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Première vaccination réussie contre une forme d’encéphalopathie spongiforme transmissible chez le cerf

22
déc
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Classé dans Contamination, Curiosité, Environnement, Santé.

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« Première vaccination réussie contre une forme d’encéphalopathie spongiforme transmissible chez le cerf », source EurekAlert!La stratégie d’un vaccin intestinal peut fonctionner pour des infections cérébrales similaires chez l’homme.

Des chercheurs de NYU Langone Medical Center et d’ailleurs disent qu’une vaccination, qu’ils ont mis au point pour lutter contre, la chronic wasting disease* (ou syndrome de dégénérescence chronique des cervidés) chez le cerf et d’autres animaux, peut tenir la promesse sur deux fronts complémentaires : protéger le bétail américain de contracter la maladie, et prévenir des infections cérébrales similaires chez l’homme.

L’étude est publiée dans Vaccine. La première vaccination réussie de cerfs contre la chronic wasting disease (CWD), un trouble du cerveau mortel causé par des protéines infectieuses inhabituelles appelées prions. Les prions se propagent en convertissant des protéines saines en un état de maladie.

deer-236x300Tout aussi important, les chercheurs affirment que, cette étude peut tenir la promesse d’agir contre des maladies humaines soupçonnés d’être causés par des infections à prions, comme la maladie de Creutzfeldt-Jakob, le kuru, l’insomnie fatale familiale et la prionopathie à protéase variable. Certaines études ont également associé les infections à prions comme la maladie d’Alzheimer.

« Désormais nous avons trouvé que la prévention de l’infection par le prion est possible chez les animaux, il est probable que cela soit aussi possible chez l’homme », a dit le chercheur principal de l’étude et neurologue Thomas Wisniewski, professeur à la NYU Langone.

La CWD afflige 100% de la population des cerfs en captivité en Amérique du Nord, ainsi qu’un grand nombre d’autres cervidés qui peuplent les plaines et les forêts de l’hémisphère Nord, y compris des cerfs sauvages, l’élan, le wapiti et le caribou. Il y a une préoccupation croissante parmi les scientifiques que la CWD pourrait se propager à l’élevage dans les mêmes régions, en particulier les bovins, un soucis majeur pour l’économie américaine, de la même manière que l’encéphalopathie spongiforme bovine ou la maladie de la vache folle, une autre infection due au prion, répandue au Royaume-Uni il y a près de deux décennies.

Selon le Dr Wisniewski et son équipe de recherche, si d’autres expériences de vaccins s’avèrent positifs, un nombre relativement petit d’animaux (environ 10%) pourrait être inoculé pour induire une immunité dans le troupeau, et ainsi la transmission de la maladie est arrêtée qu’avec un groupe beaucoup plus important.

Pour l’étude, cinq cerfs ont reçu le vaccin, six autres ont reçu un placebo. Tous les cerfs ont été exposés à du tissu cérébral infecté par des prions. Ils ont également été logés ensemble, s’engageant dans des activités de groupe semblables à celles retrouvées dans la nature. Les scientifiques disent que cela les a maintenu à une exposition constante aux prions infectieux. Les animaux ayant reçu le vaccin ont reçu huit injections pendant 11 mois jusqu’à ce que des anticorps clés soient détectables dans le sang, la salive et les excréments. Les cerfs ont également été suivis quotidiennement pour observer des signes éventuels de la maladie, et les chercheurs ont effectué des biopsies des amygdales des animaux et des tissus de l’intestin tous les trois mois pour rechercher des signes d’infection à la CWD.

En deux ans, tous les cerfs a qui on avait donné le placebo ont développé la CWD. Quatre cerfs qui ont reçu le vaccin réel a mis beaucoup plus de temps pour développer l’infection et le cinquième est toujours indemne de l’infection.

Wisniewski et son équipe ont réalisé le vaccin en utilisant Salmonella, qui pénètre facilement l’intestin, pour refléter le mode le plus commun de l’infection naturelle – l’ingestion d’aliments ou de matières fécales contaminées par des prions. Pour préparer le vaccin, l’équipe a inséré une protéine de prion dans le génome de Salmonella atténué ou qui n’est plus dangereux. Salmonella est conçu pour induire une réponse immunitaire dans l’intestin, produisant des anticorps anti-prions.

« Bien que nos expériences de vaccins anti-prion aient jusqu’ici réussi sur des souris et les cerfs, nous prévoyons que la méthode et le concept pourrait devenir une technique répandue, non seulement pour la prévention, mais potentiellement le traitement de nombreuses maladies à prions », explique l’étude le chercheur principal de l’étude, Fernando Goni, professeur associé à la NYU Langone.

*La CWD (en anglais : Chronic wasting disease, parfois littéralement traduit par « maladie débilitante chronique » ou MDC, est une « encéphalopathie spongiforme transmissible », la seule connue au sein de la faune sauvage.

Des microbiologistes découvrent comment des bactéries intestinales sont détournées afin de promouvoir des maladies intestinales et des maladies infectieuses d’origine alimentaire

12
déc
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Classé dans Contamination, Contamination croisée, Curiosité, E. coli, Environnement, Microbiologie, Santé, Sécurité des aliments, TIAC.

« Des microbiologistes découvrent comment des bactéries intestinales sont détournées afin de promouvoir des maladies intestinales et des maladies infectieuses d’origine alimentaire », source communiqué de l’University of Texas Southwestern Medical Center.

Des microbiologistes de l’UT Southwestern Medical Center ont identifié des bactéries clés dans l’intestin dont les ressources sont détournées afin de répandre des infections dangereuses d’origine alimentaire à E. coli et d’autres maladies intestinales.

sperandio-vanessaBien que de nombreux E. coli soient sans danger et critiques pour santé de l’intestin, certaines espèces de E. coli sont dangereuses et peuvent se propager par des aliments et de l’eau contaminés, entraînant de la diarrhée et d’autres maladies intestinales. Parmi elles, se trouve E. coli entérohémorragiques ou EHEC, l’un des agents pathogènes d’origine alimentaire les plus fréquemment liés à des flambées vedette dans les informations, y compris des foyers de cas dans plusieurs Etats aux Etats-Unis liés à des graines germées crues et à de la viande hachée de bœuf en 2014.

L’équipe UT Southwestern a découvert que EHEC utilise une bactérie commune appelée Bacteroides thetaiotaomicron pour aggraver l’infection à EHEC. B. thetaiotaomicron est une espèce prédominante dans le microbiote de l’intestin, qui se compose de milliards de micro-organismes utilisés pour digérer les aliments, produire des vitamines et de fournir une barrière contre les micro-organismes dangereux.

« EHEC a appris comment voler des ressources rares qui sont fabriquées par d’autres espèces dans le microbiote pour sa propre survie dans l’intestin », a déclaré l’auteur principal, le Dr Meredith Curtis, chercheur en postdoc à l’UT Southwestern.

L’équipe de recherche a trouvé que B. thetaiotaomicron provoque des changements dans l’environnement qui favorisent l’infection par EHEC, en partie par l’amélioration de la colonisation de EHEC, selon l’article publié dans la revue Cell Host Microbe.

« Nous pensons que notre microbiote est comme une barrière de résistance à la colonisation des pathogènes, mais certains pathogènes rusés ont appris à capitaliser sur ce rôle », a déclaré le Dr Vanessa Sperandio, professeur de microbiologie et de biochimie à l’UT Southwestern et auteur principal.

EHEC détecte les variations de concentrations en sucres provoquées par B. thetaiotaomicron et utilise cette information pour activer des gènes de virulence qui aident l’infection à coloniser l’intestin afin de contrecarrer la reconnaissance et la destruction par le système immunitaire de l’hôte, et obtenir suffisamment de nutriments pour survivre. Le groupe a observé une tendance similaire quand des souris sont infectées par leur équivalent de EHEC, la bactérie intestinale Citrobacter rodentium. Des souris dont le microbiote comprenait uniquement B. thetaiotaomicron ont été plus sensibles à l’infection que celles n’avaient pas de microbiote intestinal. Une fois de plus, le groupe a monté que B. thetaiotaomicron a provoqué des changements dans l’environnement qui ont favorisé l’infection à C. rodentium.

« Cette étude ouvre une perspective pour comprendre comment la composition différente du microbiote parmi les hôtes peut impacter le cours et l’issue d’une infection », a dit le Dr Sperandio, dont le laboratoire étudie comment les bactéries reconnaissent l’hôte et comment cette reconnaissance pourrait être exploitée pour interférer avec les infections bactériennes. « Nous testons l’idée que la composition différente du microbiote gastro-intestinal joue un rôle important pour déterminer pourquoi, dans une éclosion à EHEC, certaines personnes ont seulement une diarrhée légère, d’autres ont une diarrhée sanglante et certains vont jusqu’à avoir un syndrome hémolytique et urémique, même si tous, sont infectés avec la même souche du pathogène. »

En combien de temps des virus peuvent contaminer un bâtiment et comment les arrêter ?

9
déc
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Classé dans Contamination, Contamination croisée, Curiosité, Environnement, Hygiène, Nettoyage-Désinfection, Santé, Sécurité des aliments, Virus.

« En combien de temps des virus peuvent contaminer un bâtiment et comment les arrêter ? », source ASM Events, ICAAC 2014.

Des virus utilisés comme traceurs, des chercheurs ont trouvé que la contamination de seulement une seule poignée de porte ou le dessus d’une table entraîne la propagation du virus dans un immeuble de bureau, un hôtel et un centre de santé. Dans les 2 à 4 heures, le virus peut être détecté sur 40 à 60% des employés et des visiteurs dans les installations et les objets touchés fréquemment, selon une étude présentée à la 54e Interscience Conference on Antimicrobial Agents and Chemotherapy (ICAAC), la réunion annuelle sur les maladies infectieuses de l’American Society for Microbiology.

icaac_gerbaIl existe une solution simple, cependant, dit Charles Gerba de l’université de l’Arizona à Tucson, qui a présenté l’étude.

« L’utilisation de lingettes désinfectantes contenant des composés d’ammonium quaternaire enregistrés auprès de l’EPA, efficaces contre des virus comme norovirus et le virus de la grippe, ainsi que l’hygiène des mains, a réduit la propagation du virus de 80 à 99% », dit-il.

Norovirus est la cause la plus fréquente de gastro-entérite aiguë aux États-Unis, selon les Centers for Disease Control and Prevention (CDC). Chaque année, il provoque environ 19-21 millions de maladies et il contribue de 56 000 à 71 000 hospitalisations et de 570 à 800 décès. Toucher des surfaces ou des objets contaminés par norovirus puis mettre ensuite vos doigts dans votre bouche est une source commune d’infection.

Dans l’étude, Gerba et ses collègues ont utilisé le bactériophage MS-2 comme substitut du norovirus humain, car il est semblable dans la forme, la taille et la résistance aux désinfectants. Le phage a été déposé dans une 1 à 2 surfaces couramment touchées (une poignée de porte ou le dessus d’une table) au début de la journée dans un immeuble de bureaux, une salle de conférence et un centre de santé. Après diverses périodes de temps (2-8 heures), 60 à 100 prélèvements de surfaces passives, capables de transporter des organismes infectieux (interrupteurs, ridelles de lit, dessus de table, comptoirs, boutons poussoirs, cafetières, robinets d’évier, poignées de porte, téléphones et matériel informatique) ont été réalisés pour la recherche de phages.

« En 2 à 4 heures entre 40 à 60% des vecteurs passifs prélevés étaient contaminés par le virus », a dit Gerba.

Dans la phase d’intervention, le personnel de nettoyage et des employés ont reçu des lingettes désinfectantes contenant des ammonium quaternaires et des instructions sur leur bonne utilisation (utilisation d’au moins une fois par jour). Le nombre de vecteurs passifs sur lesquels le virus a été détecté a été réduit de 80% ou plus et la concentration du virus a été réduite de 99% ou plus.

Il y a 90 formulations différentes à base d’ammonium quaternaires disponibles enregistrées auprès de l’EPA sous 1500 noms de marque différents qui sont formulées pour tuer norovirus sur des surfaces inertes. Elles sont disponibles en tant que lingettes ou liquides prêts à l’emploi ou en concentré pour une utilisation par les équipes professionnelles de maintenance.

« Les résultats ont montré que la contamination virale de surfaces inertes dans des installations a lieu rapidement et une simple intervention peut grandement aider à réduire l’exposition au virus », dit Gerba.

Légende de la photo. Gerba et un étudiant travaillant sur des prélèvements, à gauche et une éponge de prélèvement microbiologique à droite. Images aimablement fournies par le laboratoire de Gerba.

Mais si, l’angine streptococcique peut être responsable d’une TIAC !

6
déc
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Classé dans Contamination, Contamination croisée, Curiosité, Environnement, Hygiène, Microbiologie, Règlementation, Santé, Sécurité des aliments, TIAC.

tiac_headUn document de Roselyne Mariani de l’ARS Corse, Cire Sud du 10 avril 2013 faisait état d’une « Épidémie d’angines streptococciques dans un camping : Penser à une toxi-infection alimentaire ».

Un autre document évoquait aussi une « Intoxication alimentaire à l’origine d’une épidémie d’angines à streptocoques A dans des camps de vacances, Haute-Corse, juillet 2012 ».

L’InVS propose le 2 décembre 2014 une étude ‘complète’ sur une « Épidémie d’angines streptococciques d’origine alimentaire dans des camps de vacances, Corse, juillet 2012 », 66 pages.

Résumé.

Une épidémie d’angines streptococciques (SGA) chez des enfants et adolescents en colonies de vacances a été investiguée dans un camping de Haute-Corse en juillet 2012. La majorité des cas ont été recensés en 48 heures faisant suspecter une origine alimentaire collective à cette épidémie bien que ce mode de contamination soit rare. L’investigation de cohorte rétrospective a eu pour objectif de confirmer cette hypothèse et de trouver l’origine de la contamination. Un cas clinique a été défini comme toute personne ayant présenté du 18 au 31 juillet au moins un mal de gorge ou une angine ou une pharyngite, associé à un test de diagnostic rapide (TDR) positif ou un des signes suivants : fièvre, céphalée, dysphagie. Les cas classés comme primaires liés à une exposition alimentaire étaient ceux survenus avant le 25 juillet, les cas plus tardifs étant considérés comme des cas secondaires liés à une transmission interhumaine.

L’enquête épidémiologique menée dans les camps de vacances a permis d’identifier 156 cas d’angines streptococciques dont 46 cas confirmés par TDR et/ou prélèvement de gorge. Le taux d’attaque était de 30,3 % pour les cas primaires et de 2,4 % pour les cas secondaires. Il était plus élevé pour les personnes hébergées en pension complète (38,5 %) que pour celles qui étaient en demi-pension (13 %). Les repas les plus à risque ont été servis les 20 et 21 juillet à midi mais il n’a pas été possible de déterminer avec certitude le ou les aliments à l’origine de la contamination. L’investigation du personnel de service et de cuisine a montré que les premiers cas d’angine étaient apparus les 18 et 19 juillet chez des serveurs, qui étaient probablement à l’origine de la contamination. Elle a aussi retrouvé 2 porteurs asymptomatiques du streptocoque de groupe A (SGA) et 8 malades.

La souche de SGA en cause, de type rare emm4.4, était identique chez les cuisiniers, les enfants et les animateurs, soulignant une origine commune à cette épidémie.

Dans la conclusion du résumé, les auteurs notent :

L’épidémie d’angines streptococciques d’origine alimentaire est une épidémie rare qui survient en période estivale dans une collectivité avec restauration commune caractérisée par une augmentation rapide du nombre de cas en 48 heures. Les transmissions secondaires interhumaines sont efficacement contrôlées par le traitement antibiotique précoce de tous les cas symptomatiques.

La prévention de ces épidémies repose sur des mesures permettant d‘éviter la contamination et la multiplication du SGA dans les aliments : respect strict des règles d’hygiène, des températures, de la chaîne du froid. Le service sous forme de buffet favorise la multiplication du SGA dans les plats. Les mesures préventives recommandées pour les personnels manipulant des denrées souffrant d’infections cutanées et d’infections pharyngées (pharyngite, angine) doivent être respectées.

Référence. Pascal L, Ruello M, Marchand E, Neveu A, Korhonen T, Mattei J. Épidémie d’angines streptococciques d’origine alimentaire dans des camps de vacances, Corse, juillet 2012. Saint-Maurice : Institut de veille sanitaire ; 2014. 63 p.

Commentaires : l’intérêt de ces documents est de rappeler l’association entre épidémie d’angines streptococciques et toxi-infection alimentaire, notamment en été.

Peut-être aussi que d’autres réponses auraient pu être apportées à ce cas tragique dont Le Point.fr du 24 janvier 2011 s’est fait l’écho, « Pas d’intoxication alimentaire pour le jeune homme décédé après avoir mangé dans un McDonald’s. Les analyses révèlent que cette personne a succombé à une septicémie engendrée par une angine à streptocoque. » Et selon le procureur de la République cite par l’hebdomadaire, « Cette bactérie est à l’origine d’une septicémie. Le choc septique a entraîné le décès. Aucune autre bactérie pathogène consécutive notamment à une intoxication alimentaire n’a été mise en évidence. À ce jour, aucune plainte n’a été enregistrée. »

Food Safety Roundup ou Liste bibliographique en sécurité des aliments, 21

25
nov
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Classé dans Campylobacter, Contamination, Contamination croisée, Curiosité, Environnement, Listeria, Microbiologie, Santé, Sécurité des aliments, TIAC, Virus.

Message de CIDRAP, Center for Infectious Disease Research & Policy de l’Université du Minnesota, du 25 novembre 2014, relatif aux nouveaux documents ci-dessous sur les maladies infectieuses d’origine alimentaire qui ont été ajoutés au site depuis les dernières semaines.

Foodborne Disease

Campylobacter

Listeria

Norovirus