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A propos de la listériose en France

26
sept
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Classé dans Contamination, Contamination croisée, Curiosité, Environnement, Hygiène, Listeria, Réglementation, Santé, Sécurité des aliments, TIAC.

Avec la parution de cet article dans Eurosurveillance (résumé ci-après) sur « Listériose liée à la grossesse en France de 1984 à 2011 avec un accent sur 606 cas de 1999 à 2011 », j’ai élargi en fin d’article avec des données et informations que l’on peut aisément retrouvées sur le site de l’InVS sur les cas de listérioses déclarés en France ; ce que peut l’on peut en dire, c’est que les recommandations sont plus que jamais d’actualité et que le nombre de cas semble hélas augmenter …

Résumé.

Cette étude décrit la tendance de l’incidence de la listériose liée à la grossesse en France entre 1984 et 2011 et présente les principales caractéristiques des 606 cas signalés entre 1999 et 2011 à l’Institut français de Veille Sanitaire à travers le système de notification obligatoire. L’incidence de la listériose liée à la grossesse a diminué d’un facteur de 12 de 1984 à 2011. Cette réduction est le résultat de la mise en œuvre progressive des mesures de maîtrise spécifiques vis-à-vis de Listeria monocytogenes en production alimentaire. Une faible incidence de la listériose liée à la grossesse a été observée dans les régions avec une prévalence plus faible de la toxoplasmose. Étant donné que les recommandations alimentaires pendant la grossesse ciblent à la fois la prévention de la toxoplasmose et de la listériose, on peut supposer que ces recommandations ont été délivrées et suivies plus souvent dans ces régions. Les cas signalés entre 1999 et 2011 (n = 606) ont été classés comme des infections maternelles avec poursuite de la grossesse (n = 89, 15%), pertes fœtales (n = 166, 27%), ou listériose néonatale avec un nouveau-né né vivant (n = 351, 58%). La majorité des cas de listériose néonatale avec un nouveau-né né vivant (n = 216, 64%) étaient des naissances prématurées (22-36 semaines de gestation), dont 14% (n = 30) étaient d’une extrême prématurité (22-27 semaines de gestation). 80% des mères ont déclaré avoir consommé des aliments à haut risque pendant la grossesse. Une meilleure prise de conscience des recommandations alimentaires pour les femmes enceintes est donc nécessaire.

Girard D, Leclercq A, Laurent E, Lecuit M, de Valk H, Goulet V. Pregnancy-related listeriosis in France, 1984 to 2011, with a focus on 606 cases from 1999 to 2011. Euro Surveill. 2014;19(38):pii=20909.

D’une façon, plus générale, dans les données épidémiologiques fournies par l’InVS, on trouvera le « Nombre de cas de listérioses déclarés par an en France de 1999 à 2013 (graphique) ». (voir image ci-dessous).

Nombre-de-cas-de-listerioses-declares-par-an-en-France-de-1999-a-2013-graphique

On trouvera aussi dans l’aide-mémoire sur la listériose de l’InVS des informations détaillées sur la « Prévention : information des personnes à risque »

Listeria monocytogenes étant une bactérie fréquemment isolée de l’environnement et des aliments et la listériose touchant préférentiellement les sujets âgés, les femmes enceintes, les nouveau-nés et les personnes immunodéprimées, la prévention de la listériose consiste, pour ces sujets à risque, à éviter de consommer les aliments les plus fréquemment contaminés et à respecter certaines règles d’hygiène lors de la manipulation et la préparation des aliments.

1- Eviter la consommation des aliments à risque

  • Eviter de consommer des fromages au lait cru ; préférez la consommation de fromages au lait pasteurisé
  • Eviter de consommer des poissons fumés, des coquillages crus, du tarama
  • Eviter les produits de charcuterie tels que les rillettes, pâtés, foie gras, produits en gelée, etc.
  • Pour les produits de charcuterie type jambon, préférer les produits préemballés qui présentent moins de risque d’être contaminés
  • Eviter de consommer crues des graines germées telles que des graines de soja

2- Respecter certaines règles d’hygiène lors de la manipulation et la préparation des aliments

  • Nettoyer immédiatement son réfrigérateur en cas de souillures à partir de légumes, de fromages ou de jus de viande crue. En l’absence d’évènement de ce type, prendre l’habitude de nettoyer fréquemment son réfrigérateur et le désinfecter ensuite avec de l’eau javellisée
  • S’assurer que la température du réfrigérateur est suffisamment basse (4°C)
  • Conserver les aliments crus séparément des aliments cuits ou prêts à être consommés
  • Bien rincer à l’eau du robinet les fruits, les légumes et les herbes aromatiques
  • Se laver les mains après la manipulation d’aliments non cuits
  • Nettoyer les plans de travail après avoir manipulé des aliments crus, et bien nettoyer les ustensiles de cuisine ayant été en contact avec ces aliments
  • Cuire les aliments crus d’origine animale (viande, poissons, charcuteries crues telles que les lardons, etc.)
  • Les steaks hachés, qui sont des aliments reconstitués pouvant être contaminés en leur centre, doivent être cuits à cœur.
  • Enlever la croûte des fromages
  • Réchauffer soigneusement les restes alimentaires et les plats cuisinés avant consommation immédiate
  • Respecter les dates limites de consommation

3- Que faire en cas de consommation d’un aliment dans lequel Listeria monocytogenes a été retrouvé ?

France : L’étiquetage nutritionnel est-il lancé ?

24
sept
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Classé dans Curiosité, Environnement, Réglementation, Santé, Sécurité des aliments.

Le blog de la CLCV, Le point sur la table, indique le 24 septembre 2014 dans un récent article, « Etiquetage nutritionnel, Carrefour se lance. Carrefour a dévoilé aujourd’hui son indicateur nutritionnel « aquellefréquence ».

Ce blog explique qu’« En l’état actuel, la réglementation européenne n’autorise pas un Etat membre à imposer un schéma d’étiquetage nutritionnel au niveau national, considéré comme une entrave au marché commun. Celui-ci peut par contre émettre des recommandations officielles. »

Cela est vrai, mais c’est à nuancer comme en témoigne l’article, « Victoire britannique sur l’étiquetage nutritionnel avec des feux tricolores », paru le 28 novembre 2013.

Ce que fait Carrefour entre dans ce qu’on appelle une démarche volontaire puisque cela ne concernera que les produits ayant la marque Carrefour et/ou vraisemblablement toutes marques qui voudront l’adopter …, inhabituel en France où tout doit passer par l’Etat et/ou son gouvernement …

Selon la CLCV, « Le distributeur Carrefour a annoncé la mise en place de son nouveau système d’étiquetage nutritionnel, baptisé « aquellefréquence ». D’ici mi-2015, les produits préemballés de marque Carrefour porteront donc, sur la face avant de l’emballage, un indicateur coloré conçu pour guider les consommateurs dans leurs choix alimentaires. »

Banniere_Nutritio_carrefour

CLCV salue l’initiative de l’enseigne, qui prouve qu’il est possible, contrairement à ce que soutient l’ANIA (le syndicat des industriels de l’agroalimentaire), de mettre en place dans notre pays un étiquetage nutritionnel simple et facilement compréhensible.

La position frileuse de l’ANIA avait été préalablement été en mise en exergue dans « ANIA : Touche pas à mon étiquetage nutritionel  ! »

Hasard du calendrier, l’Anses publie le 23 septembre 2013, « L’Anses met à disposition ses données de consommation alimentaire ».

En 2009, l’Anses publiait un rapport complet sur les données de consommation alimentaire obtenues dans le cadre de l’étude INCA 2, deuxième édition des études nationales des consommations alimentaires qu’elle mène tous les sept ans. Aujourd’hui, elle met à disposition, en open data, l’ensemble des données qu’elle a obtenues dans cette étude. Ces données sont directement utilisables par tous, et en particulier les chercheurs en épidémiologie nutritionnelle, et sont utiles pour approfondir les connaissances sur les habitudes alimentaires des Français et les liens entre alimentation et santé.

A propos des contrôles et des inspections en France

24
sept
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Classé dans Curiosité, Hygiène, Réglementation, Santé, Sécurité des aliments.

larry_the_cable_guy_health_inspector(2)Voilà pour le discours officiel du 8 octobre 2010 du ministère de l’agriculture, sur les contrôles et les inspections, « Des contrôles de qualité pour une alimentation sécurisée ! »

Le ministère de l’alimentation réalise quotidiennement des contrôles sur l’ensemble de la chaîne alimentaire, afin de garantir la sécurité des denrées mises sur le marché. Depuis le 1er mars dernier, les services d’inspection du ministère sont accrédités, ce qui atteste la qualité de ces contrôles.

Tout au long de l’année, les agents de la direction générale de l’alimentation en poste dans les directions régionales de l’alimentation, de l’agriculture et de la forêt, et dans les directions départementales interministérielles en charge de la protection des populations veillent à la sécurité de votre alimentation, par des contrôles effectués sur l’ensemble de la chaîne alimentaire, chez les producteurs, les transformateurs et les distributeurs.

Les contrôles allient prévention et répression, et peuvent donner lieu à différentes mesures, du simple rappel à la réglementation sanitaire à la fermeture d’établissements lorsqu’un danger immédiat pour la santé publique est observé, en passant par la saisie des denrées incriminées.

L’accréditation : un gage de confiance pour les consommateurs. Tout comme les professionnels qui sont tenus de mettre en place des démarches de garantie de la qualité sanitaire, et notamment l’analyse de risques et la maîtrise des points critiques (HACPP),, les services d’inspection du ministère (l’administration centrale et les 126 sites d’inspection sanitaire vétérinaire et phytosanitaire répartis dans les directions régionales et départementales) ont mis en place une démarche qualité depuis plusieurs années : ils sont accrédités, depuis le 1er mars dernier, par le Comité français d’accréditation (COFRAC).

Discours officiel disais-je, car nous n’en sommes plus là … mais pourtant le document cité ci-dessus est toujours présent sur le site du ministère de l’agriculture

En effet, car selon l’excellent site d’informations du syndicat National des Inspecteurs en Santé Publique Vétérinaire (SNISPV) nous informe que « Le 17 juin 2014, le directeur général de l’alimentation (DGAl) a annoncé la fin de l’accréditation. »

Il justifie cette décision notamment par la lourdeur de la démarche et son caractère consommateur de ressources. Sous cet angle, nous pouvons nous réjouir d’une décision cohérente avec le discours tenu et qui laisse espérer d’autres simplifications (GAO, dialogues de gestion, systèmes d’information …). Nous sommes également en droit d’exiger que la nouvelle démarche de ‘management par processus’ ne présente pas les mêmes excès !

Mais c’est surtout l’occasion de nous retourner sur les apports et les limites de l’accréditation. Certes la démarche a indéniablement permis une professionnalisation et une modernisation sans précédent de l’activité d’inspection. Mais en concentrant autant d’énergie sur le référentiel ISO 17020 relatif aux organismes d’inspection, elle a pu faire perdre de vu que la politique de santé publique vétérinaire ne saurait être réduite à une entreprise de production de rapports d’inspection.

L’article indique malicieusement que « C’est donc une excellente occasion de vous transmettre, avec l’accord de leurs auteurs, un excellent papier écrit en 2007 par quatre collègues visionnaires : Assurance qualité, et après… »

Dans ce document (AQ_et_apres__chapeau20080703) constructif aimablement fourni par le SNISPV, il existe quatre valeurs professionnelles pour refonder le sens de l’engagement des agents de l’Etat

  1. La nécessaire coproduction de la sécurité sanitaire
  2. Un métier de régulation ou de « chien de berger »
  3. Le service public de la sécurité civile vétérinaire
  4. Les niveaux de responsabilité et la séparation inspection / décision

A vous de voir ce qu’il en est, mais après sa lecture, sans doute verrez-vous ou vivrez-vous sous la prochaine inspection un angle différent …

Comme on le sait le sujet de la transparence des contrôles et de l’inspection évolue comme en témoigne  des avis (parfois contraires) du DGAl et du ministre de l’agriculture sur la question, et on s’en doute bien, le débat n’est pas clos …

Rappel de raclette pour cause de Salmonella

23
sept
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Classé dans Contamination, Contamination croisée, Curiosité, Environnement, Microbiologie, Rappel, Réglementation, Salmonella, Santé, Sécurité des aliments.

raclette_auchanAuchan rapporte le 23 septembre 2014 sur son site Rappel Qualité :

La société GOURMETS DE L’ARTOIS, lors d’un contrôle interne, a mis en évidence la présence de salmonelle sur le produit suivant :

Produit PLATEAU RACLETTE AUCHAN 800g
Marque : AUCHAN
EAN : 3596710022465
N° d’identification vétérinaire : FR 62.907.002 CE
DLC correspondante : 13/09/2014

La DLC étant dépassée, le produit n’est plus commercialisé.

Il est donc demandé aux personnes qui détiendraient des produits appartenant au lot décrit ci-dessus de ne pas les consommer, de les détruire, ou de les ramener au point de vente où nous procèderons au remboursement.

NB : On nous prend vraiment pour des blaireaux. Ces produits ont une DLUO assez longue et l’on vient nous raconter l’histoire d’un contrôle interne bien tardif  …

A propos du regroupement de laboratoires publics d’analyses dans l’Ouest de la France

23
sept
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Classé dans Curiosité, Environnement, Hygiène, Réglementation, Santé, Sécurité des aliments.

Ouest-France Entreprises du 23 septembre 2013 rapporte la création d’Inovalys.

Inovalys se présente comme « un des principaux laboratoires public d’analyses en France ». Il rassemble, depuis avril, au sein d’un Groupement d’intérêt public (Gip), les laboratoires départementaux de la Sarthe, du Maine-et-Loire et de la Loire-Atlantique. Inovalys travaille dans trois domaines : la santé animale (dépistage des maladies du bétail…), la sécurité des aliments (dépistage des bactéries pathogènes, salmonelles, listeria…), l’environnement (qualité de l’eau, qualité de l’air…). « Nous sommes les garants de la sécurité sanitaire, avec une expertise indépendante des firmes privées et reconnue par des accréditations officielles », résume Jean-Marie Geveaux, président d’Inovalys.

logo-inovalysBien entendu, mais il faut le dire, encore et toujours, les laboratoires privés exercent eux aussi « une expertise indépendante des firmes privées et reconnue par des accréditations officielles ».

Pourquoi ce regroupement ?

Séparément, les trois laboratoires départementaux avaient des coûts de fonctionnement élevés, nécessitant une contribution financière importante des conseils généraux concernés. Les trois laboratoires mettent en commun leurs moyens pour réaliser des économies, pour se développer, pour élargir leur spectre d’action et mobiliser des techniques de pointe.

Que c’est difficile à dire, mais la présence d’un laboratoire public d’analyses par département n’était déjà pas rentable il y a 20 ans, et, hélas, ce ne l’est toujours pas aujourd’hui ! D’où ces efforts de regroupements …

Un département cher à mon cœur ne semble pas avoir voulu de ce regroupement, mais peut-être qu’on ne lui a pas proposé, c’est le département de la Mayenne. Il est vrai qu’il est dirigé par un ancien ministre de finances, adepte de la rigueur budgétaire, et il doit sans doute savoir compter …

Quoi qu’il en soit, selon ce document du conseil général de la Mayenne de décembre 2013, 675 177 euros ont été attribués pour une subvention d’équilibre au laboratoire départemental d’analyses de la Mayenne. Les contribuables de la Mayenne sont des bons princes et le président du conseil général est toujours capable donner aux autres des leçons de rigueur …