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Saga du BPA : L’institut danois (DTU) en remet une couche !

4
mai
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Classé dans Contamination, Curiosité, Environnement, Santé, Sécurité des aliments.

« Le bisphenol A à faibles doses peut affecter le système reproducteur et le comportement », source DTU du 19 avril 2016.

Si des rats sont exposés au bisphénol A à faibles doses au début du développement, il peut entraîner une diminution du nombre de spermatozoïdes, l’obésité et des changements dans développement des seins et du comportement. Ce sont quelques-unes des conclusions d’une nouvelle étude de l’Institut national de l’alimentation, Technical University of Denmark. Les résultats confirment des études animales antérieures qui ont montré que de faibles doses de bisphénol A peuvent affecter le développement du métabolisme, ainsi que les systèmes reproducteur et nerveux.

L’étude du National Food Institute est décrite dans deux articles scientifiques. Andrology : Low-dose effect of developmental bisphenol A exposure on sperm count and behaviour in rats et Low-dose effects of bisphenol A on mammary gland development in rats.

NB : Ce n’est pas première fois que l’institut danois met en cause l’avis de l’EFSA sur le BPA, voir cet article paru sur le site contact alimentaire.com du LNE, ici.

Des contaminants liés au procédé de transformation sont présents dans les huiles végétales et les denrées alimentaires, selon l’EFSA

4
mai
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Classé dans Contamination, Curiosité, Réglementation, Santé, Sécurité des aliments, Union Européenne.

« Des contaminants issus du procédé de transformation sont présents dans les huiles végétales et les denrées alimentaires », source communiqué de l’EFSA du 3 mai 2016.

Extraits.

imgresDes contaminants à base de glycérol des procédés de transformation retrouvés dans l’huile de palme, mais aussi dans d’autres huiles végétales, margarines et certains denrées alimentaires transformées, soulèvent des problèmes potentiels de santé pour le consommateur de ces aliments pour tous les groupes d’âge jeune et pour les grands consommateurs dans tous les groupes d’âge.

L’EFSA a évalué les risques pour la santé publique des substances : les esters d’acides gras de glycidol (GE), le 3-monochloro-propane-1,2-diol (3-MCPD) et le 2-monochloro-propane-1,2-diol (2-MCPD) et leurs esters d’acides gras. Les substances se forment lors de la transformation des denrées alimentaires, en particulier lors du raffinage des huiles végétales à des températures élevées (environ 200°C).

Les plus hauts niveaux de GE, ainsi que 3-MCPD et 2-MCPD (comprenant les esters) ont été retrouvés dans l’huile et la graisse de palme, suivie par d’autres huiles et graisses. Pour les consommateurs âgés de trois ans et et plus, les margarines et les ‘pâtisseries et les gâteaux’ étaient les principales sources d’exposition à toutes les substances.

Les esters d’acides gras de glycidol – génotoxiques et cancérogènes

Le groupe d’experts de l’EFSA sur les contaminants de la chaîne alimentaire (CONTAM) a étudié les informations sur la toxicité du glycidol (un composé parent des GE) pour l’évaluation des risques des GE, en supposant une conversion complète des esters de glycidol après ingestion.

La Dr Helle Knutsen, présidente du groupe CONTAM, a déclaré : « Il existe des preuves suffisantes que le glycidol est génotoxique et cancérogène, donc le groupe CONTAM n’a pas défini de niveau de sécurité pour les GE. »

Lors de l’évaluation des substances génotoxiques et cancérogènes qui sont involontairement présentes dans la chaîne alimentaire, l’EFSA calcule une ‘marge d’exposition’ pour les consommateurs. En général, plus la marge d’exposition est élevé, plus le niveau de préoccupation est faible pour le consommateur.

Le comité a conclu que les GE sont un problème potentiel de santé pour tous les groupes d’âge les plus jeunes avec une exposition moyenne, et pour les consommateurs avec une forte exposition dans tous les groupes d’âge.

« L’exposition aux GE des bébés consommant uniquement les préparations pour nourrissons est une préoccupation particulière car cela augmente jusqu’à dix fois ce qui serait considéré comme peu préoccupant pour la santé publique », a déclaré le Dr Knutsen.

NB : Dans ce contexte, on lira la recommandation de la Commission du 10 septembre 2014 relative à la surveillance de la présence de 2- et 3-monochloro-propane-1,2-diol (2- et 3-MCPD), d’esters d’acides gras de 2- et 3-MCPD et d’esters d’acides gras de glycidol dans les denrées alimentaires.

Traduction par mes soins. -aa. La version en français du communiqué de l’EFSA est ici.

Les normes de sécurité des aliments en Europe sont-elles les plus élevées au monde ?

30
avr
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Classé dans Curiosité, Environnement, Hygiène, Santé, Sécurité des aliments, Union Européenne.

Theater-Masks-Iphone-WallpapersL’EFSA fait dans l’humour avec ce communiqué du 28 avril 2016 plein d’allant, Le commissaire européen Andriukaitis : « Les avis scientifiques de l’EFSA sont hautement appréciés en Europe et dans le monde ».

« Les normes de sécurité alimentaire en Europe sont les plus élevées au monde » a déclaré Vytenis Andriukaitis, le commissaire européen à la santé et à la sécurité alimentaire. Le commissaire a rendu sa première visite à l’EFSA, à Parme, en Italie, pour en apprendre plus sur les travaux de l’Autorité, ses réalisations et les défis futurs qui l’attendent.

« Les évaluations scientifiques de l’EFSA en matière de sécurité des aliments n’apportent pas seulement une contribution cruciale à la santé publique dans l’UE ; elles sont aussi appréciées dans le monde entier, par de nombreux pays et de nombreuses organisations internationales », a-t-il ajouté.

Bien entendu, je laisse au commissaire européen la responsabilité de ses propos, notamment quand il dit des « normes de sécurité alimentaire en Europe sont les plus élevées au monde », surtout quand on sait qu’elles sont diversement mises en œuvre dans les différents pays de l’UE …

L’autre aspect important est de savoir à quoi sert-il d’avoir une agence européenne de très bonne qualité, si les États membre ne respectent pas les avis de cette agence ?

Des exemples ? Les avis sur les ogm, le bisphénol A, le glyphosate, etc.

Dans le genre, une fois qu’on a passé les bornes, y’a plus de limites :

Le commissaire Andriukaitis a exprimé sa satisfaction en ce qui concerne le niveau de  coopération entre la Commission européenne et l’EFSA, mais il s’est demandé comment cette relation entre les évaluateurs des risques et les gestionnaires des risques pourrait encore être améliorée.

C’est tellement beau l’hypocrisie …

EFSA : A propos du risque d’intoxication au cyanure avec des amandes d’abricot

27
avr
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Classé dans Curiosité, Santé, Sécurité des aliments.

Dès 2006, la Food Standards Agency avait via un comité toxicologique avait mis en évidence la présence de glycosides cyanogéniques dans des amandes d’abricot et en particulier l’amygdaline.

Santé Canada avait proposé en 2009 un document d’information sur la « Présence de cyanure dans les amandes d’abricots amères ».

Le blog avait publié un article en 2013, Amande crue d’abricot et présence de cyanure.

ApricotKernelsVoici que le 27 avril 2016, l’EFSA indique que « Les amandes d’abricot présentent un risque d’intoxication au cyanure »

Manger plus d’une grande amande ou plus de trois petites amandes crues d’abricot par portion peut vous faire dépasser le seuil de sécurité. Les jeunes enfants qui consommeraient ne serait-ce qu’une petite amande d’abricot risquent de dépasser le niveau de sécurité.

Un composé d’origine naturelle appelé amygdaline est présent dans les amandes d’abricot et il se convertit en cyanure après l’ingestion. L’intoxication au cyanure peut provoquer des symptômes tels que nausées, fièvre, maux de tête, insomnie, soif, léthargie, nervosité, douleurs articulaires et musculaires ou encore chute de tension artérielle. Dans les cas extrêmes, le pronostic vital peut être engagé.

Des études indiquent qu’une quantité de cyanure entre 0,5 et 3,5 milligrammes (mg) par kilogramme de poids corporel peut se révéler mortelle. Le groupe scientifique de l’EFSA sur les contaminants de la chaîne alimentaire a établi un niveau de sécurité pour une exposition unique ponctuelle (connue sous le nom de dose de référence aiguë, ou « DARf ») de 20 microgrammes (µg) par kilogramme de poids corporel. Cette dose est 25 fois plus basse que la dose mortelle la plus faible signalée.

Sur la base de ces seuils et des quantités d’amygdaline habituellement présente dans les amandes crues d’abricot, les experts de l’EFSA estiment que les adultes pourraient consommer une grande amande ou trois petites amandes d’abricot (370 mg), sans dépasser la DARf. Pour les jeunes enfants, la quantité indiquée serait de 60 mg, ce qui correspond à environ la moitié d’une petite amande.

ApricotSeedsLe fruit de l’abricot n’est pas en cause

La consommation normale d’abricots ne pose pas de risque pour la santé des consommateurs. L’amande est la graine qui se trouve à l’intérieur du noyau d’abricot. On l’obtient après avoir cassé la coque dure du noyau d’abricot et, par conséquent, elle n’entre pas en contact avec le fruit lui-même.

Il semble que la plupart des amandes crues d’abricot vendues dans l’UE sont importées depuis l’extérieur de l’Union et vendues aux consommateurs via internet. Les vendeurs en font la promotion en tant qu’aliment permettant de lutter contre le cancer, et certains encouragent activement un apport allant de 10 à 60 amandes par jour, respectivement pour la population générale et les patients atteints de cancer.

L’évaluation des bénéfices allégués des  amandes crues d’abricot dans le cadre d’un traitement contre le cancer ou de toute autre utilisation ne relève pas du mandat de sécurité sanitaire des aliments assuré par l’EFSA ; ce volet n’est donc pas couvert dans l’avis scientifique.

L’EFSA a consulté ses partenaires dans les États membres de l’UE pour discuter de cet avis scientifique et des évaluations précédentes réalisées par les autorités nationales (voir le rapport ci-dessous). Cette évaluation des risques informera les gestionnaires des risques de la Commission européenne et des États membres qui réglementent la sécurité des aliments dans l’UE. Ils décideront si des mesures sont nécessaires pour protéger la santé publique de la consommation d’amandes crues d’abricot.

NB : Il me semble que les gestionnaires des risques vont développer un étiquetage de précaution sur les quantités à consommer par jour, sachant que le produit doit absolument être évité chez les enfants.

Ainsi ce site Internet de vente répond à des questions fréquentes sur les amandes d’abricots amères, dont celle-ci : « Consommer des amandes d’abricots amères est-il dangereux ? »

Ne consommez pas plus d’1 à 2 amandes d’abricots amères par jour car elles contiennent de l’acide prussique. Une consommation excessive peut entraîner des symptômes d’empoisonnement. Pour cette raison, les amandes d’abricots amères doivent aussi être conservées hors de la portée des enfants. Nous vous conseillons de les mastiquer longuement en les mélangeant à la salive.

Saga du BPA : Voici venir le temps du marathon des évaluations …

27
avr
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Classé dans Contamination, Curiosité, Environnement, Réglementation, Santé, Sécurité des aliments.

Retour aux épisodes précédents. Nous sommes le 21 janvier 2015 et l’EFSA publie un communiqué et un avis sur le bisphénol A :

L’exposition au bisphénol A ne présente pas de risque pour la santé des consommateurs. La réévaluation complète par l’EFSA de l’exposition au bisphénol A (BPA) et de sa toxicité a permis de conclure qu’aux niveaux actuels d’exposition, le BPA ne présente pas de risque pour la santé des consommateurs de tous les groupes d’âge (y compris les enfants à naître, les nourrissons et les adolescents). L’exposition par voie alimentaire ou par l’intermédiaire d’une combinaison d’autres sources (alimentation, poussière, cosmétiques et papier thermique) est considérablement inférieure au niveau sans danger (la « dose journalière tolérable » ou DJT).

vraiment_sans_bpaAujourd’hui, c’est-à-dire le 26 avril 2016, on apprend par un communiqué de l’EFSA :

La sécurité du bisphénol A pour le système immunitaire doit être réexaminée. L’EFSA met en place un groupe de travail composé d’experts internationaux pour évaluer de nouveaux éléments scientifiques sur les effets potentiels du bisphénol A (BPA) sur le système immunitaire. C’est suite à la publication d’un rapport soulevant des questions sur les effets du BPA pour le système immunitaire des fœtus et des jeunes enfants que l’EFSA entreprend cet examen.

Ce rapport, préparé par l’Institut national néerlandais pour la santé publique et l’environnement (RIVM), analyse de manière critique deux études par Menard et al. (2014)* décrivant les effets prénataux et périnataux du BPA sur le système immunitaire ;  ces études n’avaient pas encore été publiées lorsque l’EFSA avait passé en revue la littérature scientifique disponible pour son évaluation des risques du BPA en 2014.

L’EFSA a accepté la demande du Ministère néerlandais de la Santé de se pencher sur les résultats du rapport publié par le RIVM, et elle examinera spécifiquement la toxicité du BPA pour le système immunitaire à la lumière de ces nouveaux éléments. Le groupe d’experts de l’EFSA sur les matériaux en contact avec les aliments, les enzymes, les arômes et les auxiliaires technologiques (groupe CEF) devrait publier une déclaration dans les mois qui viennent.

* Les références des articles de Menard et al. sont ici et ici.

NB : On sent bien que prochainement d’autres études vont être demandées, et la prochaine fois, ce sera quoi ?