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Comment la politique l’emporte sur la science au sujet des perturbateurs endocriniens ?

9
fév
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Classé dans Contamination, Curiosité, Environnement, Réglementation, Santé, Sécurité des aliments.

Forum Phyto rapporte les propos suivants de Jean-François Narbonne, docteur en nutrition et toxicologue, qui livre ses impressions suite au Congrès International sur les perturbateurs endocriniens (PE) organisé en janvier 2016 par l’Anses avec cet article, « Comment la politique l’emporte sur la science au sujet des perturbateurs endocriniens ».

Pour lui, les informations diffusées lors de ce congrès « ont été très intéressantes sur le plan scientifique mais les non-dits sont très éclairants sur le plan « politique ». »

Sa conclusion : « On a ainsi un double paradoxe: d’un côté les associations écologiques se battent légitimement pour diminuer l’exposition aux PE en mettant en cause les substances chimiques de synthèse utilisées dans l’industrie des plastiques ou des pesticides, d’un autre côté le lobby des végétariens pousse à la consommation de protéines végétales (et de soja en particulier), aliments les plus riches en PE. Les végétariens étant une composante importante des mouvements écologistes, il y aurait donc des intérêts convergents pour passer sous silence l’effet PE des phytoestrogènes. Ainsi les non-dits du colloque nous montrent une cogestion des problèmes santé et d’environnement par les politiques et certaines ONG influentes, au détriment de la logique scientifique et de la vraie hiérarchisation des problèmes de santé publique. »

Sur le blog de seppi, même type d’information avec ces deux exemples :

 «  Or si la substitution du BPA dans ces matériaux était à l’étude dans les Agences publiques (comme celle de certains phtalates comme le DEHP), cela ne s’était pas traduit par des recommandations immédiates de gestion, car les produits de substitution candidats disponibles (comme le BPS, le BPF ou de BADGE) apparaissaient au moins aussi toxiques que le BPA et même bien plus persistants dans l’environnement. »

Et aussi :

 « Pour les adultes, on a montré que dans un produit comme le salami, le remplacement des protéines animales par des protéines de soja multipliait par 10 le pouvoir perturbateur endocrinien de l’aliment. »

Saga du BPA : Bientôt la fin de la série ?

9
fév
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Classé dans Contamination, Curiosité, Environnement, Réglementation, Santé, Sécurité des aliments, Union Européenne.

Alors que l’EFSA avait estimé que l’exposition au bisphénol A ne présente pas de risque pour la santé des consommateurs, voici qu’on apprend que « Le BPA va être classé comme reprotoxique de catégorie 1. L’approbation des Etats membres rend son adoption formelle hautement probable », source Chemical Watch du 8 février 2016.

BPAcans_406x250Le classement du bisphénol A (BPA) comme une substance de catégorie 1B, toxique pour la reproduction, ressemble maintenant une formalité après avoir reçu le soutien des représentants des États membres de l’UE la semaine dernière. Voir ce lien du CNRS sur CMR, identification des dangers.

Les substances classées comme cancérogènes de catégorie 1, mutagènes ou toxiques pour la reproduction sont interdits d’utilisation dans des produits de consommation dans l’UE.

Ils peuvent également être nommés – selon Article 57 de REACH (a) – en tant que substance extrêmement préoccupantes (SVHC pour substance of very high concern) et être ajouté à la liste candidate de REACH.

Cependant, il est possible que, avant cela, ou si une autre option réglementaire est poursuivie, un État membre peut décider d’abord de procéder à une analyse des options de gestion du risque (RMOA pour risk management option analysis).

La classification proposée est comprise dans l’annexe qui accompagne un projet de règlement sur la neuvième adaptation au progrès technique (ATP) du règlement CLP. Selon des sources, la réunion de la semaine dernière du Comité REACH a approuvé le projet tel quel de la classification du BPA.

La Commission européenne va maintenant envoyer le projet de règlement au Parlement européen pour examen. Cela prendra environ trois mois. Il reviendra ensuite à la Commission pour une adoption formelle et une publication au Journal Officiel de l’UE.

Le règlement entrera en vigueur 20 jours après sa publication. Selon le projet de texte, il s’appliquera 18 mois après cette date.

La responsable de la politique des produits chimiques, Tatiana Santos, du Bureau européen de l’environnement (BEE), a déclaré que l’action de la commission était un « signal clair afin de prendre des mesures pour protéger les citoyens de l’UE de l’exposition au BPA ». L’ajouter à la liste de candidats serait « correct » afin de faire de son élimination une priorité, « étant donné que c’est un produit chimique très dangereux qui impacte notre santé et celle des générations futures. »

Le BPA est fabriqué en grandes quantités, principalement pour produire des résines de polycarbonate et époxy. Selon le site Internet de l’ECHA, les rejets dans l’environnement se font « probablement » à partir d’un large éventail de produits, dont :

  • revêtements de sols ;
  • meubles ;
  • jouets ; matériaux de construction ;
  • chaussures ;
  • produits en cuir ;
  • papier et carton ; et
  • équipement électronique.

La France a interdit le contact alimentaire contenant du BPA à partir de son marché domestique. Le conseil d’Etat a levé une interdiction similaire sur la production et l’exportation de ces matières l’an dernier

Le Comité REACH a aussi examiné une proposition de restriction relative à la mise sur le marché de papier thermique contenant du BPA.

Parmi les personnes inscrites ou des fournisseurs de BPA énumérés sur le site Internet de l’ECHA sont présents de grandes entreprises chimiques 3M, BASF, DuPont, Henkel, Huntsman, Idemitsu, Kao, PPG, Sabic et Solvay.

Danger émergent dans le thé et le miel : les alcaloïdes pyrrolizidiniques

6
fév
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Classé dans Contamination, Contamination croisée, Curiosité, Environnement, Hygiène, Santé, Sécurité des aliments, Union Européenne.

decoracion-cuadros-01Un film du BfR sur Internet fournit des informations à propos des alcaloïdes pyrrolizidiniques dans le thé et le miel. Source 100 seconds of BfR: New online film format for consumers, BfR 06/2016, 02.02.2016.

Quelles substances peuvent être dangereuse à l’organisme? Et comment puis-je mieux me protéger contre les risques pour la santé? Afin d’être en mesure de répondre à ces questions rapidement et plus efficacement, l’Institut fédéral pour l’évaluation des risques (BfR) a lancé une nouvelle série de films sur son site Internet. Intitulé « Les 100 secondes du BfR », les films montrent des experts expliquer brièvement et succinctement l’information la plus importante sur un sujet d’actualité dans les domaines de l’alimentation, des produits et de la sécurité chimique. « Nos enquêtes indiquent qu’il n’y a pas suffisamment de conscience dans la population en ce qui concerne certains risques pour la santé », a pot-mieldéclaré le président du BfR, le Professeur Andreas Hensel. « Pour cette raison, nous avons développé un format en ligne qui assure une communication rapide et direct avec les consommateurs. » La série est lancée avec un épisode sur alcaloïdes pyrrolizidines dans le thé et le miel.

Dans un avis de l’Anses de mars 2012, on peut lire :

Concernant la contamination du miel par les toxines de plantes et en particulier les alcaloïdes de pyrrolizidine, il serait souhaitable de faire référence au récent avis de l’Efsa (2011). Ce danger serait à considérer en tant que danger émergent.

NB : La question est qu’est-ce qu’on attend ? C’est bien fait cette communication du BfR … dommage que le film ne soit qu’en allemand, mais c’est très compréhensible …

Protocole d’accord entre les agences sanitaires indienne et française ?

1
fév
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DecemberLe blog avait publié un article indiquant que « 1 aliment sur 5 en Inde est retrouvé falsifié et mal étiqueté », source Doug Powell du barfblog du 8 décembre 2015.

Le Siasat Daily rapporte qu’un échantillon de produits alimentaires sur 5 analysé par les laboratoires publics de sécurité des aliments du pays a été retrouvé « falsifié et mal étiqueté » avec un maximum de 4119 échantillons falsifiés et mal étiquetés dans l’Uttar Pradesh, suivi par le Pendjab (1 458), le Madhva Pradesh (1 412), Gujarat (1 243), le Mahārāshtra (1 162) et Tamil Naidu (1 047).

On apprend le 26 janvier 2017 que « l’Anses et l’Autorité indienne de sécurité sanitaire de l’alimentation et des normes ont signé un accord visant à échanger sur les méthodologies d’analyses des risques sanitaires et sur les techniques de laboratoire dans le domaine de la sécurité des aliments, des thématiques pour lesquelles l’Anses dispose d’une reconnaissance internationale. »

blabla-300x218La sécurité sanitaire de l’alimentation est une préoccupation majeure que partagent la France et l’Inde. Durant les deux dernières années, l’Anses et l’Autorité indienne de sécurité sanitaire de l’alimentation et des normes (FSSAI) ont déjà eu l’occasion d’envisager des premières pistes de collaboration. Ainsi, au mois d’avril 2014, l’Anses a accueilli une délégation de la FSSAI afin de lui présenter ses activités. Puis, en janvier 2015, l’Anses s’est rendue à New Delhi pour confirmer ces intentions de collaboration et initier un dialogue avec des experts techniques.

Cette coopération se traduira notamment par des échanges entre les deux agences sanitaires portant sur les méthodologies d’évaluation des risques, sur les pratiques de laboratoire, ainsi que sur la méthodologie des études de l’alimentation totale, dont l’objectif est de surveiller l’exposition des populations à des substances chimiques présentes dans les aliments (résidus de produits phytosanitaires, contaminants de l’environnement, composés néoformés, toxines naturelles, additifs, etc.), en suivant une méthodologie standardisée et recommandée par l’Organisation Mondiale de la Santé.

La signature de cet accord vise à améliorer la coopération scientifique et technique entre les deux organismes et permettra aux deux agences sanitaires de faciliter les échanges de données et de savoir-faire, la mise en œuvre de travaux communs, voire de formations.

Concrètement, mis à part beaucoup de bla bla bla, on ne voit pas très bien ce que va être la nature de ces échanges. On aura aussi noté que le directeur général de l’Anses n’était pas présent en Inde, voir Ya-t-il un pilote à la tête de l’Anses ?

Bref, comme le disait Coluche, on s’autorise à penser dans les milieux autorisés qu’un protocole d’accord a été signé : « … Bon, le milieu autorisé c’est un truc. c’est un endroit autorisé où il y a plein de mecs qui viennent pour s’autoriser des trucs mais y a que le milieu qui compte. »

Pesticides : une avancée majeure dans l’évaluation des risques cumulés , selon l’EFSA

31
jan
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Classé dans Contamination, Curiosité, Environnement, Santé, Sécurité des aliments, Union Européenne.

pesticides3« Pesticides : une avancée majeure dans l’évaluation des risques cumulés », selon un communiqué de l’EFSA du 27 janvier 2016. Extraits.

L’EFSA et ses partenaires européens ont franchi une étape importante dans les travaux déployés sur l’évaluation des risques cumulés de l’exposition aux pesticides. Un logiciel a été développé permettant de réaliser des évaluations de l’exposition cumulée à plusieurs pesticides. Dans une étude pilote, des évaluations de l’exposition des consommateurs sont actuellement menées avec cet outil sur des groupes de pesticides susceptibles d’affecter la thyroïde et le système nerveux.

Les résultats de ces évaluations seront publiés d’ici la fin de l’année et seront pris en compte par l’EFSA lorsqu’elle développera les deux rapports scientifiques sur l’évaluation des risques cumulés pour la thyroïde et le système nerveux programmés pour 2017.

À plus long terme, l’EFSA espère commencer à intégrer progressivement des évaluations de risques cumulés dans son analyse annuelle des risques chroniques et aigus posés par les pesticides pour les consommateurs. Cette analyse se base sur des données recueillies par les États membres.

Le logiciel – connu sous le nom d’« outil d’évaluation des risques Monte Carlo » (MCRA) – a initialement été développé grâce à un projet financé par la Commission européenne impliquant des chercheurs, des scientifiques et des régulateurs de 14 pays supervisés par l’Institut national de la santé publique et de l’environnement des Pays-Bas (RIVM).