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Les données sur les cas d’infections d’origine alimentaire aux Etats-Unis sont assez déprimantes

18
avr
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Classé dans Campylobacter, Contamination, Curiosité, E. coli, Hygiène, Listeria, Microbiologie, Réglementation, Salmonella, Santé, Sécurité des aliments, TIAC, Union Européenne.

« Hausse de Campylobacter et Vibrio, stabilité pour E. coli, Listeria, Salmonella, Shigella, Cryptoporidium, Cyclospora et Yersinia. » Source Bill Marler dans Food Poison Journal du 17 avril 2014.

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MMWR a rapporté les données 2013 de FoodNet (du CDC) et c'était un peu déprimant, selon Bill Marler.

FoodNet a conduit une surveillance active de la population pour les infections confirmées en laboratoire causées par Campylobacter, Cryptosporidium, Cyclospora, Listeria, Salmonella, Escherichia coli (STEC) producteurs de shigatoxines O157 et non O157, Shigella, Vibrio et Yersinia dans 10 sites couvrant environ 15% de la population américaine. Pour plus d'informations sur ces microbes, voir www.foodborneillness.com.

En 2013, FoodNet a identifié 19 056 cas d'infection, 4 200 hospitalisations et 80 décès. Le nombre et l'incidence par 100 000 habitants étaient Salmonella (7 277 [15,19 ]), Campylobacter (6 621 [13,82]), Shigella (2 309 [4,82] ), Cryptosporidium (1 186 [2,48]) , STEC non O157 (561 [1,17] ), STEC O157 (552 [1,15] ), Vibrio (242 [0,51]), Yersinia (171 [0,36] ), Listeria (123 [0,26] ) et Cyclospora (14 [0,03]). L’incidence était la plus élevée chez les personnes âgées de ≥ 65 ans pour Cyclospora, Listeria et Vibrio et chez les enfants de < 5 ans pour tous les autres pathogènes.

Par rapport à 2010-2012, l'incidence 2013 était significativement plus faible pour Salmonella (baisse de 9%, IC = 3%-15%), plus élevée pour Vibrio (augmentation de 32%, IC = 8%-61%) et pas beaucoup de changement pour les autres pathogènes. Par rapport à 2006-2008, l'incidence 2013 a été significativement plus élevée pour Campylobacter et Vibrio. L'incidence globale des infections par six agents pathogènes clés d'origine alimentaire n'était pas significativement différente en 2013 par rapport à 2010-2012 ou 2006-2008.

L'incidence des infections à Salmonella confirmés en laboratoire a été plus faible en 2013 que de 2010 à 2012, tandis que l'incidence des infections à Vibrio a augmenté. Aucun changement n'a été observé pour les infections à Campylobacter, Listeria, STEC O157 ou Yersinia.

Commentaires. Si l’on osait une comparaison avec la France, sachant que les systèmes de santé et de recueil de données ne sont pas les mêmes entre les eux pays, et que bien évidemment, une comparaison des cas d’infections par des pathogènes d’origine alimentaire entre la France et les Etats-Unis n’est pas raison, du fait des limites de ce genre d'exercice, cela donnerait ceci, selon The European Union Summary Report on Trends and Sources of Zoonoses, Zoonotic Agents and Food-borne Outbreaks in 2012, EFSA :

  • Augmentation des cas d’infections à Salmonella : 8 705 cas en 2012 (8 685 cas en 2011), soit 13,3 cas pour 100 000 habitants
  • Augmentation des cas d’infections à Campylobacter : 5 079 cas en 2012 (5 538 cas en 2011), soit 38,89 cas pour 100 000 habitants. A noter que le taux de déclaration de 2012 a été calculé sur une couverture d'environ 20%.
  • Augmentation des cas d’infections à Listeria : 348 cas en 2012 (282 cas en 2011), soit 0,53 cas pour 100 000 habitants
  • Stabilité des cas infections à E. coli (STEC ou VTEC) : 208 cas (221 cas en 2011), soit 0,32 cas pour 100 000 habitants

Partie de cache-cache, des bactéries camouflées sont révélées !

17
avr
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Classé dans Contamination, Curiosité, Salmonella, Santé, TIAC.

« Cache-cache : des bactéries camouflées sont révélées », source communiqué du 16 avril 2014 de l’université de Bâle.

Une équipe de recherche du Biozentrum de l'université de Bâle a découvert une famille de protéines qui joue un rôle central dans la lutte contre la bactérie pathogène, Salmonella, dans les cellules. Les GTPases inductibles par l’interféron révèlent et éliminent le camouflage de la bactérie dans la cellule, ce qui permet à la cellule de reconnaître le pathogène et de le rendre inoffensif. Les résultats sont publiés dans le numéro actuel de la revue scientifique Nature.

Les bactéries ont développé d'innombrables stratégies pour se cacher afin d'échapper à l'attaque du système immunitaire. Dans le corps, Salmonella utilise les macrophages comme cellules hôtes pour assurer sa survie et être capable de se propager dans le corps. Leur stratégie de survie est de se blottir dans une vacuole du cytoplasme d'un macrophage, s'y cacher et se multiplier. Lorsqu'ils sont cachés, les cellules immunitaires ne peuvent pas les détecter et les combattre.

broz_2014_bigExposition : les GTPases détruisent le repaire de Salmonella
Cela étant, les macrophages, dans lesquels Salmonella se  masquent, ont également mis au point une stratégie visant à démasquer le déguisement de la bactérie et découvrir sa cachette. Le groupe de recherche du professeur Petr Broz au Biozentrum de l'université de Bâle a découvert une famille de protéines appelée GTPases induites par l’interféron dans des cellules hôtes envahies par Salmonella. « Elles sont responsables de la destruction de la cachette du pathogène et initient la réponse immunitaire de la cellule », explique Etienne Meunier, premier auteur de la publication.
 
Destruction : le coup d'envoi pour attaquer les bactéries
Une fois la cachette découverte, les GTPases sont transportées vers la vacuole et déstabilisent sa membrane. Les bactéries sont laissées sans protection dans le cytoplasme où leurs molécules de surface sont facilement reconnaissables par la défense intracellulaire. « Les GTPases sont la clé de la cachette des bactéries. Une fois que la porte a été ouverte et la vacuole de protection détruite, on ne peut pas s’échapper. Les bactéries sont immédiatement exposées à la machinerie de défense de la cellule », explique Meunier. Les récepteurs de la cellule identifient le pathogène, qui activent alors des enzymes cellulaires spéciales pour détruire les bactéries. En outre, les cellules possèdent des protéases, appelées des caspases, qui  sont activées et déclenchent la mort cellulaire de la cellule hôte infectée.

Salmonella reste encore un pathogène redoutable, car il peut mettre la vie en danger à cause de la maladie diarrhéique qui en résulte. Les résultats de Broz et son équipe permettent une meilleure compréhension de la stratégie des cellules immunitaires et peut-être de la modéliser à l'avenir. La compréhension de la réponse immunitaire de nos cellules ouvre également la voie à de nouvelles approches dans l'utilisation de médicaments pour favoriser la lutte de l'organisme contre les pathogènes. Pour élucider les mécanismes de la réponse immunitaire aux infections à Salmonella, l'équipe de recherche prévoit d'étudier la façon dont les cellules détectent la cachette des bactéries, la vacuole dans le cytoplasme des macrophages et ce qui initie le recrutement des GTPases de la vacuole.

Référence. Etienne Meunier, Mathias S. Dick, Roland F. Dreier, Nura Schürmann, Daniela Kenzelmann Broz, Søren Warming, Merone Roose-Girma, Dirk Bumann, Nobuhiko Kayagaki, Kiyoshi Takeda, Masahiro Yamamoto and Petr Broz. Caspase-11 activation requires lysis of pathogen-containing vacuoles by IFN-induced GTPases. Nature (2014); Advance Online Publication | doi: 10.1038/nature13157.

Légende de l’image. Les GTPases (vert) attaquent Salmonella Typhimurium (rouge). Illustration : université de Bâle, Biozentrum.

Les savons antibactériens peuvent-ils réduire le risque de maladies infectieuses d’origine alimentaire ?

17
avr
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Classé dans Contamination, Contamination croisée, Curiosité, Hygiène, Lavage des mains, Santé, Sécurité des aliments, TIAC, Virus.

Un communiqué de l’American Cleaning Institute du 15 avril rapporte qu’« Une étude démontre que les savons antibactériens peuvent réduire les risques de maladies d'origine alimentaire ».

Une recherche parue dans le Journal of Food Protection trouve que le savon antibactérien réduit de manière significative le risque de maladie par rapport à savon non antibactérien.

handsoap1-617x416Une recherche récemment publiée montre que l'utilisation de savons antibactériens peut réduire la propagation des bactéries dangereuses – qui conduit souvent à une maladie d'origine alimentaire – plus efficacement que d'utiliser des savons non antibactériens.

La recherche, publiée dans la revue scientifique, Journal of Food Protection (Vol. 77, n°4, 2014, pp 574-582), a utilisé de nouvelles données de laboratoire, ainsi que des techniques de simulation, pour comparer la capacité des produits non antibactériens et antibactériens afin de réduire le risque de shigellose, une maladie infectieuse, qui est souvent transmis lors de la préparation des aliments.

Le chercheur responsable de l’étude, Donald Schaffner du département science des aliments de la Rutgers University dit que les données montrent que l'utilisation des trois produits de lavage antibactériens entraîne une réduction statistiquement significative de la présence de Shigella (bactérie qui cause la shigellose) par rapport à l'utilisation de savons non antibactériens.

« Cette recherche passionnante allie l'évaluation quantitative des risques microbiens avec un ensemble impressionnant de données de laboratoire pour montrer que les traitements antibactériens sont plus efficaces que les traitements non antibactériens dans la réduction de la maladie », a déclaré le Dr Schaffner.

Dans l'étude, 163 sujets ont été utilisés pour comparer deux produits non antibactériens et trois produits antibactériens, avec une conception de l'étude visant à simuler la manipulation des aliments. Les mains des participants ont été exposées à Shigella et ensuite traitées avec l'un des cinq produits avant de manipuler des boules de melon. Les taux résultant de Shigella sur l’aliment ont ensuite été mesurés.

Les taux de Shigella ont été ensuite utilisés pour prédire le résultat d'un événement dans lequel 100 personnes seraient exposées à Shigella à partir de boules de melon qui avaient été manipulées par des employés alimentaires avec Shigella sur leurs mains.

Les données montrent tous les trois traitements antibactériens réduisent significativement la concentration de Shigella par rapport aux traitements non antibactériens. Sur la base de ce modèle, l’article a prédit que le lavage des mains avec des traitements antibactériens, pourrait réduire par dix le nombre de maladies.

« Cette recherche fournit de solides preuves que les savons antibactériens sont beaucoup plus efficaces que les savons non antibactériens dans la réduction de Shigella sur les mains et son transfert ultérieur à des aliments prêts à être consommés », écrivent les auteurs.

L’American Cleaning Institute and le Personal Care Products Council ont fourni le financement de la recherche dans le cadre de l'engagement continu pour affirmer l'innocuité et les avantages de ces produits.

Un résumé résumant l’article, « Quantitative Microbial Risk Assessment of Antibacterial Hand Hygiene Products on Risk of Shigellosis » ou évaluation quantitative microbienne des risques de produits antibactériens pour l'hygiène des mains sur le risque de shigellose », peut être trouvé en ligne ici.

Commentaires. Il a déjà été question à maintes reprises sur ce blog de la supériorité (et de leur efficacité) ou non des savons antibactériens versus savons non antibactériens. Il me semble que dans la vie de tous les jours, un lavage des mains avec un savon non antibactérien reste la référence, d’autant plus que le lavage simple des mains avec un savon permet utilement de se débarrasser de virus inopportuns. Sur cet article de Donald Schaffner, le blog avait déjà consacré un article que l’on peut retrouver ici.

Listeria monocytogenes utilise l’efferocytose pour favoriser sa propagation de cellule en cellule

16
avr
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Classé dans Contamination, Curiosité, Listeria, Santé.

listeriaRésumé.

L’efferocytose*, processus par lequel des cellules mourantes ou mortes sont éliminées par phagocytose, a un rôle important dans le développement, l'homéostasie tissulaire et l'immunité innée. L’efferocytose est conditionnée en partie par des récepteurs qui se lient à la phosphatidylsérine (PS) exofaciale (c'est-à-dire située à l’extérieur de la cellule -aa) sur des cellules ou des débris cellulaires après la perte de l'asymétrie de la membrane  plasmatique. Ici, nous montrons qu’un pathogène bactérien, Listeria monocytogenes, peut exploiter l’efferocytose pour favoriser sa propagation de cellule en cellule au cours de l'infection. Ces bactéries peuvent échapper au phagosome dans les cellules hôtes à l'aide de la listériolysine O (LLO), toxine formant des pores, et deux enzymes les phospholipases C. L'expression de la protéine de surface cellulaire ActA permet à L. monocytogenes d'activer des facteurs de régulation de l'actine de l'hôte et soumet la motilité dépendant de l'actine dans le cytosol, pour aboutir finalement à la formation de protusions riches en actine à la surface de la cellule. Ici, nous montrons que la formation de protrusions contenant la bactérie est associée à une lésion de la membrane plasmique en raison de l'activité de formation de pores par la LLO. La LLO favorise également la libération de protrusions contenant des bactéries de la cellule hôte, générant des vésicules dérivées de la membrane avec la PS exofaciale. Le récepteur TIM-4 qui se lie à la PS (codé par le gène Timd4) contribue à l'efficacité de la propagation de cellule en cellule de L. monocytogenes dans les macrophages in vitro et la croissance de ces bactéries est diminuée chez les souris Timd4−/−. Ainsi, L. monocytogenes favorise sa diffusion dans un hôte en exploitant l’efferocytose. Nos résultats indiquent que la thérapeutique ciblée sur la PS peut être utile dans la lutte contre les infections par Listeria monocytogenes et d'autres bactéries qui utilisent des stratégies similaires de propagation de cellule à cellule au cours de l'infection.

Mark A. Czuczman, Ramzi Fattouh, Jorik M. van Rijn, Veronica Canadien, Suzanne Osborne, Aleixo M. Muise, Vijay K. Kuchroo, Darren E. Higgins, John H. Brumell. Listeria monocytogenes exploits efferocytosis to promote cell-to-cell spread. Nature (2014) 13 April 2014.

*La phagocytose des cellules apoptotiques appelée efferocytose est un mécanisme complexe participant à l'homéostasie des êtres pluricellulaires. Son dysfonctionnement est associé à des maladies inflammatoires aiguës et chroniques ainsi qu'autoimmunes.

Exploiter les bactériophages pour la santé humaine

27
mar
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Classé dans Contamination, Curiosité, Environnement, Hygiène, Microbiologie, Non classé, Santé, Sécurité des aliments.

13443945543_9c980c3e04_mExploiter les bactériophages pour la santé humaine, par AJ Cann, MicrobiologyBytes.

Chaque fois que j'écris sur la thérapie avec des phages – qui consiste à utiliser des bactériophages pour traiter des infections – les lecteurs sont très enthousiastes sur l'injection de phages chez des patients comme un remède miracle. Regardons cela et ce qui n'a pas fonctionné pendant les 100 dernières années n'est pas susceptible soudainement de commencer à fonctionner maintenant. Ce bref examen mérite d'être lu, car il faut une approche beaucoup plus réfléchie et plus globale de l'idée d’une thérapie par des phages que la simple idée selon laquelle « les phages sont un étonnant remède ».

Exploiting gut bacteriophages for human health. Trends Microbiol. 20 Mar 2014 pii: S0966-842X (14)00045-6.
L'intestin humain contient environ 1015 bactériophages (le ‘phageome’), probablement la plus forte concentration d'entités biologiques sur la terre. La mise en valeur et l'exploitation de ces ‘agents potentiels du changement’ est une perspective attrayante. Pendant de nombreuses années, les phages ont été utilisés pour traiter des infections bactériennes chez l’homme et, plus récemment, ils ont été approuvés pour réduire les pathogènes dans la chaîne alimentaire. Les phages ont également été étudiés comme vecteurs de médicaments ou de vaccins pour aider à traiter et à prévenir des maladies comme le cancer et les maladies neurodégénératives chroniques. Les phageomes individuels varient selon l'âge et la santé, offrant ainsi un biomarqueur utile de la santé humaine ainsi que suggérant des interventions potentielles ciblées sur le microbiote intestinal.