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Tableau de chasse du ministère de l’environnement : 10% de non-conformités mineures dans les très grands élevages

29
mai
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Classé dans Curiosité, Environnement, Hygiène, Réglementation, Santé, Sécurité des aliments.

Le ministère de l’agriculture est-il en train de se faire doubler par le ministère de l’environnement, de l’énergie et de la mer ?

La question peut se poser …

larry_the_cable_guy_health_inspector2Un communiqué du ministère de l’environnement du 28 mai 2016 nous apprend que « Ségolène Royal rend public le premier bilan des inspections sur les très grands élevages ».

« Au cours d’une réunion tenue ce matin avec la Direction générale de la prévention des risques, le bilan des inspections sur les très grands élevages vient d’être fait.

Comme annoncé hier, j’ai donné des instructions au Préfet de l’Ain de vider et de nettoyer les bâtiments du poulailler du Perrat.

Au titre de la police des installations classées pour la protection de l’Environnement, j’avais demandé en liaison avec le ministre de l’Agriculture, que des inspections soient réalisées dans tous les très grands élevages par l’inspection des installations classées.

121 inspections ont été faites dans 73 départements ou sont en cours.

Elles concernent pour 65%, des élevages de volailles, pour 26%, des élevages de porcs et pour 11%, des élevages de bovins.

Je salue la réactivité des inspecteurs.

Premiers résultats :

  • Il est important de constater qu’aucune non-conformité majeure n’a été recensée lors de ces inspections ; sauf une qui recevra une mise en demeure (poules pondeuses) ;
  • 14 sites, soit 10% ont cependant montré des non-conformités mineures qui ont été signalées à l’exploitant et pour lesquelles des lettres de suite seront envoyées ;
  • Il convient de noter la réactivité des services et la mobilisation de la totalité des départements ;
  • Un bilan complet sera présenté lors de la prochaine réunion des coordinateurs des inspections, le 9 juin prochain. »

NB : Il faut constater qu’avec le ministère de l’environnement, l’inspecteur nouveau est, semble-t-il, arrivé, et cela vaut bien de saluer la réactivité des services … à deux reprises !

Notons aussi que la direction générale de la prévention des risques du ministère de l’environnement, d’où émane ce communiqué, est à la manœuvre avec à sa tête un certain Marc Mortureux, l’ancien DG de l’Anses …

Gastro et TIAC, même combat ?

29
mai
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Classé dans Contamination, Contamination croisée, Curiosité, Environnement, Hygiène, Non classé, Réglementation, Santé, Sécurité des aliments, TIAC.

Le Bulletin de l’AFSCA n°65, mai 2016, traite comme sujet, entre autres, « Le consommateur et l’hygiène alimentaire ». Voici un extrait concernant les TIAC :

vomit_toilet6Qu’est-ce qu’une TIAC?

TIAC signifie « Toxi Infection Alimentaire Collective », c.-à-d. quand deux personnes ou plus tombent malades suite à l’ingestion d’une denrée alimentaire provenant d’une même source. Par exemple, on parle de TIAC lorsque 2 (ou plus) enfants d’une famille sont pris de vomissements à la suite du repas du soir, ou lorsque 3 personnes âgées (par exemple) deviennent malades suite au repas consommé au restaurant de la maison de repos dans laquelle elles résident. Une meilleure connaissance des « bons réflexes » peut aider à éviter ces problèmes qui, dans certains cas, ont des conséquences irréversibles.

Les TIAC’s sont généralement notifiées par les médecins à l’AFSCA, pour qu’elle puisse réaliser une enquête dans le but de déterminer la cause du problème. En 2014, 370 TIAC ont été dénombrées officiellement en Belgique. Ces chiffres sont cependant sous-estimés étant donné que toutes les intoxications ne mènent pas forcément à une visite chez le médecin ou que la notification n’a pas toujours lieu.

Le sujet a déjà plusieurs fois été discuté ici et là sur le blog, car très souvent chez nous, en France, on ne parle pas de TIAC, ce n’est pas bien, c’est mal, mais de gastro, c’est plus classique, usuel et ne déclenche toute une foule d’investigations et de questions…

En voici un petit florilège, Dans la série, ce n’est pas une intoxication alimentaire collective mais c’est une gastro, une édition de Chantonnay en Vendée, Intoxication alimentaire ou gastro d’origine virale, une édition de Calais, Gastro-entérite aiguë ou intoxication alimentaire ? Une édition dans des écoles de Peyruis, Gastro et intoxication alimentaire sont des risques infectieux d’origine alimentaire, un spécial cantine en France !, Intoxication alimentaire ou gastro ?, Ce n’est pas une intoxication au monoxyde de carbone, ni une gastro, mais alors c’est une intoxication alimentaire collective !, Ce n’est pas une intoxication alimentaire mais une épidémie de gastro … (bis), Moules et hospitalisations : gastro ou intoxication alimentaire ?, Gastro-entérite et/ou intoxication alimentaire, ça dépend ?, Ce n’est pas une intoxication alimentaire mais une épidémie de gastros … et Epidémie de gastro-entérite ou Tiac ? Une édition dans un collège de l’Eure.

Le second point concerne le nombre de foyers de TIAC, en France.

L’InVS, lors de la présentation des données relatives aux toxi-infections alimentaires collectives déclarées en France, n‘a pas coutume de dire que le chiffre est sous-estimé, et pour cause, c’est à déclaration obligatoire … on ne peut pas se tromper puisqu’il y a des déclarations ! C’est dur de s’habituer à la transparence …

Interdiction temporaire de pêche et de consommation des moules du Banc d’Arguin pour cause de présence de toxines lipophiles

28
mai
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Classé dans Contamination, Contamination croisée, Curiosité, Environnement, Réglementation, Santé, Sécurité des aliments.

La préfecture de Gironde a publié le 27 ami 2016 un communiqué* à propos de l‘« Interdiction temporaire de pêche et de consommation des moules du Banc d’Arguin ».

moulesLes résultats des analyses effectuées cette semaine par le réseau de surveillance de l’IFREMER ont révélé une contamination des moules en provenance du banc d’Arguin, par des toxines lipophiles** pouvant entraîner un risque sanitaire (désordres gastriques).

En conséquence, et après concertation avec les représentants des organisations professionnelles des pêches et de la conchyliculture, le préfet de la Gironde a décidé d’interdire les activités de pêche et de commercialisation destinée à la consommation humaine, de moules en provenance du banc d’Arguin.

Cette mesure prend effet à compter d’aujourd’hui et sera levée dès lors que les analyses établiront la bonne qualité sanitaire des moules dans cette zone.

Selon Agrisalon, citant une dépêche de l’AFP :

Sur le banc d’Arguin, minuscule zone de conchyliculture, une interdiction du même type, frappant coques, moules et pétoncles, avait été déclarée fin avril 2015 par la préfecture fin-avril avant une levée une semaine plus tard. Ces dernières années, huîtres et coquillages du Bassin d’Arcachon ou du Pertuis d’Antioche, le détroit entre l’île de Ré de l’île d’Oléron (Charente-Maritime), ont régulièrement connu des périodes d’interdiction de consommation, parfois de quelques jours, parfois de quelques semaines, en raison de la présence de ces toxines lipophiles liées à une micro-algue ingérée par les coquillages. Ce phénomène naturel, en partie saisonnier, est associé notamment à un réchauffement rapide de l’eau. Ces toxines sont susceptibles de générer des troubles gastriques.

Sud-Ouest croit savoir que cela va toucher aussi les huîtres … avec cette information, les huîtres et coques du banc d’Arguin vont être pratiquées. L’’algue dinophysis empêche la pêche d’’une partie des huîtres et des coquillages.

Selon ce site de l’Ifremer, Le seuil pour les toxines lipophiles est défini au niveau européen par le Règlement 853/2004 du 29 avril 2004. Les toxines lipophiles comportent différents types de toxines, dont certaines sont réglementées et d’autres pas. Voici les seuils pour les toxines lipophiles réglementées :

  • Acide okadaïque, dinophysistoxines et pecténotoxines pris ensemble : le seuil ne doit pas dépasser 160 μg d’équivalent acide okadaïque par kg de chair de coquillage.
  • Yessotoxines : le seuil ne doit pas dépasser 3.75 mg par kg de chair de coquillage.
  • Azaspiracides : le seuil ne doit pas dépasser 160 μg d’équivalent acide okadaïque par kg de chair de coquillage.

Enfin pour tenter d’être complet, Le courrier de Retz nous informe sur la Mortalité des moules sur la côte atlantique : une bactérie virulente identifiée. Vibrio splendidus, c’est le nom de la bactérie qui serait impliquée dans l’hécatombe en cours dans l’Océan atlantique, qui décime les moules. Une étude serait déjà en cours. Les moules de la côte atlantique meurent depuis 2014. En 2016, le bilan s’avère désastreux.

* Interdiction temporaire de pêche et de consommation des moules du Banc d’Arguin et arrêté interdiction moules.

** Il s’agit de Dinophysis et de ses toxines lipophiles

ooOOoo

Annonce. Une personne a souhaité publié deux articles sur ce blog pour se faire connaître. Je lui ai indiqué que je ferais une accroche au cours d’un prochain article mentionnant l’existence de son blog ADN & Paternité. A vous de voir …

France : Le bio, nouvel eldorado de la grande distribution, mais à quel prix pour le consommateur ?

28
mai
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Classé dans Curiosité, Environnement, Non classé, Réglementation, Santé.

Après avoir titré en 2010, « Le bio trop cher en grandes surfaces », référence à une étude de Que Choisir, voici que Le Figaro titre le 28 mai 2016 (pas de lien Internet à fournir, hélas), « Le bio, nouvel eldorado de la grande distribution ».

Après avoir ouvert des rayons dans leurs hypers, carrefour et Auchan créent des chaînes spécialiées sur ce créneau porteur.

9782350610191Qui dit Eldorado, pas le western bien connu des amateurs, mais cette région mythique d’Amérique du sud, le quotidien indique que « les spécialistes du secteur s’adaptent pour riposter », c’est au final entre marketing et western … avec parfois un zeste d’éthique, ça ne mange pas de pain !

Ce que l’article du Figaro n’indique pas, c’est combien coûte un produit bio … au consommateur afin d’avoir accès à cet eldorado du bio …

En Suisse, une étude de l’Office fédéral de l’agriculture (OFAG) indique « Le bio affiche un surcoût de 44 % ». On savait que la santé n’avait pas de prix mais on voit bien qu’elle a un coût, enfin si le bio a un effet sur la santé, ce qui a ce jour n’est pas démontré …

Extraits.

En 2015, les denrées bio de consommation courante coûtaient 44 % de plus que leur équivalent de production conventionnelle. Les écarts les plus élevés concernent les pommes de terre, la farine et les légumes.

L’observatoire du marché rattaché à l’OFAG a pour mission de suivre l’évolution mensuelle du prix des denrées alimentaires de consommation courante dans le commerce de détail. Le panier de la ménagère considéré est constitué d’un ensemble défini de produits pour une famille avec deux enfants1. L’analyse réalisée sur les données de l’année 2015 révèle que le panier composé de produits biologiques y coûtait pour le consommateur 44 % plus cher en moyenne que le même panier rempli de denrées issues d’une production conventionnelle.

Les surcoûts occasionnés en 2015 par le mode de production biologique diffèrent d’une catégorie de produits à l’autre : 81 % pour les pommes de terre, 71 % pour la farine, 58 % pour les légumes, 44 % pour la viande, 36 % pour le lait, 30 % pour les fruits et 29 % pour les œufs.

Les écarts entre produits bio et produits non biologiques sont encore plus marqués si l’on considère les produits individuellement. Les plus importants concernent respectivement les oignons (+154 %), le poulet entier (+111 %) et la crème entière (+104 %), tandis que le surcoût est réduit dans le salami (+8 %), le kiwi (+9 %) et les champignons de Paris (+11 %). De façon générale, le surcoût du biologique s’explique par le fait que les denrées biologiques doivent répondre à des standards particuliers qui en rendent la production plus onéreuse.

Pour la viande bio, voir ce lien.

L’OFAG indique que « Si les questions conjoncturelles en rapport avec le prix des denrées alimentaires vous intéressent, vous trouverez à compter de juin 2016 un comparatif des prix des denrées bio et des denrées non bio dans les bulletins du marché publiés mensuellement sur le site de l’observatoire du marché»

Il faut dire que nos amis suisses sont les spécialistes des labels bio, il en a pour tous les goûts …

Plus de 400 personnes ont été rendues malades au Danemark par de la laitue de France. Norovirus inside !

27
mai
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Classé dans Contamination, Contamination croisée, Curiosité, Environnement, Hygiène, Microbiologie, Réglementation, Santé, Sécurité des aliments, TIAC, Virus.

« Plus de 400 personnes ont été rendues malades par norovirus au Danemark par de la laitue de France », source Food Daily Quality News du 27 mai 2016.

Statens Serum Institut et DTU Fødevareinstituttet and Fødevarestyrelsen (SSI, l’Université technique du Danemark et l’Administration vétérinaire et alimentaire danoise) ont étudié plusieurs foyers de cas qui ont commencé en avril 2016.

Un total de 23 foyers a été étudié, comprenant 1497 personnes de diverses entreprises. Parmi ceux-ci 412 (28%) sont tombés malades avec des vomissements et/ou de la diarrhée.

lettuce7La salade a été vendue principalement pour les restaurants et les traiteurs et parce qu’elle a été utilisée dans des cuisines professionnelles, l’infection s’est propagée dans plusieurs entreprises et des clients dans un court laps de temps, a dit Fødevarestyrelsen. La cause de la contamination des laitues reste inconnue.

Des études de cohorte épidémiologique dans deux des entreprises concernées ont ciblé des plats qui comprenaient de la laitue Lollo Bionda. Cela a été soutenu par des investigations dans d’autres sociétés qui avaient reçu la même laitue, a dit le SSI.

La traçabilité de la laitue a démontré que le produit en question était une laitue Lollo Bionda d’origine française commercialisée par une seule entreprise.

Le produit a été vendu principalement aux restaurants et aux entreprises de restauration via un grossiste. A.P. Grønt (A. P. Vegetables) basée à Slangerup qui a retiré les salades début avril.

L’infection à norovirus a été confirmée sur la base de 28 prélèvements de patients dans lequel génogroupe I (GI) a été retrouvé.

Un typage supplémentaire du virus de 22 patients provenant de neuf entreprises différentes a démontré que tous avaient le même sous-type de norovirus (génotype GI.P2-GI.2), ce qui a soutenu l’hypothèse d’une source commune d’infections d’origine alimentaire.

Le DTU a trouve une correspondance de la laitue analysée avec plusieurs foyers, et dans une tête de laitue, il a été constaté un faible nombre de particules de norovirus du même génogroupe que celui retrouvé chez des patients.

Les chercheurs ont dit que c’est la première fois qu’une épidémie à norovirus au Danemark avait fourni si grand nombre de prélèvements humains de divers sous-types pendant l’investigation.

un-papier-toilette-en-fibres-recyclees-doux-et-ecologique-illustration_25878_w460« L’épidémie a démontré que la laitue contaminée vendue à des entreprises de restauration avait un potentiel considérable pour infecter d’un grand nombre de personnes dans un laps de temps très limité, ce qui souligne l’importance d’une investigation rapide, des prélèvements en temps opportun des patients et des aliments, et une volonté de retirer les produits de la part des entreprises en se fondant uniquement sur une suspicion vis-à-vis de la source de l’infection », a déclaré le SSI.

C’est la deuxième fois que la laitue Lollo Bionda de France a provoqué une série de foyers de cas d’infection, la première fois était en 2010. Plus de 250 personnes avaient été rendues malades dans 10 foyers différents, il y a six ans.

Une enquête de cohorte réalisée dans une entreprise où plusieurs types d’aliments ont été servis a ciblé des sandwiches contenant de la laitue comme la cause de la maladie. Norovirus est très contagieux et il est possible de tomber malade en mangeant des aliments contaminés avec seulement quelques particules virales.

NB : Merci à nos amis danois de nous informer sur des produits de France, parce qu’on ne peut pas compter sur nos administrations pour nous tenir informés. J’espère qu’en France, on ne serait pas posé la question usuelle, est-ce une gastro ou intoxication alimentaire ?