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Il était une fois l’Etat, les consommateurs et des belles paroles

22
déc
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Classé dans Curiosité, Règlementation, Santé, Sécurité des aliments.

fin_blog_1On apprend par un communiqué que le « secrétaire d’Etat chargée du Commerce, de l’Artisanat, de le Consommation et de l’Economie sociale et solidaire a présidé le 18 décembre le Groupe Interministériel de la Consommation (GIC), instance réunissant l’ensemble des ministères, directions et autorités administratives qui contribuent à la politique de l’Etat en faveur des consommateurs. »

Il a été « souligné le fait que les entreprises et les consommateurs attendent une intervention coordonnée, claire et efficace de l’Etat dans son ensemble, permettant d’obtenir des résultats concrets sur le terrain. »

OLYMPUS DIGITAL CAMERAC’est de très belles paroles, oui des paroles, mais surtout des paroles et encore des paroles …

Par ailleurs, « les membres du GIC ont ensuite fait un point d’actualité sur les projets ministériels et interministériels liés à la protection du consommateur. Des interventions de la direction générale de la prévention des risques, de la direction générale de la santé, et de la direction générale de l’alimentation ont évoqué les coopérations mises en œuvre avec la direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF). »

Ah bon, il y a des projets ? Mais chut c’est secret défense … on n‘en saura pas plus, sinon que de la com …

Cette réunion du Groupe Interministériel de la Consommation a permis de mettre en valeur la nécessaire coopération et coordination entre ministères et avec les autorités administratives indépendantes concernées, sur divers sujets touchant la protection du consommateur, qui trouvent leur prolongement dans la mise en œuvre opérationnelle sur les territoires par les services déconcentrés de l’Etat.

Il y a peu un rapport sur la politique sanitaire des aliments indiquait entre autres qu’il y avait « Au plan national, un besoin d’orientation explicite, de synergies, d’échange et  de mutualisation ». Ce communiqué nous prend vraiment pour des billes …

Ronde des rappels 2014 : semaine 51

20
déc
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Classé dans Curiosité, Environnement, Microbiologie, Rappel, Règlementation, Santé, Sécurité des aliments, Union Européenne.

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Commencées avec « La ronde des rappels : semaine 49 » de 2009, les notifications des produits cités ne prétendent pas à l’exhaustivité dans la mesure il n’est pas possible d’avoir accès à toutes les sources permettant d’identifier le retrait/rappel d’un produit. Les informations recueillies ci-après concernent les denrées alimentaires ou les aliments pour animaux de France ou distribués en France. Elle sont issues du portail RASFF (Rapid Alert System for Food and Feed ou Réseau d’alerte rapide pour les denrées alimentaires et les aliments pour animaux). Pour des raisons inconnues, la plupart des informations diffusées ne sont pas relayées par les autorités françaises auprès des consommateurs …

  • Référence RASFF 2014.1710, Salmonella (présence dans 25g) dans de la raclette au lait cru de France ; alerte notifiée par la France ; distribution France et Luxembourg. Date du prélèvement, 4 décembre, date de la notification de l’alerte, le 16 décembre 2014, délai trop long ! Aucune information de la part des autorités, étonnant non ?
  • Référence RASFF 2014.1707, Bacillus cereus (2,5 105 UFC/g) et Salmonella spp. (présence dans 25g) dans de la poudre de ceps de Chine ; alerte notifiée par la France. Distribution France, Belgique, Malaisie, Pays-Bas, Norvège. Date du prélèvement, 25 novembre, date de la notification de l’alerte, le 16 décembre 2014, délai beaucoup trop long !

Des problèmes techniques ou autres ont fait disparaître sur le site du RASFF les deux notification ci-dessus. Comme je les ai notées auparavant, je les indique malgré tout !

Tableau ci-dessous (à la date du 20 décembre 2014) de la liste des pathogènes identifiés dans les denrées alimentaires et les aliments pour animaux pour la semaine 51 de 2014 par les Etats membres.

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Éclosion d’hépatite A d’origine alimentaire liée à des produits de pâtisserie dans le nord de l‘Allemagne en 2012

19
déc
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Classé dans Contamination, Contamination croisée, Curiosité, Environnement, Hygiène, Microbiologie, Règlementation, Santé, Sécurité des aliments, TIAC, Virus.

blog_fin_4Résumé.

En octobre 2012, une éclosion d’hépatite A avec 83 cas confirmés en laboratoire s’est produite en Basse-Saxe. Nous avons défini les cas du foyer primaire comme des personnes ayant une hépatite A confirmée par laboratoire et une apparition des symptômes entre le 8 octobre et 12 novembre 2012, résidant ou en visite dans les districts touchés. Les cas du foyer secondaire étaient des personnes avec l’apparition de symptômes après le 12 novembre 2012 et en contact étroit avec des cas primaires. Nous avons identifié 77 cas primaires et six cas secondaires. Nous avons recruté 50 cas primaires et 52 témoins appariés pour l’âge et le sexe, et avons constaté que 82% des cas et 60% des témoins avaient consommé des produits d’une boulangerie particulière (OR = 3,09; IC 95%: 1,15 à 8,68). Les cas étaient plus susceptibles d’avoir mangé des pâtisseries (OR = 5,74; IC 95%: 1,46 à 22,42). Les isolats viraux de cinq cas sélectionnés et de trois surfaces positives analysées à la boulangerie avaient des séquences nucléotidiques identiques. Un isolat supplémentaire identique provenait d’un vendeur de la boulangerie souffrant d’une maladie chronique nécessitant un traitement immunosuppresseur. Les résultats des études épidémiologiques et de laboratoire ont suggéré que le vendeur des produits a contaminé lors du conditionnement et la vente. L’évaluation future des risques devrait déterminer si les manipulateurs d’aliments atteints de maladies chroniques sous traitement immunosuppresseur pourraient être plus à risque de contamination des aliments et pourraient bénéficier de la vaccination contre le virus de l’hépatite A.

HepatitisAMainHarries M, Monazahian M, Wenzel J, Jilg W, Weber M, Ehlers J, Dreesman J, Mertens E. Foodborne hepatitis A outbreak associated with bakery products in northern Germany, 2012. Euro Surveill. 2014;19(50):pii=20992.

Dans leurs recommandations les auteurs notent :

Deux foyers nationaux d’hépatite A précédemment rapportés et associés à des produits de pâtisserie ont été documentés Dans les deux cas, la contamination de pâtisseries fourrées ou glacées par un boulanger était la source probable de l’infection au virus de l’hépatite A (VHA). Ces conclusions ont été fondées seulement sur des preuves épidémiologiques. Dans notre étude, nous avons réussi à séquencer la souche du VHA du vendeur chez des cas primaires et dans des prélèvements de l’environnement. Il peut être possible d’éviter des éclosions similaires à l’avenir en s’attaquant à la propagation potentielle du VHA par les manipulateurs d’aliments et d’éduquer les manipulateurs d’aliments ainsi que leur employeur afin de reconnaître les symptômes de l’hépatite A et d’être conscients que le VHA a une longue période d’incubation.

Compte tenu de la haute ténacité du VHA, nous recommandons fortement l’utilisation supervisée de désinfectants avec une activité virucide contre le VHA et l’application appropriée d’une désinfection virucide en cas d’éclosion.

Pour tous les manipulateurs d’aliments, nous vous recommandons de porter des gants en plastique lors de la manipulation des produits cuits et non cuits à condition que la manipulation correcte soit assurée (par exemple en changeant de gants à intervalles recommandés).

Compte tenu de la disponibilité d’un vaccin efficace contre le VHA et de plusieurs foyers d’hépatite A liés à des manipulateurs d’aliments comme source probable, la preuve du rôle des manipulateurs d’aliments dans la transmission du VHA et le fardeau de la maladie en Allemagne devrait être revue pour informer une décision de recommandation de la vaccination en ciblant les manipulateurs d’aliments.

Une future évaluation des risques devrait déterminer si les manipulateurs d’aliments atteints de maladies chroniques nécessitant un traitement immunosuppresseur pourraient être plus à risque de contamination des aliments et pourraient donc bénéficier d’une vaccination contre le virus de l’hépatite A.

NB : Dans le calendrier des vaccinations et recommandations vaccinales 2014, en France, sauf erreur de ma part, il n’y a pas de recommandations pour les manipulateurs d’aliments immunodéprimés ou non …

Mais, dans l’aide-mémoire de l’InVS sur l’hépatite A, il est indiqué qu’« une vaccination anti-hépatite A est recommandé :

  • pour les personnes exposées professionnellement à un risque de contamination : 
    • - personnels s’occupant d’enfants n’ayant pas atteint l’âge de la propreté ; 
    • - personnels des structures collectives de garde pour personnes handicapées ; 
    • - personnels de traitement des eaux usées ; 
    • - personnels impliqués dans la préparation alimentaire en restauration collective. »

Sans doute faudra-il y inclure d’autres catégories professionnelles ?

Nouvel avis du Conseil national de l’alimentation sur « Communication et alimentation : les conditions de la confiance », alors que la politique de sécurité sanitaire des aliments en France a du plomb dans l’aile

17
déc
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Classé dans Curiosité, Environnement, Hygiène, Règlementation, Santé, Sécurité des aliments.

fin_blog_6Un communiqué du Conseil National de l’Alimentation* du 17 décembre 2014 rapporte que « Le Conseil National de l’Alimentation publie un Avis attendu, identifiant la nécessité de réconcilier les représentations que se fait le grand public avec les réalités des modes de production alimentaires. »

Il s’agit de l’avis n°73 sur « Communication et alimentation : les conditions de la confiance ».

C’est donc Noël en ce moment en France au niveau des avis et rapport : après un rapport désenchanteur sur « La politique de sécurité sanitaire des aliments. Diagnostic et propositions », voici donc ce nouvel avis du CNA sensé « réenchanter l’alimentation à la française ». Le problème est que le politique de sécurité sanitaire des aliments en France a du plomb dans l’aile et que cela ne va s’arranger …

langueBeau discours, avis très bien fait par des personnes très compétentes, bel exemple de considérations (ou de vœux pieux), très utiles pour de nombreux étudiants, à citer en exemple, mais …, il y a le feu à la maison, donc à lire au coin du feu, si celui-ci n’est pas interdit …

Issu de deux ans et demi de travaux sur la communication, les crises et les perceptions de l’alimentation, cet Avis concerne tous les acteurs de la filière alimentaire. Il identifie la nécessité de réconcilier progressivement les représentations que se fait le grand public avec les réalités des modes de production alimentaire. Ceci implique de montrer et de partager les pratiques, en cessant de véhiculer des images passéistes déconnectées de la réalité, mais aussi de faire évoluer certaines d’entre elles. Une ouverture compatible avec le réenchantement de l’alimentation à la française promu par le CNA.

Cet Avis invite ainsi à construire collectivement un nouveau paradigme de communication sur l’alimentation, fondé sur le dialogue et la cohérence entre les discours et les pratiques.

Il souligne la responsabilité collective de l’ensemble des acteurs (publics, économiques, consommateurs, médias…), qu’il engage à communiquer de façon ouverte et sincère, sur le long terme. (…)

Il est indiqué que « L’Avis est disponible sur le site du CNA. Il sera débattu, durant l’année 2015, via des séminaires de restitution et la publication d’un ouvrage. », pourquoi pas ? mais il me semble que ce serez au rapport sur la politique de sécurité sanitaire des aliments en France d’être débattu en urgence, tant les problèmes soulevés concernent notre vie quotidienne.

Comme l’a rappelé Richard Lawley sur son blog Food Safety Watch, l’une des principales fonctions d’un gouvernement est de protéger ses citoyens contre les dangers. Si une chaîne alimentaire sûre ne relève pas de cette mission, alors qui va le faire ?

* Le CNA, qualifié de Parlement de l’alimentation, rassemble depuis 30 ans tous les acteurs de la filière alimentaire : associations de consommateurs, syndicats de salariés, producteurs, transformateurs, distributeurs, restaurateurs, ministères, agences de recherche et d’expertise, etc. Ses avis visent à éclairer les grands enjeux de politique alimentaire.

La sécurité des aliments en 2014, le bon, le mauvais et les politiques …

17
déc
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Classé dans Curiosité, Environnement, Hygiène, Règlementation, Santé, Sécurité des aliments.

fin_blog_6« La sécurité des aliments en 2014, le bon, le mauvais et la politique », article de Richard Lawley du 16 décembre 2014 sur son blog Food Safety Watch.

En attendant le Top 10 de la sécurité des aliments en France, qui sera le dernier article de ce blog, le 23 décembre 2014, voici un article sur le mode western, mais non pas, le bon, la brute et le truand mais le bon, le mauvais et les politiques. Comme vous le verrez cela ne concerne pas que le Royaume-Uni mais aussi la France, eh oui … hélas, tout cela ne présage rien de bon, mais que du mauvais de la part des politiques …

ooOOoo

???????????????????????????????????????????????????????????????????Au cours de ces douze derniers mois, il est possible de voir plusieurs développements positifs dans le monde de la sécurité des aliments. Tout d’abord, les implications des taux croissants de la fraude alimentaire ont été reconnus dans le sillage de la viande de cheval en 2013 avec ce scandale de la viande au Royaume-Uni, qui a entraîné la mise en place d’une unité dédiée au crime alimentaire au sein de la Food Standards Agency. 2014 est aussi l’année où la sensibilisation des consommateurs de la principale cause de maladies d’origine alimentaire dans le monde développé, Campylobacter, est passée de négligeable à significatif. Le lien entre Campylobacter et de la volaille crue a également été fermement établie dans la conscience publique, créant une nouvelle source de pression sur l’industrie afin de faire quelque chose sur les taux élevés de contamination qui sont une caractéristique des poulets réfrigérés depuis plus d’une décennie.

Mais peut-être encore plus important à long terme pourrait être le sentiment d’urgence autour de la question des pathogènes résistants aux antibiotiques. Plusieurs rapports officiels, de l’OMS et d’autres, ont été publiés pendant l’année sur le problème des conséquences du développement de la résistance aux antibiotiques qui se poursuit sans contrôle. Il a beaucoup été question de ce que serait un monde sans médicaments antimicrobiens efficaces et ce n’est pas une lecture agréable. Cependant, alors que beaucoup d’attention s’est portée sur l’utilisation des antibiotiques en médecine, il est essentiel de ne pas négliger l’agriculture, où d’énormes quantités sont utilisées en tant que promoteurs de croissance chez les animaux afin de prévenir les infections dans les élevages intensifs. Il y a maintenant peu de doute que l’administration d’antibiotiques aux animaux qui ne sont pas malades a aidé au développement des pathogènes résistants dans la chaîne alimentaire et les foyers de cas d’intoxications alimentaires sont déjà causées par des souches résistantes aux antibiotiques. C’est un problème qui a d’abord été signalé il y a très longtemps, en 1969, il était temps, il a été pris au sérieux.

Nous avons été lents à reconnaître ces dangers, mais au moins l’action s’annonce désormais bien, et c’est encourageant. Malheureusement, 2014 a également apporté quelques évolutions moins bienvenues. Le plus préoccupant est à mon avis l’érosion progressive des ressources humaines et des contrôles en sécurité des aliments, généralement à la suite de divers gouvernements qui achètent auprès de l’idéologie dominante que l’austérité est le meilleur moyen de se sortir de la récession. Je ne suis pas qualifié pour commenter la sagesse économique d’une telle stratégie, mais je sais que si la loi renforçant la sécurité des aliments est laissée entre les mains de quelques personnes armées avec moins de ressources, elle en souffrira inévitablement.

Par exemple, un récent rapport en France écrit par deux anciens hauts responsables de la sécurité des aliments met en évidence des réductions d’effectifs constants qui ont conduit à une réduction de 20% aux inspections de la sécurité des aliments entre 2009 et 2013. Le rapport, « La Politique de sécurité des aliments », dresse un tableau sombre de la situation actuelle de la sécurité des aliments en France. Bien que le nombre de personnel chargé des contrôles ou des inspections doive être augmenté de 60 postes en 2015, c’est bien en deçà du nombre de postes à temps plein perdus depuis 2007. Pendant ce temps au Royaume-Uni, des préoccupations se sont été exprimées sur la création de la nouvelle unité sur le crime alimentaire de la FSA qui va se faire au détriment des autres responsabilités en matière de sécurité des aliments de l’Agence et il n’est pas du tout évident que de nouveaux fonds seront disponibles pour la financer.

S’il apparaît clair que les dépenses de l’argent public doivent être étroitement surveillées et il n’y en a pas assez pour tout le monde, certainement l’une des principales fonctions d’un gouvernement est de protéger ses citoyens contre les dangers. Si une chaîne alimentaire sûre ne relève pas de cette mission, alors qui va le faire ?