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Syndrome hémolytique et urémique post-diarrhéique en 2013 en France

3
août
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Classé dans Contamination, Contamination croisée, Curiosité, E. coli, Microbiologie, Réglementation, Sécurité des aliments, TIAC.

Le bulletin de veille sur la « Surveillance sanitaire en région Bourgogne et Franche-Comté. Point au 24 juillet 2014 » traite du syndrome hémolytique et urémique post-diarrhéique en 2013. Les données proposées ci-après ont été complétées avec celles de l’InVS sur la « Surveillance du syndrome hémolytique et urémique post-diarrhéique chez les enfants de moins de 15 ans en France en 2013 ».

Ecoliarrows_320x175Les Escherichia coli entérohémorragiques (EHEC), également dénommés E. coli producteurs de Shigatoxines (STEC), sont responsables de manifestations cliniques variées : diarrhée simple ou sanglante, colite hémorragique, pouvant se compliquer d’un SHU. La surveillance des SHU, mise en place en 1996, repose sur un réseau stable de services de néphrologie pédiatrique de 31 hôpitaux répartis sur tout le territoire métropolitain. En complément de ce réseau, d’autres services notifient ponctuellement les cas de SHU hospitalisés dans leurs services.

Incidence et caractéristiques individuelles des cas de SHU

Depuis le début de la surveillance, on observe :

- une incidence annuelle moyenne plus élevée dans les régions de Franche-Comté (1,7/105), Bretagne (1,4/105) et Basse-Normandie (1,3/105). Au niveau départemental, la Manche (2,1/105), le Finistère (2,4/105) et le Doubs (2,1/105) sont les plus touchés ;
Depuis le début de la surveillance en 1996, on observe une recrudescence estivale du nombre de cas : 43% des cas sont survenus entre juillet et septembre. La distribution mensuelle du nombre de SHU de 2007 à 2013 est présentée dans la figure 2. En 2013, le pic saisonnier a été important et tardif avec 61 (40%) notifications reçu en septembre et octobre

- une incidence plus élevée chez les moins de 3 ans.

En 2013, 93% (141/152) des enfants ont présenté une diarrhée, sanglante pour 49% (45/93) des cas pour lesquels l’information était disponible. Aucun décès n’a été notifié chez les enfants atteints du SHU en 2013.
En 2013, 59% des enfants étaient âgés de 3 ans et moins (médiane : 27 mois ; extrêmes : 3 semaines – 14 ans). Depuis le début de la surveillance en 1996, l’incidence annuelle moyenne la plus élevée est observée chez les enfants de moins de 3 ans : 2,6/100 000.

Caractéristiques microbiologiques des cas de SHU

Selon les résultats de bactériologie (1996-2013), les principaux sérogroupes EHEC « non-O157 » responsables de SHU chez l’enfant depuis 1996 ont été O26, O121, O111, O80. Depuis le début des années 2000, on observe une part croissante des cas de SHU identifiés en France attribuables aux sérogroupes non-O157 (1996-2004 : 28% ; 2005-2013 : 54%, p < 0,0001).

Signalements de cas groupés d’infection à EHEC

Une épidémie à EHEC O157 a été identifiée en Normandie en mai 2013. Huit cas dont 5 cas de SHU sont survenus en lien probable avec la consommation d’un fromage au lait cru.
En 2013, 7 foyers à EHEC ont été identifiés par le système de surveillance. Un foyer est défini comme l’identification d’une infection à EHEC par analyse de selles ou sérologie chez au moins une personne (avec ou sans symptômes cliniques) dans l’entourage d’un cas de SHU.
Ces foyers étaient tous familiaux et comprenaient au total 9 cas de SHU :
  •  5 foyers avec un enfant atteint de SHU et une deuxième personne du foyer infectée (1 foyer de EHEC O157, 2 foyers de EHEC O26, 1 foyer de EHEC O121, 1 foyer de EHEC sans identification du sérogroupe) ;
  • 2 foyers avec pour chacun 2 enfants d’une famille atteints de SHU (EHEC O121 et EHEC sans identification du sérogroupe)

Les investigations n’ont pas permis d’identifier une source de contamination commune aux personnes malades. L’hypothèse d’une transmission de personne à personne est plausible pour l’ensemble des foyers.

Incidence mondiale des infections et des décès liés à Escherichia coli producteurs de shigatoxines : une revue systématique et synthèse des connaissances

4
juin
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Classé dans Contamination, Contamination croisée, Curiosité, E. coli, Santé, Sécurité des aliments, TIAC.

Objectifs. Les Escherichia coli producteurs de shigatoxines (STEC) sont une cause importante de maladies d’origine alimentaire, mais il n’existe pas d’estimations mondiales du fardeau de la maladie. Notre objectif était d’estimer le nombre global annuel de maladies liées aux STEC pathogènes , de syndrome hémolytique et urémique (SHU) qui en résulte, d’insuffisance rénale terminale (IRT) et de décès.

shannon.2006-300x225Matériels. Nous avons recherché dans les base de données de Medline, Scopus, SIGLE/OpenGrey, CABI et de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) pour les études sur l’incidence des STEC dans la population générale, publiées entre le 1er janvier 1990 et le 30 avril 2012, dans toutes les langues. Nous avons recherché les sites Internet des établissements de santé pour les données à déclaration obligatoire des cas de maladie et des rapports, des citations de références et nous avons consulté des experts internationaux. Nous avons utilisé un processus de sélection a priori hiérarchique et les résultats synthétisés en utilisant un modèle de simulation stochastique pour tenir compte de l’incertitude inhérente aux données.

Résultats. Nous avons identifié 16 articles et les bases de données de 21 pays issus de 10 des 14 sous-régions de l’OMS. Nous avons estimé que les STEC provoquent 2 801 000 maladies aiguës par an (intervalle de crédibilité [Cr.I.] à 95%: 1 710 000 ; 5 227 000) et cela a conduit à 3 890 cas de SHU (Cr.I. 95% : 2 400 ; 6 700), 270 cas d’insuffisance rénale terminale (Cr.I. 95% : 20 ; 800) et 230 décès (Cr.I. 95% : 130 ; 420). Des analyses de sensibilité ont indiqué que ces estimations sont probablement prudentes.

Conclusions. Ces sont les premières estimations de l’incidence mondiale de maladies liées aux STEC, qui n’ont pas été explicitement incluses dans le précédent fardeau mondial des estimations de la maladie. Comparé à d’autres pathogènes avec une transmission d’origine alimentaire, les STEC semblent causer plus de cas que l’échinococcose alvéolaire chaque année, mais moins de la fièvre typhoïde, les trématodes d’origine alimentaire  et la salmonellose non typhique.

Application. Compte tenu de la persistance des STEC à l’échelle mondiale, les efforts visant à réduire le fardeau des maladies d’origine alimentaire devraient considérer la contribution relative des STEC dans les populations cible.

Majowicz Shannon E., Scallan Elaine, Jones-Bitton Andria, Sargeant Jan M., Stapleton Jackie, Angulo Frederick J., Yeung Derrick H., and Kirk Martyn D. Global Incidence of Human Shiga Toxin–Producing Escherichia coli Infections and Deaths: A Systematic Review and Knowledge Synthesis. Foodborne Pathogens and Disease. June 2014, 11(6): 447-455.

NB : La photo représente Majowicz Shannon.

Source Doug Powell du barfblog du 4 juin 2014.

Le lavage des mains n’est pas suffisant et c’est un désastre que toutes ces choses continuent d’arriver : des enfants au Royaume-Uni ont obtenu une compensation après une éclosion à E. coli dans une ferme pédagogique

2
mai
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Classé dans Contamination, Contamination croisée, Curiosité, E. coli, Environnement, Hygiène, Lavage des mains, Microbiologie, Réglementation, Santé, Sécurité des aliments, TIAC.

« Le lavage des mains n'est pas suffisant et c'est un désastre que toutes ces choses continuent d’arriver : des enfants au Royaume-Uni ont obtenu une compensation après une éclosion à E. coli dans la ferme pédagogique Godstone Farm» Source Doug Powell du barfblog publié le 2 mai 2014.

Trois enfants sont restés avec une maladie rénale chronique après avoir été exposés à E. coli O157 dans une ferme de l’Est du Surrey en 2009.

Les jeunes étaient parmi plus de 90 enfants atteints par la bactérie E. coli O157 après avoir visité le zoo et caressé des animaux en août et septembre 2009.

handwash.UK_.petting.zoo_.09-300x198Tous les enfants ont développé un syndrome hémolytique et urémique (SHU) et trois ont désormais une maladie rénale chronique.

À la Haute Cour de Londres jeudi, le juge Colin Mackay a dit : « Ces enfants ont tous eu des expériences douloureuses et effrayantes. »

« Je ne peux pas penser à quelque chose de plus horrible que de tels jeunes enfants qui ont eu à passer par ces procédures. »

« Toutefois, les résultats ont été remarquables, sans doute grâce au courage des enfants et de leurs parents. »

« Tous les enfants vont avoir un risque tout au long de leur vie d'insuffisance rénale, ce qui nécessitera un suivi. »

Huit jeunes ont eu besoin d’une dialyse après que le microbe ait détruit leurs globules rouges.

Un communiqué des parents dit : « À l'automne 2009, de très jeunes enfants et leurs familles ont beaucoup enduré, ce fut la période la plus effrayante et la plus sombre de leur vie, suite à l'éclosion à E. coli O157 chez Godstone Farm. »

Parmi les personnes infectées par cette souche de E. coli, beaucoup ont développé un syndrome hémolytique et urémique et ont souffert d'insuffisance rénale aiguë par la suite.

Les semaines qui suivirent furent un cauchemar vivant pour tous. Les enfants étaient dans un état critique, apeurés et extrêmement bouleversés par le traitement médical nécessaire.

Certains de ces enfants ont eu des dommages importants aux deux reins, de l’hypertension artérielle et un certain nombre d'autres problèmes de santé.

Tout cela a été causé par un jour d'été chez Godstone Farm. En tant que parents, on ne savait pas assez sur E. coli O157 à l'époque pour comprendre les risques.

« Godstone Farm, d'autre part, aurait été au courant des risques que E. coli O157 posait pour la santé humaine ; mais à notre avis, et celui de la Commission d'enquête Griffin, ils n'ont pas réussi à mettre en œuvre des mesures de sécurité sanitaire nécessaires pour protéger ces enfants. »

Durant la visite de Godstone Farm, ces enfants se sont lavés les mains soigneusement et ont utilisé un gel antibactérien pour les mains. Pourtant, il s'agit d'une bactérie dangereuse, dont les conséquences sont maintenant que trop apparentes.

Nous savons maintenant que le lavage des mains ne peut pas être invoqué en tant que mesure de sauvegarde complète, si E coli O157 est présent.

Les parents voudraient remercier les étonnantes équipes médicales qui ont contribué à sauver la vie de leurs enfants et à leur merveilleuse famille et aux amis pour leur amour et leur soutien dans ces circonstances difficiles.

L’avocat des enfants, Field Fisher Waterhouse, a révélé à l'extérieur du tribunal qu'il avait jusqu'ici réglé 35 cas provenant de l'éclosion pour un total de plus de 1 million de livres sterling (1,2 millions d’euros).

L’avocat Jill Greenfield a déclaré : « L'horreur que ces enfants et leurs familles ont vécu est difficile à décrire pour quiconque. »

« Comment expliquez à un jeune enfant effrayé pourquoi il a à subir des traitements douloureux ? Chaque parent ne veut rien d’autre que le meilleur pour son enfant. »

« Je vois que pour beaucoup passer une journée à la ferme est considéré comme une chance de revenir à la nature contre les rigueurs de la ville et pour les enfants de rencontrer et de toucher des animaux. »

« Mais pour une journée, finir de cette façon est tout à fait dévastateur. »

« Ce qui irrite encore plus les parents, c'est le fait que la ferme soit restée ouverte pendant le week-end férié d’août, à une époque où l’on savait que E. coli O157 était là. »

« Quelle tragédie que ces jeunes enfants aient été autorisés à aller dans cette ferme complètement inconscients du danger qui les attendait. »

On lira cet article, G. Erdozain, K. KuKanich, B. Chapman  and D. Powell. Best practices for planning events encouraging human-animal interactions. Zoonoses and Public Health 03.Apr.14.

Résumé.

Les activités éducatives favorisant l'interaction homme-animal comprennent un risque de transmission de maladies zoonotiques. On estime que 14 % de toutes les maladies aux États-Unis causée par Campylobacter spp., Cryptosporidium spp., Escherichia coli producteurs de shigatoxines (STEC) O157, STEC non O157, Listeria monocytogenes, Salmonella enterica non typhique et Yersinia enterocolitica étaient attribuables au contact avec un animal. Cet article passe en revue les meilleures pratiques pour l'organisation d'événements où les interactions homme-animal sont encouragées avec l'objectif de réduire le risque de transmission de maladies zoonotiques.

Selon un communiqué de la Public Health Agency du 1er mai 2014, La Public Health England, des responsables de l'hygiène du milieu du Lancashire et du Animal Health and Veterinary Laboratories Agency enquêtent sur un certain nombre de cas de maladies gastro-intestinales qui ont eu lieu après la visite d’un magasin d’une ferme et un établissement d'un village dans South Ribble, Lancashire.
À ce jour, nous avons 11 cas à E.coli O157 confirmés par laboratoire. Quatre personnes ont été hospitalisées avec des complications découlant de l'infection, l'une d'elles a désormais quitté l'hôpital et est en convalescence à la maison.

Cela semble ne jamais devoir finir …

Occurrence de Escherichia coli O103 potentiellement pathogène pour l’homme chez les ovins en Norvège

30
sept
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Résumé.

L'investigation d'une éclosion de syndrome hémolytique et urémique en Norvège en 2006 a indiqué que la souche épidémique E. coli O103:H25 pourrait provenir de brebis. Une enquête nationale sur la population ovine norvégienne a été réalisée dans le but d'identifier et de décrire un réservoir possible de E. coli O103 potentiellement pathogène pour l'homme, en particulier les types H, H2 et H25. L'enquête sur des échantillons fécaux de 585 moutons a révélé la présence de 1222 isolats de E. coli O103 qui ont été analysés pour la présence des gènes stx et eae, tandis qu'un sous-ensemble de 369 isolats a été examiné pour les antigènes flagellaires (typage H), les gènes de pathogénicité stx, bfpA et astA et le typage moléculaire par électrophorèse en champ pulsé (PFGE).

Les E. coli ovins de sérotype O103 étaient génétiquement divers selon le nombre de types H, de virulotypes et de profils identifiés par PFGE, même si une tendance de regroupement de sérotypes a été observée. Les troupeaux positifs à E. coli O103 potentiellement pathogènes pour l'homme étaient largement distribués géographiquement et aucune association n'a pu être trouvée selon le comté ou la région géographique.

L'enquête a montré que E. coli O103, eae, stx, probablement non pathogène pour l'homme, est très courant chez les moutons avec 27,5 % de troupeaux positifs. En outre, l'étude a documenté une faible prévalence (0,7%) de E. coli O103:H2 producteurs de shigatoxines potentiellement pathogènes pour l'homme, alors que les STEC O103:H25 n’ont pas été détectés. Cependant, 3,1% et 5,8 % des troupeaux étaient positifs pour E. coli O103 entéropathogène appartenant respectivement au type H, H2 et H25. Il existe une préoccupation qu’ils soient par eux-mêmes pathogènes potentiels pour l’homme, mais le plus important est qu’ils soient de possibles précurseurs de STEC pathogènes pour l'homme.

Source Camilla Sekse, Marianne Sunde, Petter Hopp, Torkjel Bruheim, Kofitsyo Sewornu Cudjoe, Bjorg Kvitle, Anne Margrete Urdahl. Occurrence of potentially human-pathogenic Escherichia coli O103 in Norwegian sheep. Applied and Environmental Microbiology. 27 September 2013.

Certains ne le sont pas, mais parmi mes meilleurs amis, il y a des microbes

21
mai
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En microbiologie, il a sans doute des chapelles mais pas de lieux saints. En revanche, il existe quelques grandes messes comme celle qui a lieu chaque année aux Etats-unis avec l'Annual Meeting de l'american Society for Microbiology. Voici quelques nouvelles discutées à cette réunion à propos du microbiome intestinal …

« Certains ne le sont pas, mais parmi mes meilleurs amis, il y a des microbes. » Source Doug Powell du barfblog du 20 mai 2013.

Récemment est paru dans le New York Times un article de Michael Pollan sur le microbiome, les microbes, leur génome et leur environnement particulier présent dans le tractus digestif de l'homme.

human-microbiome-change_1De nouvelles recherches ont montré un potentiel de l'alimentation afin de réduire risque d’infection à E. coli O157:H7, au moins chez la souris.

Des études sur le microbiome ont été entreprises depuis un certain temps, mais en tant qu'être humain, nous sommes limités pour comprendre comment cette activité stratégique intestinale sert de levier afin de réduire le risque de maladie d'origine alimentaire.

Un cocktail de bactéries non pathogènes, naturellement présentes dans le tube digestif de l'homme sain peut-il protéger contre une infection à E. coli potentiellement mortelle dans un modèle animal ? C’est l’objet d’une étude présentée au 113e General Meeting de l'American Society for Microbiology. La recherche, menée par des scientifiques de l'Université du Michigan Medical School à Ann Arbor, pourrait avoir des implications importantes pour la prévention, voire le traitement de cette maladie.

Escherichia coli entérohémorragique (EHEC) O157:H7 est un pathogène d'origine alimentaire qui a été responsable de plusieurs foyers récents de maladies potentiellement mortelles. Des manifestations graves de cette maladie comprennent à la fois une colite hémorragique (CH) et un syndrome hémolytique et urémique (SHU), une forme de maladie rénale aiguë qui peut entraîner la mort ou une invalidité permanente.

« EHEC est une préoccupation majeure car le SHU, résultat le plus sévère, cible préférentiellement les jeunes enfants », dit Kathryn Eaton, une chercheuse de l'étude. « Malheureusement, le SHU survient tardivement dans l'évolution de la maladie, souvent après que l'enfant ait récupéré de la forme entérique. Ainsi, les enfants qui semblent avoir récupéré peuvent rechuter et même décéder ». 

Le SHU est causée par l'absorption de shigatoxines (Stx) qui sont produites par des bactéries présentes dans l'intestin. La production de Stx survient quelques jours après la colonisation bactérienne et une fois présentes dans l’intestin,  elles peuvent être absorbées dans la circulation sanguine où elles peuvent causer une maladie systémique et même la mort. Il n'existe aucun traitement spécifique ou une mesure préventive qui empêche la progression de la CH vers le SHU.

L'objectif global de la recherche au laboratoire d’Eaton a été d'identifier le potentiel des thérapies pour prévenir la production ou l'absorption de Stx avant qu'elles ne puissent causer de maladie.

« En bref, les résultats de notre étude montrent que, dans un modèle chez la souris, des bactéries non pathogènes qui sont des hôtes normaux de l'intestin humain peuvent éliminer Stx du contenu intestinal et prévenir  complètement le SHU », explique Eaton.

microbiome-1-300x225Dans l'étude, les chercheurs ont donné EHEC à deux groupes de souris : un groupe qui avait été pré-colonisé par un mélange d'espèces bactériennes provenant de l’intestin humain normal et un autre groupe qui n'en ont pas reçu. Chez les souris pré-colonisées, le taux de Stx est resté indétectable et toutes les souris sont restées en parfaite santé. En revanche, le groupe témoin avaient un taux élevé de Stx, toutes les souris ont développé une maladie rénale dans la semaine suivant l'infection.

« La découverte que les bactéries intestinales normales peuvent empêcher l'accumulation de Stx intestinales et de la maladie dans le modèle animal peut avoir des implications importantes dans la prévention du SHU chez les personnes infectées par EHEC », explique Eaton.

Premièrement, cela pourrait aider à expliquer pourquoi tout ceux qui sont infectés par EHEC ne développent pas un SHU. Deuxièmement, et plus important encore, dit Eaton, cela identifie des bactéries probiotiques spécifiques, non pathogènes, qui pourraient être utilisées pour prévenir ou traiter des maladies dues à Stx.

Voir aussi cet article Intestinal Bacteria Protect against E. coli O157:H7.

Zumbrun et al., du département de microbiologie et d'immunologie, Uniformed Services University of the Health Sciences à Bethesda, a écrit dans PNAS  que « le contenu en fibres alimentaires affecte la sensibilité à l’infection à Escherichia coli (STEC) producteurs de shigatoxines (Stx) chez la souris. Nous avons montré que chez des souris nourries avec un régime alimentaire riche en fibres (RARF) avaient des taux élevés de butyrate, un métabolite bénéfique de intestin qui améliore paradoxalement la capacité de destruction de Stx par les cellules. Nous avons également constaté que la quantité de bactéries intestinales chez les souris nourries avec un RARF a augmenté tandis que le pourcentage de Escherichia spp. commensales a diminué par rapport aux animaux nourris avec un régime alimentaire  en fibres (RAPF). Ces changements ont entraîné une hausse du taux de colonisation par E. coli O157:H7, une perte de poids plus grande et un taux plus élevé de décès parmi les animaux nourris avec un RARF que parmi les animaux infectés par STEC nourris avec un RAPF. »

Résumé

La probabilité qu'un individu infecté par Escherichia coli O157:H7 producteurs de shigatoxines (Stx) d'origine alimentaire pathogène a de développer une séquelle mortelle appelée syndrome hémolytique et urémique est imprévisible. Nous avons pensé que les conditions qui améliorent la liaison et l'absorption de Stx dans l'intestin après une infection à E. coli O157:H7 devraient se traduire par une plus grande gravité de la maladie. Parce que le récepteur de Stx, le globotriaosylcéramide, est régulé à la hausse en présence de butyrate in vitro, nous nous sommes demandé si une alimentation riche en fibres (RAFR) qui a été rapportée comme augmentant la production de butyrate par la flore intestinale normale peut influencer le résultat d'une infection à E. coli O157 chez la souris. Pour répondre à cette question, des groupes de souris BALB/c ont été nourris avec un régime alimentaire riche (10%) ou pauvre (2%) en fibres et infectées 121022_r22702_p233-221x300par la souche de E. coli O157:H7 86-24 (Stx2+). Les souris nourries avec un régime riche en fibres ont montré une augmentation de 10 à 100 fois plus de la colonisation, ont perdu plus de 15% du poids corporel, ont présenté des signes de morbidité et une mortalité supérieure de 25% par rapport au groupe de souris nourries avec un régime pauvre en fibres. De plus, des sections du tissu intestinal de souris nourries avec un régime riche en fibres avaient plus de Stx1 fixées et ont exprimé plus de globotriaosylcéramide que ne le faisait celles des souris nourries avec un régime pauvre en fibres. En outre, le microbiote intestinal de souris nourries avec un régime riche en fibres par rapport aux souris nourries avec un régime pauvre en fibres contenait un taux réduit d'espèces de Escherichia autochtones, des organismes qui pourraient protéger l'intestin de la colonisation par E. coli O157:H7. Pris dans leur ensemble, ces résultats suggèrent que la susceptibilité à l'infection et à la maladie suite à l'ingestion de E. coli O157:H7 peut dépendre, au moins en partie, de l'alimentation individuelle et/ou de la capacité de la flore commensale à produire du butyrate.

Source Steven D. Zumbrun, Angela R. Melton-Celsa, Mark A. Smith, Jeremy J. Gilbreath, D. Scott Merrell, and Alison D. O’Brien. Dietary choice affects Shiga toxin-producing Escherichia coli (STEC) O157:H7 colonization and disease. PNAS.