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C’est l’histoire d’un hamburger saignant

2
sept
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Classé dans Contamination, Contamination croisée, Curiosité, E. coli, Environnement, Hygiène, Microbiologie, Règlementation, Santé, Sécurité des aliments, TIAC, Viande.

« Une histoire d’un hamburger saignant », source article de Michèle Samarya-Timm du 1er septembre 2015 dans Food Safety News.

Dans le cadre de ma mission quotidienne en santé publique, je suis à la trace les éclosions d’origine alimentaire et j’enseigne la sécurité des aliments. Je souhaite présenter une conversation parce que tout le monde devrait être avoir des aliments sains.

Medium-rare-hamburgerRécemment, lors d’une soirée, j’ai essayé de commander un hamburger dans un petit restaurant régional. La conversation a été celle-ci :

Le serveur : « Voulez-vous votre hamburger rose* ou pas rose ? »

Moi : « Pouvez-vous me dire à quoi correspond la température pour dire que c’est rose ? »

Le serveur : « Nous ne cuisons pas à une température. Nous cuisons soit rose ou pas rose. »

Moi : « La couleur n’est pas un indicateur de cuisson. Demandez s’il vous plaît au chef de cuire mon hamburger à 68°C. »

Le serveur : « Nos hamburgers sont sans colorants. Nous ne pouvons le faire que rose ou pas rose. »

En tant que professionnel de la sécurité des aliments, je suis préoccupé par cela. Comme je l’ai mentionné au serveur, rose ou pas rose n’est pas un indicateur de cuisson. De nombreux facteurs dans la chimie de la viande jouent un rôle en influençant la couleur et peuvent entraîner un brunissement prématuré, ce qui explique pourquoi la couleur n’est pas un indicateur fiable.

Donc, j’ai joint le service client du restaurant via twitter et par mail, et j’ai posé des questions au sujet de leurs procédures sur la viande bovine. Toujours éducatrice, je leur ai même fourni des documents à examiner, au cas où cela leur serait utile dans leur réponse.

À leur crédit, l’entreprise a semblé heureuse de me répondre et m’a expliqué leur processus de manipulation des hamburgers. J’ai reçu une réponse de leur « Chief Strategy Officer ». Malheureusement, leur explication sur la manipulation sûre de la viande n’était pas correcte et certainement pas sûre.

imgres-1Dans leur mail, « Les dangers dans la viande hachée de bœuf sont liés au hachage, la contamination potentielle vient de l’extérieur de l’animal. Le steak est sûr à consommer cru, car il vient l’intérieur de l’animal et il ne vient pas avec des parties extérieures de l’animal. Les bactéries ne peuvent pas passer dans la chair interne sauf si elle est hachée. Nous la hachons dans le restaurant de façon à ce qu’il n’y ait pas de surface entrant en contact avec notre boeuf. »

Le mail se poursuit en expliquant : « Nous ne vendons pas nos hamburgers en fonction de la température de cuisson parce que nous formons à la main nos hamburgers et il y a des températures internes différentes tout au long des galettes de viande car elles ont des épaisseurs différentes. Nous cuisons nos hamburgers en fonction du temps, moins de temps pour un hamburger rose et plus de temps pour un hamburger non rose. Les termes ne se rapportent pas à la couleur, mais ils sont plus une façon de décrire moins cuit et plus cuit. »

Aïe ! Cela fait peur. Ne devraient-ils pas lier leurs modalités de cuisson à un nombre de degrés et non pas à une couleur ?

Malheureusement, ils ne sont pas les seuls. Le Centers for Disease Control and Prevention a constaté que de nombreux restaurants préparent et font cuire de la viande bovine avec des méthodes qui pourraient conduire à une cuisson insuffisante, et que dans environ un restaurant sur 10, les hamburgers ne sont pas assez cuits. Leurs recommandations sont que les établissements devraient mesurer la température finale de la viande hachée de bœuf à l’aide d’un thermomètre ou en utilisant des méthodes de cuisson standard qui cuisent toujours la viande hachée de bœuf à 68°C pendant 15 secondes pour prévenir les maladies d’origine alimentaire. La FDA a accepté cela.

La viande de bœuf, même la viande de bœuf hachée sur place, n’est pas sans risque. E. coli vit normalement dans l’intestin des animaux et la dose infectieuse est très faible. (Selon Don Schaffner, les modèles de dose-réponse pour E. coli entéropathogène indiquent que même une seule cellule a la probabilité de provoquer une maladie.) Des E. coli à l’extérieur d’un morceau de viande de bœuf, comme du paleron, un rôti ou un steak, peuvent être mélangés au milieu d’un hamburger, et donc cela prend du temps pour atteindre 68°C et devenir sûr. L’irradiation ou la pasteurisation à froid (ou pascalisation ou encore hautes pressions –aa) peut réduire le risque, mais d’autres mesures d’assurance de la sécurité des aliments doivent aussi être mis en place.

imgresDans l’échange avec l’entreprise sur leur processus de manipulation des hamburgers, il n’a pas été fait mention de la maîtrise de la contamination croisée, du nettoyage-désinfection, de la surveillance active par le management, du contrôle strict des fournisseurs, des analyses microbiologiques et des certificats d’analyse. Et le lavage des mains ?

Ils m’assurent cependant que « La FDA permet la vente de viande saignante tant que vous diffusez un avertissement sur les maladies potentielles d’origine alimentaire dans votre menu. »

C’est vrai. Mais les avis et les avertissements ne rendent pas un produit alimentaire plus sûr ou nient la responsabilité de l’établissement à prendre la température de l’aliment.

La couleur est un indicateur trompeur. Pour assurer la sécurité des aliments, utilisez donc un thermomètre.

* rose signifiant ici la couleur rose à l’intérieur de la viande après une cuisson.

NB : On lira pour s’en convaincre Comment servir des hamburgers saignants selon la FSA et retour sur la cuisson des hamburgers. Par ailleurs, de nombreuses agences citent aussi la température à coeur de 70°C.

Légumes surgelés et Listeria monocytogenes aux États Unis

1
sept
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Classé dans Contamination, Contamination croisée, Curiosité, Environnement, Hygiène, Listeria, Microbiologie, Rappel, Règlementation, Santé, Sécurité des aliments.

Les végétaux, si bons pour la santé, sont aussi dans le collimateur de la sécurité des aliments … aux États-Unis, jugez plutôt :

Aux États-Unis, le 28 août 2015, selon la FDA, des haricots verts surgelés bio de chez General Mills ont été rappelés pour cause de présence de … Listeria monocytogenes.

Recalled-frozen-corn-labelVoilà maintenant, que le 31 août 2015, selon la FDA, « Bonduelle USA rappelle du maïs surgelé pour une possible cause de préoccupation de santé. »

Bonduelle USA Inc. de Brockport, New York, rappelle 9 335 sachets de maïs surgelés parce qu’il sont probablement contaminés par Listeria monocytogenes.

Le rappel est le résultat d’une analyse de produits au stade de la distribution par l’État du Tennessee et qui se sont retrouvés positifs pour Listeria monocytogenes. La société a cessé la distribution du produit, et de la société et la FDA poursuivent leur investigation sur ce qui a causé le problème.

NB : Je leur souhaite bien du plaisir car cette investigation ne va être simple du tout. Tout ceci n’est-il pas le résultat du fait que quand on recherche un micro-organisme, on trouve ?

Ce type de contamination n’est pas cité dans la fiche de danger microbiologique de l’Anses sur Listeria monocytogenes.

De la « mayo » sans œufs ? Lettre d’avertissement de la FDA à Hampton Creek Foods

31
août
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Classé dans Curiosité, Environnement, Nutrition, Santé, Union Européenne.

« ‘De la mayo’ sans œufs ? » Lettre d’avertissement de la FDA à Hampton Creek Foods », article de Cesare Varallo du 31 août 2015 sur son blog Food Law Latest.

Le 20 août 2015, la Food and Drug Administration des États-Unis a publié la lettre d’avertissement (warning letter), après avoir examiné l’étiquetage des produits Just Mayo et Just Mayo Sriracha de chez Hampton Creek Foods.

La FDA a conclu que ces produits sont en violation de l’article 403 du Federal Food, Drug, and Cosmetic Act (la Loi) [21 U.S.C. § 343] et de ses règlements d’application contenus dans le titre 21 du Code of Federal Regulations, partie 101 (21 CFR 101). Fondamentalement, pour quatre raisons différentes :

maionese1-2. Allégation de santé : La présence sur l’étiquetage et la publicité d’une allégation de santé non autorisée (« sans cholestérol », «Vos affaires de cœur. Quand votre cœur est en bonne santé, c’est bien, et nous en sommes heureux car vous ne trouverez jamais de cholestérol dans nos produits » ou formulations équivalentes).;

3. Mauvais étiquetage : les produits sont mal étiquetés au sens de l’article 403 (a)(1) de la Loi [21 USC § 343 (a)(1)] en ce qu’ils prétendent être de la mayonnaise alimentaire standard en raison du nom trompeur et de l’image utilisés sur l’étiquetage, mais ces produits ne sont pas considérés comme de la mayonnaise alimentaire standard comme cela est décrit dans le 21 CFR 169.140. Le nom « Just Mayo » et une image d’un œuf sont bien mis en évidence sur l’étiquetage de ces produits. Le terme « mayo » a été utilisé depuis longtemps et compris comme raccourci ou comme argot du terme mayonnaise. L’utilisation du terme « mayo » dans les noms des produits et l’image d’un œuf peuvent être trompeur pour le consommateur parce que cela peut les amener à croire que les produits sont un aliment standard, la mayonnaise, qui doit contenir des œufs comme cela est décrit dans le 21 CFR 169.140(c). En outre, l’utilisation du terme « Just » avec « Mayo » renforce l’impression que les produits sont réellement de la mayonnaise en suggérant qu’ils sont « fait avec de la mayonnaise» ou « rien d’autre que » de la mayonnaise. Just Mayo et Just Mayo Sriracha ne répondent pas à la définition de la norme pour la mayonnaise. Selon l’étiquetage de ces produits, aucun produit ne contient des œufs.

4. Non-conformité de la norme sur l’identité : les produits sont mal étiquetés au sens de l’article 403(g) de la Loi [21 USC § 343 (g)] en ce qu’ils prétendent être un aliment pour lequel une définition de l’identité et de la norme a été énoncé par le règlement, mais ils ne parviennent pas à se conformer à cette définition et à la norme. Plus précisément, ces produits prétendent être de la mayonnaise en mettant en vedette en évidence le mot « Mayo » sur l’étiquetage, qui a été utilisé depuis longtemps pour se référer à la mayonnaise. La mayonnaise est un aliment pour lequel une définition de l’identité et de la norme a été énoncée dans le règlement (voir 21 CFR 169.140). Selon la norme d’identité pour la mayonnaise, l’œuf est un composant nécessaire (21 CFR 169.140(c)) ; cependant, selon les informations des composés présents sur l’étiquetage, ces produits ne contiennent pas d’œufs. Nous notons également que ces produits contiennent des ingrédients supplémentaires qui ne sont pas autorisés par la norme, tels que l’amidon modifié alimentaire, des protéines de pois et du la bêta-carotène, qui peut être utilisé pour donner une couleur simulant le jaune d’œuf.

Il sera extrêmement intéressant de voir comment la société va réagir, pour tenter de défendre une position très difficile.

En octobre 2014, Unilever a déposé une action en justice contre Hampton Creek, soulevant plus ou moins les mêmes arguments. Quelques mois plus tard, ils abandonnent l’action en justice sans aucune raison. Probablement, ils préfèrent attendre les mesures d’exécution par la FDA, mais aussi à la lumière du fait qu’une pétition sur Change.org appelle Unilever « à arrêter l’intimidation d’une entreprise alimentaire durable » et qui a rassemblé plus de 112 000 signatures en quelques jours.

Durable ou non (ce qui est tout à fait une autre affaire), la position d’Hampton Creek, à mon avis, est tout à fait critique, car :

  1. Aux États-Unis, il y a une norme d’identité pour la mayonnaise et ils n’y répondent pas ;
  2. Ils suggèrent à la fois par le vocabulaire et les images d’œufs que leurs produits sont de la mayonnaise ;
  3. « Mayo » est couramment compris partout dans le monde comme un synonyme de la mayonnaise et l’œuf est un ingrédient caractéristique d’un tel produit.

Par conséquent, même au cas où vous retirez de l’équation la norme sur l’identité, le produit peut encore être considéré comme trompeur.

Il est intéressant de souligner que, dans l’UE, l’une des innovation apportée par le Règlement concernant l’information des consommateurs sur les denrées alimentaires (Food Information to Consumers Regulation ou « FIC », le Règlement (UE) n° 1169/2011, est entré en application le 13 décembre 2014) considère spécifiquement l’ingrédient de substitution.

L’article 7 sur les pratiques loyales en matière d’information prévoit que les informations sur les denrées alimentaires n’induisent pas en erreur, notamment :

« (d) en suggérant au consommateur, au moyen de l’apparence, de la description ou d’une représentation graphique, la présence d’une denrée ou d’un ingrédient déterminé alors qu’il s’agit en fait d’une denrée dans laquelle un composant présent naturellement ou un ingrédient normalement utilisé dans cette denrée alimentaire a été remplacé par un composant ou un ingrédient différent. »

En outre, l’annexe VI, point 4, établit une obligation positive d’étiquetage de ce genre d’ingrédients, avec des règles spécifiques pour le positionnement et la taille :

« Dans le cas de denrées alimentaires dans lesquelles un composant ou un ingrédient que les consommateurs s’attendent à voir normalement utilisé ou à trouver naturellement présent a été remplacé par un composant ou un ingrédient différent, l’étiquetage porte – outre la liste des ingrédients – une indication précise du composant ou de l’ingrédient utilisé pour la substitution partielle ou totale:

a) à proximité immédiate du nom du produit ; et

b) en utilisant un corps de caractère tel que la hauteur de x soit au moins égale à 75 % de celle du nom du produit et ne soit pas inférieure à la hauteur minimale du corps de caractère prévue à l’article 13, paragraphe 2, du présent règlement. »

Etats-Unis : Les consommateurs semblent reconnaître les éclosions les plus dangereuses, selon une étude de l’USDA

29
août
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Classé dans Contamination, Contamination croisée, Curiosité, Environnement, Hygiène, Listeria, Rappel, Règlementation, Salmonella, Santé, Sécurité des aliments, TIAC.

listeria« Les consommateurs semblent reconnaître les éclosions les plus dangereuses, selon une étude de l’USDA », Source Food Safety News du 28 août 2015.

Une étude publiée par l’USDA a constaté que les consommateurs réagissent aux éclosions de maladies d’origine alimentaire différemment selon leur gravité.

L’étude de cas de Fred Kuchler, économiste à l’Economic Research Service (ERS) de l’USDA a comparé les recommandations sur les melons cantaloups émis en 2011 et de nouveau en 2012.

Le premier rappel est dû à Listeria monocytogenes et le second était dû à de deux sérotypes de Salmonella. Listeria est un pathogène plus mortel que Salmonella et Kuchler a constaté que les consommateurs ont réagi plus fortement au rappel 2011, ce qui suggère qu’ils font des distinctions entre les pathogènes et les risques pour la santé.

Cette éclosion à Listeria de 2011, associé à des melons cantaloups du Colorado, reste l’éclosion de maladie d’origine alimentaire la plus meurtrière à s’être produit à ce jour depuis le début du siècle et a été officiellement mis en cause dans 33 décès, selon les US Centers for Disease Control and Prevention (CDC).

Les infections à Listeria liées à ces melons cantaloups peuvent aussi avoir été un facteur contributif dans 10 décès. En outre, une femme enceinte au moment de sa maladie a eu une fausse couche.

En 2011, les consommateurs ont réduit temporairement leurs achats de melons cantaloups, même après pris en compte de l’influence du prix. Les dépenses de melons cantaloups ont été de 3,9 millions de dollars (6-7%) inférieures à la normale, et les achats de melons cantaloups étaient de 2 800 tonnes inférieurs sur une période de quatre semaines.

Les consommateurs ont généralement entendu que les autres melons étaient sûrs et la vente de pastèques et de melons miel a augmenté dans les semaines après le melon cantaloup ait été impliqué.

« Le déplacement de la demande de melons indique que certains consommateurs ont pris des mesures défensives pour se protéger », a ajouté l’étude.

En 2012, lorsque les autorités fédérales de santé et de sécurité des aliments ont de nouveau rappelé certains melons cantaloups, cette fois-ci d’une exploitation agricole dans l’Indiana pour une contamination à Salmonella, la réponse des consommateurs a été plus modérée.

L’étude a également noté que l’éclosion à Listeria reçu beaucoup plus de couverture médiatique que celle pour Salmonella. Quatre réseaux ont couvert l’éclosion à Listeria, alors que seulement deux couvraient l’éclosion à Salmonella, a écrit Kuchler. En outre, les articles sur l’éclosion à Listeria ont duré 35 jours, a-t-il noté, alors que ceux sur Salmonella n’ont duré que deux jours.

« Il n’est pas surprenant que les médias aient consacré plus de couverture à l’éclosion de listériose que pour l’éclosion de salmonellose, étant donné une plus grande familiarité des consommateurs avec la salmonellose et son taux de mortalité plus faible. Deux nouvelles archives été consultés pour mesurer l’intérêt relatif dans ces deux foyers », indique l’étude.

« Tant que les consommateurs sont préoccupés par les divers risques de maladies d’origine alimentaire auxquels ils ont à faire face et sont informés de la gravité de ces risques, ils suivent que les réponses du marché observés peuvent être attribuées aux nouvelles sur l’évolution des risques », selon l’étude.

« Les différentes réponses au niveau de la distribution indiquent que les consommateurs reconnaissent que Listeria monocytogenes pose des risques plus profonds que les sérotypes identifiés de Salmonella », a-t-il ajouté, notant que le taux de mortalité « extraordinairement élevé » chez les personnes âgées avec Listeria.

Boire ou ne pas boire du lait cru ? Aucune preuve scientifique fiable des bénéfices pour la santé du lait cru, selon une étude 

27
août
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Classé dans Contamination, Contamination croisée, Curiosité, Environnement, Hygiène, Lait, Règlementation, Santé, Sécurité des aliments, TIAC.

« Aucune preuve scientifique fiable des bénéfices pour la santé du lait cru, selon une étude », source Food Safety News du 27 août 2015.

XLargeThumb.00017285-201507000-00000.CVLe lait cru peut avoir un effet placebo, si vous payez pour lui, 15 dollars le gallon (3,8 litres), mais toutes les autres allégations de santé sont un pur mythe. C’est au moins l’une des conclusions que l’on pourrait avoir à la lecture de l’édition de juillet/août de Nutrition Today, qui comprend une étude revue par un comité de lecture des bénéfices de santé, le cas échéant, du lait cru.

John A. Lucey, professeur en sciences des aliments professeur à l’université de Wisconsin-Madison, a regardé le débat public sur les avantages possibles pour la santé de boire du lait cru.

Il a examiné plus de 50 articles scientifiques et des sites Internet de groupes prônant la consommation de lait cru avant d’en venir à la conclusion qu’il n’y a aucune preuve suggérant que le lait cru apporte des bénéfices de santé ou nutritionnels, y compris de l’élimination de l’intolérance au lactose à une meilleure digestion.

Lucey, qui est également directeur du centre pour la recherche laitière du Wisconsin, appelle les bénéfices pour la santé liés à la consommation de lait cru « des mythes sans fondement ».

« Un certain nombre d’allégations différentes ont été faites sur les bénéfices possibles pour la santé qui pourraient hypothétiquement être tirés de la consommation de lait cru », écrit Lacey dans l’article « Raw Milk Consumption:Risks and Benefits », publié en accès libre dans Nutrition Today. « Des commentaires récents scientifiques de divers groupes internationaux ont conclu qu’il n’y avait pas de preuves scientifiques fiables pour soutenir ces bénéfices pour la santé. »

raw-milk-sign-featured-thumb-250x206-556Lacey signale également que, « lors de la pasteurisation, il n’y a pas de changement significatif dans la qualité du lait pour la nutrition ». Il écrit aussi que la pasteurisation ne se traduit pas par des différences dans les protéines ou la qualité minérale du lait et que les pertes de vitamines sont « très mineures ».

Le lait cru, selon le rapport, est une source fréquente d’éclosions de maladies d’origine alimentaire.

« Les statistiques aux États-Unis pour les éclosions de maladies humaines associées aux produits laitiers au cours de la période 1993-2006 ont été examinées », écrit Lacey. « Il y avait 121 foyers de cas liés à des produits laitiers où le statut de pasteurisation était connu ; parmi ceux-ci, 73 (60%) ont impliqué des produits laitiers crus et ont donné lieu à 1 571 cas rapportés, 202 hospitalisations et deux décès. Un total de 55 (75%) des foyers de cas ont eu lieu dans 21 États des Etats-Unis qui permettent la vente de lait cru. »

« Les États qui restreignent la vente de lait cru avait moins d’éclosion et de cas de maladies », poursuit-il. « Dans un rapport actualisé couvrant une période de six ans de 2007-2012, le nombre moyen d’éclosions associées à du lait cru (ou non pasteurisé) était 4 fois plus élevé au cours de cette période de 6 ans (moyenne 13,5 foyers/an) que pendant celle rapportée dans la revue précédente sur les éclosions allant de 1993-2006. »

Un signe possible de la popularité croissante du lait cru est l’augmentation des éclosions, même dans les pays où il est interdit de vendre du lait cru, comme le Wisconsin, qui a vu six foyers avec 261 cas de maladies et 27 cas d’hospitalisation au cours de la dernière période.

La pasteurisation du lait comme mesure de sécurité sanitaire publique a commencé à Chicago en 1924, mais elle a été résisté pendant les huit années suivantes. Pendant ce temps, le public est venu à accepter le « lait purifié » (lait pasteurisé) qui était plus sûr que le « lait pur » ou lait cru, alors que la tuberculose a été maîtrisée.