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OGM : Un scientifique face à des écolos qui pensent avoir toujours raison

29
mai
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Classé dans Curiosité, Environnement, Santé, Sécurité des aliments.

Marcel Kuntz dans son blog OGM : environnement, santé et politique nous propose avec talent et panache un article intitulé, « L’art des écolos d’avoir toujours raison ».

De par sa qualité de scientifique, mais aussi par la force de ses propos, on se dit qu’il y a sur le sujet des OGM un sentiment d’un immense gâchis. Lire cet article de Marcel Kuntz c’est comprendre que nous sommes manipulés par des gens qui n’en ont rien à faire de la science, et pour cause, ils ont sûr d’avoir raison, sans débat !

J’avais rendu compte sur ce sur ce blog du rapport de l’Académie des Sciences des Etats-Unis, ici, sur les plantes génétiquement modifiées. Marcel Kuntz nous explique ci-dessous sa (modeste) contribution à ce rapport et ce qu’il en est de ceux qui réfutent tout dialogue.

ooOOoo

Le 18 mai j’ai signalé sur mon compte Facebook la parution du dernier rapport de l’Académie des Sciences des Etats-Unis (NAS) sur les plantes génétiquement ingéniérées (GE), comme on dit là-bas. Bref, les « OGM » que toute la galaxie de l’écologie politique décrit comme responsables de tout ce que l’on peut imaginer de pire.

Comme tous les autres rapports scientifiques émanant d’une source scientifique crédible, ce rapport conclut que la technique de transgénèse appliquée aux végétaux ne présente pas de risques spécifiques par rapport aux autres techniques d’amélioration des plantes pour des besoins agricoles (ces autres techniques ne subissent pas un examen aussi exhaustif avant mise sur le marché).

Le rapport examine aussi les connaissances disponibles sur les divers points en débat (comme ces débats durent depuis 20 ans, les scientifiques ont eu le temps d’accumuler de nombreuses données !) et il conclut notamment, par une formulation excessivement prudente, qu’ « aucune différence a été trouvée qui implique un risque accru pour la santé humaine pour ces aliments GE par rapport à leur homologues non-GE ».

Autrement dit, pour parler sans circonvolutions, les lobbies anti-OGM vous ont raconté des sornettes sur les OGM depuis 20 ans !

De bonne foi (tout le monde peut se tromper) ou mensonges délibérés ?

La réponse est facile à trouver, par de multiples approches. Je vous en propose une. Si on a des arguments à faire valoir, par exemple sur ce rapport du NAS, on les expose. C’est ce qu’a fait H. Miller, par exemple.

Mais pas les lobbies anti-OGM : ils ont préféré faire ce qu’ils font habituellement en pareille circonstance (confrontés à des faits scientifiques qui invalident leurs allégations), se livrer à des attaques ad hominem.

Dans « L’art d’avoir toujours raison« , A. Schopenhauer expliquait que lorsqu’on n’avait plus d’argument dans un débat, il fallait utiliser « l’ultime stratagème » : devenir insultant, se livrer à des attaques personnelles. En utilisant de manière compulsive cet ultime stratagème, les lobbies de l’écologie politique prouvent qu’ils n’ont pas d’arguments scientifiques à faire valoir. C’est un aveu !

C’est un honneur d’être attaqué par des extrémistes

Je ne l’ai pas mentionné jusqu’à présent (je n’éprouve pas le besoin de me mettre en avant), mais il se trouve que j’étais un relecteur de ce rapport du NAS (un « reviewer » comme on dit). Le seul Français. Mais le point important ici est que le rôle d’un reviewer est de traquer les erreurs, les omissions, s’il y en a, et de les signaler aux auteurs. Ce que j’ai fait, ni plus ni moins.

Cela m’a néanmoins valu des attaques personnelles par ce fameux ultime stratagème… Cela tourne au comique de répétition : je serais payé par Monsanto ! Je ne vais pas une fois de plus réfuter ces balivernes, et je me contente de rappeler ma mise au point de 2009. Déjà ? Eh oui !

L’occasion de rappeler mes travaux scientifiques d’évaluations des OGM

Voici la liste de mes publications, avec divers collègues (sans aucun financement privé), sur ce thème :

  • Ricroch, JBB. Bergé and M. Kuntz (2010) Is the German Suspension of MON810 Maize Cultivation Scientifically Justified ?Transgenic Research 19, 1-12.
  • AE. Ricroch, JB. Bergé and M. Kuntz (2011) Evaluation of Genetically Engineered Crops   Transcriptomic, Proteomic, and Metabolomic Profiling Techniques. Plant Physiology, 155: 1752-1761.
  • C. Snell, A. Bernheim, JB. Berge, M. Kuntz, G. Pascal, A. Paris, AE. Ricroch (2012) Assessment of the health impact of GM plant diets in long-term and multigenerational animal feeding trials: A literature review. Food and Chemical Toxicology 50 : 1134–1148
  • M. Kuntz (2012) Destruction of public and governmental experiments of GMO in Europe. GM Crops & Food, Vol. 3(4), pages 1-7, October/November/December 2012
  • M. Kuntz (2012) The post-modern assault on science. EMBO reports 13: 885-889
  • M. Kuntz (2013) Why the postmodern attitude towards science should be denounced. EMBO reports 14(2):114-6
  • Ricroch AE and Kuntz M (2013) Evaluation of genetically engineered crops using proteomics. In: Proteomics in Food. Principles and applications (Toldra F. and Nollet LML., eds) Springer, pp.503-514
  • Ricroch AE, Bernheim A, Snell C, Pascal G, Paris A and Kuntz M (2013) Long-term and multigenerational animal feeding studies. In: Animal nutrition with transgenic plants (Flachowsky G, ed.) CABI biotechnology series,  pp. 112-129
  • M. Kuntz, J. Davison and A.E. Ricroch (2013) What the French ban of Bt MON810 maize means for science-based risk assessment. Nature Biotechnology 31(6): 498-500
  • M. Kuntz (2014) The GMO case in France: Politics, lawlessness and postmodernism. GM Crops & Food 5(3): 163-169
  • Kuntz M (2014)  Is it possible to overcome the GMO controversy? Some elements for a philosophical perspective. In : Plant Biotechnology. Experiences and future prospects (Ricroch A, Chopra S & Fleischer SJ, Eds) Springer,  pp.107-111.
  • Kuntz M (2014) Controverses autour de la transgénèse végétale : des visions du monde divergentes. Revue des question scientifiques (Société scientifique de Bruxelles/Université de Namur) 185(4) : 363-372
  • A.E. Ricroch, A. Boisron and M. Kuntz (2015) Looking back at safety assessment of GM food/feed: an exhaustive review of 90-day animal feeding studies. Int. J. Biotechnology. 2014 Vol.13, No.4, pp.230 – 256
  • A. Ricroch, W. Harwood, Z. Svobodová, L. Sági, P. Hundleby, E.M. Badea, I. Rosca, G. Cruz, M.P. Salema Fevereiro, V. Marfà Riera, S. Jansson, P. Morandini, B. Bojinov, S. Cetiner, R. Custers, U. Schrader, H-J. Jacobsen, J. Martin-Laffon, A. Boisron, M. Kuntz (2015) Challenges facing European agriculture and possible biotechnological solutions. Crit Rev Biotechnol. Jul 1:1-9.

Sans oublier mes deux livres « grand public » :

Pour résumer, nous avons examiné toutes les publications scientifiques qui ont décrit différentes approches expérimentales évaluant la biosécurité des OGM. Par des techniques de profilages à grande échelle, par l’alimentation de rongeurs dans des tests classiques de toxicologie dite subchronique (90 jours), par des études d’alimentation à long terme ou sur plusieurs générations (soit d’animaux de laboratoire, soit des animaux de ferme). Aucune étude sérieuse n’a conclu à un problème sanitaire pour les OGM mis sur la marché.

Nous avons également montré que les arguments environnementaux invoqués par certains gouvernements (dont des Français…), pour « justifier » une interdiction politique de la culture des OGM(deal avec l’écologie politique) étaient sans base scientifique.

Je rappelle ici que la « science » parallèle des activistes anti-OGM a subi quelques désagréments : n’avoir pas été validée par la communauté scientifique, voire même retirée d’un journal ou mêmeprouvée frauduleuse

Je formule le vœu que ces données scientifiques, que j’ai l’honneur d’avoir mises en lumière avec mes collègues, comme d’autres l’ont fait, contribuent à permettre au plus grand nombre de distinguer le vrai du faux dans ce dossier.

Bien évidemment, les attaques personnelles de ceux que la vérité semble déranger ne m’empêcheront pas de continuer mon travail. Bien au contraire…

L’Anses a un nouveau directeur général, le changement dans la continuité …

27
mai
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Classé dans Curiosité, Environnement, Hygiène, Santé, Sécurité des aliments.

langue1Ouf ! C’est enfin fait, l’Anses a un nouveau directeur général, après près de six mois de vacance de la tête de l’agence sanitaire … et cela coïncide avec une légère baisse du nombre de chômeurs en avril …

A l’occasion de sa nomination, Roger Genet, le nouveau directeur général, a déclaré :

« L’Anses est une grande agence d’expertise et de recherche, respectée et reconnue, en France comme à l’international, pour son indépendance et la qualité de ses travaux. Cette nomination est pour moi un honneur, mais aussi une grande responsabilité. Je veillerai à ce que l’Anses reste fidèle à cette vocation d’éclairer en toute indépendance le débat et la décision publics sur des bases scientifiques de référence, gage de la confiance de nos concitoyens ».

Le blog aimerait bien que l’Anses éclaire en toute indépendance le débat sur des sujets brûlants comme le glyphosate, les néonicotinoïdes, le diméthoate, etc., là où précisément l’Anses brille par son silence ou son mutisme assourdissant (voir Camus, La Chute) …

Bienvenue au pays de la langue de bois Monsieur le directeur général !

Il ne fallait déjà pas compter sur l’ancien directeur général de l’Anses passé à la direction générale de la prévention des risques du ministère de l’environnement, il ne faudra donc pas non plus compter sur le nouveau directeur général de l’Anses, car malheureusement cela se saurait si la décision publique était prise sur des bases scientifiques de référence, voulez-vous un exemple pris au hasard, Monsieur le directeur général, les OGM, par exemple …

L’origine de la maladie d’Alzheimer pourrait-elle être liée aux infections comme celles à Salmonella

26
mai
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Classé dans Contamination, Curiosité, Environnement, Santé, Sécurité des aliments.

« L’origine de la maladie d’Alzheimer pourrait-elle être liée aux infections comme celles à Salmonella », Doug Powell du barfblog.

Gina Kolata du New York Times rapporte que de nouvelles études par une équipe de chercheurs de Harvard suggère que l’origine de la maladie d’Alzheimer aurait une origine toxique liée à la tentative du cerveau de combattre l’infection.

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Salmonella, représentés sous forme de tâches rouges, englués dans une plaque de bêta-amyloide, représentée en vert. Crédit Robert Moir et Rudolph Tanzi/Massachussets General Hospital et Harvard Medical School.

Il est encore trop tôt, mais les experts de la maladie d’Alzheimer qui ne sont pas associés à ce travail sont captivés par l’idée que des infections, dont celles qui ont des symptômes très modérés, peuvent produire une réaction violente qui laisse des débris dans le cerveau, ce qui provoque la maladie d’Alzheimer. L’idée est surprenante, mais elle est logique, et les données du groupe de Harvard, publiée dans la revue Science Translational Medicine, soutiennent cette thèse. Si elle tient le coup, l’hypothèse a des implications majeures pour la prévention et le traitement de cette maladie dégénérative du cerveau.

Les chercheurs de Harvard rapportent un scénario apparemment hors science-fiction. Un virus, un champignon ou une bactérie pénètre dans le cerveau, en passant à travers une membrane, la barrière hémato-encéphalique, qui devient perméable à mesure que les personnes vieillissent. Le système de défense du cerveau se précipite pour arrêter l’envahisseur en faisant une plaque collante de protéines, appelée bêta-amyloïde. Le microbe, comme une mouche dans une toile d’araignée, se retrouve piégé dans la plaque et meurt. Ce qui est laissé est la cage – une plaque qui est la marque de la maladie d’Alzheimer.

Jusqu’à présent, le groupe a confirmé cette hypothèse dans les neurones croissant dans des boîtes de Petri, ainsi que dans des levures, des vers ronds, des mouches de fruits et des souris. Il y a beaucoup plus de travail à faire pour déterminer si une séquence semblable se produit chez l’homme, mais la planification et le financement sont en place pour commencer ces études, impliquant un projet multicentrique qui examinera les cerveaux humains.

« C’est intéressant et provocateur », a déclaré le Dr Michael W. Weiner, professeur de radiologie à l’Université de Californie, San Francisco, et chercheur principal de l’Alzheimer’s Disease Neuroimaging Initiative, un grand effort national pour suivre la progression de la maladie et rechercher des biomarqueurs comme des protéines du sang et l’imagerie cérébrale pour signaler la présence de la maladie.

Le travail a commencé quand Robert D. Moir, de la Harvard Medical School et du Massachusetts General Hospital, a eu une idée sur la fonction des protéines amyloïdes, des protéines normales du cerveau dont le rôle est longtemps resté un mystère.

Les protéines ont été traditionnellement considérées comme des déchets accumulés dans le cerveau avec l’âge. Mais le Dr Moir a remarqué qu’ils ressemblaient beaucoup à des protéines du système immunitaire inné, un système primitif qui est la première ligne de défense contre les infections de l’organisme.

Par ailleurs, dans le corps, de telles protéines piègent les microbes, virus, champignons, levures et bactéries. Ensuite, les globules blancs viennent et nettoie le tout. Peut-être que les protéines amyloïdes faisait partie de ce système, a pensé le Dr Moir.

Il commencé à collaborer avec Rudolph E. Tanzi, également à la Harvard Medical School et au Massachusetts General Hospital, dans une étude financée par les Instituts nationaux de la santé et le Fonds Cure Alzheimer. L’idée était de voir si les protéines amyloïdes ont bien piégé des microbes chez des animaux vivants et si les souris sans protéines amyloïdes ont été rapidement ravagées par des infections pour les lesquelles les protéines amyloïdes étaient arrêtées.

Les réponses, qu’ils ont rapportées, étaient oui et oui.

Dans une étude, le groupe injecté la bactérie Salmonella dans le cerveau de souris jeunes qui ne disposaient pas de plaques amyloïdes.

« Pendant la nuit, les bactéries ont germées des plaques », a déclaré le Dr Tanzi. « L’hippocampe était plein de plaques, et chaque plaque avait une seule bactérie à son centre. »

En revanche, les souris qui ne font pas de bêta-amyloïde ont succombé plus rapidement à l’infection bactérienne, et n’ont pas fait de plaques.

Le financement de la recherche n’est pas une variable d’ajustement , selon un avis de l’Académie des sciences et de l’Académie Nationale de Médecine

25
mai
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Classé dans Curiosité, Hygiène, Santé, Sécurité des aliments.

« Le financement de la recherche n’est pas une variable d’ajustement », Avis de l’Académie des sciences et de l’Académie Nationale de Médecine du 24 mai 2016.

L’Académie des sciences et l’Académie Nationale de Médecine font part de leurs préoccupations concernant les moyens alloués à la recherche et à l’innovation en France. Elles ont les plus vives inquiétudes à l’annonce d’une réduction supplémentaire de 256 M€ sur les crédits 2016 de la Mission Recherche Enseignement Supérieur.

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L’Académie des sciences et l’Académie Nationale de Médecine souhaitent faire part de leurs vives préoccupations concernant la situation de la recherche et de l’innovation en France. L’Académie des sciences avait déjà souligné la dégradation significative des budgets alloués à la recherche publique dans le cadre de trois avis en décembre 2013, octobre 2014 et juin 2015. Les deux Académies apprennent avec inquiétude l’annonce d’une réduction supplémentaire de 256 M€ des crédits 2016 de la Mission Recherche Enseignement Supérieur.

Dans le contexte actuel, les deux Académies considèrent que cette réduction aurait des effets désastreux pour les organismes de recherche publique dont les plus touchés seraient le CEA, le CNRS, l’INRA, l’INRIA et l’Inserm, avec une annulation globale de 134 M€ de leurs budgets. Ces organismes de recherche ont déjà fait face depuis plusieurs années à des contraintes budgétaires significatives. Ayant déjà largement participé à la politique de réduction des déficits publics, ces organismes ont vu fondre le budget recherche hors salaire couvert par la subvention d’Etat.

L’impact des mesures envisagées serait immédiatement ressenti par l’ensemble de la communauté de recherche française comme un désaveu des efforts qu’elle réalise, avec les conséquences les plus négatives sur sa motivation et son moral et des effets durables. Les organismes de recherche concernés sont des acteurs indispensables de la compétitivité du pays et de sa capacité à faire face aux défis actuels et futurs.

Cette déstabilisation brutale de la recherche induirait un décrochage scientifique majeur et conduirait, pour la jeunesse, à une perte de confiance supplémentaire en l’avenir.

A un moment où les efforts de recherche et d’innovation dans tous les pays avancés s’intensifient, en particulier chez nos partenaires et concurrents les plus proches, le signal serait des plus dommageables et il ne fait aucun doute que l’impact à long terme serait une chute de compétitivité de la France pour ses entreprises les plus performantes et plus généralement pour l’ensemble de son système productif.

L’Académie des sciences et l’Académie Nationale de Médecine maintiennent que ce n’est pas en réduisant le soutien à la recherche que le pays pourra sortir des difficultés économiques auxquelles il est confronté et que, bien au contraire, c’est en pariant sur une recherche de haut niveau et les innovations qui en découlent, que le pays pourra recueillir des retombées économiques et sociales en termes de création de richesse et d’emplois.

Paris, le 24 mai 2016

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Mise à jour du 26 mai 2016. Où l’on apprend qu’en Allemagne, Les dépenses de recherche ont bondi de 75 % en dix ans.

Faut-il connaître les causes pour comprendre et intervenir ? Questions sur la causalité dans les sciences biologiques et médicales

25
mai
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Classé dans Curiosité, Environnement, Hygiène, Microbiologie, Santé, Sécurité des aliments.

imgresJe relaie bien volontiers cette information sur un Colloque de l’Académie des sciences, dans la Grande salle des séances de l’Institut de France, Faut-il connaître les causes pour comprendre et intervenir ? Questions sur la causalité dans les sciences biologiques et médicalesInscription obligatoire avant le 30 mai 2016, c’est gratuit !

Le mot « cause » est fréquemment employé dans des publications scientifiques, sans qu’il y ait toujours une conscience claire de ce qu’il implique. Ce terme a une histoire philosophique au cours de laquelle sa signification et son usage dans les sciences ont été tantôt défendus, tantôt critiqués. D’une part la recherche de causes naturelles est bien constitutive du projet scientifique, d’autre part le terme de cause peut facilement véhiculer des conceptions naïves de la relation entre causes et effets, dont les conséquences peuvent être de retarder ou de mal orienter la recherche de facteurs de causalité. Les sciences biologiques et médicales sont riches d’exemples de ce type. Plusieurs questions peuvent donc être posées. Quelle est l’utilisation présente de la causalité dans les sciences biologiques et médicales ? Quelles sont les difficultés particulières liées à l’établissement des relations de causalité ? Comment ces difficultés peuvent-elles être surmontées du point de vue méthodologique ? L’identification de conditions causales permet-elle de prédire la succession de phénomènes physiologiques ? Est-il souhaitable de conserver le langage causaliste pour décrire des situations où règne par excellence le multifactoriel ? Comment mieux décrire ces situations par d’autres langages, et est-ce toujours possible en l’état actuel ?