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Transmission et persistance du SARM associé aux élevages chez l’homme

13
déc
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Classé dans Contamination, Curiosité, Environnement, Microbiologie, Santé, Sécurité des aliments.

elevage_05Selon article récent publié dans la revue Applied and Environmental Microbiology,

« En 2013, un variant de Staphylococcus aureus résistant à la méticilline (SARM) associés aux élevages (SARM-AE ou Livestock Associated-MRSA pour LA- MRSA en anglais), a été isolé aux Pays-Bas, puis dans de nombreux autres pays. Le SARM-AE est considéré comme ayant un faible pouvoir de transmission et de persistance chez l’homme. Cependant, en prélevant des vétérinaires et leur famille pour la présence de S. aureus et en utilisant un typage à haute résolution (cartographie du génome entier), Bosch et al. ont montré que la transmission de SARM-AE entre les humains se produit. Ils ont aussi trouvé que chez les vétérinaires et leur famille, le portage de SARM-AE pourrait persister jusqu’à 14 mois. Ils concluent que SARM-AE peut poser potentiellement une plus grande menace pour la santé publique que ce qui avait été préalablement évalué.

Dans un résumé d’avis de l’EFSA, « Évaluation d’importance, du point de vue de la santé publique, de Staphylococcus aureus résistant à la méticilline (SARM) chez les animaux et dans les denrées alimentaires. Avis scientifique de groupe scientifique sur les risques biologiques (Question n°EFSA-Q-2008-300) Adopté le 5 mars 2009 », il est indiqué,

Concernant la question de la nature du risque pour la santé humaine que posent les SARM associés aux animaux producteurs de denrées alimentaires, le groupe scientifique a conclu ce qui suit :

Les SARM associés aux élevages (SARM-AE) ne représentent qu’une petite partie du nombre total des rapports faisant état d’infections par des SARM dans l’Union européenne (UE). Toutefois, cette proportion varie entre États membres. Dans certains pays présentant une faible prévalence d’infections humaines par des SARM, CC398 contribue pour une part important à la charge globale en SARM. Dans les pays à forte prévalence globale de SARM chez l’homme, CC398 est considéré comme ayant une importance moindre sur la santé publique. Des associations, bien que rares, ont été signalées entre CC398 et des infections profondes de la peau et des tissus mous, des pneumonies et des septicémies chez l’homme. Alors que la prévalence de CC398 est élevée chez les animaux producteurs de denrées alimentaires, les personnes en contact avec ces animaux vivants (en particulier les éleveurs et les vétérinaires, ainsi que leur famille) sont exposés à un risque de colonisation et d’infection plus élevé que la population générale. Le risque pour la santé humaine que présentent différents niveaux (réponse en fonction de la dose) de charge en SARM chez les animaux porteurs sains (et dans l’environnement) n’est pas connu.

En Suisse, dans un document de l’Office fédéral de la sécurité alimentaire et des affaires vétérinaires (OSAV) sur SARM : fiche d’information, il est indiqué :

Quels sont les facteurs de risque de colonisation par des SARM associés aux animaux de rente ?

Le principal facteur de risque est un contact direct fréquent avec des animaux de rente colonisés. Dans les pays où des SARM sont souvent détectés chez les porcs, les veaux ou les volailles, une colonisation par des SARM associés aux animaux de rente est aussi fréquemment observée chez les personnes en contact avec ces animaux de rente dans leur profession. Dans ces pays, des cas isolés de colonisation ont également été constatés chez des personnes qui avaient uniquement des contacts indirects avec des animaux de rente (lors de visites fréquentes dans des élevages d’animaux de rente ou parce qu’ils vivent dans le même foyer que des personnes qui ont des contacts avec des animaux de rente dans leur profession, par exemple).
La colonisation par ces germes n’est pas pathogène et les SARM cessent en général d’être détectés dès lors que les personnes concernées cessent d’être en contact avec les animaux pendant quelques jours.

Commentaires : Il apparaît que cette publication apporte un éclairage nouveau sur la transmission documentée à l’homme de l’antibiorésistance d’origine animale

Saga du BPA : L’avis de l’EFSA adopté, mais l’avis ne sera publié que fin janvier 2015

13
déc
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Classé dans Contamination, Contamination croisée, Curiosité, Environnement, Règlementation, Santé, Sécurité des aliments, Union Européenne.

vraiment_sans_bpaSelon la DGCCRF dans un document sur la Mise en œuvre de la Loi bisphénol A (BPA)La loi n° 2010-729 du 30 juin 2010 modifiée par la loi n°2012-1442 du 24 décembre 2012 suspend la fabrication, l’importation, l’exportation et la mise sur le marché à titre gratuit ou onéreux de tout conditionnement, contenant ou ustensile comportant du bisphénol A et destiné à entrer en contact direct avec toutes les denrées alimentaires à partir du 1er janvier 2015.

Oui mais voilà, l’avis de l’EFSA ne sera pas publié avant …

Dans un communiqué du 12 décembre 2014, L’EFSA indique que l’« Avis sur le Bisphénol A a été adopté mais la publication aura lieu fin janvier 2015 »

Les experts de l’EFSA ont finalisé et adopté leur avis scientifique sur les risques pour la santé publique du bisphénol A (BPA) dans les aliments. Cette étape importante suit une évaluation complète des risques de cette substance. Le BPA est un produit chimique utilisé pour la fabrication des matières plastiques et des résines qui sont utilisées dans plusieurs matériaux   destinés à entrer en contact avec des denrées alimentaires ainsi que d’autres produits de consommation et industriels.
Le groupe scientifique de l’EFSA sur les matériaux en contact avec les aliments, les enzymes, les arômes et les auxiliaires technologiques (groupe CEF) a adopté cet avis lors de sa réunion plénière du 10-11 décembre. L’EFSA publiera l’avis fin janvier 2015, accordant le temps nécessaire pour le formatage du texte et un contrôle éditorial approfondi, ce qui est la méthode suivie pour tous les avis scientifiques de l’EFSA.
L’EFSA a effectué une vaste consultation et collaboré avec les autorités nationales et les parties intéressées afin de s’assurer que le plus large éventail possible de points de vue et d’informations scientifiques a été considéré, y compris des évaluations scientifiques similaires actuellement en cours dans les États membres.

Vous voulez sauver la planète ? Plus de 97% des aliments dans l’UE contiennent des résidus de pesticides dans les limites autorisées

11
déc
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Classé dans Curiosité, Environnement, Règlementation, Santé, Sécurité des aliments, Union Européenne.

couv-livre-bio-2Selon le communiqué de presse du 11 décembre 2014 de l’EFSA, « Plus de 97% des aliments dans l’UE contiennent des résidus de pesticides dans les limites autorisées ». Pourquoi dès lors acheter bio ?

Plus de 97% de tous les échantillons analysés dans le cadre du dernier programme de surveillance à l’échelle européenne des pesticides dans les aliments présentaient des niveaux de résidus se situant dans les limites légales autorisées – dont plus de 54% d’échantillons sans aucune trace détectable de produits chimiques. Ces résultats font partie du rapport annuel 2012 de l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) sur les résidus de pesticides dans les aliments. Le rapport est basé sur l’analyse de près de 79 000 échantillons alimentaires effectués par 27 États membres de l’UE, l’Islande et la Norvège.

Ce contrôle à grande échelle des résidus de pesticides dans les aliments implique la réalisation par chacun des 29 pays déclarants de deux programmes de contrôle: un programme national conçu par chaque pays et un programme coordonné par l’UE prévoyant que toutes les autorités nationales de contrôle alimentaire mènent des activités de surveillance normalisées. En 2012, 12 produits alimentaires ont été analysés dans le cadre du programme coordonné de l’UE pour y contrôler un total de 205 pesticides différents. Pour l’ensemble des deux programmes, ce sont78 390 échantillons issus de plus de 750 produits alimentaires qui ont été testés pour y contrôler la présence de près de 800 pesticides et métabolites différents.

Le rapport The 2012 European Union Report on pesticide residues in food est ici.

Saga du BPA : Bienvenue dans l’usine à gaz de la mise en œuvre de la loi sur le bisphénol A

8
déc
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Classé dans Contamination, Curiosité, Environnement, Règlementation, Santé, Sécurité des aliments, Union Européenne.

vraiment_sans_bpaLa DGCCRF publie le 8 décembre 2014 un document sur la Mise en œuvre de la Loi bisphénol A (BPA).

La loi n° 2010-729 du 30 juin 2010 modifiée par la loi n°2012-1442 du 24 décembre 2012 suspend la fabrication, l’importation, l’exportation et la mise sur le marché à titre gratuit ou onéreux de tout conditionnement, contenant ou ustensile comportant du bisphénol A et destiné à entrer en contact direct avec toutes les denrées alimentaires à partir du 1er janvier 2015.

Sous réserve de l’interprétation souveraine des tribunaux, l’article 1 de la loi du 24 décembre 2012 s’applique aux matériaux destinés à entrer en contact avec les denrées alimentaires au sens du règlement (CE) n°1935/2004 du 27 octobre 2004 (voir notamment la fiche générale de la DGCCRF sur la réglementation), à l’exception des cas énoncés ci-après.

Il en ressort que sont ainsi définis dans ce document,

  • le terme « conditionnements »,
  • les termes « contenants et ustensiles »,
  • l’emploi des termes « contact direct »

Mais, Sous réserve de l’interprétation souveraine des tribunaux, les termes « comportant du » ne sont pas de nature à exclure les matériaux et objets non intentionnellement fabriqués avec du BPA mais qui en contiennent (quelle que soit la source).

Toutefois, au vu des débats parlementaires qui ont précédé le vote de la loi et en l’absence de texte réglementaire précisant des seuils admissibles de présence du BPA, les contrôles officiels portant sur la loi n°2012-1442 seront orientés sur les matériaux et objets pour lesquels il a été fait un usage intentionnel du bisphénol A dans leur fabrication, y compris dans celle des encres d’impression, adhésifs ou vernis, qui composent le produit fini. Cela concerne essentiellement les résines époxydes et le polycarbonate. Un ciblage de ces matériaux pourra être réalisé à partir de l’analyse documentaire et leur identification confirmée en laboratoire par spectroscopie infrarouge.

Les matériaux fabriqués à partir de matière recyclée font apparaître une problématique spécifique, à savoir le recours potentiel à des matières premières contenant du bisphénol A. L’application de bonnes pratiques de fabrication visant à maîtriser la présence du bisphénol A (sélection appropriée des matières premières, décontamination…) est recommandée pour ce type de matériaux, de manière que la teneur en bisphénol A dans les matériaux soit la plus basse possible.

Quand je vous disais que c’était une nouvelle usine à gaz sachant que l’on est en attente d’un avis de l’EFSA, mais à quoi bon, car en France comme dans l’UE, on a a désormais pris l’habitude de s’assoir sur les avis éclairés de l’EFSA …

Mise à jour du 11 décembre 2014. On lira aussi Bisphénol A : l’interdiction française est-elle pionnière ou prématurée ? dans Actu-Environnement.

Saga du BPA : L’interdiction du bisphénol A au 1er janvier 2015 est-elle illégale ? La précaution contre la démocratie ?

6
déc
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Classé dans Contamination, Curiosité, Environnement, Règlementation, Santé, Sécurité des aliments, Union Européenne.

Un article de Luc-Marie Augagneur dans le journal Les Echos.fr du 5 décembre 2014 a retenu mon attention, « L’interdiction probablement illégale du bisphénol A au 1er janvier 2015 : la précaution contre la démocratie ».

Extraits.

Par l’initiative de l’extension de l’interdiction du bisphénol A pour tous les contenants alimentaires avant l’issue de l’analyse européenne, la France prend le risque de perturber le processus de décision sanitaire européen.

L’usage inapproprié du principe de précaution peut s’avérer néfaste pour le débat démocratique, voire pour la sécurité qu’elle défend légitimement. Lorsqu’elle est systématique, immédiate, disproportionnée, son invocation anesthésie toute pensée critique et raisonnée. Elle est susceptible de balayer tout le corpus des règles existantes au nom du risque transmuté en peur.

vraiment_sans_bpaDans « Elements of Law », Hobbes érige cependant la peur en force instituante. De l’idée qu’une peur réciproque (« mutual fear ») anime l’état de nature, naît la nécessité du pacte mutuel qui transforme la multitude engourdie dans la défiance générale en corps politique. La peur est le pouvoir fondateur par excellence, au point qu’il faille estimer, comme le relève Hobbes dans le Livre de Job, qu’« il n’y a pas sur terre de pouvoir comparable à lui ». De la peur féconde à la peur morbide et paralysante, il y a la place à mille nuances.

La question du bisphénol A (BPA) en fournit un formidable (au sens étymologique) champ de réflexion. Le BPA est une substance qui entre notamment dans la composition du polycarbonate utilisé pour fabriquer des récipients alimentaires tels que des bouteilles recyclables, des biberons, de la vaisselle ainsi que des conteneurs destinés au stockage. Il peut migrer en petites quantités dans les aliments et les boissons stockés dans des matériaux qui en contiennent.

Or, il a été identifié comme un perturbateur endocrinien dont les études ont révélé qu’il a des effets défavorables sur les reins, le foie et la glande mammaire. D’ores et déjà interdit pour les contenants à usage des jeunes enfants, les avis scientifiques divergent sur l’évaluation générale des risques pour la santé humaine qui s’avère complexe. Le débat scientifique se double ainsi d’un débat de méthodologie éthique et juridique : qu’implique le passage d’une évaluation du risque à une évaluation de l’incertitude ?

C’est dans ce contexte que la France a adopté la loi du 24 décembre 2012 visant à suspendre la fabrication, l’importation, l’exportation et la mise sur le marché de tout conditionnement à vocation alimentaire contenant du bisphénol A et qui entrera en vigueur le 1er janvier 2015. Sa mise en œuvre littérale conduit à empêcher l’approvisionnement dans des pays qui n’ont pas pris de mesures similaires.

Pourtant, la règlementation en matière d’alimentation et de sécurité des produits relève de la compétence européenne dont la réglementation a connu une forte évolution ces dernières années. Alors que l’Autorité Européenne de Sécurité des Aliments (EFSA) s’attache à une revue exhaustive des études scientifiques et qu’elle a lancé une vaste consultation publique préalable avant de rendre son avis sur la dangerosité de la substance, la France en devance l’issue.

Pour cette raison, on peut sérieusement douter de la conformité de la mesure française au droit européen. Cette confrontation entre le droit national et européen peut tantôt s’analyser comme un facteur de vitalité, tantôt marquer un signe d’échec du processus de la démocratie scientifique.

N’hésitez pas à lire la suite …

NB : Personnellement, je n’aurais pas écris « la précaution contre la démocratie » mais peut être la précaution contre la science, vaste débat … Le titre de l’article sur ce blog et l’illustration sont de mon fait.

Mise à jour du 11 décembre 2014. On lira aussi Bisphénol A : l’interdiction française est-elle pionnière ou prématurée ? dans Actu-Environnement.