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Les fêtes de fin d’année, la DGCCRF, le saumon fumé, Listeria monocytogenes et l’interprétation des critères microbiologiques selon les pouvoirs publics : un vrai micmac !

8
déc
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Classé dans Contamination, Contamination croisée, Curiosité, Environnement, Hygiène, Listeria, Microbiologie, Règlementation, Santé, Sécurité des aliments, Union Européenne.

Pour des fêtes de fin d’année réussies 2014, la brochure de la DGCCRF vous guide pour vos achats de fin d’année.

Noël est synonyme de « réveillon » de « sapin de Noël » et de « buche » ! Ce moment convivial permet aux familles de se retrouver et de partager des moments agréables autour de la table et d’échanger des cadeaux. La Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes, dans le cadre de ses missions de protection du consommateur, de sécurité et de fiabilité des produits alimentaires, et non alimentaires, vous propose quelques conseils pour éviter les mauvaises surprises et vous permettre de passer de joyeuses fêtes…», bla, bla, bla …

Le mot hygiène est présent dans cette brochure dans un seul mets de fête, le saumon fumé, où l’on nous dit que, « Les contrôles de la DGCCRF portent sur l’étiquetage, la composition et l’hygiène des saumons. Depuis 1993, une surveillance régulière de la contamination par Listeria des denrées alimentaires à la distribution est réalisée. Le saumon fumé, denrée sensible, est régulièrement contrôlé dans le cadre de ces plans de surveillance. »

seafood1Reportons-nous donc au dernier plan de surveillance de la DGCCRF qui date du 17 mars 2014, « Le plan de surveillance national de la contamination des aliments à la distribution par Listeria monocytogenes a révélé 3 produits impropres à la consommation sur plus de 3300 produits analysés.

Les résultats des plans de surveillance de la contamination des denrées alimentaires par Listeria monocytogenes ont démontré une amélioration constante de la qualité microbiologique des denrées alimentaires depuis 1993. La majorité des échantillons contaminés contenaient moins de 100 ufc/g de Listeria monocytogenes, seuil au-delà duquel le produit est considéré comme impropre à la consommation.
Les produits sélectionnés pour cette surveillance étaient fabriqués industriellement car ce sont les produits les plus fréquemment consommés (produits carnés, produits laitiers et produits à base de poisson).
Sur l’ensemble des 3327 produits analysés, la présence de Listeria monocytogenes a été relevée dans 1,65 % des cas. »

Pour le saumon, on ne saura pas précisément ce qu’il en est, car à la rubrique « Produits à base de poisson / Produits de la mer », il est noté « Sur 510 produits analysés, 22 étaient contaminés (soit 4,3 %). Les produits les plus touchés : le saumon fumé, les chutes de saumon fumé, les produits du type « tarama ». On n’en saura pas plus, hélàs …

Cela étant, un aspect des propos de la DGCCRF m’étonne car il est indiqué « La majorité des échantillons contaminés contenaient moins de 100 ufc/g de Listeria monocytogenes, seuil au-delà duquel le produit est considéré comme impropre à la consommation. »

Or selon le ministère de l’agriculture, selon une note de service de la DGAL de 2012, « Le nombre important d’enregistrements de non-conformités vis-à-vis de Listeria monocytogenes s’explique notamment par le fait qu’en France, tout produit destiné à être consommé en l’état, trouvé positif en Listeria monocytogenes < 100 ufc/g en cours de vie, et pour lequel il n’y a pas d’éléments permettant de garantir que le taux de 100 ufc/g ne sera pas dépassé à la DLC, donne lieu à une alerte. Cette spécificité nationale mentionnée en introduction rappelle, s’il le fallait encore, les limites d’une comparaison des alertes produits entre différents Etats Membres ou Pays ».

Tiens donc, la DGCCRF méconnaitrait-elle les notes de service de la DGAL, dépendante du ministère de l’agriculture et réciproquement ? Quel micmac !

NB : On lira aussi dans les Echos du 8 décembre 2014 , Les ventes de saumon fumé ont reculé de 13 % en volume fin octobre, alors que celles de la truite fumée ont augmenté de 6,9 %.

Effet de Listeria seeligeri ou de Listeria welshimeri sur la détection et la récupération de Listeria monocytogenes

6
déc
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Classé dans Contamination, Contamination croisée, Curiosité, Environnement, Listeria, Microbiologie, Santé, Sécurité des aliments.

o_Listeria_20monocytogenesRésumé.

La présence de multiples espèces de Listeria dans les produits alimentaires réglementés n’est pas rare et peut compliquer la récupération de Listeria monocytogenes en particulier sur un support non différencié. Les complications potentielles liées à Listeria seeligeri et Listeria welshimeri dans la détection de L. monocytogenes à partir d’analyses de prélèvements d’aliments inoculés selon la procédure d’enrichissement sélectif de la Food and Drug Administration (FDA) des États-Unis a été étudiée. Le dénombrement après enrichissement, en l’absence de produit alimentaire, indique que l’appariement de L. seeligeri et de L. monocytogenes peut entraîner des écarts de populations aussi élevés que 2,7 ± 0,1 log quand L. seeligeri est l’espèce prédominante. Une observation similaire a été notée pour l’appariement de L. welshimeri et de L. monocytogenes, ce qui a entraîné des écarts de populations aussi élevés que 3,7 ± 0,2 log quand L. welshimeri est l’espèce prédominante. La sélection de souches appariés a été utilisée pour inoculer du guacamole, de la chair de crabe, du brocoli et du fromage avec une récupération ultérieure par la méthode du Bacteriological Analytical Manual de la FDA avec 10 colonies par échantillon sélectionné pour confirmation. La présence de L. seeligeri a eu peu d’effet sur la récupération de L. monocytogenes. La présence de L. welshimeri a entraîné en un échec de la récupéreration de L. monocytogenes dans trois des quatre matrices alimentaires. Cette étude sur cette observation souligne que les espèces non pathogènes de Listeria peuvent compliquer la récupération de L. monocytogenes et que la compétition pendant un enrichissement sélectif n’est pas limitée à la présence de seulement Listeria innocua.

Faits saillants.

  • Listeria seeligeri a supplanté Listeria monocytogenes lors d’un enrichissement sélectif.
  • Listeria welshimeri a supplanté L. monocytogenes lors d’un enrichissement sélectif.
  • Les populations de L. monocytogenes après enrichissement sont réduites jusqu’à 3,5 log.
  • La compétition par des Listeria non pathogènes a réduit la détection de L. monocytogenes dans des prélèvements alimentaires volontairement contaminés par L. monocytogenes.

Rachel C. Dailey, Lacinda J. Welch, Anthony D. Hitchins, R. Derike Smiley. Effect of Listeria seeligeri or Listeria welshimeri on Listeria monocytogenes detection in and recovery from buffered Listeria enrichment broth. Food Microbiology Volume 46, April 2015, Pages 528-534.

Ainsi va la vie des entreprises alimentaires, je rappelle un produit, donc je te poursuis !

5
déc
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Classé dans Contamination, Curiosité, Hygiène, Microbiologie, Rappel, Règlementation, Santé, Sécurité des aliments.

goodfellas« Je dois rappeler des produits ? Je te poursuis ! », voilà en quelque sorte ce qui est arrivé dans cette histoire entre une entreprise alimentaire et son fournisseur de matières premières, narrée par Doug Powell du barfblog du 5 décembre 2014.

Le 12 décembre 2012, Ocean Beauty Seafoods LLC a volontairement rappelé 371 sachets de saumon fumé réfrigérés prêts à être consommés en raison de la contamination possible par Listeria monocytogenes.

Voilà que l’entreprise poursuit son fournisseur.

Ocean Beauty Seafoods poursuit l’éleveur de saumons, le géant Marine Harvest, pour dommages subis selon l’entreprise américaine à la suite du rappel de saumon fumé contaminé par Listeria monocytogenes à la fin de 2012 et début 2013.

Basé à Seattle dans l’Etat de Washington, Ocean Beauty réclame près de 2 millions de dollars (1,62 millions d’euros) en dommages et intérêts en raison des produits contaminés et, malgré plusieurs demandes d’Ocean Beauty, Marine Harvest a refusé d’indemniser Ocean Beauty pour ses pertes, selon une demande déposée en justice le 11 juillet 2014.

Starr Indemnity & Liability Company, l’assureur d’Ocean Beauty, a réglé les pertes d’Ocean Beauty pour les dommages causés par l’accusé, et s’est joint à l’action pour faire valoir ses droits de subrogation contre l’accusé.

Épidémie d’infections à Listeria monocytogenes liée à la consommation de brie au lait cru – France, 2012

2
déc
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Classé dans Contamination, Contamination croisée, Curiosité, Environnement, Listeria, Microbiologie, Règlementation, Santé, Sécurité des aliments, TIAC.

L’InVS publie le 26 novembre un rapport sur une « Épidémie d’infections à Listeria monocytogenes liée à la consommation de brie au lait cru – France, 2012 ». Le rapport est disponible ici.

listeriaRésumé.

La listériose humaine est une infection d’origine alimentaire causée par Listeria monocytogenes (Lm). Le 1er octobre 2012, 6 cas d’infection à Lm liés au profil électrophorétique (PFGE) AscI/ApaI 210792-210792 au cours des 6 précédentes semaines ont été identifiés par le Centre national de référence des Listeria (CNRL). Un typage PFGE avec l’enzyme SmaIa révélé 2 profils, D et Q, différents.

Le 22 octobre, de nouveaux cas ont été identifiés et une investigation mise en œuvre pour identifier la source de contamination et orienter les mesures de contrôle. Un cas a été défini comme une infection à Lm de groupe PCR IVb et de profil AscI/ApaI 210792-210792, diagnostiquée en France métropolitaine entre le 1er août 2012 et le 11 février 2013. Un cas a été défini comme épidémique s’il était lié au profil SmaI Q et non-épidémique s’il était lié à un profil SmaI non-Q. La consommation alimentaire des cas a été recueillie à l’aide d’un questionnaire standardisé. Une enquête cas-cas a comparé la consommation alimentaire des cas à celle des cas sporadiques de listériose identifiés sur la même période. Une enquête de traçabilité amont et aval, une inspection du producteur incriminé avec prélèvements alimentaires et environnementaux, ont été réalisés.

Vingt-cinq cas (11 épidémiques) ont été identifiés. Les dates de diagnostic des cas épidémiques allaient du 4 septembre au 20 novembre 2012. La survenue d’une listériose de profil SmaI Q était significativement associée à la consommation de brie au lait cru et (Odds Ratio 35, IC95% [5-366]). L’enquête de traçabilité a identifié les bries au lait cru du Producteur A comme source probable de contamination des cas épidémiques. L’inspection du producteur n’a pas identifié de déficience dans la fabrication des fromages ni la présence de Lm dans les prélèvements réalisés. L’hypothèse d’une contamination ponctuelle du lait cru a été privilégiée pour expliquer la survenue de cette épidémie.

En conclusion, les auteurs notent,

Une épidémie d’infections à Lm de profil PFGE Asc I/Apa I/Sma I 210792-210792-Q probablement liée à la consommation de bries au lait cru produits par le Producteur A est survenue en France de septembre à novembre 2012. Aucune déficience dans les pratiques d’hygiène au niveau de la fabrication des fromages n’a été mise en évidence chez le Producteur A, et l’hypothèse d’une contamination ponctuelle faible, environnementale ou de la matière première, non détectée lors des autocontrôles, a été privilégiée pour expliquer la survenue cette épidémie. Aucun autre cas épidémique en lien avec la consommation de bri,e au lait cru du Producteur A n’a été identifié depuis cette épidémie.

Commentaires : C’est un peu frustrant car comment peut-on à l’avenir prévenir une telle contamination, est-ce la faute à pas de chance ? Enfin, aucune information n’a filtré sur cette « Épidémie d’infections à Listeria monocytogenes », à l’époque, est-ce normal ?

ECDC : Deuxième série de l’évaluation de la qualité du typage de Listeria monocytogenes

30
nov
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Classé dans Curiosité, Listeria, Microbiologie, Santé, Sécurité des aliments, TIAC, Union Européenne.

Ce n’est pas à proprement parlé une chaîne d’intercomparaison de laboratoires vis-à-vis d’un pathogène, mais ça ressemble. Ainsi se présente la deuxième évaluation de la qualité externe ou external quality assessment (EQA) pour le typage de Listeria monocytogenes, source ECDC du 25 novembre 2014.

Résumé.

Ce rapport présente les résultats de la deuxième série de l’évaluation de la qualité externe (EQA) pour Listeria du typage de Listeria monocytogenes (EQA-2). L’EQA comprend l’électrophorèse en champ pulsé (PFGE), le typage sérologique conventionnel et le typage moléculaire basé sur la PCR. Un total de 18 laboratoires ont participé à l’EQA-2 qui a eu lieu entre octobre et décembre 2013.

Listeria-monocytogenesLa listériose est une maladie d’origine alimentaire relativement rare mais grave, avec 1642 cas humains confirmés signalés dans l’UE en 2012. (0,41 cas pour 100 000 habitants). Comparée à d’autres infections d’origine alimentaire sous surveillance de l’UE, la listériose a causé les maladies humaines les plus graves, avec 91,6% de cas hospitalisés.

Depuis 2007, le programme de l’ECDC sur les Food- and Waterborne Diseases and Zoonoses (FWD) est responsable de la surveillance à l’échelle européenne de la listériose et l’organisation de la détection et de l’investigation des éclosions d’origine alimentaire.

Les données de surveillance, dont certains paramètres de typage de base pour le pathogène isolé, sont rapportées par les États membres au système européen de surveillance (TESSy). En plus des caractérisations de base des pathogènes, il y a une valeur ajoutée pour la santé publique dans l’utilisation de techniques de typage plus avancées et discriminatoires pour la surveillance des infections d’origine alimentaire. En 2012, l’ECDC a lancé un projet pilote sur la surveillance renforcée en y intégrant les données du typage moléculaire dans TESSy (TESSy-MSS – ‘molecular surveillance system ou système de surveillance moléculaire’).

Les objectifs de cette EQA sont d’évaluer la qualité des PFGE et des sérotypages et la comparabilité des résultats recueillis produits par laboratoires nationaux de référence de la santé publique participants dans l’Union européenne (UE), l’Espace économique européen (EEE) et les pays candidats à l’UE. Les souches pour l’EQA sont sélectionnées à partir de souches actuelles d’intérêt pour la santé publique en Europe. Un ensemble de dix souches sélectionnées. L’ensemble comprend un large éventail de types cliniques d’intérêt pour la listériose invasive.

Un total de 18 laboratoires ont participé à au moins une partie de l’EQA-2 : 14 laboratoires (78%) ont produits des résultats par PFGE, 17 laboratoires (94%) ont participé à l’exercice de sérotypage. Neuf de ces 17 laboratoires ont réalisé un sérotypage phénotypique classique, tandis que quatorze ont réalisé un sérotypage moléculaire basé sur la PCR.

La majorité (86%) des laboratoires étaient en mesure de produire un gel de PFGE de haute qualité suffisante pour permettre la comparaison avec les profils obtenus par d’autres laboratoires. Les profils sont ensuite normalisés et interprétés à l’aide du logiciel spécialisé BioNumerics. Treize laboratoires ont réalisé l’analyse du gel et l’ont généralement fait aux conformément aux lignes directrices.

Le score moyen pour le sérotypage traditionnel entre les participants a été de 78%, une diminution par rapport à l’EQA-1, principalement attribuable à une souche difficile. Pour le sérotypage moléculaire (basé sur la PCR multiplexe), les participants ont obtenu au score moyen de 94%.

Ce programme EQA-2 pour le typage de Listeria est la deuxième EQA pour laboratoires participants dans le FWD-Net. Leur niveau de performance dans l’EQA est encourageant, même si le nombre de participants reste inférieur à celui de l’EQA-1.

Le système de surveillance moléculaire mis en œuvre dans le cadre de Tessy s’appuie sur la capacité des laboratoires du European Food- and Waterborne Diseases and Zoonoses network (FWD-Net) à produire des résultats de typage comparables. À l’heure actuelle, la méthode de typage moléculaire utilisée pour la surveillance à l’échelle européenne est la PFGE. Le sérotypage basé sur la PCR est actuellement inclus dans TESSy et a été ajouté depuis 2012. Ces données sont utilisées à des fins de surveillance par plusieurs pays de l’UE. En général, les pays ont démontré un niveau de compétence élevé pour le sérotypage. Deux laboratoires sont passés de la méthode conventionnelle à la méthode moléculaire et cinq laboratoires supplémentaires ont été ajoutés aux données moléculaires pour leur présentation des résultats. Les résultats de l’EQA-2 pour le typage par PFGE de Listeria démontrent que la majorité des laboratoires participants sont en mesure de produire de bons résultats, ‘justes’ et au-dessus de tous les paramètres, ce qui permet des comparaisons inter-laboratoires. Seuls deux laboratoires ont produit des résultats qui doivent être améliorés pour l’échange de données inter-laboratoires. Cependant, pour atteindre à une qualité acceptable, les problèmes techniques identifiés auraient pu être surmontées par l’optimisation des procédures de laboratoire et en fournissant une assistance dépannage et de formation.

NB : Traduction par mes soins