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Saga du BPA : La grogne des moutardiers

3
avr
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Classé dans Contamination, Curiosité, Réglementation, Santé, Sécurité des aliments, Union Européenne.

Il paraît qu’en France il y a un ministre du redressement productif … et donc voici un chantier de plus ?

Le BPA ou bisphénol A vient de faire parler de lui en termes économiques, une distorsion de concurrence avec d'autres pays, comme le rapporte Le Bien Public du 3 avril 2014, sous le titre, « Bisphénol A : La grogne des moutardiers ».

 vraiment_sans_bpa« Le problème est en voie de règlement. Nous n’avons pas d’inquiétude à ce sujet. Nous allons répondre à l’exigence de cette réglementation dans les délais », déclare Luc Vandermaesen, directeur général de Reine de Dijon à Fleurey-sur-Ouche.

« Nous achèterons des capsules sans BPA intentionnel », poursuit le chef d’entreprise. « Suite à notre demande, nos fournisseurs nous ont proposé un nouveau système où il n’y a pas d’ajout de BPA. »

« Nous avons des solutions », confirme Marc Désarménien, dirigeant de la moutarderie Fallot à Beaune. « Cette solution est plus coûteuse », confirme Marc Désarménien. « Chez nous, nous aurons de 5 à 6 % environ d’augmentation par capsule. »

Néanmoins, selon le chef d’entreprise, compte tenu du contexte actuel de crise, le surcoût ne serait pas pris en charge par les clients, mais bien par les entreprises. « Pour nous, cela sera une perte financière qui serait difficilement répercutable auprès de nos clients », explique Marc Désarménien. « De plus, étant donné que nous exportons plus de 50% de notre production, ce problème de bisphénol ne concerne par les Américains et les Canadiens par exemple. »

Un autre point est dénoncé par les moutardiers locaux. « Nous allons être en concurrence avec des fabricants qui se situent dans d’autres pays et qui, sur la grande exportation, n’auront pas cette problématique », regrette Luc Vandermaesen. « Je déplore que le fait que cette décision a été prise au niveau français et non pas dans l’ensemble de l’Union européenne », dit Marc Désarménien. « Je pense que les 28 états membres sont suffisamment adultes pour juger de la dangerosité du produit. Si c’est le cas, selon moi, la décision devrait être prise au niveau communautaire, et non uniquement par la France, ce qui est aberrant. »

Mais qu’en donc pense le ministre du redressement productif ?

Comme déjà annoncé, l’avis de l’EFSA ne va pas aller dans le sens de la législation française, et nous allons nous retrouver (encore une fois ?) seul face à nos voisins européens. Sur le sujet, on lira Saga du BPA : L'Anses en remet une couche ! et concernant la substitution du bisphénol A, c’est pas gagné …, voir Les alternatives au bisphénol A sont-elles fiables ? 

La marinade de la viande à la bière rendrait la cuisson au barbecue plus sécuritaire !

29
mar
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Classé dans Contamination, Curiosité, Environnement, Hygiène, Santé, Sécurité des aliments, Union Européenne.

Vous voulez faire un barbecue avec les beaux jours qui arrivent, mais voilà, vous avez lu les recommandations de l’Anses au sujet de la cuisson au barbecue …

Les beaux jours voient traditionnellement le retour des barbecues dans les jardins. Mais prudence, car la cuisson d’aliments à des températures élevées, en particulier en contact direct avec la flamme, conduit à la formation en surface de composés chimiques dont certains, comme les hydrocarbures aromatiques polycycliques et notamment le benzo(a)pyrène, ont des propriétés cancérigènes. Aussi, pour profiter de ce mode de cuisson en minimisant la formation de ces substances, quelques conseils s’imposent.

Bon, nous voilà prévenus, mais désormais, avec la recherche, on pourra peut-être réduire ces vilains HAPs ou hydrocarbures aromatiques polycycliques … tout serait dans la marinade !

grilled-meat-300x200« Une marinade de bière pourrait aider à avoir un barbecue plus sûr », source Food Safety Watch.

Des chercheurs de l'Universidade do Porto au Portugal ont découvert que l'utilisation de certains types de bière pour faire mariner des échantillons de viande de porc avant cuisson a entraîné une baisse du taux d'hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAPs) potentiellement cancérigènes dans la viande après la cuisson.

L'équipe a mariné des échantillons de porc pendant quatre heures dans de la bière blonde, de la bière blonde non alcoolique et une bière noire et puis les a fait griller à cœur sur un gril au charbon de bois. Les échantillons marinés dans de la bière noire ont montré qu’ils contenaient moins de la moitié de la quantité de huit indicateurs* importants des HAPs que dans de la viande de porc non marinée. Les deux autres bières ont également réduit le taux de HAPs dans la viande, mais elles étaient beaucoup moins efficaces.

Il était déjà connu que la marinade de bière pouvait réduire la production de HAPs pendant la cuisson en raison d'une action de piégeage anti-radicalaire, mais l’efficacité de différents types de bière n’a pas été comparée jusqu’à présent. Les chercheurs suggèrent que mariner la viande avec de la bière noire pourrait être une stratégie d’atténuation utile pour les HAPs formés pendant la cuisson.

Les résultats de l’étude sont publiés dans le Journal of Agricultural and Food Chemistry et un résumé peut être trouvé ici.

*Le groupe Contaminants dans l’alimentation humaine et animale de l’EFSA a conclu dans un avis scientifique de 2008 (Avis scientifique de l’EFSA sur les indicateurs appropriés de la présence et de la toxicité des hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP) dans les denrées alimentaires) que le benzo(a)pyrène – le seul HAP actuellement réglementé dans les denrées alimentaires – n’est pas un « indicateur » (Par « indicateur » de HAP, on entend un ou plusieurs composés chimiques (HAP) qui sont recherchés dans les denrées alimentaires pour être, ensuite, utilisés pour évaluer l’exposition aux HAP cancérigènes.) approprié de la présence de HAP dans les aliments et il a proposé une somme de 4 ou 8 HAP comme «indicateurs » plus adaptés afin de mieux préserver la santé du consommateur. »

L’EFSA et la chaîne du froid lors du stockage et du transport de la viande

27
mar
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Classé dans Contamination, Curiosité, Hygiène, Réglementation, Santé, Sécurité des aliments, Union Européenne, Viande.

stockage_viande_degroupage-6c18Un communiqué de l’EFSA du 27 mars 2014 fournit des informations sur le « Maintien de la chaîne du froid lors du stockage et du transport de la viande ».

La viande peut être transportée à des températures supérieures aux 7°C maximum actuellement autorisés sans croissance bactérienne accrue, pour autant que des temps de transport spécifiques maximum soient appliqués et que le développement des bactéries soit contrôlé grâce à un refroidissement efficace. C’est la conclusion principale de l’avis scientifique de l’EFSA sur les risques de santé publique associés au maintien de la chaîne du froid lors du stockage et du transport de la viande. L’EFSA recommande des combinaisons spécifiques de températures maximum des carcasses et de temps de transport permettant de ne pas accroître le développement de bactéries. Le maintien de la chaîne du froid est l’un des principes fondamentaux et des exigences de base de la législation de l’UE en matière d’hygiène alimentaire.

On trouvera plus d’informations dans l’Avis scientifique sur les risques de santé publique liés au maintien de la chaîne du froid pendant le stockage et le transport de la viande. Partie 1 (viande d'ongulés domestiques).

NB : Sur le sujet, on lira la « Circulaire relative au transport de viandes fraîches non entièrement refroidies » de l’AFSCA du 10 septembre 2013 et l'avis de l'Anses relatif à « la sécurité et la salubrité microbiologique des carcasses de porcs réfrigérées en chambre froide puis transportées en camion frigorifique » du 19 février 2014.

L’EFSA évalue les risques associés à Salmonella et au norovirus dans les légumes-feuilles

27
mar
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Classé dans Contamination, Contamination croisée, Curiosité, Environnement, Hygiène, Salmonella, Santé, Sécurité des aliments, Union Européenne, Virus.

lettuce2Un communiqué de l’EFSA du 27 mars 2014 indique que « L’EFSA évalue les risques associés à Salmonella et au norovirus dans les légumes feuilles ». Pour la définition du légume-feuille, voir ici.

Les précipitations, l’utilisation d’eau contaminée pour l’irrigation ou l’utilisation d’équipement contaminé figurent parmi les facteurs qui engendrent la contamination des légumes feuilles par Salmonella et par le norovirus. Ce sont quelques-unes des conclusions de l’avis récent de l’EFSA sur les facteurs de risque qui contribuent à la contamination des légumes feuilles à différentes étapes de la chaîne alimentaire. Le groupe BIOHAZ a recommandé que les producteurs appliquent les bonnes pratiques en matière d’agriculture, d’hygiène et de fabrication afin de réduire la contamination. Le groupe scientifique a aussi proposé des critères microbiologiques spécifiques au stade de la production primaire.

On trouvera plus d’informations dans l’Avis scientifique sur les risques posés par des pathogènes dans les aliments d'origine non animale. Partie 2 (Salmonella et norovirus dans les légumes-feuilles consommés crus en salade).

Cet avis me parait peu motivé, car si l’on s’en tient aux données du RASFF, voici ce que l’on trouve :

  • Pour 2012, il n’y a pas eu de notifications concernant ces deux agents pathogènes dans les légumes-feuilles.
  • Pour 2013, il n’y a pas eu de notifications au RASFF concernant la présence de norovirus dans les légumes feuilles ; il y a eu six notifications pour la présence de Salmonella ; une pour la présence de Bacillus cereus ; une pour la présence du virus de l’hépatite A ; une pour la présence d’un dénombrement trop élevé de Escherichia coli.
  • Pour l’année 2014 en cours, une seule notification au RASFF pour la présence de Salmonella.

Evaluation de l’acide peracétique par l’EFSA sur les carcasses de volaille et de viande

27
mar
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Classé dans Contamination, Curiosité, Environnement, Microbiologie, Santé, Sécurité des aliments, Union Européenne, Viande, Volaille.

HangingChickensMainL’EFSA vient de publier le 26 mars 2014 un communiqué, « L'EFSA évalue la sécurité sanitaire et l'efficacité de l’acide peracétique pour réduire les pathogènes sur les carcasses de volaille et de viande »

Utiliser des solutions contenant de l'acide peracétique (ou acide peroxyacétique, PAA) pour réduire la contamination par des pathogènes dans des carcasses de volaille et de viande ne poserait pas de problèmes de toxicité, disent les experts de l'EFSA. Certaines applications de traitement sont plus efficaces que d'autres, par exemple le trempage est plus efficace que la pulvérisation. Les experts de l'EFSA ont également conclu qu'il est peu probable que l'utilisation de PAA conduirait à l'émergence de résistance aux antimicrobiens et à une sensibilité réduite aux biocides. Il n'y a pas de préoccupations pour les risques environnementaux de tous les composants de la solution, sauf pour l’acide 1-hydroxyéthylidène-1,1-diphosphonique (HEDP). Sa libération dans l'environnement dans une usine de volailles n'est pas toujours considérée comme sûre.

Voir Avis scientifique sur l'évaluation de l'innocuité et de l'efficacité d’une solution d'acide peracétique afin de réduire les pathogènes sur les carcasses de volaille et de viande.