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Face au risque, la France a-t-elle peur ?

9
déc
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Classé dans Curiosité, Environnement, Santé, Sécurité des aliments.

ix51ef70f9Les Echos publie le 4 décembre 2014 une tribune de Serge Michels, président du groupe Protéines, « Innovation : une France paralysée par la peur ». L’aversion au risque qui s’est emparée de la France risque de devenir un obstacle au progrès scientifique.

Extraits.

La France est malade, malade de son aversion pour le risque. Les Français sont seulement 28 % à déclarer « je recherche l’aventure, j’aime prendre des risques et je désire mener une vie trépidante », contre 52 % pour les Danois ou encore 42 % pour les Anglais. Sur ce point la France est malheureusement la lanterne rouge de l’Europe, et les Français vivent sous l’emprise de la peur. Peur que la nourriture qu’ils mangent et que l’air qu’ils respirent ne les intoxique, que leur environnement ne les rende malades. Ils vivent de plus en plus longtemps, mais sont convaincus que leur mode de vie moderne les empoisonne. En écho à cette société de la peur, nos politiques deviennent les champions du monde des interdictions : interdiction du bisphénol-A, des OGM, de la pilule Diane 35, ou encore démontage des antennes relais sur les toitures et gel de la mise sur le marché des pesticides… Face au risque, nous choisissons toujours le camp de la peur, parfois à juste titre, mais souvent à contre-courant du reste du monde et de la rationalité scientifique. La France apparaît alors comme un pays bien singulier atteint de ce que nous appellerons « le syndrome Astérix » : ce pays qui a raison seul contre tous ! Si la prudence est une vertu, la peur conduit quant à elle régulièrement à des décisions contre productives. Prenons l’exemple des antennes relais pour nos téléphones mobiles. En réduisant leur nombre sous la pression des riverains, les juges nous condamnent à être exposés à des doses plus élevées d’ondes électromagnétiques. Car plus l’antenne relai est éloignée, plus notre téléphone mobile, si proche de notre oreille, doit émettre fortement. Dans un autre domaine, personne n’imaginerait préférable de garder les automobiles anciennes plutôt que de mettre sur le marché des voitures plus modernes et moins polluantes. C’est pourtant le choix de nos politiques en matière de pesticides, ils préfèrent le statu quo en matière de mise sur le marché, à l’autorisation de nouveaux produits souvent moins polluants.

On pourra aussi lire sur ce blog,

Saga du BPA : L’interdiction du bisphénol A au 1er janvier 2015 est-elle illégale ? La précaution contre la démocratie ?

6
déc
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Classé dans Contamination, Curiosité, Environnement, Règlementation, Santé, Sécurité des aliments, Union Européenne.

Un article de Luc-Marie Augagneur dans le journal Les Echos.fr du 5 décembre 2014 a retenu mon attention, « L’interdiction probablement illégale du bisphénol A au 1er janvier 2015 : la précaution contre la démocratie ».

Extraits.

Par l’initiative de l’extension de l’interdiction du bisphénol A pour tous les contenants alimentaires avant l’issue de l’analyse européenne, la France prend le risque de perturber le processus de décision sanitaire européen.

L’usage inapproprié du principe de précaution peut s’avérer néfaste pour le débat démocratique, voire pour la sécurité qu’elle défend légitimement. Lorsqu’elle est systématique, immédiate, disproportionnée, son invocation anesthésie toute pensée critique et raisonnée. Elle est susceptible de balayer tout le corpus des règles existantes au nom du risque transmuté en peur.

vraiment_sans_bpaDans « Elements of Law », Hobbes érige cependant la peur en force instituante. De l’idée qu’une peur réciproque (« mutual fear ») anime l’état de nature, naît la nécessité du pacte mutuel qui transforme la multitude engourdie dans la défiance générale en corps politique. La peur est le pouvoir fondateur par excellence, au point qu’il faille estimer, comme le relève Hobbes dans le Livre de Job, qu’« il n’y a pas sur terre de pouvoir comparable à lui ». De la peur féconde à la peur morbide et paralysante, il y a la place à mille nuances.

La question du bisphénol A (BPA) en fournit un formidable (au sens étymologique) champ de réflexion. Le BPA est une substance qui entre notamment dans la composition du polycarbonate utilisé pour fabriquer des récipients alimentaires tels que des bouteilles recyclables, des biberons, de la vaisselle ainsi que des conteneurs destinés au stockage. Il peut migrer en petites quantités dans les aliments et les boissons stockés dans des matériaux qui en contiennent.

Or, il a été identifié comme un perturbateur endocrinien dont les études ont révélé qu’il a des effets défavorables sur les reins, le foie et la glande mammaire. D’ores et déjà interdit pour les contenants à usage des jeunes enfants, les avis scientifiques divergent sur l’évaluation générale des risques pour la santé humaine qui s’avère complexe. Le débat scientifique se double ainsi d’un débat de méthodologie éthique et juridique : qu’implique le passage d’une évaluation du risque à une évaluation de l’incertitude ?

C’est dans ce contexte que la France a adopté la loi du 24 décembre 2012 visant à suspendre la fabrication, l’importation, l’exportation et la mise sur le marché de tout conditionnement à vocation alimentaire contenant du bisphénol A et qui entrera en vigueur le 1er janvier 2015. Sa mise en œuvre littérale conduit à empêcher l’approvisionnement dans des pays qui n’ont pas pris de mesures similaires.

Pourtant, la règlementation en matière d’alimentation et de sécurité des produits relève de la compétence européenne dont la réglementation a connu une forte évolution ces dernières années. Alors que l’Autorité Européenne de Sécurité des Aliments (EFSA) s’attache à une revue exhaustive des études scientifiques et qu’elle a lancé une vaste consultation publique préalable avant de rendre son avis sur la dangerosité de la substance, la France en devance l’issue.

Pour cette raison, on peut sérieusement douter de la conformité de la mesure française au droit européen. Cette confrontation entre le droit national et européen peut tantôt s’analyser comme un facteur de vitalité, tantôt marquer un signe d’échec du processus de la démocratie scientifique.

N’hésitez pas à lire la suite …

NB : Personnellement, je n’aurais pas écris « la précaution contre la démocratie » mais peut être la précaution contre la science, vaste débat … Le titre de l’article sur ce blog et l’illustration sont de mon fait.

Mise à jour du 11 décembre 2014. On lira aussi Bisphénol A : l’interdiction française est-elle pionnière ou prématurée ? dans Actu-Environnement.

Science : Ajoutez un graphe aux résultats de votre étude, c’est plus convaincant qu’un texte, même si cela n’apporte pas d’information supplémentaire !

25
nov
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Classé dans Curiosité, Environnement, Santé.

Le New York Times du 24 novembre 2014 rapporte une information intéressante, me semble-t-il, « Un tableau convaincant qui montre comment les tableaux sont convaincants ».

Dans une étude publiée récemment dans la revue « Public Understanding of Science », deux chercheurs de Cornell, Brian Wansink et Aner Tal, ont fait un petit sondage en ligne pour évaluer si d’autres descriptions de la même information étaient plus convaincantes. Chaque répondant a lu la description suivante d’un essai d’un médicament imaginaire :

« Une grande entreprise pharmaceutique a récemment mis au point un nouveau médicament pour stimuler la fonction immunitaire des personnes. Elle rapporte que les essais réalisés ont démontré une baisse de 40% (de 87 à 47%) dans la survenue du rhume. L’entreprise a l’intention de commercialiser le nouveau médicament dès l’hiver prochain, après une approbation par la FDA. »

C’était la seule information donnée, 68% croyaient que le médicament allaient vraiment réduire la maladie.

Ensuite, pour un sous-échantillon choisi au hasard, les chercheurs ont complété la description de l’essai du médicament avec un tableau simple. Mais voici le hic : Ce tableau ne contenait aucune nouvelle information ; simplement, il répétait les informations contenues dans l’information d’origine, avec une grande barre de l’histogramme illustrant que 87% du groupe témoin avait la maladie, et une barre plus petite montrant que le nombre est tombé à 47% pour ceux qui ont pris le médicament.

Mais en prenant les mêmes informations et en les montrant sur un graphe, cela a été énormément plus convaincant, élevant ainsi la proportion de ceux qui croyaient en l’efficacité du médicament à 97% au lieu de 68%. Si ce que disent les chercheurs est vrai, le graphe ci-dessous vous persuadera de leur constat.

Qu’est-ce qui rend les graphes simples si persuasifs ? Ce n’est pas parce qu’ils fournissent des informations plus mémorables ; 30 minutes après avoir lu sur les essais sur ce médicament, ceux qui ont vu le graphe n’étaient pas beaucoup plus susceptibles de se rappeler les résultats que ceux qui venaient lire la description. Plutôt, dans l’idée des chercheurs, le graphe est le vernis de la science. Et en effet, la tendance à trouver les graphes plus convaincants est plus forte parmi ceux qui ont accepté l’énoncé « Je crois en la science. »

Besoin de plus de preuves que cet article est convaincant ?

Les graphes sont convaincants : Des chercheurs ont comparé la proportion de personnes convaincues par une description verbale d’un essai d’un médicament avec la part de celles persuadées lorsqu’un graphe est ajouté alors qu’aucune nouvelle information était apportée.

 graphe_science

Source « Blinded With Science: Trivial Graphs and Formulas Increase Ad Persuasiveness and Belief in Product Efficacy » by Aner Tal and Brian Wansink.

UE : Quand le conseiller scientifique principal montre qu’il y a des preuves scientifiques de l’innocuité des OGM, les imbéciles montrent du doigt le conseiller scientifique principal !

23
nov
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Classé dans Curiosité, Environnement, Règlementation, Santé, Sécurité des aliments, Union Européenne.

David Ropeik dans Big Think du13 novembre 2014 revient l’abandon du poste de conseiller scientifique principal, avec cet article « EU: Europe drops chief science adviser. Don’t like the facts? Kill the messenger » (L’UE : L’Europe abandonne le poste de conseiller scientifique principal. Vous n’aimez pas les preuves scientifiques ? Tuer le messager). J’en avais aussi parlé dans Triste nouvelle : La Commission européenne abandonne le poste de conseiller scientifique principal.

C’est en quelque sorte un remake moderne du proverbe chinois, « Quand le conseiller scientifique principal montre qu’il y a des preuves scientifiques de l’innocuité des OGM, des imbéciles montrent du doigt le conseiller scientifique principal ». Je laisse mettre ce que vous souhaitez derrière cette étiquette d’imbéciles … mais il y a le choix !

 ooOOoo

imgresDans une version cinématographique de Frankenstein, la foule terrifiée se précipite hors de la ville avec une frénésie de flambeaux en criant « Tuez le Monstre. Tuez le monstre ». Le monstre, bien sûr, était perçu comme une menace, mais peu importe. Dans leur passion, on ne pouvait bien sûr pas raisonner la foule. Ce qu’elle a vu comme une menace ETAIT une menace, et il devait mourir. La foule a entouré un vieux moulin à vent, le monstre était emprisonné à l’intérieur, puis la foule a mis le feu au moulin et le monstre périt dans les flammes.

Avançons vers ce jour effrayant du monde réel en Europe. Alors que les yeux de tous les journalistes scientifiques d’Europe s’étaient portés sur l’atterrissage de Philae de l’Agence spatiale européenne sur la comète Rosetta, un succès scientifique phénoménal, le Commission européenne a sereinement abandonné la position de conseiller scientifique principal, un retentissant problème pour la science, et un précédent qui devrait effrayer les gens un peu partout.

La position conseiller scientifique principal (CSP) a été créé il y a quelques années dans le sillage de questions controversées comme le changement climatique, les organismes génétiquement modifiés (OGM) et l’essai des produits chimiques industriels, des questions qui impliquaient des détails scientifiques au-delà de l’expertise des hommes politiques accusés de les trier et de faire les meilleurs choix pour la société. Le CSP était comme cet ami geek à qui vous demandez de lire ces rapports et ces études scientifiques compliquées et vous dire ce qu’ils en disent … mais seulement pour la Commission européenne.

Le poste n’est pas impliqué dans l’élaboration de la règlementation, donnant seulement aux décideurs une lecture de ce que la science dit. Mais bien sûr, ce que la science dit sur le changement climatique ou les OGM a des conclusions règlementaires évidentes ; le changement climatique est réel et nous ferions mieux de faire quelque chose … des milliers d’études sur les OGM n’ont trouvé aucun préjudice pour la santé humaine (et seules quelques études douteuses ont laissé entendre autre chose) il n’y a donc pas besoin de la couverture du principe de précaution pour interdire toutes les applications de la biotechnologie agricole. Le problème est que ces conclusions ont menacé les valeurs des opposants aux OGM. Leur réponse ? « Tuez le Monstre ! »

frankenstein-the-millPas le monstre des preuves scientifiques, bien sûr. Tuer le messager, le CSP.

Les groupes sur l’environnement, qui ont une préoccupation à propos de la question des OGM, ont demandé à a Commission européenne d’abandonner l’idée d’un conseiller scientifique indépendant, après que le CSP n’a fait que rapporté, ce que toute conseiller scientifique indépendant dans le monde a trouvé, la science est à peu près aussi claire sur les OGM que sur le changement climatique … il n’y a aucune preuve fiable que les OGM nuisent à la santé humaine.

Les opposants aux OGM ont essayé de coucher leur plainte en termes plus généraux, en faisant valoir que le conseiller scientifique principal concentre trop de pouvoir dans son bureau. Mais soyons honnêtes. Ils n’aiment tout simplement pas ce que les preuves scientifiques disent. Donc Tuer Le Monstre, qui ne comprend pas la menace, alors que c’est seulement une voix indépendante et objective des éléments de preuve.

L’UE, dirigée par des hommes politiques, a répondu en reprenant le flambeau au CSP, et va laisser essentiellement la règle à la foule effrayée. Au moins jusqu’à présent. Le nouveau président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker a dit qu’il croit dans les avis scientifiques, mais il veut trouver une nouvelle façon de les obtenir. Mais les opposants aux OGM qui ont mis le feu sur ce sujet ont clairement fait savoir que le seul avis qu’ils veulent est que le gouvernement soit avec eux et avec d’autres groupes de défense d’intérêts publics. Et dans ces conditions qui est indépendant ?

Pas vraiment, bien sûr. Chaque groupe de défense, sur chaque question, voit les faits à travers un prisme de leurs propres valeurs et points de vue, auxquels ils ont droit, bien sûr, comme ils ont le droit d’exprimer ces points de vue dans un débat démocratique.

Mais l’idée du CSP était de fournir aux décideurs des informations scientifiques LIBRES de ces distorsions fondées sur les valeurs, de sorte qu’en plus de tous les commentaires publics qui ont toujours eu une voix, les décideurs auraient eu une vue un peu plus objective de ce que sont en réalité les preuves scientifiques elles-mêmes.

Donc, avec les cendres du moulin encore fumant, nous allons examiner ce que cela signifie.

Nous nous battons tous sur les questions en invoquant notre interprétation de la ‘science’. Les partisans de tous les côtés sur la question des OGM, mais aussi de la question du changement climatique, de l’énergie nucléaire, des produits chimiques industriels et des armes à feu et de l’avortement et une foule d’autres questions, tous invoquent des ‘faits’ pour faire que leur cas soit fondé sur des valeurs.

Nous voyons TOUS les faits à travers des lunettes sur ce que nous ressentons au sujet de ces faits. Moi aussi. Nous ne pouvons pas aider sur ces sujets. C’est la façon dont fonctionne la cognition humaine. Mais voulons-nous une politique fondée uniquement sur une bataille dont nos valeurs doivent gagner ou devrions-nous plutôt espérer, qu’en plus du débat démocratique, nos décideurs regardent objectivement les preuves pour éclairer sur ce qui fera le plus grand bien à la société ? Ce dernier point, bien entendu.

Mais avec l’abandon du CSP, qui ne remplace pas l’avis du public mais ajoutait une information plus objective aux décideurs qui devaient travailler avec la Commission européenne – du moins jusqu’à présent – c’est s’en remettre aux flambeaux lumineux et la voix en colère du public passionné, mais pas très objectif.

Et pour comprendre à quel point cela est effrayant, il faut considérer que les groupes anti-OGM applaudissent la décision européenne d’abandonner (pour l’instant) des avis scientifiques indépendants, sont ceux qui nient le changement climatique qui aussi n’aiment pas ce que la science a déclaré sur la question.

Nos valeurs doivent avoir une voix à la table des décisions réglementaires. Mais la façon dont la cognition humaine puissamment émotionnelle et instinctive fonctionne, produit des perceptions qui volent parfois de façon spectaculaire à la face des preuves scientifiques. Bien que nous ayons nos bons sentiments, et aussi importants qu’ils le soient pour notre sentiment de sécurité, nous devons honnêtement accepter qu’en sus de nos passions, que l’élaboration de la règlementation soit également être informée par une voix plus objective. C’était l’idée du CSP. Pour le moment, en Europe, l’idée du bon sens est dans les cendres.

Deux autres réflexions sur ce sujet, voir l’article du Guardian, « Juncker Axes Europe’s Chief Scientific Adviser » (Junker abandonne le poste de conseiller scientifique principal en Europe) et ce commentaire de Mark Lynas : « EU Scraps Science Advisor Role. Now are your happy Greenpeace? » (L’UE abandonne le poste de conseiller scientifique. Désormais, vous êtes content Greenpeace ?).

NB : On lira aussi l’article de Steven Novella, Politique contre Science, paru sur le blog de Marcel Kuntz, OGM : environnement, santé et politique.

Triste nouvelle : La Commission européenne abandonne le poste de conseiller scientifique principal

14
nov
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Classé dans Curiosité, Environnement, Union Européenne.

Selon Nature Breaking News du 13 novembre 2014, « La Commission européenne abandonne le poste de conseiller scientifique principal ».

Extraits.

On ne sait pas encore quel mécanisme la commission utilisera en remplacement.

La commission européenne a aboli le poste de conseiller scientifique principal juste trois ans après sa création. La commission n’a pas encore indiqué quel mécanisme elle compte utiliser à la place pour fournir des avis scientifiques indépendants à son président.

1.16348L’ancien président José Manuel Barroso avait promis fin de 2009 de créer le poste. Il n’a été rempli que deux ans plus tard, quand Anne Glover, une biologiste moléculaire et cellulaire qui était alors conseiller scientifique principal de l’Ecosse, a été nommée. Le mandat de Glover comme conseiller scientifique principal pour l’Europe a pris fin le mois dernier, avec celui du reste de la Commission sortante, à la suite des élections cette année dans l’Union européenne. Glover restera à la commission jusqu’à la fin janvier.

Mais la nouvelle commission, dirigée par le président Jean-Claude Juncker, qui a succédé à M. Barroso le 1er novembre, change la donne. Le 12 novembre, Glover a informé ses collègues des académies des sciences par mail que la position du conseiller scientifique principal disparaîtrait.

Divers responsables de recherche ont protesté contre ce changement, qu’ils interprétaient comme le déclassement de la valeur des avis scientifiques au plus haut niveau de la commission. Ils ont fait valoir que la position devrait plutôt être renforcée, en particulier en lui attribuant davantage de moyens.

La commission n’a pas encore dit comment elle prévoit de remplacer ce poste. « Le président Juncker croit dans les avis scientifiques indépendants. Il n’a pas encore décidé comment institutionnaliser cet avis scientifique indépendant », explique Lucia Caudet, porte-parole de la commission.

NB : Parmi ce qui est reproché à Madame Glaser, il y a cette interview à EurActiv le 24 juillet 2012, dont le titre était : Aucun risque avec les OGM, selon le conseiller scientifique principal de la Commission. Certaines personnes étaient devenues vertes de peur en lisant cette interview et il parait qu’elle le sont encore …