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La Commission européenne veut protéger les PME agro-alimentaire face aux géants du secteur, un remake de la fable du loup et de l’agneau ?

24
juil
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Classé dans Curiosité, Environnement, Réglementation, Santé, Sécurité des aliments, Union Européenne.

La Commission européenne s’intéresse aux PME de l’agro-alimentaire en ces termes, « protéger les PME face aux géants du secteur »

L’Union européenne (UE) encourage les États membres à agir pour protéger les petites entreprises du secteur alimentaire contre les pratiques déloyales de certains grands producteurs et supermarchés.

3311853445_9c477c2d6aLes grandes entreprises ont plus de poids lorsqu’elles négocient avec d’autres, ce qu’elles utilisent légitimement à leur avantage.

Toutefois, les déséquilibres nés de la concentration croissante du secteur agroalimentaire ont dans certains cas conduit à des pratiques commerciales déloyales à l’égard des PME.

Ces pratiques consistent notamment, de la part des partenaires plus puissants:

  • à refuser de mettre par écrit les conditions commerciales essentielles;
  • à modifier unilatéralement le coût initialement convenu pour des produits ou des services;
  • à faire peser des risques disproportionnés sur les parties contractantes les plus faibles;
  • à mettre fin à une relation commerciale sans préavis et sans justification objective.

Si le partenaire le plus faible dans une relation commerciale est économiquement dépendant de l’autre partie, plus puissante, il peut se sentir incapable de se défendre contre des pratiques déloyales, de peur de compromettre la relation commerciale.

Prenons un exemple: un grand producteur international de boissons fournit un petit détaillant. Il lance un nouveau produit et demande au détaillant de le stocker, mais ce dernier refuse par manque de place. Le fournisseur le menace alors de ne plus lui livrer certains de ses produits phare. Lorsque le détaillant fait remarquer que le nouveau produit n’est pas couvert par le contrat annuel, le fournisseur menace de mettre un terme à la relation commerciale.

Lire le communiqué de presse, « La Commission européenne s’attaque aux pratiques déloyales dans la chaîne d’approvisionnement alimentaire ». Il s’agit selon moi d’un remake de la fable de Le loup et l’agneau … « La raison du plus fort est toujours la meilleure : Nous l’allons montrer tout à l’heure. » …

Pour l’instant, je n’ai rien vu !

Fraude alimentaire, l’industrie anticipe-t-elle l’action des gouvernements ?

23
juil
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Classé dans Contamination, Curiosité, Environnement, HACCP, Hygiène, Réglementation, Santé, Sécurité des aliments.

« S’attaquer à la fraude alimentaire, l’industrie anticipe l’action des gouvernements ». Il s’agit d’un article de Richard Lawley paru le 22 juillet, 2014 sur son blog Food Safety Watch.

Il y a  est une croyance populaire selon laquelle l’industrie alimentaire est entièrement motivée par le profit, souvent au détriment de la santé publique. De toute évidence, il serait insensé de prétendre que les fabricants d’aliments et les distributeurs ne se soucient pas du profit, une entreprise qui ne fait pas d’argent n’est pas durable, mais il est tout aussi illusoire de penser qu’ils ne se soucient pas de leurs clients. Si vous souhaitez vendre des aliments, vous avez besoin que les gens reviennent et achètent encore et encore. Ils ne font pas que s’ils tombent malades chaque fois qu’ils consomment votre produit, ou qu’ils lisent des articles au sujet de votre attitude cavalière sur la sécurité des aliments.

food-fraudC’est pourquoi l’industrie alimentaire a toujours été en avance sur les législateurs en matière de réglementation des risques liés à la sécurité des aliments. Prenez HACCP par exemple, le système standardisé accepté pour le management des risques liés à la sécurité des aliments, en grande partie développé par l’industrie et largement adopté par les entreprises alimentaires avant qu’il ne devienne une obligation légale. Une bonne illustration de cette approche proactive est une nouvelle « prise de position » établie par la Global Food Safety Initiative ou GFSI. Le document, GFSI position on mitigating the public health risk of food fraud, july 2014, recommande que l’industrie alimentaire doit s’attaquer au problème de la fraude alimentaire, qu’elle considère comme un problème potentiel de sécurité des aliments, et non pas seulement un problème économique. Lorsque des criminels se mettent à faire de l’argent avec la falsification, la substitution ou la contrefaçon d’aliments, ils ont souvent peu d’idée des effets possibles sur la santé publique. La viande de cheval dans des hamburgers n’était pas dangereuse, mais la mélamine dans le lait en poudre l’était certainement. Donc la GFSI pense que les fabricants doivent prendre des mesures pour protéger les consommateurs, notamment par l’évaluation de leur vulnérabilité à la fraude alimentaire et en mettant en place un plan de maîtrise.

Ceci est important dès son origine. La GFSI a été créée par un groupe de grands distributeurs et de fabricants en 2000 pour aider à lutter contre un manque de confiance des consommateurs dans la sécurité de la chaîne alimentaire. Elle l’a fait en partie en travaillant à améliorer les normes des audits en sécurité des aliments et pour aller vers l’harmonisation des différents systèmes de certification de la sécurité des aliments qui ont émergé au cours des 20 dernières années. La certification par des programmes tels que le BRC Global Standard for Food Safety et l’IFS Food sont désormais le moyen privilégié pour les entreprises alimentaires de démontrer à leurs clients qu’ils fonctionnent en toute sécurité. Mais il est important de choisir le bon système de certification, ce qui signifie en fait qu’il doit être  reconnu par la GFSI. C’est pourquoi toute déclaration du GFSI a des implications importantes pour l’industrie, en particulier quand cela est inclus dans le guide qui conseille aux systèmes de certification ce qui est attendu d’eux s’ils veulent garder leur reconnaissance du GFSI.

Pour autant que je sache, il n’y a pas eu de propositions concrètes à ce jour pour modifier la loi afin que les entreprises alimentaires répondent à leur vulnérabilité à la fraude alimentaire. Pourtant, un organisme de l’industrie prend des mesures qui vont effectivement contraindre de nombreuses entreprises à faire exactement cela, si elles veulent conserver leur certification liée à la sécurité des aliments et continuer à fournir à leurs clients les plus importants. L’autoréglementation est peut être une blague dans certains secteurs, notamment la banque, mais dans l’industrie alimentaire, il y a beaucoup de preuves que ce secteur a amélioré la sécurité des aliments et continuera de le faire. La raison est simple, protéger le consommateur protège l’entreprise aussi.

Commentaire : Un bémol aux propos de Richard Lawley vient du Royaume-Uni où Un plan pour montrer du doigt les supermarchés vendant des poulets contaminés par Campylobacter est abandonné sous la pression des distributeurs?

Royaume-Uni : Un plan pour montrer du doigt les supermarchés vendant des poulets contaminés par Campylobacter est abandonné sous la pression des distributeurs

23
juil
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Classé dans Campylobacter, Contamination, Contamination croisée, Curiosité, Environnement, Hygiène, Microbiologie, Réglementation, Santé, Sécurité des aliments, TIAC, Volaille.

« Un plan pour montrer du doigt (name and shame) les supermarchés vendant du poulet contaminé par un microbe dangereux responsable d’intoxication alimentaire a été abandonné sous la pression des distributeurs. » Source Doug Powell du barfblog.

Selon le Daily Mail, la FSA avait promis de mener des enquêtes régulières sur les poulets vendus dans les grandes enseignes et de publier les résultats, y compris en citant les noms des magasins, tous les trois mois.

campy_freeL’idée était que montrer du doigt ferait pression sur les magasins pour enlever les poulets contaminés et réduire le risque d’intoxication alimentaire des clients.

Cependant, les responsables de l’agence veulent maintenant supprimer cette idée et à la place, publier des données sur le nombre de poulets qui sont contaminés sans identifier les magasins concernés.

Le changement a été condamné par un universitaire de premier plan, qui a suggéré que cela est dû à la pression de l’industrie et des ministères, qui sont des soutiens des supermarchés, des agriculteurs et des transformateurs.

Les changements représentent une victoire majeure pour les intérêts commerciaux de la grande distribution, mettant ainsi les préoccupations concernant leur vente et leur bénéfice devant la sécurité des consommateurs et leur droit de savoir ce qu’ils mangent.

Le fait que les supermarchés aient réussi à édulcorer le régime est tout simplement la dernière preuve de la façon dont le lobbying des grandes entreprises a conduit à un changement dans la politique officielle sur les questions alimentaires et sanitaires.

Un lobbying similaire avait tué un plan pour une interdiction générale des snacks et autres boissons de l’étalage autour des caisses des supermarchés.

La FSA a récemment révélé que plus d’un million de personnes sont victimes d’intoxication alimentaire chaque année avec les poulets des supermarchés qui sont la plus grande menace.

Campylobacter, qui est le plus souvent retrouvé sur du poulet cru, est la principale cause d’intoxication alimentaire du pays.

Une étude officielle publiée en 2009 a révélé que deux poulets réfrigérés sur trois dans les rayons étaient contaminés par Campylobacter. Plus d’un sur quatre – 27% – étaient classés comme étant fortement contaminés.

Malgré le fait que la FSA ait demandé aux supermarchés et aux éleveurs de faire de la lutte contre  Campylobacter une priorité, la situation semble n’avoir montré aucune amélioration.

Un document de la FSA sur l’intoxication alimentaire à Campylobacter signale : « En plus des coûts économiques qui en découlent, les cas sont une source de désagréments, l’inconfort et de misère pour ceux qui sont infectés et une faible proportion des cas peuvent décéder ou avoir des conséquences sur le long terme, tels que l’arthrite réactive, le syndrome du côlon irritable et le syndrome de Guillain-Barré, ce dernier affecte le système nerveux périphérique.

Malgré la menace évidente, les dirigeants de la FSA vont demander à leur conseil d’administration de redessiner les règles pour ses enquêtes afin de s’assurer que les magasins vendant des poulets contaminés ne soient pas identifiés dans leurs résultats trimestriels.

Un document préparé par des responsable établit que c’est en réponse « aux préoccupations légitimes exprimées par l’industrie et d’autres ministères ». La référence aux autres ministères se rapporte au ministère de l’environnement, de l’alimentation et des affaires rurales (DEFRA), qui se considère comme le champion des agriculteurs britanniques, y compris ceux qui produisent du poulet.

Le document de la FSA établissait que « Dans la dernière mise à jour du conseil d’administration de mars 2014, il était indiqué que la FSA visait à publier les résultats complets, y compris les noms des distributeurs et des transformateurs, sur environ 1000 prélèvements tous les 3 mois pendant l’étude, avec les premiers résultats publiés autour de juin/juillet 2014. »

Cependant,la FSA a décidé de changer cette approche, car il existe un risque que les résultats soient incomplets et trompeurs et ce serait, en quelque sorte, injuste pour les magasins.

La FSA a déclaré, « L’un des inconvénients de cette approche est qu’aucune interprétation ne peut être correctement faite sur des données brutes provisoires jusqu’à ce que l’ensemble des prélèvements de l’année ne soit terminé et entièrement analysé. »

Le conseil de l’agence est invité à approuver cette nouvelle approche lors d’une réunion le 23 juillet.

Erik Millstone, professeur de politique scientifique à l’Université de Sussex, a condamné le changement qui fait la part belle aux supermarchés.

Ronde des rappels 2014 : semaine 28

12
juil
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Classé dans Contamination, Contamination croisée, Curiosité, Listeria, Réglementation, Salmonella, Santé, Sécurité des aliments, Union Européenne.

Commencées avec « La ronde des rappels : semaine 49 » de 2009, les notifications des rappels cités ne prétendent pas à l’exhaustivité dans la mesure il n’est pas possible d’avoir accès à toutes les sources permettant d’identifier le rappel d’un produit. Les pays frontaliers de la France constituent une aide précieuse. Les informations recueillies sont issues du portail RASFF (Rapid Alert System for Food and Feed ou Réseau d’alerte rapide pour les denrées alimentaires et les aliments pour animaux).

  • Référence RASFF 2014.0932, sibutramine et sildénafil, substances non autorisées, dans des compléments alimentaires des Pays-Bas; alerte notifiée par la France. Pas de distribution en france.
  • Référence RASFF 2014.0943, Listeria monocytogenes (< 10 ufc/g) dans du saumon fumé à froid de Pologne ; alerte notifiée par la France. Pas distribution en France.
  • Référence RASFF 2014.0938, intoxication alimentaire suspectée (Salmonella enteritidis) causée par des œufs d’Allemagne ; notification par la France. Distribution en France mais le produit n’est sans doute plus sur le marché.

Le tableau ci-dessous (à la date du 12 juillet 2014) de la liste des pathogènes identifiés dans les denrées alimentaires et les aliments pour animaux pour la semaine 28 de 2014 par les Etats membres.

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L’entreprise Chobani conteste une étude de chercheurs de Duke sur des champignons retrouvés dans ses yaourts

12
juil
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Classé dans Contamination, Contamination croisée, Curiosité, Environnement, Rappel, Réglementation, Santé, Sécurité des aliments.

« L’entreprise Chobani conteste une étude de chercheurs de Duke sur des champignons retrouvés dans ses yaourts », source Ben Chapman du barfblog du 11 juillet, 2014.

Duke (ou Dook comme on l’appelle ici) est en guerre sur plusieurs fronts cette semaine : les héritiers de John Wayne poursuivent l’université Duke au sujet d’une marque de bourbon, et le yaourt avec des nuances de pathogénicité.

Voici l’histoire abrégée : Chobani reçoit les plaintes associées à ses yaourts d’un de leurs sites : les produits entraînent des ballonnements et de la diarrhée. Certains clients ont eu un désagrément entraînant des vomissements. Un contaminant fongique, Mucor circinelloides, associé à l’altération et généralement non considéré comme pathogène d’origine alimentaire s’est retrouvé dans l’usine et le produit. Des chercheurs de Duke trouvent le  champignon dans un emballage gonfle non ouvert au Texas. Ils cultivent l’organisme et le testent chez des souris et des cellules humaines et disent que le champignon est plus dangereux pour les rongeurs et l’homme que nous le pensions précédemment.

Dans des nouvelles sans rapport, Chobani dit qu’il n’y a pas de science mise en œuvre dans la fabrication du yaourt.

Screen-Shot-2014-05-19-at-11.47.57-AM-590x291-300x147Food Quality News rapporte que le papier a conduit à une certaine excitation dans le monde de la sécurité des aliments. Le Dr Alejandro Mazzotta, le microbiologiste responsable de la sécurité des aliments chez Chobani, a dit qu’il est déçu par la publication d’un article « irresponsable » dans le journal en ligne mBio® alléguant que le contaminant fongique trouvé dans une partie de ses yaourts à l’automne dernier ait été un pathogène d’origine alimentaire potentiellement dangereux.

S’exprimant dans FoodNavigator-USA mardi, le vice-président de Chobani pour la qualité, la sécurité des aliments et des affaires réglementaires, le Dr Alejandro Mazzotta s’est dit surpris que l’article soit passé au travers d’un examen par un comité de lecture parce qu’il considère que c’est une méthodologie erronée, une mauvaise utilisation des citations et en général « un manque de rigueur scientifique », et aussi d’avoir tiré des conclusions qui ne sont pas étayées par des preuves présentées.

Randy Worobo, a été cité en disant : « Bien que les données indiquent que les isolats peuvent causer une maladie lorsqu’il est injecté directement dans le sang des souris à un taux de 1 million de Mucor circinelloides par souris, ce type d’expérience, bien qu’intéressante, évidemment ne reflète pas exposition naturelle avec des aliments.

Les co-auteurs de l’article paru dans mBio®, les Dr Soo Chan Lee et Joe Heitman du Duke University Medical Center, ont été cités en disant, « Les modèles murins utilisés dans notre étude sont des standards utilisés fréquemment par les chercheurs pour étudier la virulence potentielle de microbes dans un modèle animal. Ces études, et d’autres semblables d’isolats connexes, montrent que cette espèce fongique est un pathogène chez la souris capable de provoquer une infection mortelle par cette voie d’infection … L’inoculum utilisé était pleinement approprié pour ce modèle. »

Lee et Heitman disent que « Mucor circinelloides f. circinelloides est la plus virulente sous-espèce de M. circinelloides et est souvent associée à des infections humaines », et il est difficile de savoir si cette déclaration est basée sur la littérature (qui n’est pas référencée) ou sur leurs conclusions qui ont été faites avec seulement trois souris.

Entre le manque de témoins négatifs, l’utilisation de rongeurs comme un modèle humain (avec des doses élevées de 106 organismes) et l’absence de détection du pathogène dans les fèces (pour s’appuyer sur les symptômes chez l’homme), il y a des défauts dans l’approche.

Des personnes de la sécurité des aliments dans l’industrie ont tendance à être nerveuses à propos de discussions bâclées sur la sécurité des aliments dont le public ne comprendra pas les détails. Un discours est comme celui-ci (et les données derrière lui) est nécessaire pour aider les consommateurs à faire des choix éclairés.