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EFSA : A propos du risque d’intoxication au cyanure avec des amandes d’abricot

27
avr
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Classé dans Curiosité, Santé, Sécurité des aliments.

Dès 2006, la Food Standards Agency avait via un comité toxicologique avait mis en évidence la présence de glycosides cyanogéniques dans des amandes d’abricot et en particulier l’amygdaline.

Santé Canada avait proposé en 2009 un document d’information sur la « Présence de cyanure dans les amandes d’abricots amères ».

Le blog avait publié un article en 2013, Amande crue d’abricot et présence de cyanure.

ApricotKernelsVoici que le 27 avril 2016, l’EFSA indique que « Les amandes d’abricot présentent un risque d’intoxication au cyanure »

Manger plus d’une grande amande ou plus de trois petites amandes crues d’abricot par portion peut vous faire dépasser le seuil de sécurité. Les jeunes enfants qui consommeraient ne serait-ce qu’une petite amande d’abricot risquent de dépasser le niveau de sécurité.

Un composé d’origine naturelle appelé amygdaline est présent dans les amandes d’abricot et il se convertit en cyanure après l’ingestion. L’intoxication au cyanure peut provoquer des symptômes tels que nausées, fièvre, maux de tête, insomnie, soif, léthargie, nervosité, douleurs articulaires et musculaires ou encore chute de tension artérielle. Dans les cas extrêmes, le pronostic vital peut être engagé.

Des études indiquent qu’une quantité de cyanure entre 0,5 et 3,5 milligrammes (mg) par kilogramme de poids corporel peut se révéler mortelle. Le groupe scientifique de l’EFSA sur les contaminants de la chaîne alimentaire a établi un niveau de sécurité pour une exposition unique ponctuelle (connue sous le nom de dose de référence aiguë, ou « DARf ») de 20 microgrammes (µg) par kilogramme de poids corporel. Cette dose est 25 fois plus basse que la dose mortelle la plus faible signalée.

Sur la base de ces seuils et des quantités d’amygdaline habituellement présente dans les amandes crues d’abricot, les experts de l’EFSA estiment que les adultes pourraient consommer une grande amande ou trois petites amandes d’abricot (370 mg), sans dépasser la DARf. Pour les jeunes enfants, la quantité indiquée serait de 60 mg, ce qui correspond à environ la moitié d’une petite amande.

ApricotSeedsLe fruit de l’abricot n’est pas en cause

La consommation normale d’abricots ne pose pas de risque pour la santé des consommateurs. L’amande est la graine qui se trouve à l’intérieur du noyau d’abricot. On l’obtient après avoir cassé la coque dure du noyau d’abricot et, par conséquent, elle n’entre pas en contact avec le fruit lui-même.

Il semble que la plupart des amandes crues d’abricot vendues dans l’UE sont importées depuis l’extérieur de l’Union et vendues aux consommateurs via internet. Les vendeurs en font la promotion en tant qu’aliment permettant de lutter contre le cancer, et certains encouragent activement un apport allant de 10 à 60 amandes par jour, respectivement pour la population générale et les patients atteints de cancer.

L’évaluation des bénéfices allégués des  amandes crues d’abricot dans le cadre d’un traitement contre le cancer ou de toute autre utilisation ne relève pas du mandat de sécurité sanitaire des aliments assuré par l’EFSA ; ce volet n’est donc pas couvert dans l’avis scientifique.

L’EFSA a consulté ses partenaires dans les États membres de l’UE pour discuter de cet avis scientifique et des évaluations précédentes réalisées par les autorités nationales (voir le rapport ci-dessous). Cette évaluation des risques informera les gestionnaires des risques de la Commission européenne et des États membres qui réglementent la sécurité des aliments dans l’UE. Ils décideront si des mesures sont nécessaires pour protéger la santé publique de la consommation d’amandes crues d’abricot.

NB : Il me semble que les gestionnaires des risques vont développer un étiquetage de précaution sur les quantités à consommer par jour, sachant que le produit doit absolument être évité chez les enfants.

Ainsi ce site Internet de vente répond à des questions fréquentes sur les amandes d’abricots amères, dont celle-ci : « Consommer des amandes d’abricots amères est-il dangereux ? »

Ne consommez pas plus d’1 à 2 amandes d’abricots amères par jour car elles contiennent de l’acide prussique. Une consommation excessive peut entraîner des symptômes d’empoisonnement. Pour cette raison, les amandes d’abricots amères doivent aussi être conservées hors de la portée des enfants. Nous vous conseillons de les mastiquer longuement en les mélangeant à la salive.

Saga du BPA : Voici venir le temps du marathon des évaluations …

27
avr
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Classé dans Contamination, Curiosité, Environnement, Réglementation, Santé, Sécurité des aliments.

Retour aux épisodes précédents. Nous sommes le 21 janvier 2015 et l’EFSA publie un communiqué et un avis sur le bisphénol A :

L’exposition au bisphénol A ne présente pas de risque pour la santé des consommateurs. La réévaluation complète par l’EFSA de l’exposition au bisphénol A (BPA) et de sa toxicité a permis de conclure qu’aux niveaux actuels d’exposition, le BPA ne présente pas de risque pour la santé des consommateurs de tous les groupes d’âge (y compris les enfants à naître, les nourrissons et les adolescents). L’exposition par voie alimentaire ou par l’intermédiaire d’une combinaison d’autres sources (alimentation, poussière, cosmétiques et papier thermique) est considérablement inférieure au niveau sans danger (la « dose journalière tolérable » ou DJT).

vraiment_sans_bpaAujourd’hui, c’est-à-dire le 26 avril 2016, on apprend par un communiqué de l’EFSA :

La sécurité du bisphénol A pour le système immunitaire doit être réexaminée. L’EFSA met en place un groupe de travail composé d’experts internationaux pour évaluer de nouveaux éléments scientifiques sur les effets potentiels du bisphénol A (BPA) sur le système immunitaire. C’est suite à la publication d’un rapport soulevant des questions sur les effets du BPA pour le système immunitaire des fœtus et des jeunes enfants que l’EFSA entreprend cet examen.

Ce rapport, préparé par l’Institut national néerlandais pour la santé publique et l’environnement (RIVM), analyse de manière critique deux études par Menard et al. (2014)* décrivant les effets prénataux et périnataux du BPA sur le système immunitaire ;  ces études n’avaient pas encore été publiées lorsque l’EFSA avait passé en revue la littérature scientifique disponible pour son évaluation des risques du BPA en 2014.

L’EFSA a accepté la demande du Ministère néerlandais de la Santé de se pencher sur les résultats du rapport publié par le RIVM, et elle examinera spécifiquement la toxicité du BPA pour le système immunitaire à la lumière de ces nouveaux éléments. Le groupe d’experts de l’EFSA sur les matériaux en contact avec les aliments, les enzymes, les arômes et les auxiliaires technologiques (groupe CEF) devrait publier une déclaration dans les mois qui viennent.

* Les références des articles de Menard et al. sont ici et ici.

NB : On sent bien que prochainement d’autres études vont être demandées, et la prochaine fois, ce sera quoi ?

Surveillance par la DGCCRF de la contamination des thés et tisanes par les alcaloïdes pyrrolizidiniques, mais silence radio pour les résultats

26
avr
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Classé dans Contamination, Curiosité, Environnement, Réglementation, Santé, Sécurité des aliments.

Le blog en avait parlé dans Danger émergent dans le thé et le miel : les alcaloïdes pyrrolizidiniques et Occurrence des alcaloïdes pyrrolizidiniques dans les aliments.

decoracion-cuadros-01Voici que la DGCCRF publie une information le 26 avril 2016 concernant la Surveillance de la contamination des thés et tisanes par les alcaloïdes pyrrolizidiniques.

Les alcaloïdes pyrrolizidiniques (AP) sont des substances naturellement produites par plusieurs espèces de plantes, pour la plupart des mauvaises herbes, qui peuvent contaminer les récoltes et se retrouver dans les denrées alimentaires. Certaines molécules ont des propriétés cancérogènes et génotoxiques, c’est-à-dire susceptibles d’occasionner des lésions dans l’ADN.

On apprend que :

La DGCCRF a diligenté une enquête afin de recueillir des données sur la contamination des thés et des tisanes par les alcaloïdes pyrrolizidiniques. Ces substances ont été mises en évidence dans 16 % des échantillons analysés.

Quels sont les résultats ? On ne le saura pas !

En effet :

En 2015, la DGCCRF a donc diligenté une enquête visant à rechercher 26 molécules d’AP dans 38 échantillons de thés et de tisanes. Ces substances ont été mises en évidence  dans 6 échantillons de produits tels que vendus (soit 16 % des prélèvements analysés).

Les données recueillies ont été transmises à l’EFSA, via l’ANSES (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail). Un avis de l’EFSA permettant d’actualiser l’exposition des consommateurs aux AP est attendu prochainement.

L’enquête diligentée par la DGCCRF a permis de sensibiliser les opérateurs à un danger encore assez peu connu. Elle sera reconduite en 2017 et élargie à d’autres denrées alimentaires.

Les résultats de 2014 proposés par la DGCCRF étaient plus explicites, pour 2015, c’est silence radio, pas d’information des consommateurs … c’est étonnant de transparence !

L’Anses et l’étiquetage du lait cru destiné à être remis en l’état au consommateur final

25
avr
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Classé dans Contamination, Contamination croisée, Curiosité, Environnement, Hygiène, Lait, Microbiologie, Réglementation, Santé, Sécurité des aliments, TIAC.

water-milk-outbreakAprès l’avis du BfR sur la consommation de lait cru et Campylobacter, un internaute lecteur du blog et appartenant à l’Anses (ça existe !) me signale, et je l’en remercie, que l’Anses a publié le 15 décembre 2015 un avis de l’Anses relatif à un projet de décret pris en application de l’article L. 214-1 du code de la consommation et concernant l’étiquetage du lait cru destiné à être remis en l’état au consommateur final.

Cet avis indique :

Le fardeau des maladies infectieuses transmissibles par le lait cru consommé en l’état, en France, reste difficile à estimer. Néanmoins, compte-tenu :

  • (i) des exigences spécifiques relatives aux conditions de production et de distribution du lait cru et la faible consommation en France,
  • – (ii) du faible nombre de TIAC détectées par le système de surveillance français,
  • – (iii) des appréciations des risques réalisées dans d’autres pays.

La contribution du lait cru consommé en l’état aux maladies infectieuses telles que la salmonellose, la listériose, la campylobactériose et le SHU, peut être considérée comme faible par rapport aux autres contributeurs connus (viandes et produits à base de viande, œufs, produits transformés prêts à consommer, etc.).

La sévérité des effets néfastes liés à certains dangers microbiologiques potentiellement présents dans le lait cru, peut, néanmoins, justifier des mesures d’information auprès des consommateurs. Le projet de décret propose la mention d’étiquetage suivante : « faire bouillir avant consommation pour les enfants de moins de cinq ans, les femmes enceintes et les personnes dont le système immunitaire est affaibli ».

Dans les conclusions et recommandations de l’agence, on peut lire :

Le projet de décret concernant l’étiquetage du lait cru destiné à être remis en l’état au consommateur final ne tient compte que partiellement de l’avis de l’Afssa de 2009, et modifie en particulier l’âge en-dessous duquel l’ébullition du lait cru est recommandée (15 ans remplacé par 5 ans). L’avis de l’Agence apporte des éléments sur les impacts potentiels d’une telle recommandation pour différentes catégories de population selon leur sensibilité vis-à-vis des principaux pathogènes transmissibles par le lait cru.

Par conséquent, l’Agence estime nécessaire d’informer les consommateurs sur la nécessité de faire bouillir le lait cru, et ce tout particulièrement pour les populations sensibles.

Souhaitons que cet avis ne réveille as la guéguerre des pro et des anti lait cru …

Saga du BPA : Bientôt un règlement européen en vue sauf pour la France ?

19
avr
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Classé dans Contamination, Curiosité, Environnement, Réglementation, Santé, Sécurité des aliments, Union Européenne.

On lira avec intérêt l’article de la newletter de PROCESS Alimentaire du 18 avril 2016 sur le « Bisphénol A : découvrez le nouveau projet de règlement européen ».

BPAcans_406x250Extraits.

la DG Santé de la Commission Européenne envisage de fixer la Limite de Migration Spécifique à 0,05 mg/kg d’aliment pour le BPA provenant des matériaux en matière plastique entrant en contact avec des aliments. Ceci suit l’avis de l’Efsa publié en janvier 2015, qui avait abaissé la Dose Journalière Tolérée (DJT) de BPA à 4 µg par kg de poids corporel et par jour, au lieu de 50 µg. Les Autorités sanitaires européennes en ont déduit une nouvelle LMS de 0,05 mg/kg d’aliment en considérant que l’alimentation pouvait représenter 20 % de l’exposition totale au BPA (à côté de l’air, des poussières, des cosmétiques, des papiers thermiques, etc.).

Autre information et nouveauté de ce futur règlement notifié auprès de l’OMC le 14 mars dernier : il fixe la même limite de 0,05 mg/ kg d’aliment aux vernis ou aux revêtements qui entreraient en contact avec des aliments. Le projet de règlement précise d’ailleurs que les règles définies en matière de vérification et de déclaration de conformité applicables à ces vernis et revêtements seront identiques à celles déjà établies pour les matériaux plastiques et régies par le règlement n°10/2011.

L’article indique que « Ce nouveau texte, qui permettra enfin aux Etats Membres d’appliquer une règle commune en matière de BPA, devrait être adopté par la Commission Européenne d’ici le mois de juin 2016 pour une entrée en vigueur 20 jours après sa parution au Journal Officiel. Et une application possible six mois après, soit aux alentours de février 2017. »

Certainement pas par tous les Etats Membres puisque notre pays s’est organisé pour être « BPA-free », entre nous, je ne sais pas comment il fait, ni combien tout ça coûte ?