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Les microplastiques et les nanoplastiques dans les aliments et l’EFSA

24
juin
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Classé dans Contamination, Curiosité, Environnement, Santé, Sécurité des aliments, Union Européenne.

Extraits du communiqué de l’EFSA du 23 juin 2016 :

On note actuellement un intérêt mondial pour la question de l’impact des déchets plastiques dans les mers et les cours d’eau sur les habitats naturels et la faune. L’EFSA a mis en place une première initiative en vue de réaliser l’évaluation des risques potentiels pour les consommateurs associés aux microplastiques et aux nanoplastiques trouvés dans les aliments, en particulier dans les fruits de mer.

microplasticsLe blog avait consacré trois articles à ce sujet, ici.

Le Dr Peter Hollman est l’un des membres du groupe de travail qui a aidé le groupe scientifique de l’EFSA sur les contaminants de la chaîne alimentaire (groupe CONTAM) à rédiger cette Déclaration sur les particules microplastiques et nanoplastiques dans les aliments (anglais uniquement).

Quelle est leur taille ?

L’EFSA définit les microplastiques comme des particules ayant une taille allant de 0,1 à 5000 micromètres (µm), ou 5 millimètres pour donner une idée. Les nanoplastiques mesurent quant à eux de 0,001 à 0,1 µm (c-à-d de 1 à 100 nanomètres).

Les microplastiques et les nanoplastiques, c’est quoi exactement ?

L’utilisation de plus en plus répandue de plastique dans le monde a créé de vastes zones de déchets plastiques flottants dans les océans qu’on appelle la « soupe plastique ». Des zones aussi grandes que la France ont pu être observées. Ces débris plastiques flottants se fragmentent progressivement en particules plus petites qui finissent par devenir des éléments microplastiques ou même nanoplastiques. Il existe aussi des pastilles, des paillettes, des sphères ou des perles qui sont manufacturées à dessein dans ces tailles.

Dans quels aliments ces matériaux sont-ils présents ?

Pour l’instant, on ne dispose d’absolument aucune donnée sur les nanoplastiques dans les aliments mais, en revanche on a un peu plus d’informations sur les microplastiques, en particulier en ce qui concerne le milieu marin. L’observation révèle des concentrations élevées chez les poissons, mais vu que les microplastiques sont surtout présents dans l’estomac et les intestins, ils sont généralement extraits et les consommateurs n’y sont donc pas exposés. Par contre, dans les crustacés et les mollusques bivalves, comme les huîtres ou les moules, on mange le tube digestif ; dans ce cas-là, les consommateurs sont donc exposés dans une certaine mesure. On en a également signalé dans le miel, la bière et le sel de table.

Le BfR salue les critères scientifiques de la Commission européenne pour identifier les perturbateurs endocriniens

24
juin
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Classé dans Contamination, Contamination croisée, Curiosité, Environnement, Réglementation, Santé, Sécurité des aliments, Union Européenne.

« Le BfR salue les critères scientifiques de la Commission européenne pour identifier les perturbateurs endocriniens », source BfR Communication n°015/2016 du 17 juin 2016.

La Commission européenne a présenté un projet sur la façon dont les substances chimiques qui sont des perturbateurs endocriniens (« perturbateurs endocriniens ») contenues dans les ingrédients actifs des pesticides et des biocides peuvent être identifiées en utilisant des critères scientifiques harmonisés. La définition de ces critères est fondatrice pour la réglementation des substances perturbant le système endocrinien afin de justifier d’un niveau élevé de protection des consommateurs.

Le projet considère les suggestions sur l’identification des dangers des perturbateurs endocriniens que les scientifiques ont développé en avril dans le cadre d’une conférence internationale organisée par le BfR et tenue à Berlin. Selon ces suggestions, une analyse scientifique complète concernant la définition de l’OMS doit être effectuée lors de l’identification de telles substances, et les idées doivent être pondérées en fonction de leur valeur probante, (approche fondée sur le poids de la preuve).

L’Institut fédéral pour l’évaluation des risques (BfR) a recommandé depuis de nombreuses années que, s’agissant des perturbateurs endocriniens, le principe d’« une substance, une évaluation » doit s’appliquer. L’institut est d’avis que les critères d’évaluation que la Commission européenne a recommandés pour les pesticides et les biocides devraient être applicable à toutes les substances produites à l’état naturel et de façon synthétique qui ont un effet négatif sur le système hormonal du corps humain.

Le BfR recommande que des lignes directrices techniques harmonisées soient élaborées afin de permettre une identification transparente et sûre des substances chimiques. De façon à assurer un niveau élevé de protection, un perturbateur endocrinien donné doit être identifié sur la base de l’approche fondée sur le poids de la preuve qui, entre autres choses, tienne compte de la qualité, la fiabilité et la reproductibilité des preuves scientifiques de façon probante.

Le BfR salue le fait qu’en plus des critères mentionnés, la communication de la Commission européenne a énuméré également une série de mesures et leur financement afin de soutenir la recherche et la coopération internationale, ainsi que le développement de méthodes d’essai.

 Traduction par mes soins. -aa

NB : On attend incessamment une réaction de l’Anses/Ministère de l’environnement sur le sujet des perturbateurs endocriniens vus par la Commission européenne …

On lira l’excellent article, Perturbateurs endocriniens : une crise de la décision dans l’UE, paru dans Forum Phyto du 21 juin 2016.

Conseil du jour : Faites des provisions de Roundup avant le 30 juin !

23
juin
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Classé dans Curiosité, Environnement, Réglementation, Santé, Sécurité des aliments, Union Européenne.

ClFiM0GWkAAjKi_Très bon article, comme à l’accoutumée de Gil Rivière-Wekstein sur son site agriculture & environnement, « L’avis des experts : rien à cirer ! », qui se réfère à notre ministre de l’environnement à la manœuvre, mais pas seulement, et, me semble-t-il, concerne nombre de nos politiques actuels et le ministre de l’agriculture en particulier.

L’article fait référence notamment à un bon papier, plein d’à propos, paru le 10 juin 2016 et mis à jour le 21 juin 2016, dans Le Figaro.fr par Marc Mennessier et intitulé, « Jardin: faut-il faire des provisions de Roundup ».

Extraits.

Les millions de jardiniers habitués depuis des lustres à désherber leur cour et leurs allées avec des produits à base de glyphosate, la matière active du Roundup, n’auront-ils bientôt d’autre choix que de s’armer de binettes et d’huile de coude? Si, à la date butoir du 30 juin, les États membres de l’Union européenne décident, en effet, de ne pas renouveler cette molécule, créée par Monsanto en 1975, les nombreux désherbants qui en contiennent disparaîtront pour de bon des rayons des jardineries.

(…)

Quel que soit son dénouement, l’affaire est en tout cas révélatrice d’un profond changement de société: alors que, d’un point de vue scientifique, les signaux sont au vert, les gouvernements préfèrent (surtout à l’approche d’élections…) céder à leur opinion publique, chauffée à blanc par une propagande savamment orchestrée, plutôt qu’aux agences d’évaluation indépendantes, composées d’experts compétents (l’Anses en France, le BfR en Allemagne, l’Efsa en Europe…), qui, toutes, ont conclu à une absence de risque tant pour l’utilisateur que pour le consommateur. Vox populi, vox dei: la raison serait-elle en train de céder le pas à la tyrannie de la peur et des émotions?

Voilà la messe est dite

NB : La photo en haut à droite est issue d’un tweet de Gil Rivière-Wekstein, à propos des néonicotinoïdes : notre nouveau ministre de l’Agriculture ?

En effet, il n’y a pas que l’interdiction du glyphosate qui inquiète, celle des néonicotinoïdes aussi. Dans ce contexte, on lira sur Forum Phyto,

Damned ! La Suisse juge peu probable que le glyphosate présente un risque cancérogène pour l’homme via l’alimentation

6
juin
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Classé dans Contamination, Curiosité, Environnement, Hygiène, Réglementation, Santé, Sécurité des aliments, Union Européenne.

Dans un premier temps, il y avait eu la « Position de l’OFAG concernant la reclassification du glyphosate comme substance cancérigène par le IARC » en juillet 2015. L’OFAG est l’office fédéral de l’agriculture de Suisse.

En Suisse, les produits phytosanitaires sont soumis à une procédure d’autorisation longue et complexe. Dans ce cadre l’Office fédéral de la sécurité alimentaire et des affaires vétérinaires (OSAV) est responsable pour l’évaluation du risque pour la santé et la fixation des concentrations maximales de résidus dans les denrées alimentaires. L’autorisation et respectivement l’interdiction des produits est dans la compétence de l’Office fédéral de l’agriculture (OFAG).

tweet_glyphosateVoici que nos amis suisses prennent position en faveur du glyphosate dans un document du 6 juin 2016 de l’Office fédéral de la sécurité alimentaire et des affaires vétérinaires (OSAV).

Dans le cadre de sa nouvelle évaluation du glyphosate réalisée le 12 novembre 2015, l’EFSA, l’Autorité européenne de sécurité des aliments, a également évalué son potentiel cancérogène et pris position sur l’estimation du CIRC. Contrairement à ce dernier, l’EFSA parvient à la conclusion que le glyphosate n’est probablement ni mutagène, ni cancérogène.

Suite à la recommandation d’une force opérationnelle de l’OMS, le glyphosate a été de nouveau évalué du 9 au 13 mai 2016 lors d’une réunion extraordinaire, à Genève, par des experts de la Réunion conjointe FAO/OMS sur les résidus de pesticides (JMPR). Ces derniers ont estimé qu’il était peu probable que le glyphosate présente un risque cancérogène pour l’homme via l’alimentation.

Ces résultats confirment ainsi le point de vue de l’EFSA et celui de l’OSAV. La JMPR applique un autre concept d’évaluation que le CIRC: elle évalue en effet le risque potentiel que représentent pour l’homme les résidus pouvant subsister dans la nourriture suite à l’utilisation de produits phytosanitaires dans des conditions réalistes. Au contraire, le CIRC évalue le potentiel cancérogène indépendamment de la dose.

Comme d’autres comités d’experts reconnus internationalement, l’OSAV juge peu probable que le glyphosate présente un risque cancérogène pour l’homme via l’alimentation. Du point de vue sanitaire, il ne voit donc pas l’utilité de modifier les valeurs maximales en vigueur ou de prendre d’autres mesures visant à réduire l’exposition.

NB : On attend toujours une réaction salutaire de l’Anses et pour son expertise scientifique ….

Mise à jour du 7 juin 2016. On apprend qu’à la réunion du 6 juin 1016, la France s’est finalement abstenue contrairement au tweet de bravitude ci-dessus, à droite !

On lira aussi cet article paru sur Forum Phyto, Adieu glyphosate ? Adieu l’Union Européenne ? Adieu la science ?

Idées et questions fausses répandues en rapport avec l’évaluation des risques du BfR sur le glyphosate

4
juin
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Classé dans Contamination, Curiosité, Environnement, Réglementation, Santé, Sécurité des aliments, Union Européenne.

C’est un message aux hommes politiques français mais aussi aux autres que le BfR envoie avec cette nouvelle communication sur « Idées et questions fausses répandues en rapport avec l’évaluation des risques du BfR sur le glyphosate », source communication du BfR No 013/2016 du 19 mai 2016.

Sur ce sujet, on lira aussi avec un grand intérêt l’article de seppi, toujours très au fait de ces questions, avec « Adieu glyphosate : pourquoi la science n’a pas d’importance dans l’Âge du Stupide ». Aux dernière nouvelles « Un sursis de 18 mois serait accordé au glyphosate », sauf bien entendu en France.

Faute de temps, je n’ai traduit que les questions et je compte sur vous pour lire les réponses qui sont en anglais.

Je remarque une nouvelle fois l’étonnant silence de l’Anses sur ce sujet, mais il est vrai, ne l’oublions pas, que l’Anses est un « établissement public à caractère administratif, l’Agence est placée sous la tutelle des ministres chargés de la Santé, de l’Agriculture, de l’Environnement, du Travail et de la Consommation. »

ooOOoo

Différents articles de presse et des questions de citoyens liés à l’évaluation des risques du glyphosate ont incité le BfR à commenter certaines idées fausses souvent mis en avant dans le public :

  • « L’OMS a la première classée glyphosate comme cancérogène et a désormais changé d’avis. »
  • « Il n’y a pas d’accord entre les scientifiques. Par conséquent, les politiques ne peuvent pas prendre de décision. »
  • « La raison de la différence entre les évaluations du BfR et du CIRC est que le BfR se fie aux études financées par l’industrie. »
  • « Une augmentation significative de tumeurs causées par le glyphosate a été rapportée dans des études chez l’animal. »
  • « Le glyphosate a même été détecté dans le lait maternel. »
  • « Le taux de glyphosate dans les urines est bien au-dessus de la valeur limite toxicologique. »
  • « Le glyphosate est même retrouvé dans la bière. »
  • « Pourquoi n’interdisez-vous pas le glyphosate ? » ou « Annuler l’autorisation du glyphosate ! »
  • « Les experts du BfR ne sont pas impartiaux. »
  • « C’est en fait l’industrie agricole (les fabricants de produits de protection des plantes) qui ont dirigé l’évaluation des risques du BfR. »
  • « Le BfR préconise-t-il l’autorisation renouvelée du glyphosate ? »

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