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Glyphosate : La Suisse fait-elle preuve de bravitude ?

28
juil
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Classé dans Contamination, Curiosité, Environnement, Non classé, Réglementation, Santé, Sécurité des aliments, Union Européenne.

L’Office fédéral de la sécurité alimentaire et des affaires vétérinaires (OSAV) a publié le 4 juillet 2016 une fiche thématique sur le glyphosate dont je ne résiste pas de vous présenter l’essentiel …

Glyphosate

Avant de pouvoir être commercialisés et utilisés, les produits phytosanitaires sont soumis à une procédure d’autorisation longue et complexe. Dans ce cadre, l’Office fédéral de la sécurité alimentaire et des affaires vétérinaires (OSAV) est responsable de l’évaluation du risque pour la santé et de la fixation des concentrations maximales de résidus dans les denrées alimentaires. L’autorisation et l’interdiction des produits sont de la compétence de l’Office fédéral de l’agriculture (OFAG).

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En mars 2015, le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) de l’OMS a classé le glyphosate parmi les « cancérogènes probables » lors d’une autre analyse. Dans le cadre de sa nouvelle évaluation du glyphosate réalisée le 12 novembre 2015, l’EFSA, l’Autorité européenne de sécurité des aliments, a également évalué son potentiel cancérogène et pris position sur l’estimation du CIRC. Contrairement à ce dernier, l’EFSA parvient à la conclusion que le glyphosate n’est probablement ni mutagène, ni cancérogène.

Suite à la recommandation d’une force opérationnelle de l’OMS, le glyphosate a été de nouveau évalué du 9 au 13 mai 2016 lors d’une réunion extraordinaire, à Genève, par des experts de la JMPR. Ces derniers ont estimé qu’il était peu probable que le glyphosate présente un risque cancérogène pour l’homme via l’alimentation. Ces résultats confirment ainsi le point de vue de l’EFSA et celui de l’OSAV. La JMPR applique un autre concept d’évaluation que le CIRC: elle évalue en effet le risque potentiel que représentent pour l’homme les résidus pouvant subsister dans la nourriture suite à l’utilisation de produits phytosanitaires dans des conditions réalistes. Au contraire, le CIRC évalue le potentiel cancérogène indépendamment de la dose.

Le 28 juin 2016, la Commission de l’UE a décidé de prolonger de 18 mois l’autorisation du glyphosate. Dans ce laps de temps, l’ECHA, Agence européenne des produits chimiques, devra évaluer si le glyphosate est vraiment cancérigène. L’ECHA est l’agence responsable de la classification et de l’étiquetage des substances chimiques dans l’UE conformément à la législation sur les substances dangereuses. Comme d’autres comités d’experts reconnus internationalement, l’OSAV juge peu probable que le glyphosate présente un risque cancérogène pour l’homme via l’alimentation. Du point de vue sanitaire, il ne voit donc pas l’utilité de modifier les valeurs maximales en vigueur ou de prendre d’autres mesures visant à réduire l’exposition.

Les progrès considérables réalisés ces dernières années dans les techniques d’analyse des substances permettent aujourd’hui d’identifier les plus infimes concentrations de substances dans les matrices les plus diverses (denrées alimentaires, eau souterraine, tissus corporels et liquides tels que l’urine et le sang, etc.). Il n’est donc pas étonnant que des traces de produits chimiques soient de plus en plus souvent attestées dans le corps humain. Cela est particulièrement valable pour le glyphosate puisqu’il est non persistant et efficacement éliminé sous forme d’urine. Les résultats de la mesure d’échantillons d’urine effectuée par une organisation de consommateurs montrent que les valeurs trouvées sont infimes (0,9 microgramme par litre au maximum). Si on convertit la concentration d’urine maximale mesurée (0,9 microgramme par litre), on obtient une dose plus de 3 000 fois inférieure à la dose actuelle de référence, ce que l’on peut donc considérer comme ne présentant pas de risque sanitaire.

Rappel par IKEA de six produits à base de chocolat pour cause de non étiquetage des allergènes

28
juil
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Classé dans Allergène, Contamination, Contamination croisée, Curiosité, Environnement, Hygiène, Rappel, Réglementation, Santé, Sécurité des aliments, Union Européenne.

Il semble que ce soit un rappel datant du 28 juillet 2016 concernant des produits alimentaires IKEA, si j’en juge par les communiqués d’autorités dans d’autres pays. Pas de risque qu’en France nos autorités nous informent de ce rappel comme d’ailleurs cela avait été le cas avec le précédent rappel d’IKEA le 26 juin 2016.

A titre préventif, IKEA rappelle 6 produits à base de chocolat en raison d’une indication insuffisante sur la présence possible de noisettes et/ou d’amandes.

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IKEA souhaite informer à titre préventif ses clients d’une indication insuffisante sur la présence possible de noisettes et/ou amandes dans les 6 produits suivants :

  • CHOKLAD LINGON & BLÅBÄR 180g,
  • CHOKLAD LJUS UTZ 100g,
  • CHOKLAD NÖT UTZ 100g,
  • GODIS CHOKLADKROKANT 450g,
  • GODIS CHOKLADRÅN 168g,
  • CHOKLADKROKANT BREDBAR 400g.

Les produits peuvent être consommés par les personnes qui ne sont pas intolérantes aux noisettes et/ou aux amandes.

Les clients intolérants aux noisettes et/ou aux amandes ou qui se sentent concernés par cet avertissement sont invités à rapporter les produits, dans n’importe quel magasin IKEA, afin de se faire rembourser intégralement de leur achat.

Tous les lots de fabrication sont concernés.

Pour toutes questions complémentaires, vous pouvez vous adresser au département Échanges & Retours du magasin ou contacter le Service Après-Vente IKEA au téléphone suivant : N° vert 0800 603 606.

NB : Il s’agit en fait d’un mauvais étiquetage  de la présence d’allergènes. Il ne s’agit donc pas comme le laisse supposer le communiqué un problème d’intolérance aux noisettes et/ou aux amandes.

On peut aussi ajouter qu’au Royaume-Uni, il y avait déjà eu un rappel de deux produits à base de chocolat, comme en France, et que ce rappel n’est une extension du rappel précédent à six autres produits de chocolat, selon la Food Standards Agency.

Sur les différences entre allergie et intolérance alimentaire, on lira que selon EUFIC :

Une réaction secondaire à un aliment est souvent assimilée à une allergie alimentaire. Dans la plupart des cas, il s’agit toutefois de quelque chose d’autre, probablement une intoxication alimentaire, une aversion pour un aliment ou une intolérance à l’un des ingrédients de l’aliment.

L’allergie alimentaire est une forme spécifique d’intolérance alimentaire qui active le système immunitaire. Un allergène (une protéine dans l’aliment incriminé, qui chez la majorité des gens ne produit pas d’effets secondaires) provoque une réaction en chaîne dans le système immunitaire aboutissant la libération d’anticorps. Ces anticorps entraînent à leur tour la libération d’autres molécules, comme l’histamine, qui donnent libre cours à des symptômes variés comme un nez qui coule, de la toux, un éternuement ou des démangeaisons. Les allergies alimentaires sont souvent héréditaires et habituellement identifiées tôt dans la vie.

L’intolérance alimentaire implique le métabolisme, mais pas le système immunitaire. Un bon exemple est l’intolérance au lactose, dans laquelle certains individus sont carencés en lactase, une enzyme digestive qui dégrade le sucre du lait.

Contrôles de la DGCCRF sur les autoroutes et sécurité sanitaire : des contrôles toujours en baisse …

28
juil
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Classé dans Curiosité, Hygiène, Microbiologie, Réglementation, Santé, Sécurité des aliments.

Sur les autoroutes, il n’y a pas que la sécurité, il y a aussi la sécurité sanitaire des aliments !

Preuve en est ce document du 27 juillet 2016 de la DGCCRF sur « Contrôles de la DGCCRF sur les autoroutes » qui concerne les résultats des contrôles par la DGCCRF en 2015.

Extraits.

larry_the_cable_guy_health_inspector2En 2015, la Cellule nationale des contrôles sur autoroutes (CNCA), service spécialisé de la DGCCRF, a contrôlé 268 établissements et 48 aires de jeux, dans le cadre de sa mission de surveillance du marché et pour donner suite aux 22 plaintes de consommateurs qu’elle a reçues, majoritairement relatives au dépannage, à l’hygiène des restaurants et au prix du péage. Au cours de ces contrôles, elle a effectué 204 prélèvements pour procéder à des analyses bactériologiques – en particulier de sandwichs et de desserts – et six prélèvements de produits industriels – en l’occurrence des jouets dont les enquêteurs soupçonnaient une non-conformité et qui ont été envoyés au laboratoire pour analyse.

Les principaux manquements sont relatifs à la sécurité, notamment en matière alimentaire : même s’ils sont peu nombreux, compte tenu des enjeux sanitaires, ces écarts appellent des actions correctives rapides de la part des opérateurs et une réaction ferme de la DGCCRF. Ainsi, deux prélèvements bactériologiques se sont avérés non conformes et près d’une vingtaine de procès-verbaux ont relevé des infractions aux règles de température, voire des défauts d’hygiène. Certains sous-concessionnaires font usage de meubles inadaptés et trop chargés, et les autocontrôles qu’ils pratiquent manquent de fiabilité. Un procès-verbal a aussi été rédigé en raison du non-respect de la réglementation relative au transport des denrées réfrigérées.

Notons (voir ci-dessous) que le nombre de contrôles est sensiblement à la baisse entre 2015 et 2014 (document daté du 17 septembre 2015), même si comme le rapporte la DGCCRF, elle « maintient, en 2016, des contrôles renforcés sur autoroute, en particulier dans le contexte de la saison estivale pendant laquelle le réseau autoroutier est très fréquenté. »

Des contrôles renforcés à la baisse ?

  • Résultats 2014 sur 658 établissements :

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  • Résultats 2015 :

dgccrf_contrôles_ 2015

Bien entendu, nous ne connaitrons rien des résultats des prélèvements microbiologiques, transparence oblige …

Bilan 2016 à mi-parcours de l’opération interministérielle vacances, selon la DGCCRF. Baisse très significative du nombre de contrôles par rapport à l’an dernier !

27
juil
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Classé dans Curiosité, Environnement, Hygiène, Réglementation, Santé, Sécurité des aliments.

À l’occasion de son déplacement à Brest, le 26 juillet 2016, la secrétaire d’Etat chargée du Commerce, de l’Artisanat, de la Consommation et de l’Economie sociale et solidaire a annoncé les résultats, à mi-parcours, de l’Opération Interministérielle Vacances (OIV).

Rien de bien neuf par rapport à l’an dernier, voir Bilan 2015 à mi-parcours : L’opération interministérielle vacances, c’était donc mieux avant ?

Vacances d'eteOn apprend donc :

Au 22 juillet 2016, plus de 40 000 vérifications ont été effectuées dans environ 12 500 établissements particulièrement ciblés comme pouvant présenter des risques. Le taux d’anomalies constatées de 23%, est stable par rapport à 2015. Ces anomalies ont donné lieu à des avertissements et des mesures administratives, afin d’assurer la mise en conformité des pratiques, et plus de 1000 procès-verbaux pour sanctionner les pratiques les plus graves. Les contrôles seront accentués au mois d’août en raison du nombre plus important d’estivants sur cette période.

L’an dernier, selon la DGCCRF, il y avait eu :

Au 30 juillet 2015, 51 500 interventions ont été effectués dans 17 000 établissements particulièrement ciblés comme pouvant présenter des risques. Au total, ce sont plus de 11 400 manquements qui ont été constatés donnant lieu à 1 350 procès-verbaux, 1 600 mesures administratives et 8 500 avertissements.

Ce qui frappe, c’est la baisse importante du nombre de vérification et/ou d’interventions, tout dépend comment on les appelle , voir aussi L’inexorable baisse des contrôles de sécurité des aliments en France vue par le ministère de l’agriculture.

On n’aura pas comme l’an dernier le détail des vérifications, tout juste sait-on qu’il y a eu plus de 1000 procès-verbaux, mais rien de plus, comme d’hab …

Selon France Bleu du 26 juillet 2016, on en sait un petit peu plus :

23 % des structures visitées ont révélé des anomalies. Quarante quatre mesures de fermetures ont été décidées par les services de l’Etat. Il s’agit de restaurants, de baraques à frites, de campings non conformes avec la législation. « Par rapport à l’an passé, les chiffres sont stables » résume Martine Pinville, secrétaire d’ Etat au Commerce, à l’Artisanat et à la Consommation.

Le pourcentage du taux d’anomalies constatées, 23%, est proche de celui de l’an dernier. En effet selon Le Parisien du 30 juillet 2015,

des « manquements » relevés dans plus d’un commerce sur cinq. Commencée à la mi-juin, la campagne de contrôles des commerces dans les zones touristiques a permis de relever des anomalies dans 22 % des cas. Un taux sensiblement identique à celui obtenu sur l’ensemble de l’été 2014.

Mais 23% d’anomalies sur plus de 40 000 contrôles, ce n’est pas la même chose que 22% d’anomalies dans 51 500 contrôles !

Baisse sensible du nombre d’interventions, anomalies stables, cela doit sans doute ressembler à un bilan à mi-parcours … mais ce n’est pas le cas partout, voir Opération vacances en Corse : Des contrôles mais pas de divulgation de chiffres, vous avez dit transparence ? et Opération interministérielle vacances en Normandie : 47% d’anomalies.

Etrange communication très minimaliste de la secrétaire d’Etat à la consommation, mais au final assez proche de la pseudo-transparence affichée par le ministre de l’agriculture, quelle équipe !

Mise à jour du 28 juillet 2016. Selon France Info du 26 juillet 2015,

Sur les 23% d’anomalies constatées, la plupart, soit 73%, concerne des non-conformités mineures comme un mauvais affichage. Dans 11% des cas, il s’agit de manquements graves où la sécurité du consommateur est susceptible d’être menacée, ce qui entraîne un retrait de marchandises ou une fermeture administrative. C’est ce qui est arrivé à 44 établissements, qui ont été fermés après un contrôle de la DGCCRF (Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes) depuis le 1er juin.

Un jour, peut-être, on finira par savoir en quoi consiste ces 23% d’anomalies constatées …

DGCCRF : La curieuse information sur l’affichage des résultat des contrôles sanitaires par les restaurateurs

25
juil
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Classé dans Curiosité, Environnement, Hygiène, Réglementation, Santé, Sécurité des aliments.
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A propos des relations entre la DGCCRF et les services du ministère de l’agriculture

« Les restaurateurs devront bientôt afficher le résultat de leur contrôle sanitaire », telle est l’information tardive que diffuse la DGCCRF, qui ne fait que reprendre ce qu’annonce depuis quelque temps déjà le ministère de l’agriculture

On apprend donc par la DGCCRF :

Après une première expérimentation à Paris et Avignon en 2015, tous les établissements auront prochainement l’obligation de divulguer leur niveau global d’hygiène.

C’est le service minimum de la DGCCRF qui n’a pas ‘digéré ce dispositif …

Petit retour en arrière,

Dans un article de septembre 2014, Des smileys dans les restaurants : une mesure illusoire ou une fausse bonne idée, il était question du syndicat Solidaires CCRF & SCL qui indiquait :

« La fausse bonne idée Smiley ! »

et je suggère au lecteur intéressé de lire le communiqué en intégralité qui montrera si besoin en était que la rivalité en la DGAL et la DGCCRF est toujours bien vivante …

Le 12 septembre 2014, la secrétaire d’État à la consommation indiquait dans un communiqué :

Des smileys à l’entrée des restaurants : quelle drôle d’idée ! Suite à la proposition d’apposer un smiley à l’entrée des restaurants afin d’informer les clients de leur conformité aux normes sanitaires, Carole DELGA, Secrétaire d’Etat chargée du Commerce, de l’Artisanat, de la Consommation et de l’Economie sociale et solidaire exprime ses fortes réserves et rappelle que la loi ne prévoit actuellement pas ce dispositif.

Bon aujourd’hui la secrétaire d’État n’est plus là, et les promesses, une fois de plus, n’engagent que ceux qui y croient, la DGCCRF semble s’être résolue cette idée en montrant bien que cela est du ressort du ministère de l’agriculture, mais mettra-t-elle pour autant la main à la tâche ? Rien n’est moins sûr !

Vaste question car si l’on sait que le nombre d’inspecteur et donc d’inspections ont significativement baissé (voir L’inexorable baisse des contrôles de sécurité des aliments en France vue par le ministère de l’agriculture), qu’en sera-t-il de la fréquence des contrôles dont on nous dit que « Les restaurants sont inspectés en moyenne 1 fois tous les 3 ans à Paris et à Avignon. Lorsque des mesures correctives sont nécessaires, le restaurant est inspecté plus souvent. »

Et ailleurs, c’est secret défense … mais s’agissant des résultats des contrôles de la DGCCRF, un site Internet avait posé la question en mai 2015, « comment dit-on enfumage en langage administratif de Bercy ? »

J’ai bien peur que la ‘transparence’ des résultats des contrôles en restauration commerciale ne suive le même chemin …