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Eclosion de listériose liée à du jambon cuit importé en Suisse en 2011

2
mai
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Classé dans Contamination, Contamination croisée, Curiosité, Hygiène, Listeria, Rappel, Réglementation, Santé, Sécurité des aliments, TIAC, Union Européenne, Viande.

listeriaRésumé.

Du 24 avril au 31 juillet 2011 neuf cas de listériose ont été enregistrés dans les cantons d'Argovie, de Bâle-Campagne et de Zurich en Suisse. Dans six de ces cas, l'infection par Listeria monocytogenes a été confirmée en laboratoire, tandis que trois sont restés des cas suspects. Les cas suspects étaient des membres de la famille des cas confirmés avec des symptômes identiques ou similaires. Tous les cas confirmés ont été infectés par une souche de L. monocytogenes appartenant à sérotype 1/2a : tous avaient un pulsotype indistinguable par électrophorèse en champ pulsé (PFGE). La même souche a été détectée dans des échantillons de jambon cuit qui étaient en vente auprès d'un distributeur. Deux échantillons de jambon analysés contenaient respectivement 470 et 4 800 unités formant colonies (UFC) de L. monocytogenes par gramme. Les données des cartes d’achats des deux cas confirmés ont pu être évaluées : deux cas avaient acheté du jambon contaminé. L'éclosion avait initié le rappel de produits et des actions d'alerte au niveau national et européen via le système d'alerte rapide pour les denrées alimentaires et aliments pour animaux (RASFF). Suite à l'alerte RASFF, la société productrice du jambon contaminé a été inspectée par les autorités compétentes. Leurs investigations ont montré que le jambon n'était pas contaminé dans l'usine de production, mais dans les locaux d'une société à qui le tranchage et le conditionnement avait été confiée.

Source Hächler H, Marti G, Giannini P, Lehner A, Jost M, Beck J, Weiss F, Bally B, Jermini M, Stephan R, Baumgartner A. Outbreak of listerosis due to imported cooked ham, Switzerland 2011 . Euro Surveill. 2013;18(18):pii=20469.

Dans leur conclusion, les auteurs notent (extraits) :

A notre connaissance, l'éclosion que nous avons décrite ici est la première dans laquelle le véhicule d'une éclosion de listériose a été du jambon tranché et conditionné. À notre avis, la trancheuse était utilisée exclusivement pour un grand distributeur en Suisse et ce fut probablement la raison pour laquelle les cas n'ont pas été retrouvés ailleurs.

Le tranchage des produits de viande est une étape critique dans la production alimentaire. Il avait été montré expérimentalement que L. monocytogenes inoculé sur une lame de trancheuse a pu être retrouvé sur un maximum de 30 tranches de produits non inoculés comme de la poitrine de dinde ou du salami.

Questionnements à propos d’une évaluation des risques de listériose liée à la consommation de fromages à pâte molle au Canada et aux Etats-Unis

19
avr
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Classé dans Contamination, Curiosité, Lait, Listeria, Réglementation, Santé, Sécurité des aliments, TIAC.

« Listeria est-il dans votre camembert ? Une nouvelle évaluation des risques par la FDA a jeté son dévolu sur les fromages à pâte molle au lait cru. Mais est-il vraiment dangereux de les consommer ? »

Ainsi commence cet article de Take Part du 17 avril 2013.

cheeseAmateurs de fromages, tenez-vous bien : la US Food & Drug Administration va essayer peut-être de se placer entre vous et votre camembert bien-aimé. Pourquoi ? Eh bien, ce si délicieux monticule de bonheur que vous venez de tartiner sur un morceau de pain croustillant et chaud, vient au départ de lait cru, et le risque de listériose pourrait être jusqu'à 160 fois plus élevé que s’il avait été fait avec du lait pasteurisé.

Tout cela va dépendre d'une évaluation des risques réalisée par la FDA et leurs homologues de Santé Canada. Mais le projet (Draft Joint Food and Drug Administration/Health Canada Quantitative Assessment of the Risk of Listeriosis From Soft-Ripened Cheese Consumption in the United States and Canada), qui est ouvert pour commentaires jusqu'au 29 avril 2013, inquiète beaucoup l'industrie fromagère.

« Notre plus grande préoccupation est ce qu’on va en faire de ce rapport. Quand vous faites une évaluation des risques, quelque chose va en sortir. Nous voulons être impliqués dans la discussion », explique Nora Weiser, directrice exécutif de l'American Cheese Society, une organisation professionnelle qui représente les artisans, les fermes et les fromagers.

Même les propres estimations de la FDA sur la maladie ont de quoi faire se gratter la tête, car on se demande bien pourquoi l'agence a choisi de se focaliser sur ce produit de niche en premier lieu.

« Aux Etats-Unis, la FDA estime qu'il y a un cas de listériose lié au fromage au lait cru pour 55 millions de portions consommées. Pour un fromage à pâte molle au lait pasteurisé, ce rapport est de un cas de listériose pour 8,64 milliards de portions », écrit James Andrews dans Food Safety News.

Bien sûr, personne ne suggère que Listeria n'est pas dangereux. Sans doute, derrière l'évaluation des risques il y a peut être la loi de modernisation de la sécurité alimentaire (ou Food Safety Modernization Act), qui a donné la FDA le nouveau pouvoir de réglementer la sécurité des aliments. Mais, selon un rapport publié en mars par le Center for Science in the Public Interest, les produits laitiers sont parmi les aliments les plus sûrs à consommer.

A suivre …

Listeria et le ministère de l’agriculture

2
avr
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Classé dans Contamination, Contamination croisée, Curiosité, Environnement, Hygiène, Listeria, Rappel, Réglementation, Santé, Sécurité des aliments, TIAC, Union Européenne.

Le ministère de l’agriculture propose sur son site internet dans la rubrique Actu Alertes datée du 31 mars 2013, « La listeria, c’est quoi ? »

Cet article bien fait comprenant une série de questions sur Listeria est destiné, me semble-t-il,  au grand public. Deux remarques cependant :

1. A la question, « Quels contrôles en France ? »

listeria26Les producteurs et les distributeurs sont soumis à de nombreux contrôles – auto-contrôles, contrôles planifiés ou non planifiés – sur l’hygiène ou le respect de la chaîne du froid.
Chaque année, plus de 60 000 prélèvements sont effectués par les services de la Direction Générale de l’Alimentation (DGAL) correspondant à 100 000 analyses en laboratoire. Une fois la contamination avérée, des mesures de retrait ou de rappel de produits pour protéger le consommateur ainsi que des mesures préventives ou correctives pour le producteur ou le distributeur sont prises. Mais ces contrôles ne doivent pas empêcher le consommateur d’appliquer les règles d’hygiène !

Ma remarque portera sur la dernière phrase, il est important que le consommateur respecte des règles d’hygiène, mais il est tout aussi important, svp, de ne pas culpabiliser le consommateur. C'est le cas avec certains communiqués de rappel, surtout si ces rappels ne sont pas « entendus, lus ou vus » par les consommateurs car de réels progrès doivent être faist en ce domaine. Sur ce sujet, on pourra aussi lire le Bilan des non-conformités enregistrées à la DGAL pour l’année 2011, dans le quel on peut lire :

Le nombre de rappels de produits (informations vers le consommateur) s’élève à 223 en 2011 (214 en 2010). Parmi ces rappels, 46 n’ont pas été associés à un retrait de produits en rayon, la DLC étant dépassée ou les produits ayant été intégralement commercialisés. La communication peut se faire de deux façons : affichettes sur les lieux de vente et/ou communication par voie de presse : locale, régionale ou nationale. D’autres moyens de communication peuvent se surajouter : sites Internet, mailing, etc.

Le consommateur doit certes appliquer les règles d’hygiène mais il a aussi le droit d’être mieux informé !

2. Dans la rubrique « A savoir », il est dit « Selon un rapport de l’EFSA paru en mars 2012, les infections à Listeria chez l’homme sont en diminution, avec 1 601 cas confirmés en 2010. »

Cela est en partie vrai car dans le rapport de l’EFSA, il est écrit « Les infections à Listeria chez l’homme présentent une légère diminution, avec 1 601 cas confirmés en 2010. » Ce n’est pas tout à fait la même chose.

Pourquoi donc citer les 1601 cas dans les 26 Etats membres, alors que ce qui intéresse les consommateurs, ce sont les données françaises actuelles. Pourquoi ne pas citer des données françaises qui pourtant existent. Ainsi, l’InVS a publié le nombre de cas de listérioses déclarés par an et taux d’incidence annuel de 1999 à 2011En 2010, en France, il y a eu 312 cas soit une incidence de 0,49 pour 100 000 habitants et en 2011, 282 cas avec une incidence de 0,44 pour 100 000 habitants. 

Après des cas déclarés et des rappels, pas de présence de Listeria dans l’usine Jindi en Australie

12
fév
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Classé dans Audit, Contamination, Contamination croisée, Curiosité, Environnement, Microbiologie, Rappel, Réglementation, Santé, Sécurité des aliments, TIAC.

jindi-brie_-listeriaThe Australian du 12 février 2013 rapporte que « la recherche a échoué à retrouver l’origine de Listeria ».

Les autorités de santé de l’Etat de Victoria en Australie ont été incapables d'identifier des défaillances dans les contrôles chez Jindi Cheese qui auraient déclenché une épidémie de listériose qui a tué trois personnes et causé une fausse couche.

Le porte-parole du département de la santé Bram Alexander a déclaré que les enquêtes avaient lié l'épidémie nationale aux produits Jindi, conduisant à des rappels de produits en décembre et janvier, mais que les analyses environnementales n'avaient pas permis aux officiels de « mettre le doigt sur un sujet particulier ou quelque chose qui a peut-être donné lieu à cela ».

La suite de l’article est à lire dans le lien précité.

Alors tout ça pour ça ? L’épidémiologie n’est pas la microbiologie et la microbiologie n’est hélas pas une science exacte ! On pourra suivre les épisodes précédents sur ce lien.

Troisième cas de décès causé par Listeria lié à des fromages en Australie

10
fév
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Classé dans Contamination, Curiosité, Environnement, Listeria, Rappel, Réglementation, Santé, Sécurité des aliments, TIAC.

listeria26Il avait été question d’une éclosion de cas de listériose liés à des fromages à pâte molle en Australie. Pour un rappel des faits, voir les trois premiers articles mentionnés par cette recherche sur le blog, ici.

« Un troisième décès causé par Listeria lié à la société australienne de fromages ». Il s’agit d’un article publié le 9 février 2013 par Doug Powell du barfblog.

Une troisième personne est décédée à la suite d'une éclosion de listériose liée à des fromages à pâte molle fabriqués dans l'État australien de Victoria.

Agissant comme responsable de la santé de Victoria, le Dr Michael Ackland a confirmé que le décès d'un homme de 68 ans de Nouvelle Galles du Sud fin janvier était lié à la contamination par Listeria de produits fromagers Jindi.

Un homme de 84 ans de Victoria et un homme de 44 ans de Tasmanie sont également décédé de listériose. Une femme enceinte de Nouvelle Galles du Sud a fait une fausse couche. Plus de 20 autres cas ont été signalés.

Jindi a volontairement rappelé tous les lots de fromages fabriqués jusqu’au 6 janvier 2013.

jindi-cheese-listeria-13The Newcastle Herald a cité le Dr Ackland disant que l’éclosion, qui a été tracée à l'usine dans le Gippsland, était la plus grande que le pays ait subi et l'une des plus complexes. Il a décrit le processus de traçabilité de l'éclosion vers Jindi comme « un important travail d'investigation », qui impliquait l'obtention des antécédents alimentaires des victimes et l'intelligence de OzFoodNet, l'unité de surveillance fédérale des maladies d’origine alimentaire, ainsi que des tests d'ADN bactérien pour déterminer la souche de Listeria.

Le 7 janvier, la société Jindi, propriété de la compagnie française Lactalis, qui a racheté le fabricant de fromages fins via Menora Foods en novembre pour un montant estimé à 20 millions, a volontairement engagé un programme d'assurance qualité qui a boosté de manière significative ses normes existantes de sécurité des aliments et a satisfait le responsable de la santé de Victoria.

Le responsable de Jindi, Franck Beaurain, n'a pas répondu aux appels téléphoniques de Fairfax Media depuis plus d'une semaine.