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Chocolats et hydrocarbures d’huiles minérales en Allemagne : tempête dans un verre d’eau ?

6
juil
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Classé dans Contamination, Curiosité, Environnement, Réglementation, Santé, Sécurité des aliments, Union Européenne.

pac0242_migration_epromo_image_frenchSelon Le Parisien.fr du 6 juillet 2016 :

Sale temps pour les Kinder. Rien à voir avec la météo qui pourrait faire fondre les fameuses barres chocolatées de la marque Ferrero mais bien avec une polémique qui monte en Europe. Une alerte sanitaire vient d’être lancée par l’association allemande Foodwatch, relayée par le magazine Der Speigel. »

Cette association indépendante allemande dénonce la présence à un niveau inquiétant d’hydrocarbures d’huiles minérales connues sous l’acronyme MOH* dans les barres de chocolat produites par l’entreprise italienne Ferrero, ainsi que dans des friandises Sun Rice d’Aldi.

* MOH, mineral oil hydrocarbons.

Voir à ce sujet l’avis de l’EFSA sur les hydrocarbures d’huiles minérales de juin 2012.

Selon un communiqué de Ferrero publié sur le lien précité du Parisien.fr :

La discussion sur les composants d’hydrocarbures d’huiles minérales (MOH) dans des produits alimentaires n’est pas nouvelle et affecte une grande variété de produits alimentaires des catégories les plus différentes. Foodwatch Allemagne a récemment testé plusieurs produits de confiserie et a détecté les traces de composants d’hydrocarbures d’huiles minérales.

Cependant, les traces d’huile minérale existent presque partout dans l’environnement et ils peuvent être transférés à la nourriture de beaucoup de façons différentes. Les sources de migration principales sont, par exemple, des composants d’huile minérale provenant d’encres d’imprimerie qui sont présentes dans l’emballage issu du recyclage et qui, via la fibre recyclée pendant le transport, migrent aux matières premières et aux produits alimentaires.

Comme cette question a une influence sur plusieurs industries et aussi en raison de la complexité du sujet, un effort commun de toutes les parties prenantes de chaîne alimentaire est exigé, y compris le commerce des matières premières dans et en dehors de l’Europe.

Cette question revient à période régulière notamment en Suisse et en Allemagne, alors tempête dans un verre d’eau, le blog n’est pas loin de le penser …

Sur un sujet proche, le blog avait parlé dans les articles suivants en novembre et décembre 2012 :

Limite pour les alcaloïdes tropaniques dans l’alimentation pour bébés

5
juil
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Classé dans Contamination, Contamination croisée, Curiosité, Environnement, Hygiène, Réglementation, Santé, Sécurité des aliments, Union Européenne.

Les alcaloïdes tropaniques se trouvent, à l’état naturel, dans des herbes toxiques telles que la pomme épineuse (Datura stramonium). Les semences de cette plante peuvent être aisément triées d’autres sortes de céréales parce qu’elles ont une autre taille que ces céréales. Pour le sorgho, le sarrasin et le millet, cela s’avère plus difficile. D’où le fait que les produits alimentaires à base de ces plantes ou de leurs produits dérivés contiennent plus souvent des alcaloïdes tropaniques.

Selon l’autorité européenne de sécurité alimentaire (EFSA), les bébés et les enfants en bas âge courent le risque d’absorber une trop grande quantité d’alcaloïdes tropaniques. Leur régime est moins varié que celle des adultes et est en grande partie constitué d’aliments comportant des céréales. C’est pourquoi la Commission européenne a fixé une norme pour les alcaloïdes tropaniques, en premier lieu pour ces aliments destinés à ce groupe vulnérable.

La Commission étudie entre-temps l’opportunité d’établir des normes pour les alcaloïdes tropaniques présents dans d’autres denrées alimentaires. Pour cerner la problématique, la Commission a invité tous les États membres à suivre la présence d’alcaloïdes tropaniques dans :

  • les céréales et leurs produits dérivés, p.ex. les céréales pour petit déjeuner ;
  • les produits sans gluten ;
  • les compléments alimentaires ;
  • le thé et les tisanes;
  • les légumineuses (séchées) ;
  • les graines oléagineuses.

Le SPF Santé publique, Sécurité de la chaîne alimentaire et Environnement invite les entreprises de denrées alimentaires à vérifier la présence d’alcaloïdes tropaniques dans ces denrées.

Enfin, le SPF invite le secteur agricole à lutter contre les mauvaises herbes nocives entre les cultures. Le risque d’être contaminé par des alcaloïdes tropaniques sera ainsi réduit.

Pour en savoir plus :

Les microplastiques et les nanoplastiques dans les aliments et l’EFSA

24
juin
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Classé dans Contamination, Curiosité, Environnement, Santé, Sécurité des aliments, Union Européenne.

Extraits du communiqué de l’EFSA du 23 juin 2016 :

On note actuellement un intérêt mondial pour la question de l’impact des déchets plastiques dans les mers et les cours d’eau sur les habitats naturels et la faune. L’EFSA a mis en place une première initiative en vue de réaliser l’évaluation des risques potentiels pour les consommateurs associés aux microplastiques et aux nanoplastiques trouvés dans les aliments, en particulier dans les fruits de mer.

microplasticsLe blog avait consacré trois articles à ce sujet, ici.

Le Dr Peter Hollman est l’un des membres du groupe de travail qui a aidé le groupe scientifique de l’EFSA sur les contaminants de la chaîne alimentaire (groupe CONTAM) à rédiger cette Déclaration sur les particules microplastiques et nanoplastiques dans les aliments (anglais uniquement).

Quelle est leur taille ?

L’EFSA définit les microplastiques comme des particules ayant une taille allant de 0,1 à 5000 micromètres (µm), ou 5 millimètres pour donner une idée. Les nanoplastiques mesurent quant à eux de 0,001 à 0,1 µm (c-à-d de 1 à 100 nanomètres).

Les microplastiques et les nanoplastiques, c’est quoi exactement ?

L’utilisation de plus en plus répandue de plastique dans le monde a créé de vastes zones de déchets plastiques flottants dans les océans qu’on appelle la « soupe plastique ». Des zones aussi grandes que la France ont pu être observées. Ces débris plastiques flottants se fragmentent progressivement en particules plus petites qui finissent par devenir des éléments microplastiques ou même nanoplastiques. Il existe aussi des pastilles, des paillettes, des sphères ou des perles qui sont manufacturées à dessein dans ces tailles.

Dans quels aliments ces matériaux sont-ils présents ?

Pour l’instant, on ne dispose d’absolument aucune donnée sur les nanoplastiques dans les aliments mais, en revanche on a un peu plus d’informations sur les microplastiques, en particulier en ce qui concerne le milieu marin. L’observation révèle des concentrations élevées chez les poissons, mais vu que les microplastiques sont surtout présents dans l’estomac et les intestins, ils sont généralement extraits et les consommateurs n’y sont donc pas exposés. Par contre, dans les crustacés et les mollusques bivalves, comme les huîtres ou les moules, on mange le tube digestif ; dans ce cas-là, les consommateurs sont donc exposés dans une certaine mesure. On en a également signalé dans le miel, la bière et le sel de table.

Le BfR salue les critères scientifiques de la Commission européenne pour identifier les perturbateurs endocriniens

24
juin
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Classé dans Contamination, Contamination croisée, Curiosité, Environnement, Réglementation, Santé, Sécurité des aliments, Union Européenne.

« Le BfR salue les critères scientifiques de la Commission européenne pour identifier les perturbateurs endocriniens », source BfR Communication n°015/2016 du 17 juin 2016.

La Commission européenne a présenté un projet sur la façon dont les substances chimiques qui sont des perturbateurs endocriniens (« perturbateurs endocriniens ») contenues dans les ingrédients actifs des pesticides et des biocides peuvent être identifiées en utilisant des critères scientifiques harmonisés. La définition de ces critères est fondatrice pour la réglementation des substances perturbant le système endocrinien afin de justifier d’un niveau élevé de protection des consommateurs.

Le projet considère les suggestions sur l’identification des dangers des perturbateurs endocriniens que les scientifiques ont développé en avril dans le cadre d’une conférence internationale organisée par le BfR et tenue à Berlin. Selon ces suggestions, une analyse scientifique complète concernant la définition de l’OMS doit être effectuée lors de l’identification de telles substances, et les idées doivent être pondérées en fonction de leur valeur probante, (approche fondée sur le poids de la preuve).

L’Institut fédéral pour l’évaluation des risques (BfR) a recommandé depuis de nombreuses années que, s’agissant des perturbateurs endocriniens, le principe d’« une substance, une évaluation » doit s’appliquer. L’institut est d’avis que les critères d’évaluation que la Commission européenne a recommandés pour les pesticides et les biocides devraient être applicable à toutes les substances produites à l’état naturel et de façon synthétique qui ont un effet négatif sur le système hormonal du corps humain.

Le BfR recommande que des lignes directrices techniques harmonisées soient élaborées afin de permettre une identification transparente et sûre des substances chimiques. De façon à assurer un niveau élevé de protection, un perturbateur endocrinien donné doit être identifié sur la base de l’approche fondée sur le poids de la preuve qui, entre autres choses, tienne compte de la qualité, la fiabilité et la reproductibilité des preuves scientifiques de façon probante.

Le BfR salue le fait qu’en plus des critères mentionnés, la communication de la Commission européenne a énuméré également une série de mesures et leur financement afin de soutenir la recherche et la coopération internationale, ainsi que le développement de méthodes d’essai.

 Traduction par mes soins. -aa

NB : On attend incessamment une réaction de l’Anses/Ministère de l’environnement sur le sujet des perturbateurs endocriniens vus par la Commission européenne …

On lira l’excellent article, Perturbateurs endocriniens : une crise de la décision dans l’UE, paru dans Forum Phyto du 21 juin 2016.

Conseil du jour : Faites des provisions de Roundup avant le 30 juin !

23
juin
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Classé dans Curiosité, Environnement, Réglementation, Santé, Sécurité des aliments, Union Européenne.

ClFiM0GWkAAjKi_Très bon article, comme à l’accoutumée de Gil Rivière-Wekstein sur son site agriculture & environnement, « L’avis des experts : rien à cirer ! », qui se réfère à notre ministre de l’environnement à la manœuvre, mais pas seulement, et, me semble-t-il, concerne nombre de nos politiques actuels et le ministre de l’agriculture en particulier.

L’article fait référence notamment à un bon papier, plein d’à propos, paru le 10 juin 2016 et mis à jour le 21 juin 2016, dans Le Figaro.fr par Marc Mennessier et intitulé, « Jardin: faut-il faire des provisions de Roundup ».

Extraits.

Les millions de jardiniers habitués depuis des lustres à désherber leur cour et leurs allées avec des produits à base de glyphosate, la matière active du Roundup, n’auront-ils bientôt d’autre choix que de s’armer de binettes et d’huile de coude? Si, à la date butoir du 30 juin, les États membres de l’Union européenne décident, en effet, de ne pas renouveler cette molécule, créée par Monsanto en 1975, les nombreux désherbants qui en contiennent disparaîtront pour de bon des rayons des jardineries.

(…)

Quel que soit son dénouement, l’affaire est en tout cas révélatrice d’un profond changement de société: alors que, d’un point de vue scientifique, les signaux sont au vert, les gouvernements préfèrent (surtout à l’approche d’élections…) céder à leur opinion publique, chauffée à blanc par une propagande savamment orchestrée, plutôt qu’aux agences d’évaluation indépendantes, composées d’experts compétents (l’Anses en France, le BfR en Allemagne, l’Efsa en Europe…), qui, toutes, ont conclu à une absence de risque tant pour l’utilisateur que pour le consommateur. Vox populi, vox dei: la raison serait-elle en train de céder le pas à la tyrannie de la peur et des émotions?

Voilà la messe est dite

NB : La photo en haut à droite est issue d’un tweet de Gil Rivière-Wekstein, à propos des néonicotinoïdes : notre nouveau ministre de l’Agriculture ?

En effet, il n’y a pas que l’interdiction du glyphosate qui inquiète, celle des néonicotinoïdes aussi. Dans ce contexte, on lira sur Forum Phyto,