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La surveillance de la contamination de certaines denrées alimentaires par les ions perchlorate vue par la DGCCRF

31
juil
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Classé dans Contamination, Curiosité, Environnement, Hygiène, Règlementation, Sécurité, Sécurité des aliments, Union Européenne.

man-eating-lettuce-400x400La DGCCRF nous informe le 31 juillet 2015 qu’elle « a procédé à la surveillance de la contamination de certaines denrées par les nitrates et les ions perchlorate. Le taux de non-conformité est faible : 1,8 %. »

Les objectifs de cette enquête menée par la DGCCRF étaient de vérifier la conformité des denrées aux teneurs maximales fixées pour les nitrates, de recueillir des données de contamination par les nitrates de légumes à feuilles non réglementés, et de recueillir des données de contamination de légumes, de fruits, d’aliments infantiles et de laits par les ions perchlorate.

Petit retour en arrière avant d’aller plus loin dans ce communiqué de cette surveillance, toujours très synthétique … voir Où l’on apprend qu’en France, il existe une contamination des denrées alimentaires par les ions perchlorate.

Nous sommes donc en novembre 2013 et l’Anses, qui a publié un avis de l’Anses relatif à la contamination des denrées alimentaires par les ions perchlorate, nous apprend qu’elle a été « saisie le 4 juillet 2013 par la direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF), d’une demande d’appui scientifique et technique relative à la consommation des denrées alimentaires par les ions perchlorate. »

Extraits des conclusions et recommandations du comité d’experts spécialisés (CES) « Evaluation des Risques Chimiques liés aux Aliments (ERCA) » :

« Sur la base des niveaux de contaminations disponibles pour les fruits et légumes et des habitudes de consommation des français, les produits considérés comme étant les plus contributeurs de l’exposition aux perchlorates sont la tomate, l’épinard, la courgette, la salade, le melon, le concombre, le haricot vert et la clémentine. Ces huit aliments sont donc à analyser en priorité dans le cadre du plan de surveillance qui sera mis en œuvre par la DGCCRF.

Le CES « ERCA » attire toutefois l’attention sur le fait que :

1- les fruits et légumes ne sont pas les seuls aliments contribuant à l’exposition aux ions perchlorate

2- les produits laitiers pourraient être de forts contributeurs de l’exposition aux ions perchlorate. Une étude américaine montre en effet que les produits laitiers constituent 30% à 50% des apports alimentaires en ions perchlorate chez les enfants de plus de 6 mois et les adolescents (jusque 16 ans). En complément de la caractérisation de l’exposition aux ions perchlorate des enfants de 0-6 mois actuellement en cours à l’Anses, sur la base des données de contamination récemment récoltées au niveau national pour les laits infantiles, le CES « ERCA » recommande que les teneurs en ions perchlorate soient explorées dans les produits laitiers.

Cela a certainement été entendu par la DGCCRF,avec un certain temps de latence, le problème est que s’agissant des résultats, on devra se contenter de cela : « Tous les échantillons analysés présentent une teneur en ions perchlorate inférieure aux nouvelles valeurs de référence» Les données individuelles de contamination recueillies ont été transmises à l’EFSA par l’intermédiaire de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses). La DGCCRF poursuivra la surveillance de ce secteur.

On n’en saura pas plus, ce doit être secret-défense comme le résultat des inspections. On retrouvera tous les articles parus sur le perchlorate sur le blog ici.

Ronde des rappels, semaine 31 de 2015

31
juil
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Classé dans Contamination, Contamination croisée, Curiosité, E. coli, Environnement, Hygiène, Listeria, Microbiologie, Rappel, Règlementation, Santé, Sécurité des aliments, Union Européenne.

RASFF-LogoCommencées avec la « Ronde des rappels : semaine 49 » de 2009, les notifications des produits cités ne prétendent pas à l’exhaustivité dans la mesure il n’est pas possible d’avoir accès à toutes les sources permettant d’identifier le retrait/rappel d’un produit. Les informations recueillies ci-après concernent les denrées alimentaires ou les aliments pour animaux de France ou distribués en France. Elles sont issues du portail RASFF (Rapid Alert System for Food and Feed ou Réseau d’alerte rapide pour les denrées alimentaires et les aliments pour animaux). Pour des raisons inconnues, la plupart des informations diffusées ne sont pas relayées par les autorités françaises auprès des consommateurs …

  • Référence RASFF 2015.0995, Listeria monocytogenes (260 ufc/g) dans du jambon sec de France. Alerte notifiée par la France. Distribution en Belgique. Prélèvement le 8 juillet 2015, résultat le 30 juillet 2015, délai inacceptable !
  • Référence RASFF 2015.0990, migration de formaldéhyde (16,2 mg/kg) et de mélamine (3,7 mg/kg) dans des plats décorés en mélamine pour enfants de Chine. Alerte notifiée par la France Distribution Belgique, République Tchèque, France, Allemagne, Espagne, Taïwan. Retrait du marché demandé. Communiqué de rappel en Belgique.
  • Référence RASFF 2015.0989, dénombrement élevé de Escherichia coli (110 000 ; 180 000 ; > 1 500 000 ufc/g) dans de la burrata congelée d’Italie. Alerte notifiée par la France. Pas de distribution dans le pays à l’origine de la notification.
  • Référence RASFF 2015.0988, migration de nickel (1,43 mg/kg) d’ustensiles de barbecue de Chine. Alerte notifiée par l’Allemagne. Distribution Autriche, Belgique, Bulgarie, Croatie, République Tchèque, Danemark, Finlande, France, Allemagne, Grèce, Italie, Malte, Pays-Bas, Pologne, Portugal, Roumanie, Slovaquie, Slovénie, Espagne, Suède, Suisse.
  • Référence RASFF 2015.0985, Listeria monocytogenes (< 10 ufc/g) dans du jambon d’Espagne. Alerte notifiée par la France. Pas de distribution dans le pays à l’origine de la notification. Pourtant, il y a eu un communiqué de rappel en France par Auchan
  • Référence RASFF 2015.0982, Listeria monocytogenes (16000 ufc/g) dans du gorgonzola d’Italie. Alerte notifiée par l’Autriche. Distribution France, Belgique (?). Pas de distribution dans le pays à l’origine de la notification
  • Référence RASFF 2015.0975, présence d’ADN de ruminant dans de l’alimentation pour poissons d’Espagne. Notification d’information par la France. Pas de distribution dans le pays à l’origine de la notification.
  • Référence RASFF 2015.0971, Listeria monocytogenes (> 15000 ufc/g) dans des andouilles de France. Information notifiée par la France. Distribution France, Belgique, Pays-Bas. Rappel auprès des consommateurs en France. Produit présumé ne plus être sur le marché. Notons que le produit a été prélevé le 8 juillet 2015 et le résultat a été obtenu le 27 juillet 2015. Délai trop long !

Information collectée pour la semaine 31 de 2015 à la date du 31 juillet 2015.

Il y a eu 50 alertes notifiées au RASFF depuis le début de l’année 2015 pour des produits d’origine France (41 en 2014) , dont 37 alertes (27 en 2014) pour la présence de micro-organismes pathogènes.

 

Myrtilles surgelées + salmonelles = rappel !

30
juil
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Classé dans Contamination, Contamination croisée, Curiosité, Environnement, Hygiène, Microbiologie, Rappel, Règlementation, Salmonella, Santé, Sécurité des aliments.

imgresAuchan informe les consommateurs le 29 juillet 2015 du rappel de produit suivant :

La société AUCHAN, lors d’un contrôle interne, a mis en évidence la présence de SALMONELLE sur le produit suivant :

  • Produit MYRTILLES SAUVAGES 450g
  • Marque : AUCHAN
  • EAN : 3596710276110
  • DLUO correspondantes : 11/2016 – 12/2016

Le produit est retiré de la commercialisation. Cependant, certains de ces produits ont été commercialisés avant la mesure de retrait. Il est donc demandé aux personnes qui détiendraient des produits appartenant au lot décrit ci-dessus de ne pas les consommer, de les détruire, ou de les ramener au point de vente où nous procèderons au remboursement.

Dans les rappels récents de baies surgelées en France on notera :

Commentaires. Il faut sans doute croire que le distributeur dont il est question ci-dessus ne fait pas de veille technologique, car il serait informé de l’avis de l’EFSA du 18 juin 2014, « L’EFSA évalue le risque associé à Salmonella et au norovirus dans les baies », dans lequel on peut lire :

Les précipitations, de l’eau contaminée utilisée pour l’irrigation ou pour l’application de pesticides et l’utilisation d’équipements contaminés figurent parmi les facteurs qui entraînent la contamination des baies par Salmonella et le norovirus. Ce sont les conclusions d’un avis scientifique sur les facteurs de risque qui contribuent à la contamination de baies fraîches ou congelées telles que des fraises, des framboises ou des myrtilles à différents stades de la chaîne alimentaire. L’EFSA a recommandé que les producteurs appliquent de bonnes pratiques de culture, d’hygiène et de fabrication pour réduire la contamination.

En l’absence de site officiel des rappels, quelques rappels récents …

27
juil
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Classé dans Contamination, Curiosité, Environnement, Hygiène, Listeria, Microbiologie, Rappel, Règlementation, Salmonella, Santé, Sécurité des aliments, Viande.

recall-sign-150x99Au ministère de l’agriculture, on nous invite à « Suivre en direct les alertes sanitaires partout en France ». Mais hélas, je n’ai pas trouvé traces de ces rappels ci-dessous.

1. Mis en ligne le 27 juillet 2015, mais daté du 24 juillet 2015, une affichette de rappel est communiquée par Auchan : La Société JUAN LUNA informe qu’un contrôle microbiologique a mis en évidence la présence de Listeria monocytogenes dans le produit suivant :

  • Produit SERRANO GRANDE RESERVE 90G
  • Marque : AUCHAN LE CHARCUTIER
  • EAN : 3596710409044
  • Numéro d’identification vétérinaire : ES 40.30398/VCE
  • DLC correspondante : 29/10/2015

Le produit est retiré de la commercialisation. Cependant, certains de ces produits ont été commercialisés avant la mesure de retrait. Il est donc demandé aux personnes qui détiendraient des produits appartenant au lot décrit ci-dessus de ne pas les consommer, de les détruire, ou de les ramener au point de vente où nous procèderons au remboursement.

Sur son site Internet, l’entreprise espagnole annonce de « hautes technologie et hygiène maximale » ainsi que de plusieurs certifications,

2. Intermarché informe sur son site rappel produits que « La société CROP’S procède aujourd’hui (27 juillet 2015 –aa) au rappel consommateurs du produit ci-dessous :

  • Produit : Griottes dénoyautées surgelées 450 g
  • Marque : Adélie
  • DLUO (à consommer de préférence avant le …) : 02/2017
  • Lot : L5049
  • Fabricant : Crop’s

Un contrôle microbiologique a mis en évidence, dans ce produit, la présence de Salmonelles. Nous vous remercions de ne pas consommer ce produit et de le rapporter dans ce magasin où il vous sera remboursé. »

3. Le 10 juillet 2015, un internaute me signale sur ce site le rappel de tapenade verte pour cause de présence de verre. Effectivement, Auchan rapporte ce rappel : « Suite à la présence de verre dans le produit Tapenade Verte PUGET 90g, la marque PUGET procède au rappel du produit suivant :

  • Dénomination : Tapenade Verte PUGET
  • Poids : 90g
  • EAN : 3265477928005
  • Numéros de lots concernés : L 14286
  • DLUO : 10/2016

Ces produits ont été commercialisés sur tout le territoire national dans les magasins de différentes enseignes. Il est donc recommandé aux personnes qui détiendraient des produits appartenant au lot décrit ci-dessus de ne pas les consommer et de les détruire, ou de se les faire rembourser. »

Mais ça c’était le 10 juillet 2015 ! Le 27 juillet 2015, extension du rappel ou bis repetita, Auchan nous informe que Par mesure de précaution, un RAPPEL PRODUIT est effectué sur :

  • Tapenade Verte PUGET 90g
  • EAN 13 : 3265477928005
  • N° de lot : L15044 Toutes les heures
  • DLUO : 02/2017

Motif : Présence potentielle de bris de verre (le numéro de lot et la DLUO sont indiqués sur le couvercle du pot). Nous vous remercions de bien vouloir détruire ces produits ou les rapporter en magasin.

A noter que Carrefour également procède au rappel ainsi qu’Intermarché !

Sur les sites de Lesieur et la boutique Lesieur, pas d’information sur ces rappels et pas d’information du tout sur la tapenade verte qui semble avoir mystérieusement disparue …

4. Communiqué du 27 juillet 2015. « Suite à la suspicion de présence d’un morceau de verre dans un produit, AUCHAN procède au rappel du produit suivant :

  • Cidre Bouché de Normandie DOUX 75cl –
  • Les Vergers du Patrimoine
  • EAN : 3 254 560 038 349
  • Lot concerné : L 1516070

Nous demandons aux personnes concernées qui auraient acheté ce produit, de ne pas le consommer et de le rapporter au point de vente. Il vous sera remboursé immédiatement. »

Score de qualité nutritionnelle des aliments de la Food Standards Agency appliqué aux consommations alimentaires individuelles des adultes en France

26
juil
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Classé dans Curiosité, Nutrition, Règlementation, Santé.

La revue PROCESS Alimentaire avait fait état le 1er juin 2015 dans une brève que « L’Anses pointe les limites du score nutritionnel ».

En effet dans sa communication sur l’étiquetage nutritionnel, l’Anses avait évalué la faisabilité de la mise en œuvre du score de Rayner.

European-trade-organisations-deeply-concerned-by-UK-traffic-light-labelling_strict_xxlA la demande de la Ministre des affaires sociales et de la santé, le Professeur Hercberg a remis en janvier 2014 un rapport dont l’une des préconisations est la mise en place au niveau national d’un système d’information nutritionnelle, basé sur le système score dit de Rayner, développé pour la Food Standards Agency au Royaume-Uni. Ce système d’information vise à mettre à disposition des consommateurs des informations leur permettant de discriminer les produits alimentaires selon leur qualité nutritionnelle. On lira les détails du communiqué de l’Anses et l’avis complet ici.

Bien entendu, tout cela suscite l’ire des industriels de l’alimentaire, voir ANIA : Touche pas à mon étiquetage nutritionnel !

Le blog s’était fait l’écho du système britannique dans plusieurs articles dont, Etiquetage : A qui va-t-on faire croire que le système britannique des feux tricolores va menacer le régime crétois ?, Victoire britannique sur l’étiquetage nutritionnel avec des feux tricolores, Bientôt un étiquetage avec des feux tricolores sur nos aliments ? et L’étiquetage par des feux tricolores, ça marche !.

Voici que le Bulletin épidémiologique hebdomadaire n°24-25/2015 publie le 7 juillet 2015, un article « Score de qualité nutritionnelle des aliments de la Food Standards Agency appliqué aux consommations alimentaires individuelles des adultes en France ».

Résumé.

Introduction. En France, la mise en place d’un système d’information nutritionnelle simplifiée basé sur le score de qualité nutritionnelle élaboré au Royaume-Uni par la Food Standards Agency (FSA) est actuellement en discussion. Notre objectif était de mesurer la pertinence de l’application du score FSA aux comportements alimentaires individuels afin de quantifier les apports en aliments et en nutriments favorables à la santé ou non chez les adultes en France.

Méthodes. Enquête nationale représentative reposant sur un échantillonnage complexe à trois degrés, l’Étude nationale nutrition santé (ENNS) comportait un recueil de données de consommations alimentaires par trois rappels des 24 heures. Après exclusion des sous-déclarants, les analyses ont porté sur un total de 2 754 adultes (1 014 hommes, 1 740 femmes) âgés de 18 à 74 ans. Le score a été appliqué à l’ensemble des aliments et boissons de l’étude. Un score agrégé au niveau individuel a été calculé en tenant compte de l’énergie apportée par chacun des aliments consommés et de leur score FSA. Les consommations de groupes d’aliments et les apports en nutriments ont été décrits par quartiles de distribution de ce score individuel.

Résultats. Les sujets du 1er quartile (score FSA global plus favorable) consommaient davantage de fruits et légumes (+300 g/jour pour les hommes et +235 g/jour pour les femmes) et de produits de la pêche (+24 g/jour pour les hommes et +8 g/jour pour les femmes) que ceux du 4e quartile. À l’inverse, ils consommaient moins de produits gras sucrés ou salés (-141 g/jour pour les hommes et -94 g/jour pour les femmes). Ils avaient aussi des apports énergétiques moyens inférieurs (-515 kcal/jour pour les hommes et -306 kcal/jour pour les femmes) et une part des lipides dans l’apport énergétique total (AET) également inférieure (-8% AET pour les deux sexes). Globalement, ils avaient des apports en vitamines et minéraux plus élevés que ceux du 4e quartile.

Conclusion. Nos analyses, menées sur un échantillon national d’adultes, montrent que le score FSA appliqué aux consommations alimentaires au niveau individuel permet de caractériser la qualité de l’alimentation, en termes de consommations d’aliments et d’apports en nutriments et au regard des recommandations actuelles.

Mots-clés. Apports nutritionnels – Consommations alimentaires – Enquête nationale – Recommandations – Score de qualité nutritionnelle.

Référence. Deschamps V, Julia C, Salanave B, Verdot C, Hercberg S, Castetbon K. Score de qualité nutritionnelle des aliments de la Food Standard Agency appliqué aux consommations alimentaires individuelles des adultes en France. Bull Epidémiol Hebd. 2015;(24-25):466-75.

Commentaires. Cela va alimenter le débat au sein de l’ANIA, mais mon petit doigt me dit que ce n’est pas dans le sens voulu par les auteurs …