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Ces virus amicaux qui nous protègent contre les bactéries

22
mai
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Classé dans Contamination, Curiosité, Santé, Virus.

sn-viruses-thumb-200xauto-17219« Ces virus amicaux qui nous protègent contre les bactéries », source ScienceMag d’après MicrobiologyBytes.

Une de nos plus importantes lignes de défense contre les envahisseurs bactériens est le mucus. La substance visqueuse qui tapisse l'intérieur de la bouche, du nez, des paupières et du tube digestif, pour ne nommer que quelques endroits, crée une barrière au monde extérieur. Le mucus est également le lieu où se trouvent des phages, des virus qui infectent et tuent les bactéries. Ils peuvent être retrouvés partout où se trouvent des bactéries, mais Jeremy Barr et ses collègues ont remarqué qu'il y avait encore plus de phages dans le mucus que dans les zones exemptes de mucus de quelques millimètres seulement. La salive autour des gencives humaines, par exemple, avait environ cinq phages pour chaque cellule bactérienne, alors que le ratio à la surface de la muqueuse de la gencive elle-même était plus proche de 40 à 1. Les chercheurs ont constaté que les phages sont parsemés de molécules de type anticorps qui se saisissent des chaînes sucrées des mucines. Cela maintient les phages dans le mucus, où ils ont accès aux bactéries, et cela suggère que les virus et les tissus producteurs de mucus sont adaptés pour être compatibles les uns avec les autres.

Légende de la photo. Partenaires dans le slime. Des phages, montrés ici, environnant et attaquant une cellule bactérienne, font partie d'un type nouvellement découvert de l'immunité qui protège le tissu humain couvert de mucus d'une infection bactérienne. Crédit, Graham Barbes / Wikipédia.

Certains ne le sont pas, mais parmi mes meilleurs amis, il y a des microbes

21
mai
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Classé dans Contamination, Curiosité, E. coli, Environnement, Santé, Sécurité des aliments, TIAC.

En microbiologie, il a sans doute des chapelles mais pas de lieux saints. En revanche, il existe quelques grandes messes comme celle qui a lieu chaque année aux Etats-unis avec l'Annual Meeting de l'american Society for Microbiology. Voici quelques nouvelles discutées à cette réunion à propos du microbiome intestinal …

« Certains ne le sont pas, mais parmi mes meilleurs amis, il y a des microbes. » Source Doug Powell du barfblog du 20 mai 2013.

Récemment est paru dans le New York Times un article de Michael Pollan sur le microbiome, les microbes, leur génome et leur environnement particulier présent dans le tractus digestif de l'homme.

human-microbiome-change_1De nouvelles recherches ont montré un potentiel de l'alimentation afin de réduire risque d’infection à E. coli O157:H7, au moins chez la souris.

Des études sur le microbiome ont été entreprises depuis un certain temps, mais en tant qu'être humain, nous sommes limités pour comprendre comment cette activité stratégique intestinale sert de levier afin de réduire le risque de maladie d'origine alimentaire.

Un cocktail de bactéries non pathogènes, naturellement présentes dans le tube digestif de l'homme sain peut-il protéger contre une infection à E. coli potentiellement mortelle dans un modèle animal ? C’est l’objet d’une étude présentée au 113e General Meeting de l'American Society for Microbiology. La recherche, menée par des scientifiques de l'Université du Michigan Medical School à Ann Arbor, pourrait avoir des implications importantes pour la prévention, voire le traitement de cette maladie.

Escherichia coli entérohémorragique (EHEC) O157:H7 est un pathogène d'origine alimentaire qui a été responsable de plusieurs foyers récents de maladies potentiellement mortelles. Des manifestations graves de cette maladie comprennent à la fois une colite hémorragique (CH) et un syndrome hémolytique et urémique (SHU), une forme de maladie rénale aiguë qui peut entraîner la mort ou une invalidité permanente.

« EHEC est une préoccupation majeure car le SHU, résultat le plus sévère, cible préférentiellement les jeunes enfants », dit Kathryn Eaton, une chercheuse de l'étude. « Malheureusement, le SHU survient tardivement dans l'évolution de la maladie, souvent après que l'enfant ait récupéré de la forme entérique. Ainsi, les enfants qui semblent avoir récupéré peuvent rechuter et même décéder ». 

Le SHU est causée par l'absorption de shigatoxines (Stx) qui sont produites par des bactéries présentes dans l'intestin. La production de Stx survient quelques jours après la colonisation bactérienne et une fois présentes dans l’intestin,  elles peuvent être absorbées dans la circulation sanguine où elles peuvent causer une maladie systémique et même la mort. Il n'existe aucun traitement spécifique ou une mesure préventive qui empêche la progression de la CH vers le SHU.

L'objectif global de la recherche au laboratoire d’Eaton a été d'identifier le potentiel des thérapies pour prévenir la production ou l'absorption de Stx avant qu'elles ne puissent causer de maladie.

« En bref, les résultats de notre étude montrent que, dans un modèle chez la souris, des bactéries non pathogènes qui sont des hôtes normaux de l'intestin humain peuvent éliminer Stx du contenu intestinal et prévenir  complètement le SHU », explique Eaton.

microbiome-1-300x225Dans l'étude, les chercheurs ont donné EHEC à deux groupes de souris : un groupe qui avait été pré-colonisé par un mélange d'espèces bactériennes provenant de l’intestin humain normal et un autre groupe qui n'en ont pas reçu. Chez les souris pré-colonisées, le taux de Stx est resté indétectable et toutes les souris sont restées en parfaite santé. En revanche, le groupe témoin avaient un taux élevé de Stx, toutes les souris ont développé une maladie rénale dans la semaine suivant l'infection.

« La découverte que les bactéries intestinales normales peuvent empêcher l'accumulation de Stx intestinales et de la maladie dans le modèle animal peut avoir des implications importantes dans la prévention du SHU chez les personnes infectées par EHEC », explique Eaton.

Premièrement, cela pourrait aider à expliquer pourquoi tout ceux qui sont infectés par EHEC ne développent pas un SHU. Deuxièmement, et plus important encore, dit Eaton, cela identifie des bactéries probiotiques spécifiques, non pathogènes, qui pourraient être utilisées pour prévenir ou traiter des maladies dues à Stx.

Zumbrun et al., du département de microbiologie et d'immunologie, Uniformed Services University of the Health Sciences à Bethesda, a écrit dans PNAS  que « le contenu en fibres alimentaires affecte la sensibilité à l’infection à Escherichia coli (STEC) producteurs de shigatoxines (Stx) chez la souris. Nous avons montré que chez des souris nourries avec un régime alimentaire riche en fibres (RARF) avaient des taux élevés de butyrate, un métabolite bénéfique de intestin qui améliore paradoxalement la capacité de destruction de Stx par les cellules. Nous avons également constaté que la quantité de bactéries intestinales chez les souris nourries avec un RARF a augmenté tandis que le pourcentage de Escherichia spp. commensales a diminué par rapport aux animaux nourris avec un régime alimentaire  en fibres (RAPF). Ces changements ont entraîné une hausse du taux de colonisation par E. coli O157:H7, une perte de poids plus grande et un taux plus élevé de décès parmi les animaux nourris avec un RARF que parmi les animaux infectés par STEC nourris avec un RAPF. »

Résumé

La probabilité qu'un individu infecté par Escherichia coli O157:H7 producteurs de shigatoxines (Stx) d'origine alimentaire pathogène a de développer une séquelle mortelle appelée syndrome hémolytique et urémique est imprévisible. Nous avons pensé que les conditions qui améliorent la liaison et l'absorption de Stx dans l'intestin après une infection à E. coli O157:H7 devraient se traduire par une plus grande gravité de la maladie. Parce que le récepteur de Stx, le globotriaosylcéramide, est régulé à la hausse en présence de butyrate in vitro, nous nous sommes demandé si une alimentation riche en fibres (RAFR) qui a été rapportée comme augmentant la production de butyrate par la flore intestinale normale peut influencer le résultat d'une infection à E. coli O157 chez la souris. Pour répondre à cette question, des groupes de souris BALB/c ont été nourris avec un régime alimentaire riche (10%) ou pauvre (2%) en fibres et infectées 121022_r22702_p233-221x300par la souche de E. coli O157:H7 86-24 (Stx2+). Les souris nourries avec un régime riche en fibres ont montré une augmentation de 10 à 100 fois plus de la colonisation, ont perdu plus de 15% du poids corporel, ont présenté des signes de morbidité et une mortalité supérieure de 25% par rapport au groupe de souris nourries avec un régime pauvre en fibres. De plus, des sections du tissu intestinal de souris nourries avec un régime riche en fibres avaient plus de Stx1 fixées et ont exprimé plus de globotriaosylcéramide que ne le faisait celles des souris nourries avec un régime pauvre en fibres. En outre, le microbiote intestinal de souris nourries avec un régime riche en fibres par rapport aux souris nourries avec un régime pauvre en fibres contenait un taux réduit d'espèces de Escherichia autochtones, des organismes qui pourraient protéger l'intestin de la colonisation par E. coli O157:H7. Pris dans leur ensemble, ces résultats suggèrent que la susceptibilité à l'infection et à la maladie suite à l'ingestion de E. coli O157:H7 peut dépendre, au moins en partie, de l'alimentation individuelle et/ou de la capacité de la flore commensale à produire du butyrate.

Source Steven D. Zumbrun, Angela R. Melton-Celsa, Mark A. Smith, Jeremy J. Gilbreath, D. Scott Merrell, and Alison D. O’Brien. Dietary choice affects Shiga toxin-producing Escherichia coli (STEC) O157:H7 colonization and disease. PNAS.

Les Français et les pesticides, information or désinformation

17
mai
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Classé dans Curiosité, Environnement, Réglementation, Sécurité.

Forum Phyto du 17 mai 2013 rapporte « Les Français et les pesticides –Désinformation « Express » » (AFIS). Je reproduis ci-après le texte intégral paru sur Forum Phyto.

13intox-79x90L’InVS (Institut de Veille Sanitaire) a publié une enquête sur l’exposition des Français à différentes substances chimiques, dont certains pesticides. L’inflation médiatique et Internet s’est mise en route. Qu’en est-il ? 

 

 
Intox

Pour la plupart des médias, en particulier environnementalistes. Par exemple : « les Français (sont) très exposés aux pesticides » (Journal de l’Environnement), « Les Français plus exposés à certains pesticides que les Américains » (Campagnes et Environnement), « L’InVS met en garde sur des concentrations de pesticides chez les Français » (accès restreint) (Référence Environnement), Par exemple « Les Français particulièrement contaminés par les pesticides » (France24), « Pesticides : Des Français toujours trop imprégnés – InVS » (SantéBlog),  « Pesticides : les Français en ont plein le sang » (L’Express).

La twittosphère a encore accentué en lançant de véritables cris d’alarme.

Désintox

Sous le titre « Les Français et les pesticides – Désinformation « Express »», Jean-Paul Krivine, sur le site de l’AFIS (Association Française pour l’Information Scientifique) analyse en détail et de façon pertinente, l’article de l’Express et en démonte la mécanique alarmiste.

Car l’étude de l’InVS ne montre des différences que sur deux pesticides particuliers.
De plus, une concentration de pesticides dans le sang ou l’urine ne signifie pas nécessairement un risque sanitaire.

La conclusion de J-P Krivine : « Bref, une étude plutôt rassurante, qui relève un ou deux éléments spécifiques à la France qui méritent vigilance et investigations plus poussées (et qui ne permettent pas de donner corps au titre de l’article de L’Express : « Pesticides : les français en ont plein le sang »).

Mais une étude rassurante ne fait pas un titre accrocheur. Et tant pis pour le lecteur de l’Express qui n’est sans doute pas jugé digne d’une information honnête et précise. »

Un journalisme sensationnaliste n’aide sûrement pas à une bonne communication en matière de sciences.

Les antibiotiques, un traitement efficace pour le mal de dos chronique ?

12
mai
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Classé dans Curiosité, Santé.

162650556-617x416« Les antibiotiques, un traitement efficace pour le mal de dos chronique », source Redorbit.com.

Une étude inédite d'une équipe de grande renommée de chercheurs danois pourrait apporter un secours sans précédent aux personnes souffrant de douleur chronique au dos.

Selon l'étude, parue dans la revue European Spine Journal, environ 40 pour cent des lombalgies chroniques sont dues à des bactéries. Le traitement de ces patients par des antibiotiques a entraîné un taux important de soulagement et une meilleure qualité de vie par rapport aux patients ayant reçu un placebo.

« Chez les personnes qui ont reçu le placebo, rien ne s'est passé », a déclaré l'auteur principal, Hanne B. Albert, professeur agrégée à l’University of Southern Denmark, lors d'une conférence de presse à Londres. « Les personnes ayant reçu des antibiotiques ont eu une amélioration cliniquement très significative. »

Outre le fait d’un soulagement de la douleur au dos, les patients qui ont été reçu des antibiotiques avaient un meilleur fonctionnement global, moins de douleur à la jambe et ont eu moins de jours d’arrêt de travail en raison de leur état, après un an de traitement.

Pour arriver à leurs conclusions, les chercheurs danois ont mené deux études. Tout d'abord, ils ont découvert des infections bactériennes chez 46 pour cent des patients souffrant de douleurs constantes lombaires après une hernie discale. Beaucoup de ces patients ont été traités avec succès par des antibiotiques.

La seconde étude a porté sur la combinaison d’antibiotiques, amoxicilline et acide clavulanique, chez des patients atteints de la même affection. Les chercheurs ont trouvé que 80 pour cent des patients ont été guéris ou ont vu une réduction marquée du niveau de la douleur.

John O'Dowd, président de la British Society for Back Pain Research, a déclaré à The Telegraph, que les résultats sont encourageants.

Food Safety Roundup ou Liste bibliographique en sécurité des aliments, 11

10
mai
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Classé dans Contamination, Contamination croisée, E. coli, Environnement, Hygiène, Listeria, Microbiologie, Réglementation, Salmonella, Santé, Sécurité des aliments, TIAC, Virus.

Message de CIDRAP, Center for Infectious disease research & Policy de l'Université du Minnesota, relatif à des informations et études parues dans des revues scientifiques. Ressources bibliographiques en sécurité des aliment et maladies infectieuses d'origine alimentaire au 10 mai 2013.

Incidence and trends of infection with pathogens transmitted commonly through food–Foodborne Diseases Active Surveillance Network, 10 U.S. sites, 1996-2012
From Apr 19 MMWR     Visit link…

Foodborne disease outbreaks caused by Bacillus cereusClostridium perfringens, and Staphylococcus aureus, United States, 1998-2008
From Clin Infect Dis, published online Apr 16     Visit link…

Molecular typing of Staphylococcus aureus and methicillin-resistant S. aureus (MRSA) isolated from animals and retail meat in North Dakota, United States
From Foodborne Pathog Dis, published online May 2     Visit link…

Survey of Enterobacteriaceae contamination of table eggs collected from layer flocks in Australia
From Int J Food Microbiol, published online Apr 11     Visit link…

Occurrence of generic E. coliE. coli O157 and Salmonella spp. in water and sediment from leafy green produce farms and streams on the central California coast
From Int J Food Microbiol, published online Apr 11     Visit link…

Impact of management practices and distillers' grains feeding on the prevalence of Escherichia coli O157 in feedlot cattle in Minnesota
From Foodborne Pathog Dis, published online May 2     Visit link…

Analyzing indicator microorganisms, antibiotic resistant Escherichia coli, and regrowth potential of foodborne pathogens in various organic fertilizers
From Foodborne Pathog Dis, published online Apr 24     Visit link…

Outbreak of listerosis due to imported cooked ham, Switzerland 2011
From May 2 Euro Surveill     Visit link…

Next generation whole genome sequencing identifies the direction of norovirus transmission in linked patients
From Clin Infect Dis, published online May 3     Visit link…

Endemic norovirus infections in children, Ho Chi Minh City, Vietnam, 2009-2010
From Emerg Infect Dis, published online May 1     Visit link…

Noroviruses in seafood: a 9-year monitoring in Italy
From Foodborne Pathog Dis, published online May 2     Visit link…

Epidemiology of norovirus gastroenteritis outbreaks in two primary schools in a city in eastern China
From Am J Infect Control, published online May 9     Visit link…

Investigation and management of an outbreak of Salmonella Typhimurium DT8 associated with duck eggs, Ireland, 2009 to 2011
From Apr 18 Euro Surveill     Visit link…

Antimicrobial resistance patterns and genotypes of Salmonella enterica serovar Hadar strains associated with human infections in Switzerland, 2005-2010
From Epidemiol Infect, published online Apr 16     Visit link…

Diversity of pulsed-field gel electrophoresis pulsotypes, serovars, and antibiotic resistance among Salmonella isolates from wild amphibians and reptiles in the California Central Coast
From Foodborne Pathog Dis, published online Apr 11     Visit link…

Use of global trade item numbers in the investigation of a Salmonella Newport outbreak associated with blueberries in Minnesota, 2010
From May J Food Prot     Visit link…