Visiter Processalimentaire.com
Contacter le magazine
S'abonner en ligne | S'inscrire à l'e-news


Occurrence de Escherichia coli O103 potentiellement pathogène pour l’homme chez les ovins en Norvège

30
sept
Aucun commentaire
Classé dans Contamination, Curiosité, E. coli, Environnement, Microbiologie, Réglementation, Santé, Sécurité des aliments, TIAC.

Résumé.

L'investigation d'une éclosion de syndrome hémolytique et urémique en Norvège en 2006 a indiqué que la souche épidémique E. coli O103:H25 pourrait provenir de brebis. Une enquête nationale sur la population ovine norvégienne a été réalisée dans le but d'identifier et de décrire un réservoir possible de E. coli O103 potentiellement pathogène pour l'homme, en particulier les types H, H2 et H25. L'enquête sur des échantillons fécaux de 585 moutons a révélé la présence de 1222 isolats de E. coli O103 qui ont été analysés pour la présence des gènes stx et eae, tandis qu'un sous-ensemble de 369 isolats a été examiné pour les antigènes flagellaires (typage H), les gènes de pathogénicité stx, bfpA et astA et le typage moléculaire par électrophorèse en champ pulsé (PFGE).

Les E. coli ovins de sérotype O103 étaient génétiquement divers selon le nombre de types H, de virulotypes et de profils identifiés par PFGE, même si une tendance de regroupement de sérotypes a été observée. Les troupeaux positifs à E. coli O103 potentiellement pathogènes pour l'homme étaient largement distribués géographiquement et aucune association n'a pu être trouvée selon le comté ou la région géographique.

L'enquête a montré que E. coli O103, eae, stx, probablement non pathogène pour l'homme, est très courant chez les moutons avec 27,5 % de troupeaux positifs. En outre, l'étude a documenté une faible prévalence (0,7%) de E. coli O103:H2 producteurs de shigatoxines potentiellement pathogènes pour l'homme, alors que les STEC O103:H25 n’ont pas été détectés. Cependant, 3,1% et 5,8 % des troupeaux étaient positifs pour E. coli O103 entéropathogène appartenant respectivement au type H, H2 et H25. Il existe une préoccupation qu’ils soient par eux-mêmes pathogènes potentiels pour l’homme, mais le plus important est qu’ils soient de possibles précurseurs de STEC pathogènes pour l'homme.

Source Camilla Sekse, Marianne Sunde, Petter Hopp, Torkjel Bruheim, Kofitsyo Sewornu Cudjoe, Bjorg Kvitle, Anne Margrete Urdahl. Occurrence of potentially human-pathogenic Escherichia coli O103 in Norwegian sheep. Applied and Environmental Microbiology. 27 September 2013.

Certains ne le sont pas, mais parmi mes meilleurs amis, il y a des microbes

21
mai
Aucun commentaire
Classé dans Contamination, Curiosité, E. coli, Environnement, Santé, Sécurité des aliments, TIAC.

En microbiologie, il a sans doute des chapelles mais pas de lieux saints. En revanche, il existe quelques grandes messes comme celle qui a lieu chaque année aux Etats-unis avec l'Annual Meeting de l'american Society for Microbiology. Voici quelques nouvelles discutées à cette réunion à propos du microbiome intestinal …

« Certains ne le sont pas, mais parmi mes meilleurs amis, il y a des microbes. » Source Doug Powell du barfblog du 20 mai 2013.

Récemment est paru dans le New York Times un article de Michael Pollan sur le microbiome, les microbes, leur génome et leur environnement particulier présent dans le tractus digestif de l'homme.

human-microbiome-change_1De nouvelles recherches ont montré un potentiel de l'alimentation afin de réduire risque d’infection à E. coli O157:H7, au moins chez la souris.

Des études sur le microbiome ont été entreprises depuis un certain temps, mais en tant qu'être humain, nous sommes limités pour comprendre comment cette activité stratégique intestinale sert de levier afin de réduire le risque de maladie d'origine alimentaire.

Un cocktail de bactéries non pathogènes, naturellement présentes dans le tube digestif de l'homme sain peut-il protéger contre une infection à E. coli potentiellement mortelle dans un modèle animal ? C’est l’objet d’une étude présentée au 113e General Meeting de l'American Society for Microbiology. La recherche, menée par des scientifiques de l'Université du Michigan Medical School à Ann Arbor, pourrait avoir des implications importantes pour la prévention, voire le traitement de cette maladie.

Escherichia coli entérohémorragique (EHEC) O157:H7 est un pathogène d'origine alimentaire qui a été responsable de plusieurs foyers récents de maladies potentiellement mortelles. Des manifestations graves de cette maladie comprennent à la fois une colite hémorragique (CH) et un syndrome hémolytique et urémique (SHU), une forme de maladie rénale aiguë qui peut entraîner la mort ou une invalidité permanente.

« EHEC est une préoccupation majeure car le SHU, résultat le plus sévère, cible préférentiellement les jeunes enfants », dit Kathryn Eaton, une chercheuse de l'étude. « Malheureusement, le SHU survient tardivement dans l'évolution de la maladie, souvent après que l'enfant ait récupéré de la forme entérique. Ainsi, les enfants qui semblent avoir récupéré peuvent rechuter et même décéder ». 

Le SHU est causée par l'absorption de shigatoxines (Stx) qui sont produites par des bactéries présentes dans l'intestin. La production de Stx survient quelques jours après la colonisation bactérienne et une fois présentes dans l’intestin,  elles peuvent être absorbées dans la circulation sanguine où elles peuvent causer une maladie systémique et même la mort. Il n'existe aucun traitement spécifique ou une mesure préventive qui empêche la progression de la CH vers le SHU.

L'objectif global de la recherche au laboratoire d’Eaton a été d'identifier le potentiel des thérapies pour prévenir la production ou l'absorption de Stx avant qu'elles ne puissent causer de maladie.

« En bref, les résultats de notre étude montrent que, dans un modèle chez la souris, des bactéries non pathogènes qui sont des hôtes normaux de l'intestin humain peuvent éliminer Stx du contenu intestinal et prévenir  complètement le SHU », explique Eaton.

microbiome-1-300x225Dans l'étude, les chercheurs ont donné EHEC à deux groupes de souris : un groupe qui avait été pré-colonisé par un mélange d'espèces bactériennes provenant de l’intestin humain normal et un autre groupe qui n'en ont pas reçu. Chez les souris pré-colonisées, le taux de Stx est resté indétectable et toutes les souris sont restées en parfaite santé. En revanche, le groupe témoin avaient un taux élevé de Stx, toutes les souris ont développé une maladie rénale dans la semaine suivant l'infection.

« La découverte que les bactéries intestinales normales peuvent empêcher l'accumulation de Stx intestinales et de la maladie dans le modèle animal peut avoir des implications importantes dans la prévention du SHU chez les personnes infectées par EHEC », explique Eaton.

Premièrement, cela pourrait aider à expliquer pourquoi tout ceux qui sont infectés par EHEC ne développent pas un SHU. Deuxièmement, et plus important encore, dit Eaton, cela identifie des bactéries probiotiques spécifiques, non pathogènes, qui pourraient être utilisées pour prévenir ou traiter des maladies dues à Stx.

Voir aussi cet article Intestinal Bacteria Protect against E. coli O157:H7.

Zumbrun et al., du département de microbiologie et d'immunologie, Uniformed Services University of the Health Sciences à Bethesda, a écrit dans PNAS  que « le contenu en fibres alimentaires affecte la sensibilité à l’infection à Escherichia coli (STEC) producteurs de shigatoxines (Stx) chez la souris. Nous avons montré que chez des souris nourries avec un régime alimentaire riche en fibres (RARF) avaient des taux élevés de butyrate, un métabolite bénéfique de intestin qui améliore paradoxalement la capacité de destruction de Stx par les cellules. Nous avons également constaté que la quantité de bactéries intestinales chez les souris nourries avec un RARF a augmenté tandis que le pourcentage de Escherichia spp. commensales a diminué par rapport aux animaux nourris avec un régime alimentaire  en fibres (RAPF). Ces changements ont entraîné une hausse du taux de colonisation par E. coli O157:H7, une perte de poids plus grande et un taux plus élevé de décès parmi les animaux nourris avec un RARF que parmi les animaux infectés par STEC nourris avec un RAPF. »

Résumé

La probabilité qu'un individu infecté par Escherichia coli O157:H7 producteurs de shigatoxines (Stx) d'origine alimentaire pathogène a de développer une séquelle mortelle appelée syndrome hémolytique et urémique est imprévisible. Nous avons pensé que les conditions qui améliorent la liaison et l'absorption de Stx dans l'intestin après une infection à E. coli O157:H7 devraient se traduire par une plus grande gravité de la maladie. Parce que le récepteur de Stx, le globotriaosylcéramide, est régulé à la hausse en présence de butyrate in vitro, nous nous sommes demandé si une alimentation riche en fibres (RAFR) qui a été rapportée comme augmentant la production de butyrate par la flore intestinale normale peut influencer le résultat d'une infection à E. coli O157 chez la souris. Pour répondre à cette question, des groupes de souris BALB/c ont été nourris avec un régime alimentaire riche (10%) ou pauvre (2%) en fibres et infectées 121022_r22702_p233-221x300par la souche de E. coli O157:H7 86-24 (Stx2+). Les souris nourries avec un régime riche en fibres ont montré une augmentation de 10 à 100 fois plus de la colonisation, ont perdu plus de 15% du poids corporel, ont présenté des signes de morbidité et une mortalité supérieure de 25% par rapport au groupe de souris nourries avec un régime pauvre en fibres. De plus, des sections du tissu intestinal de souris nourries avec un régime riche en fibres avaient plus de Stx1 fixées et ont exprimé plus de globotriaosylcéramide que ne le faisait celles des souris nourries avec un régime pauvre en fibres. En outre, le microbiote intestinal de souris nourries avec un régime riche en fibres par rapport aux souris nourries avec un régime pauvre en fibres contenait un taux réduit d'espèces de Escherichia autochtones, des organismes qui pourraient protéger l'intestin de la colonisation par E. coli O157:H7. Pris dans leur ensemble, ces résultats suggèrent que la susceptibilité à l'infection et à la maladie suite à l'ingestion de E. coli O157:H7 peut dépendre, au moins en partie, de l'alimentation individuelle et/ou de la capacité de la flore commensale à produire du butyrate.

Source Steven D. Zumbrun, Angela R. Melton-Celsa, Mark A. Smith, Jeremy J. Gilbreath, D. Scott Merrell, and Alison D. O’Brien. Dietary choice affects Shiga toxin-producing Escherichia coli (STEC) O157:H7 colonization and disease. PNAS.

Surveillance du syndrome hémolytique et urémique chez les enfants de moins de 15 ans en France en 2011

1
avr
Aucun commentaire
Classé dans Contamination, Contamination croisée, Curiosité, E. coli, Environnement, Réglementation, Santé, Sécurité des aliments, TIAC, Viande.

Dans une brève présentation de la page que l’Anses consacre  aux « Escherichia coli entérohémorragiques (EHEC) », il est rapporté :

La bactérie Escherichia coli (E. coli) est naturellement présente parmi la microflore digestive de l’Homme et des animaux à sang chaud. Certaines souches d’E. coli sont pathogènes parmi lesquels les E. coli entérohémorragiques ou EHEC. Chez l’Homme, les EHEC sont responsables de troubles variés allant d’une diarrhée bénigne à des formes plus graves comme des diarrhées hémorragiques et/ou des atteintes rénales sévères appelées syndrome hémolytique et urémique principalement chez le jeune enfant.

schema_contamination_E-coliDans ce contexte, l’InVS présente la « Surveillance du syndrome hémolytique et urémique post-diarrhéique chez les enfants de moins de 15 ans en France en 2011»

En 2011, 162 cas de SHU autochtones ont été notifiés. L’incidence annuelle de SHU est de 1,32/100 000 enfants de moins de 15 ans. 2011 a été l’année avec l’incidence la plus élevée depuis 1996.

Les deux épidémies importantes à STEC de l’année 2011 ont été l’épidémie à « STEC O104:H4 en Allemagne et à Bordeaux en lien avec la consommation de graines germées » et l’épidémie à « STEC O157:H7 dans le nord de la France en lien avec la consommation de viande hachée de bœuf. »

Dans les conclusions, deux points me paraissent utiles :

L’année 2011 a été une année exceptionnelle pour la surveillance des infections à STEC et du SHU pédiatrique avec la survenue de deux épidémies importantes et de nombreux signalements de regroupements spatio-temporels de SHU dans un contexte de sensibilisation importante des professionnels de santé par rapport aux infections à STEC.
Les données de surveillance en 2011 confirment les caractéristiques épidémiologiques du SHU observées en France depuis 1996 : survenue majoritairement sous forme sporadique avec recrudescence estivale ; association avec une diarrhée prodromique ; incidence plus élevée chez les très jeunes enfants et prédominance du sérotype O157 parmi les infections à STEC confirmées.

Parmi les recommandations que fournit l’Anses, pour se prémunir vis-à-vis des E. coli entérohémorragiques, « Il est nécessaire de bien cuire à cœur les viandes hachées ou produits à base de viande hachée consommés par les jeunes enfants et les personnes âgées. Une température à cœur de 70°C pendant 2 minutes pour la cuisson des steaks hachés de bœuf est recommandée. »

NB : après Surveillance des infections à Campylobacter chez l’homme en France en 2011, sans doute aurons-nous bientôt les Données relatives aux toxi-infections alimentaires collectives déclarées en France en 2011 ?

ooOOoo
Statistiques de ce blog selon Médiamétrie-eStat,
  • mars 2013, 40 033 pages vues, 24 858 visites et 23 462 visiteurs, un grand merci -aa

E. coli, crèche en Bretagne et la recherche d’informations

24
nov
2 commentaires
Classé dans Contamination, Curiosité, E. coli, Environnement, Hygiène, Réglementation, Santé, Sécurité des aliments, TIAC.

Il avait été question de cette contamination à E. coli dans une crèche de Lanester en Bretagne dans l’article E. coli et crèche en Bretagne : transmission interhumaine ?

Selon Le Télégramme du 24 novembre 2012, « La bactérie a touché deux autres enfants à Lanester »

« Il y a trois semaines, trois enfants fréquentant le multi-accueil de la Maison de la petite enfance, à Lanester, ont présenté un syndrome hémolytique et urémique à la suite d'une infection par une bactérie Escherichia coli. »

Hier, l'Agence régionale de santé (ARS) a, en effet, confirmé qu'un quatrième enfant avait été hospitalisé. Soigné à Lorient, le nourrisson présente un syndrome anémique. Un autre enfant, également malade et positif au test, est gardé chez lui, sous surveillance médicale. « Des analyses ont été menées par coproculture. Quinze enfants ont été testés et cinq cas se sont révélés positifs », explique le Dr PierreGuillaumot, de la cellule régionale de veille, alerte et gestion sanitaires de l'ARS. « Mais il n'y a pas eu d'autres cas depuis dix jours ». 

La Maison de la petite enfance de Lanester est de nouveau fermée depuis le 19 novembre 2012, mais il n’y a pas d’informations à ce sujet sur le site de la ville et pas plus sur le site de l’ARS Bretagne. Pourtant, selon Le Télégramme, « Cette fermeture a permis de mettre en œuvre les préconisations de l'ARS », a annoncé la mairie.

Merci donc à la presse de nous fournir ces quelques informations. A suivre …

E. coli et crèche en Bretagne : transmission interhumaine ?

16
nov
Aucun commentaire
Classé dans Contamination, Contamination croisée, Curiosité, E. coli, Environnement, Hygiène, Réglementation, Santé, Sécurité des aliments, TIAC.

Ouest-France du 15 novembre 2012 rapporte qu’une crèche a été fermée à Lanester après trois cas d’infection à E. coli.

« Préventivement, les services de la Maison de la petite enfance de Lanester ont été fermés lundi et mardi, à la suite d’une infection relevée chez trois enfants accueillis dans la structure. L’établissement a rouvert mercredi. »

Bien entendu, cela n’a rien de préventif, mais suite au constat de trois enfants infectés la fermeture s’imposait, tout simplement …

Selon Le Télégramme du 16 novembre 2012, les trois enfants « ont été hospitalisés à Rennes et transfusés. Mais leur état de santé ne suscite plus d'inquiétude: deux ont quitté l'hôpital et le troisième se rétablit. » 

« La pathologie peut être contractée par la consommation d'aliments contaminés, par contact avec des animaux ou par une transmission de personne à personne, ce qui semble être le cas ici », explique le Dr Pierre Guillaumot, de la cellule régionale de veille, alerte et gestion sanitaires de l'ARS. Dès le signalement, une note d'information de l'ARS a été adressée aux parents des enfants fréquentant la structure. Et la veille se poursuit car neuf enfants présenteraient des troubles gastriques. »

Quid de la transmission interhumaine ?

Rappelons que la transmission interhumaine a déjà été décrite dans les « Cas groupés d’infections à Escherichia coli entéro hémorragique (EHEC) en Gironde » :  2 cas de transmission inter-humaine confirmés à STEC O104:H4 ont été signalés dans l’entourage d’un cas  ayant un lien direct avec le Centre de Loisirs de la Petite Enfance (1 cas de SHU, 1 cas de diarrhée sanglante).

De même récemment, cela a été publié par une équipe polonaise dans l’article « Quelques ‘nouveautés’ scientifiques en hygiène et sécurité des aliments en Europe ». Les auteurs ont indiqué qu’« à leur connaissance, c’est le premier compte-rendu indiquant une transmission domestique interhumaine de STEC en Pologne. »

Sur le sujet de la contamination dans une crèche, on pourra lire sur ce blog, Une mauvaise hygiène des mains du personnel d’une crèche entraîne une éclosion à E. coli O157 au Royaume-Uni et L’Irlande, ses crèches et … E. coli.