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Cas de maladies d’origine alimentaire en France : Retard pour l’information et les résultats, est-ce une fatalité ?

9
juin
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Classé dans Contamination, Curiosité, Hygiène, Réglementation, Santé, Sécurité des aliments, TIAC.

Le 27 mai 2014, je publiais un article sur « Intoxication alimentaire dans des cantines de Colomiers : La betterave est-elle l’agent causal ? » à propos d’une probable intoxication alimentaire survenue à Colomiers …

En effet, selon le contenu d’une page Internet de la mairie de Colomiers, Des analyses en cours, on apprend :

imagesCe mardi matin (27 mai 2014 –aa), la Direction départementale de la protection des populations (DDPP), en lien avec l’Agence régionale de santé (ARS), s’est rendue au Centre de restauration municipal de Colomiers afin de récupérer les échantillons du repas mis en cause, ainsi que toutes les données relatives à la traçabilité et à la conservation des denrées alimentaires.

Ces éléments permettront au laboratoire de la DDPP d’effectuer les analyses nécessaires, afin d’identifier la cause à l’origine de l’intoxication alimentaire de 99 écoliers columérins (84 en maternelle et 15 en élémentaire), survenue le lundi 26 mai. Ces analyses pourront prendre plusieurs jours, en fonction investigations engagées.

« Les résultats de l’enquête épidémiologique en cours nous orientent plutôt vers la betterave, car il s’agissait d’un produit consommé cru et que les premiers symptômes sont apparus avant la fin du repas. Ce sera à la Direction départementale de la protection des populations, en lien avec l’Agence régionale de santé, de cibler ces analyses, en fonction du pré-rapport que nous lui avons remis », explique Jean-Michel Barreau directeur de la restauration municipale.

Bon, mais on est le 9 juin, soit 13 jours après avoir « récupéré les échantillons du repas », et aucun résultats, ni aucune nouvelle information, de la part des autorités de santé, mais comment expliquer un tel délai voire ce « retard » ?

On peut en avoir une idée quand on lit cet article de l’InVS, « Les systèmes de surveillance des maladies d’origine alimentaire : sources, méthodes, apports, limites », publié dans le BEH hors série du 9 mai 2012 :

« Le délai inévitable entre la date de survenue des cas et leur identification par le Centre National de Référence (cumul du délai entre la date de début des symptômes et la date de consultation, du délai de confirmation du diagnostic par le laboratoire, du délai d’envoi au CNR et enfin du délai nécessaire aux analyses au Centre National de Référence entraîne cependant un retard dans la détection d’épisodes de cas groupés. »

Convaincu ? A vous de voir … auprès de nos autorités de santé, mais c’est pas gagné !

Il existe des réfractaires à l’hygiène des aliments, je les ai rencontrés !

6
juin
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Classé dans Curiosité, Hygiène, Réglementation, Santé, Sécurité des aliments.

larry_the_cable_guy_health_inspector2Il existe toujours des réfractaires à l’hygiène des aliments comme en témoigne cette action de contrôle annoncée à Turnhout en Belgique.

Le contexte pour commencer,

« Du mercredi 14 mai au mercredi 21 mai une action de contrôle annoncée de l’AFSCA a eu lieu à Turnhout. 25 contrôleurs de l’Unité provinciale de Contrôle (UPC) d’Anvers ont contrôlé 343 établissements du secteur de la distribution actifs dans la chaîne alimentaire.

Les établissements qui étaient fermés durant cette semaine de contrôle peuvent encore s’attendre à un contrôle.

La collaboration avec la ville de Turnhout a été excellente. Une centaine d’opérateurs ont assisté aux deux réunions préparatoires – sur invitation de la ville de Turnhout et avec son aide logistique. La plupart des établissements étaient donc bien informés et préparés, ce qui apparaît dans les résultats.31 cuisines de collectivité, 162 établissements horeca, 110 commerces de détail et de gros, 10 Bed and breakfast et 30 échoppes de marché ont été contrôlés. »

Au niveau des résultats, tout n’est pas perdu, il y a eu tout de même « 266 (77%) des établissements contrôlés ont obtenu un résultat favorable. »

Malgré la bonne campagne d’information de la ville de Turnhout et les sessions de formation de l’AFSCA, 66 avertissements et 11 procès-verbaux ont été dressés. Les infractions qui ont donné lieu à ces mesures concernaient principalement l’hygiène et le non-respect des températures. Dans un seul établissement, les infractions étaient tellement importantes qu’il a fallu procéder à la fermeture immédiate pour des raisons de santé publique. Cette fermeture « temporaire » a pu être levée après une journée.
Comme dans le cas des contrôles non annoncés, les opérateurs ayant obtenu un résultat défavorable seront soumis à un recontrôle. 

Commentaires : Il existe donc des réfractaires, certes minoritaires, à l’hygiène des aliments en Belgique, mais au moins on le sait !

Mais en France, on n’en doute, mais on ne le sait pas ou plutôt on n’a pas le droit de le savoir, car la dernière fois qu’on a parlé de contrôle des aliments, le rapport a été classé ‘secret défense’, c’est tout dire de la transparence qui émane du ministère de l’agriculture …

Cela étant en Suisse, ce n’est pas mieux car « Les Chambres fédérales n’ont pas non plus voulu accorder plus de transparence aux clients des restaurants. Après avoir écarté d’emblée les listes noires de restaurants à l’hygiène douteuse, elles ont aussi refusé le droit de consulter le certificat de conformité des établissements. Ainsi, le tabou sur les résultats des contrôles d’hygiène restera total dans la plupart des cantons. La révision doit maintenant passer en votation finale. »

170 travailleurs hospitalisés pour cause d’intoxication alimentaire dans le nord du Vietnam

3
juin
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Classé dans Contamination, Curiosité, Environnement, Hygiène, Réglementation, Santé, Sécurité des aliments, TIAC.

ngo doc -vtc_KXAN« 170 travailleurs hospitalisés pour cause d’intoxication alimentaire dans le nord du Vietnam », source Thanh Nièn News du 2 juin 2014.

Au moins 170 employés d’une usine de vêtements dans la province septentrionale de Thai Binh ont été hospitalisés pour une intoxication alimentaire après avoir consommé le déjeuner fourni par un traiteur le 1er juin.

Les travailleurs de l’usine Nienshing dans zone industrielle de Phuc Khanh ont été traités dans trois hôpitaux, Thai Binh, Hoa Lam et Hoang An, a rapporté le journal Dan Viet lundi.

Le nombre de patients a surchargé les hôpitaux avec trois personnes par lit. Beaucoup plus de patients ont été disposés à même le sol de l’hôpital.

Nguyen Thi Cuc a dit qu’elle ne pouvait pas dormir la nuit de dimanche à cause d’un mal au ventre, de la diarrhée et des vomissements. Elle va essayer de venir pour travailler lundi.

« Beaucoup de travailleurs se sont plaints de maux de ventre et de diarrhée et l’entreprise a pris des bus pour les emmener à l’hôpital », dit-elle.

Dan Viet a indiqué que les employés pensent  que l’empoisonnement massif a été causé par la société qui fournit déjeuner servi le dimanche. La compagnie a embauché la Dung Hop Company de Thai Binh pour fournir le repas à 10 000 dongs (35 cents d’euro) par personne. Dung Hop a servi une omelette, du porc haché et du chou. Les employés ont dit qu’ils n’ont commencé sentir malade que ce soir-là.

L’Agence de sécurité des aliments de Thai Binh a suspendu le traiteur pour une semaine en attendant une enquête plus approfondie.

Intoxication alimentaire dans des cantines de Colomiers : La betterave est-elle l’agent causal ?

27
mai
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Classé dans Contamination, Contamination croisée, Curiosité, Environnement, Hygiène, Microbiologie, Réglementation, Santé, Sécurité des aliments, TIAC.

« Colomiers. Une centaine d’enfants intoxiqués dans les cantines », article publié le 27/05/2014 par La Dépêche.fr.

« Au total, 99 enfants ont été indisposés : 84 en maternelle et 15 en primaire. « Les services municipaux ont réagi rapidement et efficacement. Aussitôt l’alerte donnée, les employés du service restauration ont retiré le premier menu, betteraves, poulet rôti, macaronis au beurre et yaourt aux fruits. »

beetrootsalad-300x225« Les betteraves rouges seraient suspectées. «Les enfants ont vomi avant le dessert, et c’était le seul plat froid. On sait que les crudités sont des produits plus aléatoires, que la cuisson élimine bien des risques. »

Des betteraves en entrée, cela me rappelle quelque chose … d’autant que d’après des informations parues dans le communiqué de la ville de Colomiers, on apprend que « Les résultats de l’enquête épidémiologique en cours nous orientent plutôt vers la betterave, car il s’agissait d’un produit consommé cru et que les premiers symptômes sont apparus avant la fin du repas. Ce sera à la Direction départementale de la protection des populations, en lien avec l’Agence régionale de santé, de cibler ces analyses, en fonction du pré-rapport que nous lui avons remise, explique Jean-Michel Barreau directeur de la restauration municipale. »

N’ayant aucune information particulière sur le sujet et n’en ayant pas trouvé auprès de l’ARS Midi-Pyrénées, je me suis contenté d’un bref coup d’œil sur ‘betterave et intoxication alimentaire’ :

  • Février 2014. Lambersart : la betterave rouge soupçonnée de l’intoxication de 40 élèves, en janvier
  • Mai 2013. Selon ce site qui a publié un article sur Halte aux bactéries dans votre cuisine,  « Après avoir mangé des betteraves râpées qu’ils avaient conservées trois jours au réfrigérateur, Anne et son mari ont commencé à se sentir barbouillés. Le médecin a diagnostiqué une intoxication alimentaire, témoigne cette Parisienne de 48 ans. Même coupable présumée pour 124 cas de gastro-entérite en Finlande en 2010. En 2011, les autorités néerlandaises ont décelé la présence d’une bactérie potentiellement pathogène dans des betteraves à sucre exportées en Allemagne et en Belgique. »
  • Mai 2010. « Une intoxication alimentaire a touché 21 écoles de Lorient et de sa région. Pas moins de 496 écoliers de Lorient, Inzinzac-Lochrist et Auray avaient été pris de vomissement et de maux de ventre. Il y a eu « une forte suspicion visant le plat de betteraves rouges râpées crues », souligne la préfecture du Morbihan. C’est l’étude du circuit de distribution des aliments consommés par les malades qui a permis d’aboutir à cette conclusion. »

Ce n’est pas encore aujourd’hui que la restauration collective aura son guide de bonnes pratiques d’hygiène

30
avr
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Classé dans Contamination, Contamination croisée, Curiosité, Environnement, HACCP, Hygiène, Réglementation, Santé, Sécurité des aliments, TIAC.

La restauration collective a-t-elle besoin d’un guide de bonnes pratiques d’hygiène ? Cela reste à voir …

La restauration collective aura-t-elle un jour un guide de bonnes pratiques d’hygiène ? La réponse à cette question est sans doute oui, mais les dernières nouvelles en provenance de l’Anses ne prêtent guère à l’optimisme. A vous de voir …

aujourd'huiL’Anses vient de retoquer le projet de guide dans un « avis relatif à un guide de bonnes pratiques d’hygiène et d’application des principes HACCP en restauration collective ».

Voici un extrait de la conclusion du groupe de travail « Guides de bonnes pratiques d’hygiène » (GT GBPH) de l’Anses,

« L’analyse des dangers présente des lacunes majeures et ne peut répondre telle quelle aux exigences du règlement (CE) n°852/2004 pour la mise en œuvre d’un guide de bonnes pratiques d’hygiène et d’application des principes HACCP. Compte tenu du champ d’application ciblé  (restauration pour la petite enfance et restauration médico-sociale), la version corrigée du guide devra impérativement être réévaluée par l’Anses. »

On apprend que « Ce guide comme indiqué page 40 considère que « la principale manifestation du danger en restauration collective est la toxi-infection alimentaire ; le GBPH est principalement destiné à maîtriser ce risque ». De ce fait, ce guide focalise principalement son analyse sur les dangers biologiques. Il serait raisonnable de considérer, au même titre, l’ensemble des dangers biologiques, chimiques, physiques et allergènes. »

Cet aspect est intéressant quand on le rapproche des données publiées par l’InVS relatives aux toxi-infections alimentaires collectives déclarées en France en 2012. On y lit que « le nombre de foyers de Tiac survenus en restauration collective a augmenté de 9 % en 2012 » et aussi que « Parmi ces 1 288 foyers de Tiac déclarés en 2012, 843 (65 %) en restauration collective ».

Alors donc ya du boulot, voir même beaucoup de boulot, et c’est que dit aimablement mais fermement l’Anses,

« L'analyse des dangers au sens large du terme apparaît incomplète, peu documentée et devrait être revue sérieusement, notamment pour les dangers chimiques et physiques. Concernant les dangers biologiques « retenus » il conviendra de revoir ce chapitre pour une meilleure accessibilité et compréhension par les lecteurs et acteurs de la restauration collective.

Ce guide revêt une importance particulière car il couvre (i) un vaste champ d’élaboration de produits, dont certains peuvent être particulièrement à risque (produits mixés), (ii) toutes les catégories de consommateurs, dont certaines peuvent être extrêmement sensibles (jeunes enfants, personnes âgées, malades). A ce titre, ce guide doit donc être clair, précis et opérationnel pour tous les secteurs. En ce sens, il comporte encore de nombreuses imperfections du fait de l’absence d’une relecture approfondie du document (fautes d’orthographes, phrases parfois incompréhensibles, mises en page peu soignées : voir l’annexe à destination des relecteurs). »

L’organisme conseil qui a aidé les responsables de guide devrait prendre aussi sa part de responsabilité, mais ceci un autre sujet …