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Tragique : Une jeune femme japonaise décède des séquelles d’une intoxication alimentaire à E. coli 20 ans après l’infection

31
mar
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Classé dans Contamination, Contamination croisée, Curiosité, E. coli, Environnement, Hygiène, Microbiologie, Réglementation, Santé, Sécurité des aliments, TIAC.

« Tragique : Une jeune femme japonaise décède des séquelles d’une intoxication alimentaire à E. coli 20 ans après l’infection », source Doug Powell du barfblog.

En juin 1996, des rapports préliminaires d’une épidémie à E. coli O157:H7 au Japon sont apparus dans les médias nationaux. Voir aussi ce lien.

En juillet 1996, l’investigation avait été orientée vers des cantines scolaires et deux fournisseurs de boîtes de déjeuner, alors que le nombre de cas de maladie approchait les 4 000. Des sushis d’anguille de mer et de la soupe distribués le 5 juillet après le dépôt de repas à l’école centrale de Sakai ont été identifiés par les autorités sanitaires comme une source possible de l’épidémie. Le lendemain, le nombre de cas de maladies a augmenté à 7 400, alors même que des rapports précis se sont intensifiés. Le 23 juillet 1996, 8 500 cas étaient répertoriés.

sproutsMême si des germes de radis ont finalement été impliqués – et ensuite effacés publiquement lors d’une cérémonie, mais pas par les Etats-Unis – le ministère de la santé et des affaires sociales a annoncé que 333 abattoirs du Japon devaient adopter un programme de maîtrise de la qualité sur le modèle des procédures de sécurité sanitaire des États-Unis, ce qui nécessite que les entreprises tiennent des registres de sorte que la l’origine de tout aliment contaminé pourra être rapidement identifié.

Kunio Morita, chef de division hygiène vétérinaire au ministère a été cité comme disant : « Il est grand temps pour le Japon de suivre la tendance internationale des normes de management de l’hygiène. »

Les autorités sanitaires japonaises ont été tragiquement lentes à réagir à l’épidémie à E. coli O157:H7, une règle facilitée par une culture journalistique de l’aversion plutôt que de la contradiction. En tout, plus de 9 500 Japonais, en grande partie des écoliers (le chiffre de plus de 6 000 écoliers est avancé –aa), ont été atteints par E. coli O157:H7 et 12 sont décédés au cours de l’été 1996, soulevant des questions sur la responsabilité politique.

radish.sprouts.2-300x201Le journal national Mainichi a demandé dans un éditorial du 31 juillet, 1996, « Pourquoi le gouvernement ne peut-il pas tirer les leçons de l’expérience passée ? Pourquoi ont-ils tardé à réagir à l’épidémie ? Pourquoi ne peuvent-ils pas prendre des mesures plus importantes ? » La réponse était une « maladie chronique », l’absence de personne au sein du gouvernement capable de prendre en charge quoi que ce soit en cas de crise et d’assurer une réponse coordonnée. Une caricature parue dans le quotidien Asahi Evening News montrait un agent de la santé avec une mention, « réponse urgente du gouvernement » venant à la rescousse d’un escargot. Certaines des victimes ont déposé des plaintes contre les autorités japonaises, un mouvement inconnu auparavant dans la culture japonaise de déférence.

Aujourd’hui, une triste nouvelle est venue indiquant qu’une jeune femme de 25 ans à Sakai, Préfecture d’Osaka, est décédée en octobre dernier d’une séquelle de son infection par E. coli O157 en 1996.

La jeune femme souffrait d’hypertension vasculaire rénale, une séquelle du syndrome hémolytique et urémique, qu’elle a développé suite à son infection par E. coli O157 quand elle était un étudiante de première année, a déclaré le conseil municipal de la ville, ajoutant que la cause directe de sa mort était une hémorragie cérébrale due à l’hypertension.

Osami Takeyama, maire de Sakai, a dit dans un commentaire que la ville va redoubler d’efforts pour la maîtrise de la sécurité sanitaire et la gestion des crises. Le conseil municipal envisage maintenant de fournir une compensation à la famille de la jeune femme.

E. coli O104:H4 dans des graines germées en 2011 : cause naturelle, accidentelle ou délibérée

24
mar
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Classé dans Contamination, Contamination croisée, Curiosité, E. coli, Environnement, Hygiène, Microbiologie, Santé, Sécurité des aliments, TIAC, Union Européenne.

« E. coli O104:H4 dans des graines germées en 2011 : cause naturelle, accidentelle ou délibérée », source Doug Powell du barfblog.

Résumé.

kevin_allen_sprout4En 2011, l’Allemagne a été frappée par l’un de ses plus importantes épidémies de gastro-entérite aiguë et de syndrome hémolytique et urémique causées par une nouvelle souche émergente et entérohémorragique, Escherichia coli O104:H4.

L’épidémie allemande de syndrome hémolytique urémique et de E. coli entérohémorragique (ou GHUSEC pour German Haemolytic Uraemic Syndrome/Enterohaemorrhagic E. coli) avait des caractéristiques microbiologiques, infectieuses et épidémiologiques inhabituelles, et son origine n’est encore que partiellement résolue. Le but de cet article est de contribuer à la clarification de l’origine de l’épidémie.

Méthodes. Pour évaluer rétrospectivement si l’épidémie de GHUSEC était naturelle, accidentelle ou un acte délibéré, nous l’avons analysé selon trois modèles publiés de notation et de différenciation. Les données pour l’application de ces modèles ont été obtenues par une revue de la littérature dans la base de données Medline pour la période 2011-13.

Résultats. L’analyse de l’épidémie inhabituelle de GHUSEC montre que l’hypothèse officielle actuelle de son origine naturelle est discutable et met en évidence une probabilité que l’agent pathogène aurait également été introduit accidentellement ou intentionnellement dans la chaîne alimentaire.

Conclusion. La possibilité d’une épidémie accidentelle ou délibérée ne doit pas être rejetée. D’autres analyses épidémiologiques, microbiologiques et médico-légales sont nécessaires pour clarifier le déclenchement de GHUSEC.

En conclusion de l’article, les auteurs indiquent :

En conclusion, après avoir utilisé trois modèles publiés pour l’analyse de cet événement épidémiologique inhabituel, une hypothèse généralement acceptée que GHUSEC en 2011 est naturel ne peut pas être acceptée sans réserve. Ceci est la première fois qu’un E. coli O104:H4, pathotype d’une virulence élevée, a soudainement émergé, ce qui peut indiquer un phénomène anormal. Dans l’intérêt de la sécurité sanitaire et de la biosécurité de la chaîne alimentaire, d’autres analyses épidémiologiques, microbiologiques et médico-légales seront nécessaires pour une réponse définitive sur la question concernant le GHUSEC : « Qu’est-ce que c’était, en fait ? ».

Référence. Vladan Radosavljevic, Ernst-Jürgen Finke, Goran Belojevic. Escherichia coli O104:H4 outbreak in Germany—clarification of the origin of the epidemic. European Journal of Public Health, vol 25, issue 1, p. 125-129. L’article est disponible intégralement et gratuitement.

Graines germées crues : Ne jamais sous-estimer la force du déni 

3
mar
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« Graines germées crues : ‘Ne jamais sous-estimer la force du déni », source Doug Powell du barfblog.

Avec deux nouvelles éclosions aux États-Unis au cours du mois passé, cet aliment santé supposé est de nouveau sous surveillance. Wal-Mart et Kroger ont cessé de proposer des graines germées crues à la vente depuis des années.

sproutNotre ami Bill Marler a fait quelques calculs à partir de nos données et a trouvé 75 foyers de cas à l’échelle internationale (ceux que nous connaissons) depuis 1973 rendant malades au moins et voire plus de 11 000 personnes.

Un tableau des éclosions liées aux graines germées peut être trouvé ici

Nous avons publié un article relatant une décennie d’échec de la communication à propos des risques en 2012.

Résumé.

Les avantages nutritionnels et les avantages perçus pour la santé ont contribué à la popularité croissante des graines germées crues. Au cours des deux dernières décennies, les graines germées ont été une préoccupation récurrente de la sécurité des aliments, avec au moins 55 éclosions d’origine alimentaire documentés affectant plus de 15 000 personnes.

Une compilation de publications sélectionnées a été utilisée pour produire une analyse de la communication en matière de sécurité sanitaire et de risque liée aux graines germées crues, dont la sécurité microbiologique, les efforts visant à améliorer les pratiques de production et l’efficacité de la communication avant, pendant, et après les éclosions liées aux graines germées. Les investigations scientifiques et la couverture médiatique des éclosions liées aux graines germées ont conduit à des directives de production améliorées et des mesures d’application de la santé publique, mais des éclosions ont continué à remettre en cause l’efficacité des stratégies de gestion des risques et de la conformité des producteurs.

Les germes crus restent un produit à haut risque et l’évitement ou une cuisson complète sont les seuls moyens que les consommateurs ont pour réduire le risque; même des messages de cuisson adaptée ne reconnaissent pas le risque de contamination croisée.

Les messages liés à la communication à propos des risques ont été contradictoires au fil du temps avec les gouvernements canadiens et américains alignant enfin leurs messages au cours des cinq dernières années, en disant aux consommateurs d’éviter les germes. Pourtant, les consommateurs et l’industrie pensent que le risque reste faible.

Pour minimiser les risques sanitaires liés à la consommation de graines germées, les agences de santé publique locales et nationales, les restaurants, les distributeurs et les producteurs ont besoin de messages validés, cohérents et répétés sur les risques via à une variété de sources.

Référence. Erdozain, M.S., Allen, K.J., Morley, K.A. and Powell, D.A. 2012. Failures in sprouts-related risk communication. Food Control. 10.1016/j.foodcont.2012.08.022

Prévalence et caractérisation de Escherichia coli et Klebsiella pneumoniae producteurs de BLSE dans des légumes à consommer en l’état

30
nov
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kevin_allen_sprout41Faits saillants.

  • Escherichia coli et Klebsiella pneumoniae producteurs de BLSE* dans des légumes prêts à consommer ont été isolés pour la première fois.
  • Les profils phénotypique et génotypique des isolats étaient similaires à ceux des isolats cliniques précédemment rapportés.
  • Les légumes prêts à consommer, particulièrement les graines germées, sont une source potentielle d’exposition humaine à ces bactéries.

Résumé.

L’objectif de cette investigation était de déterminer la prévalence et les caractéristiques de de Escherichia coli et de Klebsiella pneumoniae producteurs de bêtalactamases à spectre étendu ou élargi (BLSE) dans les légumes à consommer en l’état. Un total de 189 échantillons de légumes à consommer en l’état (91 graines germées et 98 salades mélangées) a été prélevé dans un marché de détail en Corée du Sud d’octobre 2012 à février 2013. La prévalence de E. coli et de K. pneumoniae producteurs de BLSE était de 10,1%. Parmi ceux-ci, 94,7% était des échantillons de graines germées. Tous les isolats étaient résistants à la céfotaxime (CTX), et beaucoup de producteurs de BLSE étaient également résistants aux antibiotiques non-β-lactamines, dont la gentamicine, le triméthoprime/sulfaméthoxazole et la ciprofloxacine (respectivement 73,7%, 63,2% et 26,3%). Les ß-lactamases TEM-1, SHV-1, – 2, – 11, – 12, – 27, – 28 et – 61, et CTX-M-14, – 15 et – 55 ont été détectés seules ou en association. Les plates-formes génétiques de tous les isolats produisant CTX-M* étaient ISEcp1blaCTX-Morf477 et ISEcp1blaCTX-M-IS903 dans les groupes CTX-M 1 et 9, respectivement. A notre connaissance, ceci est le premier article sur la prévalence et la caractérisation de E. coli et de K. pneumoniae producteurs de BLSE isolés à partir de légumes à consommer en l’état. Les résultats de cette étude indiquent que les légumes à consommer en l’état, les graines germées en particulier, peuvent jouer un rôle dans la propagation de bactéries résistantes aux antibiotiques et des gènes BLSE chez l’homme.

*une nouvelle BLSE.

Référence. Hong-Seok Kima, Jung-Whan Chonb, Young-Ji Kim, Dong-Hyeon Kim, Mu-sang Kim, Kun-Ho Seo. Prevalence and characterization of extended-spectrum-β-lactamase-producing Escherichia coli and Klebsiella pneumoniae in ready-to-eat vegetables. International Journal of Food Microbiology Volume 207, 17 August 2015, Pages 83-86.

Étaient-ce les graines germées ? Apparition d’une souche rare de Salmonella en Suisse et en Allemagne au cours de ces dix dernières années

21
août
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« Étaient-ce les graines germées ? Apparition d’une souche rare de Salmonella en Suisse et en Allemagne au cours de ces dix dernières années », source Doug Powell du barfblog du 20 août 2015.

Au cours de l’été 2013, une augmentation d’isolats de Salmonella enterica ssp. enterica sérotype Szentes issus de cas cliniques humains a été enregistrée par le Centre national suisse des bactéries entéropathogènes et de Listeria.

sprout.santa_.barf_.xmas_-300x255Au cours des neuf mois qui ont suivi, 18 isolats provenant de 13 patients et un prélèvement d’aliment ont été collectés. Sur les 13 cas humains, 10 (77%) étaient des femmes. L’âge des patients variait de 27 à 83 ans (âge moyen, 49 ans). L’électrophorèse en champ pulsé (PFGE) réalisée avec Xbal et le séquençage multilocus (multilocus sequence types ou MLST) ont été utilisés pour typer les souches. La PFGE ainsi que le MLST ont montré que des souches indiscernables. Le profil par PFGE et le MLST (ST427) étaient identiques à celui de Salmonella enterica sérotype Szentes isolé dans les années précédentes (2002-2013) à partir de cas sporadiques en Suisse et en Allemagne.

La fréquence accrue d’isolement s’est poursuivie pendant 6 mois après la détection de Salmonella Szentes dans des graines germées. Aucune exposition alimentaire commune n’a pu être établie. En raison du manque d’informations sur la source potentielle des aliments, d’autres investigations ne sont pas possibles. L’éclosion de ce sérotype inhabituel a été détecté en raison de son apparition de façon groupé dans le temps.

Référence. Nüesch-Inderbinen Magdalena, Cernela Nicole, Althaus Denise, Hächler Herbert, and Stephan Roger. Salmonella enterica serovar Szentes, a rare serotype causing a 9-month outbreak in 2013 and 2014 in Switzerland. Foodborne Pathogens and Disease. Ahead of print. doi:10.1089/fpd.2015.1996.