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Vieille de plusieurs décennies, la règlementation des OGM est inadaptée aux nouvelles biotechnologies de réécriture de gènes

18
jan
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Classé dans Curiosité, Environnement, Réglementation, Union Européenne.

Marcel Kuntz propose sur un article qu’il a co-écrit avec Klaus Ammann et paru initialement sur le site EurActiv en anglais sous le titre, Decades-old GMO regulation unfit for 21st century. Une version française est parue sur son blog et la voici ci-après.

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Par son choix réglementaire, la Commission européenne va orienter le destin de ces nouvelles technologies cruciales pour l’avenir de la sélection végétale.

Pour répondre aux défis agricoles du 21ème siècle, nous avons besoin d’un système réglementaire souple, ajustable et axé sur le produit final selon technologies appliqués.

Klaus Ammann et Marcel Kuntz

ogm-maisNouvelle ère en biotechnologie, mais vieille règlementation

De nouvelles méthodes pour influencer les traits génétiques de divers organismes deviennent disponibles à une vitesse croissante, pour un coût moindre.

Jusqu’il y a peu, le monde de la sélection végétale était divisé en OGM et non-OGM, la règlementation étant axée dans le monde entier (sauf rares exceptions) sur les procédés d’obtention. La règlementation de l’UE définit un objet juridique appelé «OGM», qui vise le transfert direct de gènes (donc la transgénèse) en précisant que ce transfert ne doit pas survenir « naturellement ».

L’argumentation ci-dessous montre que l’inclusion ou l’exclusion des technologies de « récriture de gènes » de cette réglementation est basée sur une conception erronée des OGM.

Un règlement de l’UE inspiré d’idées fausses sur les modifications de gènes

Généralement, les méthodes moléculaires des biotechnologies sont copiées de processus naturels, ce que le Prix Nobel Werner Arber et d’autres expliquent depuis des années. Une séparation entre des plantes provenant d’une sélection naturelle ou non-naturelle est fondamentalement fausse – car denombreuses plantes transgéniques existent naturellement (comme la patate douce).

Et que dire des tolérances à des herbicides, qui peuvent survenir par mutations naturelles ou provoquées, ou par transgénèse ? Seule cette dernière est concernée par la réglementation, un choix politique.

La réglementation de l’UE devait permettre l’utilisation de la biotechnologie lorsque prouvée sûre

Mais elle a encouragé les polémiques politiques et la stigmatisation, la désinformation à grande échelle (sans précédent dans un monde démocratique) et finalement privé les agriculteurs de la liberté de choix et les scientifiques de la liberté académique, sans oublier l’exportation sans vergogne de ces problèmes dans les pays pauvres.

Des appels pour une nouvelle réglementation sur l’amélioration moderne des plantes

Au cours des dernières années, de nombreux chercheurs et des institutions publiques importantes (comme les Académies des Sciences européennes) ont appelé à une nouvelle réglementation axée sur le produit. «Produit» ne doit pas être compris comme la construction d’ADN, mais comme le produit final sur le marché (les agriculteurs et les consommateurs n’achètent pas des « constructions d’ADN»).

Qu’en est-il des nouvelles technologies de sélection végétale (« gene editing »)?

Certaines de ces nouvelles méthodes permettent de créer des micro-mutations génomiques à des endroits très précis. Ces procédés sont de plus en plus simples et plus efficaces. Certains, comme le Bureau Fédéral Allemand pour la Protection des Consommateurs et la Sécurité des Aliments (BVL) ou des chercheurs Suédois plaident pour l’exclusion de cette « édition de gène » de la réglementation des OGM quand elle n’entraîne pas l’introduction  d’ADN «étranger».

Ces arguments sont tirés de l’analyse sémantique de paragraphes réglementaires et des connaissances moléculaire d’aujourd’hui. Ils ne sont pas sans quelques mérites, mais tendent à négliger certains risques potentiels, qui seront certes faibles, mais pas nuls.

En outre, suivant cette logique, une modification plus importante des structures d’ADN ferait retomber les organismes concernés dans l’ancienne réglementation stigmatisante, avec tous les inconvénients précités.

Il est justifié de dire qu’il est pratiquement impossible de donner une définition claire des OGM

Une publication récente considère même qu’il s’agit d’une pseudo-catégorie absurde (« The nonsensical GMO pseudocategory »). Les mêmes difficultés sont rencontrées lorsque l’on tente de définir les races humaines. De plus, il sera difficile de définir un ADN «étranger».

Un tel mélange de déréglementation / réglementation des nouvelles biotechnologies encouragera d’âpres disputes

Les opposants ont déjà ouvert de nouveaux fronts, appelant à un moratoire strict et l’inclusion sans différenciation de toutes les nouvelles méthodes dans un régime de réglementation. Il est évident que les opposants (certains généreusement financés par l’argent public européen) vont réussir à propager des craintes sur les biotechnologies qui seraient non réglementées, qui seront appelées « OGM cachés » comme cela est déjà le cas pour les cultures mutagénisées (comme certains tournesols HT, dont des champs ont déjà été vandalisés en France).

Il sera en effet difficile pour les non-experts de comprendre pourquoi des OGM vieux de plusieurs décennies sont encore réglementés (et voient leur réglementation encore renforcée ou leur commercialisation carrément interdite par le Parlement européen, en laissant de côté la science, et notamment les avis de l’Autorité européenne de sécurité des aliments), tandis que des nouvelles biotechnologies ne seraient pas réglementées.

Est-il possible de parler des avantages pour changer ?

Parler des bénéfices de la sélection moderne des plantes ne veut pas dire que nous devrions rester dans l’ancienne conception d’une technologie qui serait l’alpha et l’oméga du progrès en agriculture. Il existe quantités d’écrits documentés démontrant que le succès final des nouvelles biotechnologies dépend de nombreux autres facteurs, tels que la structure de production, les modes de vie des agriculteurs, les éléments historiques, les traditions, l’écologie des cultures, l’écologie du paysage, etc.

Est-il permis de rêver ?

Ce dont nous avons réellement besoin est un système réglementaire mondial, construit sur les meilleures connaissances scientifiques (qui évoluent avec le temps), donc évolutif, et qui inclut la possibilité de se différencier en fonction de l’impact des risques.

L’implication politique ne devrait pas être limitée à toujours plus de réglementations, d’interdictions et de tractations sur l’agriculture moderne. A un moment où beaucoup doutent de l’Europe, la grandeur de la politique européenne devrait être de lever les barrières politiques et la stigmatisation sans base scientifique, et d’éclairer les facteurs indispensables pour que l’agriculture moderne relève les défis du 21ème siècle.

Pasteur universel : Célébration de l’inscription des archives de Louis Pasteur à l’Unesco

16
jan
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Classé dans Curiosité, Environnement, Hygiène, Microbiologie, Santé, Sécurité des aliments.

getImageEmDans le cadre du programme Pour un universalisme scientifique, pour ses 350 ans, l’Académie des sciences organise dans les maisons qui lui ont été léguées des animations autour de grandes figures dont les travaux ont contribué à l’essor des sciences.

Pour célébrer l’inscription des archives de Louis Pasteur au Registre de la mémoire du monde de l’Unesco, une journée de célébration de cet événement est organisée à Arbois le 16 février 2016.

Par cette journée, l’Académie des sciences et ses partenaires commémorent un de ses plus illustres secrétaires perpétuels, fondateur, l’année de son élection à l’Académie, de l’Institut qui porte son nom.

Source agence new press.

 

La décision publique fondée sur la recherche de preuves – Evidence-based policy

21
déc
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Classé dans Curiosité, Environnement, Santé.

Bon Noël et Très Bonne Année 2016

bv000141La décision publique fondée sur la recherche de preuves – Evidence-based policy. Il s’agit d’un séminaire organisé le  le 11 septembre 2015 par l’Académie des sciences avec le concours du Centre Cochrane France, à la Fondation Cino Del Duca de l’Institut de France.

Voir la présentation, le programme et les résumés. Il est aussi possible d’avoir accès aux vidéos des intervenants ici.

Voici ci-dessous l’introduction :

Depuis les années 80, le paradigme utilisé pour évaluer les nouveaux traitements médicaux est celui de la « médecine fondée sur les preuves », traduction de « evidence-based medicine ». C’est cette méthodologie que suivent les grandes agences internationales pour valider la découverte de nouveaux médicaments, et qui est enseignée aux jeunes médecins avec l’espoir que cette méthodologie leur permettra de donner à chaque patient le traitement pour lequel on sait qu’il y a le plus de preuves d’efficacité. La Cochrane Collaboration, qui rassemble maintenant plus de 16 000 experts bénévoles dans le monde entier, recherche, pathologie par pathologie, traitement par traitement, les « niveaux de preuve » existants qui s’imposent ensuite aux décideurs, et aux prescripteurs sur le terrain.
L’exhaustivité des recherches bibliographiques, la transparence de la démarche et la traque aux conflits d’intérêt caractérisent cette démarche.

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Après la médecine, la même approche commence à être utilisée de façon grandissante dans bien d’autres domaines où on ne peut, non plus, se contenter de positions de principe, ou d’opinions – fûssent-elles celles d’« experts » – pour fonder la décision publique. Les champs d’application pour lesquels on dispose déjà de réalisations sont
larges : choix des politiques d’aide aux populations défavorisées, détermination de pratiques agricoles optimales, criminologie, éducation… On parle en anglais d’« evidence based policy », une expression difficile à traduire en français (nous avons choisi « la décision publique fondée sur la recherche de preuves »). Dans cette démarche, comme en médecine, on recherche quelles sont les meilleures observations, si possible obtenues grâce à des expérimentations randomisées, qui –une fois analysées grâce à des méthodologies éprouvées- permettront de valider, ou d’invalider, les éléments d’une alternative. De même, on veille aux limitations éthiques afin de ne pas toucher à la confidentialité et aux droits de la personne.
Le séminaire, qui a été préparé avec le Centre Cochrane France, comprendra deux sessions d’une demi-journée. La matinée rappellera l’exemple historique de la médecine, puis montrera comment la méthode a été généralisée à d’autres champs, notamment l’éducation et la lutte contre les inégalités sociales. L’après-midi présentera cinq études de cas dans une variété de domaines d’application, notamment l’éducation.
Le séminaire présentiel sera prolongé ensuite à distance, de façon électronique, afin de,déboucher sur un rapport qui sera finalement présenté aux instances de l’Académie des sciences.

La guerre chimique à laquelle se livrent les plantes

1
déc
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Classé dans Curiosité, Environnement.

Forum Phyto a eu la bonne idée de rappeler dans un article du 1er décembre 2015, « La guerre chimique à laquelle se livrent les plantes ».

Sous le titre « Les plantes défendent leur territoire avec des substances toxiques » (en anglais, Plants defend their territory with toxic substances), l’Institut Max Planck, organisation de recherche basée à Tübingen en Allemagne, présente une étude franco-allemande qui met en évidence un des mécanismes chimiques de défense des plantes contre les plantes voisines et concurrentes.

Les plantes sont en compétition permanente avec leurs voisines pour l’accès à la lumière, aux nutriments et à l’eau. Pour « défendre » leur territoire, elles emploient des substances dites « allélochimiques » qui inhibent la croissance des autres plantes.

Dans le cas étudié, les chercheurs ont pu mettre en évidence comment des substances émises par des racines sont ensuite dégradées par des bactéries du sol en d’autres métabolites qui, absorbées par les racines des plantes concurrentes, agissent sur l’expression de leurs gènes

Ces substances semblent jouer un rôle inhibiteur sur des cellules cancéreuses humaines. « Comprendre le mode d’action des toxines produites par les plantes pourraient également d’une grande utilité dans d’autres domaines de la recherche médicale ».

Cela peut avoir aussi son utilité en agronomie …

zoom

Pour avoir un avantage sur leurs voisins, certaines espèces végétales libèrent des substances chimiques par leurs racines (par exemple le DIBOA*). Ces composés peuvent être dégradés dans le sol et se transforment en substances toxiques, illustrées ici par l’APO**. Lorsque ces toxines pénètrent dans les racines des plantes voisines, elles les empêchent de se développer davantage.    © Max Planck Institute for Developmental Biology/C. Becker, S. Petersen et l’hôpital universitaire de Tübingen/M. Burkard.

*2,4-dihydroxy-7-methoxy-1,4-benzoxazin-3-one

**2-aminophenoxazin-3-one (APO)

Nouveau triste jour pour la science, interdiction des cultures OGM à l’Assemblée nationale, malgré le feu vert de l’EFSA

18
nov
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Classé dans Curiosité, Environnement, Réglementation, Santé, Sécurité des aliments, Union Européenne.

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Toutes mes pensées vont aux victimes de Paris et à leurs proches

Selon Plein Champ du 18 novembre 2015, « L’Assemblée a de nouveau voté mardi le projet de loi transposant les nouvelles règles européennes d’autorisation de mise en culture des OGM. »

ogm-mais-206x300Députés et sénateurs étaient tombés d’accord en commission mixte paritaire sur la rédaction de ce texte concernant « l’adaptation au droit de l’UE en matière de prévention des risques ». Après ce vote de l’Assemblée, il sera adopté définitivement par un scrutin au Sénat, prévu le 14 décembre. Le projet de loi transpose notamment une directive européenne adoptée en début d’année et relative à la mise en culture des OGM. Elle permet aux États membres d’interdire cette mise en culture, même en cas de feu vert de l’Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa). Les réfractaires pourront invoquer des raisons socio-économiques, environnementales ou liées à l’utilisation des terres agricoles.

A mon sens, il y aura désormais régulièrement ce type de loi, prochains candidats potentiels, le bisphénol A et le glyphosate, et je dirais surtout, même en cas de feu vert de l’Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa).

Inquiétant …

NB : Lire aussi Triste jour pour la science en France : Une argumentation idéologique et politique de circonstance est développée pour tenter d’interdire le maïs génétiquement modifié MON 810.