Visiter Processalimentaire.com
Contacter le magazine
S'abonner en ligne | S'inscrire à l'e-news


Douce revanche contre les superbactéries

22
juil
Aucun commentaire
Classé dans Curiosité, Environnement, Microbiologie, Santé.

« Douce revanche contre les superbactéries », source communiqué du 21 juillet 2015 de l’université du Queensland.

Un type particulier de sucre de synthèse pourrait être la dernière arme dans la lutte contre les superbactéries.

Antibiotic-pill-300x200Une équipe de scientifiques de l’université du Queensland (UQ) et une société de biotechnologie du Queensland, Alchemia, ont découvert une nouvelle classe potentielle d’antibiotiques inspirée par des molécules de sucre produites par les bactéries.

De nouveaux antibiotiques auxquels les bactéries sont peu susceptibles de développer une résistance sont nécessaires d’urgence pour lutter contre la montée des superbactéries, bactéries résistantes ou multirésistantes aux antibiotiques.

La recherche, dirigée par le professeur Matt Cooper et le Dr Johannes Zuegg de l’Institut for Molecular Bioscience (IMB) de l’UQ en partenariat avec Alchemia, est publiée dans la revue scientifique Nature Communications.

Le professeur Cooper, directeur du IMB Centre for Superbug Solutions, a dit que les bactéries étaient moins susceptibles de devenir résistantes à un antibiotique basé sur une version modifiée de leur propre sucre.

« Les bactéries possèdent une paroi cellulaire semblables aux murs d’une maison faite de briques, sauf qu’au lieu de mortier les murs sont maintenus ensemble par des polymères de sucres », a dit le professeur Cooper.

« Mais si vous ajoutez l’une de nos molécules modifiées de sucre, elles arrêtent le processus de liaison, détruisant la paroi cellulaire et tuant les bactéries. »

« La paroi cellulaire a été la cible d’antibiotiques tels que la pénicilline et la vancomycine auparavant, mais la différence ici est que nous arrêtons un rôle important au centre du processus de liaison de la paroi cellulaire. »

Le Dr Zuegg a dit que l’équipe a examiné des centaines de versions des molécules modifiées de sucre d’Alchemia pour trouver celles qui tuent les bactéries et qui soient non-toxiques pour les cellules humaines.

« La plupart des molécules criblées pour devenir des antibiotiques ont, une forme plate plane, alors que ces molécules sont en trois dimensions », a dit le Dr Zuegg.

« Cela signifie que nous pouvons construire sur le noyau du sucre une variété de façons pour faire des milliers de combinaisons différentes dans un espace tridimensionnel. »

L’équipe comprenait des chercheurs de l’université de Warwick au Royaume-Uni, l’Academia Sinica à Taïwan et de l’université de Gand en Belgique.

Le travail a été soutenu par des organisations australiennes et étrangères dont Alchemia, le National Health and Medical Research Council, Bayer Animal Health et le Wellcome Trust.

Référence. Johannes Zuegg, Craig Muldoon, George Adamson, Declan McKeveney, Giang Le Thanh, Rajaratnam Premraj, Bernd Becker, Mu Cheng, Alysha G. Elliott, Johnny X. Huang, Mark S. Butler, Megha Bajaj, Joachim Seifert, Latika Singh, Nicola F. Galley, David I. Roper, Adrian J. Lloyd, Christopher G. Dowson, Ting-Jen Cheng, Wei-Chieh Cheng, Dieter Demon, Evelyne Meyer, Wim Meutermans, Matthew A. Cooper. Carbohydrate scaffolds as glycosyltransferase inhibitors with in vivo antibacterial activity. Nature Communications, 2015; 6: 7719 DOI: 10.1038/ncomms8719.

Les moustiques peuvent transmettre aussi des bactéries

16
juin
Aucun commentaire
Classé dans Contamination, Contamination croisée, Curiosité, Environnement, Microbiologie, Non classé, Santé.

Les moustiques peuvent transmettre aussi des bactéries. Il s’agit de résultats des travaux du Pr Parola, selon un communiqué du 9 juin des hôpitaux publics de Marseille.

Les moustiques responsables en Afrique de la transmission du paludisme pourraient également transmettre une bactérie responsable de nombreuses fièvres inexpliquées. Tel est le résultat d’une étude menée par l’équipe de Philippe Parola.

imgresLe Professeur Philippe Parola, chef du service des maladies infectieuses aiguës de l’hôpital de la Timone et de l’équipe « Entomologie Médicale » de l’unité de recherche en maladies infectieuses et tropicales émergentes à l’université d’Aix-Marseille, vient de publier les résultats de ses travaux dans les Proceedings of the National Academy of Sciences of the United States of America.

Il y démontre que les moustiques responsables en Afrique de la transmission du paludisme pourraient également transmettre une bactérie, Rickettsia felis, responsable de nombreuses fièvres inexpliquées sur ce continent. C’est la première démonstration au monde que des moustiques peuvent transmettre non seulement des parasites et des virus, mais aussi des bactéries.

Rickettsia felis est une bactérie de répartition mondiale décrite il y a 20 ans et responsable de fièvre chez l’homme. Les puces, notamment les puces de chats et de chiens, étaient les seuls insectes capables de transmettre cette bactérie. L’équipe du Professeur Philippe Parola vient de montrer que les moustiques Anopheles gambiae, qui transmettent le parasite du paludisme en Afrique, seraient capables de transmettre également Rickettsia felis.

Notons que parmi les rickettsioses se trouve le typhus.

Petite anecdote à ce sujet, le terme tifosi, connu comme étant le terme d’un supporter italien de football, a pour origine le typhus. En italien, tifo signifie « typhus » au sens propre, et « fanatisme » ou « enthousiasme » au sens figuré, d’où le nom de tifoso (pluriel : tifosi) donné aux supporters italiens. Supporter une équipe, on a ça dans le sang, comme on a la typhoïde. Ça donne de la fièvre !

Le cuivre détruit les norovirus humains, vite !

11
juin
Aucun commentaire
Classé dans Contamination, Contamination croisée, Curiosité, Environnement, Hygiène, Microbiologie, Santé, Sécurité des aliments, Virus.

« Le cuivre détruit les norovirus humains, vite ! », Source ASM News du 5 juin 2015.

Des alliages métalliques contenant du cuivre peuvent détruire* des norovirus humains, selon un article publié en ligne avant impression le 15 mai 2015, dans Applied and Environmental Microbiology, une revue de l’American Society for Microbiology.

man-norovirus« Le norovirus humain est un microbe inhabituellement infectieux qui provoque la grippe d’estomac (ou gastro-entérite virale aiguë –aa), avec notamment des vomissements et une diarrhée abondante. Il est un problème majeur sur les navires de croisière, dans les restaurants et dans les maisons de santé pour personnes âgées dépendantes, où la maladie est facilement transmissible par la contamination de l’environnement », a déclaré Clyde Manuel, un étudiant en doctorat au laboratoire de Lee-Ann Jaykus, de la North Carolina State University à Raleigh. « Ceci est la première étude qui démontre le pouvoir destructeurs du cuivre contre les norovirus humains », a déclaré Manuel.

Dans l’étude, les auteurs ont obtenu cinq alliages de cuivre différents et une surface en acier inoxydable comme surface témoin, sous forme de coupons. « Nous avons déposé soit des prélèvement fécaux humains contenant du virus infectieux ou des pseudo-particules virales sur chaque coupon, et ensuite nous avons analysé la survie du virus au cours du temps », a dit Manuel. (Les pseudo-particules virales sont des enveloppes de virus qui ont les mêmes propriétés de surface que les virus infectieux et qui sont plus faciles à cultiver que les virus complets.) Le résultat, « Une variété de surfaces de cuivre a eu un impact majeur sur le virus, alors que le virus est très stable sur la surface en acier inoxydable. »

Le cuivre a agi rapidement. Une exposition de dix minutes était suffisante pour abolir pratiquement la capacité de liaison au récepteur de pseudo-particules virales de norovirus humains, un effet qui n’a pas été observé sur la surface en acier inoxydable.

Plus précisément, la surface en cuivre a détruit le génome du virus et sa capside, une enveloppe protéique. « Sans doute ces surfaces de cuivre peuvent être utilisées sur des surfaces fréquemment touchées, comme des poignées de porte, des mains courantes et ainsi de suite, pour prévenir la transmission du virus dans l’environnement », a déclaré Manuel. Il note qu’une unité de soins intensifs de l’hôpital qui a récemment remplacé d’autres matériaux par du cuivre dans des surfaces fréquemment touchées a réduit le taux global d’infection de moitié.

Le cycle de destruction virus commence lorsque des ions cuivre génèrent des radicaux libres à partir de l’eau et de l’oxygène, et parfois à partir de certains acides aminés soufrés. Les radicaux libres réagissent énergiquement avec des molécules telles que l’ADN et les protéines, et les endommagent et souvent les détruisent.

Manuel a eu l’idée de cette recherche en écoutant le podcast scientifique, « This Week in Microbiology ». « J’écoutais l’épisode 55, « In the copper room » (ou dans la salle contenant du cuivre). Les auteurs discutaient d’études récentes montrant que les surfaces en contact en cuivre pourraient effectivement réduire le taux d’infections nosocomiales », a-t-il dit. Les résultats spectaculaires lui suggérèrent que cette méthode pourrait être utilisée pour prévenir la transmission dans l’environnement des norovirus humains, et à sa grande surprise, il a découvert que personne n’avait encore testé l’effet du cuivre sur ce microbe. « Donc, nous avons rapidement dressé un plan expérimental et nous nous sommes mis au travail ! »

*Nous utilisons le terme « détruire » plutôt que « tuer » en référence aux virus parce qu’ils sont inertes par eux-mêmes, et ils doivent pénétrer les cellules des organismes vivants afin de se reproduire.

Mise à jour du 7 juillet 2015. L’article vient d’être publié dans Applied and Environmental Microbiology d’août 2015 et est disponible gratuitement et intégralement.

Une nouvelle information change quelque peu les avis sur les OGM, selon une étude

11
juin
Aucun commentaire
Classé dans Curiosité, Environnement, Santé, Sécurité des aliments.

Une nouvelle information change quelque peu les avis sur les OGM, source IFT News.

Une étude publiée dans Food Policy  montre que même lorsque les gens reçoivent de nouvelles informations, de nombreuses personnes ne voudront toujours pas changer d’avis sur les organismes génétiquement modifiés (OGM). En fait, les chercheurs ont constaté que certains ont même des avis plus tranchés dans leurs croyances que les OGM sont dangereux.

ogm-maisLes chercheurs ont sondé 961 personnes à travers les États-Unis via Internet en avril 2013. Pour évaluer leurs convictions sur les aliments génétiquement modifiés, les participants ont été invités à répondre à des assertions telles que : « Les cultures génétiquement modifiées sont bonnes à consommer. » Puis ils ont reçu une information scientifique sur les aliments génétiquement modifiés et le réchauffement climatique. Par exemple, les chercheurs leur ont montré cette citation du National Research Council qui concerne les aliments génétiquement modifiés : « À ce jour, aucun effet néfaste sur la santé n’a été attribué au produits génétiquement modifiés qui soit documenté dans la population humaine. »

Après avoir lu les communiqués de groupes scientifiques, les participants ont été interrogés sur leur perception de la sécurité des aliments génétiquement modifiés. Les choix vont de « beaucoup moins sûrs » à « beaucoup plus sûrs ». Les résultats ont montré qu’avant de recevoir une information, 32% croyaient que les aliments génétiquement modifiés étaient sans danger à consommer, 32% sont incertains, et 36% ne croyait pas que les aliments génétiquement modifiés étaient sûrs à consommer. Après avoir reçu des informations scientifiques, environ 45% ont pensé que les aliments génétiquement modifiés étaient plus sûrs à consommer et 43% n’ont pas été influencé par l’information. De plus, 12% ont dit qu’ils sentaient que ces aliments étaient moins sûrs, pas plus.

« Cela est essentiel et cela démontre que dans une société, nous devrions avoir des avis plus souples dans nos croyances avant de recueillir des informations venant de plusieurs sources », a déclaré Brandon McFadden, professeur à l’Institute of Food and Agricultural Sciences de l’université de Floride. « En outre, cela indique que les résultats scientifiques à propos d’un risque sociétal sont susceptibles d’avoir une valeur décroissante au fil du temps. »

Le résumé de l’article en anglais est ici.

Réglementation mondiale des aliments, science ou pseudo-science ?

9
juin
Aucun commentaire
Classé dans Curiosité, Environnement, Nutrition, Règlementation, Santé, Sécurité des aliments.

contributor_111« Réglementation mondiale des aliments, science ou pseudo-science ? », Source article de James Marsden paru le 8 juin 2015 sur son blog Safety Zone.

Des OGM et à l’utilisation des antibiotiques pour assurer la sécurité microbienne des aliments, l’industrie alimentaire ici et partout dans le monde est confrontée à de nombreux défis. Certains sont basés sur une vérité scientifique et certains sur de la pseudo-science.

Carl Sagan, le grand astronome américain et vulgarisateur scientifique a fait une observation pertinente sur ce sujet général en 1996. Il a dit, « la pseudo-science est embrassée et elle pourrait être soutenue en proportion exacte à la vraie science qui est mal comprise ». Le Dr. Sagan a aussi cité le poète Thomas Gray – « Là où l’ignorance est un bienfait, c’est une folie d’être sage. »

La distinction entre vraie science et pseudo-science est particulièrement importante quand il s’agit des denrées alimentaires et de l’eau, des produits de base nécessaires pour assurer la vie. La disponibilité abondante d’aliments sains et de l’eau potable joue un rôle essentiel dans la santé humaine.

Malheureusement, il semble y avoir un malentendu croissant au sujet des questions scientifiques complexes liées aux aliments dans le public et les médias. L’incapacité du public à discerner les vraies questions du battage conduit à une mauvaise politique publique sur la production des aliments et peut éventuellement nuire à notre capacité à nourrir une population mondiale toujours croissante.

La semaine dernière, le Dr Keith Ablow, psychiatre et contributeur chez Fox Medical News, a publié un article d’opinion intitulé « Does the Truth Matter? » (« La vérité compte-elle ? »)

Il observe que « Nous vivons dans une époque de défis sans précédent pour la vérité ». Il donne un argument convaincant que la vérité compte bien sûr et propose un postulat profond, « Les êtres humains souffrent en proportion exacte à la façon dont ils partent de la vérité. » Je vous recommande de lire l’article. La question a des implications prodigieuses sur la société américaine.

En ce qui concerne la réglementation des denrées alimentaires, l’article du Dr Ablow peut être prophétique. Le mépris de la vérité scientifique peut conduire à un monde avec trop peu de nourriture abordable et une famine de masse.

Certaines des questions complexes et difficiles relatives aux denrées alimentaires comprennent :

  • Le rôle des OGM en augmentation dans la production alimentaire, en particulier dans les pays du tiers monde.
  • Nutrition, santé et obésité dans les pays riches.
  • L’utilisation des antibiotiques et l’utilisation sub-thérapeutiques d’antibiotiques dans l’alimentation animale.
  • La maîtrise des pathogènes d’origine alimentaire dans tous les types d’aliments.

Heureusement, l’industrie alimentaire et les décideurs aux États-Unis et dans le monde entier apporteront un leadership éclairé sur les défis scientifiques mondiaux relatifs à la production et la consommation de denrées alimentaires. Si nous allons dans ce sens et prenons des décisions fondées sur des données scientifiques, la perspective de l’amélioration de la production d’aliments de qualité et nutritifs sera excellente.

Si nous ne parvenons pas à faire la distinction entre science et pseudo-science, l’avenir de l’approvisionnement alimentaire du monde sera au mieux incertaine.

À propos du Dr. James L. Marsden. Jim est Regent’s Distinguished Professor en sécurité des aliments à l’Université de l’Etat du Kansas et le conseiller scientifique senior de la North American Meat Processors Association. Il est l’ancien président de l’American Meat Institute Foundation à Washington DC et lauréat de l’Université de l’Etat de l’Oklahoma.