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Santé Canada évolue lentement pour mettre fin à l’utilisation des antibiotiques comme promoteur de croissance chez les animaux

11
juil
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Classé dans Curiosité, Réglementation, Santé, Sécurité des aliments.

« Santé Canada évolue lentement pour mettre fin à l’utilisation des antibiotiques comme promoteur de croissance chez les animaux ». Source Doug Powell du barfblog du 10 juillet 2014.

Kelly Crowe de CBS News rapporte qu’« Un bovin peut obtenir de la pénicilline sans ordonnance dans la plupart des régions du Canada, contrairement à l’homme qui doit d’abord consulter son médecin.

Un éleveur peut tout simplement aller au magasin local de fournitures agricoles et acheter de la tétracycline et de nombreux autres antibiotiques.

Antibiotic-pill-300x200Car les animaux ne doivent pas être malade. Les bovins, les poulets, les dindes et les porcs prennent des antibiotiques pour prévenir leur infection.

Pour les producteurs d’animaux, les antibiotiques sont un outil de gestion important pour conserver garder le troupeau sain et rentable. On estime que jusqu’à 80% des antibiotiques dans le monde sont utilisés dans l’élevage.

Mais à chaque fois qu’un microbe recontre un médicament, que ce soit chez l’homme ou l’animal, c’est une nouvelle occasion d’élaborer une nouvelle défense.

Et les liens sont désormais clairs. L’utilisation d’antibiotiques dans les élevages crée des infections avec des superbactéries chez l’homme.

L’Organisation mondiale de la Santé met en garde sur l’utilisation d’antibiotiques qui doit être freiné, sinon, le monde va se dirige vers un futur dystopique où les infections courantes seront mortelles. Par conséquent, cela a été une surprise d’apprendre que le Canada n’a pas de système national coordonné pour contrôler les antibiotiques dans l’élevage.

Il n’existe aucun moyen de contrôler quels médicaments sont utilisés et comment les éleveurs s’en servent, et pas de données statistiques fiables sur les volumes d’antibiotiques donnés aux animaux.

J’ai découvert par hasard en faisant des recherches ce qui semble être une bonne nouvelle : que Santé Canada est sur le point de cesser de laisser les agriculteurs utiliser des antibiotiques comme facteur de croissance.

Voici donc un « Avis aux intervenants : Efforts concertés pour promouvoir l’utilisation judicieuse des médicaments antimicrobiens importants sur le plan médical dans la production d’animaux destinés à l’alimentation ».

La résistance aux antimicrobiens (RAM) est une question de santé publique complexe, qui évolue et qui concerne bon nombre d’intervenants au Canada et à l’échelle internationale. La Direction des médicaments vétérinaires (DMV) de Santé Canada travaille à promouvoir l’utilisation prudente des médicaments antimicrobiens dans le but de minimiser le développement et la propagation de la RAM par suite de l’utilisation d’antimicrobiens en médecine vétérinaire et dans la production d’animaux destinés à l’alimentation.

La DMV a engagé les autorités provinciales et territoriales, l’industrie pharmaceutique, les vétérinaires, les producteurs d’animaux destinés à l’alimentation et les intervenants à promouvoir l’utilisation judicieuse des médicaments antimicrobiens importants sur le plan médical dans la production d’animaux destinés à l’alimentation.

Dans le cadre de ces efforts soutenus, et en collaboration avec l’Institut canadien de la santé animale (ICSA), nous visons maintenant à travailler avec d’autres intervenants concernés sur les deux mesures clés suivantes :

Retrait des allégations des médicaments antimicrobiens importants sur le plan médical liées à la stimulation de la croissance et/ou à la production;

Élaboration de solutions possibles pour le renforcement de la surveillance vétérinaire de l’utilisation des antimicrobiens chez les animaux destinés à l’alimentation.

Les États-Unis travaillent à mettre en place des mesures similaires pour une transition estimée à trois ans. La DMV continuera de collaborer afin d’assurer la meilleure harmonisation possible de ces mesures en vue d’une transition efficace pour toutes les parties concernées au cours de la même période.

Etats-Unis : Bactéries d’origine alimentaire résistantes aux antibiotiques, les bonnes et les mauvaises nouvelles

3
juil
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Classé dans Campylobacter, Contamination, Contamination croisée, Curiosité, Environnement, Microbiologie, Réglementation, Salmonella, Santé, Sécurité des aliments, Shigella, TIAC, Volaille.

« Etats-Unis : Bactéries d’origine alimentaire résistantes aux antibiotiques, les bonnes et les mauvaises nouvelles en 2012 ». Source CIDRAP News du 2 juillet 2014.

Un rapport du gouvernement américain sur les bactéries d’origine alimentaire résistantes aux antibiotiques en 2012 apporte à la fois de bonnes et de mauvaises nouvelles.

cdc-09-13-img16-salmonellaSur le plan positif, la surveillance des infections d’origine alimentaire a montré que Salmonella multirésistant aux antibiotiques a diminué au cours des 10 dernières années et que la résistance à deux classes importantes d’antibiotique, les céphalosporines et les fluoroquinolones, est demeuré faible, selon les Centers for Disease Control and Prevention (CDC) dans un communiqué de presse.

D’autre part, la résistance de Salmonella typhi, cause de la fièvre typhoïde, aux quinolones a augmenté de 68%, ce qui fait craindre que l’un des traitements usuels pour cette maladie puisse ne pas fonctionner, a signalé le CDC.

Les résultats proviennent du dernier rapport du National Antimicrobial Resistance Monitoring System (NARMS), qui est exploité par trois agences fédérales. Le CDC, avec l’aide des services de santé des Etats, le suivi des bactéries résistantes chez l’homme, alors que la Food and Drug Administration (FDA) surveille la résistance dans la viande au niveau de la distribution et l’USDA la suit chez l’animal.

Le rapport du CDC compare les taux de résistance dans les infections humaines en 2012 à ceux au cours de la période allant de 2003 à 2007. L’agence surveille la résistance dans les isolats cliniques de six types de bactéries d’origine alimentaire dans les 50 États. Plus de 5 000 isolats ont été testés en 2012, selon le communiqué.

« Nos dernières données montrent des progrès dans la réduction de la résistance chez certains germes qui rendent des personnes malades, mais malheureusement, nous voyons aussi une plus grande résistance de certains pathogènes, comme certains types de Salmonella », a déclaré dans le communiqué de presse Robert Tauxe, directeur adjoint de la division des maladies d’origine alimentaire, hydrique et environnementale au CDC.

Le CDC a noté plusieurs autres conclusions du rapport :

  • Environ 20% des infections à Salmonella Heidelberg, sérotype liés à des foyers récents de cas d’infection dus à la volaille étaient résistantes à la ceftriaxone, un médicament de la famille des céphalosporines. La résistance à la ceftriaxone rend les infections à Salmonella plus difficile à traiter, surtout chez les enfants.
  • La résistance de Campylobacter à la ciprofloxacine est restée à 25%, malgré l’interdiction en 2005 par la FDA de l’utilisation de l’enrofloxacine, autre médicament de la famille des fluoroquinolones, chez la volaille.
  • La résistance de Shigella est à 2% pour la ciprofloxacine et à 4% pour l’azithromycine et se développe, mais aucune souche n’était résistante à ces deux antibiotiques.
  • La résistance globale aux fluoroquinolones est restée faible, mais il y avait des relents de résistance accrue chez Salmonella Enteritidis, sérotype de Salmonella le plus courant, à la ciprofloxacine. L’antibiotique est un traitement de première intention chez des adultes atteints de salmonellose grave, selon un rapport précédent.

Nouvelle méthode et nouvelles étapes.

L’agence a également noté que le rapport présente une nouvelle méthode pour interpréter les données de Campylobacter et inclut des liens vers des graphiques interactifs qui permettent aux utilisateurs de choisir un pathogène et un antibiotique et voir les tendances de la résistance d’année en année.

Le budget proposé pour 2015 demande des fonds supplémentaires au président Obama pour permettre au CDC d’améliorer la détection précoce et le suivi des Salmonella multirésistants et « d’autres menaces urgence de résistance », a noté l’agence dans le communiqué. L’agence estime qu’avec 30 millions de dollars par an pendant 5 ans, elle pourrait réduire les infections à Salmonella multirésistants de 25%.

NB : La photo représente Salmonella non typhiques.

Communiqué de « World Alliance Against Antibiotic Resistance » (WAAAR) ou Alliance Contre le développement des Bactéries Multi-Résistantes

30
juin
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Classé dans Contamination, Curiosité, Environnement, Santé, Sécurité des aliments.

B2DB30D2623ED1A003841800224E84B9Déclaration de WAAAR contre la résistance bactérienne : Le « World Alliance Against Antibiotic Resistance » (WAAAR) ou l’Alliance Contre le développement des Bactéries Multi-Résistantes (ACdeBMR) a publié le 23 juin 2014 le communiqué suivant :

L’augmentation du nombre de bactéries résistantes aux antibiotiques représente un danger majeur pour la santé de l’homme et des animaux. Cette augmentation très alarmante, jointe à une absence presque complète de nouveaux antibiotiques est un des problèmes de santé publique les plus graves de notre temps. Les antibiotiques sont une classe thérapeutique unique, avec un aspect sociétal, car leur usage et mésusage chez un patient, avec diffusion des bactéries devenues résistantes entre les personnes, les animaux et l’environnement, peut affecter leur efficacité chez d’autres patients. La cible des antibiotiques est les bactéries, organismes vivants qui peuvent en effet évoluer en acquérant des mécanismes de résistance très rapidement .Ces bactéries résistantes peuvent alors être transmises facilement à d’autres personnes, et du matériel génétique bactérien codant pour la résistance peut être transmis facilement entre bactéries. Des échecs liés à ces bactéries multi-résistantes, initialement limités au secteur hospitalier apparaissent maintenant dans la communauté. On estime le nombre de décès annuels liés à ces bactéries à 25.000 en Europe, et 23.000 aux USA, au minimum. Le coût de la résistance bactérienne est considérable. La résistance aux antibiotiques est directement liée au volume et au type d’antibiotiques utilisés. Nous utilisons des quantités croissantes d’antibiotiques chez l’homme et les animaux, ce qui déverse ces produits dans la nature. L’impact environnemental de ce phénomène est considérable, entrainant le développement et la dissémination des gènes d’antibio-résistance.

Nous devons lutter contre ces phénomènes en adoptant des stratégies proactives comparables à celles utilisées pour les espèces en voie de disparition, dans une philosophie de développement durable. Préserver l’efficacité des antibiotiques et stabiliser l’écosystème bactérien doivent être un objectif global absolu.

Sauvegarder les antibiotiques nécessitera un effort considérable et concerté des patients et des prescripteurs pour appeler tous les responsables à assurer un accès facile à des antibiotiques efficaces. L’objectif de WAAAR est d’attirer l’attention sur l’urgence et la gravité du danger, et de coordonner un dialogue européen et international pour trouver des solutions efficaces. L’alliance, en particulier au travers de cette déclaration, est destinée à lutter pour la préservation des antibiotiques et à maintenir un niveau d’information suffisant chez les prescripteurs, les hommes et femmes politiques, les décideurs de santé publique, les économistes, les usagers du système de santé, l’industrie pharmaceutique, les agences internationales, et l’ensemble de la population. Les actions individuelles, malgré leur louable intention, sont vouées à l’échec sans un dialogue international, un sens commun du danger, et un large consensus sur les façons de procéder.

Télécharger le communiqué format pdf

Détruire des bactéries avec leurs propres armes

27
juin
2 commentaires
Classé dans Contamination, Curiosité, Environnement, Microbiologie, Santé.

« Détruire les bactéries avec leurs propres armes », source Washington University in Saint Louis (WUSTL).

En exploitant le système des bactéries pour piéger le fer, un scientifique de la WUSTL espère sauver les antibiotiques rendus inutiles par la résistance. Timothy Wencewicz, professeur adjoint de chimie en arts et sciences à l’université de Washington à Saint-Louis, a une idée qui pourrait apporter une solution à la résistance qui apparait plus importante et plus efficace que l’invention d’un nouveau médicament.

« Aujourd’hui, quand vous avez les symptômes d’une infection bactérienne », a dit Wencewicz, « vous êtes traité avec un antibiotique à large spectre, parce que nous manquons de capacité à identifier la souche bactérienne rapidement. » Et cela signifie que chaque type de bactéries dans votre corps est exposé à cet antibiotique. « Donc, même l’utilisation justifiée des antibiotiques qui suit des protocoles médicaux encourage la résistance. »

300pxsiderophore copyUne solution, dit-il, est une antibiothérapie personnalisée. Cela nécessitera à la fois l’identification bactérienne rapide et des antibiotiques à spectre étroit. L’antibiothérapie adaptée non seulement va prolonger la durée de vie clinique des nouveaux antibiotiques par une meilleure management de la résistance, mais cela pourrait aussi réactiver de vieux antibiotiques qui ont été abandonnés en raison de la résistance, de la toxicité ou de leur incapacité à pénétrer la membrane bactérienne.

Wencewicz travaille sur un système de délivrance de médicament qui ciblerait des bactéries spécifiques en exploitant de petites molécules appelées sidérophores qu’elles sécrètent pour piéger pour le fer dans leur environnement. Chaque bactérie possède son propre système de sidérophores, dont qu’il pompe à travers sa membrane cellulaire avant d’éliminer le fer.

Si un antibiotique est lié à une de ces molécules qui piège le fer, cela pourrait être converti en un petit cheval de Troie qui permettrait à l’antibiotique d’entrer à l’intérieur de la membrane cellulaire de la bactérie. Non seulement cela pourrait être dirigé contre un pathogène spécifique, mais cela serait efficace à des concentrations beaucoup plus faibles parce qu’il aurait pénétré la défense extérieure de la bactérie.

Qui plus est, parce que chaque espèce bactérienne a son propre système de sidérophores, ces molécules et leurs récepteurs pourraient être utilisés pour identifier rapidement la souche bactérienne provoquant une infection. Le diagnostic par les sidérophores pourrait être jumelé à l’administration d’antibiotique et de sidérophores afin de fournir un traitement personnalisé qui éviterait aux patients un traitement d’essai et d’erreur et, plus important encore, le rendre beaucoup plus difficile pour les bactéries de développer une résistance.

Une vidéo explicative et démonstrative est proposée ici.

NB : Ne pas hésiter à lire la suite …

Légende. Un sidérophore appelé fluvibactine fabriqué par Vibrio cholerae (bleu) qui est lié à un atome de fer (sphère rose).

Norvège : Découverte de bactéries résistantes aux antibiotiques dans de la viande de dinde

26
juin
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Classé dans Contamination, Curiosité, E. coli, Environnement, Réglementation, Santé, Sécurité des aliments, Volaille.

L’Autorité norvégienne de sécurité alimentaire (Mattilsynet) a découvert des E. coli résistants aux antibiotiques dans les filets de dinde sur le marché norvégien, selon un communiqué de l’agence du 24 juin 2014.

uncooked_turkey_breast-300x192L’utilisation de nouvelles méthodes plus sensibles a permis de démontrer une prévalence élevée de bactéries résistantes aux antibiotiques dans la viande de dinde. L’enquête a montré que près de la moitié des filets de dinde contiennent des E. coli résistants aux quinolones

La situation est préoccupante et nous devons acquérir plus de connaissances, dit le directeur adjoint de Mattilsynet, Ole Fjetland. Il a déclaré qu’il n’avait pas connaissance sur la façon dont ces bactéries sont entrées dans la production de volaille en Norvège. ll ne peut être exclu que cela soit lié à l’importation d’animaux reproducteurs.

Mattylsynet suit les bactéries depuis 2000 et la nouvelle technologie que l’agence a adopté donne des résultats qui montrent que l’incidence est beaucoup plus élevée qu’on ne le pensait.

Il y a un objectif clair celui de garder l’utilisation des antibiotiques pour les animaux à un niveau aussi faible que possible. En Norvège, il est interdit d’utiliser des antibiotiques comme agents favorisant la croissance des animaux et l’utilisation d’antibiotiques pour le traitement des maladies chez les volailles norvégiennes est strictement réglementée et limitée.