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Des smileys dans les restaurants : une mesure illusoire ou une fausse bonne idée

12
sept
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Classé dans Curiosité, Environnement, Hygiène, Réglementation, Santé, Sécurité des aliments.

Selon Wikipédia, « Le syndicat Solidaires CCRF & SCL (concurrence, consommation, répression des fraudes et service commun des laboratoires) est un syndicat français des personnels de la DGCCRF et du SCL (service commun des laboratoires, regroupant depuis 2006 les capacités analytiques de la Douane et de la DGCCRF), membre de l’Union syndicale Solidaires. »

Ce syndicat a publié un communiqué le 10 septembre 2014, « La fausse bonne idée Smiley ! » et je suggère au lecteur intéressé de lire le communiqué en intégralité qui montrera si besoin en était que la rivalité en la DGAL et la DGCCRF est toujours bien vivante …

smiley_411x490Voici donc ci-après quelques extraits :

La Direction Générale de l’Alimentation (DGAL) a annoncé le 8 septembre par la voie d’un communiqué de presse envisager de faire apposer à l’entrée des restaurants des Smileys Vert ou Rouge en fonction de la qualité de l’établissement suite aux contrôles effectués.

Pourquoi à ce stade c’est une fausse bonne idée ?

- Apposer un smiley Vert c’est donc laisser entendre aux consommateurs « allez-y » !
Or, si l’hygiène peut être irréprochable (ou correcte) le jour du contrôle, il peut ne pas en être de même de l’affichage des prix, et de ce qui vous est réellement servi (bio, tromperie sur le produit…) ! Quant à la situation 3 mois après l’inspection, là non plus, rien ne dit qu’elle correspondra au smiley vert !
Dommage pour les consommateurs… Il ne fallait pas se fier au smiley !

- Bien plus problématique encore, la DGAL reconnaît clairement qu’en l’état actuel de ces effectifs, elle ne sera pas en mesure de contrôler l’ensemble des établissements de restauration et qu’elle envisage donc de déléguer à des sociétés privées le contrôle de l’hygiène. (et sera dans l’incapacité d’aller contrôler les établissements qui auront eu un « smiley rouge » !).

- Enfin, on peut facilement imaginer dans la réalité que les gérants de restaurant n’afficheront jamais les « smiley rouges » : quel consommateur connaissant sa signification, entrerait dans ce type d’établissement ! C’est presque équivalent à une fermeture définitive.

Les smileys, comme on le voit, ont au moins un mérite, celui de faire réagir, et au final, le syndicat Solidaires CCRF & SCL et le quotidien, Le Figaro, sont au moins d’accord sur cette éventuelle nouvelle mesure.

Ainsi, Le Figaro.fr du 9 septembre 2014, sous le titre, « Les smileys dans les restaurants : une mesure illusoire ? »

En conclusion de l’article, il est rapporté, « Si ces sigles venaient à être confirmés, on peut s’interroger sur l’efficacité de leur nature accusatrice et humiliante. Contrairement aux différents labels imaginés jusqu’alors pour vanter l’excellence des adresses- dont le très récent « fait maison » qui avait déjà fait couler beaucoup d’encre chez les restaurateurs -, ces smileys ne peuvent servir qu’à dissuader les clients de passer la porte. Qui s’assiérait encore à une table signalée orange ? Si les normes sanitaires ne sont pas respectées, l’établissement doit tout simplement être fermé. Dans un monde idéal, cette mesure à caractère vertueux serait sans doute efficace. Dans un monde idéal… »

France : Des smileys hygiène sur les portes des restaurants, c’est pour la Saint-Glinglin ?

8
sept
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Classé dans Curiosité, Hygiène, Réglementation, Santé, Sécurité des aliments.

Ouf ! Mieux vaut tard que jamais ! Le directeur général de l’alimentation s’est-il enfin décidé à passer aux actes ? Prudence, il faut raison garder !

Selon L’Express du 8 septembre 2014, « Des smileys pour renseigner les clients des restaurants. »

smiley

« La Direction générale de l’Alimentation (DGAL) envisage d’apposer un « smiley », vert qui rit ou rouge qui pleure, à l’entrée des restaurants pour renseigner les clients sur l’établissement. « Cette pratique existe déjà dans certains pays » a justifié ce lundi le patron de la DGAL Patrick Dehaumont, citant le Danemark, la ville de New York ou Shanghai. »

En cliquant sur ce lien, les lecteurs du blog auront accès aux articles citant les villes et/ou les pays adoptant le système des smileys. Pour information, la Ville de New-York n’adopte pas ce système mais une classification par lettre

« Nous allons devoir lancer une expérimentation, dès le courant 2015, dans une région ou un département », poursuit l’autorité qui contrôle la sécurité dans les assiettes françaises. » (…)

Le principe du smiley à la porte du restaurant, vert, orange ou rouge, doit être affiné notamment dans sa fréquence de révision: « On réfléchit: tous les ans ? Tous les deux ans ? On ne va pas laisser un établissement au vert pendant dix ans sans vérifier » a indiqué Patrick Dehaumont. Il souligne cependant qu’un restaurant classé « rouge » fera de toutes façons l’objet de contrôles intenses voire d’une mesure immédiate ordonnant des travaux de mise aux normes ou la fermeture.

« Les professionnels sont tous demandeurs car c’est un bon moyen d’assainir la profession », assure-t-elle en insistant sur le double objectif « d’information et de pédagogie ».

Va-t-on avoir accès par Internet à ces smileys ainsi qu’à une synthèse du rapport d’inspection ?

S’agit-il d’un galop d’essai car le directeur sait que le sujet est tendu et que sans doute la loi ne va pas adopter ce genre de pratiques ? Nous verrons bien lorsque cela sera effectivement mis en place !

Cela ne va malheureusement pas concerner les rappels d’aliments, dont la gestion de l’opacité en la matière par nos autorités se vérifie semaine après semaine …

Mise à jour du 9 septembre 2014. Selon un communiqué du 8 septembre 2014, le ministère de l’agriculture promet de la transparence aux résultats des contrôles sanitaires, mais on ne sait pas quelle forme prendra cette transparence …

La loi d’Avenir pour l’agriculture, l’alimentation et la forêt qui sera soumise à approbation définitive de l’Assemblée nationale jeudi 11 septembre prévoit de donner accès aux consommateurs aux résultats des contrôles sanitaires.
Le ministre de l’agriculture, de l’agroalimentaire et de la Forêt tient à préciser que la manière dont les résultats de ces contrôles seront rendus publics n’est pas prévue par la loi et que les modalités de cette publicité seront arrêtées suite à une large concertation menée conjointement avec la secrétaire d’Etat chargée du commerce, de l’artisanat, de la consommation et de l’économie sociale et solidaire et avec les professionnels concernés.

La DGCCRF et les plaintes en restauration commerciale

20
août
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Classé dans Curiosité, Hygiène, Réglementation, Santé, Sécurité des aliments.

La DGCCRF publie (DGCCRF-éco n°28 – juin 2014) un rapport de Nicolas Roux sur « Le secteur da la restauration commerciale : données économique, évolution des prix et du nombre de plaintes du secteur ».

Cette étude propose une analyse des plaintes de consommateurs enregistrées par la DGCCRF et relatives au secteur de la restauration.

En résumé, « Concernant les plaintes relatives au secteur, on note entre 2009 et 2013 une diminution d’environ 20% de leur nombre. Toutefois, il faut remarquer que le nombre de plaintes a augmenté sur un an en 2011 (+5,4%) et en 2012 (+14,5%). »

Dans le détail, « Le baromètre des réclamations de la DGCCRF permet d’analyser les évolutions des plaintes de consommateurs enregistrées par les agents de cette administration, tant dans les services déconcentrés (directions départementales de la protection des populations et directions départementales de la cohésion sociale et de la protection des populations selon les départements) qu’au centre national d’appels « info consommateurs » 3939 de Montpellier.

Les données recueillies sont classées par produits et services et par pratiques dénoncées dans le baromètre des réclamations depuis 2008. Depuis le 1er juillet 2013, la classification du baromètre des réclamations a évolué pour gagner en finesse et clarté, afin d’adapter celle-ci à la recommandation européenne du 12 mai 2010 et aux évolutions réglementaires et technologiques. »

Entre 2009 et 2013, le nombre de réclamations relatives au secteur de la restauration est passé de 1915 à 1543, soit une diminution de 19,4%. Entre 2009 et 2010, il avait connu une chute de 24,9%, avant de connaître deux années d’augmentation, en 2011 (+5,4%) et en 2012 (+14,5%).

Sur la période 2009-2013, la part des plaintes relatives au secteur de la restauration dans le total des plaintes varie de 1,6 à 2,0%.

Différence entre restauration traditionnelle et restauration rapide.

Depuis le 1er juillet 2013, le baromètre des réclamations permet notamment de distinguer restauration traditionnelle et restauration rapide.

Au vu de ces statistiques, on constate que les réclamations relatives à la restauration traditionnelle sont plus nombreuses que celles relatives à la restauration rapide : elles représentent selon les mois entre 2,4 et 6,4 fois le nombre de plaintes du secteur de la restauration rapide.

De juillet 2013 à mai 2014, le nombre moyen de réclamation est de 24 par mois pour la restauration rapide et de 92 par mois pour la restauration traditionnelle.

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Classement des cinq premières pratiques dénoncées par les consommateurs, concernant le secteur de la restauration, 2009-2014

Depuis 2009, les pratiques dénoncées par les consommateurs relatives au secteur de la restauration concernent principalement les règles générales d’hygiène des denrées, les règles générales d’hygiène des établissements, la tromperie à l’égard du consommateur, le refus de vente aux consommateurs et le respect des dates limites de consommation (DLC) et des dates limites d’utilisation optimale (DLUO).

Commentaires : Le rapport ne dit pas pour combien de plaintes adressées au point info consommateur de la DGCCRF, combien de plaintes ne sont pas adressées par les consommateurs, autrement dit quelle est la sous-évaluation des plaintes recensées dans ce baromètre. Par ailleurs aucune liaison des données de ce baromètre avec les opérations alimentation vacances et fêtes de fin d’année. Il ne manquerait plus que la DGAL et la DGCCRF coopèrent … mais ça, c’est une autre histoire !

A propos de l’opération interministérielle vacances en Aquitaine

24
juil
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Classé dans Curiosité, Hygiène, Réglementation, Santé, Sécurité des aliments.

oivSud-Ouest du 24 juillet 2014 rapporte « Ce matin, à Lacanau-océan, dans le cadre de l’Opération interministérielle vacances (OIV), quatre établissements, trois restaurants et un hôtel restaurant, ont été contrôlés par les services de l’Etat. »

L’objectif des agents était de s’assurer du bon respect des règles d’hygiène et de sécurité, et de la bonne information des consommateurs. Depuis le début de la saison estivale, la Direction départementale de protection des populations (DDPP) a effectué 587 visites d’établissements en Gironde. Selon la préfecture, ces contrôles ont donné lieu à trois fermetures, 22 procès verbaux et 199 avertissements. Sur le littoral, les contrôles se poursuivront tout au long de l’été.

Cela est confirmé par un communiqué de la préfecture de la Gironde du 24 juillet qui traite d’un bilan intermédiaire de l’opération interministérielle vacances.

«  En Aquitaine, depuis le début de la saison estivale, les agents de la Consommation, de la concurrence et de la répression des fraudes ont réalisé 1183 contrôles auprès de 1090 établissements ou points de vente. Des anomalies concernant la réglementation protectrice des consommateurs ont été relevées dans 411 de ces établissements, soit 37,7% des établissements contrôlés. Toutefois, seuls 5,7% de ces établissements ont présenté des anomalies sérieuses donnant lieu à des suites judiciaires ou administratives. »

La préfecture publie aussi un fascicule très bien fait sur Le respect des règles protectrices du consommateur en restauration commerciale, dont est extrait la photo illustrant cet article.

Ce qui est difficile à comprendre (et pour comparer d’une année sur l’autre), c’est le jargon employé. Autant, les termes « procès-verbal d’infraction », « fermeture » et « mise en demeure » sont connus, autant, je ne vois pas à quoi correspond les termes, « avertissement » ou « anomalie » ou « anomalie sérieuse ». En effet, dans les bilans de ces dernières années, ces termes n’apparaissent pas …

Au menu du 14 juillet, des plats faits maison ?

13
juil
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Classé dans Curiosité, Nutrition, Réglementation.

fait maisonEst paru au JORF du 13 juillet 2014, un « Arrêté du 11 juillet 2014 relatif à la mention « fait maison » dans les établissements de restauration commerciale ou de vente à emporter de plats préparés » pour nous indiquer que « le logo certifiant la mention « fait maison » est la propriété de l’Etat. »

Ce logo va sans doute permettre à la secrétaire d’Etat chargée du commerce, de l’artisanat, de la consommation et de l’économie sociale et solidaire (ouf) d’exister …

Une photo de ce logo (qui est très moche) est proposée à gauche dans l’article.

Est paru aussi le « Décret n° 2014-797 du 11 juillet 2014 relatif à la mention « fait maison » dans les établissements de restauration commerciale ou de vente à emporter de plats préparés », qui fait du domaine du ministre de l’économie, du redressement productif et du numérique, voir Il était une fois l’opération Interministérielle Vacances, la DGCCRF et le ministre.

Dans le décret, je retiens que s’agissant de la définition et des modalités de mise en œuvre de la mention « fait maison », on apprend qu’« Un produit brut, au sens du deuxième alinéa de l’article L. 121-82-1, est un produit alimentaire n’ayant subi aucune modification importante, y compris par chauffage, marinage, assemblage ou une combinaison de ces procédés.

DSC00447C’est ainsi ce deuxième alinéa dit qu’« Un plat « fait maison » est élaboré sur place à partir de produits bruts. Des produits, déterminés par voie réglementaire, peuvent entrer dans la composition des plats « faits maison » après avoir subi une transformation de leur état brut nécessaire à leur utilisation. »

Par exemple,s’agissant de produits bruts comme les pommes de terre, elles ne devront pas être livrées épluchées, mais pour tous les autres légumes c’est permis. Bref, c’est aussi une mention « Frites maison », Mc Cain va apprécier

Les autres produits bruts réceptionnés autorisés dans les plats « faits maison » peuvent être pelés, tranchés, coupés, découpés, hachés, nettoyés, désossés, dépouillés, décortiqués, taillés, moulus ou broyés ; fumés, salés ; réfrigérés, congelés, surgelés, conditionnés sous vide.

Peuvent également entrer dans la composition des plats « faits maison » les produits suivants:
  • les salaisons, saurisseries et charcuteries, à l’exception des terrines et des pâtés;
  • les fromages, les matières grasses alimentaires, la crème fraîche et le lait ;
  • le pain, les farines et les biscuits secs;
  • les légumes et fruits secs et confits;
  • les pâtes et les céréales;
  • la choucroute crue et les abats blanchis;
  • la levure, le sucre et la gélatine ;
  • les condiments, épices, aromates, concentrés, le chocolat, le café, les tisanes, thés et infusions;
  • les sirops, vins, alcools et liqueurs;
  • la pâte feuilletée crue ; et sous réserve d’en informer par écrit le consommateur, les fonds blancs, bruns et fumets.
On nous dit aussi que « Les professionnels indiquent de manière visible par tous les consommateurs la mention suivante : Les plats « faits maison » sont élaborés sur place à partir de produits bruts. »

J’aurais préféré la mention « fait sur place » … mais ça être compliqué de décortiquer tout cela. On lira aussi, Il était une fois le « fait maison », le sénat, les restaurateurs, les industriels et … les consommateurs. Cela étant selon la RTBFFrance: le label « fait maison » divise les restaurateurs.

Mise à jour du 16 juillet 2014. La DGCCRF propose un site d’information de la mention « fait maison ».