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Que faut-il penser des alertes récurrentes notifiées au RASFF par l’Italie en raison de la présence de mercure dans des poissons ?

19
oct
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Classé dans Contamination, Curiosité, Environnement, Rappel, Réglementation, Santé, Sécurité des aliments, Union Européenne.

sb10064750i-001« Alertes récurrentes notifiées au RASFF par l’Italie en raison de la présence de mercure dans des poissons », source Cesare Varallo dans Food Latest Law.

Au cours de l’année 2014, le système d’alerte rapide de l’UE (RASFF ou système d’alerte rapide pour les denrées alimentaires et les aliments pour animaux) a enregistré un nombre pertinent de 62 notifications adressées seulement par l’Italie pour des gros poissons contenant des métaux lourds, le mercure en particulier.

Les pays d’origine de ces poissons sont différents, mais avec une nette prédominance de l’Espagne suivie de près par le Portugal et le Vietnam.

Il s’agit d’une information utile pour les opérateurs du secteur alimentaire qui achètent des produits de pêche de ces pays ; afin d’éviter des lots contaminés et des éventuelles sanctions des autorités de contrôle, il est fortement recommandé d’adopter un plan d’échantillonnage renforcé et des analyses de laboratoire.

L’espadon, le thon et le requin mako ou requin-taupe bleu sont parmi les principales espèces concernées et les valeurs de mercure retrouvées par les autorités étaient très différentes d’un cas à l’autre (de 0,7 au 0,8 mg/kg à 5,4 mg/kg et plus) : à partir de ce risque sont exemptés les aliments en conserve, dérivés en général de poissons de taille moyenne, moins exposés à ce type de contamination. Il faut également souligner que le risque n’est pas de type immédiat/aigu, mais plus probablement lié à un effet toxique cumulatif.

Suite à une demande de la Commission européenne, l’EFSA en 2014 a publié un avis scientifique pour évaluer les bénéfices et les risques sanitaires associés à la consommation de poissons et à la présence potentielle du mercure. Le Groupe (groupe scientifique sur les produits diététiques, la nutrition et les allergies (NDA) a conclu que la consommation d’environ 1-2 portions de poissons par semaine et jusqu’à 3-4 portions par semaine pendant la grossesse a été associée à de meilleurs résultats fonctionnels du développement neurologique des enfants par rapport à l’absence de consommation de poissons. Ces quantités ont également été associées à un risque plus faible de mortalité par maladie coronarienne chez les adultes et elles sont compatibles avec les prises et les recommandations actuelles dans la plupart des pays européens considérés. Ces associations font référence aux poissons per se (en soi) et comprennent les effets positifs et négatifs des nutriments et des non-nutriments (comprenant des contaminants tels que le méthylmercure) contenu dans les poissons.

Donc, il n’y a pas lieu de paniquer, mais le nombre certainement élevé de notifications au RASFF suggère de faire un peu attention à une trop grande consommation de ces espèces et de renforcer les contrôles officiels dans ce secteur. Malgré la présence d’un risque réel pour la santé humaine, cependant, il est assez étrange de l’absence totale de nouvelles sur cette situation dans les principaux journaux, souvent très prompts à sensibiliser de façon excessive les cas où il n’y a pas de risque (par exemple la mozzarella bleue).

Le ministère italien de la santé a informé via son site Internet qu’une consommation modérée d’espèces prédatrices de grande taille (1 portion par semaine d’environ 100 g, 2 portions de thon), en particulier, concernant les enfants et les femmes enceintes, et a souligné que la raison du pic de notifications au RASFF est une conséquence des contrôles renforcés sur le marché.

Avis de l’EFSA sur les risques pour la santé publique liés à la présence de perchlorate dans les aliments, en particulier les fruits et les légumes

17
oct
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Classé dans Contamination, Curiosité, Environnement, Santé, Sécurité des aliments, Union Européenne.

Résumé.

L’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) a reçu une demande de la Commission européenne pour un avis scientifique sur le perchlorate dans les aliments, en particulier les fruits et les légumes. Le perchlorate est un polluant déversé dans l’environnement à partir de sources naturelles et anthropiques. L’utilisation d’engrais naturels et l’eau d’irrigation contaminée par le perchlorate peuvent conduire à des concentrations importantes dans les légumes feuilles. La désinfection de l’eau par des substances chlorées qui dégradent potentiellement le perchlorate pourrait être une autre source potentielle de contamination. L’EFSA a reçu les résultats des analyses de 4 731 prélèvements présentés par six États membres, principalement pour les fruits, les légumes et les produits de fruits et de légumes. Le groupe scientifique sur les contaminants de la chaîne alimentaire (CONTAM) a effectué des estimations de l’exposition à la fois chronique et  « à court terme » compte tenu de l’ensemble des données disponibles, et des données de la littérature sur les taux de perchlorate dans les jus de fruits, les boissons alcoolisées, le lait, les formules pour nourrissons et le lait maternel. Le groupe CONTAM a établi une dose journalière tolérable de 0,3 mg/kg de poids corporel par jour, basée sur l’inhibition de l’absorption d’iode par la thyroïde chez des adultes sains. Parmi les sous-populations vulnérables, des effets aigus potentiels du perchlorate ont été proposés pour le fœtus et les nouveau-nés. Le groupe CONTAM a noté qu’une exposition aiguë unique de perchlorate à des taux retrouvés dans les aliments et l’eau est peu susceptible de causer des effets néfastes sur la santé humaine, y compris chez les groupes les plus vulnérables de la population, et a conclu que la mise en place d’une dose aiguë de référence pour le perchlorate n’est pas justifiée. Dans l’ensemble, le groupe CONTAM a conclu que l’exposition alimentaire chronique au perchlorate est potentiellement préoccupante, en particulier pour les gros consommateurs dans les groupes d’âge les plus jeunes de la population ayant une carence moyenne à modérée en iode. En outre, il est possible que l’exposition à court terme au perchlorate soit une préoccupation pour les nourrissons allaités et les petits enfants avec un faible apport en iode.

Le texte complet : Scientific Opinion on the risks to public health related to the presence of perchlorate in food, in particular fruits and vegetables.

NB : Traduction par mes soins.

L’EFSA évalue les risques associés à Salmonella dans les melons, les pastèques et les tomates. Pour norovirus, stand by pour l’instant

2
oct
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Classé dans Contamination, Contamination croisée, Curiosité, Environnement, HACCP, Hygiène, Réglementation, Salmonella, Santé, Sécurité des aliments, TIAC, Union Européenne, Virus.

Un communiqué de l’EFSA du 2 octobre 2014 rapporte que « L’EFSA évalue les risques associés à Salmonella dans les melons et les tomates ».

Certains facteurs environnementaux (comme de fortes précipitations), l’utilisation d’eau contaminée pour l’irrigation ou l’utilisation d’équipements contaminés figurent parmi les facteurs qui engendrent la contamination des melons par Salmonella et la contamination des tomates par norovirus ainsi que par Salmonella.

Ce sont quelques-unes des conclusions de l’avis sur les facteurs de risque qui contribuent à la contamination des melons et des tomates à différentes étapes de la chaîne alimentaire.

Les experts de l’EFSA recommandent que les producteurs appliquent de bonnes pratiques en matière d’agriculture, d’hygiène et de fabrication afin de réduire la contamination.

En raison du manque d’informations pertinentes, l’EFSA n’a pas pu évaluer l’adéquation des critères microbiologiques spécifiques au stade de la production primaire ou pendant le traitement des tomates et des melons.

lawcantaloupeRésumé.

Les melons et les pastèques sont des aliments prêts à être consommés, avec un pH interne de 5.1 à 6.7 et peuvent être consommés entier, comme des produits frais coupés ou des jus de frais. Les données épidémiologiques de l’UE ont identifié une éclosion de salmonellose liée à la fois à la consommation de melons découpés et de melons entiers entre 2007 et 2012. Les facteurs de risque pour la contamination du melon et de la pastèque par Salmonella ont été considérés dans le contexte de l’ensemble de la chaîne alimentaire, ainsi qu’avec les estimations disponibles sur l’occurrence de Salmonella et les options d’atténuation à relatives à la prévention de la contamination et à la pertinence de critères microbiologiques. Il a été conclu que chaque environnement d’une exploitation représente une combinaison unique de facteurs de risque qui peuvent influencer l’occurrence et la persistance de Salmonella lors de la production de melon et de pastèque. La mise en œuvre appropriée des systèmes de management de la sécurité des aliments, comprenant les bonnes pratiques agricoles (BPA), les bonnes pratiques d’hygiène (BPH) et les bonnes pratiques de fabrication (BPF), doivent être les objectifs des producteurs. Il n’est actuellement pas possible d’évaluer la pertinence dans l’ensemble de l’UE d’un critère Hygiène comme E. coli à la production primaire. E. coli comme critère Hygiène des procédés pour les melons et les pastèques prédécoupés a pour objectif d’indiquer le degré de mise en place des programmes GAP, BPH, BPF ou d’analyse des dangers et points critiques pour leur maîtrise (HACCP). Il y a un critère de sécurité des aliments avec absence de Salmonella dans des prélèvements de 25g pour les produits, melons et pastèques prédécoupés prêts à être consommés et les jus de melon et de pastèque non pasteurisés, mis sur le marché pendant leur durée de vie. Un critère de sécurité des aliments pour Salmonella dans les melons et les pastèques entières peut être considéré comme un outil de communication pour les producteurs et les transformateurs que Salmonella ne doit pas être présent dans le produit. Alors que l’occurrence de Salmonella est probablement faible, les analyses des melons entiers ou des pastèques entières pour cette bactérie pourraient être limitées aux cas où d’autres facteurs indiquent des failles dans les programmes GAP, BPH, BPF ou HACCP.

NB : Traduction aa.

food-art-tomato(1)Résumé.

Les tomates peuvent être transformées de façon minimale pour obtenir des produits prêts à être consommés, et ces étapes comprennent le tri, le lavage, le nettoyage, l’enlèvement de la tige, la coupe, le conditionnement et le stockage. Les données épidémiologiques de l’UE ont identifié une éclosion de salmonellose et une éclosion de norovirus associées à la consommation de tomates entre 2007 et 2012. Les facteurs de risque de contamination des tomates par Salmonella et norovirus ont été pris en compte dans le cadre de l’ensemble de la chaîne alimentaire. Les estimations disponibles sur l’occurrence de Salmonella et de norovirus dans les tomates ont été évaluées conjointement avec les mesures d’atténuation relatives à la prévention de la contamination et la pertinence de critères microbiologiques. Il a été conclu que chaque environnement d’une exploitation représente une combinaison unique de facteurs de risque qui peuvent influencer l’occurrence et la persistance de pathogènes dans la production de tomates. La mise en œuvre appropriée des systèmes de management de la sécurité des aliments, comprenant les bonnes pratiques agricoles (BPA), les bonnes pratiques d’hygiène (BPH) et les bonnes pratiques de fabrication (BPF), doivent être les objectifs des producteurs de tomates. Le manque actuel de données ne permet pas d’autoriser la proposition de E. coli comme critère Hygiène pour la production primaire de tomates et il n’est également pas possible d’évaluer la pertinence de E. coli comme critère Hygiène des procédés à l’échelle européenne. Il y a des critères de sécurité des aliments avec l’absence de Salmonella dans les échantillons de 25 g de tomates prédécoupées prêtes à être consommées ainsi que dans le jus de tomate non pasteurisé mis sur le marché pendant leur durée de vie. Un critère de sécurité des aliments pour Salmonella dans les tomates entières peut être considéré comme un outil de communication pour les producteurs et les transformateurs que Salmonella ne doit pas être présent dans le produit. Les analyses de tomates pour la recherche de Salmonella pourraient être limitées aux cas où d’autres facteurs indiquent des failles dans les programmes GAP, BPH, BPF ou HACCP. Il n’est actuellement pas possible de fournir une évaluation basée sur le risque afin d’établir pour norovirus un critère de sécurité des aliments pour ces aliments.

NB : Traduction aa.

Recommandation aux Pays-Bas à propos des coquillages après le rejet de virus de la polio en Belgique

28
sept
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Classé dans Contamination, Contamination croisée, Curiosité, Environnement, Santé, Sécurité des aliments, Virus.

Recommandation aux Pays-Bas à propos des coquillages après le rejet de virus de la polio en Belgique, source Outbreak News Today 26 septembre 2014.

Les autorités de sécurité sanitaires néerlandaises (Nederlandse Voedsel-en Wareinautoriteit) ont publié une recommandation contre la consommation de matières premières, de coquillages crus insuffisamment cuits (principalement des huîtres), récoltées par des personnes dans la partie orientale de l’Escaut à la suite du déversement de 45 litres de solution concentrée de virus de la polio rejeté accidentellement dans les eaux de Belgique par Glaxo SmithKline au début du mois.

Dégustation d'huîtres chez Serge Castaing, ostréiculteur.L’Institut national des Pays-Bas pour la santé publique et l’environnement (RIVM) dans un communiqué publié lundi a dit, Le risque d’infection par le poliovirus est très faible. Depuis sa présence dans la rivière, la concentration est très diluée, et de ce fait, l’eau elle-même n’est pas une menace. Cependant les coquillages filtrent l’eau et la quantité de virus peut être plus élevée dans les coquillages que dans l’eau. Dans ces conditions, la chance d’être s’infecté est très faible. Mais aux Pays-Bas, nous sommes très prudents quand il s’agit de la polio. Le long de l’Escaut occidental, il y a un certain nombre de municipalités où la couverture vaccinale est faible, où de nombreux enfants ne sont pas protégés contre des maladies comme la polio. Quand le poliovirus survient dans ces communautés, il y a une grande probabilité que beaucoup de personnes puissent tomber malades.

La Belgique n’a pas donné de telles recommandations car le taux de couverture vaccinal contre la poliomyélite dans le pays est meilleur qu’aux Pays-Bas, selon le RIVM.

Selon un communiqué du 8 septembre de l’agence fédérale des médicaments et des produits de santé de Belgique, Les autorités sanitaires belges ont directement pris, à la demande de la Ministre de la Santé publique, toutes les mesures nécessaires dès qu’elles ont été averties de la situation. L’Institut Scientifique de Santé Publique et le Conseil Supérieur de la Santé ont effectué une analyse des risques et confirment qu’il n’existe aucun risque de santé publique pour la population.

Le risque de développer une poliomyélite pour les personnes ayant été exposées à l’eau contaminée (nageurs et pêcheurs de la rivière Lasne, professionnels travaillant dans la station d’épuration, …) est également très limité étant donné le haut niveau de dilution et le haut niveau de vaccination de la population (le vaccin contre la polio est obligatoire en Belgique). Les personnes qui ont été en contact avec cette eau et qui s’en inquiètent peuvent prendre contact avec leur médecin de famille afin de voir si une revaccination est nécessaire.

Des échantillons de boue et d’eau de la station d’épuration de Rosières, de la Lasne et de la Dyle ont été prélevés  le samedi 6 septembre afin de permettre d’évaluer la persistance du virus. Les tests de ces échantillons sont négatifs : aucune présence de virus de la polio n’a été détectée.

Evaluation pour la santé de boissons gazeuses contenant de l’huile végétale bromée ajoutée

6
sept
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Classé dans Curiosité, Santé, Sécurité des aliments, Union Européenne.

« Évaluation pour la santé de boissons gazeuses contenant de l’huile végétale bromée ajoutée »,  source avis du BfR 023/2014 du 4 juillet 2014.

L’huile végétale bromée peut être utilisée en tant que stabilisants pour les huiles aromatiques dans des boissons fruités aromatisées. Aux Etats-Unis ces substances sont approuvées pour un maximum de 15 mg/L (15 ppm). Dans l’Union européenne (UE), ces huiles végétales ne sont pas autorisées comme additifs. Pour cette raison, les produits contenant de l’huile végétale bromée et/ou leurs composants (acides gras bromés) ne peuvent pas, quel que soit le contenu, être commercialisés. A la demande de l’Autorité allemande de la sécurité des aliments qui a rejeté deux boissons importées des Etats-Unis, il a été demandé au BfR d’évaluer les effets sur la santé de boissons gazeuses dans lesquelles de l’huile végétale bromée est ajoutée.

Les expérimentations animales avec de l’huile végétale bromée ont montré que les acides gras bromés peuvent se déposer dans divers organes. En cas de dose élevée, le poids des organes peut augmenter, et les organes eux-mêmes peuvent changer par la suite. A doses très élevées, les substances ont eu un effet sur la fertilité. Aucune étude sur le long terme nécessaire pour obtenir une dose sans effet toxique observable (NOAEL) n’a été publiée à ce jour.

Sur la base de l’état actuel des connaissances, aucun risque aigu avec des boissons gazeuses comprenant des teneurs allant jusqu’à 15 mg/L d’acides gras bromés peut être défini. Les études de cas citées dans ce contexte au sujet d’un lien entre une consommation élevée de boissons gazeuses contenant de l’huile végétale bromée ajoutée et des effets néfastes sur la santé ne sont pas plausibles du point de vue scientifique, ni ne démontrent un risque général. De l’avis du BfR, il n’est notamment pas suffisamment clair si des acides gras bromés peuvent avoir des effets sur la santé sur le long terme. La même chose s’applique à leur potentiel d’accumulation chez l’homme qui est beaucoup plus élevé que dans les espèces animales étudiées. Dans ce contexte, le taux d’accumulation élevée observé chez les enfants en particulier, nécessite une clarification. En règle générale, l’utilisation des substances qui ont un potentiel de forte accumulation chez l’homme doit être considéré comme indésirable dans la production alimentaire.

La version complète de cet avis du BfR est disponible en allemand ici.

NB : L’huile végétale bromée est le E443. Traduction par mes soins -aa.