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Nouvelle évaluation des risques et bénéfices du poisson dans le régime alimentaire norvégien

18
déc
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Classé dans Contamination, Contamination croisée, Curiosité, Environnement, Nutrition, Santé, Sécurité des aliments.

fin_blog_5Le Comité Scientifique de Sécurité Alimentaire norvégien (VKM) a conclu dans un rapport publié lundi 15 décembre 2014 que les bénéfices de consommation de poisson contrebalancent largement les risques négligeables présentés par les niveaux actuels de contaminants ou d’autres substances non-désirées et connues dans le poisson. Le rapport est basé sur une étude approfondie de la littérature scientifique sur les effets positifs sur la santé de la consommation de poisson et la contribution du poisson à l’apport en substances bénéfiques, ainsi que sur l’exposition des poissons aux contaminants à risque en Norvège.

Selon le rapport, les adultes – y compris des femmes enceintes – qui consomment moins d’une portion de poisson par semaine, risquent de perdre les effets bénéfiques sur des maladies cardiovasculaires ainsi que sur le développement neurologique optimal du fœtus et des nourrissons. 41cac9e6c3Aujourd’hui, les adultes et enfants en Norvège mangent en moyenne assez de poisson pour couvrir leurs besoins d’acides gras omega-3 marins mais ceci n’est pas le cas pour les femmes enceintes en Norvège. Le Comité Scientifique de Sécurité Alimentaire (VKM) conclut qu’il n’y a pas aujourd’hui de raison d’imposer des limites diététiques sur la consommation de poisson gras pour des femmes enceintes. Cette conclusion est différente de celle du rapport de 2006. La raison est que le niveau de contaminants a baissé dans le saumon d’élevage parce que la nourriture des saumons a changé, ayant aujourd’hui plus d’éléments végétaux qu’avant. Par conséquent, le saumon d’élevage contient aujourd’hui moins de contaminants que le poisson gras sauvage. Cependant, l’exposition aux contaminants en mangeant du poisson est minime dans les deux cas, et loin d’être nocif pour la santé.

La conclusion est rassurante : avec le niveau actuel de contaminants trouvés dans les poissons gras et maigre d’élevage et sauvage en Norvège, tous les consommateurs, grands ou moyens, peuvent en manger sans absorber de quantités nocives de contaminants comme le PCB, dioxines ou mercure. Les calculs du VKM montrent que l’on peut consommer plus d’un kilo de saumon d’élevage par semaine sans risquer d’absorber des quantités nocives de polluants.

Betteraves crues ou betteraves pasteurisées, le nouvel enjeu sanitaire ?  

16
déc
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Classé dans Contamination, Contamination croisée, Curiosité, Environnement, Microbiologie, Règlementation, Santé, Sécurité des aliments, TIAC.

Le blog en avait parlé dans Intoxication alimentaire dans des cantines de Colomiers : La betterave est-elle l’agent causal ? et dans Intoxication alimentaire dans la cantine de Colomiers et un unsual suspect détecté.

Mais voilà que l’Anses publie un « avis relatif à une demande d’appui technique et scientifique relatif à des épisodes de toxi-infections alimentaires collectives liés à la consommation de betteraves crues râpées », 32 pages, rien de moins, rien de plus !

C’est que « L’Anses a été saisie le 5 août 2014 par la DGCCRF pour la réalisation de l’expertise suivante : Demande d’appui technique et scientifique relatif à des épisodes de toxi-infections alimentaires collectives liés à la consommation de betteraves crues râpées. »

betteraveLes faits, « Depuis le mois de janvier 2014, l’Unité d’alerte (UA) de la DGCCRF a été informée de quatre épisodes de toxi-infections alimentaires collectives (TIAC) impliquant la consommation de betteraves crûes râpées survenus en milieu scolaire, affectant près de 450 enfants. » Le blog avait essayé de vous en informé mais comme dit le titre de l’article que j’avais rédigé, France : Tiac par ici, Tiac par là, mais très peu d’infos !

L’Anses, se substitue ici à l’InVS et nous informe sur ces TIAC. Il s’agissait d’épisodes survenus en janvier 2014, avril 2014, fin mai 2014 et août 2014 en France :

  • Alsace, plus de 100 enfants malades dans une dizaine d’écoles et Nord-Pas-de-Calais (> 250 enfants malades dans 20 écoles au total),
  • Deux centres de loisirs du 19ème arrondissement de Paris, 22 enfants et trois adultes malades,
  • Midi-Pyrénées, impliquant 12 écoles approvisionnées par une même cuisine centrale, lors du même déjeuner, environ 150 enfants ont été malades,
  • Région Provence-Alpes Côte d’Azur au sein d’une maison de retraite, 11 adultes parmi environ 130 pensionnaires de cette maison de retraite.

Bref, dans cet avis, l’Anses se pose beaucoup de questions et balaie de nombreuses hypothèses, et c’est normal, car, en pareil cas, il n’y a pas qu’un seul agent causal …

Les conclusions sont donc un peu floues et vont vers une mesure de précaution :

Les symptômes (troubles digestifs) décrits lors des épisodes de TIAC faisant l’objet de ce rapport, se sont révélés peu spécifiques et peu discriminants. Néanmoins, la rapidité de leurs apparitions devrait permettre d’orienter plutôt les investigations vers une origine toxinique ou chimique de la contamination.

Certaines de ces pistes ont d’ores et déjà pu être infirmées par les résultats des analyses effectuées sur les lots de betteraves incriminés dans les TIAC. Toutefois, compte-tenu de l’hétérogénéité des contaminations par les toxines, il est possible que les échantillons analysés ne soient pas représentatifs des aliments consommés. (…)

Le comité d’experts spécialisé souligne le fait que la betterave potagère est un légume consommé traditionnellement cuit depuis des générations. Cet usage pourrait être fondé sur une connaissance profane de certains risques potentiellement associés à la consommation de betteraves crues. Par prudence, il pourrait être recommandé, en attendant une meilleure compréhension des phénomènes observés, de ne pas servir de betteraves crues râpées dans les restaurants collectifs des établissements d’enseignement et des maisons de retraite, solution adoptée en Finlande avec succès.

Commentaires : Je ne sais ce que le gestionnaire du risque, la DGCCRF, va pouvoir en conclure, « pas ou plus de betterave crues » dans les restaurants collectifs des établissements d’enseignement et des maisons de retraitesans doute, mais quand ?

Saga du BPA : L’avis de l’EFSA adopté, mais l’avis ne sera publié que fin janvier 2015

13
déc
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Classé dans Contamination, Contamination croisée, Curiosité, Environnement, Règlementation, Santé, Sécurité des aliments, Union Européenne.

vraiment_sans_bpaSelon la DGCCRF dans un document sur la Mise en œuvre de la Loi bisphénol A (BPA)La loi n° 2010-729 du 30 juin 2010 modifiée par la loi n°2012-1442 du 24 décembre 2012 suspend la fabrication, l’importation, l’exportation et la mise sur le marché à titre gratuit ou onéreux de tout conditionnement, contenant ou ustensile comportant du bisphénol A et destiné à entrer en contact direct avec toutes les denrées alimentaires à partir du 1er janvier 2015.

Oui mais voilà, l’avis de l’EFSA ne sera pas publié avant …

Dans un communiqué du 12 décembre 2014, L’EFSA indique que l’« Avis sur le Bisphénol A a été adopté mais la publication aura lieu fin janvier 2015 »

Les experts de l’EFSA ont finalisé et adopté leur avis scientifique sur les risques pour la santé publique du bisphénol A (BPA) dans les aliments. Cette étape importante suit une évaluation complète des risques de cette substance. Le BPA est un produit chimique utilisé pour la fabrication des matières plastiques et des résines qui sont utilisées dans plusieurs matériaux   destinés à entrer en contact avec des denrées alimentaires ainsi que d’autres produits de consommation et industriels.
Le groupe scientifique de l’EFSA sur les matériaux en contact avec les aliments, les enzymes, les arômes et les auxiliaires technologiques (groupe CEF) a adopté cet avis lors de sa réunion plénière du 10-11 décembre. L’EFSA publiera l’avis fin janvier 2015, accordant le temps nécessaire pour le formatage du texte et un contrôle éditorial approfondi, ce qui est la méthode suivie pour tous les avis scientifiques de l’EFSA.
L’EFSA a effectué une vaste consultation et collaboré avec les autorités nationales et les parties intéressées afin de s’assurer que le plus large éventail possible de points de vue et d’informations scientifiques a été considéré, y compris des évaluations scientifiques similaires actuellement en cours dans les États membres.

Saga du BPA : La FDA dit que les emballages contenant du BPA sont sûrs, mais une nouvelle étude coréenne soulève des inquiétudes

12
déc
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Classé dans Contamination, Curiosité, Environnement, Règlementation, Santé, Sécurité des aliments.

BPAcans_406x250« La FDA dit que les emballages contenant du BPA ont sûrs, mais une nouvelle étude soulève des inquiétudes », source Food Safety News du 11 décembre 2014.

Il pourrait être facile de rejeter la dernière étude portant sur la hausse de la pression artérielle en buvant du lait de soja à partir de canettes contenant du bisphénol A (BPA). Après tout, l’hypertension grave est plus susceptible de se produire à partir du sodium contenu dans n’importe quel aliment ou boissons se trouvant dans la boîte.

Mais la nouvelle étude coréenne sur le lait de soja, impliquant la prise de la pression artérielle d’un relativement petit nombre de femmes réparties en groupes, un groupe buvant du lait de soja à partir de boîtes avec BPA et l’autre groupe à partir de bouteilles de verre, a fait la Une des médias aux Etats-Unis.

Ce qui n’a recueilli pas beaucoup d’attention, c’est la publication par la Food and Drug Administration en 2014 de l’évaluation de la sécurité sanitaire du BPA, qui continue de donner le feu vert à une utilisation dans les emballages alimentaires. La FDA a considéré approximativement 300 études impliquant le BPA qui ont été réalisées de novembre 2009 à mai 2013.

Comme l’a rappelé ce blog, la position de la FDA peut se résumer à ce qui est écrit ci-dessous.

FDA_BPA

L’Agence a conclu que l’utilsation du BPA est sans danger aux niveaux actuels d’exposition pour son usage en contact avec les aliments dans des boîtes et les bouteilles en plastique. Le Center for Food Safety and Applied Nutrition (CFSAN)) a mené l’évaluation de la sécurité sanitaire.

Il y a deux ans, la FDA a fait interdire le BPA dans le biberons pour bébés et les tasses utilisées par les petits enfants. Et le Canada a interdit la substance des produits pour enfants en 2010 après avoir déclaré qu’il est toxique.

La North American Metal Packaging Alliance Inc. (NAMPA), qui représente l’industrie de la conserve des Etats-Unis, a salué les nouvelles ouvrant la voie à l’utilisation continue du BPA.

« L’examen complet par des scientifiques de la FDA devrait dissiper les inquiétudes quant à l’utilisation sécuritaire des résines époxy à base de BPA dans les conserves », a déclaré le Dr John M. Rost, qui préside la NAMPA. « Les chercheurs de l’agence ne pouvaient pas être plus clairs ou définitifs dans leur conclusion à savoir qu’une marge adéquate de sécurité sanitaire existe pour le BPA. »

Cependant, l’étude de Corée est la première à suggérer que le BPA peut rapidement augmenter la pression artérielle. Les chercheurs à Séoul ont analysé les urines et la pression artérielle peu après que deux groupes de femmes aient bu du lait de soja, un groupe à partir de bouteilles de verre et l’autre à partir de boîtes ayant un revêtement à base de de BPA.

Publié dans Hypertension, une revue de l’American Heart Association, l’étude coréenne soulève des questions quant à savoir si des personnes ayant une pression artérielle élevée devraient éviter des boîtes et des containers en plastique parce que les femmes qui buvaient du lait de soja à partir des boîtes ont connu des pics de pression artérielle et du BPA a été retrouvé dans leurs urines.

Le revêtement à base de BPA dans les contenants alimentaires est utilisé depuis les années 1960.

© Food Safety News

Les substances aromatisantes dans les aliments pour nourrissons, selon le BfR

11
déc
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Classé dans Curiosité, Santé, Sécurité des aliments.

P09050234bebe_sein« Les substances aromatisantes dans les aliments pour nourrissons », source avis du BfR 034/2014 du 27 juin 2014.

L’Institut fédéral pour l’évaluation des risques (BfR) a conduit une évaluation sur l’utilisation des substances aromatisantes chez les préparations instantanées destinés aux nourrissons pour nourrisson et les aliments à des fins médicales spéciales.

De l’avis du BfR, les substances aromatisantes ne sont ni nécessaires pour améliorer l’acceptation des produits, ni ne permettent le développement de la sensation de goût. Si des préparations pour nourrissons ou des aliments à fins médicales spéciales sont donnés aux nourrissons dans les trois premiers mois de la vie, il n’y a généralement pas de problèmes d’acceptation. Si, toutefois, par exemple pour des raisons médicales, la formule est utilisée à partir de la 12ème semaine, une exposition répétée améliore généralement l’acceptation au fil du temps. Comme les préparations pour nourrissons sont des produits standardisés, l’ajout même de substances aromatisantes ne fournit pas le spectre de saveurs qu’offre de lait maternel aux nourrissons. Sur la base de l’état actuel des connaissances, les aliments aromatisés pour nourrissons ne peuvent donc pas parvenir au développement du sens du goût et de l’odeur d’un bébé comme peut le faire le lait maternel.

Les bébés sont particulièrement vulnérables pendant les premiers mois de la vie : les systèmes de détoxication du corps, par exemple les fonctions rénales et hépatiques et d’autres mécanismes de protection tels que la barrière hémato-encéphalique, ne sont pas encore pleinement développés. Par conséquent, un comité d’experts internationaux a mis l’accent sur ses valeurs de DJA dérivées des additifs alimentaires qui ne doivent pas être appliquées aux nourrissons jusqu’à l’âge de 12 semaines. La DJA signifie « dose journalière admissible » et c’est la quantité d’une substance qui peut, par rapport au poids du corps d’une personne, être consommée quotidiennement tout au long de la vie sans risque appréciable pour la santé. Le BfR est d’avis que la raison qui est derrière l’utilisation d’additifs alimentaires dans les aliments pour bébés devrait donc s’appliquer à l’utilisation des substances aromatisantes dans les aliments pour nourrissons. De l’avis du BfR, donc, des substances aromatisantes ne devraient être ni utilisées dans la production de préparations pour nourrissons, ni dans les régimes alimentaires équilibrés destinés aux bébés âgés de moins de trois mois. Si, dans des circonstances exceptionnelles, leur utilisation est cependant jugée nécessaire, les substances aromatisantes destinées à être utilisées, il sera exigé, comme pour tout additif alimentaire, une évaluation spéciale au cas par cas.

En outre, il y a des indications selon lesquelles l’expérience sensorielle pendant l’enfance influence le développement du sens du goût et donc a des implications sur des préférences alimentaire ultérieures. Cependant, les données actuellement disponibles ne sont pas suffisantes pour évaluer les conséquences de l’utilisation de substances aromatisantes dans les préparations pour nourrissons en ce qui concerne le comportement alimentaire et les risques pour la santé plus tard.

La version complète de cet avis du BfR est disponible en Allemand ici.

NB : Traduction de l’anglais par mes soins. -aa

On pourra aussi lire L’EFSA actualise les conseils concernant les préparations pour nourrissons et les préparations de suite.