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Tiac et restauration en Aquitaine : Et elle est où la transparence des contrôles officiels ?

21
juil
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Classé dans Contamination, Contamination croisée, Curiosité, Hygiène, Microbiologie, Règlementation, Santé, Sécurité des aliments, TIAC.

larry_the_cable_guy_health_inspector(2)Le Bulletin de veille sanitaire Aquitaine n°20 de juin 2015 de l’InVS avec le concours de l’ARS Aquitaine (mis en ligne le 15 juillet 2015) s’est intéressé entre autres aux Toxi-infection alimentaire collective (Tiac), période 2004-2013.

On apprend qu’« En 2013, le nombre de foyers dans la région a diminué de 18 % par rapport à 2012 alors qu’il est resté stable en France », 62 foyers de Tiac en 2013 et 573 en 2012.

Caractéristiques des foyers et lieux de survenue. Les 62 foyers ont concerné 420 cas (18 hospitalisés, aucun décès rapporté). Le nombre moyen de cas par foyer était de 6,7. Le taux d’attaque* moyen était de 68 %. Parmi les foyers, 41,9 % (n = 26) sont survenus au restaurant, 32,3 % (n = 20) dans le cadre de repas familiaux et 25,8 % (n=16) en restauration collective. Entre 2012 et 2013, on note une hausse au restaurant et une baisse en milieu familial.

Agents confirmés ou suspectés. Pour 64 % des foyers (40), l’agent en cause a été confirmé (n = 7) ou suspecté (n = 33) contre 77 % en 2012. Les agents en cause étaient principalement les Staphylocoques (n = 12), Bacillus cereus (n = 7), Clostridium perfringens (n = 6), Salmonella (n = 5) et les virus entériques (n = 4). Comme les années passées, les Staphylocoques restent l’agent le plus souvent mis en cause. La diminution des Tiac à Salmonelles notée depuis 2012 s’est confirmée en 2013. 

La majeure partie des Tiac à Staphylcocoques (67 %) est survenue au restaurant due le plus souvent de contaminations manuportées. Les Tiac à Bacillus cereus et Clostridium perfringens sont survenues surtout en restauration collective (respectivement 43 % et 33 %), dues le plus souvent de dysfonctionnements du processus de refroidissement des aliments ou d’une conservation longue. Les Tiac à Salmonelles sont survenues dans le cadre de repas familiaux.

En conclusion, il est noté, « Le nombre de foyers déclarés en 2013 a diminué de 18 % par rapport à 2012 (hausse au plan national). A noter, un faible nombre déclaré dans le Lot-et-Garonne du probablement à une sous-déclaration. Une hausse survenant au restaurant a été notée par rapport à 2012. Les foyers à Staphylocoques restent les plus fréquents, suivies des foyers à Bacillus cereus et Clostridium perfringens. Enfin, on note depuis 2012 une diminution des foyers à Salmonelles. »

Quelques observations :

On savait qu’il y avait des sous-déclarations mais là, on en a la preuve …

Ce qui est aussi rapporté en Aquitaine suit ce qui se passe au niveau national (Données relatives aux toxi-infections alimentaires collectives déclarées en France en 2013), « Par rapport à 2012, le nombre de foyers de TIAC survenus en restauration commerciale et collective a augmenté de 8 et 25%, respectivement, alors que le nombre de foyers de TIAC survenus en restauration familiale a diminué de 14%. En 2013, la part des TIAC en restauration commerciale (39%) a largement dépassé celle des TIAC déclarées dans le cadre de repas familiaux (28%). »

Par ailleurs, non sans humour, l’InVS pointe du doigt là où se situent les déficiences. Ainsi on apprend qu’« Il est peu probable que cette augmentation puisse être entièrement attribuée à l’amélioration de l’exhaustivité de la surveillance. Cette augmentation s’inscrit dans un contexte de baisses fortes et répétées des effectifs dédiés aux contrôles, et une diminution des contrôles des établissements. La proportion des TIAC survenues en collectivités (milieu scolaire, restauration d’entreprise, IMS et dans les autres collectivités) a diminué entre 1996 et 2013 passant de 46% de l’ensemble des TIAC déclarées en 1996 à 33% en 2013. »

On lira sur le sujet des contrôles, « Sécurité sanitaire des aliments, un rapport pointe du doigt la partie émergée de l’iceberg ». Il s’agit du « Rapport relatif à la politique de sécurité sanitaire des aliments » de décembre 2014. Le communiqué interministériel publié illustre parfaitement que les actions de nos autorités ne sont pas à la hauteur des enjeux.

Enfin, la transparence des contrôles officiel en restauration commerciale dans deux villes, Paris et Avignon, mis en œuvre par le ministère de l’agriculture, qui, en cette époque de crise agricole, ne peut être partout à la fois, trouve ici ses limites …

*Selon ce site, Le taux d’attaque global, ou taux d’incidence global de la toxi-infection au cours de l’épidémie est mesuré par le rapport du nombre de malades sur le nombre d’individus présents dans la collectivité où le foyer s’est déclaré. Au cours d’une TIAC, ce taux d’attaque est habituellement élevé. En fait, on ne peut estimer ce taux avec précision que si l’on connaît le nombre exact de personnes exposées au risque de contamination (collectivité fermée).

Ratatouille est de retour au jardin du Luxembourg !

21
juil
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Classé dans Contamination, Contamination croisée, Curiosité, Environnement, Hygiène, Santé, Sécurité des aliments.

ratatouille_mouseAprès avoir écrit Les rats et les hommes puis Le Grand Guide de lutte raisonnée contre les nuisibles ou bioagresseurs urbains, l’expérience de Pierre Falgayrac serait très utile en ce moment à Paris et plus précisément, comme le rapporte Le Parisien.fr du 16 juillet 2015, « dans le très chic jardin du Luxembourg », en raison d’une « invasion de rats ».

En cette période de l’année il y a comme d’habitude une invasion de touristes, mais là … il s’agit tout de même du « jardin du Luxembourg envahi par les rats », selon France Bleu.

De mémoire de jardinier, autant de rats dans le jardin du Luxembourg (VIème arrondissement de Paris), cela ne s’était jamais vu. L’invasion des rongeurs aurait commencé début juillet 2015. Depuis, tous les soirs, quand la nuit tombe, les visiteurs peuvent voir des rats traverser les pelouses et les allées de ce jardin qui appartient au Sénat. Les rats ont creusé leurs terriers sous les massifs d’arbustes. Ils seraient installés plutôt du côté sud du jardin le long du lycée Montaigne et vers l’Observatoire.

Selon un employé du jardin, les rats se seraient multipliés depuis les premiers jours de canicule. Ils auraient fui les égouts après une opération de dératisation organisée dans l’arrondissement. Les rongeurs, d’une taille parfois imposante, auraient trouvé refuge dans le jardin. Ils y seraient restés car la nourriture ne manque pas. Ils vont fouiller dans les déchets laissés par les pique-niqueurs sur les pelouses du jardin ou dans les poubelles.

L’article rapporte que déjà en 2014, « à la même époque, c’était le jardin des Tuileries qui avait dû faire face à une invasion de rats. »

Selon cet autre site, « La Mairie de Paris précise qu’en période estivale, le phénomène est « récurrent » et donc « pris en charge par le Smash (Service municipal d’actions de salubrité et d’hygiène».

On pourra aussi relire un article paru sur ce blog en janvier 2010, Les rats et le réchauffement climatique

Incidence annuelle hors de l’hôpital de la campylobactériose et de la salmonellose non typhique en France, 2008-2013

21
juil
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Classé dans Campylobacter, Contamination, Contamination croisée, Curiosité, Environnement, Hygiène, Microbiologie, Règlementation, Salmonella, Santé, Sécurité des aliments.

Il en avait déjà été question dans Fardeau des cas d’infections à Salmonella non typhiques et à Campylobacter en France métropolitaine, 2008-2012. suite à la parution récente d’un nouvel article sur le sujet, voici ci-après le résumé de l’Incidence annuellehors de l’hôpital de la campylobactériose et de la salmonellose non typhique en France, 2008-2013.

Résumé.

Les estimations de l’incidence hors de l’hôpital sont nécessaires pour évaluer le fardeau et l’impact des infections sur la santé et d’établir des priorités pour les stratégies de surveillance, de recherche, de prévention et de maîtrise. L’étude actuelle a été réalisée pour estimer l’incidence hors de l’hôpital les campylobactérioses et les salmonelloses non typhiques en France à partir du nombre de cas confirmés en laboratoire rapportés aux centres nationaux de référence (CNR). Les probabilités d’un cas hors de l’hôpital visitant un médecin, avec un prélèvement de selles demandé, avec une analyse positive du laboratoire et avec un cas rapporté aux CNR ont été estimés en utilisant les données du système nationale de surveillance, l’hospitalisation à l’échelle du pays, les bases de données de l’assurance maladie et les études spécifiques informant sur ces paramètres. Les intervalles de crédibilité (ICr) ont été calculés en utilisant des simulations de Monte Carlo. En outre, nous avons estimé le nombre d’hospitalisations des deux infections en France. Le taux annuel d’incidence hors de l’hôpital en France est estimée à 842 cas pour 100 000 (ICr 90%, 525-1 690) pour la campylobactériose et 307 cas pour 100 000 (ICr 90%, 173-611) pour la salmonellose. Le nombre annuel d’hospitalisations est estimé à 5 182 pour la campylobactériose et la salmonellose 4 305. Les facteurs de multiplication entre les cas constatés par le système de surveillance et le nombre de cas hors de l’hôpital étaient de 115 pour la campylobactériose et de 20 pour la salmonellose. Ils sont conformes aux estimations rapportées dans d’autres pays, indiquant une incidence élevée hors de l’hôpital de la campylobactériose et la salmonellose en France.

Dans leur conclusion, les auteurs notent que « Nos résultats indiquent un nombre élevé hors de l’hôpital de cas et d’hospitalisations pour les deux infections en France. Les travaux résultats suggèrent un coût économique et humain élevé de ces maladies et aidera à établir des priorités pour les stratégies de surveillance, de prévention, et de maîtrise. »

Référence. Community Incidence of Campylobacteriosis and Nontyphoidal Salmonellosis, France, 2008-2013. Van Cauteren Dieter, De Valk Henriette, Sommen Cecile, King Lisa A., Jourdan-Da Silva Nathalie, Weill François-Xavier, Le Hello Simon, Mégraud Francis, Vaillant Veronique, and Desenclos Jean C. Foodborne Pathogens and Disease. ahead of print. doi:10.1089/fpd.2015.1964.

NB : 595 930 personnes malades de la campylobactériose (cas sporadiques) et 86 100 personnes malades de salmonellose (cas sporadiques) en France, cela mériterait bien qu’on s’y intéresse pour connaître les causes. Ces chiffres correspondent aux facteurs de multiplication énoncées dans le résumé ci-dessus.

Teneur en colorants des produits sucrés et des boissons, selon la DGCCRF : 25% de non-conformités des prélèvements

20
juil
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Classé dans Curiosité, Environnement, Hygiène, Règlementation, Santé, Sécurité des aliments, Union Européenne.

macarons610Une enquête de la DGCCRF sur la « teneur en colorants des produits sucrés et des boissons » nous apprend le 20 juillet 2015 qu’elle « a fait apparaître des manquements variés à la réglementation sur l’utilisation et l’étiquetage des colorants de la production à la distribution. »

  • L’étiquetage des colorants destinés aux professionnels fait l’objet de multiples anomalies

Divers manquements ont été constatés : absence de la mention obligatoire « non destiné à la vente au détail » ; défaut de mise à jour des fiches techniques ; utilisation (sur un site internet) de la dénomination de vente « colorant naturel » pour un colorant de synthèse ; référence à la réglementation « arômes » en lieu et place de la réglementation « additifs » ; emploi de dénominations de colorants non réglementaires ou de nature à induire les utilisateurs en erreur ; présence d’additifs non autorisés ; défaut de signalement de la présence d’aluminium, etc.

Les défauts d’information sur les restrictions d’utilisation ou les quantités pénalisent les utilisateurs de ces colorants lorsqu’il s’agit de respecter leur propre obligation de conformité à la règlementation pour les aliments colorés.

  • La production manifeste un défaut de rigueur persistant dans l’utilisation de colorants

La plupart des anomalies concerne l’absence de colorants annoncés sur l’étiquetage ou la présence de colorants non indiqués, surdosés ou interdits (dans ces aliments). Certaines anomalies pourraient être évitées au stade de la validation de la recette. Les artisans pâtissiers, notamment, sont pénalisés par le manque d’informations dispensées sur l’étiquetage des colorants. Ou encore, les petites structures introduisent les quantités correspondant à l’effet souhaité sans s’assurer qu’elles ne dépassent pas les limites réglementaires. Tout défaut de traçabilité ou d’autocontrôle a été sanctionné par un avertissement.

En conclusion, il est indiqué que « La DGCCRF poursuivra donc sa surveillance du secteur. »

Le tableau récapitulatif est difficile à comprendre si l’on suit le texte de la DGCCRF. Ainsi, on lit, « Les agents de la DGCCRF ont contrôlé des boissons sucrées et des aliments sucrés, dont des spécialités sucrées produites localement, dans 179 établissements, aux stades des importateurs, des grossistes, de la fabrication industrielle, et artisanale et des distributeurs (y compris dans la vente à distance). »

Mais, « Les 227 prélèvements analysés ont concerné des aliments contenant des colorants, soumis à des teneurs maximales d’emploi, faisant l’objet d’un étiquetage complémentaire obligatoire ou accompagnés de mentions valorisantes. Au contrôle documentaire des colorants utilisés s’est ajoutée, pour les produits purs, la vérification de critères de pureté. »

179 établissements, c’est d’accord, mais 227 prélèvements, le tableau récapitulatif ci-dessous n’en porte pas la trace …

colorants_dgccrf

La suite, comme d’hab, au prochain épisode …

NB : On lira Le point sur les additifs alimentaires du 10 juillet 2013 de l’Anses.

Défis pour l’agriculture européenne et solutions biotechnologiques

20
juil
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Classé dans Curiosité, Environnement, Règlementation, Santé, Sécurité des aliments, Union Européenne.

Le blog de Marcel Kuntz, OGM : environnement, santé et politique, se fait l‘écho d’un article sur les « Défis pour l’agriculture européenne et solutions biotechnologiques ».

ogm-mais-206x300Résumé.

L’agriculture est confrontée à de nombreux défis afin de maximiser les rendements tout en produisant d’une manière écologiquement durable. Dans la présente étude, nous analysons les grands défis agricoles identifiés par les agriculteurs européens (principalement liés aux bio-agresseurs) dans 13 pays, à savoir Belgique, Bulgarie, République tchèque, France, Allemagne, Hongrie, Italie, Portugal, Roumanie, Espagne, Suède et Royaume-Uni, ainsi que Turquie, pour les 9 plus grandes cultures (blé, maïs, orge, colza, tournesol, olive, vigne, betterave, pommes de terre). Ces bio-agresseurs des cultures sont des champignons ou des insectes, ou des maladies virales ou bactériennes et même des plantes parasites qui ont un impact important sur le rendement et la qualité de la récolte.

Des enquêtes nationales ont été menées pour identifier ces défis. Nous avons ensuite examiné comment ces défis agricoles ont été abordés par la recherche publique et privé, en utilisant soit la sélection variétale classique, la sélection assistée par marqueurs, la transgénèse, la cisgénèse, la technologie des ARN interférents ou la mutagenèse. Nous avons d’abord collecté la littérature scientifique et l’avons analysée par une exploration de texte informatique (il s’agit de la première utilisation d’un tel logiciel pour une analyse de la littérature scientifique sur l’amélioration des plantes et la recherche en biotechnologie agricole). Nous avons ainsi mesuré la part du génie génétique et celles d’autres approches.

Pour ces 9 grandes cultures en Europe, 128 défis liés aux bio-agresseurs ont été identifiés. 40% de ceux-ci ne sont pas pris en compte ni dans la littérature scientifique, ni dans les programmes de recherche publics européens récents (non-publiés). Le secteur privé se consacre uniquement à un nombre limité de ces défis « négligés ». Par conséquent, il existe un gouffre entre les besoins des agriculteurs et les recherches effectivement menées. Nous fournissons également des preuves quantitatives que la situation politique actuelle (opposée aux OGM) dans certains pays européens est un obstacle à cette recherche afin de relever ces défis agricoles dans l’avenir. Cette étude devrait également contribuer à éclairer le processus de prise de décision sur les futurs consortiums internationaux de recherche afin de combler les déficits de la recherche identifiés.

NB : Le décrochage de la France qui mène aujourd’hui moins de programmes de recherche que la République Tchèque ! Le Royaume-Uni est devenu le leader européen grâce notamment à des gouvernements qui ont soutenu les biotechnologies végétales…

Référence. A. Ricroch, W. Harwood, Z. Svobodová, L. Sági, P. Hundleby, E.M. Badea, I. Rosca, G. Cruz, M.P. Salema Fevereiro, V. Marfà Riera, S. Jansson, P. Morandini, B. Bojinov, S. Cetiner, R. Custers, U. Schrader, H-J. Jacobsen, J. Martin-Laffon, A. Boisron, M. Kuntz. Challenges facing European agriculture and possible biotechnological Solutions. Critical Reviews in Biotechnology Ahead of Print : Pages 1-9.