivie de près par le Portugal et le Vietnam.

Il s’agit d’une information utile pour les opérateurs du secteur alimentaire qui achètent des produits de pêche de ces pays ; afin d’éviter des lots contaminés et des éventuelles sanctions des autorités de contrôle, il est fortement recommandé d’adopter un plan d’échantillonnage renforcé et des analyses de laboratoire.

L’espadon, le thon et le requin mako ou requin-taupe bleu sont parmi les principales espèces concernées et les valeurs de mercure retrouvées par les autorités étaient très différentes d’un cas à l’autre (de 0,7 au 0,8 mg/kg à 5,4 mg/kg et plus) : à partir de ce risque sont exemptés les aliments en conserve, dérivés en général de poissons de taille moyenne, moins exposés à ce type de contamination. Il faut également souligner que le risque n’est pas de type immédiat/aigu, mais plus probablement lié à un effet toxique cumulatif.

Suite à une demande de la Commission européenne, l’EFSA en 2014 a publié un avis scientifique pour évaluer les bénéfices et les risques sanitaires associés à la consommation de poissons et à la présence potentielle du mercure. Le Groupe (groupe scientifique sur les produits diététiques, la nutrition et les allergies (NDA) a conclu que la consommation d’environ 1-2 portions de poissons par semaine et jusqu’à 3-4 portions par semaine pendant la grossesse a été associée à de meilleurs résultats fonctionnels du développement neurologique des enfants par rapport à l’absence de consommation de poissons. Ces quantités ont également été associées à un risque plus faible de mortalité par maladie coronarienne chez les adultes et elles sont compatibles avec les prises et les recommandations actuelles dans la plupart des pays européens considérés. Ces associations font référence aux poissons per se (en soi) et comprennent les effets positifs et négatifs des nutriments et des non-nutriments (comprenant des contaminants tels que le méthylmercure) contenu dans les poissons.

Donc, il n’y a pas lieu de paniquer, mais le nombre certainement élevé de notifications au RASFF suggère de faire un peu attention à une trop grande consommation de ces espèces et de renforcer les contrôles officiels dans ce secteur. Malgré la présence d’un risque réel pour la santé humaine, cependant, il est assez étrange de l’absence totale de nouvelles sur cette situation dans les principaux journaux, souvent très prompts à sensibiliser de façon excessive les cas où il n’y a pas de risque (par exemple la mozzarella bleue).

Le ministère italien de la santé a informé via son site Internet qu’une consommation modérée d’espèces prédatrices de grande taille (1 portion par semaine d’environ 100 g, 2 portions de thon), en particulier, concernant les enfants et les femmes enceintes, et a souligné que la raison du pic de notifications au RASFF est une conséquence des contrôles renforcés sur le marché.

Avis de l’EFSA sur les risques pour la santé publique liés à la présence de perchlorate dans les aliments, en particulier les fruits et les légumes

17
oct
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Classé dans Contamination, Curiosité, Environnement, Santé, Sécurité des aliments, Union Européenne.

Résumé.

L’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) a reçu une demande de la Commission européenne pour un avis scientifique sur le perchlorate dans les aliments, en particulier les fruits et les légumes. Le perchlorate est un polluant déversé dans l’environnement à partir de sources naturelles et anthropiques. L’utilisation d’engrais naturels et l’eau d’irrigation contaminée par le perchlorate peuvent conduire à des concentrations importantes dans les légumes feuilles. La désinfection de l’eau par des substances chlorées qui dégradent potentiellement le perchlorate pourrait être une autre source potentielle de contamination. L’EFSA a reçu les résultats des analyses de 4 731 prélèvements présentés par six États membres, principalement pour les fruits, les légumes et les produits de fruits et de légumes. Le groupe scientifique sur les contaminants de la chaîne alimentaire (CONTAM) a effectué des estimations de l’exposition à la fois chronique et  « à court terme » compte tenu de l’ensemble des données disponibles, et des données de la littérature sur les taux de perchlorate dans les jus de fruits, les boissons alcoolisées, le lait, les formules pour nourrissons et le lait maternel. Le groupe CONTAM a établi une dose journalière tolérable de 0,3 mg/kg de poids corporel par jour, basée sur l’inhibition de l’absorption d’iode par la thyroïde chez des adultes sains. Parmi les sous-populations vulnérables, des effets aigus potentiels du perchlorate ont été proposés pour le fœtus et les nouveau-nés. Le groupe CONTAM a noté qu’une exposition aiguë unique de perchlorate à des taux retrouvés dans les aliments et l’eau est peu susceptible de causer des effets néfastes sur la santé humaine, y compris chez les groupes les plus vulnérables de la population, et a conclu que la mise en place d’une dose aiguë de référence pour le perchlorate n’est pas justifiée. Dans l’ensemble, le groupe CONTAM a conclu que l’exposition alimentaire chronique au perchlorate est potentiellement préoccupante, en particulier pour les gros consommateurs dans les groupes d’âge les plus jeunes de la population ayant une carence moyenne à modérée en iode. En outre, il est possible que l’exposition à court terme au perchlorate soit une préoccupation pour les nourrissons allaités et les petits enfants avec un faible apport en iode.

Le texte complet : Scientific Opinion on the risks to public health related to the presence of perchlorate in food, in particular fruits and vegetables.

NB : Traduction par mes soins.

Question écrite à la Commission européenne au sujet de la suspension de la culture du maïs génétiquement modifié MON810 en France

16
oct
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Classé dans Curiosité, Environnement, Réglementation, Santé, Sécurité des aliments, Union Européenne.

Cesare Varallo sur son blog Food Latest Law revient sur une question écrite à la Commission européenne au sujet de la suspension de la culture du maïs génétiquement modifié MON810 en France.

ogm-maisQuestion écrite de Marc Tarabella (S&D), E-006344/2014

Le 1er août, l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) a rendu un avis qui bat en brèche le recours, par le gouvernement français, à la clause de sauvegarde pour interdire en France la culture du maïs OGM MON 810. L’EFSA conclut qu’au vu des documents fournis par la France, il n’existe aucun élément de preuve scientifique concret en termes de risques pour la santé humaine ou animale ou pour l’environnement qui justifierait l’adoption d’une mesure d’urgence relative à la culture du maïs MON 810.

À Paris, l’Association générale des producteurs de maïs (AGPM), affiliée à la Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (FNSEA), relève que l’Autorité européenne de sécurité des aliments invalide pour la troisième fois l’argumentation du gouvernement, qui avait invoqué un risque de dommages graves et irréversibles pour l’environnement.

1. La Commission compte-t-elle suivre l’avis de l’EFSA (sachant que ce n’est systématiquement pas le cas quand il s’agit de l’EFSA)?

2. Qu’en est-il du principe de précaution?

3. La Commission pourrait-elle sévir en cas de maintien du recours à la clause de sauvegarde ?

Réponse donnée par M. Borg au nom de la Commission le 10 octobre 2014

1. Conformément à la législation applicable, les interdictions de culture de maïs MON 810 décrétées par les États membres doivent être étayées de preuves établissant que l’utilisation de ce produit est susceptible de présenter un risque grave pour la santé ou pour l’environnement [article 34 du règlement (CE) n°1829/2003]. La Commission a demandé à l’EFSA d’examiner les éléments scientifiques fournis par la France pour justifier son interdiction de culture du maïs MON 810. Le 31 juillet 2014, l’EFSA a conclu que cette mesure d’urgence n’était fondée sur aucune preuve scientifique concrète.

2. Les dispositions telles que l’article 34 du règlement (CE) n°1829/2003 constituent une mise en application du principe de précaution dans la législation sur les OGM. Dans ce contexte, il convient de rappeler que l’application du principe de précaution présuppose la mise en évidence, au terme d’une évaluation des informations disponibles, du risque d’effets nocifs pour la santé ou l’environnement, même si une incertitude scientifique persiste. Ce risque n’a pas été confirmé par l’EFSA dans son avis scientifique.

3. Les développements juridiques en France liés à l’interdiction de la culture du maïs MON 810 montrent l’importance de ménager dans la législation d’autres moyens de donner aux États membres une plus grande marge de manœuvre pour décider de la culture d’OGM sur leur territoire. Voilà précisément ce à quoi vise la « proposition sur la culture d’OGM » présentée par la Commission en 2010, laquelle est actuellement examinée en deuxième lecture par le Parlement européen et le Conseil.

NB : Eh oui, maintenant on peut interdire les OGM pour convenance personnelle …

On pourra lire sur ce sujet, Quand l’EFSA nous explique que l’interdiction des OGM en Europe est une décision politique et non pas scientifique ! et Accord politique sur la possibilité pour les Etats Membres de limiter ou interdire la culture d’OGM

L’hépatite A dans des petits fruits rouges surgelés : l’éclosion silencieuse en Europe !

16
oct
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Classé dans Contamination, Contamination croisée, Curiosité, Environnement, Hygiène, Microbiologie, Réglementation, Santé, Sécurité des aliments, TIAC, Union Européenne, Virus.

« L’hépatite A dans des petits fruits rouges surgelés : l’« éclosion silencieuse », Mon article sur la newlsetter de Meyerlegal » par Cesare Varallo dans Food Law Latest.

Tout d’abord, je tiens à remercier le professeur Alfred Meyer Hagen de me donner la chance de publier cet article invité sur la newsletter de son cabinet d’avocats. Il est certainement l’un des spécialistes le plus reconnu dans la législation alimentaire et ses réalisations, ainsi que ses publications, sont absolument impressionnantes à la fois en qualité et en nombre. Je vous conseille fortement de visiter son site et vérifiez régulièrement sa newsletter et d’autres publications gratuites.

frozen-berriesVous pouvez retrouver le lien direct vers le numéro actuel de la newsletter comportant l’article en entier.

Résumé.

Le 8 septembre 2014, l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) a publié les résultats définitifs de son étude sur l’éclosion d’hépatite A qui, l’an dernier, a frappé l’Italie et, dans une moindre mesure, plusieurs autres pays européens et dont on pense que cela aurait été causé par un mélange de baies rouges congelées d’origine est-européenne.

L’étude, qui a été réalisé également avec le soutien du Centre européen de contrôle des maladies (ECDC) et des experts des États membres, a minutieusement reconstitué la traçabilité des petits fruits rouges qui ont été considérés comme potentiellement porteurs de l’infection. Cependant, comme il sera montré, ces efforts n’ont pas permis de faire la lumière sur les causes et l’origine de la contamination.

Cela semble, pour le moins, une conclusion indésirable pour l’une des plus grandes et des plus violentes éclosions d’origine alimentaire que l’Europe ait connues au cours de ces dernières années (1 444 cas, dont près de 1 300 en Italie). Cela nous laisse aussi avec deux questions sans réponse :

  • Pourquoi cette éclosion a presque été ignorée par les médias et les gestionnaires de risques/ communicateurs à propos du risque tous ensemble ?
  • Pourquoi était-il impossible de tracer tous les lots concernés et, à terme, identifier la source de la contamination ?

En essayant de répondre à ces questions, nous allons également essayer de mettre en évidence les raisons pour lesquelles cette éclosion devrait être considéré comme un test important de stress pour le système européen de sécurité des aliments dans son ensemble.

NB : Un article sur le blog indiquait « Fruits rouges surgelés contaminées par le virus de l’hépatite A : 15e notification au RASFF depuis le début de l’année 2013 ». Une autre question peut être posée, combien faut-il de notifications au RASFF avant de réagir ? Par ailleurs,  en France, je n’ai pas lu de document sur le sujet, ni de recommandations sanitaires sur la consommation de petits fruits rouges surgelés.