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Légumes surgelés et Listeria monocytogenes aux États Unis

1
sept
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Classé dans Contamination, Contamination croisée, Curiosité, Environnement, Hygiène, Listeria, Microbiologie, Rappel, Règlementation, Santé, Sécurité des aliments.

Les végétaux, si bons pour la santé, sont aussi dans le collimateur de la sécurité des aliments … aux États-Unis, jugez plutôt :

Aux États-Unis, le 28 août 2015, selon la FDA, des haricots verts surgelés bio de chez General Mills ont été rappelés pour cause de présence de … Listeria monocytogenes.

Recalled-frozen-corn-labelVoilà maintenant, que le 31 août 2015, selon la FDA, « Bonduelle USA rappelle du maïs surgelé pour une possible cause de préoccupation de santé. »

Bonduelle USA Inc. de Brockport, New York, rappelle 9 335 sachets de maïs surgelés parce qu’il sont probablement contaminés par Listeria monocytogenes.

Le rappel est le résultat d’une analyse de produits au stade de la distribution par l’État du Tennessee et qui se sont retrouvés positifs pour Listeria monocytogenes. La société a cessé la distribution du produit, et de la société et la FDA poursuivent leur investigation sur ce qui a causé le problème.

NB : Je leur souhaite bien du plaisir car cette investigation ne va être simple du tout. Tout ceci n’est-il pas le résultat du fait que quand on recherche un micro-organisme, on trouve ?

Ce type de contamination n’est pas cité dans la fiche de danger microbiologique de l’Anses sur Listeria monocytogenes.

Gironde : Rappel d’un lot de grenier médocain pour cause de présence de Listeria monocytogenes

29
août
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Dans un récent article sur les rappels d’aliments, j’évoquais malgré le nombre significatif de site informant sur les rappels, l’ensemble ne faisait pas 100%. Et pour cause il y a tous les « petits » rappels locaux et en voici un exemple …

Selon cette information rapportée par Sud-Ouest du 29 août 2015, « Gironde : de la listeria détecté dans un lot de grenier médocain »

imgresLa bactérie a été détectée dans un lot de grenier médocain vendu à la supérette. Des analyses sont en cours, mais pourtant on sait qu’« Un taux anormal de listeria a été détecté dans un lot de 2 kilos de grenier médocain. »

Mardi dernier, le magasin Super U de Sauveterre-de-Guyenne a donné l’alerte. Un lot de deux kilos de grenier médocain, charcuterie à base de panse de porc et d’épices, présentait un taux de Listeria monocytogenes très supérieur à la moyenne. Le test pratiqué dans le magasin a fait apparaître un taux de 1 500 listeria par gramme (ou ufc par g –aa), quand le seuil maximum est de 100 pour la commercialisation.

Le seuil est de 100 Listeria par g à la fin de la DLC et non pas au début ou en cours de commercialisation. Rappelons que selon une note de service de la DGAL de 2012, « Le nombre important d’enregistrements de non-conformités vis-à-vis de Listeria monocytogenes s’explique notamment par le fait qu’en France, tout produit destiné à être consommé en l’état, trouvé positif en Listeria monocytogenes < 100 ufc/g en cours de vie, et pour lequel il n’y a pas d’éléments permettant de garantir que le taux de 100 ufc/g ne sera pas dépassé à la DLC, donne lieu à une alerte. Cette spécificité nationale mentionnée en introduction rappelle, s’il le fallait encore, les limites d’une comparaison des alertes produits entre différents Etats Membres ou Pays ».

La suite de l’article s’apparente à présence de Listeria et la multiplication des petits pains

Le produit incriminé a été repéré au moment des contrôles internes habituels de la grande surface. Aussitôt, la Direction départementale de la protection des personnes (DDPP) est contactée. Les agents de l’État ont effectué des contrôles au Super U, puis auprès du fabricant fournisseur du supermarché.

Aucun élément ne permet pour l’instant de mettre en cause la charcuterie, la DDPP ayant considéré que les conditions d’hygiène étaient irréprochables. Les surfaces de pose des charcuteries, ainsi que cinq autres produits, ont aussi fait l’objet d’analyses. Les propriétaires de l’entreprise, très inquiets, ont demandé aux clients possédant le lot concerné de le retirer de la commercialisation. « On les a prévenus par précaution, explique la gérante. Même si on ne sait pas si ça vient de notre entreprise ». Les résultats des prélèvements de la DDPP sont attendus pour mercredi. Ils devraient permettre d’identifier la source de la contamination. Le grenier médocain étant un produit fragile, et la listeria une bactérie volatile et résistante aux très faibles températures, la contamination peut être due au transport, au couteau utilisé au sein du Super U, au moment de la découpe, à un autre produit… « La grande surface a lancé une procédure de rappel du produit par affichettes, détaille Valérie Commin, sous-préfète de Lesparre. Il n’y a aucune raison d’incriminer la charcuterie à l’heure actuelle. »

Heureuse issue ? on apprend à la fin qu’« Après le passage de la DDPP, l’ensemble de la salaison et de la partie charcuterie de la supérette ont été désinfectés. »

A suivre …

Etats-Unis : Les consommateurs semblent reconnaître les éclosions les plus dangereuses, selon une étude de l’USDA

29
août
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Classé dans Contamination, Contamination croisée, Curiosité, Environnement, Hygiène, Listeria, Rappel, Règlementation, Salmonella, Santé, Sécurité des aliments, TIAC.

listeria« Les consommateurs semblent reconnaître les éclosions les plus dangereuses, selon une étude de l’USDA », Source Food Safety News du 28 août 2015.

Une étude publiée par l’USDA a constaté que les consommateurs réagissent aux éclosions de maladies d’origine alimentaire différemment selon leur gravité.

L’étude de cas de Fred Kuchler, économiste à l’Economic Research Service (ERS) de l’USDA a comparé les recommandations sur les melons cantaloups émis en 2011 et de nouveau en 2012.

Le premier rappel est dû à Listeria monocytogenes et le second était dû à de deux sérotypes de Salmonella. Listeria est un pathogène plus mortel que Salmonella et Kuchler a constaté que les consommateurs ont réagi plus fortement au rappel 2011, ce qui suggère qu’ils font des distinctions entre les pathogènes et les risques pour la santé.

Cette éclosion à Listeria de 2011, associé à des melons cantaloups du Colorado, reste l’éclosion de maladie d’origine alimentaire la plus meurtrière à s’être produit à ce jour depuis le début du siècle et a été officiellement mis en cause dans 33 décès, selon les US Centers for Disease Control and Prevention (CDC).

Les infections à Listeria liées à ces melons cantaloups peuvent aussi avoir été un facteur contributif dans 10 décès. En outre, une femme enceinte au moment de sa maladie a eu une fausse couche.

En 2011, les consommateurs ont réduit temporairement leurs achats de melons cantaloups, même après pris en compte de l’influence du prix. Les dépenses de melons cantaloups ont été de 3,9 millions de dollars (6-7%) inférieures à la normale, et les achats de melons cantaloups étaient de 2 800 tonnes inférieurs sur une période de quatre semaines.

Les consommateurs ont généralement entendu que les autres melons étaient sûrs et la vente de pastèques et de melons miel a augmenté dans les semaines après le melon cantaloup ait été impliqué.

« Le déplacement de la demande de melons indique que certains consommateurs ont pris des mesures défensives pour se protéger », a ajouté l’étude.

En 2012, lorsque les autorités fédérales de santé et de sécurité des aliments ont de nouveau rappelé certains melons cantaloups, cette fois-ci d’une exploitation agricole dans l’Indiana pour une contamination à Salmonella, la réponse des consommateurs a été plus modérée.

L’étude a également noté que l’éclosion à Listeria reçu beaucoup plus de couverture médiatique que celle pour Salmonella. Quatre réseaux ont couvert l’éclosion à Listeria, alors que seulement deux couvraient l’éclosion à Salmonella, a écrit Kuchler. En outre, les articles sur l’éclosion à Listeria ont duré 35 jours, a-t-il noté, alors que ceux sur Salmonella n’ont duré que deux jours.

« Il n’est pas surprenant que les médias aient consacré plus de couverture à l’éclosion de listériose que pour l’éclosion de salmonellose, étant donné une plus grande familiarité des consommateurs avec la salmonellose et son taux de mortalité plus faible. Deux nouvelles archives été consultés pour mesurer l’intérêt relatif dans ces deux foyers », indique l’étude.

« Tant que les consommateurs sont préoccupés par les divers risques de maladies d’origine alimentaire auxquels ils ont à faire face et sont informés de la gravité de ces risques, ils suivent que les réponses du marché observés peuvent être attribuées aux nouvelles sur l’évolution des risques », selon l’étude.

« Les différentes réponses au niveau de la distribution indiquent que les consommateurs reconnaissent que Listeria monocytogenes pose des risques plus profonds que les sérotypes identifiés de Salmonella », a-t-il ajouté, notant que le taux de mortalité « extraordinairement élevé » chez les personnes âgées avec Listeria.

Rappel de croques bolognaise 200 g de chez Auchan pour cause de présence de Listeria monocytogenes

24
août
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83597Dans un communiqué du 21 août 2015 mais mis en ligne le 24 août 2015, Auchan signale le rappel du produit alimentaire suivant :

La Société SOPRAT informe qu’un contrôle microbiologique a mis en évidence la présence de Listeria monocytogenes dans le produit suivant :

  • Produit : 2 CROQUES BOLOGNAISE 200 g
  • Marque : AUCHAN
  • EAN : 3596710267569
  • Numéro d’identification vétérinaire : FR 56.261.001 CE
  • DLC correspondante : 25/08/2015

Le produit est retiré de la commercialisation. Cependant, certains de ces produits ont été commercialisés avant la mesure de retrait.

Il est donc demandé aux personnes qui détiendraient des produits appartenant au lot décrit ci-dessus de ne pas les consommer, de les détruire, ou de les ramener au point de vente où nous procèderons au remboursement.

Listeria et des bactériocines produites par des ferments lactiques

23
août
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« Listeria et des bactériocines produites par des ferments lactiques », source article de Lone Andersen du 21 août 2015 paru dans Food Safety News.

Il est important de reconnaître que tous les aliments non stériles contiennent des micro-organismes. Néanmoins, seules les bactéries seront mentionnées ci-après. La composition et la teneur en bactéries sont fortement influencées par diverses caractéristiques internes (telles que la qualité bactériologique, la matrice alimentaire, le pH, l’activité de l’eau et la fabrication) et externes (telles que l’humidité, l’emballage et la température), en plus d’interactions synergiques et antagonistes entre ces facteurs.

Pour les bactéries, la matrice alimentaire est importante puisque les bactéries ont besoin de nutriments et d’eau pour prospérer, mais le type d’emballage, la disponibilité de l’oxygène et la température pendant la transformation et le stockage affecte grandement la composition et le taux de bactéries.

listeria-bacteria-photoUn certain taux de bactéries pathogènes est nécessaire pour causer une intoxication alimentaire chez l’homme, mais la quantité nécessaire pour causer une maladie dépend beaucoup de l’état physique d’un individu. Il existe des interactions entre, par exemple, l’état du système immunitaire, l’utilisation de médicaments ou d’alcool, la grossesse et l’âge. Cela semble être une tâche très complexe et presque impossible que de contempler les bactéries dans les produits alimentaires, et la présence de bactéries d’altération et de bactéries pathogènes entraîne d’énormes pertes économiques dues aux aliments contaminés et aux intoxications alimentaires. Heureusement, la majorité des bactéries sont inoffensives et certaines sont même utiles.

Traditionnellement, les bactéries lactiques ont été utilisées dans la production de denrées alimentaires, en grande partie à des fins technologiques. Les applications typiques sont les produits laitiers, mais aussi la production de produits de viande et le vin. Plus récemment, les bactéries lactiques sont utilisées comme des cultures de protection, qui ne devraient pas influencer les propriétés sensorielles et technologiques des produits alimentaires. Les bactéries lactiques sont généralement reconnues comme sûres (generally recognized as safe ou GRAS aux Etats-Unis) et sont bien connues pour leur capacité à produire un certain nombre de composés antimicrobiens, dont des bactériocines. Aucun de ces composés ne peut, par eux-mêmes, susciter un effet d’inhibition complet, mais ensemble ou en présence d’autres facteurs inhibiteurs, ils peuvent contribuer à un effet barrière.

Les bactériocines sont des peptides antibactériens, qui peuvent influencer la croissance des bactéries associées dans leur environnement proche. Il y a, par conséquent, des souches bactériennes au métabolisme actif, qui peuvent produire des bactériocines cours de leur croissance dans le produit alimentaire et permettre d’avoir un effet inhibiteur sur le long terme dans le produit. D’autres bonnes nouvelles sont que Listeria monocytogenes est sensible à certaines bactériocines produites par des bactéries lactiques, et par conséquent, en ajoutant des ferments de culture produisant des bactériocines efficaces, la sécurité sanitaire est renforcée.

L. monocytogenes est très résistant aux diverses influences physiques et chimiques, et par conséquent, est largement répandu dans la nature, et de ce fait, présent dans tous les types de matières premières et chez l’homme. Généralement, L. monocytogenes résiste à la fois à de hautes et basses températures et peut résister à la congélation et au séchage pendant un temps assez long, et il est très tolérant au pH, car il être capable de survivre à des pH faible et élevé. En outre, L. monocytogenes est connu pour former des biofilms, qui sont particulièrement résistants aux désinfectants, ce qui par conséquent peut entraîner une recontamination des produits alimentaires.

Listeria-Les éclosions de listériose sont liées à du fromage et à des matières premières crues, ainsi que des produits finis fabriqués à partir de viande, de volaille et de poisson. La mortalité est de plus de 50% chez des personnes à risque ayant un système immunitaire affaibli, alors qu’il est à seulement quelques pourcents pour les personnes ayant un système immunitaire sain. Par conséquent, bien que L. monocytogenes soit largement répandu dans l’environnement, les infections graves sont rares, le taux de mortalité dus à la listériose reste élevé lors d’éclosions.

Des barrières sont traditionnellement utilisées dans la fabrication de produits alimentaires prêts-à-être consommés en l’état, tels le salage, l’addition de nitrites, d’acides organiques, le fumage à froid et le conditionnement sous atmosphère modifiée ou sous-vide. Pourtant, les produits alimentaires ayant peu de conservateurs restent des produits à haut risque quand il s’agit de la croissance des bactéries indésirables. Les barrières présentes ne sont généralement pas suffisantes pour maîtriser la flore indigène dans les matières premières, la fabrication et le traitement après fabrication, la manipulation des produits, surtout quand on sait que L. monocytogenes reste un risque microbien, en particulier dans les atmosphères modifiées ou des produits conditionnés sous-vide.

En raison de récentes éclosions de listériose en Suède et au Danemark, la sensibilisation reste élevée. Il y a eu environ 30 décès en moins de deux ans (pour une population totale d’environ 15,5 millions de personnes) dus à des produits de viande cuits et tranchés et des poissons fumés à froid. Par conséquent, les fabricants d’aliments prêts-à-être consommés en l’état doivent prouver l’innocuité de leurs produits en effectuant des challenge tests afin de démontrer que les barrières soient suffisantes pour satisfaire le règlement CE n°1441/2007 de l’UE. L’objectif du règlement est de prévenir en rendant inutile les analyses microbiologiques (coûteuses) pour assurer la protection du consommateur. L’objectif est que le taux de L. monocytogenes doit être < 100 ufc/g le dernier jour de la durée de vie (DLC), ce qui est logique puisque quelques L. monocytogenes présentes initialement peuvent facilement se développer à des taux élevés au cours du stockage au froid des produits prêts-à-être consommés en l’état. Les tests de croissance (ou challenge test) sont effectués par des laboratoires accrédités, qui, quand ils reçoivent les produits, ajoutent environ 100 ufc de L. monocytogenes par g de produit (un cocktail de trois sérotypes sélectionnés par les autorités suédoises), conservent les produits à la température demandée et procèdent à trois analyses à trois reprises au cours de la période de stockage requise.

Ci-dessous, voici les résultats de tests de croissance, de saucisses sans peau (saucisses de Francfort) avec et sans ajout de Lyocarni BOX-74 (Carnobacterium et Lactobacillus sakei) à la surface après cuisson et refroidissement :
1st-chart-for-Andersen-piece-300x1842nd-chart-for-Andersen-piece-300x185En comparant les deux graphiques rouges montrant le développement des L. monocytogenes, il est clair que, par l’utilisation d’une culture de protection (figure de gauche), il a été possible de diminuer le taux de L. monocytogenes. Au contraire, dans un produit sans ajout de culture (figure à droite), L. monocytogenes augmente très bien.