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Des inspecteurs d’un genre nouveau dans les abattoirs en France ?

23
mai
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Classé dans Curiosité, Environnement, Hygiène, Réglementation, Santé, Sécurité des aliments.

larry_the_cable_guy_health_inspector2La Commission d’enquête parlementaire sur les « Conditions d’abattage des animaux de boucherie dans les abattoirs français » fait parler d’elle …

Après un premier déplacement inopiné dans un abattoir, lundi 9 mai 2016 matin, le président Olivier Falorni et le rapporteur Jean-Yves Caullet, accompagnés des députés Thierry Lazaro et Christophe Bouillon, se sont rendus à 4h30 à l’abattoir de Feignies, près de Maubeuge.

Cet abattoir, spécialisé dans le bovin, avait été choisi car correspondant à un type d’établissement de taille industrielle, de construction récente et en gestion privée, type que la commission souhaitait expertiser.

La commission a pu s’assurer que les règles en matière de bien-être animal étaient respectées dans cet établissement, tant pour l’amenée des animaux que pour l’étourdissement et la mise à mort.

Les députés ont constaté que cette situation satisfaisante n’enlevait rien à la réalité des situations inacceptables constatées par les lanceurs d’alerte et qui avaient justifié la création de la commission d’enquête.

C’est pourquoi la commission procédera à d’autres visites inopinées dans les semaines à venir dans des établissements de types différents afin d’avoir la vision la plus complète possible des réalités de terrain.

2ème déplacement inopiné dans un abattoir

Lundi 23 mai 2016 matin, la commission d’enquête a effectué un deuxième déplacement inopiné dans un abattoir où le président Olivier Falorni et le rapporteur Jean-Yves Caullet, se sont rendus à 4h30 à l’abattoir intercommunal d’Autun, en Saône et Loire.

Cet abattoir a été choisi car il correspond à un type d’établissement que la commission souhaitait visiter : multi-espèces (bovins, porcs, petits ruminants), de petite taille et en gestion publique (intercommunale).

La commission salue la volonté de communication de la direction de cet abattoir qui lui a immédiatement ouvert ses portes. Aucun signe de maltraitance animale n’a été observé, les salariés adoptant un comportement adéquat. La commission a néanmoins constaté plusieurs dysfonctionnements majeurs, en particulier lors de l’amenée des animaux. Les derniers mètres du parcours avant l’immobilisation sont source de stress pour les animaux. Une fois ceux-ci arrivés dans le piège, le dispositif de contention ne permet pas une immobilisation satisfaisante pour l’application de la pince à électronarcose, ce qui rend le travail des salariés d’autant plus difficile.

La situation constatée est révélatrice du manque d’investissements passés dans la modernisation du bâtiment et dans le matériel utilisé. Un plan d’investissement de 4,7 millions d’euros est d’ailleurs prévu. Au centre de cet investissement futur figure le rééquipement des postes d’amenée et de contention des ovins et des porcins qui constitue effectivement une urgence pour le bien-être animal et celui des opérateurs, qui lui est lié.

La commission procédera à d’autres visites inopinées dans les semaines à venir dans des établissements de types différents afin d’avoir la vision la plus complète possible des réalités de terrain.

Inspection nationale des abattoirs entre manquement graves et défauts de conformité mineurs, il y en a pour tout le monde !

19
mai
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Classé dans Curiosité, Environnement, Hygiène, Réglementation, Santé, Sécurité des aliments.

Selon Agrisalon du 19 mai 2016, citant l’AFP, lors des inspection dans les abattoirs, « des manquements graves relevés, l’investissement et la formation préconisés par le ministre ».

larry_the_cable_guy_health_inspector2Le ministre de l’agriculture a révélé mercredi que des manquements graves avaient été relevés sur 5% des lignes d’abattages des abattoirs français inspectés au mois d’avril, et a insisté sur les investissements nécessaires dans la filière et la formation des salariés.

« Cette inspection démontre que nous avons encore des progrès à faire », a déclaré le ministre en expliquant devant la commission parlementaire sur les abattoirs que « dans les deux tiers des établissements, absolument aucun problème n’a été mis en évidence. Dans le tiers restant, la majorité des cas (concernait) des défauts de conformité mineurs ». Cette inspection nationale, ordonnée fin mars par le ministre a été conduite dans la quasi totalité des abattoirs de boucherie en France et en Outre-Mer soit 259 établissements sur 263, comprenant 460 chaînes d’abattages.

Le ministre a tenu a assurer que « pour tous les défauts de fonctionnement, la plus grande fermeté a été appliquée et des procès verbaux ont été dressés dans 8 établissements ». (…)

Les cas de non-conformité les plus graves « concernaient au moins 5% des chaînes inspectées, soit 19 chaînes sur 460 », et « ont donné lieu à des suites immédiates », a détaillé le ministre ajoutant que « dans deux établissements, des arrêt d’activité, suspension ou retrait d’agrément, ont été ordonnés ». Parmi les autres cas, « des défauts d’étourdissements ont été relevés dans 39 chaînes d’abattage », selon le ministre.

Reprenons la communication du ministre qui n’apparaît pas très claire :

  • D’un côté, il y aurait des « manquements graves relevés sur 5% des lignes d’abattages des abattoirs français inspectés au mois d’avril. »
  • Mais d’un autre côté, « Dans le tiers restant (des abattoirs), la majorité des cas (concernait) des défauts de conformité mineurs ».

Il faudrait sans doute mieux nous expliquer ce qui se passe …

Dans une précédente communication sur « Les abattoirs en France : Questions – Réponses » du 29 mars 2016, il était indiqué qu’il y avait 263 abattoirs de boucherie (bovins, ovins, caprins, porcins, équins) et « En 2014, pour les suites administratives : 104 avertissements, 60 mises en demeure et 2 suspensions d’agrément sanitaire. »

Il semblerait qu’il y aurait donc un progrès avec cette inspection nationale décidée par le ministre fin mars …, mais comme souvent, nous n’avons pas les éléments de comparaison …

Y a-t-il un resto à l’amende près de chez vous ?

14
mai
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Classé dans Curiosité, Environnement, Hygiène, Réglementation, Santé, Sécurité des aliments.

Attention, cela ne se passe pas en France !

Mais, on s’en souvient que le ministère de l’agriculture avait réalisé une expérimentation de la mise en transparence des résultats des contrôles officiels en restauration commerciale à Paris et à Avignon. Il nous avait présenté des résultats dont le blog avait dit que le ministère de l’agriculture faisait dans l’auto-satisfaction. Voir aussi 1 et 2.

Toujours prêt à aider afin d’améliorer la transparence des résultats des contrôles officiels en restauration commerciale, le blog suggère modestement à ceux qui s’essaient à la transparence des résultats des contrôles au ministère d’aller un peu plus loin et de suivre l’expérience québécoise …

Les autorités de santé du Québec ont décidé de mettre les pieds dans le plat, si j’ose dire, avec cette information parue dans Le Journal de Montréal du 14 mai 2016, « Y a-t-il un resto ou un marché à l’amende près de chez vous? »

L’an passé, la police québécoise* de la salubrité alimentaire a mis à l’amende 1 130 restaurants, épiceries, boulangeries, boucheries, abattoirs ou fermes laitières comparativement à 1 082 en 2013. La plupart du temps, c’était en raison de locaux malpropres, infestés de vermine, ou dont la température inadéquate des aliments risquait de générer des problèmes de digestion à leurs clients.

*Les inspecteurs du ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation, tout comme leurs homologues du Service d’inspection des aliments de la Ville de Montréal, s’appuient sur le Règlement concernant les aliments pour sévir. Les établissements alimentaires ont l’obligation de suivre ces règles.

Il s’agit donc d’une carte interactive (non reproduite ci-dessous) permettant d’indiquer le montant des infractions constatées … qui vont de  0 – 499$ ;  500$ – 1 499$ ; 1 500$ et plus …

Figurent aussi sur cette carte interactive, la possibilité de voir les amandes de 2013 et de 2014, une recherche par nom d’exploitant et la localisation de l’entreprise, Montréal, Québec, etc.

carte_montreal

Pénurie d’inspecteurs au Canada, quid en France ?

19
mar
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Classé dans Contamination, Contamination croisée, Curiosité, Environnement, Hygiène, Réglementation, Santé, Sécurité des aliments.

gerry.ritz_.canada.listeria1Selon Ici Radio Canada du 16 mars 2016,

Un sondage mené auprès des inspecteurs de l’Agence canadienne d’inspection des aliments (ACIA) révèle que plus de la moitié d’entre eux (55 %) s’inquiètent pour la sécurité alimentaire en raison d’une pénurie de main-d’oeuvre.

Sept sur dix inspecteurs sondés affirment que le manque de personnel est particulièrement marqué dans les usines de traitement de la viande.

Le président du syndicat, Bob Kingston, affirme que l’ACIA n’a pas les ressources nécessaires pour assurer la salubrité des aliments.

« Les inspecteurs s’inquiètent de la probabilité de l’éclosion d’une contamination alimentaire majeure. »
— Bob Kingston, président, Syndicat Agriculture

Il ajoute que les plans de l’ACIA de moderniser ses protocoles d’inspection amplifient le risque, en créant de l’incertitude et de la confusion chez les employés.

Bob Kingston demande au gouvernement libéral de tenir sa promesse électorale d’investir 80 millions de dollars sur quatre ans dans l’ACIA.

« C’est un signal d’alarme qui indique que le nouveau gouvernement doit mettre en œuvre ses promesses électorales de nouveaux investissements pour mettre à niveau l’inspection de première ligne des aliments », dit Bob Kingston.

NB : Pour la France, à moins d’une nouvelle étude en cours, on lira Le Blues des inspecteurs en santé publique vétérinaire.

Témoignage : Les pratiques sécuritaires en alimentaire sont une affaire sérieuse

12
mar
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Classé dans Contamination, Contamination croisée, Curiosité, Environnement, Hygiène, Réglementation, Santé, Sécurité des aliments.

« Les pratiques sécuritaires en alimentaire sont une affaire sérieuse », source Doug Powell du barfblog.

415.fort_.collins-300x200Ken King avec Foodservice Consulting & Design LLC, a écrit en réponse à la Une d’un article sur les 415 restaurants du Colorado. Après plus de 40 ans dans le secteur de la restauration, je suis en désaccord avec la présomption des 415 propriétaires disant que le système d’inspection est cassé. Dans un rapport détaillé de l’inspection, il est écrit, je fermerais le restaurant (trois notes consécutives « insuffisantes ») sur la base des dangers que leurs opérations posent à être ouvertes au public.

Non noté dans l’article était la contamination croisée des aliments crus et cuits, des surfaces de travail sales, des chiffons d’essuyage avec des solutions inadéquates de désinfection, du personnel mangeait et de buvait dans la cuisine et, plus accablant, le maintien d’aliments dans le. zones critiques dangereuses, permettant la croissance des pathogènes. Tous ces éléments sont facilement rectifiables et évitables avec un management capable et motivé.

Il est évident que les propriétaires/exploitants de 415 restaurants n’ont pas pris la peine, ou (plus probablement en raison de leur réfutation du processus d’inspection) de se mettre au-dessus des processus établis que nous devons observer afin que nos clients soient à l’abri des maladies d’origine alimentaire. Cela ne revient pas à vouloir renverser le système ; c’est certainement plutôt aux clients de rejeter tout établissement de restauration qui ne peut pas assurer la sécurité des aliments.

Cela a été mon expérience personnelle et avoir des scores exceptionnels lors d’inspections est facile, si l’on sait ce qu’on fait. Ceci est une affaire sérieuse.