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Rappels de produits alimentaires : Pourquoi un tel délai entre le prélèvement et la communication du résultat de l’analyse ?

30
oct
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Classé dans Contamination, Contamination croisée, Curiosité, Microbiologie, Rappel, Réglementation, Santé, Sécurité des aliments, Union Européenne.

recallInformation somme toute assez classique surtout aux Etats-Unis, où l’on apprend le rappel de coriandre frais (source The Packer du 30 octobre 2014).

Shenandoah Growers Inc. rappelle volontairement 465 sachets de coriandre en raison d’une contamination possible à Salmonella. L’information indique que « Nous avons lancé ce rappel volontaire après avoir reçu les résultats des analyses le 28 octobre que l’un des quatre échantillons prélevés de routine le 8 octobre par le Virginia Department of Agriculture and Consumer Services ait révélé la présence de Salmonella », selon l’avis de rappel. »

Soit un délai de 20 jours entre l’analyse et les résultats pour le rappel …

Comme nous allons le voir à partir de quelques exemples récents, cette situation est en fait assez courante en France.

Ainsi, il y a peu, j’avais signalé le « Rappel de conserve de moules à l’escabèche CARREFOUR pour cause de toxines lipophiles près de 23 jours après la notification d’une alerte au RASFF par la France ».

Et si l’on prend le délai entre le prélèvement, 8 septembre 2014, et le résultat de l’analyse (date de la notification, le 3 octobre 2014), on se rend compte que ce délai est anormalement long … (données issues de la notification d’alerte au RASFF, référence 2014.1356).

Autre exemple, le « Rappel de salades composées en France pour cause de présence de Listeria monocytogenes près de 8 jours après la notification d’alerte au RASFF par la France. Cherchez l’erreur ! ».

Ce rappel est assez significatif car ce rappel de lots de salades, le 17 octobre 2014, avait pour cause de présence de Listeria monocytogenes. Il n’a eu lieu qu’en Belgique et au Luxembourg. En France point de communiqué de rappel, ni de nos autorités, ni des distributeur. Le site Internet Rappel Produits avait signalé l’avis de rappel en France le 24 octobre 2014.

Dans la notification d’alerte au RASFF par la France, référence 2014.1416, nous n’avons que la date de la notification, la date du prélèvement n’est pas mentionnée.

Dernier exemple de retard, avec ce rappel en retard de 7 jours de desserts bi-parfum chocolat et bi-parfum caramel pour cause de présence de peroxyde d’hydrogène !

Il y a eu une alerte notifiée au RASFF par l’Allemagne (référence 2014.1420) le 17 octobre 2014 concernant la présence de peroxyde d’hydrogène (25 mg/litre) dans des desserts chocolat et vanille ! Un communiqué de rappel a été publié dans ce pays à la même date mais une distribution a été faite en France … mais il a fallu attendre 7 jours pour réaliser un rappel … le 23 octobre 2014.

Terminons, enfin, par ce qui semble avoir bien fonctionné.

Nos autorités signalent le 24 octobre 2014 le « retrait de camembert de Normandie AOP de la fromagerie du Domaine de Saint Loup ».

Cette fois-ci, tout est allé extrêmement vite. La France notifie une alerte au RASFF, référence 014.1447, concernant la présence de Escherichia coli producteurs de shigatoxines (O26:H11 avec les gènes eae et stx1) dans des camemberts au lait cru de France. Distribution en France, Autriche, Allemagne, Espagne.

La date du prélèvement est le 23 octobre 2014 et que le communiqué de retrait date du 24 octobre 2014, comme quoi quand veut être rapide, on le peut !

Malheureusement, cet épisode de promptitude est relativement rare …

Taiwan : Les dénonciateurs pourraient obtenir 60% du montant des amendes infligées aux entreprises alimentaires condamnées pour des problèmes de sécurité des aliments

29
oct
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Classé dans Contamination, Curiosité, Environnement, Hygiène, Réglementation, Santé, Sécurité des aliments, TIAC.

whistleblower« Les dénonciateurs pourraient obtenir 60% du montant des amendes infligées aux entreprises alimentaires condamnées pour des problèmes de sécurité des aliments », selon le Taipei Times du 27 octobre 2014.

Taiwan sera-t-il pays des dénonciateurs en matière de sécurité des aliments ? Une autre façon sans doute de faire appliquer les règles de sécurité des aliments !

Déjà dans un précédent article de décembre 2013, Taïwan : La prime des dénonciateurs de non conformités en matière de sécurité des aliments augmentée, on avait appris que la prime passait de 5 à 10%.

Le conseil du grand Kaohsiung a modifié les règles municipales de sécurité des aliments pour offrir aux dénonciateurs 60% des amendes prélevées aux entreprises reconnues coupables, la plus haute récompense en argent offert par la nation.

Les conseillers de tous les partis ont approuvé à l’unanimité la modification de la réglementation de l’industrie alimentaire, un mouvement alimenté par la révélation que Cheng I Food Co basé à Kaohsiung avait vendu de l’huile de qualité inférieure à des entreprises alimentaires dans le dernier scandale alimentaire du pays.

Cheng I a eu une amende 1,67 millions de dollars suite aux accusations de violation des lois sur la sécurité des aliments du pays. Cela signifie que si les nouvelles règles avaient été en vigueur, et que l’information avait été fournie par un dénonciateur interne, il ou elle aurait pu recevoir à 1 millions de dollars en argent comptant.

Des règles similaires dans d’autres villes, municipalités et comtés paient entre 10 et 50% de l’amende prélevée sur une entreprise condamnée.

Une information orale des consommateurs sur la présence d’allergènes selon les métiers et les industries de l’hôtellerie ?

28
oct
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Classé dans Allergène, Curiosité, Réglementation, Santé, Sécurité des aliments, Union Européenne.

« Les préoccupations de la profession sont nombreuses » dit un communiqué de l’UMIH (Union des Métiers et des Industries de l’Hôtellerie) du 9 octobre 2014.

S’agissant des allergènes « l’obligation européenne d’informer les consommateurs sur les 14 allergènes figurant dans les plats à partir du 13 décembre prochain, et dans l’attente de la publication du décret qui devrait laisser aux exploitants la liberté de donner une information orale pour autant que la documentation interne correspondante existe et puisse être présentée en cas de contrôle, Hubert JAN a annoncé la mise en place très prochainement d’un partenariat exclusif pour les adhérents UMIH afin de les accompagner dans la mise en œuvre de cette nouvelle réglementation. »

 AllergiesAlimentairesEn effet, le 4 septembre 2014, une information indiquait que « L’UMIH et le Groupement National des Chaînes Hôtelières (GNC) entendus par le cabinet de Mme DELGA (secrétaire d’Etat chargée du Commerce, de l’Artisanat, de la Consommation et de l’Economie sociale et solidaire) : vers une information orale sur les allergènes ! » Ils « ont noté avec satisfaction que le projet de décret sur les allergènes serait modifié pour répondre aux préoccupations des professionnels. »

Rappelons qu’« à partir du 13 décembre 2014, les restaurateurs seront obligés d’informer leurs clients sur les allergènes contenus dans les plats qu’ils proposent. L’inquiétude des professionnels provenait principalement, non de la loi elle-même, mais des modalités de son application. Il était jusqu’ici question d’une obligation d’information écrite sur les cartes et menus des restaurants. »

Selon le règlement (UE) N°1169/2011 du Parlement européen et du Conseil du 25 octobre 2011 concernant l’information des consommateurs sur les denrées alimentaires,

  • Il est important d’informer les consommateurs de la présence d’additifs alimentaires, d’auxiliaires technologiques et d’autres substances ou produits ayant un effet allergène ou d’intolérance scientifiquement démontré, pour que les consommateurs, particulièrement ceux qui souffrent d’allergies ou d’intolérances alimentaires, puissent choisir en connaissance de cause des produits qui n’affectent pas leur santé.
  • Il convient que les États membres conservent le droit d’établir les normes régissant l’information sur les denrées alimentaires non préemballées, en fonction des conditions pratiques et de la situation sur leur territoire. Bien qu’en pareil cas, les consommateurs exigent peu d’informations supplémentaires, la mention des allergènes potentiels est considérée comme extrêmement importante. Apparemment, la plupart des incidents d’allergies alimentaires trouvent leur origine dans des denrées alimentaires non préemballées. En conséquence, ces informations relatives aux allergènes potentiels devraient toujours être fournies aux consommateurs.

Dans ces conditions, je ne vois pas bien comment une information orale sera possible …

Etats-Unis : Un outil sur Internet supplante l’étiquetage nutritionnel réglementaire ou non par feux tricolores

28
oct
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Classé dans Curiosité, Nutrition, Réglementation, Santé, Union Européenne.

« Notation des aliments : un nouveau service Internet, les scores des aliments en supermarché sur les ingrédients et la nutrition », source article de Stephanie Strom paru le 27 octobre 2014 dans le New York Times.

Que n’a-t-on dit sur l’étiquetage sur l’étiquetage proposé par un distributeur, voir Etiquetage nutritionnel : Le lobby des nutritionnistes s’organise face à l’initiative de Carrefour.

On pourra toujours faire ce que fait ce distributeur ou ce que fera, peut-être, le ministère de la santé, cela n’empêchera pas l’initiative ci-dessous de se développer y compris en France … ou bien partir dans le pétitionnisme aiguë ?

Mais c’est surtout l’ANIA qui va être satisfaite de ce nouvel outil Internet, merci qui ?

Bien entendu la Grocery Manufacturers Association, sorte de Fédération des entreprises du commerce et de la distribution (FCD) aux Etats-Unis, est résolument contre, c’est donc un bon signe !

hot_dogsExtraits.

Une organisation de recherche environnementale introduit lundi l’une des bases de données les plus complètes de produits alimentaires en ligne, contenant des informations sur plus de 80 000 articles vendus en supermarché dans le pays (Etats-Unis). Elle offre des détails sur les ingrédients et l’information nutritionnelle ainsi qu’une tentative pour évaluer la façon dont les aliments sont transformés.

« Nous savons que les consommateurs se soucient beaucoup de ce qui est dans les aliments qu’ils achètent, et nous savons aussi que si les aliments sont hautement transformés, cela peut avoir un impact sur la nutrition d’une manière qui n’est pas toujours montrée sur l’étiquetagee, a déclaré Renée Sharp, directrice de recherche à l’Environmental Working Group, une association à but non lucratif qui a bâti ce nouveau service.

La base de données sur la notation des aliments, compilée en grande partie à partir des informations fournies par les entreprises alimentaires via un étiquetage volontaire et obligatoire, combinés avec les propres recherches du groupe sur les pesticides et les additifs, permet aux consommateurs de trouver des informations comme le nombre de produits qui contiennent huile végétale bromée comme ingrédient ou si un produit particulier contient des colorants et des conservateurs ajoutés.

N’hésitez pas à lire la suite de l’article ici. L’image de droite montre le résultat pour des hot dogs, une charcuterie à base de porc, va de 4,5 à 10, selon les ingrédiants et le procédé de transformation.

Comme on peut le voir sur l’image ci-dessous cela oscille du vert (note 1) au … rouge (note 10) comme dans l’étiquetage nutritionnel avec des feux tricolores

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Dans ce contexte et pour sourire, on lira dans la revue PROCESS, Etiquetage nutritionnel : Le Foll contredit Touraine, Garot nuance. Un peu beaucoup à côté de la plaque ces politiques …

Les producteurs de volailles au Royaume-Uni inquiets du partenariat transatlantique de commerce et d’investissement

27
oct
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Classé dans Campylobacter, Contamination, Contamination croisée, Curiosité, Environnement, Hygiène, Réglementation, Santé, Sécurité des aliments, TIAC, Union Européenne, Volaille.

TTIP« Le secteur de la volaille au Royaume-Uni soulève des préoccupations liées à la sécurité sanitaire des volailles concernant le TTIP », source Meat.info.co.uk du 24 octobre 2014.

Les membres de l’industrie de la volaille au Royaume-Uni craignent que les négociations commerciales dans le cadre du partenariat transatlantique de commerce et d’investissement (TTIP) entre l’Union européenne et les États-Unis pourraient compromettre la sécurité des aliments.

Le British Poultry Council (BPC) a partagé les résultats de son enquête sur la confiance des entreprises avec Meatinfo.co.uk, montrant que 82,5% sont préoccupés par l’impact que les négociations du TTIP auront sur l’industrie de la volaille.

Les volailles aux États-Unis sont plongées dans du chlore pour tuer les bactéries telles que Campylobacter et Salmonella. Ceci est une pratique qui est interdite dans l’UE où une pratique plus coûteuse allant « de la ferme à la fourchette » est adoptée pour assurer que ces bactéries ne sont pas présentes.

Cees Vermeere, secrétaire général de l’Association of Poultry Processors and Poultry Trade in the EU (AVEC) a expliqué pourquoi la pratique de l’UE était préférable : La politique de l’UE, « de ferme à la fourchette » peut être considérée comme très durable car vous essayez de maîtriser et de minimiser les risques dès le début de la chaîne de la sécurité des aliments et réduire le fardeau potentiel de la ferme vers l’environnement ou le voisinage. A titre d’exemple, selon l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA), la viande de poulet peut représenter 20% à 30% des campylobactérioses chez l’homme dans l’UE, tandis que 50% à 80% des campylobactérioses humaines peuvent être attribuées au réservoir que représente le poulet. Par conséquent des interventions pour mieux maîtriser et réduire les pathogènes doit être prises le plus tôt possible dans la chaîne de valeur. »

Commentaires : Il faudrait savoir ce que l’on veut, si la politique de l’UE marchait si bien, comment se fait-il qu’il y ait tant de cas d’infection à Campylobacter dans l’UE ? Selon l’EFSA, « la campylobactériose reste la maladie la plus fréquemment signalée, avec 214 000 cas d’infection. » Des interventions à tous les stades de la production seraient sans doute les bienvenues …