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Le risque de contamination par Campylobacter de viande de poulet peut dépendre de la souche en cause

20
sept
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Classé dans Campylobacter, Contamination, Contamination croisée, Curiosité, Environnement, Microbiologie, Santé, Sécurité des aliments, Volaille.

campylobacter_jejuniComprendre comment différentes souches de Campylobacter jejuni colonisent les volailles est important pour développer des stratégies afin de réduire ou éliminer le portage de C. jejuni. Chaloner et al. ont démontré que deux souches de C. jejuni ont des écologies d’infection très différentes au sein des poulets de chair. C. jejuni 13126 a été retrouvé le long du tractus gastro-intestinal, tandis que C. jejuni M1 a été largement circonscrit au caecum et au côlon. En outre, C. jejuni 13126 était aussi plus invasif et capable de se propager vers le foie du poulet. Cela a des conséquences sur la maîtrise pour l’industrie de la volaille et les auteurs suggèrent que le risque de contamination des tissus comestibles peut dépendre de la souche en cause.

Référence. Gemma Chaloner, Paul Wigley, Suzanne Humphrey, Kirsty Kemmett, Lizeth Lacharme-Lora, Tom Humphrey and Nicola Williams. Dynamics of Dual Infection with Campylobacter jejuni Strains in Chickens Reveals Distinct Strain-to-Strain Variation in Infection Ecology. Appl. Environ. Microbiol. October 2014 vol. 80 no. 20 6366-6372.

Les dentifrices contenant des microbilles de plastique vont-ils être bientôt interdits ?

19
sept
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Classé dans Contamination, Curiosité, Environnement, Hygiène, Santé, Sécurité des aliments.

??????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????« La maison mère des dentifrices Crest prévoit d’éliminer progressivement les microbilles de ses dentifrices », source Food Safety News du 19 septembre 2014.

La préoccupation d’une hygiéniste dentaire sur des petits points bleus qu’elle voyait toujours dans la bouche de personnes a conduit à une annonce de la société mère des dentifrices Crest qu’elle va commencer à éliminer progressivement l’ingrédient controversé au cours des six prochains mois.

Trish Walraven a dit qu’elle se demandait ce que pouvaient être ces petits points bleus qu’elle a trouvés le long de la gencive de certains patients. Ce sont des microbilles en plastique fabriquées à partir de polyéthylène ou polypropylène, les mêmes matériaux utilisés pour fabriquer les sacs poubelle.

« Je n’avais aucune idée de ce que c’était », a-t-elle dit. « Nous avons pensé que c’était un produit de nettoyage ou quelque chose que les gens mâchaient. »

Walraven pensait que le public devait savoir, et elle a blogué sur cette question au mois de mars dernier sur DentalBuzz.com. Elle a également encouragé les personnes à envisager d’arrêter d’utiliser un dentifrice contenant du polyéthylène car elle s’oppose à ce qu’il soit là qu’« à des fins décoratives seulement. »

« Cette situation est inacceptable non seulement pour moi, mais pour beaucoup, beaucoup d’hygiénistes à l’échelle nationale », écrit-elle. « Nous informons nos patients. Nous faisons des recherches séparément et comparons nos notes. Et jusqu’à ce que Procter & Gamble nous donne une meilleure raison pour expliquer pourquoi il met du plastique dans votre dentifrice, nous aimerions que vous preniez en considération l’arrêt de l’utilisation de ces produits. »

Procter & Gamble (P&G), la société mère de Crest, a déclaré que les microbilles sont approuvées par la FDA, qu’elles sont utilisées dans les produits exfoliants et pour ajouter de la couleur aux produits tels que les gommes à mâcher et les dentifrices.

Toutefois, la FDA a déclaré qu’elle n’a pas approuvé des microbilles pour des utilisations telles que le dentifrice, qu’elle qualifie de médicament en vente libre. Bien que de la matière plastique puisse être en contact avec les aliments, la FDA n’a pas établi qu’il est sécuritaire d’en consommer.

En outre, les microbilles du dentifrice ne sont pas considérées comme un « ingrédient actif », ce qui signifie que la FDA ne contrôle pas leur utilisation.

« Par définition, les additifs alimentaires sont pour leur utilisation attendue dans les aliments » a déclaré le porte-parole de la FDA Jeff Ventura. « Le dentifrice est réglementé comme un médicament et n’est pas considéré comme un aliment. »

Indépendamment de leur statut réglementaire, des dentistes disent qu’ils ne croient pas que des microbilles doivent se trouver dans la bouche de tout le monde.

« Elles vont piéger les bactéries dans les gencives qui vont conduire à une gingivite, et au fil du temps que l’infection va se déplacer de la gencive vers l’os qui maintient les dents et qui devient une maladie parodontale. La maladie parodontale est effrayante », a déclaré le Dr Justin Phillip, un dentiste de la région de Phoenix.

Les groupes environnementaux ont également exprimé des inquiétudes parce que les petites billes ne sont pas piégés dans les filtres de traitement de l’eau, vont dans les cours d’eau et finissent par se retrouver dans la chaîne alimentaire. Des chercheurs ont rapporté avoir trouvé des microbilles de 1 millimètre et moins dans les Grands Lacs.

P&G a entendu les récriminations des consommateurs et a récemment déclaré que les microbilles seraient retirées des produits Crest affectés dans les six mois et complètement en mars 2016. La compagnie basée à Cincinnati, dans l’Ohio a également déclaré que les dentifrices contenant des microbilles sont Crest ProHealth et 3D White.

Les produits Crest qui ne contiennent pas de microbilles sont Crest Whitening + Scope, Crest Baking Soda Peroxide, Crest Extra Whitening, Crest Cavity and and Crest Tartar +, a dit P&G.

Les autres entreprises et/ou produits utilisant des microbilles sont Unilever, Biotherm de L’Oréal et des marques de Body Shop et un produit de gommage du visage Neutrogena de chez Johnson & Johnson’s.

L’Etat de l’Illinois a déjà interdit les produits contenant des microbilles et le New Jersey, la Californie, l’Etat de New York et le Michigan pourraient être les prochains. En juin, un sénateur Frank Pallone a parrainé un projet de loi au Congrès pour mettre fin à la vente ou la distribution de produits de soins personnels contenant des microbilles au 1er  janvier 2018.

NB : En janvier 2013, était paru un article dans Le Figaro.fr, « Cosmétiques : les microbilles en plastique polluent l’océan ». L’article notait « L’entreprise Unilever vient d’annoncer qu’elle abandonne l’utilisation de microbilles de plastique dans certains de ses produits cosmétiques pour le corps: les gommages et les soins exfoliants. Une fois passée la surprise d’apprendre que du plastique entre dans la composition de savons, gels, crèmes, shampooings, déodorants, eye-liners et autres dentifrices, on peut simplement lire sur le communiqué de l’entreprise que cette décision vise à protéger les océans. »

Une simple recherche sur Internet montre que des dentifrices contenant des microbilles sont présents sur le marché  en France.

Nanomatériaux : Guide de bonnes pratiques favorisant la gestion des risques en milieu de travail

9
sept
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Classé dans Curiosité, Environnement, Non classé, Santé, Sécurité des aliments.

Publication de l’IRSST. Nanomatériaux – Guide de bonnes pratiques favorisant la gestion des risques en milieu de travail, 2e édition. Ostiguy, Claude; Debia, Maximilien; Roberge, Brigitte; Dufresne, André. Études et recherches / Rapport  R-840, Montréal, IRSST, 2014, 120 pages.

Téléchargement ici.

nanoRésumé.

Les nanotechnologies présentent aujourd’hui des enjeux majeurs en termes technologique, économique, éthique, social et environnemental, car elles offrent le potentiel d’améliorer de façon substantielle les propriétés de multiples produits dans tous les secteurs d’activité tant en matière de production de matériaux aux performances inédites que de diagnostic et de traitement médical. Les nanomatériaux favorisent ainsi l’émergence de nouveaux marchés, la création d’emplois, l’amélioration de la qualité de vie et peuvent contribuer à la protection de l’environnement. Du reste, l’impact se fait déjà sentir dans des secteurs aussi diversifiés que l’agroalimentaire, l’aérospatiale, la cosmétique, la construction et la santé. Au Québec, la plupart des universités de même que plusieurs centres de recherche œuvrent à la conception de nouvelles applications. Plusieurs entreprises sont en phase de démarrage, en exploitation, produisent ou incorporent déjà des nanomatériaux dans leurs procédés afin d’améliorer la performance de leurs produits et la tendance devrait s’accentuer au cours des prochaines années. Le personnel des laboratoires de recherche et des industries est donc particulièrement concerné par ces nouveaux développements susceptibles d’exposer un nombre croissant de travailleurs à ces matériaux du monde de l’infiniment petit. On estime qu’en 2015, au niveau mondial, 10 % des emplois manufacturés pourraient être liés aux nanotechnologies et plus de 2 000 produits commercialisés contiendraient des nanomatériaux.

La manipulation de ces nouveaux matériaux aux propriétés uniques soulève toutefois de nombreuses interrogations et génère des inquiétudes en raison de l’état fragmentaire des connaissances sur les risques pour la santé, la sécurité des travailleurs et l’environnement. Or, plusieurs études ont déjà démontré que certains nanomatériaux ont une toxicité spécifique différente des mêmes produits chimiques de plus forte taille. Les nanomatériaux peuvent être absorbés principalement par inhalation, mais également par voie cutanée ou digestive; en outre, des études sur des animaux ont mis en évidence que certains nanomatériaux peuvent se rendre au sang par translocation et s’accumuler dans divers organes. Parmi les multiples effets spécifiques documentés, notons que des études animales ont laissé voir qu’à masse égale, certains nanomatériaux causent plus d’inflammation et de tumeurs pulmonaires que les mêmes produits à plus forte taille. La recherche a permis de déterminer que les caractéristiques physico-chimiques des nanomatériaux telles la taille, la forme, la surface spécifique, la charge, la solubilité et les propriétés de surface jouent un rôle important quant à leurs effets sur les systèmes biologiques, incluant leur capacité de générer un stress oxydatif. Il est donc important d’évaluer et de maîtriser les risques potentiels afin d’assurer une manipulation sécuritaire des nanomatériaux. Tout comme pour plusieurs autres substances chimiques, une approche d’estimation et de gestion des risques doit être développée au cas par cas.

Par ailleurs, il n’existe pas encore de méthode de mesure qui fasse consensus pour caractériser l’exposition des travailleurs aux nanomatériaux, rendant ainsi l’évaluation quantitative des risques difficile, voire impossible dans de multiples situations. Dans un tel contexte d’incertitudes, une approche de précaution est préconisée afin de minimiser l’exposition du travailleur. Or, au Québec, la responsabilité de fournir un milieu de travail sécuritaire relève des employeurs et les mesures préventives doivent être appliquées par les employés. Il importe donc, dans tous les milieux de travail où des nanomatériaux sont manipulés, de développer un programme de prévention qui tienne compte des caractéristiques spécifiques des nanomatériaux afin de mettre en place de bonnes pratiques de travail et d’instaurer des procédures de prévention adaptées aux risques propres à chaque situation de travail.

Heureusement, les connaissances scientifiques actuelles, même si elles demeurent partielles, permettent d’identifier, d’estimer et de gérer efficacement ces risques. Dans l’intention de soutenir le développement sécuritaire des nanotechnologies au Québec, le présent guide souhaite rassembler les connaissances scientifiques actuelles sur l’identification des dangers, les stratégies d’évaluation du niveau de nanomatériaux retrouvés dans différents milieux de travail, l’évaluation des risques et finalement l’application de différentes approches à la gestion des risques. Ce guide, dont l’utilisation optimale requiert un minimum de connaissances en hygiène du travail,  est destiné à soutenir l’ensemble des milieux de travail qui fabriquent ou utilisent des nanomatériaux et à fournir des informations pratiques et des outils de prévention permettant leur manipulation sécuritaire aussi bien dans les laboratoires et les usines pilotes que dans les industries de production ou d’intégration de ces produits.

Pour être efficace, la gestion des risques doit faire partie intégrante de la culture d’une organisation et les questions de santé et de sécurité doivent être considérées dès la conception des lieux de travail, sinon le plus en amont possible. Ceci est un élément clé de la bonne gouvernance organisationnelle. En pratique, la gestion des risques constitue un procédé itératif à effectuer à travers une démarche structurée qui induit des améliorations continues dans la prise de décisions et peut même favoriser l’accroissement de la performance. Ce document vise à faciliter la mise en œuvre d’une telle démarche qui sera toutefois circonscrite à la prévention des risques liés aux nanomatériaux. En effet, selon le procédé impliqué, plusieurs autres risques associés à l’exposition aux solvants, aux gaz, à des contraintes thermiques ou ergonomiques, etc. pourraient être présents, mais ils ne seront pas examinés ici.

Les auteurs favorisent une approche de prévention visant à minimiser l’exposition professionnelle aux nanomatériaux. Considérant les différentes voies d’exposition et les facteurs pouvant influencer la toxicité des nanomatériaux, de même que les risques pour la sécurité, l’approche retenue se base essentiellement sur l’identification des dangers, sur différentes stratégies d’évaluation des risques et sur une hiérarchie de moyens de maîtrise, en y intégrant les connaissances spécifiques aux nanomatériaux lorsque celles-ci sont disponibles. L’évaluation adéquate des risques doit conduire au choix des procédés, des équipements et des méthodes de travail à même de réduire l’exposition potentielle des travailleurs notamment en maîtrisant à la source les émissions de nanomatériaux. Elle doit également permettre de sélectionner les mesures de prévention collectives et individuelles et de déterminer les éléments de gestion administrative et de formation requis pour assurer la protection adéquate de l’ensemble des travailleurs, aussi bien sur le plan de l’entretien des équipements et des espaces de travail qu’au regard des opérateurs.

Cette seconde version du guide a été enrichie des données récentes de la littérature scientifique. De plus, quelques annexes présentent des interventions effectuées dans des milieux de travail québécois, des exemples de situations à risques tirés de la littérature, des mesures de prévention, des données relatives à l’efficacité de ces diverses mesures, de même que l’implantation des moyens de maîtrise de l’exposition. Notons finalement que les solutions à retenir pour un milieu de travail spécifique doivent être traitées au cas par cas et adaptées à chaque situation en tenant compte des risques évalués pour chacun des postes de travail.

NB : L’INRS publie une brochure intitulée « Aide au repérage des nanomatériaux en entreprise » (ED 6174). Cet outil renseigne les nanomatériaux qui sont fabriqués où utilisés dans une dizaine de secteurs d’activité. Il se présente sous forme de fiches qui répertorient nanomatériaux manipulés, applications, propriétés ou fonctionnalités. Il s’adresse à tous les préventeurs de terrain qui sont amenés à identifier des opérations potentiellement exposantes aux nanomatériaux en entreprise.

Graines germées, aliment à risque ?

6
août
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Classé dans Contamination, Contamination croisée, Curiosité, Environnement, Hygiène, Microbiologie, Réglementation, Santé, Sécurité des aliments, TIAC.

Les responsables de la santé publique aux Etats-Unis ont longtemps considéré les graines germées  comme un aliment à haut risque, causant de nombreuses éclosions. Mais peuvent-ils en être sûrs ?

La réponse à cette question a divisé deux responsables fédéraux importants mardi lors d’un débat à la conférence 2014 de l’International Association for Food Protection à Indianapolis.

sproutMichelle Smith, analyste réglementaire principale et spécialiste des produits à la Food and Drug Administration, a dit que les efforts de l’industrie et une focalisation de l’agence sur la sécurité sanitaire des graines germées ont contribué à endiguer la contamination.

« Chaque aliment comporte un certain niveau de risque », a déclaré Smith, s’adressant à un groupe de professionnels des universités, du gouvernement et de l’industrie. « Les graines germées ne sont pas une exception ».

Mais elle a dit qu’une approche à plusieurs niveaux par les producteurs, comprenant le trempage des graines dans une solution d’eau de Javel avant la germination et l’analyse de l’eau d’irrigation pour la recherche de pathogènes, a produit des résultats.

« Nous croyons qu’analyser chaque étape de production donne une chance de plus pour détecter un produit contaminé avant qu’il n’aille sur le marché », a déclaré Smith.

Mais les méthodes de l’industrie ne sont pas suffisamment efficaces pour empêcher des dizaines de cas de maladies, a fait valoir le Dr Rob Tauxe, directeur adjoint de la division des maladies infectieuses d’origine alimentaire au CDC.

C’est un cas d’espèce, dit-il, il y a eu 33 foyers de cas d’infection liés aux graines germées entre 1998 et 2010.

« C’est une moyenne de trois éclosions par an », a déclaré Tauxe. « Le problème ne va pas disparaître, cela s’intensifie ».

Déjà cette année, il y a eu deux foyers de cas d’infection, l’un qui avait pour origine des sandwichs Gourmet de chez Jimmy John et l’autre lié à de la poudre de graines de chia bio. Dans ce dernier cas, les graines ont été cultivées dans un pays et elles ont germé dans un autre, avec des cas de maladies aux États-Unis et au Canada.

Tauxe a dit qu’avoir plusieurs pays impliqués dans le processus de production peut brouiller les responsabilités en matière de sécurité des aliments. Il a également souligné que les méthodes de nettoyage ne sont pas assez efficaces.

« La décontamination des graines est difficile », a déclaré Tauxe, ajoutant que les bactéries qui survivent souvent prospèrent et se multiplient dans un environnement chaud et humide dans lequel les graines sont germées.

Reconnaissant que les graines germées sont un problème, la FDA a publié des lignes directrices pour l’industrie en 1999, couvrant tous les aspects du processus, du transport aux conditions de culture et aux analyses. Mais ces recommandations ne sont souvent pas suivies, a dit Tauxe.

Lorsque le débat a commencé, le public a voté. Le public était divisé 50-50 sur la sécurité sanitaire des graines germées. Quand le débat a été fini, plus de 60% ont voté en faveur des arguments de Tauxe.

Santé des végétaux : Foyer à Xylella fastidiosa en Italie et dommages pour les oliviers

18
juil
2 commentaires
Classé dans Audit, Contamination, Contamination croisée, Curiosité, Environnement, Microbiologie, Réglementation, Union Européenne.

« Santé des végétaux : Foyer à Xylella fastidiosa en Italie et dommages pour les oliviers ». Il s’agit d’un article de Cesare Varallo paru le 17 juillet 2014 sur son blog Food law latest.

olive_trees_on_thassosXylella fastidiosa, bactérie de la famille des Gamma-protéobacteries, est un important pathogène des végétaux qui cause la ‘phony disease‘ dans le sud des Etats-Unis, des brûlures foliaires bactériennes des lauriers roses et la maladie de Pierce et la chlorose panachée des agrumes (CVC ou citrus variegated chlorosis) au Brésil.

Récemment découverte pour la première fois sur les territoires de l’UE, la souche de Xylella fastidiosa identifiée en Italie (province de Lecce dans les Pouilles) s’attaque principalement aux oliviers, qui montrent un dessèchement des feuilles et des symptômes de déclin rapide sur les oliviers, conduisant dans les cas les plus graves à la mort des arbres. La culture de l’olivier est très répandue dans la région méditerranéenne et est vitale pour l’économie rurale, le patrimoine local et l’environnement.

Sur novembre 2013, l’EFSA a fourni un avis urgent à la Commission, indiquant que :

Transmis par certains types d’insectes piqueurs se nourrissant du xylème, la bactérieX. fastidiosaa été identifiée dans le foyer actuel de la maladie qui a touché 8000 hectares d’oliviers dans la région des Pouilles, dans le sud de l’Italie. Les bactéries peuvent être présentes sur une très large gamme de plantes hôtes, notamment les amandiers, les pêchers, les pruniers, les abricotiers, les vignes, les agrumes, les caféiers et les oliviers, le tournesol ainsi que sur le chêne, l’orme et  le Ginkgo. Il est important de noter que les végétaux peuvent être porteurs de la  bactérie sans présenter de signe de maladie.X. fastidiosa est réglementée comme un organisme nuisible dans l’Union européenne (UE) ; par conséquent son introduction et sa diffusion dans tous les États membres sont interdites.

Au vu du foyer actuel d’infection, la Commission européenne a demandé à l’EFSA de formuler un avis scientifique urgent dans lequel elle a été invitée à dresser une liste des plantes hôtes connues, à identifier les différentes voies par lesquelles les espèces végétales infectées et les insectes porteurs pourraient s’introduire  dans l’UE, et à identifier et évaluer les mesures préventives possibles.

Les experts en santé des plantes de l’EFSA ont conclu queX. fastidiosapouvait être présente sur un éventail très large de plantes hôtes connues dans l’UE, y compris des plantes cultivées pour la production agricole mais aussi des espèces sauvages indigènes communes en Europe. En outre, il existe un grand nombre d’espèces qui pourraient être infectées par la bactérie mais qui n’y ont jamais été exposées ; il est par conséquent difficile d’établir la probabilité de son impact. De façon importante, les insectes piqueurs se nourrissant de xylème présents dans l’UE et qui pourraient être potentiellement porteurs de la maladie sont susceptibles d’avoir différents  modèles et habitudes alimentaires.

Le seul moyen naturel de propagation de X. fastidiosa étant ces insectes piqueurs suceurs qui ne peuvent généralement voler que sur de courtes distances allant jusqu’à 100 mètres, la  circulation de plants infectés destinés à la plantation constitue le moyen le plus efficace par lequel X. fastidiosa se propage sur de longues distances. Le transport d’insectes porteurs de la bactérie dans des chargements et des envois de plantes a également été identifié comme constituant une source de préoccupation. 

La principale source de X. fastidiosa dans l’UE est donc le commerce et la circulation subséquente de plants destinés à la plantation. D’autres sources potentielles d’infection ont été évaluées, notamment les fruits, le bois, les fleurs coupées, les semences et le feuillage ornemental. Cependant, le risque qu’ils puissent constituer une voie d’introduction potentielle de la bactérie a été considéré comme négligeable ou faible.

Il n’existe aucune trace d’éradication réussie de X. fastidiosaune fois que la bactérie s’est implantée à l’extérieur. L’EFSA recommande dès lors que les stratégies de prévention destinées à contenir les foyers d’infection soient axées sur les deux voies principales d’infection (plants destinés à la plantation et insectes infectieux dans les expéditions de végétaux) et soient fondées sur une approche systémique intégrée.

Suite à cette évaluation rapide, le groupe scientifique sur la santé des plantes de l’EFSA effectuera une évaluation globale du risque posé par cette bactérie Xylella fastidiosa pour les cultures et les plantes de l’UE. En février 2014, en urgence, l’Union européenne a adopté la Décision d’exécution de la Commission du 13 février 2014 concernant des mesures visant à empêcher la propagation dans l’Union de Xylella fastidiosa (Décision 2014/87/EU).

Les mesures comprennent des conditions relatives à l’importation et au mouvement des plantes particulières qui accueillent ou sont susceptibles d’accueillir cette bactérie, son identification en temps opportun dans les zones touchées ainsi que son éradication. Elles incluent des obligations de notifier tout foyer, des enquêtes officielles annuelles, la délimitation des zones infectées, l’échantillonnage, les analyses et la surveillance, et l’enlèvement et la destruction des plantes infectées.

Ci-après vous retrouverez des extraits du rapport de l’Office Alimentaire et Vétérinaire (qui vient de paraître) d’un audit effectué en Italie du 10 au 14 février 2014, concernant la situation. Les résultats ne sont pas très positifs et l’équipe d’audit a émis 10 recommandations aux autorités compétentes :

L’objectif de l’audit était d’évaluer la situation et les contrôles officiels sur Xylella fastidiosa (Well et Raju) (ci-après « Xf »). Cet organisme est répertorié comme un organisme nuisible à l’annexe I, section A, partie I de la directive 2000/29/CE du Conseil, ce qui signifie qu’il n’est pas présent dans l’UE et s’il est trouvé, les États membres doivent l’éradiquer, ou si c’est pas possible, arrêter sa propagation.

L’organisme a été identifié dans la province de Lecce dans la région des Pouilles en Italie en octobre 2013. En tant qu’organisme nuisible, il a causé un effet dévastateur dans les oliveraies sur une zone importante à Lecce. Compte tenu de la gravité de cet organisme et le risque potentiel pour l’UE, cet audit a été ajouté au programme d’audits l’OAV prévus en 2014.

L’audit a révélé que les autorités compétentes ont pris des mesures importantes depuis les travaux sur la nouvelle souche de Xf (souche Salento) dans la province de Lecce, en octobre 2013. Conformément à la législation régionale, adoptée en 2013, des mesures sont en place établissant la création de conditions pour la production et la circulation des végétaux destinés à la plantation dans les pépinières situées dans la province de Lecce. Une enquête étendue de l’activité est toujours en cours afin de délimiter la propagation de la maladie dans la province et définir des zones infectées et les zones tampons. Cependant, des parties importantes de l’enquête n’ont pas été effectuées dans la période la plus favorable de l’année. L’enquête est prévue pour être achevée fin mars 2014.

Aucune éradication ou mesures de confinement n’ont été prises et la maladie s’est propagée très rapidement. Les arbres malades sont laissés sur place, agissant comme un réservoir d’infection. Si aucune mesure n’est prise, la propagation rapide de la maladie doit donc être prévue.

Le test ELISA pour les espèces végétales autres que l’olive n’est pas encore totalement fiable. En outre, les tests sur des matières ligneuses dormantes (par exemple Vitis) au cours de l’hiver et la taille limitée des prélèvements utilisés affectent également la fiabilité du test. Dans ces circonstances, il existe un risque d’obtention de résultats faussement négatifs. Par ailleurs, les autorités ne peuvent pas dire à coup sûr que les plantes inscrites aux annexes de la décision 2014/87/UE soient effectivement exemptes de Xf avant de permettre leur circulation dans l’Union européenne.

Cela représente un risque potentiel de propagation de l’organisme à d’autres parties de l’Italie et d’autres États membres. Bien qu’un  travail de recherche a été entrepris et se poursuit, les facteurs clés concernant l’épidémiologie de Xf restent à clarifier.

NB : On lira aussi la Note d’alerte relative à la bactérie Xylella fastidiosa de 2014, DGAL, Anses.