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Graines germées, aliment à risque ?

6
août
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Classé dans Contamination, Contamination croisée, Curiosité, Environnement, Hygiène, Microbiologie, Réglementation, Santé, Sécurité des aliments, TIAC.

Les responsables de la santé publique aux Etats-Unis ont longtemps considéré les graines germées  comme un aliment à haut risque, causant de nombreuses éclosions. Mais peuvent-ils en être sûrs ?

La réponse à cette question a divisé deux responsables fédéraux importants mardi lors d’un débat à la conférence 2014 de l’International Association for Food Protection à Indianapolis.

sproutMichelle Smith, analyste réglementaire principale et spécialiste des produits à la Food and Drug Administration, a dit que les efforts de l’industrie et une focalisation de l’agence sur la sécurité sanitaire des graines germées ont contribué à endiguer la contamination.

« Chaque aliment comporte un certain niveau de risque », a déclaré Smith, s’adressant à un groupe de professionnels des universités, du gouvernement et de l’industrie. « Les graines germées ne sont pas une exception ».

Mais elle a dit qu’une approche à plusieurs niveaux par les producteurs, comprenant le trempage des graines dans une solution d’eau de Javel avant la germination et l’analyse de l’eau d’irrigation pour la recherche de pathogènes, a produit des résultats.

« Nous croyons qu’analyser chaque étape de production donne une chance de plus pour détecter un produit contaminé avant qu’il n’aille sur le marché », a déclaré Smith.

Mais les méthodes de l’industrie ne sont pas suffisamment efficaces pour empêcher des dizaines de cas de maladies, a fait valoir le Dr Rob Tauxe, directeur adjoint de la division des maladies infectieuses d’origine alimentaire au CDC.

C’est un cas d’espèce, dit-il, il y a eu 33 foyers de cas d’infection liés aux graines germées entre 1998 et 2010.

« C’est une moyenne de trois éclosions par an », a déclaré Tauxe. « Le problème ne va pas disparaître, cela s’intensifie ».

Déjà cette année, il y a eu deux foyers de cas d’infection, l’un qui avait pour origine des sandwichs Gourmet de chez Jimmy John et l’autre lié à de la poudre de graines de chia bio. Dans ce dernier cas, les graines ont été cultivées dans un pays et elles ont germé dans un autre, avec des cas de maladies aux États-Unis et au Canada.

Tauxe a dit qu’avoir plusieurs pays impliqués dans le processus de production peut brouiller les responsabilités en matière de sécurité des aliments. Il a également souligné que les méthodes de nettoyage ne sont pas assez efficaces.

« La décontamination des graines est difficile », a déclaré Tauxe, ajoutant que les bactéries qui survivent souvent prospèrent et se multiplient dans un environnement chaud et humide dans lequel les graines sont germées.

Reconnaissant que les graines germées sont un problème, la FDA a publié des lignes directrices pour l’industrie en 1999, couvrant tous les aspects du processus, du transport aux conditions de culture et aux analyses. Mais ces recommandations ne sont souvent pas suivies, a dit Tauxe.

Lorsque le débat a commencé, le public a voté. Le public était divisé 50-50 sur la sécurité sanitaire des graines germées. Quand le débat a été fini, plus de 60% ont voté en faveur des arguments de Tauxe.

Santé des végétaux : Foyer à Xylella fastidiosa en Italie et dommages pour les oliviers

18
juil
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Classé dans Audit, Contamination, Contamination croisée, Curiosité, Environnement, Microbiologie, Réglementation, Union Européenne.

« Santé des végétaux : Foyer à Xylella fastidiosa en Italie et dommages pour les oliviers ». Il s’agit d’un article de Cesare Varallo paru le 17 juillet 2014 sur son blog Food law latest.

olive_trees_on_thassosXylella fastidiosa, bactérie de la famille des Gamma-protéobacteries, est un important pathogène des végétaux qui cause la maladie de la cloque du pêcher dans le sud des Etats-Unis, des brûlures foliaires bactériennes des lauriers roses et la maladie de Pierce et la chlorose panachée des agrumes (CVC ou citrus variegated chlorosis) au Brésil.

Récemment découverte pour la première fois sur les territoires de l’UE, la souche de Xylella fastidiosa identifiée en Italie (province de Lecce dans les Pouilles) s’attaque principalement aux oliviers, qui montrent un dessèchement des feuilles et des symptômes de déclin rapide sur les oliviers, conduisant dans les cas les plus graves à la mort des arbres. La culture de l’olivier est très répandue dans la région méditerranéenne et est vitale pour l’économie rurale, le patrimoine local et l’environnement.

Sur novembre 2013, l’EFSA a fourni un avis urgent à la Commission, indiquant que :

Transmis par certains types d’insectes piqueurs se nourrissant du xylème, la bactérieX. fastidiosaa été identifiée dans le foyer actuel de la maladie qui a touché 8000 hectares d’oliviers dans la région des Pouilles, dans le sud de l’Italie. Les bactéries peuvent être présentes sur une très large gamme de plantes hôtes, notamment les amandiers, les pêchers, les pruniers, les abricotiers, les vignes, les agrumes, les caféiers et les oliviers, le tournesol ainsi que sur le chêne, l’orme et  le Ginkgo. Il est important de noter que les végétaux peuvent être porteurs de la  bactérie sans présenter de signe de maladie.X. fastidiosa est réglementée comme un organisme nuisible dans l’Union européenne (UE) ; par conséquent son introduction et sa diffusion dans tous les États membres sont interdites.

Au vu du foyer actuel d’infection, la Commission européenne a demandé à l’EFSA de formuler un avis scientifique urgent dans lequel elle a été invitée à dresser une liste des plantes hôtes connues, à identifier les différentes voies par lesquelles les espèces végétales infectées et les insectes porteurs pourraient s’introduire  dans l’UE, et à identifier et évaluer les mesures préventives possibles.

Les experts en santé des plantes de l’EFSA ont conclu queX. fastidiosapouvait être présente sur un éventail très large de plantes hôtes connues dans l’UE, y compris des plantes cultivées pour la production agricole mais aussi des espèces sauvages indigènes communes en Europe. En outre, il existe un grand nombre d’espèces qui pourraient être infectées par la bactérie mais qui n’y ont jamais été exposées ; il est par conséquent difficile d’établir la probabilité de son impact. De façon importante, les insectes piqueurs se nourrissant de xylème présents dans l’UE et qui pourraient être potentiellement porteurs de la maladie sont susceptibles d’avoir différents  modèles et habitudes alimentaires.

Le seul moyen naturel de propagation de X. fastidiosa étant ces insectes piqueurs suceurs qui ne peuvent généralement voler que sur de courtes distances allant jusqu’à 100 mètres, la  circulation de plants infectés destinés à la plantation constitue le moyen le plus efficace par lequel X. fastidiosa se propage sur de longues distances. Le transport d’insectes porteurs de la bactérie dans des chargements et des envois de plantes a également été identifié comme constituant une source de préoccupation. 

La principale source de X. fastidiosa dans l’UE est donc le commerce et la circulation subséquente de plants destinés à la plantation. D’autres sources potentielles d’infection ont été évaluées, notamment les fruits, le bois, les fleurs coupées, les semences et le feuillage ornemental. Cependant, le risque qu’ils puissent constituer une voie d’introduction potentielle de la bactérie a été considéré comme négligeable ou faible.

Il n’existe aucune trace d’éradication réussie de X. fastidiosaune fois que la bactérie s’est implantée à l’extérieur. L’EFSA recommande dès lors que les stratégies de prévention destinées à contenir les foyers d’infection soient axées sur les deux voies principales d’infection (plants destinés à la plantation et insectes infectieux dans les expéditions de végétaux) et soient fondées sur une approche systémique intégrée.

Suite à cette évaluation rapide, le groupe scientifique sur la santé des plantes de l’EFSA effectuera une évaluation globale du risque posé par cette bactérie Xylella fastidiosa pour les cultures et les plantes de l’UE. En février 2014, en urgence, l’Union européenne a adopté la Décision d’exécution de la Commission du 13 février 2014 concernant des mesures visant à empêcher la propagation dans l’Union de Xylella fastidiosa (Décision 2014/87/EU).

Les mesures comprennent des conditions relatives à l’importation et au mouvement des plantes particulières qui accueillent ou sont susceptibles d’accueillir cette bactérie, son identification en temps opportun dans les zones touchées ainsi que son éradication. Elles incluent des obligations de notifier tout foyer, des enquêtes officielles annuelles, la délimitation des zones infectées, l’échantillonnage, les analyses et la surveillance, et l’enlèvement et la destruction des plantes infectées.

Ci-après vous retrouverez des extraits du rapport de l’Office Alimentaire et Vétérinaire (qui vient de paraître) d’un audit effectué en Italie du 10 au 14 février 2014, concernant la situation. Les résultats ne sont pas très positifs et l’équipe d’audit a émis 10 recommandations aux autorités compétentes :

L’objectif de l’audit était d’évaluer la situation et les contrôles officiels sur Xylella fastidiosa (Well et Raju) (ci-après « Xf »). Cet organisme est répertorié comme un organisme nuisible à l’annexe I, section A, partie I de la directive 2000/29/CE du Conseil, ce qui signifie qu’il n’est pas présent dans l’UE et s’il est trouvé, les États membres doivent l’éradiquer, ou si c’est pas possible, arrêter sa propagation.

L’organisme a été identifié dans la province de Lecce dans la région des Pouilles en Italie en octobre 2013. En tant qu’organisme nuisible, il a causé un effet dévastateur dans les oliveraies sur une zone importante à Lecce. Compte tenu de la gravité de cet organisme et le risque potentiel pour l’UE, cet audit a été ajouté au programme d’audits l’OAV prévus en 2014.

L’audit a révélé que les autorités compétentes ont pris des mesures importantes depuis les travaux sur la nouvelle souche de Xf (souche Salento) dans la province de Lecce, en octobre 2013. Conformément à la législation régionale, adoptée en 2013, des mesures sont en place établissant la création de conditions pour la production et la circulation des végétaux destinés à la plantation dans les pépinières situées dans la province de Lecce. Une enquête étendue de l’activité est toujours en cours afin de délimiter la propagation de la maladie dans la province et définir des zones infectées et les zones tampons. Cependant, des parties importantes de l’enquête n’ont pas été effectuées dans la période la plus favorable de l’année. L’enquête est prévue pour être achevée fin mars 2014.

Aucune éradication ou mesures de confinement n’ont été prises et la maladie s’est propagée très rapidement. Les arbres malades sont laissés sur place, agissant comme un réservoir d’infection. Si aucune mesure n’est prise, la propagation rapide de la maladie doit donc être prévue.

Le test ELISA pour les espèces végétales autres que l’olive n’est pas encore totalement fiable. En outre, les tests sur des matières ligneuses dormantes (par exemple Vitis) au cours de l’hiver et la taille limitée des prélèvements utilisés affectent également la fiabilité du test. Dans ces circonstances, il existe un risque d’obtention de résultats faussement négatifs. Par ailleurs, les autorités ne peuvent pas dire à coup sûr que les plantes inscrites aux annexes de la décision 2014/87/UE soient effectivement exemptes de Xf avant de permettre leur circulation dans l’Union européenne.

Cela représente un risque potentiel de propagation de l’organisme à d’autres parties de l’Italie et d’autres États membres. Bien qu’un  travail de recherche a été entrepris et se poursuit, les facteurs clés concernant l’épidémiologie de Xf restent à clarifier.

NB : On lira aussi la Note d’alerte relative à la bactérie Xylella fastidiosa de 2014, DGAL, Anses.

Le BfR déconseille la recette de poulet sur une canette de bière

16
juil
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Classé dans Contamination, Contamination croisée, Curiosité, Environnement, Santé, Sécurité des aliments, Volaille.

« Le BfR déconseille la recette de poulet sur une canette de bière ». Communication du BfR n°024/2014, 1er juillet 2014.

Je ne sais pas si cela est autorisé dans le « fait maison » par nos autorités, mais le BfR d’Allemagne vient de prendre position concernant une recette.

74363691Différentes recettes de cuisine sont actuellement diffusés, sur Internet, à propos d’un poulet grillé sur une canette de bière. Pour l’avis de l’Institut fédéral pour l’évaluation des risques (BfR), ce type de préparation n’est pas conseillé, car il est supposé que la chaleur pendant la cuisson et le rôtissage libère des substances dangereuses de l’extérieur imprimé ainsi que de l’enduit intérieur de la canette de bière. Ces substances sont ensuite transférées à la viande de poulet.

Une simple recherche sur Internet montre différentes recettes, le plus souvent en provenance du Canada.

Sur un forum sur France 2 d’avril 2013, une internaute a demandé « Je ne sais pas si faire cuire un poulet sur une canette de bière en fer n’est pas nocif pour la santé. Il y a quand même des produits chimiques sur cette boite… Qu’en pensez-vous? ».

Parmi les réponses, « Qu’il y en a bien plus maintenant dans le poulet que sur la boite en fer » et « Oui c’est ce que je pensais avec la haute température !! Que peut donner la boîte avec la peinture qu’il y a dessus ….. ».

Bien entendu, il existe même des supports en inox … pour préparer un poulet sur canette de bière. On attend la réponse de l’Anses qui va très certainement s’autosaisir …

NB : La photo est issue de ce site.

Escherichia coli entérohémorragiques (EHEC) et recommandations pour le consommateur

13
juil
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Classé dans Contamination, Contamination croisée, Curiosité, E. coli, Environnement, Hygiène, Lavage des mains, Microbiologie, Réglementation, Santé, Sécurité des aliments, TIAC.

EHEC_370_sy647496Il y a eu récemment un rappel puis une actualisation d’un rappel pour des lots de fromages au lait cru contaminés par des Escherichia coli entérohémorragiques (EHEC) en France, en Belgique et en Allemagne.

Intéressons aux recommandations diffusées par les autorités scientifiques et administratives de notre pays et nous verrons que cela prend aussi un relief particulier dans le contexte de plusieurs intoxications alimentaires relatées par les médias ces jours derniers.

Voici donc quatre textes présentant des recommandations :

1. « Recommandations de prévention des intoxications alimentaires et en particulier des infections par Escherichia coli (E. coli) producteurs de shigatoxines », du ministère de la santé.

La transmission de la maladie peut être prévenue par des gestes simples :

  • les viandes, et surtout la viande hachée de bœuf, doivent être bien cuites à cœur ;
  • le lait cru et les fromages à base de lait cru ne doivent pas être consommés par les enfants de moins de 3 ans ; préférer les fromages à pâte pressée cuite (type Emmental, Comté, etc.), les fromages fondus à tartiner et les fromages au lait pasteurisé ;
  • les légumes, les fruits et les herbes aromatiques, en particulier ceux qui vont être consommés crus, doivent être soigneusement lavés ;
  • les aliments crus doivent être conservés séparément des aliments cuits ou prêts à être consommés ;
  • les restes alimentaires et les plats cuisinés doivent être suffisamment réchauffés et consommés rapidement ;
  • les ustensiles de cuisine (surtout lorsqu’ils ont été en contact préalablement avec de la viande crue), ainsi que le plan de travail, doivent être soigneusement nettoyés ;
  • le lavage des mains doit être systématique avant de préparer à manger et de passer à table et en sortant des toilettes ;
  • en cas de gastro-entérite, il convient d’éviter de se baigner dans des lieux de baignades publics et de préparer des repas ;
  • les enfants ne doivent pas boire d’eau non traitée (eau de puits, torrents, etc.) et éviter d’en avaler lors de baignades (lac, étang, etc.) ;
  • enfin, il faut éviter le contact des très jeunes enfants (moins de 5 ans) avec les vaches, veaux, moutons, chèvres, daims, etc., et leur environnement.

2. Le ministère de l’agriculture nous informe sur E. coliet particulièrement les« Escherichia coli pathogènes – les entérohémorragiques – qui produisent des toxines. »

Quelles sont les précautions à prendre pour l’éviter ? Ces bactéries résistent au froid et colonisent de nombreux milieux différents (terre, végétaux, animaux, eaux…). Quelques précautions sont donc à prendre : 
  • respecter la date limite de consommation 
  • consommer rapidement les produits après ouverture et les plats après préparation 
  • respecter la chaîne du froid 
  • dans le réfrigérateur conserver les aliments crus séparément des autres pour éviter leur contamination 
  • régler le réfrigérateur à une température basse (au plus 4°C) 
  • laver les fruits et légumes avant consommation 
  • nettoyer régulièrement le réfrigérateur à l’eau de javel 
  • laver mains, plans de travail et ustensiles après contact avec des aliments crus pour éviter la contamination des aliments sains. 
Les bactéries sont tuées par une chaleur de plus de 65°C.

Notons ici que la température du réfrigérateur et de la cuisson est indiquée. Cela étant, il semble particulièrement difficile d’avoir un réfrigérateur « au plus à 4°C ». Quant à la cuisson à une chaleur de plus de 65°C, c’est en contradiction avec une « note d’information interministérielle DGAL/SDSSA/O2007-8001 du 13 février 2007 relative aux recommandations concernant la cuisson des steaks hachés dans le cadre de la prévention des infections à E. coli O157:H7 pour les professionnels de la restauration collective, recommande une cuisson avec une température à cœur de 65°C. » L’Anses indique qu’« une température à cœur plus élevée (70°C) est souvent recommandée afin de lutter non seulement contre les STEC potentiellement pathogènes, mais aussi contre d’autres contaminations microbiennes. » Mais, bon on sait que pour d’étranges raisons, personne ne souhaite parler de thermomètre ! Jusqu’à quand ?

3. L’Anses publie une fiche du danger microbiologique, E. coli entérohémorragiques (EHEC) :

Recommandations aux consommateurs
L’hygiène personnelle et collective reste la base de la prévention. Il faut insister sur un lavage soigneux des mains après être allé aux toilettes, mais aussi avant la préparation et la prise des repas.
Il est nécessaire de bien cuire à cœur les viandes hachées ou produits à base de viande hachée consommés par les jeunes enfants et les personnes âgées.
Le lait cru et les fromages au lait cru ne doivent pas être consommés par les enfants de moins de 3 ans.
Les légumes, mais aussi les fruits et les herbes aromatiques, en particulier ceux qui vont être consommés crus, doivent être soigneusement lavés, puis épluchés si possible, avant leur préparation et leur consommation.

4. L’Institut Pasteur communique également sur Escherichia coli entérohémorragiques (EHEC)

Prévention et recommandations, concernant les consommateurs et les cuisiniers, il est possible d’éviter la plupart des infections par ECEH en respectant les recommandations suivantes :

  • cuire à cœur la viande hachée de bœuf en particulier chez les enfants de moins de 5 ans ;
  • les jeunes enfants et les personnes âgées doivent éviter de consommer des fromages au lait cru ;
  • laver les fruits, les légumes et herbes aromatiques surtout s’ils sont consommés crus ;
  • se laver les mains avant de préparer les repas et aussi souvent que nécessaire ;
  • veiller à l’hygiène du matériel en cuisine, notamment lorsqu’il a été en contact avec de la viande crue, afin d’éviter les contaminations croisées ;
  • séparer les aliments cuits des aliments crus ;
  • éviter le contact de très jeunes enfants (moins de 5 ans) avec les animaux de ferme, notamment les bovins, ovins et leur environnement ;
  • ne pas boire d’eau non contrôlée sur le plan microbiologique (puits, source).

Commentaires. Les recommandations du ministère de la santé sont, me semble-t-il, les plus complètes. Sans doute, faudrait-il les associer à celles de l’Institut Pasteur. Unifier aussi les termes techniques comme le nom ou l’appellation de la bactérie.

Cela étant, la température de cuisson et l’utilisation d’un thermomètre sont un sujet « tabou » et pour les consommateurs, ces recommandations ne permettront donc pas une prévention efficace, hélas …

Risques associés aux préparations bactériennes et enzymatiques pour le dégraissage et le nettoyage

11
juil
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Classé dans Contamination, Curiosité, Environnement, Hygiène, Nettoyage-Désinfection, Santé, Sécurité.

Risques associés aux préparations bactériennes et enzymatiques pour le dégraissage et le nettoyage. Bégin, Denis; Gérin, Michel; Lavoie, Jacques. Études et recherches / Rapport R-829, Montréal, IRSST, 2014, 103 pages. Projet : La substitution des solvants par les préparations bactériennes et enzymatiques pour le nettoyage et le dégraissage. La publication est téléchargeable en intégralité ici.

instant laundryRésumé.

En remplacement des dégraissants et nettoyants traditionnels, qu’ils soient à base de solvants ou de tensioactifs, on retrouve actuellement sur le marché des préparations à base de bactéries et d’enzymes pour le nettoyage de surfaces en milieux industriel et institutionnel. Des préparations enzymatiques sont également utilisées en milieu de soins pour le nettoyage d’instruments chirurgicaux et diagnostiques. Mises à part les fiches de données de sécurité et les fiches techniques fournies par les fabricants, les hygiénistes et les médecins du travail et de l’environnement, ainsi que les autres spécialistes du domaine de la santé et de la sécurité du travail ne possèdent que des données fragmentaires sur la composition de ces préparations. De plus, ces préparations sont souvent publicisées comme des produits idéaux, verts et atoxiques. La présente monographie vise à présenter de façon synthétique et critique les connaissances sur les aspects de la santé, de la sécurité, de l’environnement et techniques de ces produits biotechnologiques, de manière à guider les intervenants qui sont appelés à les évaluer, à les recommander ou à les utiliser. La méthode retenue consiste principalement en une revue de la littérature scientifique et technique. Cette recherche repose aussi sur la consultation d’intervenants représentant divers secteurs d’activité et sur l’observation de quelques milieux dans lesquels les travailleurs sont exposés à ce genre de préparations.

Les biofontaines utilisent des préparations aqueuses formulées avec des bactéries de risque infectieux faible ou nul (dites de groupe 1). Elles remplacent de plus en plus souvent les fontaines traditionnelles à base de solvants, particulièrement dans le domaine de l’entretien mécanique. L’élimination des solvants y est avantageuse d’un point de vue sécuritaire et sanitaire. À l’exception d’un cas de sensibilisation respiratoire rapporté dans la littérature, aucun effet sur la santé n’a été démontré à la suite de leur utilisation. Par ailleurs, la protection de l’environnement y est renforcée puisque les bactéries transforment en grande partie les salissures organiques (huiles, graisses) en eau et en dioxyde de carbone. Cependant, certaines études montrent la présence, dans des biofontaines en cours d’utilisation, de bactéries présentant un risque infectieux modéré pour les individus (dites de groupe 2). Il est recommandé aux utilisateurs de se protéger la peau (gants, vêtements à manches longues) et les yeux (lunettes de sécurité) ainsi que de se conformer à diverses mesures d’hygiène individuelle. La génération d’aérosols est possible lorsqu’il y a utilisation de soufflettes pour le séchage des pièces nettoyées. En l’absence de données sur ce type d’exposition par inhalation, il est recommandé de rincer les pièces à l’eau avant ce séchage ou sinon de porter un appareil de protection respiratoire (APR) à pièce faciale filtrante (masque jetable) N-95. Ce travail a également permis de documenter l’utilisation de préparations bactériennes appliquées par pulvérisation. Dans ce type de situation, le port d’un APR à pièce faciale filtrante (masque jetable) N-95 serait recommandé, en l’absence de données métrologiques.

Les détergents à base d’enzymes sont largement utilisés dans les milieux de soins pour le nettoyage des instruments chirurgicaux et diagnostiques. La littérature rapporte quelques cas de sensibilisation respiratoire de travailleurs manipulant de tels nettoyants à base de subtilisine, l’enzyme la mieux documentée dans ce contexte et la seule faisant l’objet d’une valeur limite d’exposition au Québec. Il n’y a encore que très peu de données sur les niveaux d’exposition à la subtilisine ni aux autres enzymes dans ces milieux, bien que la présence d’aérosols soit possible, notamment lors de l’utilisation de soufflettes pour le séchage des instruments. En attendant que les niveaux soient mieux documentés, si l’on soupçonne la présence d’aérosols et que l’on ne dispose pas de hotte de laboratoire, notamment lors du lavage manuel des instruments, il semble approprié de recommander le port d’un APR à pièce faciale filtrante (masque jetable) et non d’un simple masque chirurgical. Par ailleurs, pour la protection contre de possibles éclaboussures, l’APR devrait résister aux projections liquides. Le port de gants, blouse à manches longues, protection oculaire, bonnet et couvre-chaussures est aussi recommandé.

Ce travail a permis en outre de documenter certaines autres utilisations de préparations bactériennes ou enzymatiques, particulièrement pour l’entretien ménager institutionnel et dans l’industrie alimentaire. On note une documentation très insuffisante sur la composition de ce type de produits, leurs utilisations, les expositions professionnelles et leurs effets potentiels sur la santé.

En ce qui concerne plus spécifiquement les nettoyants bactériens, il faut noter la possibilité qu’ils soient certifiés sur une base volontaire avec une étiquette écologique selon la norme ÉcoLogo DCC-110, qui assure que certains critères liés à la protection de l’environnement sont respectés, qu’ils ne contiennent pas de microorganismes pathogènes et qu’ils sont techniquement performants. Dans un contexte où l’encadrement réglementaire de l’utilisation de microorganismes en milieu de travail est insuffisant, l’application de cette norme doit être encouragée.

En conclusion, les nettoyants et dégraissants bactériens et enzymatiques occupent une place de plus en plus importante sur le marché. Bien que dans l’ensemble peu d’effets sur la santé en milieu de travail aient été documentés à la suite de leur utilisation, les risques existent et divers moyens de protection individuelle sont recommandés, selon les circonstances. Des études métrologiques devraient être entreprises pour documenter la nature et les niveaux d’exposition aux bactéries et enzymes dans les circonstances les plus susceptibles de générer des aérosols. Vu la nature exploratoire des données de terrain dans cette recherche, il serait important également qu’une cartographie soit établie sur l’utilisation de ces produits dans les milieux de travail québécois.