Visiter Processalimentaire.com
Contacter le magazine
S'abonner en ligne | S'inscrire à l'e-news


Séroprévalence chez les donneurs de sang au virus de l’hépatite E dans le sud de la France

14
mai
Aucun commentaire
Classé dans Contamination, Contamination croisée, Curiosité, Environnement, Hygiène, Microbiologie, Santé, Sécurité des aliments, Viande, Virus.

Selon l’InVS, « Points sur les connaissances. Qu’est-ce que l’hépatite E ? »

L’hépatite E est une maladie infectieuse due à un virus entrainant une atteinte du foie (hépatite). Elle est endémo-épidémique dans les pays en développement où la fourniture en eau potable et l’assainissement ne sont pas maitrisés. Dans les pays industrialisés, l’hépatite E est sporadique, importée ou autochtone, survenant principalement par consommation de produits contaminés provenant d’animaux réservoirs du VHE. On parle de zoonose c’est-à-dire une maladie se transmettant de l’animal à l’Homme.

_78911926_c0072139-meat_production_plant-splCes données devront sans doute être révisées à la suite de la parution d’une étude française dans Eurosurveillance et peut-être, qui sait, inclure le virus de l’hépatite E comme risque d’origine alimentaire …

Voici donc que vient de paraître un article indiquant que la séroprévalence chez les donneurs de sang révèle une exposition multisource et généralisée au virus de l’hépatite E dans le sud de la France, octobre 2011.

Résumé.

La séroprévalence apparente du virus de l’hépatite E (VHE) varie considérablement entre les pays développés selon la zone géographique et de la sensibilité des dosages immunologiques. Nous avons utilisé un test validé pour déterminer la prévalence d’IgG et d’IgM anti VHE parmi les 3 353 donneurs de sang vivant dans le sud de France, qui ont donné du sang au cours des deux premières semaines d’octobre 2011 et qui ont participé à l’étude. Les renseignements démographiques et épidémiologiques ont été recueillis en utilisant un questionnaire spécifique. Nous avons également ciblé 591 échantillons pour la présence d’ARN du VHE. Globalement, la séroprévalence en IgG était de 39,1% et variait de 20% à 71,3% selon la zone géographique (p <0,001), tandis que la séroprévalence en IgM était de 31,3%. Les IgG anti-VHE ont été significativement corrélées avec l’âge (p < 0,001), la consommation de saucisses crues de foie de porc (p < 0,001), d’abats (p = 0,003), ou de moules (p = 0,02). Les IgM anti-VHE étaient associées au sexe masculin (p = 0,01) et mangeant du porc crue saucisses de foie (p = 0,02). De l’ARN du VHE a été détecté dans l’un des 99 échantillons positifs en IgM anti-VHE, mais dans aucun des 492 échantillons négatifs en IgM anti-VHE. Le VHE est hyperendémique dans le sud de la France. Les habitudes alimentaires et culinaires ne peuvent expliquer l’épidémiologie du VHE dans cette région, ce qui indique que d’autres modes de contamination devraient être étudiées.

Les auteurs indiquent « En conclusion, le VHE est endémique dans le sud de la France et hyperendémique dans certaines zones. Il semble y avoir une corrélation entre la présence d’anticorps anti VHE et la consommation de porc, d’abats et de moules. Nous devons rechercher des particules infectieuses du VHE dans l’eau des rivières et lancer des études pour déterminer le risque de transmission par les produits sanguins contaminés par le VHE. »

Référence. Mansuy JM, Sauné K, Rech H, Abravanel F, Mengelle C, L’Homme S, Destruel F, Kamar N, Izopet J. Seroprevalence in blood donors reveals widespread, multi-source exposure to hepatitis E virus, southern France, October 2011. Euro Surveill. 2015;20(19):pii=21127.

Dans une note d’information de 2012, « L’hépatite E : généralités et diagnostic biologique », il est indiqué qu’« Une étude menée sur 512 donneurs de sang en Midi-Pyrénées a montrer la présence d’IgG anti-VHE chez plus de 50% des sujets. » Par ailleurs, il est noté que « L’hépatite E est devenue l’hépatite virale la plus fréquente en France, devant l’hépatite A, B et C et les cas diagnostiqués sont essentiellement autochtones. »

Selon GIDEON, qui a des données plus actualisées que l’InVS, 90% des cas d’hépatite E en France sont autochtones.

  • Les facteurs de risques de l’hépatite E en France comprennent la consommation de foie de porc cru, la consommation d’eau via un réseau privé, la consommation de coquillages crus et l’acquisition récente d’aliments pour les porcs.
  • 46 cas ont été confirmés de 2002 à 2004, comprenant 16 cas importés.
  • 369 cas ont été rapportés de2006 à 2008 : 264 cas autochtones et 51 cas importés.

A suivre …

NB : La photo qui sert d’illustration représente une entreprise alimentaire britannique.

Les commerces alimentaires de proximité. Aide au repérage des risques professionnels, selon l’INRS

20
déc
Aucun commentaire
Classé dans Contamination, Curiosité, Environnement, Hygiène, Machines, Règlementation, Santé, Sécurité, Sécurité des aliments.

fin_blog_3L’INRS publie une nouvelle édition sur « Les commerces alimentaires de proximité. Aide au repérage des risques professionnels »


ed925Ce guide s’adresse aux chefs d’entreprise de commerces alimentaires de proximité concernés par la convention collective nationale des commerces de détail en fruits et légumes, épicerie et produits laitiers (épiciers, crémiers fromagers, détaillants en fruits et légumes, cavistes, dépôts de pain…), exerçant leur activité en magasin, sur les marchés et/ou par vente ambulante. Il est destiné à aider les chefs d’établissement dans l’analyse et l’évaluation des risques dans leur entreprise et dans la mise en œuvre des mesures de prévention. La maîtrise des risques professionnels est indissociable de la maîtrise de la qualité et concourt à son amélioration, ainsi qu’à celle de l’image de marque de l’entreprise.

Ce guide a été élaboré avec le concours de la Fédération nationale de l’épicerie (FNDE), de la Fédération nationale des détaillants en produits laitiers (FNDPL), de l’Union nationale des syndicats de détaillants en fruits, légumes et primeurs (UNFD), et de l’Association des fédérations en fruits et légumes, épicerie, crèmerie (AFFLEC).

Ce guide comprend 40 pages dont une page consacrée à l’hygiène …

Il est dit, « L’absence d’hygiène est un risque d’atteinte du salarié par contamination par un germe pathogène. Dans le secteur alimentaire, le risque est également de contaminer des produits. »

Je vous laisse méditer sur ce préambule au chapitre Hygiène, il me laisse perplexe …

Il est aussi indiqué de consulter le document Hygiène et sécurité dans le domaine de la distribution alimentaire (aide-mémoire juridique), une vidéo sur « Se laver les mains pour limiter les risques d’infection » et le document Lavez-vous les mains pour vous protéger et protéger les autres.

A vous de voir si cela est utile sur le terrain …

Nouvelle évaluation des risques et bénéfices du poisson dans le régime alimentaire norvégien

18
déc
Aucun commentaire
Classé dans Contamination, Contamination croisée, Curiosité, Environnement, Nutrition, Santé, Sécurité des aliments.

fin_blog_5Le Comité Scientifique de Sécurité Alimentaire norvégien (VKM) a conclu dans un rapport publié lundi 15 décembre 2014 que les bénéfices de consommation de poisson contrebalancent largement les risques négligeables présentés par les niveaux actuels de contaminants ou d’autres substances non-désirées et connues dans le poisson. Le rapport est basé sur une étude approfondie de la littérature scientifique sur les effets positifs sur la santé de la consommation de poisson et la contribution du poisson à l’apport en substances bénéfiques, ainsi que sur l’exposition des poissons aux contaminants à risque en Norvège.

Selon le rapport, les adultes – y compris des femmes enceintes – qui consomment moins d’une portion de poisson par semaine, risquent de perdre les effets bénéfiques sur des maladies cardiovasculaires ainsi que sur le développement neurologique optimal du fœtus et des nourrissons. 41cac9e6c3Aujourd’hui, les adultes et enfants en Norvège mangent en moyenne assez de poisson pour couvrir leurs besoins d’acides gras omega-3 marins mais ceci n’est pas le cas pour les femmes enceintes en Norvège. Le Comité Scientifique de Sécurité Alimentaire (VKM) conclut qu’il n’y a pas aujourd’hui de raison d’imposer des limites diététiques sur la consommation de poisson gras pour des femmes enceintes. Cette conclusion est différente de celle du rapport de 2006. La raison est que le niveau de contaminants a baissé dans le saumon d’élevage parce que la nourriture des saumons a changé, ayant aujourd’hui plus d’éléments végétaux qu’avant. Par conséquent, le saumon d’élevage contient aujourd’hui moins de contaminants que le poisson gras sauvage. Cependant, l’exposition aux contaminants en mangeant du poisson est minime dans les deux cas, et loin d’être nocif pour la santé.

La conclusion est rassurante : avec le niveau actuel de contaminants trouvés dans les poissons gras et maigre d’élevage et sauvage en Norvège, tous les consommateurs, grands ou moyens, peuvent en manger sans absorber de quantités nocives de contaminants comme le PCB, dioxines ou mercure. Les calculs du VKM montrent que l’on peut consommer plus d’un kilo de saumon d’élevage par semaine sans risquer d’absorber des quantités nocives de polluants.

Ronde des rappels 2014 : semaine 50

13
déc
Aucun commentaire
Classé dans Contamination, Contamination croisée, Curiosité, Environnement, Microbiologie, Rappel, Règlementation, Salmonella, Santé, Sécurité des aliments, Union Européenne.

RASFF-LogoCommencées avec « La ronde des rappels : semaine 49 » de 2009, les notifications des produits cités ne prétendent pas à l’exhaustivité dans la mesure il n’est pas possible d’avoir accès à toutes les sources permettant d’identifier le retrait/rappel d’un produit. Les informations recueillies ci-après concernent les denrées alimentaires ou les aliments pour animaux de France ou distribués en France. Elle sont issues du portail RASFF (Rapid Alert System for Food and Feed ou Réseau d’alerte rapide pour les denrées alimentaires et les aliments pour animaux). Pour des raisons inconnues, la plupart des informations diffusées ne sont pas relayées par les autorités françaises auprès des consommateurs …

  • Référence RASFF 2014.1704, aflatoxines (B1 = 14 µg/kg) dans des pistaches des Etats-Unis, via la France ; alerte notifiée par la Belgique. Pas de distribution dans le pays qui a fait la notification.
  • Référence RASFF 2014.1702, Salmonella spp. (présence dans 25g) de filets de canard de France ; alerte notifiée par la Suède. Pas de distribution dans le pays qui a fait la notification.
  • Référence RASFF 2014.1700, Salmonella Typhimurium (présence dans 25g) dans des cuisses de poulets surgelées du Royaume-Uni ; alerte notifiée par la France. Pas de distribution dans le pays qui a fait la notification. A noter que la date du prélèvement est le 19 novembre et que la date de la notification est le 12 décembre …
  • Référence RASFF 2014.1690, migration d’amines aromatiques primaires (aniline 0,013, 4,4-méthylènedianiline 0,24 mg/kg) dans des cuillères à spaghettis en nylon de Chine ; notification par la France. Distribution restreinte dans le pays qui a fait la notification. A noter que la date du prélèvement est le 16 septembre et que la date de la notification est le 10 décembre …

Tableau ci-dessous (à la date du 13 décembre 2014) de la liste des pathogènes identifiés dans les denrées alimentaires et les aliments pour animaux pour la semaine 50 de 2014 par les Etats membres.

sem50_path

La consommation de la viande crue aux Etats-Unis, au Japon et … en France

12
déc
Aucun commentaire
Classé dans Contamination, Contamination croisée, Curiosité, Environnement, Hygiène, Règlementation, Santé, Sécurité, TIAC, Viande, Virus.

L’USDA dit non à la consommation de viande crue. Le Japon interdit le porc cru, les sashimis au foie cru dans les restaurants. Source Doug Powell du barfblog du 12 décembre 2014.

Comme le ministère américain de l’agriculture qui rappelle aux consommateurs d’éviter la viande crue, le ministère de la santé du Japon veut interdire toute viande crue de porc, y compris les foie cru de porc dans les restaurants, en raison des « risques majeurs de santé » que cela peut poser, selon les sources.

raw-beef-liverLe changement du ministère sera basé sur la recommandation d’un groupe spécialisé de recherche de la commission de sécurité des aliments, qui est sous l’autorité du ministre.

Le groupe a entamé des discussions sur l’adéquation de porc cru servi dans les restaurants après qu’une éclosion mortelle d’intoxication alimentaire ait impliqué des plats de bœuf cru. Les membres du groupe ont conclu le 10 décembre que le porc non cuit ne doit pas être servi aux clients.

Le ministère de la santé veut réviser les codes de l’hygiène des aliments afin de stipuler l’interdiction de servir de la viande de porc crue dans les restaurants et autres lieux alimentaires.

Les contrevenants à l’interdiction devront faire face à une suspension et d’autres sanctions administratives, selon les mêmes sources.

En 2012, le gouvernement a interdit le foie cru de bœuf à la consommation, un met populaire dans restaurants barbecue Yakiniku et dans les pubs japonais izakaya, à la suite d’une série de cas d’intoxication alimentaire liés au bœuf cru. Certains établissements sont passés au foie de porc cru.

L’USDA dit que les plats de viande crue comme le tartare peuvent être plus fréquents en cette période de l’année, mais ils amènent des risques pour la santé.

rare_hamburgerLa « viande de tigre » est un autre plat d’hiver traditionnel. Malgré son nom, ce plat ne est pas faite à partir de viande de tigre. C’est un mélange de viande hachée de bœuf crue, des œufs crus, des oignons et d’autres assaisonnements servi sur du pain de seigle ou des crackers. Le tartare de bœuf, la viande de tigre, et des plats semblables sont composés de viande hachée de bœuf et des œufs et ils posent un risque pour la santé lorsqu’ils sont consommés crus ou insuffisamment cuits.

La viande hachée crue de bœuf a été associée à plusieurs grandes éclosions de maladies d’origine alimentaire. En 2012, une éclosion à E. coli O157:H7 qui a rendu malades 17 personnes dans le Wisconsin a été causée par ce plat traditionnel.

La plupart des bactéries dans la viande, les volailles, les fruits de mer et les œufs peuvent être détruits par une cuisson à cœur. Pour prévenir ces cas de maladies, la viande hachée de bœuf devrait toujours être cuite à température interne de 71°C. La seule façon de savoir si la température est bonne est d’utiliser un thermomètre pour aliments. La couleur n’est pas indicateur précis pour savoir si la viande hachée de bœuf haché est complètement cuite.

Dans le rapport relatif à la politique de sécurité sanitaire des aliments remis aux ministres, voir communiqué du 11 décembre 2014, il est noté comme recommandations :

  • Développer la recherche sur la prévalence de l’hépatite E.
  • Sensibiliser le corps médical à l’utilité de la recherche de certains pathogènes tels que le virus de l’hépatite E.
  • Concernant les cas d’hépatite E (VHE) la hausse de la suspicion a conduit à tester 3249 patients en 2011 contre 209 en 2002, et le nombre de cas certains ou probables est ainsi passé de 9 à 2495
  • La montée d’un risque nouveau comme l’hépatite E n’a été que tardivement repérée : l’ANSES a été saisie par l’administration en 2012 et son avis a été émis en 2013.

figatelliEn effet, les produits à base foie de porc cru sont donc clairement dans le collimateur et on attend des mesure de santé publique en retour … car selon l’avis de l’Anses de 2013 précité, « des mesures peuvent d’ores et déjà être mises en œuvre pour assurer la protection du consommateur comme :

  • le traitement thermique des foies,
  • une information lisible et visible sur tous les produits à base de foie de porc cru mis sur le marché et rappelant aux consommateurs la nécessité de cuisson à cœur,
  • une information des médecins et des personnes susceptibles de développer une forme grave (immunodéprimés, individus atteints d’hépatopathie chronique, femmes enceintes) sur le risque hépatite E et sa prévention. Il serait potentiellement envisageable de faire réaliser une sérologie hépatite E chez ces personnes, qui serait suivie, pour les personnes séronégatives, d’une mise en garde, par le praticien, sur la consommation crue des produits concernés. »

Comme on le voit ce que disait l’Anses en 2013 est redit en 2014 dans le rapport remis aux ministres et ça peut continuer longtemps …

Selon l’Institut national de la véritable veille sanitaire (l’expression véritable veille sanitaire est utilisée dans le rapport remis aux ministres), « Le principal réservoir du VHE est le porc. En France, une étude nationale a montré que le VHE circule dans 65 % des élevages de porc et que 31 % des animaux abattus présentent des anticorps anti-VHE. D’autre part, la prévalence du VHE dans les foies de porc prélevés à l’abattoir, entrant donc dans la chaîne alimentaire, était de 4 % (en savoir plus Bulletin épidémiologique n°52 de septembre 2012). »

Certes, il existe un document de 2011 sur Questions/réponses sur le risque d’hépatite virale E sur le site du ministère de la santé, mais on peut raisonnablement se demander quand les mesures préconisées dans l’avis de l’Anses seront mises en pratique …