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Audits de la sécurité des aliments : Avons-nous un système rétrograde ?

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Classé dans Audit, Contamination, Contamination croisée, Curiosité, HACCP, Hygiène, Santé, Sécurité des aliments.

« Audits de la sécurité des aliments : Avons-nous un système rétrograde ? » par Bob Whitaker, article original paru dans Food Safety News, le 30 mars 2015.

Il y a quelque temps, je particiais à une session de formation de producteurs sur la loi sur la modernisation de la sécurité des aliments (FSMA ou Food Safety Modernization Act), et c’était un grand événement avec la participation impressionnante de producteurs. Les conférenciers étaient merveilleux et le contenu a été soigneusement préparé. Au cours des trois dernières années, j’ai probablement été impliqué dans 20 programmes différents de formation en matière de sécurité des aliments visant à aider les producteurs à construire des programmes efficaces de sécurité des aliments. À certains égards, cela a été une grande expérience mais cependant, j’ai souvent été un peu frustré. L’événement auquel j’ai assisté récemment m’a laissé avec cette même sensation de frustration.

audit_dabordDurant ces sessions liées à la sécurité des aliments avec des entreprises alimentaires, nous parlons souvent pourquoi avoir un programme de sécurité des aliments est important et comment il est essentiel d’avoir un programme pour protéger sa propre entreprise, protéger ses clients et, au final, la santé publique. Nous parlons des problème émergents en science, de l’importance des programmes de base en sécurité des aliments tels que les bonnes pratiques de nettoyage-désinfection et d’hygiène du personnel et comment identifier et manager les dangers potentiels liés au transfert de contamination (ou contamination croisée) dans une exploitation agricole et dans un atelier de conditionnement. Après avoir discuté de cela et du pourquoi, du comment et de qu’en est-il de la sécurité des aliments, souvent quelqu’un de courageux dans le public lève la main et demande : « Alors, quelle note dois-je obtenir pour réussir l’audit ? » Et c’est là que la frustration s’installe. Comment passer un audit devient-il un substitut pour construire un programme de sécurité des aliments fondé sur les risques ?

Une grande partie de la discussion que nous avons avec l’industrie sur la sécurité des aliments est centrée sur le passage de l’audit de sécurité des aliments. En fait, pour beaucoup, l’audit de la sécurité des aliments est la base de leurs efforts en matière de sécurité des aliments. Un acheteur demande qu’un producteur ou un fournisseur passe un audit de sécurité des aliments, de sorte que l’objectif est de réussir l’audit. C’est assez logique, mais les audits de la sécurité des aliments ne rendent pas vraiment les aliments plus sûrs. Cette fureur dévorante des audits de sécurité des aliments est malheureuse parce que les audits ne sont qu’un outil, un instantané dans un temps, en fait un instantané dans le temps que vous mettez à l’obtenir. De façon réaliste, passer un audit est comme passer un examen, vous savez quand l’examen aura lieu, vous savez déjà toutes les questions qui seront posées à l’examen, et aussi, vous avez déjà toutes les réponses. Combien d’entre nous ne voudraient-ils pas avoir vécu cette situation au lycée ou au collège ? Je devine que nous aurions eu de meilleures notes ! Combien de fois voyons-nous un rappel d’aliments et l’information que nous lisons indique que l’entreprise malheureuse a reçu un score « supérieur » lors de leur plus récent audit de sécurité des aliments ? Si vous regardez bien les choses en face, combien peuvent-ils dire qu’ils n’ont pas fait un peu de nettoyage supplémentaire le jour de leur dernier audit de sécurité des aliments et que votre entreprise n’est pas toujours aussi parfaite que ce qu’elle est lors d’un audit ? (cela s’appelle chez nous, préparer un audit, voir même « se débarrasser » de certains personnels le jour des audits -aa). C’est dans la nature humaine, nous voulons tous une bonne note, mais est-ce que sert la sécurité des aliments ?

Au minimum, les audits de sécurité des aliments sont un mécanisme pour démontrer à vous-même, la haute direction et les clients que vous suivez votre programme de sécurité des aliments, et que vous pouvez le vérifier par votre audit ce jour-là. Au mieux, les audits de sécurité des aliments sont d’excellentes occasions de formation des employés. Les audits offrent une chance d’avoir des yeux indépendants pour critiquer votre programme et sont un moment où vous pouvez prendre du recul par rapport à toutes vos autres responsabilités et regarder de façon critique votre programme de sécurité des aliments et sur la façon dont il est mis en œuvre. Ce peut être une intéressante expérience d’apprentissage.

Je pense parfois que si nous avions passé la moitié du temps que nous avons passé dans l’industrie au cours de la dernière décennie à discuter de la façon à s’y prendre pour procéder à une analyse des dangers efficace et de former des producteurs à cet art au lieu de jouer sur les mots avec les normes et les audits existants sur la sécurité des aliments et se lamenter sur la duplicité de certains de ces audits, nous aurions peut-être eu une meilleure industrie.

L’analyse des dangers n’est vraiment pas un concept étranger à la plupart des gens. Les gens évalue les dangers potentiels et les managent dans leur vie quotidienne tout le temps, que ce soit consciemment ou inconsciemment. Par exemple, quand quelqu’un conduit une voiture, il gère le risque d’un accident en faisant en sorte que la voiture soit en bon état de fonctionnement, que les freins fonctionnent, et (au moins la plupart du temps) un effort est fait pour suivre les règles de circulation afin de minimiser les risques d’accident. Quand il s’agit de faire de la sécurité des aliments, il est important que nos programmes de sécurité des aliments soient identiques basés sur les risques ou les dangers. Pour faire simple, développer un programme de sécurité des aliments qui fournit la documentation requise par n’importe quel auditeur ne répond pas aux besoins de votre entreprise en matière de sécurité des aliments.

Faire une évaluation des risques n’est pas difficile. Commencez par faire un simple dessin au crayon. Si vous êtes producteur, commencer par la sélection de la terre où vous avez l’intention de cultiver des cultures avec la préparation du sol, la plantation, la culture, la récolte, le refroidissement, jusqu’à moment où vous n’avez plus la maîtrise du destin de la culture. Les transformateurs, les transporteurs, les centres de distribution, et d’autres manipulateurs peuvent suivre le même processus, en étudiant là où intervient leur impact sur la chaîne alimentaire. Il est important pour tous ceux qui manipulent les produits de comprendre les dangers potentiels du transfert de contamination associé à leurs activités spécifiques et adopter des stratégies de management pour minimiser ces risques.

AuditLorsque vous effectuez votre évaluation des risques, faire appel à tous les experts qui s’offrent à vous pour vous conseiller et vous fournir ce que vous devriez considérer et comment gérer efficacement les dangers. Vous avez déjà beaucoup d’experts au sein de votre propre organisation. Qui connaît mieux vos opérations que les gens qui travaillent pour vous ? J’entends trop souvent les producteurs et les transformateurs dire : « Dites-moi ce que j’ai à faire et c’est cela que je ferais pour mon programme de sécurité des aliments ». Comment quelqu’un peut-il connaître éventuellement vos opérations et, par conséquent, votre profil de risque mieux que vous ?

Mais, vous voyez, c’est là que le bât blesse dans la sécurité des aliments. Faire une analyse réelle des dangers ne doit pas être difficile, mais elle exige l’engagement du personnel. Il ne suffit pas de répondre à une série de questions d’audit ; c’est prendre du temps et investir des ressources humaines pour passer en revue vos opérations, pensez comment l’aliment peut être contaminé, évaluer la probabilité de ce que cette contamination pourrait être, déterminer comment gérer ce risque, déterminer qui devrait être responsable du management et comment vous allez vérifier que le risque est géré toute la journée. Comme toutes les opérations de production sont quelque peu différentes, une approche unique applicable pour tout ne sera jamais un succès dans le management des dangers de contamination que des programmes spécifiques de management et d’analyse des dangers des opérations.

Dans toute entreprise alimentaire où j’ai été, il y a toujours au moins une personne qui en sait plus sur les producteurs et leurs pratiques que n’importe qui d’autre. Il y a aussi généralement des personnes ont une incroyable connaissance de ce qu’ils font et pourquoi ils le font. Ce sont ces gens qui peuvent vous aider à construire un programme efficace de sécurité des aliments. Une fois que vous avez créer une équipe d’experts qui connaissent la science de la sécurité des aliments et de personnes qui doivent la faire vivre tous les jours et les faire parler, mon expérience me dit que vous pouvez construire une analyse des dangers efficace et un système de management et des pratiques qui réduisent les risques. Et, le meilleur de tout cela est que vos employés s’approprieront ces pratiques parce qu’ils en ont eu la paternité lors leur élaboration. Ce genre d’engagement est le meilleur outil que nous avons pour mieux gérer les risques liés à la sécurité des aliments ; l’audit, pas du tout. En fait, le meilleur type d’audit serait celui qui vérifie que l’exploitation agricole, l’entreprise de conditionnement ou l’entreprise de transformation fonctionne en accord avec le plan écrit de sécurité des aliments fondé sur les dangers liés aux opérations. Dommage que nous ne puissions pas recommencer et mettre l’analyse des dangers au premier rang et utiliser correctement les audits pour vérifier leur véracité.

© Food Safety News.

Sur ce sujet, sur le blog, on lira, Lost in management, Pourquoi tous ces référentiels d’audit de la sécurité des aliments ?, À propos des audits de certification avec des référentiels privés, Marketing et sécurité des aliments : l’usage et l’abus des ‘certifications’ dans la sécurité des aliments et Le management de la sécurité des aliments est-il soluble dans l’ISO 22000 ?

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Quelques idées d’articles auxquels vous avez échappé cette semaine :

Bien triste information publiée ou dérapage de l’Anses, tout irait donc très bien … mais l’Anses ne deviendrait-elle pas ainsi une énième courroie de transmission de l’information de nos autorités opaques et autistes

Etonnant de voir l’Anses cibler le consommateur, sans un mot sur la baisse des contrôles par nos autorités et l’hygiène dans les entreprises notamment en restauration commerciale. Ainsi, selon l’Anses, « En 2012, 33% des foyers de toxi-infections d’origine alimentaire déclarés en France sont survenus dans le cadre familial », mais rien sur les 38% de la restauration commerciale !

On lit ce satisfecit consternant que l’on retrouve généralement chez les politiques : « L’approche intégrée de maîtrise des risques tout au long de la chaîne alimentaire fait de la France un bon élève en matière de sécurité sanitaire, laquelle s’appuie sur une logique de responsabilisation de tous les acteurs, de la « fourche à la fourchette ». Est-ce bien là ce qu’on attend de l’Anses ?

Les mesures mises en œuvre par les autorités de santé et les professionnels ont permis une diminution importante des principales pathologies causées par l’alimentation. » Où sont les diminutions importantes ? Les salmonelloses par exemple sont en toujours augmentation et surtout que penser des campylobactérioses ? L’Anses a-t-elle lu les résultats de la France dans les rapports sur les zoonoses de l’EFSA ? L’Anses a-t-elle lu le rapport de la Cour des comptes ? L’Anses a-t-elle lu le rapport Guillou-Babusiaux ? Voir aussi La sécurité des aliments en 2014, le bon, le mauvais et les politiques …

  • De la réduction des STEC adhérents aux surfaces en acier inoxydable

A lire cette étude américaine parue dans Food Safety Magazine, avril/mai 2015, « Reduction of Shiga Toxin-Producing Escherichia coli Attached to Stainless Steel ».

Ronde des rappels, semaine 14 de 2015

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Classé dans Contamination, Contamination croisée, Curiosité, Environnement, Hygiène, Nutrition, Rappel, Règlementation, Santé, Sécurité des aliments, Union Européenne.

RASFF-LogoReprise de la ronde des rappels avec la semaine 14 de 2015 à la date du 3 avril 2015. Je m’étais arrêté à la semaine 51 de 2014. Comme annoncé en fin du précédent article, les alertes notifiées au RASFF pour les produits d’origine France au premier trimestre 2015 se portent bien : 19 notifications d’alertes (13 alertes liées à la présence de micro-organismes pathogènes), selon le RASFF, contre 13 notifications d’alertes au cours du premier trimestre de 2014 (10 alertes liées à la présence de micro-organismes pathogènes).

Sur la gestion des alertes en France, voici les points de vue du ministère de l’agriculture, Comment fonctionne le système d’alerte sanitaire en France et la DGCCRF, Interview de la responsable de l’unité d’alerte.

Commencées avec « La ronde des rappels : semaine 49 » de 2009, les notifications des produits cités ne prétendent pas à l’exhaustivité dans la mesure il n’est pas possible d’avoir accès à toutes les sources permettant d’identifier le retrait/rappel d’un produit. Les informations recueillies ci-après concernent les denrées alimentaires ou les aliments pour animaux de France ou distribués en France. Elles sont issues du portail RASFF (Rapid Alert System for Food and Feed ou Réseau d’alerte rapide pour les denrées alimentaires et les aliments pour animaux). Pour des raisons inconnues, la plupart des informations diffusées ne sont pas relayées par les autorités françaises auprès des consommateurs …

En effet, contrairement à que rapporte le site Internet du ministère de l’agriculture, « Lorsqu’un affichage en supermarché ou une annonce à la radio demande de rapporter des produits alimentaires ou de ne pas les consommer, cela signifie qu’une alerte sanitaire a été déclarée. Consommateurs, cette rubrique vous informe sur les dernières actualités et sur ce qu’il faut savoir pour manger l’esprit tranquille. », cet article est donc dédié aux autorités de notre pays sensés faire le job !

  • Référence RASFF 2015.0431, Salmonella enteritidis (présence dans 25g) dans des filets de poulets surgelés de Roumanie.     Alerte notifiée par la France. Pas de distribution dans le pays à l’origine de la notification.
  • Référence RASFF 2015.0429Salmonella Rissen (présence dans 25g) dans des protéines animales transformées de France. Information notifiée par la Belgique. Pas de distribution dans le pays à l’origine de la notification.
  • Référence RASFF 2015.0428, Salmonella enteritidis (présence dans 25g) dans des filets de poulets surgelés de Pologne. Alerte notifiée par la France. Pas de distribution dans le pays à l’origine de la notification.
  • Référence RASFF 2015.0413, Salmonella spp. (présence dans du 25g) dans du roquefort au lait de brebis de France. Alerte notifiée par l’Allemagne. Pas de distribution dans le pays qui a fait la notification. A noter deux communiqués des autorités allemandes le 27 mars 2013 et le 1er avril 2015.
  • Référence RASFF 2015.0412, traces d’amandes dans de la paëlla d’Espagne, Alerte notifiée par la France. Produit retiré du marché, voir un communiqué diffusé de l’AFSCA et par Intermarché.
  • Référence RASFF 2015.0410, Salmonella enteritidis (présence dans 25g) dans des filets de poulets surgelés de Roumanie. Alerte notifiée par la France. Pas de distribution dans le pays qui a fait la notification. Date du prélèvement, le 18 mars 2015, date de la notification, le 1er avril 2015.
  • Référence RASFF 2015.0407, mercure (2 mg/kg) dans des steaks d’espadon surgelé (Xiphias gladius) du Sri Lanka. Distribution restreinte dans le pays qui a fait la notification Date du prélèvement, le 10 février 2015, date de la notification, le 1er avril 2015.
  • Référence RASFF 2015.0397, chlorpyrifos (0,075 mg/kg) et éthoxyquine ou E324 (0,25 mg/kg) dans des poires d’Italie. Information notifiée par l’Allemagne. Produit présumé de plus être sur le marché … mais une distribution a eu lieu en France et en Allemagne.
  • Référence RASFF 2015.0394, soja non mentionné dans des nouilles instantanées de Taiwan. Alerte notifiée par les Pays-Bas. Distribution en France, Belgique, Autriche, Danemark, Grèce, Hongrie, Italie, Luxembourg, Suisse, Suède, Pays-Bas. A ma connaissance seule l’AFSCA de Belgique a cru bon d’informer les consommateurs le 31 mars 2015.

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Quelques idées d’articles auxquels vous avez échappé cette semaine :

OMS: Cinq clefs pour des aliments plus sûrs. Ce film animé a été développé pour expliquer les Cinq clefs de l’OMS pour des aliments plus sûrs à un public de 9 à 99 ans, et encourager leur pratique à la maison. Les Cinq clefs pour des aliments plus sûrs est un message global que tout le monde devrait connaître pour se prévenir des maladies d’origine alimentaire et améliorer sa santé. L’OMS a choisi cette année le thème de la Sécurité sanitaire des aliments pour la Journée mondiale de la santé 2015.

Un projet de loi propose de simplifier l’étiquetage des produits alimentaires grâce à la mise en place d’un code couleur. Une mesure qui vise à lutter contre la « malbouffe » en permettant au consommateur d’identifier rapidement les produits trop gras, trop sucrés ou trop salés. Sur ce sujet, lire entre autres deux articles parus en 2012sur le blog, Bientôt un étiquetage avec des feux tricolores sur nos aliments ? et L’étiquetage par des feux tricolores, ça marche ! Il semble que le système de feux tricolores (initié il y a quelques années par les Britanniques) ait été retenu au grand dam de l’ANIA

Les gastroentérites à Escherichia coli entérohémorragique (EHEC) surviennent suite à la consommation de produits alimentaires contaminés et se transmettent de personne à personne. Elles peuvent être à l’origine de complications sévères telles que le syndrome hémolytique et urémique (SHU) particulièrement chez les jeunes enfants et les personnes âgées.
Le Haut Conseil de la Santé Publique (HCSP) s’appuie sur une analyse détaillée des données existantes figurant dans un rapport qui accompagne cet avis suite à une saisine par la direction générale de la santé du HCSP le 21 mai 2013.

Sécurité du personnel et hygiène des locaux, des enjeux contraires ?

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Classé dans 1er avril, Contamination, Contamination croisée, Curiosité, Environnement, Films vidéo, Hygiène, Machines, Microbiologie, Nettoyage-Désinfection, Normalisation, Nutrition, Rappel, Règlementation, Santé, Sécurité des aliments, TIAC, Union Européenne, Viande, Virus.

Sur le site d’Ameli (site de notre chère sécurité sociale), on trouve une mise à jour de la Recommandation du comité Technique National des Services, Commerces et Industries de l’Alimentation, « Bien choisir les revêtements de sol lors de la conception/rénovation/extension des locaux de fabrication de produits alimentaires ».

Pourquoi cette liste ? Chaque année, on dénombre plus de 30 000 chutes et glissades de plain-pied représentant 20 % des accidents du travail avec arrêt dans les activités des Services, Commerces et Industries de l’Alimentation.  Mais hélas, il n’est pas question du coût des maladies infectieuses d’origine alimentaire en France, sujet tabou ?

En gros, donc, pour éviter de glisser, c’est semble-t-il l’objectif à atteindre, il faut des sols adaptés, mais pourquoi ne pas souhaiter avoir des sols secs, sur cet aspect, on n’aura pas de réponse des préventeurs … comprenne qui pourra !

Comme nous allons le voir grâce aux photos de cette « recommandation », hélas, la conception hygiénique est maltraitée, car chacun le sait, la sécurité, qui n’a pas de prix, a un coût … et notre bonne mère sécu le fait savoir.

photo1Dans le glossaire il est fait référence à des organismes prestigieux, et donc, si vous rencontrez un problème d’hygiène suite à l’application de ces recommandations, n’hésitez à leur en faire part : INRS : Institut National de Recherche et de Sécurité, ANSES : Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail et AFNOR : Agence Française de Normalisation …

Sur la première page de la recommandation (photo de gauche), on trouve des magnifiques caillebotis avec nez antidérapant, composés de petits carrés généralement non nettoyables, sauf avec une brosse à dents …

photo2Sur la page 6, plusieurs problèmes sont illustrés en une seul photo (photo de droite) : il est exact de signaler comme le dit la légende, « Un carrelage posé avec des joints à base de résine époxy qui doivent être plans et à fleur du sol », mais que penser du collecteur d’eaux usées étroit peu ou pas nettoyable et générateur d’éclaboussures et que penser des roues creuses servant à manipuler le plan de travail au dessus …

Dans le volet Bibliographie, les documents EHEDG sur la conception hygiénique des équipements ne sont pas mentionnés pas plus que la directive relative aux machines et la norme ISO 14159, Sécurité des machines – Prescriptions relatives à l’hygiène lors de la conception des machines, des oublis ?

Ce n’est donc pas encore aujourd’hui que l’hygiène et la sécurité feront bon ménage, sans doute avance-t-on, lentement sur cette voie, mais c’est certainement avec des œillères …

photo3Enfin, un petit film sur le site d’Agrobat (dont est extraite la photo ci-contre) retrace comment on en est arrivé là …, c’est comique !

Sur ce sujet, on lira, sur le blog, EHEDG : Principes de conception hygiénique pour les usines alimentaires, La conception hygiénique et la nettoyabilité des équipements n’est pas un long fleuve tranquille, De la conception hygiénique et la nettoyabilité des équipements et L’ingénierie de l’hygiène est-elle un long fleuve tranquille ?

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Quelques idées d’articles auxquels vous avez échappé cette semaine :

  • L’Anses est-elle une agence indépendante ?

Si oui, elle aurait endossé les conclusions de l’EFSA sur le bisphénol A comme son homologue allemand, le BfR ; si oui, elle aurait réagi au Diagnostic et propositions à l’attention de Mesdames et Messieurs les ministres de l’Economie et des Finances, de l’Economie sociale et solidaire et de la Consommation, des Affaires Sociales et de la Santé, de l’Agriculture, l’agroalimentaire et de la forêt ; si oui, elle aurait marqué sa différence avec les pouvoirs publics sur la situation concernant les infections d’origine alimentaire à Campylobacter, etc.

  • Consommation de lait cru et risques

Deux agences d’évaluation des risques, Irlande et en Belgique, prennent position sur la consommation de lait cru sans oublier l’EFSA

  • Le glyphosate probablement cancérigène selon l’International Agency for Research on Cancer (IARC)

Lire des articles parus dans ForumPhyto, 1, 23 et 4, sans oublier La chimiophobie, une nouvelle « maladie » incurable … mais aussi un communiqué plus que dubitatif du BfR, Does glyphosate cause cancer?

Selon un communiqué du ministère de l’agriculture, le glyphosate « fait actuellement l’objet d’une réévaluation européenne à laquelle l’ANSES est partie prenante.L’Anses devra, ensuite, réévaluer toutes les préparations contenant du glyphosate utilisables en France. » Mais pourquoi, comme pour le bisphénol A, ne pas se contenter de l’avis de l’EFSA ?

  • Agriculture biologique

Selon l’Agence Bio (Baromètre Agence BIO/CSA 2014), parmi les raisons de consommer bio, « Les consommateurs bio réguliers ont de multiples motivations. Dans le trio de tête, on retrouve la préservation de la santé (62 %), de l’environnement (57 %) ainsi que la qualité et le goût des produits (48 %) ». Il faut aussi ajouter, « Pour ma sécurité, pour être certains que les produits soient sains (47%) ». Autant de points généraux qu’il est difficile voir impossible de prouver scientifiquement … voir aussi Les consommateurs de produits bio ont-ils un comportement moralisateur et suffisant ? et Les produits bio meilleurs que les produits conventionnels ? Peut-être oui ou peut-être non ?

  • Virus dans la chaîne alimentaire

La Food Standards Agency informe de la publication de deux rapports au Royaume-Uni sur les virus dans la chaîne alimentaire.

  • Alimentation des personnes âgées dans les EHPAD.

L’UFC-Que Choisir rend publique son enquête sur l’alimentation dans les Etablissements d’Hébergement pour Personnes Agées Dépendantes (EHPAD), qui révèle de graves carences en matière de prévention de la dénutrition. Sur la base de ce constat inquiétant, l’UFC-Que Choisir demande aux parlementaires d’instaurer au plus vite une obligation réglementaire sur la qualité nutritionnelle et sur les rythmes des repas servis.

Au final, on peut presque se demander si ce n’est pas tous les jours la journée sans viande dans les EHPAD, notre ministre de la santé devrait s’en préoccuper, mais ça c’est moins sûr …

  • Principe de précaution

A lire l’articleRéenchanter le risque : une proposition audacieuse », à propos du livre de Gérald Bronner, La planète des hommes, réenchanter le risque, Puf, septembre 2014.  A noter un colloque « Risques sanitaires, précaution et innovation », organisé par l’Anses et la Chaire de Développement durable de Sciences Po, le 24 juin 2016, va traiter de la bonne innovation, étonnant non ?

  • Alertes notifiées au RASFF pour des produits d’origine France au premier trimestre 2015

Il y a eu 19 notifications d’alertes (13 alertes liées à la présence de micro-organismes pathogènes) au cours du premier trimestre 2015, selon le RASFF, contre 13 notifications d’alertes en 2014 (10 alertes liées à la présence de micro-organismes pathogènes). Il y a des augmentations dont on se passerait !

  • Aggravation des risques de sécurité sanitaire des aliments en raison de la complexité de la chaîne alimentaire

Communiqué du bureau régional Europe de l’OMS du 31 mars 2015. « Nous sous-estimons considérablement le nombre réel de personnes souffrant de maladies imputables aux substances chimiques de la chaîne alimentaire et aux micro-organismes les plus courants tels que Salmonella et Campylobacter, et ce constat doit servir de sonnette d’alarme dans les nombreux domaines intervenant dans notre chaîne alimentaire. En effet, la défaillance de la sécurité sanitaire des aliments à quelque étape de cette chaîne, allant de l’environnement et de la production primaire à la transformation, au transport ou à la commercialisation, en passant par la restauration ou la préparation à domicile, peut entraîner d’importantes conséquences sanitaires et économiques », explique le docteur Zsuzsanna Jakab, directrice régionale de l’OMS pour Europe.

Etats-Unis : Walmart annonce le renforcement des mesures de sécurité sanitaire pour les fournisseurs de volailles

22
déc
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Classé dans Campylobacter, Contamination, Contamination croisée, Curiosité, Environnement, Hygiène, Salmonella, Sécurité, Sécurité des aliments, TIAC, Volaille.

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C’est curieux comment sont les choses. Les Britanniques par l’intermédiaire de la Food Standards Agency, secouent le cocotier en rendant public la présence de Campylobacter dans les poulets, et voici que voilà, Walmart, le plus grand distributeur au monde, annonce très rapidement de nouvelles mesures de sécurité sanitaire pour les fournisseurs de volailles. Etonnant, non !

Evidemment tout le monde applaudit, que faire d’autre, mais que c’est beau à ce niveau le marketing de la sécurité des aliments … quand il ajoute sans cesse des mesures aux mesures déjà prises et ainsi de suite, sans pour autant garantir que cela va pour autant réduire la présence de pathogènes comme Salmonella ou Campylobacter

Les fournisseurs qui doivent déjà avoir une certification via un référentiel privé, vont avoir de nouvelles exigences, mais pas un mot sur la recherche et quels programmes seront mis en œuvre …

Walmart a annoncé des mesures pour mettre en œuvre le renforcement des mesures de sécurité sanitaire pour les fournisseurs de volaille destinées à protéger davantage les consommateurs contre les maladies d’origine alimentaire comme Salmonella. Les nouvelles lignes directrices s’ajoutent au programme de sécurité des aliments de Walmart qui exige des fournisseurs de volaille d’obtenir une certification basée sur la prévention avec le recours aux normes internationalement reconnues de la Global Food Safety Initiative (GFSI).

campy.grocer.dec_.14« Chez Walmart et Sam’s Club, nous nous engageons à fournir à nos clients des aliments salubres et de qualité », a déclaré le vice-président pour la sécurité des aliments, Frank Yiannas. « Dans le cadre de notre processus d’amélioration continue, nous avons déterminé qu’il était important d’exiger de nouvelles couches de protection pour nos clients. »

Le nouveau programme exige des fournisseurs américains de volaille pour Walmart et Sam’s Club de mettre en œuvre des contrôles holistiques l’élevage à la fourchette conçus pour réduire de façon significative les taux de contamination potentielle, y compris sur les morceaux de poulet. Il exige également des fournisseurs de subir des analyses spécialisées pour valider que les mesures qu’ils ont mises en œuvre sont efficaces. Tous les fournisseurs de volaille devront être en conformité avec les nouvelles exigences d’ici juin 2016.

Le protocole amélioré a été examiné avec de nombreux intervenants, comprenant des groupes de consommateurs, des services réglementaires, des universitaires, des fournisseurs de volaille et des associations de l’industrie.

Le Centers for Disease Control and Prevention (CDC) a établi un partenariat avec Walmart sur cette initiative afin de promouvoir la sécurité des aliments et de réduire les maladies d’origine alimentaire chez les consommateurs.

Le Dr Chris Braden, directeur de la division maladies d’origine alimentaire, hydrique et environnementales au CDC a dit, « Le CDC, avec Walmart, reconnaît que la réduction de Salmonella et d’autre contamination par des pathogènes dans les produits de volaille est une étape cruciale vers la diminution du fardeau des maladies d’origine alimentaire. Walmart et le CDC travaillent ensemble pour protéger la santé publique et l’avancée en sécurité des aliments est un excellent exemple d’un partenariat public-privé qui profite à tous. »

Le Dr. Gary R. Acuff, directeur du Texas A&M Center for Food Safety, a applaudi le travail de l’entreprise, « la mise en œuvre par Walmart de renforcement de mesures de sécurité pour les produits de volaille assure un leadership pour l’industrie alimentaire et continue une approche progressive pour fournir les aliments les plus sûrs possible. C’est un changement qui va grandement profiter aux consommateurs. »

On lira aussi un article enthousiaste de James Marsden sur cette ‘initiative’ de Walmart intitulé, Walmart leading again on food safety.

M’ouais … , je pense que tout cela va arriver plus rapidement que prévu en France, certainement début 2015 …

Taiwan : Rappel de tofu frelaté au jaune de méthyle

21
déc
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Classé dans Contamination, Contamination croisée, Curiosité, Environnement, Rappel, Règlementation, Santé, Sécurité des aliments.

blog_fin_2Selon Taiwan Info du 19 décembre, « Tofu frelaté : le Premier ministre demande que les contrevenants soient punis ».

Après la découverte d’un réseau d’entreprises utilisant un colorant interdit dans la fabrication du tofu, le Premier ministre Mao Chi-kuo a demandé hier que des poursuites soient engagées rapidement contre ces fabricants ainsi que leurs fournisseurs et espéré que ceux-ci seront sévèrement punis. Mao Chi-kuo a aussi appelé les entreprises du secteur agroalimentaire à refuser les compromis avec la santé de leurs clients et les consommateurs à maintenir leur vigilance et à lancer l’alerte en cas de suspicion.

Il y a quelques jours, du jaune de méthyle, un possible carcinogène, a été détecté dans du tofu produit par l’entreprise Chien Hsin, basée à Tainan, et qui était revendu par des intermédiaires à une quarantaine de sociétés vendant notamment du tofu séché emballé sous vide.

Unknown1Le ministère de la Santé et des Affaires sociales a donné l’ordre à ses services dans les collectivités locales de détecter les produits délictueux et à les faire retirer des rayons immédiatement. Le Yuan exécutif collabore par ailleurs avec le bureau de la Sécurité sanitaire de l’alimentation pour poursuivre le coup de filet.

Le Yuan exécutif a par ailleurs remarqué que les sources du problème ont été identifiées très rapidement et que les produits problématiques aient pu être retirés promptement des réseaux de distribution. Cette célérité est en partie due à la plateforme mise en place par l’agence de l’Alimentation et du Médicament pour rassembler toutes les données concernant les additifs alimentaires, les entreprises du secteur, les distributeurs et les importateurs, une plateforme qui améliore grandement la traçabilité.

Toutefois, le Yuan exécutif reconnaît qu’il existe encore une faille dans le système, dans la mesure où l’additif interdit n’avait justement pas été déclaré par Chien Hsin. 

Selon ce site, « Près de 40 types de tofu séché aromatisé impliquant dix sociétés différentes sont soupçonnés d’avoir été contaminés par du jaune de méthyle, qui est lié à des cancers chez l’animal, selon la Food and Drug Administration de Taiwan. L’administration a ordonné que tout fabricant qui a utilisé les ingrédients fournis par la société Chien Hsin qu’ils soupçonnent d’être contaminés de rappeler leurs produits samedi ou risquer une amende maximale de 6,3 millions de dollars (5,2 millions d’euros). »