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Surveillance par la DGCCRF de la contamination des thés et tisanes par les alcaloïdes pyrrolizidiniques, mais silence radio pour les résultats

26
avr
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Classé dans Contamination, Curiosité, Environnement, Réglementation, Santé, Sécurité des aliments.

Le blog en avait parlé dans Danger émergent dans le thé et le miel : les alcaloïdes pyrrolizidiniques et Occurrence des alcaloïdes pyrrolizidiniques dans les aliments.

decoracion-cuadros-01Voici que la DGCCRF publie une information le 26 avril 2016 concernant la Surveillance de la contamination des thés et tisanes par les alcaloïdes pyrrolizidiniques.

Les alcaloïdes pyrrolizidiniques (AP) sont des substances naturellement produites par plusieurs espèces de plantes, pour la plupart des mauvaises herbes, qui peuvent contaminer les récoltes et se retrouver dans les denrées alimentaires. Certaines molécules ont des propriétés cancérogènes et génotoxiques, c’est-à-dire susceptibles d’occasionner des lésions dans l’ADN.

On apprend que :

La DGCCRF a diligenté une enquête afin de recueillir des données sur la contamination des thés et des tisanes par les alcaloïdes pyrrolizidiniques. Ces substances ont été mises en évidence dans 16 % des échantillons analysés.

Quels sont les résultats ? On ne le saura pas !

En effet :

En 2015, la DGCCRF a donc diligenté une enquête visant à rechercher 26 molécules d’AP dans 38 échantillons de thés et de tisanes. Ces substances ont été mises en évidence  dans 6 échantillons de produits tels que vendus (soit 16 % des prélèvements analysés).

Les données recueillies ont été transmises à l’EFSA, via l’ANSES (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail). Un avis de l’EFSA permettant d’actualiser l’exposition des consommateurs aux AP est attendu prochainement.

L’enquête diligentée par la DGCCRF a permis de sensibiliser les opérateurs à un danger encore assez peu connu. Elle sera reconduite en 2017 et élargie à d’autres denrées alimentaires.

Les résultats de 2014 proposés par la DGCCRF étaient plus explicites, pour 2015, c’est silence radio, pas d’information des consommateurs … c’est étonnant de transparence !

Saga du BPA : Ciel ! Du BPA retrouvé en France dans quelques canettes, alors que c’est réglementairement interdit

25
avr
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Classé dans Contamination, Curiosité, Environnement, Hygiène, Non classé, Réglementation, Santé, Sécurité des aliments, Union Européenne.

bpaSelon La Provence :

L’équipe télé a donc demandé à l’Asef d’analyser en laboratoire le contenu de deux canettes de boissons et de deux conserves de haricots blancs. Surprise… Alors que le bisphénol A (BPA) est interdit en France depuis janvier 2015, des traces ont été retrouvées dans une des canettes ainsi que du bisphénol F. L’une des deux boîtes de haricots blancs contenait, elle aussi du bisphénol A et S. « Certes, il s’agit de très faibles doses, inférieures à 1 microgramme par litre et les essais ayant été faits sur un échantillon faible, nous ne pouvons extrapoler. Néanmoins, nous sommes surpris d’avoir trouvé du BPA dans des boîtes vendues dans le commerce plus d’un an après son interdiction« , commente le Dr Pierre Souvet, président de l’Asef.

L’Asef rappelle que « les bisphénols F et S sont eux encore autorisés, mais ce qu’on en sait n’est pas très rassurant. Eux aussi pourraient perturber nos hormones et ce, même à faible dose. Le problème avec les perturbateurs hormonaux, c’est que ce n’est pas la dose qui fait le poison mais la période de la vie à laquelle on l’ingère. » le communiqué de l’Asef est ici.

Pourquoi faire tout un pataquès pour si peu de choses alors que rappelons-le, selon l’EFSA, L’exposition au bisphénol A ne présente pas de risque pour la santé des consommateurs.

Bien que la disponibilité de nouvelles données et de méthodologies affinées aient conduit les experts de l’EFSA à réduire considérablement le niveau sans danger du BPA – de 50 microgrammes par kilogramme de poids corporel par jour (µg/kg de pc/jour) à 4 µg/kg de pc/jour –  les estimations les plus élevées de l’exposition alimentaire ou de l’exposition provenant d’une combinaison de sources diverses (appelée « exposition agrégée» dans l’avis scientifique de EFSA) sont malgré tout de trois à cinq fois inférieures à cette nouvelle DJT.

Les incertitudes entourant les effets sanitaires potentiels du BPA sur la glande mammaire ainsi que sur les systèmes reproductif, métabolique, neurocomportemental et immunitaire ont été quantifiées et prises en compte dans le calcul de la DJT. Cette DJT a par ailleurs été fixée de manière provisoire dans l’attente des résultats d’une étude à long terme chez le rat, qui contribuera à réduire ces incertitudes.

Alors retrouver quelques boîtes avec du BPA, n’est-ce pas jouer avec les peurs ?

A propos de la listériose et de Listeria monocytogenes

22
avr
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Classé dans Contamination, Contamination croisée, Curiosité, Environnement, Hygiène, Listeria, Microbiologie, Réglementation, Santé, Sécurité des aliments, Union Européenne.

L’InVS rapporte que :

250 à 380 cas de listériose sont diagnostiqués chaque année en France, soit une incidence annuelle de 4 à 6 cas par million d’habitants.

En 2014, l’incidence de la listériose en France était de 5,7 cas par million d’habitants. Cette incidence est stable par rapport à 2013 (5,6% -aa) mais en augmentation modérée par rapport aux incidences annuelles observées pendant la période 1999-2012, qui variaient entre 2,9 et 5,3 cas par million d’habitants. Cette augmentation concerne essentiellement les sujets âgés présentant des comorbidités, et suit une augmentation déjà constatée dans d’autres pays européens depuis 2006.

Effectivement l’EFSA avait constaté en décembre 2015 que « Les infections à Campylobacter et Listeria toujours en hausse dans l’UE – déclarent l’EFSA et l’ECDC ».

2 161 cas ont été confirmés en 2014. Bien que ce nombre soit relativement faible, l’augmentation des cas de listériose signalés est préoccupant étant donné que la surveillance de ces infections se concentre sur les formes graves de la maladie, avec des taux de mortalité plus élevés que pour d’autres maladies d’origine alimentaire, en particulier chez les personnes âgées et les patients avec un système immunitaire faible.

Concernant les données épidémiologiques, on se référera au graphique ci-dessous :

Nombre-de-cas-de-listerioses-declares-par-an-en-France-de-1999-a-2014-graphique

Nombre de cas de listérioses déclarés par an en France de 1999 à 2014, source InVS.

S’agissant de la présence de Listeria monocytogenes, L’EFSA note :

Cependant, on a observé que Listeria monocytogenes, la bactérie qui provoque la listériose chez l’homme et l’animal, n’a que rarement dépassé les limites légales de sécurité dans les aliments prêts-à-manger, la source alimentaire la plus fréquente des infections à Listeria chez l’homme.

En France, le critère réglementaire défini par un règlement de l’UE est accepté moyennant quelques conditions rappelées ci-après, source note de service de la DGAL relative au Plan de surveillance de la contamination des fromages au lait cru par Listeria monocytogenes et par Salmonella spp. au stade de la production.

Certains cas correspondant à des fromages contaminés(mais on pourrait bien dire de tout produit contaminé prêt-à-être consommé -aa) par L. monocytogenes à des concentrations inférieures à 100 ufc/g, ne sont pas des non-conformités et ne nécessitent pas de signalement à la DGAL. C’est le cas :

  • si le fabricant est en mesure de démontrer par une étude de durée de vie que le produit respectera la limite de 100 ufc/g pendant la durée de conservation, en particulier s’il peut fixer des valeurs intermédiaires, pendant le procédé, suffisamment basses pour garantir que cette limite ne sera pas dépassée au terme de la durée de conservation (cf. note de bas de page n°5 de la catégorie 1.2 du règlement (CE) n°2073/2005) ;
  • pour les fromages ne permettant pas la croissance de L. monocytogenes (cf. note de bas de page n°8 de la catégorie 1.3 du règlement (CE) n°2073/2005) :
  • fromage ayant pH ≤ 4,4 ou aw ≤ 0,92 ou pour lequel pH ≤ 5,5 et aw ≤ 0,94 ;
  • fromage à durée de conservation ≤ 5 jours ;
  • présence d’éléments de justification scientifique.

C’est ce que signale autrement la DGAL :

Le nombre important d’enregistrements de non-conformités vis-à-vis de Listeria monocytogenes s’explique notamment par le fait qu’en France, tout produit destiné à être consommé en l’état, trouvé positif en Listeria monocytogenes < 100 ufc/g en cours de vie, et pour lequel il n’y a pas d’éléments permettant de garantir que le taux de 100 ufc/g ne sera pas dépassé à la DLC, donne lieu à une alerte. Cette spécificité nationale mentionnée en introduction rappelle, s’il le fallait encore, les limites d’une comparaison des alertes produits entre différents Etats-Membres ou Pays.

Rappelons que selon une enquête de 60 millions de consommateurs et mis en ligne le 28 janvier 2016 intitulée, « Des rappels de produits à vous couper l’appétit », sur 103 rappels en deux ans, Listeria monocytogenes était à l’origine de 43 rappels.

Concernant le RASFF de l’UE, pour l’ensemble des États membre, sur 260 notifications d’alerte en 2015 pour la présence de micro-organismes pathogènes, 69 ont concernait la présence de Listeria monocytogenes, soit 26,5%.

Pour les produits d’origine France, il y a eu en 2015, 55 notifications d’alerte pour la présence de micro-organismes pathogènes et 22 ont concernait la présence de Listeria monocytogenes, soit 39,3%.

Listeria monocytogenes est donc toujours bien un germe d’actualité … plus que jamais !

EFSA : Des données supplémentaires sur les sulfites sont nécessaires pour en « confirmer pleinement » la sécurité

15
avr
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Classé dans Curiosité, Réglementation, Santé, Sécurité des aliments, Union Européenne.

« Des données supplémentaires sur les sulfites sont nécessaires pour en « confirmer pleinement » la sécurité » indique dans un communiqué du 14 avril 2016 l’EFSA.

quote-quand-on-voit-la-tristesse-des-biknites-on-comprend-pourquoi-c-est-interdit-le-hackique-et-on-se-coluche-141767Le niveau de sécurité actuel combiné pour sept sulfites utilisés comme additifs dans le vin et d’autres aliments assure une protection suffisante des consommateurs. Mais l’EFSA réexaminera ces conclusions lorsque les données issues de nouvelles études seront disponibles, de façon à compléter les informations manquantes, réduire les incertitudes et confirmer pleinement leur sécurité pour les consommateurs.

Les sept additifs alimentaires (dioxyde de soufre et six sulfites) sont considérés en groupe car ils se comportent de façon similaire après avoir été ingérés. Ils sont générés naturellement lors de la vinification mais sont également ajoutés à de nombreux vins pour en arrêter la fermentation et agir comme conservateur. Les contenus en sulfites dans les vins blancs et doux sont généralement plus élevés que les niveaux observés dans les vins rosés, rouges et secs.

Ces additifs sont également utilisés dans le cidre, les jus de fruits et de légumes (par exemple, pour éviter que le jus de raisin ne se transforme en vinaigre) ainsi que dans les fruits et légumes déshydratés, en particulier les produits à base de radis et de pommes de terre.

En effet, l’EFSA a constaté que « La législation de l’UE exige que l’étiquetage des aliments indique « contient des sulfites » (lorsqu’ils excèdent 10 milligrammes par kilogramme ou par litre) sans toutefois en préciser la quantité exacte. »

Par ailleurs, l’EFSA estime que « la réévaluation des additifs alimentaires est compromise », car « Malgré le lancement de plusieurs appels généraux et spécifiques destinés à recueillir des données sur les additifs alimentaires depuis 2006, il existe toujours une pénurie de données sur la toxicité des substances utilisées comme additifs alimentaires et sur leurs concentrations dans les aliments. Les producteurs et les utilisateurs d’additifs alimentaires sont donc instamment invités à fournir tous les renseignements dont ils disposent pour l’évaluation de la sécurité des additifs alimentaires de façon à protéger adéquatement les consommateurs. »

A suivre …

Pour le Parlement européen, le glyphosate devrait être autorisé pour sept ans et à des fins uniquement professionnelles

13
avr
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Classé dans Contamination, Curiosité, Environnement, Réglementation, Santé, Sécurité des aliments, Union Européenne.

Selon un communiqué du Parlement européen du 13 avril 2016 :

agriculture, tractor spraying pesticides on field farm

Sur le marché depuis 1974, le glyphosate est l’un des herbicides les plus utilisés – ©AP Images/European Union – E

Étant donné les inquiétudes qui subsistent sur le caractère cancérigène et de perturbateur endocrinien du glyphosate, un herbicide utilisé couramment dans l’agriculture et le jardinage, la Commission devrait renouveler son autorisation sur le marché pour une période de sept ans uniquement, au lieu des quinze proposés, et seulement à des fins professionnelles. C’est ce qu’a affirmé le Parlement dans une résolution non contraignante votée en plénière mercredi.

Les députés demandent une étude indépendante et la publication de toutes les preuves scientifiques utilisées par l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) pour évaluer le glyphosate.

La Commission européenne devrait renouveler l’approbation de l’herbicide glyphosate sur le marché de l’UE seulement pour sept années supplémentaires, contre les quinze proposées à l’origine, selon la résolution non contraignante adoptée ce mercredi en plénière par 374 voix pour, 225 voix contre et 102 abstentions.

A suivre …

Mise à jour du 18 avril 2016. On lira les analyses suivantes :