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Royaume-Uni : Retour sur une éclosion de listériose liée à de la tourte à la viande, 2010-2013

15
mai
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Classé dans Contamination, Contamination croisée, Curiosité, Environnement, HACCP, Hygiène, Listeria, Microbiologie, Non classé, Réglementation, Santé, Sécurité des aliments, TIAC, Viande.

o_Listeria_20monocytogenesRésumé.

Une éclosion de listériose en Angleterre affectant 14 personnes entre 2010 et 2012 et liée à la consommation de tourte à la viande de porc a été investiguée. Les 14 individus étaient plus âgés que 55 ans, 12 étaient des hommes, et 10 ont signalé la présence d’une maladie sous-jacente.

Tous résidaient ou avaient visité l’une des deux régions anglaises et ont été infectés par la même souche de Listeria monocytogenes.

Lors d’entretiens avec les 12 patients, 9 ont déclaré avoir mangé de la tourte à la viande de porc, et les individus qui ont consommé de la tourte à la viande de porc étaient beaucoup plus susceptibles d’être infectés par la souche épidémique que ne l’étaient des individus avec des cas sporadiques d’infection due à la listériose en Angleterre de 2010 à 2012.

La tourte de viande de porc a été achetée auprès de sept distributeurs dans le Yorkshire du Sud ou les Midlands de l’Est, et la souche épidémique a été récupérée à partir de tourte de viande de porc fournie par le seul producteur dans le Yorkshire du Sud. La souche épidémique a également été récupérée à partir de prélèvements de produits finis et à partir de prélèvements environnementaux réalisés auprès du fabricant. La source probable de la contamination était environnementale au sein même de l’environnement de fabrication, et la contamination a été associée au processus d’ajout de gélatine au pâté après cuisson.

La maîtrise inadéquate de la température et de mauvaises pratiques d’hygiène chez l’un des distributeurs ont également été identifiées comme des facteurs contributifs possibles permettant la croissance du pathogène.

À la suite de l’amélioration des pratiques et la mise en œuvre des mesures de maîtrise supplémentaires dans les locaux du distributeur, L. monocytogenes n’a pas été récupéré à partir des aliments et des prélèvements environnementaux, et la souche épidémique n’a pas été détectée chez d’autres individus avec la listériose en Angleterre.

Référence. Awofisayo-Okuyelu, A.; Arunachalam, N.; Dallman, T.; Grant, K. A.; Aird, H.; McLauchlin, J.; Painset, A.; Amar, C. An outbreak of human listeriosis in England between 2010 and 2012 associated with the consumption of pork pies. Journal of Food Protection®, Number 5, May 2016, pp. 696-889, pp. 732-740(9).

Un article lié a évalué la qualité microbiologique des tourtes de viande vendus chez les distributeurs en Angleterre en 2013 a inclus une revue de la littérature qui a révélé une série de dangers microbiologiques responsables d’intoxication alimentaire et la consommation de tourte de viande, et les données de la surveillance de 1992 à 2012 en Angleterre ont indiqué que C. perfringens était la cause la plus fréquemment rapportée d’éclosions de maladies d’origine alimentaire.

Référence. McLauchlin, Jim; Aird, Heather; Charlett, Andre; Elviss, Nicola; Fox, Andrew; Kaye, Moira; Willis, Caroline. Assessment of the Microbiological Quality of Meat Pies from Retail Sale in England 2013. Journal of Food Protection®, Number 5, May 2016, pp. 696-889, pp. 781-788(8).

NB : Merci à Doug Powell du barfblog de m’avoir signalé ces informations.

La problématique Listeria

13
mai
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Classé dans Contamination, Contamination croisée, Curiosité, Environnement, Hygiène, Listeria, Microbiologie, Rappel, Réglementation, Santé, Sécurité des aliments, TIAC.

listeria(26)« La problématique Listeria », source The Food Institute of The University of Guelph.

Même si l’industrie alimentaire et les services réglementaires font mieux en termes de prévention face à la réponse de Listeria, un pathogène alimentaire, le vieillissement de la population du Canada pourrait faire que des éclosions liées à ce pathogène soient beaucoup plus dangereuses à l’avenir.

Alors que le nombre de cas déclarés au Canada est relativement faible, environ 150 cas par an (364 cas en 2014 en France métropolitaine, selon l’InVS -aa) contre environ quatre millions d’épisodes d’autres types de maladies d’origine alimentaire au Canada, Listeria, connu par son nom scientifique L. monocytogenes, peut être particulièrement mortel. Retrouvé dans le sol, la végétation, l’eau, les eaux usées, l’alimentation des animaux et les fèces du bétail, les humains et les animaux peuvent être porteurs du pathogène sans le savoir. De nombreux aliments, dont les viandes, les poissons, les végétaux et les produits laitiers ont été retrouvés contenir l’organisme. Le pathogène peut survivre à des températures classiques de réfrigération et ne pas affecter l’apparence, l’odeur ou le goût des aliments contaminés.

La listériose, c’est sérieux

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Jeff Farber

« Quand Listeria frappe, cela peut être très grave et sérieux », explique le Dr Jeffrey Farber, professeur en sécurité des aliments à l’Université de Guelph et nouveau directeur (bravo Jeff ! -aa) du Canadian Research Institute for Food Safety. Expert leader sur Listeria, Farber a rejoint la faculté l’an dernier après une carrière à Santé Canada, où il était plus récemment directeur du bureau des dangers microbiens à la direction des aliments de santé des aliments de la direction générale des produits de santé et des aliments. « Dans une situation d’épidémie, si 100 personnes sont infectées, vous pouvez vous attendre à ce que 30 de ces personnes décèdent. Les personnes à faible risque peuvent n’éprouver aucun effet, mais pour les personnes à haut risque comme les femmes enceintes, les personnes âgées et les personnes qui ont une thérapie immunosuppressive, cela peut vraiment prendre racine dans le corps et être fatal. »

Pourquoi les éclosions pourraient empirer ?

Comme beaucoup d’autres pays industrialisés, la population du Canada vieillit ; nous avons maintenant plus de personnes de 65 ans et plus que de personnes de 14 ans et moins. Parce que l’efficacité du système immunitaire diminue avec l’âge, les données démographiques signifient que de plus en plus de personnes sont potentiellement à risque de décéder de la bactérie Listeria.

Les approches et les stratégies existantes pour gérer Listeria ont été soumis à rude épreuve au cours de la dernière décennie. À Santé Canada, Farber faisait partie de l’équipe qui a été aux prises avec épidémie la plus meurtrière du pays. En 2008, 57 personnes dans sept provinces sont tombées malades à cause de viandes transformées contaminées de chez Maple Leaf Foods, et faisant 24 décès, un taux de mortalité plus de 40%. Un article coécrit par Farber a constaté que l’âge médian des personnes gravement touchées était de 78 ans, la plupart d’entre eux vivant dans des hôpitaux ou des maisons de soins de longue durée.

Ce que nous avons appris

L’éclosion de 2008, qui a coûté au Canada environ 242 millions de dollars, nous a appris quelques leçons. « Vous devez faire des analyses régulières de l’environnement, en particulier dans les usines d’aliments prêts à être consommés en l’état. Beaucoup d’usines font des prélèvements, mais elles ne le font pas assez systématiquement pour trouver … les sources de micro-organismes afin de les éradiquer », dit Farber.

Les services réglementaires ont mis en œuvre des recommandations formulées dans un rapport majeur sur l’épidémie, comprenant une communication accrue entre les diverses agences de sécurité des aliments du gouvernement. Santé Canada a également diminué le délai de réalisation de leurs évaluations des risques pour des problèmes graves de santé de 24 heures à huit heures. La technologie s’est aussi améliorée, comprenant un nouvel outil appelé « le séquençage du génome entier », qui aide les investigateurs à trouver plus rapidement et avec précision la source d’une épidémie.

« Il y a beaucoup de pression sur les laboratoires de santé publique pour ce qui est à l’origine d’une éclosion et pour citer l’aliment. Mais ce qui peut arriver est-ce qu’ils ont une réaction réflexe, et … rappeler, par exemple, des millions de fraises pour découvrir seulement que c’était des framboises. En plus de mettre le doigt sur l’origine de la contamination, le séquençage du génome entier peut éliminer beaucoup de gaspillage alimentaire et de dommages à l’industrie », dit Farber.

Ce que nous apprenons encore

Certaines entreprises alimentaires ont commencé à ajouter des produits chimiques sûrs comme le lactate de sodium et le diacétate de sodium à leurs produits pour inhiber la croissance de la contamination par la Listeria qui pourrait se produire. Cela peut substantiellement réduire les chances qu’une personne tombe malade par un aliment contaminé, mais cela va à l’encontre des tendances alimentaires actuelles, où les consommateurs sont à la recherche d’aliments plus frais et avec moins d’additifs. « Si vous avez une salade conditionnée en sachet qui a une durée de vie de 10 à 12 jours, si Listeria est là, vous lui donnez plus de temps pour se développer », dit Farber. (Un remake de l’adage, les DLC les plus courtes sont les meilleures –aa).

Beaucoup de travaux de recherches se font maintenant, en analysant si de petites quantités d’additifs sont efficaces dans la lutte contre les maladies d’origine alimentaire ou si des additifs que le consommateur considère comme naturels et souhaitables, comme certaines épices ou des inhibiteurs naturels, peuvent inhiber la croissance ou tuer Listeria. Dans le domaine des aliments prêts à être consommés en l’état, de nouvelles technologies telles que le traitement haute pression (voire très haute pression –aa) sont utilisées.

L’éducation du public a également un rôle important à jouer dans la protection des populations à risque élevé. Les Canadiens plus âgés, en particulier, doivent faire attention au nettoyage et à la préparation des aliments, faire en sorte que leurs réfrigérateurs soient légèrement en dessous de la température recommandée (4°C) et prêter plus d’attention à la durée de conservation des aliments. « Si vous achetez une salade conditionnée en sachet et que vous êtes dans un groupe vulnérable, assurez-vous que la date limite de consommation produit soit éloignée de la date de péremption et mangez le jour même ce que vous achetez. N’attendez pas 10 jours pour la manger », dit Farber.

Etats-Unis : Capacité de souches de Listeria monocytogenes de l’éclosion de 2011 liée à des cantaloups à adhérer, à survivre et à se développer sur des cantaloups

13
mai
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cantaloupe.hand_-300x168« Qu’est-ce qui a fait que l’éclosion à Listeria de 2011 liée à des cantaloups ait été si mortelle ? », c’est cette question que se pose Doug Powell du barfblog.

À l’automne 2011, l’éclosion à Listeria dans des cantaloups a tué 33 personnes et a rendu malades 147 personnes aux Etats-Unis. La faute en revient a au producteur, au hangar de conditionnement et au réservoir de vidange où les cantaloups ont été lavés avant d’être expédiés, et un processus poreux d’audit de la sécurité des aliments.

Mais qu’est-ce qui a fait que les souches de Listeria impliquées aient rendu cette éclosion particulièrement meurtrière ?

Résumé.

L’éclosion de listériose en 2011 attribuée à des cantaloups entiers a impliqué plusieurs souches génétiquement distinctes de sérotypes 1/2a et 1/2b qui n’avait pas été rapportées précédemment dans les cas de listériose invasive.

Ici, nous avons étudié le potentiel des souches de l’éclosion de 2011 liée à des cantaloups d’adhérer, de survivre et de se développer sur la peau des cantaloups et la chair et le jus extrait de cantaloups à différentes températures (4, 8, et 25°C). Toutes les souches étaient capable d’adhérer et de se multiplier, avec une augmentation ~ 10 fois plus après 7 ou 8 jours à 4°C et après 24 h à 25°C, avec une propension pour plus de croissance sur la peau que sur la chair ou dans l’extrait. Aucune différence significative du potentiel de croissance n’a été notée entre les différentes souches ou entre elles et les souches non apparentées provenant d’autres éclosions de listériose impliquant du céleri, de la charcuterie ou des hot-dogs. De même pour les souches épidémiques de cantaloups, ces autres souches présentaient une plus grande propension à la croissance sur la peau que sur la chair ou dans l’extrait. Le rinçage des fragments de cantaloup dans de l’eau stérile a donné lieu à des réductions temporaires des populations de 50 à 100 fois, ce qui suggère la possibilité qu’un tel lavage peut réduire le risque si le produit est consommé rapidement.

L’absence de différences marquées dans l’adhésion ou la croissance entre les souches épidémiques de cantaloups et les souches provenant d’autres éclosions souligne la nécessité de mieux caractériser les souches d’épidémiques de cantaloups de 2011 et d’élucider les attributs biologiques potentiels qui ont contribué à leur implication dans l’éclosion.

Référence. Martinez, Mira Rakic; Osborne, Jason; Jayeola, Victor Oladimeji; Katic, Vera; Kathariou, Sophia. Capacity of Listeria monocytogenes strains from the 2011 cantaloupe outbreak to adhere, survive, and grow on cantaloupe. Journal of Food Protection®, Number 5, May 2016, pp. 696-889, pp. 757-763(7).

Etats-Unis : 21 370 tonnes de produits de viande et de volaille pris dans un grand rappel de légumes !

12
mai
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Listeria« 21370 tonnes (47 millions de pounds) de produits viande et de volaille pris dans un grand rappel de légumes », source Food Safety News.

Un autre rappel, cette fois pour plus de 47 millions de pounds de produits de viande et de volaille, a annoncé mercredi dans le cadre du rappel de CRF Frozen Foods lié à une éclosion à Listeria dans plusieurs États.

Il en avait été question ici, et d’autres rappels continuent …

Dans les établissements de Los Angeles, de Fort Worth au Texas, de Carthage dans le Missouri et de Portland dans l’Oregon, Ajinomoto Windsor Inc. rappelle 47 112 256 pounds de produits de viande et de volaille non prêts à être consommés en l’état qui peuvent être contaminés par Listeria monocytogenes, selon le Food Safety and Inspection Service (FSIS) du ministère américain de l’agriculture dans un communiqué du 11 mai 2016.

La liste des produits est la suivante : Groupe A, Groupe B, Groupe C.

Etats-Unis : Rappel massif de fruits et de légumes surgelés, Listeria inside !

5
mai
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« Listeria lié à des légumes surgelés rend malade 8 personnes dans 3 États des Etats-Unis », source Lisa Schnirring, CIDRAP News du 4 mai 2016.

Une éclosion dans trois États liée à des légumes surgelés d’une entreprise de Washington a rendu malade huit personnes, avec deux décès rapportés, et a conduit à un rappel de tous les légumes et les fruits transformés par l’entreprise, selon le Centers for Disease Control and Prevention (CDC).

ucm497495-300x191Deux des cas à Listeria monocytogenes ont été détectés cette année, le plus récent le 28 mars. Utilisant PulseNet, réseau national de typage des pathogènes d’origine alimentaire, les enquêteurs ont identifié six autres cas de maladie correspondant à la souche épidémique de septembre 2013, selon le CDC. Les six patients sont de Californie, tandis que le Maryland et l’État de Washington ont chacun un cas.

Tous les patients ont été hospitalisés, et ceux du Maryland et de Washington sont décédés, bien que la listériose n’a pas été considérée comme la cause du décès pour les deux personnes, selon le CDC. Tous étaient adultes âgés de 56-86 ans.

Les données épidémiologiques et de laboratoire suggèrent que la source probable de l’éclosion est des légumes surgelés produits par CRF Frozen Foods, basée à Pasco, Washington, et vendus sous différentes marques, selon le CDC.

Deux patients ont déclaré avoir acheté et consommé la même marque Organic Nature de légumes surgelés le mois précédent leur maladie, et les prélèvements de routine du produit par l’Ohio Department of Agriculture ont retrouvé Listeria dans du maïs doux et des petits pois surgelés bio de la marque True Goodness de la chaîne de magasins Meijer, également produits par CRF Frozen Foods.

Le séquençage du génome entier a montré que la souche de Listeria dans le maïs surgelé est étroitement liée aux sept isolats de Listeria des patients malades, et Listeria dans les petits pois surgelés est étroitement lié à un isolat de l’une des personnes.

Le rappel comprend 358 produits et 42 marques

CRF a rappelé 11 de ses produits surgelés de légumes, le 23 avril, puis l’a élargi le 2 mai pour y inclure tous ses fruits et légumes surgelés bio et conventionnels transformés dans son installation de Pasco depuis le 1er mai 2014. Les produits rappelés, conditionnés dans des sacs en plastique, sont distribués à l’échelle nationale et dans quatre provinces canadiennes : Colombie-Britannique, Alberta, Manitoba et Saskatchewan.

Dans son avis de rappel élargi, CRF Frozen Foods a déclaré que le rappel concerne 358 produits de consommation vendus sous 42 marques distinctes. Il a dit qu’après le rappel initial du 25 avril, il a suspendu les opérations de l’installation de Pasco pour permettre un examen approfondi.

Le CDC a déclaré que l’investigation en cours est complexe et que des efforts sont en cours pour déterminer si des aliments contaminés pourraient expliquer certaines des infections.

NB : Image contractuelle.