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Le glyphosate n’est probablement pas cancérogène, est-ce faire preuve de bravitude que de le dire ?

18
mai
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Classé dans Contamination, Curiosité, Environnement, Santé, Sécurité des aliments.

Il semble qu’il faille aujourd’hui du courage pour dire que le glyphosate n’est pas cancérogène face à tous les marchands de peur dûment patentés. Dès lors, comme le rappelle un historien dans Le Figaro du 17 ami 2016, « Où trouver un tel courage, sinon peut-être dans l’empire du Milieu ? » et de reprendre cette délicieuse formule de notre actuelle ministre de l’écologie, « Quiconque vient sur la Grande Muraille conquiert la bravitude ! ».

segolene-royal-roundup_5359991Eh oui, il faut faire preuve de « bravitude » pour écrire que le glyphosate n’est probablement pas cancérogène !

En voici la preuve avec ce communiqué du BfR n°012/2016 du BfR du 16 mai 2016.

La réunion conjointe FAO/OMS sur les résidus de pesticides (JMPR*) a réévalue le glyphosate et confirme les conclusions du BfR et de l’EFSA qu’un risque cancérogène ne doit pas être attendu

Après la réunion conjointe du Groupe d’experts sur les résidus de pesticides dans les aliments et l’environnement de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) et le Groupe restreint d’évaluation des résidus de pesticides (JMPR) de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) à Genève du 9 au 13 mai 2016, le JMPR arrive à la conclusion que le glyphosate est peu susceptible de présenter un risque cancérogène pour l’homme à partir de l’exposition par l’alimentation. De cette façon, l’écart entre l’évaluation des risques du comité responsable de la FAO/OMS pour les pesticides et l’identification des dangers par l’Agence internationale pour la recherche sur le cancer (CIRC), qui a examiné le glyphosate comme probablement cancérogène pour l’homme ainsi que le malathion et le diazinon en mars 2015, devient évidente une fois de plus.

Après que le rapport du CIRC ait été publié, l’OMS a mis en place un groupe de travail d’experts pour établir les raisons de l’évaluation divergente des données par le CIRC et le JMPR. Les travaux de la taskforce ont conclu en août 2015, avec le résultat que le JMPR devait faire une réévaluation des substances actives, le glyphosate, le malathion et le diazinon.

Le résultat de la réévaluation par la réunion conjointe FAO/OMS chargée de l’évaluation des pesticides soutient le résultat de l’évaluation conjointe du glyphosate faite par les autorités responsables de l’évaluation des risques dans les États membre de l’UE et l’UE elle-même, qui a été publié en tant que les conclusions de l’EFSA en novembre 2015. Il est également en conformité avec les dernières évaluations de cette substance faite par Environmental Protection Agency (EPA), des Etats-Unis, la Canadian assessment authority Pest Management Regulatory Agency (PMRA) et l’Australian Pesticides and Veterinary Medicines Authority (APVMA).

*JMPR : Joint FAO/WHO Meeting on Pesticide Residues.

NB : Bien entendu sur cette question, l’Anses ne fait pas preuve de « bravitude », mais on attend toujours une réaction de sa part, mais aussi l’arrivée d’un nouveau directeur général (ce qui est un autre sujet), mais le poids des politiques sur le sujet n’augure pas d’évolution notable de notre pays, pas de bravitude donc, ni de fol espoir, …

On lira avec intérêt cet article paru sur Forum Phyto le 18 mai 2016, Glyphosate : « quand le message est inattaquable, attaquez le messager ! »…

Mise à jour du 19 mai 2016. On lira cet article d’Alerte EnvironnementLes perturbateurs endocriniens et les éoliennes où l’on apprend que la ministre de la santé a déclaré ce matin sur les ondes de France info que le glyphosate était un perturbateur endocrinien et donc qu’il n’y aura pas d’autorisation en France.

Bien entendu, il n’en est rien comme le rapporte Gil Rivière-Wekstein a immédiatement rappelé sur son compte twitter l’analyse de l’Anses qui est pourtant claire : le glyphosate n’est pas un perturbateur endocrinien.

L’article, et quel article, Glyphosate : autopsie d’un nouveau mensonge d’État par notre ami seppi est un réquisitoire total contre notre gouvernement en générale et les politiques en particulier. très bon exemple de critique implacable des incompétences de nos gouvernants …

Le comité mixte FAO-OMS d’experts sur les pesticides indique que le glyphosate n’est vraisemblablement pas génotoxique aux expositions alimentaires prévues

16
mai
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Classé dans Contamination, Curiosité, Environnement, Santé, Sécurité des aliments, Union Européenne.

Seppi, dans son très utile et toujours très documenté blog, a écrit un article qui rapporte cette information très utile en ces temps troublés par les marchands de peur et l’absence d’information scientifique non partisane, « Glyphosate prétendument cancérigène : le CIRC – canal militant – désavoué par sa maison-mère, l’OMS, et la FAO ».

Du 9 au 13 mai 2016, la Réunion conjointe de la FAO et de l’OMS sur les résidus de pesticides (Joint FAO/WHO Meeting on Pesticide Residues – JMPR) a tenu une session extraordinaire pour réévaluer trois substances – dans le contexte polémique que l’on connaît, suscité par des évaluations de leur cancérogénicité fort contestées du Centre International de la Recherche sur le Cancer : diazinon, glyphosate, malathion.

Le secrétariat a pris l’heureuse initiative de publier un pré-rapport « pour que l’information puisse être disséminée rapidement ».

glyphosate

Jamais deux sans trois

Il est rappelé que les États membres de l’Union européenne sont appelés à voter sur le renouvellement de l’autorisation du glyphosate les 18 et 19 mai prochains.

Il est aussi rappelé que l’Agence Européenne de Sécurité des Aliments (EFSA) avait conclu, selon un communiqué de presse du 12 novembre 2015 « qu’il est improbable que le glyphosate présente un danger cancérogène pour l’homme ». Et que l’Agence états-unienne de protection de l’environnement (EPA) a mis en ligne le vendredi 29 avril 2016 – puis retiré le lundi 2 mai 2016, dans des conditions plutôt rocambolesques – un rapport final, daté du 1er octobre 2015, de sa Commission d’examen de l’évaluation du cancer concluant au classement du glyphosate comme « probablement non cancérogène pour les humains » (« Not Likely to be Carcinogenic to Humans ») ; voir ici et ici sur ce site.

Les experts de la Réunion commune font en résumé le même constat.

Le glyphosate « vraisemblablement pas… »

S’agissant du glyphosate, le pré-rapport dit ceci (notre traduction – nous découpons en paragraphes) :

1.2 Glyphosate (158)

Le glyphosate est un herbicide systémique à large spectre.

Plusieurs études épidémiologiques sur les incidences du cancer à la suite d’une exposition professionnelle au glyphosate étaient disponibles. L’évaluation de ces études a porté sur l’apparition du LNH [lymphome non hodgkinien]. Dans l’ensemble, il existe quelques preuves d’une association positive entre l’exposition au glyphosate et le risque de LNH à partir d’études cas-témoins et de la méta-analyse globale. Cependant, il est notable que la seule étude de cohorte à grande échelle et de grande qualité n’ait trouvé aucune preuve d’une association à tous les niveaux d’exposition.

Le glyphosate a été largement testé pour ses effets génotoxiques en utilisant une variété de tests sur un large éventail d’organismes. Le poids total de la preuve indique que l’administration de glyphosate et de ses produits formulés à des doses aussi élevées que 2000 mg/kg de poids corporel par voie orale, la voie la plus pertinente pour l’exposition alimentaire humaine, n’a pas été associée à des effets génotoxiques dans une écrasante majorité des études menées sur des mammifères, un modèle considéré comme approprié pour l’évaluation des risques génotoxiques pour l’Homme. La Réunion a conclu que le glyphosate n’est vraisemblablement pas génotoxique [unlikely to be genotoxic] aux expositions alimentaires prévues.

Plusieurs études de cancérogénicité chez la souris et le rat sont disponibles. La Réunion a conclu que le glyphosate n’est pas cancérogène chez le rat, mais n’a pas pu exclure la possibilité qu’il soit cancérogène chez la souris à des doses très élevées. Compte tenu de l’absence de potentiel cancérogène chez les rongeurs à des doses pertinentes pour l’Homme et de l’absence de génotoxicité par voie orale chez les mammifères, et en tenant compte des données épidémiologiques de l’exposition professionnelle, la Réunion a conclu que le glyphosate ne pose vraisemblablement pas de risque cancérogène [unlikely to pose a carcinogenic risk] pour l’Homme par l’exposition par l’alimentation.

La Réunion a réaffirmé la DJA [dose journalière admissible] de groupe pour la somme du glyphosate et de ses métabolites de 0-1 mg/kg de poids corporel* sur la base des effets sur la glande salivaire. La Réunion a conclu qu’il n’était pas nécessaire d’établir une DARf [dose aiguë de référence] pour le glyphosate ou ses métabolites au vu de sa faible toxicité aiguë. »

* L’Union européenne a fixé une DJA de 0,3 mg/kg de poids corporel. Le groupe d’examen par les pairs composé de scientifiques de l’EFSA et de représentants des organes d’évaluation des risques des États membres a fixé une DARf pour le glyphosate s’élevant à 0,5 mg par kg de poids corporel et de porter la DJA à cette même valeur.

NB : La reproduction de l’article de seppi ne traite ici que du glyphosate. N’hésitez surtout pas à le lire en intégralité, je vous y encourage vivement. -aa

On lira avec intérêt cet article paru sur Forum Phyto le 18 mai 2016, Glyphosate : « quand le message est inattaquable, attaquez le messager ! »…

Réduction du risque avec l’irradiation des fraises

14
mai
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Classé dans Contamination, Contamination croisée, Curiosité, E. coli, Environnement, Hygiène, Santé, Sécurité des aliments, TIAC.

scientificamerican0509-80-I1Résumé.

Les fraises sont à même d’héberger des pathogènes microbiens, car elles ne sont généralement pas lavées en raison de leur nature périssable. L’objectif de cette étude était de quantifier la réduction du risque d’infection associée aux sérotypes de E. coli non-O157 producteurs de shigatoxines de fraises contaminées, si les fraises sont exposées à de faibles doses ~ 1 kGy (kilogray) d’irradiation par faisceau d’électrons.

Un cocktail de six sérotypes de E. coli non-O157, O26:H11, O45:H2, O103:H2, O111:NM, O121:H19 et O145, a été utilisé. De la purée de fraises plutôt que des fraises entières a été utilisée dans cette étude pour assurer l’uniformité de la dose qui est essentielle pour une interprétation exacte de la réduction microbienne.

Les résultats montrent que, lorsque ces sérotypes sont exposés à des doses ≤ 1 kGy, il y a à peu près une réduction de 4 log de leur nombre lorsqu’ils sont présents dans une matrice de fraises (purée). L’évaluation quantitative des risques microbiens suggère que si une portion classique de fraises (150 g) a été fortement contaminée (~105 UFC/portion), 2 individus sensibles sur 10 (20%) vont tomber malade (sans traitement d’irradiation). Toutefois, si ces fraises contaminées avaient été traitées avec une dose de 1 kGy, le risque d’infection aurait été considérablement réduit à environ 4 sur 100 000 individus (0,004%). De même, même à de faibles niveaux de contamination (~102 UFC/portion), le risque d’infection serait réduit de 6 sur 10 000 personnes sensibles à environ 4 sur 100 millions d’individus sensibles.

RéférenceShima Shayanfara, Kristina Menab, Suresh D. Pillaia. Quantifying the reduction in potential infection risks from non-O157 Shiga toxin producing E. coli in strawberries by low dose electron beam processing. Food Control; Available online 7 May 2016; doi:10.1016/j.foodcont.2016.04.057.

Voici ce qui vous attend, en termes de santé, si vous comptez toujours vous rendre au Brésil pour les Jeux olympiques et paralympiques de 2016

13
mai
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Classé dans Contamination, Contamination croisée, Curiosité, Environnement, Hygiène, Microbiologie, Santé, Sécurité des aliments, TIAC, Virus.

vwa-2016-poster-eng-150px« L’ECDC publie une évaluation des risques avant les Jeux olympiques et paralympiques 2016 de Rio de Janeiro », source Eurosurveillance.

Le 10 mai 2016, le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC) a publié une évaluation des risques sur « Risques potentiels pour la santé publique liés aux maladies transmissibles lors des Jeux olympiques et paralympiques de Rio de Janeiro, au Brésil en 2016 ». Les Jeux commenceront début août 2016.

L’évaluation des risques indique que les visiteurs des Jeux seront plus à risque d’acquérir une infection à transmission vectorielle ou d’une maladie gastro-intestinale. Par conséquent, les visiteurs sont invités à adopter des mesures de protection contre les piqûres de moustiques telles que porter des chemises à manches longues et un pantalon, et d’appliquer un insectifuge. Des mesures d’hygiène standard, par exemple, boire des boissons produites en usine, consommer des plats bien cuits à cœur et laver les fruits et légumes avant de les manger, afin de prévenir des maladies gastro-intestinales, sont également recommandées.

zika-info310x200En raison du fait que les Jeux auront lieu au cours de la saison d’hiver à Rio de Janeiro les conditions météorologiques seront moins favorables pour les moustiques conduisant à une réduction significative du risque pour les infections transmises par les moustiques telles que le chikungunya, la dengue et la maladie à virus Zika, sauf pour la région de Manaus où certains des matchs de football auront lieu. Néanmoins, il ne peut pas être exclu que les voyageurs puissent être infectés.

En ce qui concerne l’épidémie de la maladie du virus Zika au Brésil, l’évaluation des risques souligne que l’information de l’ECDC aux voyageurs, en particulier les femmes et les femmes enceintes qui envisagent de devenir enceintes ainsi que les voyageurs souffrant de troubles immunitaires ou de maladies chroniques graves reste valide et devrait être rappelée.

Avant de voyager, les visiteurs devront se renseigner sur les conseils émis par l’Organisation panaméricaine de la santé, ainsi que par les autorités sanitaires nationales brésiliennes et d’autres concernant les maladies évitables par la vaccination qu’ils pourraient contracter lors de leur visite.

L’évaluation détaillée des risques tient compte également d’autres risques tels que la colonisation (portage dans l’appareil digestif), les Enterobacteriaceae multirésistants, les maladies sexuellement transmissibles.

Référence. Eurosurveillance editorial team. ECDC publishes risk assessment ahead of the 2016 Olympic and Paralympic Games in Rio de Janeiro. Euro Surveill. 2016;21(19):pii=30228.

NB : Traduction par mes soins. -aa

Des contaminants liés au procédé de transformation sont présents dans les huiles végétales et les denrées alimentaires, selon l’EFSA

4
mai
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Classé dans Contamination, Curiosité, Réglementation, Santé, Sécurité des aliments, Union Européenne.

« Des contaminants issus du procédé de transformation sont présents dans les huiles végétales et les denrées alimentaires », source communiqué de l’EFSA du 3 mai 2016.

Extraits.

imgresDes contaminants à base de glycérol des procédés de transformation retrouvés dans l’huile de palme, mais aussi dans d’autres huiles végétales, margarines et certains denrées alimentaires transformées, soulèvent des problèmes potentiels de santé pour le consommateur de ces aliments pour tous les groupes d’âge jeune et pour les grands consommateurs dans tous les groupes d’âge.

L’EFSA a évalué les risques pour la santé publique des substances : les esters d’acides gras de glycidol (GE), le 3-monochloro-propane-1,2-diol (3-MCPD) et le 2-monochloro-propane-1,2-diol (2-MCPD) et leurs esters d’acides gras. Les substances se forment lors de la transformation des denrées alimentaires, en particulier lors du raffinage des huiles végétales à des températures élevées (environ 200°C).

Les plus hauts niveaux de GE, ainsi que 3-MCPD et 2-MCPD (comprenant les esters) ont été retrouvés dans l’huile et la graisse de palme, suivie par d’autres huiles et graisses. Pour les consommateurs âgés de trois ans et et plus, les margarines et les ‘pâtisseries et les gâteaux’ étaient les principales sources d’exposition à toutes les substances.

Les esters d’acides gras de glycidol – génotoxiques et cancérogènes

Le groupe d’experts de l’EFSA sur les contaminants de la chaîne alimentaire (CONTAM) a étudié les informations sur la toxicité du glycidol (un composé parent des GE) pour l’évaluation des risques des GE, en supposant une conversion complète des esters de glycidol après ingestion.

La Dr Helle Knutsen, présidente du groupe CONTAM, a déclaré : « Il existe des preuves suffisantes que le glycidol est génotoxique et cancérogène, donc le groupe CONTAM n’a pas défini de niveau de sécurité pour les GE. »

Lors de l’évaluation des substances génotoxiques et cancérogènes qui sont involontairement présentes dans la chaîne alimentaire, l’EFSA calcule une ‘marge d’exposition’ pour les consommateurs. En général, plus la marge d’exposition est élevé, plus le niveau de préoccupation est faible pour le consommateur.

Le comité a conclu que les GE sont un problème potentiel de santé pour tous les groupes d’âge les plus jeunes avec une exposition moyenne, et pour les consommateurs avec une forte exposition dans tous les groupes d’âge.

« L’exposition aux GE des bébés consommant uniquement les préparations pour nourrissons est une préoccupation particulière car cela augmente jusqu’à dix fois ce qui serait considéré comme peu préoccupant pour la santé publique », a déclaré le Dr Knutsen.

NB : Dans ce contexte, on lira la recommandation de la Commission du 10 septembre 2014 relative à la surveillance de la présence de 2- et 3-monochloro-propane-1,2-diol (2- et 3-MCPD), d’esters d’acides gras de 2- et 3-MCPD et d’esters d’acides gras de glycidol dans les denrées alimentaires.

Traduction par mes soins. -aa. La version en français du communiqué de l’EFSA est ici.